L'interaction narration * description dans le récit. I. Etude de la mémorisation de différents types de séquences descriptives - article ; n°3 ; vol.87, pg 345-362

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L'année psychologique - Année 1987 - Volume 87 - Numéro 3 - Pages 345-362
Summary : The interaction between narration and description in narratives : I. Recall of different kinds of descriptive statements.
The main goal of this experiment was to study the interaction between description and narration in story processing by analyzing reading and free recall of descriptive sequences embedded in the narrative macrostructure of two narratives. Three different descriptive statements were associated with each narrative slatement : two state descriptions, one of them contri-buting to the cohesion of the story, the other having only an ornemental role ; and one action description.
60 Ss participated in this experiment. Reading time and free recall (immediate and delayed : 8 days) were used as indicators of input and output processes implied by the task.
The analysis of reading lime showed two significant factors : important statements are read longer than unimportant statements whatever their nature (narrative or descriptive) ; and the narrative statements are read longer than the descriptive ones. Immediate and delayed free recalls varied according to the relative importance (important > non important) and the nature of the statements (narrative > action description > cohesive state description > ornemental state description). These results support the hypothesis that descriptive information processing implies some kind of re-processing of the related narrative information and that memorization of this descriptive information varies according to both the importance of the related narrative information and its semantic role in the story.
Key-words : Action description, state description, importance, story processing.
Résumé
Cette expérience a pour but d'étudier l'interaction entre la narration et la description en analysant la lecture et la mémorisation de séquences descriptives enchâssées dans la macrostructure sémantique d'un récit. Trois énoncés descriptifs étaient associés à chacun des dix énoncés narratifs (répartis en deux niveaux d'importance) de deux récits : deux descriptions d'état, l'une contribuant à la cohésion du récit, l'autre n'ayant qu'une fonction « décorative », et une description d'action d'importance secondaire. Le traitement cognitif des différents types d'énoncés a été étudié à l'entrée, en enregistrant les temps de lecture, et à la sortie, en analysant les rappels libres immédiat et différé (8 jours) de 60 sujets âgés de 16 à 18 ans.
L'analyse des temps de lecture montre un effet de l'importance : les énoncés importants (narratifs et descriptifs) sont lus plus longtemps ; et de la nature des énoncés (narratifs > descriptifs). L'analyse des rappels indique un effet de l'importance, de la nature des énoncés (narratifs > descriptions d'action > descriptions d'état cohésives > descriptions d'état décoratives) et du délai. Ces résultats sont en accord avec l'hypothèse selon laquelle : 1) le traitement des informations descriptives implique un re-traitement des informations narratives auxquelles elles sont associées et, 2) leur mémorisation varie à la fois en fonction de l'importance relative des informations narratives associées et de leur rôle sémantique dans le récit.
Mots clés : Description d'action, description d'état, importance, récit.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1987
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Guy Denhière
Denis Legros
L'interaction narration * description dans le récit. I. Etude de la
mémorisation de différents types de séquences descriptives
In: L'année psychologique. 1987 vol. 87, n°3. pp. 345-362.
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Denhière Guy, Legros Denis. L'interaction narration * description dans le récit. I. Etude de la mémorisation de différents types
de séquences descriptives. In: L'année psychologique. 1987 vol. 87, n°3. pp. 345-362.
doi : 10.3406/psy.1987.29214
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1987_num_87_3_29214Abstract
Summary : The interaction between narration and description in narratives : I. Recall of different kinds of
descriptive statements.
The main goal of this experiment was to study the interaction between description and narration in story
processing by analyzing reading and free recall of descriptive sequences embedded in the narrative
macrostructure of two narratives. Three different statements were associated with each
narrative slatement : two state descriptions, one of them contri-buting to the cohesion of the story, the
other having only an ornemental role ; and one action description.
60 Ss participated in this experiment. Reading time and free recall (immediate and delayed : 8 days)
were used as indicators of input and output processes implied by the task.
The analysis of reading lime showed two significant factors : important statements are read longer than
unimportant statements whatever their nature (narrative or descriptive) ; and the narrative statements
are read longer than the descriptive ones. Immediate and delayed free recalls varied according to the
relative importance (important > non important) and the nature of the statements (narrative > action
description > cohesive state description > ornemental state description). These results support the
hypothesis that descriptive information processing implies some kind of re-processing of the related
narrative information and that memorization of this descriptive information varies according to both the
importance of the related narrative information and its semantic role in the story.
Key-words : Action description, state description, importance, story processing.
Résumé
Cette expérience a pour but d'étudier l'interaction entre la narration et la description en analysant la
lecture et la mémorisation de séquences descriptives enchâssées dans la macrostructure sémantique
d'un récit. Trois énoncés descriptifs étaient associés à chacun des dix énoncés narratifs (répartis en
deux niveaux d'importance) de deux récits : deux descriptions d'état, l'une contribuant à la cohésion du
récit, l'autre n'ayant qu'une fonction « décorative », et une description d'action d'importance secondaire.
Le traitement cognitif des différents types d'énoncés a été étudié à l'entrée, en enregistrant les temps de
lecture, et à la sortie, en analysant les rappels libres immédiat et différé (8 jours) de 60 sujets âgés de
16 à 18 ans.
L'analyse des temps de lecture montre un effet de l'importance : les énoncés importants (narratifs et
descriptifs) sont lus plus longtemps ; et de la nature des énoncés (narratifs > descriptifs). L'analyse des
rappels indique un effet de l'importance, de la nature des > descriptions d'action >
descriptions d'état cohésives > descriptions d'état décoratives) et du délai. Ces résultats sont en accord
avec l'hypothèse selon laquelle : 1) le traitement des informations descriptives implique un re-traitement
des informations narratives auxquelles elles sont associées et, 2) leur mémorisation varie à la fois en
fonction de l'importance relative des informations narratives associées et de leur rôle sémantique dans
le récit.
Mots clés : Description d'action, description d'état, importance, récit.L'Année Psychologique, 1987, 87, 345-362
Université de Paris VIII1
Equipe « Psychologie cognitive du traitement
de l'information symbolique »
Groupe TEXTIMA
Groupement scientifique 040660 du CNRS
L'INTERACTION NARRATION * DESCRIPTION
DANS LE RÉCIT
I. ÉTUDE DE LA MÉMORISATION
DE DIFFÉRENTS TYPES
DE SÉQUENCES DESCRIPTIVES
par Guy Denhière et Denis Legros
avec la collaboration de Jacques Gheritel
SUMMARY : The interaction between narration and description in
narratives : I. Recall of different kinds of descriptive statements.
The main goal of this experiment was to study the interaction between
description and narration in story processing by analyzing reading and
free recall of descriptive sequences embedded in the narrative macrostructure
of two narratives. Three different descriptive statements were associated
with each narrative statement : two state descriptions, one of them contri
buting to the cohesion of the story, the other having only an ornemental
role ; and one action description.
60 Ss participated in this experiment. Reading time and free recall
(immediate and delayed : 8 days) were used as indicators of input and
output processes implied by the task.
The analysis of reading time showed two significant factors : important
statements are read longer than unimportant statements whatever their
nature (narrative or descriptive) ; and the narrative statements are
read longer than the descriptive ones. Immediate and delayed free
recalls varied according to the relative importance (important > non
important) and the nature of the statements (narrative > action descrip
tion > cohesive state description > ornemental state description). These
results support the hypothesis that descriptive information processing
implies some kind of re-processing of the related narrative information
1. 2, rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis Cedex 02 (France). 346 G. Denhière el D. Legros
and that memorization of this descriptive information varies according
to both the importance of the related narrative and its semantic
role in the story.
Key-words : Action description, state description, importance, story
processing.
L'étude des rapports entre le narratif
et le descriptif se ramène donc, pour
l'essentiel, à considérer les fonctions dié-
gétiques de la description, c'est-à-dire
le rôle joué par les passages ou les aspects
descriptifs dans l'économie générale du
récit.
Genette, 1966, p. 157.
Le but principal de la recherche présentée ci-dessous est
d'étudier l'interaction entre séquences narratives et descrip
tives dans le récit, en analysant la compréhension et la mémorisat
ion des différents types de séquences descriptives insérées entre
les énoncés narratifs d'un récit.
Cette étude est nécessaire, car la plupart des psychologues
cognitivistes ont considéré jusqu'ici le récit comme un type de
textes homogène et ne sont intéressés qu'à un seul de ses aspects,
l'aspect narratif, c'est-à-dire à l'énoncé des actions qui constituent
l'intrigue de l'histoire racontée (voir Denhière, 1984 ; Fayol,
1985 a). Les progrès réalisés dans les domaines de la psychologie
cognitive et de la linguistique textuelle rendent maintenant
possible l'étude des aspects narratifs et descriptifs du récit,
« deux types structurels en interaction perpétuelle » (Hamon,
1981, p. 97).
Nous référant aux analyses linguistiques des séquences
descriptives susceptibles d'être enchâssées dans la trame narra
tive (voir Adam, 1986), nous retiendrons les deux principales
fonctions qui sont imputées à la description : une fonction expli
cative et symbolique d'une part, une fonction décorative d'autre
part (voir Genette, 1966 ; Vouilloux, 1986). Alors que la première
remplit une « fonction de cohésion, assure la concaténation
logique, la lisibilité et la prévisibilité du récit » (Hamon, 1972,
p. 484), la seconde apparaît comme une excroissance subsidiaire
du récit. Autrement dit, trois hypothèses générales — qu'il
s'agit de mettre progressivement à l'épreuve des faits — guident
les recherches que nous avons entreprises sur l'interaction
narration * description dans le récit : V interaction narration * description clans le récit 347
1
a j II existe au moins deux types d'énoncés dans les récits
verbaux : des énoncés narratifs et des énoncés descriptifs ;
b I des indices de démarcation entre les deux types d'énoncés
sont présents dans la structure de surface des textes ;
c I les individus identifient ces deux types d'énoncés comme
différents et les traitent en conséquence.
2
a I II existe différents types d'énoncés descriptifs qui ren
voient à l'utilisation de différents prédicats ;
b I le traitement de ces types peut varier en fonc
tion de la nature du prédicat sous-jacent mais,
c / dans tous les cas, il implique la mise en relation du contenu
de ces énoncés avec tout ou partie du contenu de l'énoncé
narratif surordonné.
3 La fonction d'un énoncé descriptif dépend essentiellement de
la nature des relations qu'il entretient — par anaphore et par
cataphore — avec les énoncés narratifs avoisinants.
Dans la plupart des recherches de psychologie cognitive
sur le récit, les informations de type descriptif ne sont pas ana
lysées et sont considérées comme ne revêtant qu'une importance
secondaire (voir Denhière, 1979, Denhière et Legros, 1983). De
très nombreuses expériences ont en effet mis en évidence une
variation de la probabilité de rappel d'une information en fonc
tion de son importance relative (pour une revue, voir Passerault,
1984). De manière générale, les propositions les plus importantes
d'un récit sont celles qui expriment sa macrostructure sémantique
(Van Dijk, 1980), c'est-à-dire celles qui énoncent les actions du
héros en vue d'atteindre le but fixé et qui, par définition, font
avancer l'intrigue (voir Van Dijk, 1980). Les propositions moins
importantes correspondent, soit à des descriptions d'action
d'importance secondaire qui décrivent par exemple des modalités
de réalisation des actions principales, soit à des descriptions
d'état des personnages ou des caractéristiques des situations
(voir Adam, 1984; Denhière, 1982; