L'Habileté mentale et l'Intelligence. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 776-783

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 776-783
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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2° L'Habileté mentale et l'Intelligence.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 776-783.
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2° L'Habileté mentale et l'Intelligence. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 776-783.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1928_num_29_1_4888776 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
travail auquel nous renvoyons ceux qu'intéresse la question. L'in
térêt en grandirait si nous avions plus de confiance dans l'objectivité-
vraie des états hypnotiques. M. L.
1065. — S. M. RITTER. — Automatic writing by a blind subject
[Ecriture automatique d'un aveugle). — J. of Abn. Ps., XXIII, 3,
1928, p. 382-392.
Le sujet, aveugle depuis l'âge de 2 ans 1 /2 a manifesté à 65 ans.
des phénomènes , d'écriture automatique, alors qu'il n'aurait eu, à
l'état normal, aucune pratique d'écriture ordinaire, mais seulement
du Braille. Les phénomènes observés, d'ailleurs banals, procèdent
de la simple auto-suggestion. On observe des phénomènes de pratique
dans la lisibilité croissante du texte. M. L.
2° L'Habilité mentale et l'Intelligence 1
1066. — W. STERN. — Zur Theorie der Intelligenz (Contribution
à la théorie de l'intelligence). — Z. f. pad. Ps., XXIX, 1, 1928,
p. 1-10.
Dans ce résumé d'une conférence faite au congrès des Psychologues
allemands à Bonn, en 1927', l'auteur reprend son ancienne conception
de l'intelligence qu'il développe à la lumière des expériences récentes
sur les tests d'intelligence et de sa théorie du « personnalisme ».
La définition que W. Stern avait donnée de l'intelligence et qui a
eu le retentissement que l'on sait, envisageait comme
une capacité générale de l'individu lui permettant d'adapter con
sciemment sa pensée aux exigences nouvelles; comme un pouvoir
général d'adaptation mentale (« geistige ») aux nouvelles tâches et
conditions de la vie.
A la suite des recherches récentes sur la psychologie de la pensée
et de l'intelligence, S. note la variabilité des mécanismes (compréhens
ion, comparaison, abstraction, etc.) des actes de l'intelligence ; ces
mécanismes varient complètement d'un cas à l'autre, et il y a même
des cas où il est plus intelligent de s'abstenir de penser. Stern propose
donc de modifier ainsi son ancienne définition : L'intelligence est la
capacité générale d'adaptation aux conditions nouvelles avec uti
lisation convenable (zweckmässige) des instruments de la pensée.
Il y a bien, pour Stern, une « capacité générale », mais c'est le « n
iveau global de la personnalité », une surface qui n'est pas plane,
mais, au contraire, pleine de dépressions et d'élévations. C'est en ce
sens que l'on peut parler de la pluralité de l'intelligence. Elle est la
résultante de nombreuses dispositions dont les unes, les dispositions
directrices (Richtungsdispositionen) sont des tendances à agir en vue
de certains buts ; les autres caractérisent l'équipement mental de
l'individu (Rüstungsdispositionen).
1. Voir aussi les n«» 398-[402-404]-406-562-1176-1218-1244-1280-1295-
1309. INTELLIGENCE. VOLONTE SUGGESTIB1LITÉ 777 PERSONNALITÉ,
Toutes les dispositions d'un individu sont, d'ailleurs, intimement
liées, car toutes relèvent de la personnalité qui est unité, bien qu'unité
multiple. Ce qui caractérise les diverses formes de l'intelligence, ce
ne sont pas tant les différences réelles d'aptitudes, que la relation entre
les tendances et les aptitudes. L'homme qui est dirigé vers les acti
vités « pratiques » mettra ses aptitudes au service de ses intérêts et
son intelligence finira par prendre la forme de ce qu'on a appelé der
nièrement « intelligence pratique ». Néanmoins malgré la richesse des
formes qualitatives de l'intelligence les différences de niveau général
persistent : un homme d'un certain niveau d'intelligence pourra ne
fournir qu'un rendement médiocre dans un domaine qui est étranger
à ses préoccupations et ne l'intéresse pas. Mais le psychologue averti
ne confondra pas ce rendement avec celui qui sera fourni par un être,
inférieur, là comme ailleurs, par défaut général d'intelligence.
