L'horizon temporel : une épreuve de représentations spatiales d'évaluation de durées - article ; n°1 ; vol.72, pg 53-64

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L'année psychologique - Année 1972 - Volume 72 - Numéro 1 - Pages 53-64
Summary
In order to evaluate temporal perspective, four groups of adults (aged 17 to 55) were asked to localize life events as segments on a line representing their life time.
Subjects are differentiated by their subjective estimation of their own life-expectancy : younger people according thernselves a shorter life-time than the older ones. Localization of past events showed an effect that we call « temporal perspective », consisting in different organisations of these locations as age increases.
Temporal perspective as regards future plans was the same, regardless of age.
This technique is proposed as a method for evaluating temporal perspective in patients where temporal disturbances are supposed to exist.
Résumé
Une technique de représentations spatiales d'évaluation de durées qui consiste à localiser des événements sur un segment de droite symbolisant la vie du sujet met en évidence des effets de perspective temporelle. Des sujets adultes (4 groupes entre 17 et 55 ans) sont différenciés par leurs estimations subjectives de l'espérance de vie : celles-ci sont plus conformes à la réalité quand l'âge augmente, les plus jeunes s'accordant une espérance de vie relativement plus courte.
Les localisations des souvenirs montrent qu'il y a une mise en place progressive de ceux-ci selon des plans de perspective qui se modifient avec l'âge. Quant aux projets, leurs localisations sont invariables quel que soit le groupe d'âge considéré. Appliquée à des sujets chez lesquels on conjecture l'existence de perturbations temporelles, cette technique devrait permettre d'en mesurer les distorsions.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1972
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R. Menahem
L'horizon temporel : une épreuve de représentations spatiales
d'évaluation de durées
In: L'année psychologique. 1972 vol. 72, n°1. pp. 53-64.
Abstract
Summary
In order to evaluate temporal perspective, four groups of adults (aged 17 to 55) were asked to localize life events as segments on
a line representing their life time.
Subjects are differentiated by their subjective estimation of their own life-expectancy : younger people according thernselves a
shorter life-time than the older ones. Localization of past events showed an effect that we call « temporal perspective »,
consisting in different organisations of these locations as age increases.
Temporal perspective as regards future plans was the same, regardless of age.
This technique is proposed as a method for evaluating temporal perspective in patients where temporal disturbances are
supposed to exist.
Résumé
Une technique de représentations spatiales d'évaluation de durées qui consiste à localiser des événements sur un segment de
droite symbolisant la vie du sujet met en évidence des effets de perspective temporelle. Des sujets adultes (4 groupes entre 17 et
55 ans) sont différenciés par leurs estimations subjectives de l'espérance de vie : celles-ci sont plus conformes à la réalité quand
l'âge augmente, les plus jeunes s'accordant une espérance de vie relativement plus courte.
Les localisations des souvenirs montrent qu'il y a une mise en place progressive de ceux-ci selon des plans de perspective qui
se modifient avec l'âge. Quant aux projets, leurs localisations sont invariables quel que soit le groupe d'âge considéré. Appliquée
à des sujets chez lesquels on conjecture l'existence de perturbations temporelles, cette technique devrait permettre d'en mesurer
les distorsions.
Citer ce document / Cite this document :
Menahem R. L'horizon temporel : une épreuve de représentations spatiales d'évaluation de durées. In: L'année psychologique.
1972 vol. 72, n°1. pp. 53-64.
doi : 10.3406/psy.1972.27928
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1972_num_72_1_27928Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
de la Sorbonne
associé au CNRS
L'HORIZON TEMPOREL :
UNE ÉPREUVE DE REPRÉSENTATIONS SPATIALES
D'ÉVALUATION DE DURÉES
par Ruth Menahem
SUMMARY
In order to evaluate temporal perspective, jour groups of adults (aged 17
to 55) were asked to localize life events as segments on a line representing
their life time.
