L'évolution démographique récente - article ; n°3 ; vol.52, pg 637-664

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Population - Année 1997 - Volume 52 - Numéro 3 - Pages 637-664
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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France Prioux
L'évolution démographique récente
In: Population, 52e année, n°3, 1997 pp. 637-664.
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Prioux France. L'évolution démographique récente. In: Population, 52e année, n°3, 1997 pp. 637-664.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1997_num_52_3_6579L'EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE
RÉCENTE
France PRIOUX
Évolution générale Pour la troisième année consécutive, l'augmentat
ion de la population a été inférieure à 250 000 per
sonnes en 1996 (tableau 1). Le taux d'accroissement de la population tend ainsi
à se rapprocher de 4 pour 1 000, alors qu'il était en moyenne de 5,2 pour 1 000
par an au cours de la période 1981-1992. Ce tassement de la croissance est dû
à un plafonnement de ses deux composantes, le solde du mouvement naturel et
le solde migratoire.
Malgré le redressement de la natalité en 1995 et en 1996, l'accroi
ssement naturel est resté un peu inférieur à 200 000 car les épidémies de
grippe ont entraîné une augmentation presque équivalente des décès. La
reprise assez vigoureuse de la natalité, qui avait débuté en 1994, s'est net
tement ralentie à la fin de 1995 et la tendance semble même s'être inversée
en 1996 (figure 1). Ainsi le nombre annuel de naissances a-t-il augmenté
de 17 000 entre 1994 et 1995, mais n'augmenterait plus que de 6 000 en
1996, d'après les premières estimations de l'Insee, un tiers de cette hausse
étant attribuable à l'année bissextile, qui assure une journée de naissances
en plus (R. Kerjosse, 1997) !
Le solde des mouvements migratoires, connus avec beaucoup moins
de précision que les naissances et les décès, est évalué à 40 000 personnes
en 1995 et 1996, soit nettement moins qu'au début des années 1990. En
effet, les flux d'immigration enregistrés par l'Omi et l'Ofpra sont en baisse
depuis 1993, et la chute très importante de 1994 s'est confirmée en 1995,
avec moins de 50 000 entrées enregistrées (tableau 2). Cette chute touche
pratiquement tous les types de procédure, y compris les flux familiaux, et
s'est amorcée avant même l'entrée en vigueur de la loi du 24 août 1993
sur l'entrée et le séjour des étrangers (M. Tribalat, 1996). La baisse de
1995 concerne plus particulièrement les travailleurs, le regroupement fa
milial et les réfugiés. Les entrées à caractère familial restent majoritaires,
et représentent environ 60% des flux.
Population, 3, 1997, 637-664 LA CONJONCTURE DÉMOGRAPHIQUE EN FRANCE 638
Tableau 1 . - 000) Mouvement Nais de la population (en milliers) et taux bruts (p.
Accroissement Taux bruts (p. 1000)
tion Accroissement Décès Année en sances
Naturel Total Natalité Mortalité milieu vivantes toire Naturel Total d'année
+ 5,7 1981 54182 805 555 + 251 + 56 + 306 14,9 10,2 + 4,6
+ 4,6 + 5,8 1982 54492 797 543 + 254 + 61 + 315 14,6 10,0
54772 560 + 189 + 56 + 245 13,7 10,2 + 3,5 + 4,5 1983 749
1984 55026 542 + 217 + 45 + 262 13,8 9,9 + 3,9 + 4,8 760
+ 216 + 254 10,0 + 3,9 + 4,6 1985 55 284 768 552 + 38 13,9
55 547 547 + 232 + 39 + 271 9,8 + 4,2 + 4,9 1986 778 14,0
9,4 + 4,4 + 5,1 1987 55 824 768 527 + 240 + 44 + 284 13,8
+ 4,4 + 5,4 1988 56118 771 525 + 247 + 57 + 304 13,7 9,3
765 529 + 236 + 71 + 307 13,6 9,4 + 4,2 + 5,4 1989 56423
1990 56735 762 526 + 236 + 80 + 319 13,4 9,3 + 4,1 + 5,6
525 + 234 + 90 + 323 13,3 9,2 + 4,1 + 5,5 1991 57055 759
57 374 744 522 + 222 + 90 + 312 13,0 9,1 + 3,9 + 5,5 1992
+ 179 9,2 + 3,1 + 4,3 1993 57 654 712 532 + 70 + 249 12,3
+ 241 + 3,3 + 4,2 1994 57900 711 520 + 191 + 50 12,3 9,0
1995* 58138 728 532 + 196 + 40 + 236 12,5 9,2 + 3,4 + 4,1
1996* 58 375 734 537 + 197 + 40 + 237 12,6 9,2 + 3,4 + 4,1
* Provisoire.