Quelques remarques sur l'intelligence pratique complètent cet
article où l'on retrouve avec plaisir la pensée si nuancée et si riche
de W. Stern. D.W.
1067. — G. SPEARMAN. — The substructure of the mind (La
substructure de V es prit). — Br. J. of Ps., XVIII, 3, 1928, p. 249-261;
S. expose à nouveau, sous une forme très claire, sa théorie bien
connue des deux facteurs et les raisons qui militent en faveur de son
adoption.
Il étudie successivement l'hypothèse d'éléments extrêmement
nombreux (théorie du sable), en nombre mo
déré (théorie des galets). Ces deux théories mathématiques ne per
mettent pas d'expliquer les corrélations trouvées par les observat
eurs entre les aptitudes. Reste donc l'hypothèse d'une énergie gé
nérale appelée « g », se surajoutant à l'action des aptitudes particul
ières « s ». C'est la théorie dite des deux facteurs. G. P.
1068. — K. PEARSON et M. MOUL. — The mathematics o! intell
igence {Les mathématiques de V intelligence). — Biometrika, XIX,
3-4, 1927, p. 246-291.
Spearman a récemment poussé très loin la démonstration de la
thèse célèbre qu'il défend depuis plus de 20 ans, et, à l'entendre, la
théorie des deux facteurs serait définitivement prouvée, avec une-
exactitude comparable à celle de nos meilleures lois physiques.
Nous avons maintenant l'avis du grand statisticien anglais Pears
on, qui, disons-le tout de suite, est loin d'être aussi optimiste. Dans
une note qui fera époque dans l'histoire des controverses attachées-
aux théories de l'intelligence, P. passe au crible d'une analyse ma
thématique inexorable les méthodes statistiques employées par Sp.
et le matériel expérimental auquel elles se sont appliquées.
On sait que, d'après la nouvelle forme que Sp. a donnée à sa dé
monstration, il faut commencer par tirer du tableau primitif des
intercorrélations un ensemble d'expressions, appelées différences de
tétrades (avec P. nous dirons simplement tétrades, T. pour abréger)
et qu'il est nécessaire, et suffisant, que toutes les T. soient nulles
pour que soit parfaitement prouvée la validité de la conception de
Sp. En fait on doit s'attendre à des fluctuations autour du zéro : il 778 ANALYSE« BIBUOGBAPfilQUES
faut seulement que ces fluctuations ne dépassent pas celles qu'on
peut attendre des erreurs d'échantillonage. La formule capitale est
-donc celle qui permet de calculer théoriquement l'erreur probable
de T. ou mieux, comme dans la dernière expression proposée par Sp.
et Holzinger (1926), l'écart probable de la distribution des T. Cet
indice est ensuite comparé à l'écart médian observé. Comme l'allure
des distributions semble très voisine d'une courbe normale (voir
The Abilities of man, p. 146-149), une telle confrontation paraît lég
itime : elle conduit à la constatation de la quasi-égalité des deux
valeurs (0,061 et 0,062, 0,051 et 0,05.2) ce qui ne laisse pas d'être
impressionnant. Mais écoutons P., en nous contentant d'un bref
énoncé de ses critiques :
1° La formule complète de l'écart probable est extrêmement
compliquée. H. et Sp. en ont donné une forme approchée qui est
mauvaise pour deux raisons, et qui, chose grave, surestime l'écart
•dans une proportion supérieure à la propre erreur probable de cet
écart.
2° La méthode de comparaison n'est pas satisfaisante. Il ne suffit
pas de dire que 0,052 est très voisin de 0,051, il faut encore montrer
qu'il n'en diffère pas d'une quantité notablement supérieure à son
erreur probable : c'est là l'objection fondamentale, et P. montre
son importance sur les deux principaux exemples donnés par Sp.
(expériences d'H. et expériences de Simpson). Auparavant, il s'est
attaqué au problème fort compliqué du calcul de l'erreur probable
de l'écart probable, et finalement il aboutit à une formule approchée
dont il se sert pour éprouver les résultats expérimentaux. En met
tant les choses au mieux, la différence pour les nombres de H. vaut
phis de deux fois l'erreur probable, et environ 4 fois pour les nombres
de S. Nous sommes loin de l'accord frappant proclamé par Sp.
3° La normalité de la distribution des tétrades, supposée par Sp.,
est théoriquement invraisemblable. Qu'en est-il pratiquement ?
