L'étude psychologique des petits groupes - compte-rendu ; n°1 ; vol.65, pg 246-249

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L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 1 - Pages 246-249
4 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1965
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L'étude psychologique des petits groupes
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 246-249.
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L'étude psychologique des petits groupes. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 246-249.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_1_27413— La psychologie sociale XVI.
L'étude psychologique des petits groupes.
Bart os (O. J). — A model of negotiation and the recency effect
(Un modèle de négociation et l'effet de récence). — Sociometry,
1964, 27, 311-326.
Lorsqu'il s'agit de prendre une décision en groupe et que les opinions
divergent, l'A. fait l'hypothèse que l'effet de récence, c'est-à-dire la
pondération plus grande accordée aux arguments développés les der
niers, joue un rôle important au cours des négociations entreprises en
vue d'un accord.
Pour tester cette hypothèse, il utilise un modèle mathématique
de négociation basé, d'une part, sur la théorie de l'utilité de von Neu-
mann-Morgenstern, et principalement sur le postulat selon lequel la
décision dépend du produit de l'utilité que l'on attache à une issue
donnée par la probabilité que cette issue se produise réellement ; et,
d'autre part, sur le modèle stochastique d'apprentissage de Bush et
Mosteller.
Ce modèle mixte se justifie par le fait que lorsque l'argumentation
se développe dans un groupe de discussion, chaque individu attache
une certaine utilité à chaque solution possible et fait l'apprentissage de
la probabilité d'occurrence qu'il lui attribue.
Après un développement mathématique très dense, l'A. en vient
à l'analyse des données recueillies sur 35 groupes expérimentaux de
5 sujets. Dans l'ensemble, le modèle s'ajuste assez bien aux données.
L'A. pense qu'il est encore trop tôt pour dire s'il offre un caractère de
généralité, mais certains résultats, moyennant quelques modifications
du modèle, l'incitent à le penser.
R. L.
Vinackf. (W. E). — Intra-group power relations, strategy, and
decisions in inter-triad competition (Relations de pouvoir intra-
groupe, stratégie et décisions dans des triades en compétition). —
Sociometry, 1964, 27, 25-39.
T. Caplow a étudié l'influence des relations de pouvoir sur la consti
tution des coalitions dans des triades et a montré, notamment, que les
deux membres les plus faibles ont tendance à s'allier contre le plus fort
lorsqu'ils peuvent en tirer un certain profit.
Partant de ces travaux, et tenant compte des résultats obtenus dans
d'autres expériences concernant des problèmes connexes, l'A. se fixe LA PSYCHOLOGIE SOCIALE 247
un double but : déterminer dans des triades en compétition les effets
différentiels des relations de pouvoir sur la prise des décisions et comparer
les triades gagnantes et perdantes en fonction de la manière dont les
décisions y sont prises.
A cet effet, dix paires de triades de chaque sexe sont mises en compét
ition deux à deux, lors d'un concours comportant un jeu de hasard et
une épreuve d'arithmétique. Dans chaque triade, la réponse choisie
parmi plusieurs possibles est votée après délibération et comparée à
celle de la triade concurrente. Trois structures de pouvoir sont manip
ulées, les pondérations des postes étant respectivement (1 — 1 — 1),
(3 ■ — 1 — 1) et (4 — 3 — 2). Dans chaque triade gagnante, les rémunér
ations sont calculées moitié en fonction de ces pondérations, moitié
selon l'avis des membres.
Bien que certaines structures favorisent théoriquement la formation
de coalitions de deux membres, le mode dominant est, en réalité, la
triple alliance. Les membres votent généralement la répartition égale
de la partie libre de la rémunération, la compétition intragroupe est
minimisée par rapport à la compétition intergroupes.
Pour interpréter ces résultats, l'A. suggère l'existence de deux stra
tégies, selon que les sujets sont orientés vers le groupe ou vers leur
personne.
Il est confirmé que le succès des groupes gagnants est dû non seule
ment à l'aptitude de leurs membres, mais également à leur mode de
prise de décision.
R. L.
Emerson (R. M). — Power-dependence relations : two experiments
(Relations de pouvoir et de dépendance : deux expériences). — -
Sociometry, 1964, 27, 282-298.
Dans un précédent article, l'A. a présenté une théorie sur les relations
de pouvoir basée sur l'hypothèse que ces relations tendent vers un état
d'équilibre. Dans cette perspective, l'A. présente deux études : la
première reprend les données d'une expérience antérieure, afin de les
réinterpréter selon cette théorie ; la seconde est destinée plus part
iculièrement à tester les implications de cette théorie.
Au cours de la première expérience, l'A. avait trouvé, dans une tâche
d'estimation perceptive, une relation curvilinéaire entre la conformité
à la norme de groupe et le statut socioinétrique. La théorie avancée
pourrait expliquer ce résultat par l'une des quatre opérations d'équili
bration du pouvoir qu'elle implique.
La deuxième expérience consiste à donner un pouvoir différent aux
membres d'une triade au cours d'un jeu de hasard, afin d'étudier les
processus aboutissant à la formation des coalitions. Il ressort des
données recueillies que, en accord avec la théorie, les individus se coali
sent de manière à réduire le déséquilibre dans les relations de pouvoir.
Par ailleurs, il s'avère que les tendance? conformistes des membres
do haut statut dans la première étude, et l'attribution différentielle dos 248 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
récompenses à l'intérieur des coalitions dans la seconde paraissent
s'expliquer comme étant deux manifestations très différentes d'une
seule opération générique d'équilibration dans les relations de pouvoir.