Source : Insee.
Tableau 2. - Flux d'immigration d'étrangers depuis 1990,
suivant le type de procédure (toutes nationalités)
Années
1990 1991 1992 1993 1994 1995
Travailleur permanent 22393 25 607 42255 24381 18349 13106
Regroupement familial'1' 36949 35 625 32665 32421 20646 14360
Conjoint de français 15254 18763 19045 20062 13145 13387
Parent d'enfant français 3080 3146 2986 2 834 1749 1921
Réfugié 13486 15467 10819 9914 7025 3751
3 2OO(3) Famille de réfugié ou apatride 1065 1217 1246 776 749
Actif non salarié'2' 1439 1442 1282 1778 1204 956
Autre bénéficiaire de plein 1166* 1196 1 187 1105 1491 1208 droit de la carte de résident
Total 96997 1024.83 111222 94098 64102 49396
Source : M. Tribalat (1996).
Ne comprend pas les familles de ressortissants de l'Union européenne et des autres pays de l'espace
économique européen.
' Les actifs non salariés de l'Union européenne ne font pas l'objet d'un enregistrement.
Estimation qui surévalue probablement le nombre d'entrées au titre de famille de réfugié.
* Provisoire. L'ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE RÉCENTE 639
65 000 Effectif 120 97
INEO
Données corrigées des variations saisonnières 64 000 -
Moyennes mobiles sur 5 mois
63 000
62 000
61000
60 000
59 000
58 000
Source : Ode 57 000
1990 1992 1993 1994 1995 1996
Année
Figure 1. - Évolution du nombre mensuel de naissances depuis 1990
La baisse de la natalité du début des années 1990 a accentué le r
étrécissement de la base de la pyramide des âges, et provoqué une diminut
ion, rapide jusqu'en 1995, plus lente ces dernières années, du pourcentage
de jeunes âgés de moins de 20 ans (figure 2 et tableau 3). À l'autre ex
trémité de la pyramide, le passage des «classes creuses» nées pendant la
Première Guerre mondiale dans la catégorie des « 75 ans et plus » a entraîné
une baisse de la part de ce groupe d'âges au cours de la première moitié
des années 1990. Il n'en va plus de même depuis deux ans, car ce sont
Tableau 3. - Répartition par âge au 1er janvier de la population
de la France métropolitaine
1992 1993 1994 1995 1996 1997 Groupes d'âges 1987 1988 1989 1990 1991
28,6 28,1 27,8 27,5 27,1 26,8 26,4 26,1 26,0 25,9 0-19 ans 28,3
53,5 53,8 53,9 53,9 53,8 20-59 ans 53,0 53,1 53,1 53,2 53,2 53,5
19,4 19,7 19,8 20,0 20,1 20,3 60 ans ou + 18,4 18,6 18,8 19,0 19,3
6,1 6,4 6,6 dont 75 ans ou + 6,4 6,6 6,7 6,8 6,7 6,4 6,3 6,1
100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source : In see. '
640 LA CONJONCTURE DEMOGRAPHIQUE EN FRANCE
POPULATION DE LA FRANCE
ÉVALUATION PROVISOIRE AU Ier JANVIER I997
ANNÉES ANNEES Ages DE NAISSANCE DE NAISSANCE ,100,
1906 1906 90 H
FEMMES | HOMMES | _^^Ш ^^■^^_ 1916 1916
1926 1926 70 H
1936 1936 |боН
1946 1946 50 H ■ 4
1956 I 1956 40 H ■
F 7966 1966_^Ê 30 H
P 1976 1976 5 20 H
1986 _ _ 1986 юН
1996 1996 I 0 H
400 300 200 100 0 0 100 200 300 400 EFFECTIFS DES CLASSES D'AGES EFFECTIFS DES CLASSES D'AGES (en milliers) (en milliers)
Déficit des naissances dû à la guerre de 3 Déficit des naissances dû à la guerre de 1 939- 1 945
« Baby Boom » 1914-1918 (classes creuses) 4
INED 2 Passage des classes creuses à l'âge de fécondité 5 Passage de la fécondité en dessous de 2 enfants par femme 04097
Figure 2. - Pyramide des âges de la France au 1er janvier 1997
des générations plus nombreuses d'après guerre qui accèdent à ces âges.
La part des «60 ans ou plus» progresse modérément. Quant aux classes
d'âges actifs (les 20-59 ans), leur part n'avait cessé d'augmenter depuis
vingt ans; la baisse de la natalité des années 1970 provoque maintenant
un début de fléchissement de leur importance relative.
Évolution annuelle L'indicateur conjoncturel de fécondité, ou somme
de la fécondité des taux de fécondité par âge, permet d'éliminer
l'influence de l'effectif et de la structure par âge
de la population sur l'évolution des naissances (tableau 4). Cet indice était
tombé à 165 enfants pour 100 femmes en 1993 et 1994, valeur que la
France n'avait pas connue depuis la dernière guerre.
La reprise de la natalité a permis un relèvement de 5 points en 1995,
puis à nouveau 2 points en 1996. Estimé à 172 enfants pour 100 femmes,
l'indice retrouve ainsi presque son niveau de 1992 (173), bien que le nombre
de naissances soit inférieur de 10 000. Depuis 1993 en effet, l'effectif moyen
des femmes d'âge fécond diminue, en raison de l'arrivée aux âges de la fé- L'ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE RÉCENTE 641
Tableau 4. - Evolution annuelle de la fécondité
Somme des taux Total Âge moyen Somme des Part de la par âge (indicateur conjonctur à la taux de fée. fécondité
maternité hors mariage hors mariage 15-27 ans 28 ans et + el) (p. 1 00 femmes) (années) (%)
(p. 100 femmes)
1970 143 104 247 27,2 16 6,4
1971 145 103 249 27,1 16 6,6
1972 143 98 241 27,0 17 7,2
92 1973 138 230 26,9 18 8,0
1974 128 83 211 26,8 17 8,3
1975 118 74 193 26,7 16 8,5
1976 114 69 183 26,6 16 8,5
1977 116 70 16 8,8 186 26,5
1978 113 70 17 9,4 182 26,6
1979 113 73 185 26,7 19 10,3
1980 116 78 194 26,8 22 11,4
1981 114 81 195 27,0 25 12,7
1982 111 80 191 27,1 27 14,2
76 1983 103 178 27,1 28 15,9
1984 102 78 180 27,2 32 17,8
1985 99 82 181 27,5 36 19,6
1986 97 86 183 27,6 40 21,9
1987 92 88 180 27,9 43 24,1
1988 89 91 180 28,0 48 26,4
1989 86 93 179 28,2 51 28,3
1990 84 94 178 28,3 53 30,1
1991 82 95 177 28,4 56 31,9
1992 77 95 173 28,5 58 33,3
1993 72 93 165 28,7 58 35,1
1994 69 96 28,8 60 36,3 165
1995* 68 101 170 29,0
1996* 172
* Provisoire.
Sources : Insee et ODE.
condité des générations moins nombreuses nées après 1973 ; à fécondité
égale, ce facteur tend à provoquer une diminution du nombre de naissances.
Le niveau atteint par l'indicateur conjoncturel en 1995 (1,7 enfant par
femme) place la France en cinquième position dans l'Europe des Quinze, et
en sixième parmi tous les pays d'Europe occidentale (tableau 5), derrière
l'Irlande et les pays Scandinaves. Ces derniers ont en effet tous connu
un relèvement assez sensible de leur fécondité dans les années 1980. Si
en Suède la tendance s'est nettement retournée0' après les valeurs excep
tionnelles des années 1990-1992 (2,1 enfants par femme), en Finlande, en
Norvège, et plus récemment au Danemark, l'indicateur se maintient au-
dessus de 1,8 depuis plusieurs années. La fécondité est actuellement la
plus basse en Italie et en Espagne, où l'indice est tombé en dessous de
(l) En 1996, l'indicateur conjoncturel suédois est évalué à 1,58 (G. Calot et J.-P. Sardon,
1997). 642 LA CONJONCTURE DÉMOGRAPHIQUE EN FRANCE
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1992 1,31 ON 1,30 1,49 1,65 1,76 1,29 1,85 1,73 1,38 2,02 1,67 1,59 1,55 1,79 2,09 1,58 00
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1988 1,81 1,51 1,46 1,44 1,57 1,56 1,43 1,70 2,18 1,36 1,55 1,62 1,83 1,96 1,57 1,50 1,84
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NB
m L'ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE RÉCENTE 643
1,2, et en Allemagne qui se rapproche de ce niveau, tirée vers le bas par
la très faible fécondité des nouveaux Landers. Tous les autres pays ont des
valeurs comprises entre 1,32 et 1,57 (par ordre croissant: Grèce, Portugal,
Autriche, Suisse, Pays-Bas et Belgique), à l'exception du Luxembourg et du
Royaume-Uni, plus proches de la France. Pour tous, sauf le Danemark, la
Finlande, le Luxembourg et peut-être la Norvège, la tendance des années
1990 est à la baisse des indices.
En France, la décomposition de l'indicateur conjoncturel de fécondité
par grands groupes d'âges montre que l'évolution est très différenciée selon
l'âge des femmes (tableau 4). La stabilité de l'indicateur dans les années
1980, et la très légère baisse qui lui a succédé, masquaient en fait une
chute importante de la fécondité des jeunes femmes, jusqu'à 27 ou 28 ans,
car celle-ci était compensée par un relèvement équivalent de la fréquence
des naissances chez les femmes plus âgées. Mais cette compensation est
devenue progressivement insuffisante. La chute de la fécondité aux jeunes
âges s'est accentuée en 1992 et 1993, tandis que la hausse des taux au-delà
de 28 ou 29 ans marquait une pause, laissant place à un recul à tous les
âges en 1993 qui a entraîné l'indicateur total à son niveau le plus bas.
Mais ce mécanisme de compensation est de nouveau à l'œuvre ces dernières
années : la baisse de la fécondité s'est poursuivie aux jeunes âges, quoique
à un rythme ralenti, et le relèvement aux âges ultérieurs a repris. Timide
en 1994, il a été particulièrement vif après 30 ans en 1995. Les résultats
préliminaires de 1996 laissent supposer que cette tendance s'est poursuivie,
car il est peu probable que la hausse de l'indicateur soit due à un redres
sement de la fécondité des jeunes femmes.
La décomposition des taux de fécondité selon la situation matrimon
iale des parents au moment de la naissance permet de mesurer la part de
la fécondité hors mariage dans l'indicateur conjoncturel. Celle-ci n'a cessé
de s'accroître depuis le milieu des années 1970. Dans l'indicateur de 1994
- 165 enfants pour 100 femmes-, la part de la fécondité hors mariage est
de 60 enfants, soit plus de 36% du total. La France se situe parmi les
pays où celle-ci est la plus élevée, devancée seulement par la Suède, le
Danemark et la Norvège.
La fécondité des générations La figure 3, où sont représentés les
taux de fécondité par âge de quelques
générations féminines, met en évidence les conséquences des changements
observés dans la fécondité annuelle par âge sur la constitution de la des
cendance des femmes nées depuis 1950.
La distribution des naissances, qui était nettement dissymétrique et
relativement concentrée autour d'un âge modal assez jeune, tend à devenir
plus symétrique avec un maximum plus tardif et de moins en moins net :
l'âge de la fécondité passe de 23 ans dans la génération 1950,
à 26 ou 27 ans dans les générations 1963-1965, et sera sans doute plus
tardif encore dans la génération 1968. I
I
l
644 LA CONJONCTURE DÉMOGRAPHIQUE EN FRANCE
Taux pour 10 000 femmes 1800 INED 1 i i 124 97
1600
- 1 400
1 200
- 1000
800
: lil Vlíf/ // /
\ \S196O 600
- 400
~ 200 1955
^""•«■*^1950 L^^ w 1 I I
20 25 30 40 Age .45
Figure 3. - Taux de fécondité par âge dans quelques générations
Pour les femmes nées jusqu'à la fin des années 1950, ce déplacement
des courbes traduit essentiellement une modification du calendrier de la
fécondité : entre les générations 1950 et 1959, l'âge moyen à la maternité
augmente de près d'un an et la descendance finale estimée varie peu, restant
toujours située entre 210 et 213 enfants pour 100 femmes (tableau 6).
Pour les femmes nées à partir du début des années 1960, ce mécanisme
de compensation, entre baisse des taux aux jeunes âges et relèvement de la
fécondité aux âges plus élevés, ne sera peut-être pas assuré parfaitement, et
de moins en moins au fil des générations. Par exemple les femmes nées en
1963, qui avaient eu nettement moins d'enfants jusqu'à 27 ans (100 enfants
pour 100 femmes) que celles de la génération 1960 (112 enfants), n'ont pra
tiquement pas rattrapé leur retard à 31 ans (149 enfants contre 161), comme
l'atteste la superposition presque parfaite des courbes de ces deux générations
entre ces âges (figure 3). Ce n'est qu'à 32 ans que cette récupération débute
réellement(2), et les résultats préliminaires de 1996 laissent supposer que cette
récupération s'est poursuivie à 33 ans. Cependant, même en prolongeant la
tendance à la hausse des taux aux âges élevés observée ces dernières an-
nées(3>, la descendance finale de ces femmes (nées en 1963) n'atteindrait que
202 enfants pour 100 femmes, et le maintien des taux à leur niveau de
1995 n'assurerait que 199 enfants.
(2) Nous remercions R. Kerjosse (Insee) qui nous a communiqué le détail des taux
provisoires de 1995.
<3) Entre 30 et 39 ans, prolongation sur 3 ans de la tendance favorable des trois der
nières années, puis stabilisation ; stabilité des taux aux âges supérieurs. '
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,
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1
DÉMOGRAPHIQUE RÉCENTE 645 L'ÉVOLUTION
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