Tout d'abord la symétrie des courbes autour de l'axe T = O ne
doit pas en imposer :. c'est là une propriété générale des tétrades,
indépendante de la théorie des deux facteurs. Mais, déplus, le cr
itérium d'ajustement de P., appliqué aux deux exemples traités
montre que la distribution est platiourtique dans le premier cas, et,
dans le second, nettement leptocurtique, avec une -extrême probab
ilité.
4° L'accord entre le médian observé et l'écart probable, à sup
poser qu'il se trouve réalisé avec 4 es tests mieux choisis (et surtout
avec un plus grand nombre de sujets !) ne prouverait pas encore
pleinement la validité de la théorie, mais seulement sa compatibilité
avec les données relativement à une seule constante, importante il
est vrai, de la distribution des T.
Après ce savant réquisitoire, le moins qu'on puisse dire est que,
malgré les remarquables efforts de son auteur, la validité de la
théorie des deux facteurs n'est pas encore mathématiquement
prouvée. A. F. PERSONNALITÉ. INTELLIGENCE. VOLONTE. SUGGESTJB1L1TE 779
1069. — G. H. THOMSON. — A worked out example of the îk>b-
sible linkages of four correlated variables on the sampling theory
( Un exemple développé des combinaisons possibles de quatre variables
en corrélation). — Br. J. of Ps., XVIII, 1, 1927, p. 68-78.
T. cherche une fois de plus à démontrer qu'il n'est pas nécessaire
•d'admettre la théorie du facteur général, que les résultats obtenus
s'expliquent aussi bien par l'influence combinée de facteurs collectifs,
au moins quand il s'agit de facteurs composés d'éléments •quantit
ativement équivalents dans leur influence et doués du caractère « tout
ou rien ». G. P.
1070. — J. MACKIB. — The sampling theory as a variant oî the
two factor theory (La théorie de Véchantillonage, variante de la
théorie des deux facteurs). — J. of ed. Ps., XIX, 9, 1928, p. 614-621.
L'opinion que la théorie des aptitudes, développée par G. Thoms
on, ou « Sampling Theory », ne serait qu'un cas particulier, de celle
des « Deux facteurs » de Spearman, est assez répandue aujourd'hui,
Spearman lui-même, en se fondant sur l'analyse mathématique de
Garnett, l'ayant maintes fois proclamé : nouvelle façon pour lui de
réduire son adversaire en se l'assimilant. Cependant, à regarder les
«hoses de plus près, comme le fait M., qui illustre sa démonstration
•de manière frappante à l'aide d'une représentation multi-dimen-
sionnelle des deux théories, on s'aperçoit que la similitude est pure
ment formelle, et sans doute psychologiquement absurde. C'est un
pur artifice de calcul qui permet d'introduire un facteur général dans
la théorie de l'échantiHonage. Si, des deux théories, l'une doit être
abandonnée, ce n'est certes pas parce qu'elles s'équivalent. A. F.
1071. — S. C. DODD. — The theory of factors (La théorie des fac
teurs).— Ps. Rev., XXXV, 3, 1928, p. 211-234, et 4, 1928, p. 261-
279.
Cette revue générale de la théorie des facteurs, passant en revue
toutes les discussions qui ont eu lieu depuis 1904, date de la publica
tion des premières études de Spearman, pourra rendre les plus grands
services à ceux qui s'intéressent à ce difficile problème. L'auteur com
pare à la théorie de Spearman celle de Thomson, la « sampling theory »
et résume brièvement les phases de la lutte entre les deux auteurs.
Il s'agit comme on le sait de l'interprétation que l'on doit donner aux
résultats obtenus par l'application des tests à un grand nombre d'in
dividus. L>oit-on admettre l'existence d'un facteur général que Spear
man appelle « g j> ou peut-on expliquer les mêmes résultats par l'hy
pothèse d'un certain nombre de facteurs particuliers indépendants.
Au point de vue mathématique, il semble que les deux thèses puissent
être l'une et l'autre soutenues. Mais au point de vue pratique, elles
n'ont pas la même valeur. La théorie du facteur général est plus
commode pour la mesure et le pronostic des aptitudes psychologiques.
