L'évolution de la naissance à la puberté. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 383-397

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 383-397
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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b) L'évolution de la naissance à la puberté.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 383-397.
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b) L'évolution de la naissance à la puberté. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 383-397.
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b) L'évolution de la naissance à la puberté1
373. — ARNOLD GESELL. — An Atlas of infant behavior (Un
atlas du comportement infantile). — 2 vol. in-4° de 921 pages
avec 3.200 photographies. New Haven, Yale University Press,
1934. — A. GESELL et HELEN THOMPSON. — Infant Behav
ior (Comportement infantile). — In-8° de 343 pages. New York,
Me Graw-Hell Book Cy, 1934. Prix : 3 $.
A la belle clinique du développement de l'enfant qu'il dirige
à l'Université de Yale, A. G., dont la compétence étendue s'étaye de;
son triple doctorat universitaire (en philosophie, en médecine et en
science), a organisé un admirable service d'observation et d'enre
gistrement du comportement de l'enfant, avec une chambre expéri
mentale où l'on peut voir et cinématographier toutes les réactions à
des situations préparées dans des conditions identiques sans que
l'enfant soupçonne la présence des observateurs et des opérateurs.
Après avoir choisi des enfants normaux à tous points de vue,,
des enregistrements réguliers pour des situations convenues ont été
pris à des intervalles réguliers, en principe toutes les 4 semaines
pendant leur première année.
Les films cinématographiques obtenus — accompagnés de nota
tions — ont permis de constituer des archives où se trouvent repérés
les stades normalisés du développement du comportement infantile,
ce qui permet la comparaison avec les résultats de l'observation, faite
dans des conditions semblables, d'un enfant quelconque à un âge
donné, 3 mois ou 6 mois par exemple, et d'apprécier les anomalies
possibles du développement, d'évaluer les retards s'il y en a. Mais,
comment rendre maniables ces archives où l'on peut avoir sous les.
yeux les « patterns », les schemes de comportement ?
A l'appui du livre où il expose, avec Helen Thompson, les résultats
de l'analyse du comportement infantile et où il fournit les normes du
développement, G. a entrepris la publication des extraits caracté
ristiques de sa documentation photographique, et il a édité un superbe
atlas, facilement maniable, où les principales réactions aux âges success
ifs sont systématiquement présentées avec les notes utiles en regard.
On voit, de mois en mois, comment l'enfant se retourne, se
redresse, se tient assis ou debout, monte des marches, manie des
cubes, réagit à une balle, à un anneau, à une sonnette, etc.
Prenons le cas de la balle ; à 8 semaines esquisse d'un regard,
à 12, regard momentané parfois, à 16, regard prolongé mais avec
retard, à 20, regard immédiat et activité accrue des mains, à 24,
mouvement de la main vers la balle, à 28, parfois préhension palmaire,
avec retard, à 32, préhension digitale déjà, à 36, nette opposition du pouce et de l'index, et perfectionnement pro
gressif du pattern, plus varié et plus complexe.
Le contenu du premier volume de l'Atlas est relatif entièrement
à ces séries normatives (et établi en collaboration avec Helen Thomps
on et Catherine Skrunk Amatruda).
Le second volume (avec la d'Alice V. Keliher,.
Frances Lillian Ilg et Jessie J. Carlson) contient les séries dites « natu-
1. Voir aussi les Nos 1C00, 1161, 1176. 384 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
raustes », qui sont destinées à mettre en évidence des différences
individuelles de comportement : Dans les conditions normales de
vie, à la maison, pour des âges correspondants, le sommeil, le bain,
le repas, les premières réactions sociales font l'objet de présentations
-comparatives pour 4 garçons et 2 filles, au cours de la première
année (et, dans certains cas de la seconde année).
Toutes les 4 semaines, un enregistrement était fait du comporte
ment normal au cours d'une journée, depuis la phase de sommeil
avant le réveil, jusqu'à l'endormissement final.
Ainsi se constitue une histoire naturelle en images du compor
tement de l'enfant humain et de son développement. Précieux instr
ument éducatif, documentation inestimable pour la recherche, l'atlas
de Gesell, appuyé du livre sur le comportement infantile, rend ainsi
accessibles à tous ses archives en ce qui concerne la première année
du développement, les films, en éditions silencieuses ou sonores,
pouvant compléter, bien entendu, cette présentation statique.
H. P.
374. — J. RÜDIGER. — Der Wiederholungssatz bei der Entwicklung
vom Säugling zum fünfjährigen Kinde (La loi de répétition dans
le développement, du nourrisson à Venjant de 5 ans). — Z. f. Ps.,
CXXXI, 1934, p. 145-174.
20 nourrissons pris dans un hôpital de Wiirzbourg ont été étudiés
au moyen d'une série de tests appropriés ; chaque épreuve est répétée
10 fois plusieurs jours de suite et l'on obtient déjà des réactions
individuelles assez constantes.
15 de ces sujets ont pu être réexaminés entre 5 et 6 ans, après
avoir vécu dans des milieux variables et avant d'avoir subi l'influence
de l'école. La nouvelle série de tests s'applique aux différents aspects
<ie la vie morale. On trouve une bonne concordance générale entre
ces résultats et ceux du premier test ; dans 4 cas, qui font exception,
la différence s'explique, soit par une grave maladie, soit par des condi
tions très favorables de milieu, tendant au nivellement des différences
originelles. L'expérience confirme la loi de répétition ou de stabilité
du caractère (Marbe). P. G.
375. — O. RUBINOV et L. FRAN KL. — Die erste Dingauffassung
beim Säugling (La première perception de choix chez le nourrisson).
— Z. f. Ps., CXXXIII, 1934, p. 1-71.
Deux élèves de Mme Gh. Bühler, Ripin et Hetzer, ont étudié la
manière dont les réactions alimentaires du nouveau-né se transfo
rment ; les mouvements de succion répondent d'abord aux excitations
]es plus banales, puis à l'approche d'une personne, enfin aux prépar
atifs du repas. Deux autres élèves, R. et F., continuent ce travail en
étudiant, à partir du 4e mois, la reconnaissance du biberon. Elle est
■définie par une série de réactions caractéristiques : fixation attentive
et prolongée du biberon, effort pour le prendre, agitation motrice
générale, ouverture de la bouche, etc. La réaction dépend d'ailleurs
de la faim et peut manquer quand l'appétit est déjà satisfait ; elle
peut aussi, quand la faim est très grande, être excitée par d'autres
objets non spécifiques. Elle peut prendre la forme de jeu. On fait PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 385
varier la forme et le contenu des flacons, les détails typiques (tétine) ;
on présente des objets de contrôle (quille, poupée).
Il y a 5 stades, dans lesquels l'enfant réagit successivement :
1° à l'approche soudaine d'objets quelconques ; 2° à celle d'un objet
de forme pointue ; 3° à la présentation d'un récipient, même immob
ile, muni de la tétine ; 4° à celle de ce récipient rempli d'un liquide ;
5° enfin à celle d'un liquide blanc. Ce n'est donc qu'au troisième stade
que la chose est reconnue indépendamment du mouvement (à 6 mois
17 jours en moyenne). Il s'agit bien d'une étape caractéristique du
développement chronologique. P. G.
376. — GH. BÜHLER. — Die Reaktionen des Säuglings auf das
menschliche Gesicht (Les réactions du nourrisson au visage humain).
— Z. f. Ps., GXXXII, 1934, p. 1-17.
Examen critique d'expériences de Kaïla sur 70 enfants de 2 à
7 mois ; on observait leurs réactions à de pseudo-figures humaines,
de face et de profil ; on notait aussi leurs imitations de mimiques
humaines. Kaïla croit que l'enfant n'imite pas, à cet âge, le fronce
ment des sourcils, l'ouverture de la bouche, la protrusion de la
langue, etc. Ces réactions ont lieu en réponse à des mimiques humaines
auxquelles elles ne ressemblent pas ; elles ne sont pas spécifiques.
Il y a un effort pour imiter chez 25 % des sujets ; l'intention est
manifeste, mais le résultat est loin de l'original.
Mme G. B. admet que l'enfant perçoit surtout dans le visage
humain une expression plutôt qu'une forme. Elle soutient que l'imi
tation, au 2e trimestre de la vie, serait plus fréquente que ne le
croit Kaïla (30 % et non 15 %). La tendance à l'imitation n'impli
querait pas d'association entre l'acte perçu chez les autres et l'acte
senti chez le sujet. Ce serait une fonction vitale tout à fait primitive.
P. G.
377. — K. G. PRATT. — Specificity and generalisation of behaviour
in new-born infants (Spécificité et généralisation du comportement
chez les nouveau-nés). — Ps. Rev., XLI, 3, 1934, p. 265-285.
Les résultats des nombreuses recherches effectuées ces temps
derniers sur le comportement des nouveau-nés ont été interprétés de
diverses manières. Pour les uns, le comportement d'un nouveau-né
« consiste dans un nombre relativement grand de réflexes simples,
discrets et spécifiques et dans un nombre restreint de patterns spéci
fiques de réponse » ; pour les autres, non seulement la présence
de réflexes est une donnée incertaine mais ils trouvent
que le comportement manque tout à fait d'organisation et de régular
ité. Cependant, pour un observateur sagace, il est également difficile
de souscrire d'une manière exclusive à l'une ou à l'autre conception.
Après avoir passé en revue les principaux travaux relatif? à cette
question, P. formule les conclusions suivantes :
Les termes de généralisation et de spécificité ont surtout un
sens relatif qui varie suivant qu'on envisage le comportement
du nouveau-né au point de vue du niveau d'âge ou à celui de la
croissance. La spécificité comporte une limitation relative des
réponses de l'organisme. Cette limitation concerne : 1) les catégories
l'année psychologique, xxxv 25 386 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de stimulation sensorielle et les marges excitatrices dans le cadre
de chacune des catégories; 2) la spécificité du récepteur; 3) la
multiplicité des segments réactionnels impliqués dans la réponse.
D'une manière générale, le développement s'accomplit à partir
des formes globales vers des formes spécifiques du comportement. Le
terme « comportement généralisé » devrait s'appliquer surtout au
processus de différenciation des réponses partielles à l'intérieur d'un
« pattern » total (Goghill). Pour avoir un tableau exact du développe
ment de l'organisme humain, on doit établir avant tout la fréquence
des réponses aux stimuli spécifiques obtenus dans différentes
conditions physiologiques et pour des âges différents. P. K.
378. — K. C. PRATT. — The effects of repeated auditory stimulation
upon the general activity of newborn infants (Effets de la stimulat
ion auditive répétée sur V activité générale du nouveau-né). —
J. of genet. Ps.> XLIV, 1, 1934, p. 96-116. — The effects of repea
ted visual stimulation upon the activity of newborn infants (Effets
de la visuelle répétée sur V activité du —
Ibid., p. 117-126.
Les effets d'excitations auditives et visuelles répétées sur l'activité
générale du nouveau-né ont été étudiés par P. sur 28 bébés âgés de
2 à 11 mois, l'enregistrement des mouvements d'ensemble de l'enfant
étant assuré par l'emploi du stabilimètre de l'auteur.
Pour des excitations auditives d'intensité constante, répétées
toutes les 10, 30 ou 60 secondes, on a constaté par comparaison
avec ce qui se passe dans les périodes sans bruit, un accroissement
de l'activité brute totale correspondant à des réponses spécifiques
d'ensemble aux stimuli et non à un plus grand état d'excitation
générale du sujet. La fréquence des mouvements augmente avec celle
des bruits sans qu'il y ait proportionnalité, les stimuli ayant une
action individuelle moins intense lorsqu'ils se suivent de plus près.
Par contre, des excitations lumineuses répétées, bien que capables de
susciter des actions réflexes partielles dès la naissance, ne provoquent
que rarement sur des enfants de cet âge des mouvements d'ensemble.
A. B.-F.
379. — W. DENNIS. — The age of walking of children who run
on all fours (L'âge de la marche chez les enfants qui courent à
quatre pattes). — Child dev., V, 1934, p. 92-93.
Le fait de marcher à quatre pattes produit-il, comme l'a soutenu
Hrdlicka, un retard dans la marche normale ? D'une enquête sur
217 enfants qui ont employé ce mode de progression, il résulte que
l'âge moyen de la marche debout a été normal (12, 97 mois).
P. G.
380. — M. V. ELLESOR. — The relation between situation and res
ponse in vocalization of a 3 year child (La relation entre situation
et réponse dans les manifestations vocales d'un enfant de 3 ans). —
Child dev., V, 1934, p. 158-164.
Étude de la quantité des manifestations vocales de toute sorte
dans différentes situations, à la maison, au tas de sable, à l'école PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 387
maternelle, seul ou avec d'autres, à la promenade, à la musique,
au goûter, au cinéma. Il y a de grosses différences, entre le jeu libre
et les situations où l'attention est dirigée. P. G.
381. — M. SGHMIDEBERG. — The play analysis of a three year old
girl (V analyse de jeu d'une enfant de 3 ans). — I. J. of Psy-
choan., XV, 2-3, 1934, p. 245-264.
Ce travail, qui a valu à l'A. le « Clinical Prize Essay » pour 1933
de l'Institut de Psychanalyse de Londres, relate l'analyse d'une
petite fille de 3 ans, souffrant de vomissements hystériques, de
constipation et de peurs diverses, par la technique du jeu.
Cette enfant avait d'abord inhibé son agression et son angoisse
en faisant la petite fille sage. Mais les appétits supprimés et l'angoisse
s'exprimaient en partie dans des crises d'obstination, en partie dans
des symptômes. Son angoisse la plus profonde cependant, la peur
de sa mère, n'avait pu trouver d'expression adéquate. D'où ses diffi
cultés de caractère (caractère peu généreux, exigeant, blasé, peu
spontané, et en général avec des côtés désagréables d'adulte), assez
rare chez une enfant de cet âge. J. F.-W.
382. — - M. S. DILLON. — Attitudes of children toward their own
bodies and those of other children (Attitudes d'enfants à regard
de leur propre corps et de ceux d'autres enfants). — Child dev., V,
1934, p. 165-176.
Dans une école maternelle on observe les attitudes d'enfants
des deux sexes à l'égard de leur corps ou de celui des autres au
moment où ils sont complètement nus. On note un certain nombre de
formes d'intérêt, de curiosité, mais aucun sentiment spontané de
pudeur ni d'embarras. A l'occasion, on observe la manipulation des
organes génitaux dans une sorte d'état de distraction et d'instabilité
émotionnelle. La conscience des différences entre les sexes existe,
mais aucune importance particulière n'est donnée à certains caractères
anatomiques primaires. Les « tabous » proviennent de l'éducation
domestique. L'attitude des maîtres a consisté à ignorer les incidents
fâcheux et à détourner simplement l'attention des enfants, ce qui
semble assez facile. P. G.
383. — K. B. BRIDGES. — Measuring emotionality in infants
(La mesure de Vémotivitè chez les petits enfants). — Child dev.,
V, 1934, p. 36-40.
Recensement d'expressions émotionnelles de joie et de peine chez
12 enfants observés systématiquement pendant le même temps : on
note la durée et la fréquence des manifestations. Malgré la sécheresse
des données statistiques auxquelles cette enquête se réduit, on dis
tingue déjà des types émotionnels. P. G.
384. — H. C. DAWE. — The influence of size of Kindergarten group
upon performance (L'influence de la grandeur du groupe sur le
rendement dans les jardins d'enfants). — Child dev., V, 1934,
p. 295-303.
On lit aux enfants une histoire ou on leur montre une image ;
le lendemain chaque enfant est interrogé sur le contenu de l'histoire ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 388
ou de l'image. La place occupée par l'enfant par rapport au maître
et la grandeur du groupe n'ont pas d'influence sur le résultat dans le
cas d'un récit ; mais le nombre des remarques faites sur une image
va en décroissant à mesure que le groupe est plus nombreux et que
l'enfant est plus éloigné. P. G.
385. — M. KARR. — Development of motor control in young children :
coordinated movements of the finger (Développement du contrôle
moteur chez de jeunes enfants : mouvements coordonnés des doigts).
— Child dev., V, 1934, p. 381-387.
On fait découper par des enfants de 35 à 59 mois des figures
géométriques. Les résultats sont cotés d'après un système convent
ionnel. Il y a une corrélation élevée entre l'âge (chronologique et
surtout mental) et la valeur du travail. La distribution est bimodale,
l'aptitude à découper paraissant se constituer à un certain âge. La
prépondérance de la main droite dans le maniement des ciseaux
augmente avec l'âge ; la manière de les tenir dépend du développe
ment de la main, mais aussi de méthodes individuelles. P. G.
386. — E. A. COW AN et B. M. PRATT. — The Hardie Jump as a
developmental and diagnostic test of motor coordination for
children from three to twelve years of age (Le saut comme test
de développement et moyen de diagnostic de la motrice
pour enfants de 3 à 12 ans). — Child dev., V, 1934, p. 107-121.
Description du matériel et étalonnage du test. On tient compte de
la hauteur et de la qualité du saut (en particulier de la manière de
reprendre contact avec le sol). Le test est en corrélation avec l'âge,
mais non avec la taille ou le poids. Il peut indiquer les déficiences
dans la coordination motrice générale et permet de suivre la réédu
cation, pour laquelle on décrit une série intéressante d'épreuves
inspirée des lois du développement moteur normal ; les mouvements
sont accomplis les yeux bandés, de manière à favoriser une régulation
purement kinesthésique. P. G.
387. — L. KWINT. — Ontology of motility of the face (Ontologie de
la motilité de la face). — Child dev., V, 1934, p. 1-12.
L'expérimentateur donne une description du mouvement et
l'exécute lui-même, le sujet l'imite en contrôlant son exécution dans
un miroir. Ce test a été appliqué à 476 enfants de 4 à 16 ans. Le
nombre des mouvements volontaires de la face augmente régulièr
ement avec l'âge jusqu'à 14 ans. Certains mouvements ne peuvent être
exécutés séparément avec la même facilité des deux côtés (anisomi-
mie). En considérant comme acquis un mouvement présent dans
60 % ou 70 % des cas, on peut établir une chronologie moyenne et
évaluer le retard des enfants anormaux ou l'avance des surnormaux.
Il y a une corrélation positive entre le développement mental général
et celui de la motilité volontaire de la face. P. G.
388. — R. E. MELCHER. — Children's motor learning with and
without vision (Le développement moteur des enfants avec ou sans
la vision). — Child dev., V, 1934, p. 315-350.
Un bouton se déplace mécaniquement dans un labyrinthe où il PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 389
suit un parcours déterminé. Les enfants, de 35 à 55 mois, sont divisés
en 3 groupes : le premier suit le déplacement des yeux et de la main
le second des yeux seulement, le troisième de la main seulement.
Après un certain nombre de répétitions, on fait une épreuve où l'en
fant doit déplacer lui-même le bouton (sous le contrôle de la vue)
selon le parcours appris. L'expérience montre qu'on ne peut apprendre
ce labyrinthe qu'avec le secours de la vue. (Avec des enfants de cet
âge, le langage et la numération ne jouent aucun rôle dans l'apprent
issage.) P. G.
389. — S. RABELLO. — A percepçâo das cores e das formas entre
as crianças de 3 a 11 annos (La perception des couleurs et des formes
chez les enfants de 3 à 11 ans). — Boletim de Educaçao, Pernam-
buco, 1933, p. 16-45.
Recherches poursuivies par les élèves de la classe de Psychologie
de l'École Normale de Recife sous la direction de l'auteur, chez
900 écoliers, avec une épreuve de Mlle Descœudres, reprise d'un jeu
d'Itard, et modifiée par Segers au laboratoire de Decroly (formes
usuelles ou géométriques, de diverses couleurs, en une sorte de loto,
avec choix possible chaque fois entre 4 éventualités).
Comme Descœudres et Segers l'avaient déjà constaté, mais cette
fois de façon moins prononcée, les préférences pour les couleurs, plus
fréquentes aux premiers âges, décroissent avec l'âge, pendant que
croissent les préférences pour les formes (marquées surtout pour les
formes usuelles). H. P.