Subjects are differentiated by their subjective estimation of their own
life-expectancy : younger people according themselves a shorter life-time
than the older ones. Localization of past events showed an effect that we call
« temporal perspective », consisting in different organisations of these loca
tions as age increases.
Temporal as regards future plans was the same, regardless
of age.
This technique is proposed as a method for evaluating temporal pers
pective in patients where temporal disturbances are supposed to exist.
« C'est parce que la représentation du temps ne nous fournit
aucune figure que nous cherchons à le rendre sensible par la
figure d'une ligne et que des propriétés de celle-ci nous déduisons
celles du temps. » Cette pensée de Kant (1924) nous sert de justi
fication à une technique d'estimation des durées qui repose sur
une analogie spatiale : il s'agit pour le sujet de traduire ses est
imations temporelles sur une droite par des longueurs proport
ionnelles.
Nous avons adopté une technique utilisée par J. Cohen (1954)
pour l'estimation d'intervalles relativement longs par une
méthode de représentation linéaire : dans cette expérience, une
droite de 25 cm représente la vie du sujet jusqu'à aujourd'hui. MÉMOIRES ORIGINAUX 54
II doit y marquer la longueur d'un intervalle depuis un moment x
proposé, tel que : le déjeuner d'hier, Noël dernier, depuis que vous
avez quitté l'école, etc.
On présente au sujet un segment de droite par événement
à situer. Les résultats montrent que pour des durées jusqu'à
6 mois il y a une relation logarithmique avec les intervalles
chronologiques et leurs estimations, conforme à la loi de Weber.
Au-delà d'un an, la relation entre les intervalles chronologiques
et leurs estimations est linéaire. Entre 6 mois et un an on trouve
des résultats variables.
Pour Cohen, la question posée se formule ainsi : combien
de temps s'est écoulé depuis que tel événement s'est produit ?
MÉTHODOLOGIE
La technique
Notre technique diffère de celle de Cohen en ce que la tâche
du sujet consiste à localiser sur un segment de droite symbolisant
sa vie passée, à venir ou dans son ensemble, un ou plusieurs événe
ments socialisés ou personnels.
Matériellement, l'épreuve se présente sous forme d'un carnet
de six pages que l'on peut regrouper comme suit :
a) Le segment de droite symbolise toute la vie du sujet :
— localisation d'aujourd'hui (page 1), ce qui permet le calcul
de l'espérance subjective de vie ;
— délimitation des âges de la vie (page 6), enfance, adolescence,
âge adulte, vieillesse.
b) L'axe symbolise tout le passé du sujet :
— localisation de trois faits passés de la vie socialisée, scolaire ou
professionnelle, proposés par l'expérimentateur (page 2) ;
—d'événements importants de la vie passée du sujet
choisis par lui-même (page 4).
c) La droite représente l'avenir à partir d'aujourd'hui :
— le sujet y situe trois étapes de sa vie à venir, proposées par
l'expérimentateur ;
— localisation de trois événements importants qui vont se
produire et que le sujet choisit lui-même. R. MENAHEM 55
Les consignes sont données successivement à chacune des
pages du livret ; quand plusieurs événements sont à localiser,
ils sont tous proposés avant que le sujet ne commence à les
situer.
La population
La composition de l'échantillon des 138 sujets est résumée
dans le tableau I.
TABLEAU I
Composition de l'échantillon
Groupe II Groupe I Groupe III Groupe IV
40 > Ages 17-21 22-29 30-39
Nombre 63 36 20 19
Les sujets du groupe I sont soit des étudiants en psychol
ogie (N = 39), soit des élèves d'une école d'infirmiers. Pour les
autres groupes, le choix n'était pas systématique, seul inter
venait le critère de bonne adaptation socioprofessionnelle,
garantie d'une certaine « normalité ». Ni le facteur sexe, ni le
facteur niveau socioprofessionnel n'ayant donné lieu à des diff
érences à cette épreuve, nous n'avons donc pas retenu ces dis
tinctions.
HYPOTHÈSES
L'hypothèse de base dont nous tentons la vérification expéri
mentale porte sur les effets de perspective auxquels sont soumises
les estimations temporelles, effets qui varieraient avec l'âge, aussi
bien pour le passé que pour l'avenir. Les trois hypothèses de
travail sont :
Première hypothèse.
a) L'estimation indirecte de Yespérance subjective de vie
va subir un déplacement avec l'âge dans le sens d'un allongement
relatif de la période qui reste à vivre.
b) L'estimation des durées des différentes périodes de la vie 56 MÉMOIRES ORIGINAUX
montrera une surestimation de la période de vie dans laquelle
le sujet se situe de par son âge chronologique, par exemple
l'adolescence, l'âge adulte, etc.
Deuxième hypothèse. — La localisation d'événements dans le
passé variera en fonction de l'âge des sujets et du type d'événe
ments estimés : il y a une mise en place des souvenirs qui sont
considérés comme vraiment passés, selon des plans successifs
analogues à des plans de perspective dans l'espace : c'est cela
que nous appelons l'effet de temporelle.
Nous faisons aussi l'hypothèse que des souvenirs très chargés
affectivement ne subiront pas cet effet de la même façon, si
bien que deux événements chronologiquement contemporains,
mais de signification différente pour le sujet, ne seront pas loca
lisés de la même façon.
Troisième hypothèse. — Pour l'avenir, on notera les mêmes
effets de perspective que pour le passé avec la même dissociation
entre projets socialisés et projets personnels.
RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
Première hypothèse
a) Pour estimer l'espérance subjective de vie, on demande
au sujet de situer « aujourd'hui » sur un axe symbolisant toute
sa vie. Exemple :
N A M
/ X /
Naissance Aujourd'hui Mort
Si on pose de façon quelque peu arbitraire, mais correspon
dant bien à la croyance générale, une espérance de vie égale à
70 ans, on peut transformer les longueurs ainsi délimitées en
nombre d'années.
On procède de la façon suivante : pour chaque sujet, la lon
gueur NA correspond à l'estimation subjective du nombre d'an
nées qu'il a vécu ; en posant une espérance de vie égale à 70,
chaque centimètre représente 70/24 = 2,9 ans, ce qui permet de
calculer la longueur NA réelle.
C'est le rapport entre la longueur estimée par le sujet et la
longueur correspondant à son âge réel qui permet d'avoir une R. MENAHEM 57
estimation de l'espérance de vie que s'attribue chaque sujet.
Nous groupons ces estimations en trois classes :
— classe a estimation correcte, rapport entre 0,75 et 1,25 ;
—b surestimation, valeur supérieure à 1,25 ;
— classe c sous-estimation, inférieure à 0,75.
L'estimation portant sur la période de vie passée, surest
imation veut dire espérance de vie très courte ; on a ainsi pour a)
une estimation comprise entre 56 et 84 ans, pour b) une durée
inférieure à 56 ans et pour c) supérieure à 84 ans.
Le tableau II donne, pour chacun des groupes d'âge, le pour
centage de sujets dans les trois classes d'estimations :
TABLEAU II
Espérance subjective de vie : pourcentage de sujets
dans chacune des classes d'estimations
Espérance de vie
Groupe Moyenne d'âge 56-84 Inf. à 56 Sup. à 84
a b c
I 19 ans 57 29 13
24 — 66 II 14 19
35 — III 77 5 17
45 — IV 90 0 10
La lecture de ce tableau permet de faire les constatations
suivantes :
— La majorité des estimations, et ceci pour tous les sujets,
se situe dans la classe d'une espérance de vie normale (a).
L'augmentation avec l'âge de la proportion de sujets se situant
dans cette classe est d'ailleurs notable.
— L'allongement excessif de la durée de la vie ne semble pas
soumis à des variations avec l'âge ; une faible proportion de
sujets de chacun des groupes se trouve dans cette classe d'est
imations (c).