Mais il n'y a pas de preuve certaine qu'elle concorde avec les faits
physiologiques. Dans certains cas particuliers, le système de Thoms
on est préférable. G. P. 780 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1072. — A. S. EDWARDS. — Intelligence as the capacity for va
riability or versatility of réponse {L'intelligence comme capacité de
varier ou de modifier la réponse). — Ps. Rev., XXXV, 3, 1928,
p. 198-210.
L'intelligence, c'est le pouvoir de varier, de modifier l'activité.
L'être intelligent est celui qui est capable de faire plus d'essais et
d'erreurs, d'avoir plus de succès et d'échecs, d'apprendre plus de
choses, de faire plus d'applications de ce qu'il a appris, de faire des
distinctions plus fines, d'échafauder plus de théories, de poursuivre
plus de fins, renfermant elles-mêmes des fins plus éloignées. L'in
telligence plus haute fait plus d'abstractions et de généralisations,
est plus générale et comprehensive, plus productive et originale, fait
plus de choses inaccoutumées, résout plus de problèmes, trouve plus,
de solutions pour le même problème.
Cette définition est en accord avec un grand nombre de faits. Le
déficient peut apprendre à faire très bien une tâche déterminée et y
réussir mieux qu'un homme intelligent ignorant. L'homme de génie
commet souvent beaucoup d'erreurs. Cette théorie évite le jugement
de finalité qu'implique l'idée d'adaptation, elle laisse de côté la no
tion de succès. Elle s'accorde avec les faits biologiques qui nous
montrent une complexité croissante du système nerveux, accompa
gnant le développement de l'intelligence. Elle s'accorde avec l'histoire-
qui nous montre le rôle joué par les erreurs. G. P.
1073. — C. BLACK. — Note on the nature of intelligence {Note sur
la nature de V intelligence). — Br. J. of Ps., XVIII, 4, 1928, p. 451-
454.
B. insiste surtout sur le fait que les réactions de l'individu, appréc
iées, soit par l'observation familière, soit par les tests, peuvent ne
pas correspondre aux véritables capacités individuelles puisque
d'autres facteurs d'ordre affectif interviennent dans le succès. Sans •
doute l'accord doit être assez fréquent entre les deux, sans cela, il
serait impossible d'apprécier en aucune façon l'intelligence, mais
pour parler avec rigueur, on ne doit pourtant pas oublier que cet
accord n'est pas constant. Il serait à souhaiter que la psychologie
expérimentale invente des moyens d'apprécier ces capacités direct
ement sans faire intervenir les réactions ou tout au moins en apportant
les corrections appropriées. G. P.
1074. — R. H. PEAR. — The nature of skill {La nature de l'habileté).
J. of N. I. of Ind. Ps., IV, 4, 1928, p. 193-202.
Ce que les Anglais désignent par le mot skill n'a pratiquement pas
d'équivalent en français. Il couvre la signification d'adresse, habileté,
compétence, don personnel, aptitude. L'auteur définit ce mot intra
duisible par « une intégration d'actes parfaitement adaptés », impli
quant de ce fait discrimination de la situation et possibilité de subs
tituer un type' de réponse intégrée à un autre. Différente de la notion
d'instinct préforme et de celle d'habitude, cette notion de « skill »
implique un automatisme combiné avec une attitude vigilante de
l'esprit, susceptible de plusieurs groupements- types (patterns) de ré
ponse, ces « patterns » pouvant exercer des actions parfois inhibitrices INTELLIGENCE. VOLONTE. SÜCGESTIBILITE 781. PERSONNALITÉ.
les unes sur les autres. On peut classifier les différentes sortes de
« skill » en : 1° séries de réponses imparfaitement adaptées (métiers
inférieurs) ; 2° réponses parfaitement adaptées, indépendantes de la
personnalité (soldats à l'exercice) ; 3° réponses analogues aux habi
tudes mais moins spécifiques et automatiques (sport) ; 4° réponses
de ce même type mais trahissant par leur groupement la personnalité
de l'individu ; 5° habileté motrice.
Quelle relation existe-t-il entre la notion d'intelligence et celle de
« skill », l'intelligence étant conçue comme consistant essentiellement
dans l'adaptation à une situation nouvelle ?
Des tests d'habileté motrice d'cù toute intelligence a été éliminée
(Muscio), donnent de très faibles corrélations tes uns avec les autres.
L'auteur en conclut que ces mécanismes moteurs sont contrôlés par
des niveaux très inférieurs du système nerveux et que dans les tâches
plus difficiles intervient un niveau supérieur. Un autre moyen d'at
taquer le problème est l'étude du transfert des habiletés acquises.
Etant donnés des ouvriers habiles dans l'exécution d'une performance
donnée, cette habileté va-t-elle pouvoir se transférer à l'accompliss
ement d'une autre performance d'un type analogue. L'expérience
conclut négativement. M. L.
C.'
1075. — P. A. WITTY at H. LEHMAN. — Ability versus
effective ability (Aptitude et aptitude effective). — Ps. Rev., XXXV,
1, 1928, p. 67-86.
Le génie, pour se manifester n'exige pas seulement des apti
tudes exceptionnelles, mais aussi l'énergie des tendances, et des
conditions favorables de développement. A l'origine de la ten
dance, il y a des instincts, des habitudes et aussi d'autres faits
mal connus comme ceux qu'ont décrits les psychanalystes, des conf
lits, des facteurs inconscients. "' G. P.
1076. — T. L. KELLEY. — Crossroads in the mind of man (Che
mins de traverse dans Vesprit de l'homme). — In-8° de 236 pages.
Stanford University, 1928.
La recherche des fonctions mentales élémentaires est le but fon
damental de la science psychologique ; mais alors que le problème
semble de nature purement expérimentale on se trouve en réalité
en présence des théories constructives les plus variées, qu'il semble
temps à l'auteur de soumettre à un contrôle objectif serré. La sta
tistique fournit justement une technique universelle pour mettre à
l'épreuve la valeur des catégories élémentaires que chaque école
postule, à condition que tous les facteurs soient clairement définis en
termes de conduite. L'exemple à suivre e.st celui de Spearman, qui a
cherché à fonder sa théorie sur des déductions statistiques, encore
que, pour K., celles-ci aient été insuffisamment poussées. Le présent
livre vise à aller plus loin. La partie mathématique, très développée,
traite des relations de condition auxquelles doivent satisfaire les
résultats des tests pour qu'il soit légitime de faire telle ou telle hypot
hèse simple sur le nombre et la nature des facteurs élémentaires im
pliqués. Sans faire d'hypothèse spéciale, il est évident que ces fac
teurs sont, ou bien généraux, ou bien spécifiques, ou bien communs à 782 ANALYSES BfBLtCMSftÄJPKlQlJES
qitelqiies tests seulement. Cette distinction est fandarmentalev Dans
cet ordre d'idées, K. essaie d'interpréter les résultats d'expériences
personnelles (tests de lecture, d'arithmétique, de mémoire, d'intell
igence spatiale) et de quelques autres auteur». Il réussit à déterminer,
à l'aide d'une série fort longue d'approximations successives, la
meilleure suite de poids convenant,, pour chaqnae test, aux trois
catégories de facteurs. De plus, les facteurs partiellement communs
ont été, à titre d'essai, dissociés en un certain nombre die composants
supposés- simples : facteurs de mémoire, de rapidité, d'aptitude ver
bale, numérique, spatiale. D'après K.., le facteur général serait, en
partie, sinon en totalité, dû à l'hétérogénéité que tes différences de
maturité, de sexe, de race, de milieu.,, iimtreduisent inévitablement
dans les groupes.
On peut dire qme tout ce livre est vm effort remarquable pour
montrer l'importance des facteurs: communs- non généraux que
Spearman et. ses élèves nous avaient imprudemment habitués- à tenir
pour négligeables. A. F.
1077. — h, E. TRAVIS et TH. A. HUNTER. — The relation be
tween « intelligence » and reflex conduction rate {La entre
l 'intelligence et la vitesse de propagation des réflexes). — J. of exp.
Ps., XI,, 5, 1928, p. 342-354. '
Y a-t-il un rapport entre l'intelligence et la vitesse des réflexes ?