390. — G. POUILLARD. — Essai psyehogénétique sur la perception
de la troisième dimension dans l'espace. — J. de Ps., XXXI,
1934, p. 88-151.
L'analyse de la perception de la troisième dimension de l'espace
sous sa forme achevée (cf. Année psychol., 1933, n° 1251) est complét
ée ici par une étude psychogénétique qui se propose de déterminer
expérimentalement l'ordre chronologique d'acquisition par l'enfant
des divers éléments de cette perception. La perception absolue de la
profondeur est acquise à 2 ans ; sa perception relative commence
entre 4 et 5 ans pour deux objets et est acquise à 6 ans pour 3 objets.
La perception de la distance par la diminution d'éclairement est
acquise à 5 ans ; il en est de même pour cette perception grâce à la
diminution de grandeur d'objets identiques, mais elle n'est acquise
qu'entre 8 et 9 ans pour des objets de grandeurs différentes. La
perception de la profondeur par les lignes fuyantes est acquise à 5 ans,
par la succession des plans et le masquage d'objets à 5 ans 1/2.
Cette époque caractérisée par l'acquisition sensorielle est suivie
de 6 à 8 ans d'une période d'indifférence à l'espace topographique.
A 8 ans commence le stade de la représentation logique de la profon
deur, dans laquelle l'enfant prend une conscience nette du rôle des
éléments interprétés spontanément dans la phase précédente, d'abord
les changements chromatiques, puis la comparaison des grandeurs de
8 à 10 ans 1/2, la succession des plans de 10 à 13 ans. A 10 ans 1/2
commence le stade de la représentation technique de la profondeur,
par la connaissance parfaite de l'horizon et l'explication des fuyantes, 390 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
auxquelles s'ajoute de 12 à 13 ans l'interprétation correcte des direc
tions multiples. G. -H. L.
391". — ALICE I. BRYAN. — Organization of Memory in Young
Children (Organisation de la mémoire chez les jeunes enfants). —
Ar. of Ps., XXIV, no 162, 1934, 56 pages.
11 tests de mémoire furent appliqués à 100 garçons et 100 filles
de 5 à 6 ans, ainsi qu'un test de vocabulaire et le test d'intelligence
Binet-Stanford. Les 11 tests offraient un matériel varié, mais ne
faisant pas appel aux habiletés spéciales (musique, dessin, lecture,
écriture) ni même, le plus souvent, aux réponses verbales. Le choix
de ces tests, l'application aux enfants, l'analyse statistique ont été
faits avec le plus grand soin. Garçons et filles sont étudiés séparé
ment ; les corrélations sont données sans correction d'atténuation
(l'homogénéité des tests va de 0,61 à 0,93).
Toutes les entre les 13 tests sont positives. Pour
les 11 tests de mémoire, l'intercorrélation moyenne est 0,38 pour les
garçons, 0,31 pour les filles. Entre ces 11 tests et le test de vocabul
aire, les coefficients moyens sont 0,45 et 0,35 ; entre les 11 tests et
le Binet-Stanford : 0,49 et 0,41 !
Les résultats sont analysés par diverses méthodes : tétrades,
facteurs de Thurstone, corrélations partielles. L'A. établit l'existence
d'un facteur commun, de mémoire probablement, — pour lequel les
2 tests, de vocabulaire et d'intelligence, seraient légèrement meilleurs
que chacun des 11. En fait, le test Binet-Stanford, pour le jeune âge,
est surtout un test de mémoire. Cependant, l'analyse au sein de ce
test (qui comporte 7 épreuves de pure mémoire) indique une commun
auté de fonction entre la mémoire et l'intelligence (au sens de
Terman : habileté générale). — L'étude serait à reprendre pour l'inte
lligence pure, l'habileté à résoudre une difficulté nouvelle.
Sur les 91 intercorrélations calculées, 40 montrent une différence
de plus de 0,10 entre garçons et filles ; 36 fois, le coefficient le plus
faible est celui des filles. A part cela, on n'a pas obtenu de différences
entre les sexes. G. D.
392. — G. LANGE et W. NEUHAUS. — Der Strukturwandel der
Kindersprache während der Zeit vom 6. bis 9. Lebensjahr (La
transformation structurelle du langage enfantin dans la période de
6 à 9 ans). — A. f. ges. Ps., XCI, 1-2, 1934, p. 200-228.
C'est une recherche de psychologie génétique en vue de connaître
le développement enfantin à travers le développement de la syntaxe
du langage. C'est surtout à l'âge scolaire que l'enfant apprend à
former les phrases dont la structure correspond aux conditions de
syntaxe, cette structure exigeant un certain degré d'abstraction,
ainsi que la compréhension de rapports et de dépendances.
La méthode de recherches consistant en description des images
ne donne pas satisfaction. Les enfants se bornent à énumérer les
objets. N'ayant aucune attitude affective à l'égard des images
présentées, ils ne développent guère leurs possibilités de parole.
Ainsi les A. ont adopté une autre méthode.
L'enfant doit peindre un objet ou un événement qui l'intéresse PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 391
le plus, puis le décrire verbalement à l'expérimentateur. On constate,
selon les A., la supériorité de cette méthode spontanée et créatrice
sur la méthode simplement reproductive.
On constate en outre qu'entre 6 ans et 6 ans 10 mois, le rendement
du langage reste presque le même. A cette période, il se produit
un saut brusque de développement qui intéresse particulièrement les
propositions assertives. Les propositions secondaires restent sans
changement. Mais les propositions assertives n'ont pas toutes la
même valeur au point de vue des nuances et de la logique, à l'égard
des choses qu'elles expriment. Ainsi on voit qu'augmentent surtout
les assertions simples, les avec un verbe comme prédicat.
Le développement se poursuit pendant plusieurs mois. Les expé
riences ne pouvaient être reprises qu'après 7 mois. Le développement
a atteint partout 100 % du rendement précédent, en nombre et en
qualité de propositions énoncées, comparé à celui des adultes ; la
structure du langage enfantin montre déjà les mêmes éléments
caractéristiques. Les propositions réduites indicatrices chez les tout
petits (homme, marche, chat, etc.) disparaissent tout à fait et les
formes intéressant les processus intellectuels modèlent la tournure
de phrases. Vers 7 ans augmentent les propositions secondaires, et
ceci, de 144 % au cours de 7 semaines. Elles deviennent de plus en
plus riches en nombre et en complexité et le développement se fait en
plein, à partir de cette période. S. K.
393. — W. N. BRIGANCE. — The language learning of a child
(Développement du langage d'un enfant). — J. of appl. Ps.,
XVIII, 1934, p. 143-154.
Le développement du langage a été étudié par l'auteur sur sa
propre fille. L'acquisition des mots se fait progressivement, entre
coupée par des périodes d'arrêt momentané entre 9-12 mois, et entre
15-18 mois. En progressant, on voit le pourcentage des substantifs
diminuer, celui des verbes augmenter. L'auteur a noté l'ordre dans
lequel furent prononcées les différentes lettres. B. N.
394. — EDITH MEYER. — Ordnen und Ordnung bei drei- bis
sechsjährigen Kindern (Le rangement et Vordre [V ordination] chez
les enfants de 3 à 6 ans). — N. Ps. St., X, 3, iv-100 pages, 1934
(série : Erlebniswirklichkeit und Struktur [Réalité du vécu et
structure] ; publiée par F. Krueger et K. v. Dürckheim-
Montmartin).
Comment l'enfant range-t-il (classe-t-il) les objets, quels sont ses
critères de classification, comment s'établit la hiérarchie des influences
qui peuvent s'exercer dans le processus de rangement, quels sont
les faits concrets, « vécus » qu'on peut discerner à cette occasion ?
Pour répondre à ces questions on a examiné 93 enfants de 3 ans à
6 ans 1/2. Les recherches ont eu lieu dans un jardin d'enfants. Trois
séries d'expériences ont été instituées.
Dans la première série, l'enfant dispose d'une série d'objets
qu'il rangera soit sans aucune consigne précise, soit sur l'invitation
de mettre ensemble « ce qui va ensemble ». Les objets sont : 1\ 5 grandes
et 5 petites quilles ; 2) 10 hémisphères ; 3) 5 grandes et 5 petites

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