R. L.
Riker (W. H.), Nie mi (R. G.). — Anonymity and rationality in the
essential three-person game (Anonymat et rationalité dans un jeu
type de trois personnes). — Human Relat., 1964, 17, 131-141.
Les auteurs utilisent un jeu à trois, à somme nulle, étudié par
von Neumann et Morgenstern, dans le but de comparer le comportement
des joueurs qui sont, selon les groupes, des amis, des étrangers ou des
personnes se connaissant à peine, au comportement rationnel prédit
par la théorie des jeux.
L'exploitation des données recueillies montre que le comportement
des amis diffère le plus du modèle théorique, celui des sujets qui se
connaissent peu, le moins, celui des étrangers se situe entre les deux.
Les auteurs notent que le comportement compétitif est adopté
seulement par les sujets qui se connaissent peu, alors que les joueurs
amis et étrangers n'ont pas ce comportement, les uns en raison de
l'amitié qu'ils se portent, les autres en raison de leur indifférence. La
fréquence élevée de partages égaux entre les joueurs, partages qui ne
sont ni prescrits ni prédits par la théorie dans le cas des jeux à trois
personnes, incite les auteurs à penser que les sujets perçoivent l'expér
imentateur comme inclus dans le jeu, transformant ainsi le jeu à trois
en un jeu à quatre.
R. L.
London (P.), Lim (H). — Yielding reason to social pressure : task
complexity and expectation in conformity (Raisons de soumission
à la pression sociale : complexité de la tâche et attente du confor
misme). — J. Personal, 1964, 32, 75-89.
P. London et H. Lim manipulent dans cette expérience les deux
variables qui, selon les auteurs, sont responsables du conformisme dans
les situations sociales de petits groupes : l'influence de l'information
sociale et l'influence des normes sociales. La première forme de pression est définie par la complexité de la tâche (trois niveaux), liée par
hypothèse à l'incertitude de la solution dans les situations où d'autres
réponses que celles du sujet sont proposées : résolution de syllogismes
apparemment altérés soit par une proposition, soit par un type de
réponse à choix multiple, soit par les deux. La deuxième forme de
pression est définie par le caractère de l'instruction (trois modalités),
visant l'unanimité dans la solution : instructions naïves, endoctrinement,
immunisation.
L'analyse de la variance montre que seule la complexité de la
tâche, c'est-à-dire l'incertitude de la réponse, exerce une influence sur les
réponses. L'interprétation de ce résultat est confirmée par le fait que dans
les conditions de contrôle où les sujets ne sont soumis à aucune forme de PSYCHOLOGIE SOCIALE 249 LA
pression sociale (absence de compères), le nombre d'erreurs est très
faible aux trois niveaux de complexité ; la complexité en tant que telle,
sans apparition de l'information sociale, n'entraîne donc pas la détério
ration de la réponse. Cependant, les auteurs reconnaissent que l'expé
rience devrait être reprise pour mieux différencier la pression sociale
normative exercée par l'instruction, en affinant cette variable son
influence pourrait se révéler.
C. A.
Les processus d'influence.
Lan a (R. B). — Three theoretical interpretations of order effects in
persuasive communications (Trois interprétations théoriques des
effets d'ordre dans les communications persuasives). — Psychol.
Bull, 1964, 61, 314-320.
Lorsqu'on présente successivement à un auditoire deux messages de
sens opposé (par exemple, pour et contre un objet donné), quel est
l'effet de l'ordre de présentation ? Le premier présenté est-il plus
influent ou « persuasif » que le second (effet de primauté), ou bien est-ce
le contraire (effet de récence) ? L'auteur décrit les recherches, dont les
siennes propres, faites sur ce problème à la suite de Hovland et Luchins,
et les deux interprétations principales qui rendent compte du type
d'effet observé : 1) interprétation en termes d'attitude (set) ; face à une
information non familière s'installe fermement une organisation cogni
tive qui résistera à une information ultérieure contradictoire, d'où l'effet
de primauté ; 2) en termes de variation sensorielle. La
théorie évoquée ici (Schultz) pose que l'individu cherche le plus haut
niveau d'activation et réagira donc maximalement aux stimuli nou
veaux ou inédits qui provoquent le plus d'activation. Elle s'applique
facilement aux cas où l'information contenue dans le premier message
est déjà plus ou moins familière à l'auditeur, comme c'est le cas lors
qu'elle touche à des controverses agitées devant l'opinion publique.
Dès lors, le premier message apporte peu de nouveauté dans son contenu,
le second en apporte davantage dans la mesure où, V instant, il
pose une thèse qui contredit celle du message précédent ; bref, le contraste
logique amène l'effet de récence, alors que la familiarité thématique
interdisait l'effet de primauté. Par ailleurs, dans d'autres cas, une activité
interpolée entre le premier et le second message annihile l'effet de
primauté. Bref, le facteur critique dans tous ces types d'études est la
familiarité ou non-familiarité du matériel donnant lieu aux arguments
et contre-arguments persuasifs. Une troisième interprétation est évoquée,
en termes de renforcement, mais ne s'appliquant qu'à certaines procé
dures particulières de ces expériences : l'effet des messages antérieurs
d'une source sur la persuasivité de ses messages ultérieurs dépend du
degré auquel l'adhésion aux messages antérieurs a été gratifiante pour
le destinataire.
F. J.

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