L'appareil employé dans cette étude permettait l'enregistrement du
•courant d'action du muscle dans Le réflexe patellaire ; le temps mesuré
était celui qui s'écoulait entre l'excitation et le début de la réponse
du muscle. D'autre part l'intelligence a été mesurée chez des écoliers
et chez des étudiants au moyen d'une « batterie » de tests. On a
trouvé une corrélation variant, de 0,71 à 0,87 entre les deux sortes-
d'épreuves, c'est-à-dire que les individus à réflexes rapides sont aussi
en général les plus intelligents. Il est probable que le réflexe normal
implique le fonctionnement d'un, arc nerveux très étendu, avec par
ticipation de I'éeorce cérébrale elle-même. ; d'autre part,, l'intelligence
suppose une multiplicité de réactions cérébrales rapides entre le
squelles s'établit une sélection : la corrélation, entre les deux, faits
paraît donc intelligible. P. G,
1078. — B. M. COX. — The intelligence factor in the solution of
space problems with the two story maze {Le facteur « intelligence »
dans la solution des problèmes spatiaux avec le labyrinthe à 2 étages)^
Am. J. of Ps,, XL, 4, 1928, p. 542-561.
Les résultats du test d'intelligence de Thorndike (admission à
l'université) appliqué à 67 étudiants ont été comparés au succès dans
le test de labyrinthe à 2 étages de Miles, dans le but de déterminer le
rôle de l'intelligence dans la résolution de problèmes spatiaux nou
veaux. Pour trois des 5 problèmes de labyrinthe envisagés (5 posi
tions différentes du labyrinthe inférieur par rapport au labyrinthe
supérieur), on a trouvé entre l'a rapidité d'exécution et l'intelligence
des corrélations négatives significatives ( — 0,26, — 0,59, et — 0,46);
dans les deux autres cas il y a lieu de penser que l'intervention de
l'apprentissage chez les sujets les plus lents, à pu modifier les condi
tions d'expérience. APPLICATIONS GENERALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 783
L'application des tests de labyrinthe a de plus décelé des diffé
rences dans les modes de réaction pour les sujets divisés en 3 groupes
d'après le test de Thorndike (îergr. : supérieurs à 1 sigma au-dessus
de la moyenne M ; 2e gr. : de M -f- 1 a à M — 1 a ; 3e gr. : inférieurs
à l\f — 1 <r). Les sujets les plus intelligents ont plus fréquemment que
les autres signalé des représentations visuelles et kinésiques, ont eu
recours à un plan, une méthode à laquelle ils se sont conformés, r
emarqué l'existence d'un élément contradictoire dans le plan du
labyrinthe, etc.. Il faut noter cependant que les séparations entre
les groupes ne sont pas nettes. A. B.-F.
1079. — H. GARTER. — The organization oi mechanical intell
igence {Organisation de V intelligence mécanique). — J. of genet-
Ps., XXXV, 2, 1928, p. 270-283.
L'auteur utilise les résultats de plusieurs tests d'intelligence méca
nique donnés à l'Université de Minnesota, pour mettre à l'épreuve
la théorie des deux facteurs. Il dresse donc le tableau des intereorré-
lations et trouve une corrélation moyenne entre colonnes de 0,15
dans un cas (15 tests, 217 sujets) de 0,30 dans un autre (17 tes-ts,
100 sujets), et, enfin, avec 8 tests particulièrement favorables cepen
dant, 0,41 seulement. Le calcul des différences de tétrades dans
ce cas confirme l'absence du facteur général. Cependant certains,
groupes de 4 tests satisfont parfaitement au critérium de Spearman,
ce qui montre bien l'existence de facteurs- communs, mais non géné
raux (group factors). Dans l'ensemble, cette étude appuie plutôt
les théories de Thomson et de Thorndike. A. F.
XIV. — Psychologie appliquée
1° Applications Générales, Industrielles et Sociales
a) Généralités. Applications générales et sociales l
1080. — O. LIPMANN. — The human factor in Production [Le fac
teur humain dans la production).. — Pers. J., VII, 2, 1928, p. 87-95
Traduction anglaise de la communication que fit l'auteur au der
nier Congrès de Technopsychologie et qui portait sur deux points :
1) Le rôle du facteur humain ; 2) La nature de ce rôle. Le progrès a
pour conséquence une mécanisation croissante des moyens de travail
engendrant une décroissance parallèle de l'importance du facteur
humain.. Il faudra dès lors classer les industries d'après l'importance
qu'elles accordent à ce facteur humain, se fondant sur 5 criteria
principaux ; 1) Le rythme adopté par le travailleur ; 2) le rythme qui
lui est mécaniquement imposé ; 3) l'absence d'erreurs ; 4) la vitesse
et le rendement du travailleur en fonction des incidents qui peuvent
1. Voir aussi lea n<* [390-395]-[401-405]-699-843-844.

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