— Le fait le plus intéressant paraît être la diminution,
jusqu'à la disparition, du nombre de sujets qui s'accordent
une espérance de vie très brève. On pourrait l'interpréter comme
une sorte de régression vers les estimations moyennes (chaque
sujet, quel que soit son âge, se situant à mi-chemin entre ce qu'il 58 MÉMOIRES ORIGINAUX
a vécu et ce qui lui reste à vivre) ou encore comme un désir de la
part des plus jeunes de ne pas vieillir en raccourcissant leur temps
à vivre.
Notre hypothèse sur l'allongement avec l'âge de l'espérance
subjective de vie se trouve confirmée dans le sens d'un meilleur
ajustement à la réalité de la durée de la vie, sans basculer dans
une surestimation excessive.
Nous avons cherché à évaluer à partir de quel âge se fait cet
ajustement, en comparant le nombre de sujets qui donnent une
estimation dite correcte à ceux qui sur- ou sous-estiment (test
du x«) :
Groupes I/II différence non significative
— III/IV — —
— I + II/III + IV .... — significative à .05
On peut donc distinguer deux groupes, avant et après 30 ans,
ces derniers se donnant une espérance de vie plus longue et par
ailleurs plus juste.
b) La seconde partie de cette première hypothèse porte sur
l'allongement relatif de l'estimation de la période de vie qui est
celle correspondant à l'âge chronologique du sujet. La tâche
du sujet consiste en la délimitation, sur un axe symbolisant toute
une vie, des quatre périodes de la vie : enfance, adolescence,
âge adulte, vieillesse. Les durées attribuées aux différentes
périodes de la vie sont rapportées dans le tableau III.
TABLEAU III
Durée en années des estimations des périodes de la vie
Groupe Enfance Adolescence Age adulte Vieillesse
14 15 12 I 29
II 14 14 28 14
III 13 14 27 16
11 11 IV 31 17
Statistiquement, ces différences ne sont pas significatives et
on ne peut pas affirmer qu'il y ait un allongement de la période
de vie actuelle du sujet.
Mais si, au lieu de l'âge chronologique, on se réfère aux est
imations des sujets telles qu'elles résultent de la localisation !
MENAHEM 59 R.
d' « aujourd'hui », c'est-à-dire de l'âge que les sujets se donnent,
alors on trouve des résultats bien différents.
Pour cela nous avons mis en relation les deux estimations,
pour chacun des sujets, de la façon suivante :
Naissance /- -/ Mort
1 Aujourd'hui
Naissance / 1 -/ Mort
2 Enfance Adolescence Age adulte Vieillesse
Dans cet exemple, le sujet se situe dans la période de l'âge
adulte.
Le tableau IV donne le pourcentage de sujets se situant dans
chacune des périodes :
TABLEAU IV
Pourcentages de sujets
se situant dans chacune des séquences de vie
Groupe Enfance Adolescence Age adulte Vieillesse
I 12 70 16 0
II 20 54 25 0
III 30 70 0 0
22 IV 0 5 72
Gomme on pouvait s'y attendre, le pourcentage de sujets
se situant dans chacune des périodes de la vie est, pour chacun
des groupes, maximal dans la tranche d'âge correspondant à
l'âge chronologique. Avec cependant une nette tendance à subir
l'attirance de l'adolescence, puisque 39 % de l'ensemble des sujets
se situent dans cette période.
L'effet projectif des réponses à cette épreuve est manifeste :
en effet, un questionnaire portant sur les durées des différentes
périodes de la vie montre que la durée moyenne affectée à l'ado
lescence est de 6 ans, alors que d'après les estimations faites ici
elle est supposée durer entre 11 et 15 ans.
Deuxième hypothèse
Localisation des souvenirs sur un segment de droite symbol
isant tout le passé du sujet.
a) Evénements socialisés : trois faits proposés par l'examina- 60 MÉMOIRES ORIGINAUX
teur doivent être localisés sur une droite ; selon l'anamnèse des
sujets, ces faits eux-mêmes varient, mais ils sont sélectionnés
dans une classe d'événements semblables et distribués selon des
intervalles approximativement identiques ; nous avons choisi
des faits qui arrivent à tout le monde et qui constituent un chan
gement dans la vie des sujets, tels que « l'entrée à l'école », « dans
la profession », etc.
Les estimations des sujets (longueurs en centimètres) sont
transformées en années : les 25 cm du segment de droite repré
sentent toute la vie passée du sujet c'est-à-dire une durée variable
avec l'âge chronologique actuel du sujet.
On rapporte cette estimation en années à l'âge réel auquel
l'événement s'est produit. Les rapports sont groupés en est
imations correctes, sur- et sous-estimations selon les critères
définis ci-dessus (cf. p. 57).
Les résultats sont groupés dans le tableau V :
TABLEAU V
Faits socialisés du passé
Pourcentages de sujets dans les classes d'estimations
Estimation Surestimation Sous-estimation Groupe correcte
I 27 33 40
48 41 II 11
III 10 5 85
IV 6 0 94
II nous semble que ces résultats vont dans le sens d'une mise
en place des souvenirs se modifiant avec l'âge. En effet, surest
imation cela veut dire que l'estimation est jugée plus proche du
présent qu'elle ne l'est chronologiquement, ce qui donne au
souvenir une certaine actualité. Ce sont les plus jeunes (groupe I)
qui répondent de cette façon.
Au contraire, sous-estimer revient à rejeter l'événement
localisé loin dans le passé, et c'est bien là ce qui se passe mass
ivement chez les sujets les plus âgés.
L'organisation des localisations se fait par conséquent selon
des plans de perspective variables avec l'âge.
Pour répondre à d'éventuelles objections sur des artefacts
dus au matériel lui-même, nous avons calculé la cohérence des R. MENAHEM 61
jugements ; si on peut montrer que la tendance à sur- ou sous-
estimer est constante pour un sujet donné, quelle que soit la
distance dans le temps des événements à juger, alors ce sera bien
une attitude du sujet et non un effet dû au matériel. Pour tester
cette hypothèse, nous avons calculé les corrélations (r de Bravais-
Pearson) entre les trois estimations deux à deux, pour chacun
des groupes. Ces douze corrélations sont toutes statistiquement
significatives, ce qui permet d'affirmer que les estimations sont
cohérentes et qu'il s'agit bien d'une attitude caractérisant un
groupe d'âge donné.
b) Evénements personnels : localisation de souvenirs personnels
choisis par le sujet.
Les données ainsi obtenues sont beaucoup plus fragmentaires :
réticences des sujets, redites de faits socialisés, indétermination
sur les dates en ont rendu l'exploitation difficile ; leur intérêt
est surtout d'ordre clinique. On peut tout de même en retenir
que l'effet de sous-estimation semble beaucoup plus marqué
que pour les faits socialisés. On ne peut établir de règle pour
l'évolution de ces localisations avec l'âge, mais on peut en mesurer
les déviations par rapport à la trame des événements socialisés.
De tout ceci on peut conclure que la localisation d'événements
dans le passé varie systématiquement en fonction de l'âge. Les
souvenirs sont localisés selon des plans de perspective s'éloi-
gnant de plus en plus avec l'âge. Quant aux souvenirs per
sonnels, ils ne subissent pas le rejet dans le passé de la même
façon que les souvenirs socialisés, mais sans qu'on puisse montrer
une évolution systématique avec l'âge.
Troisième hypothèse
Localisation des projets socialisés et des projets personnels
pour lesquels nous postulons la manifestation d'un effet de
perspective.
a) Projets socialisés : nous n'analyserons ici que les deux items
communs aux quatre groupes, à savoir « le sommet de votre
carrière » et « quand vous serez vieux ». En l'absence de critère
chronologique, on ne peut qu'estimer l'âge du sujet par rapport
à une certaine espérance de vie (70 ans). Les 25 cm du segment
de droite représentent tout l'avenir du sujet, donc n cm corres-
pondent à (70 — âge — du sujet) = x années.

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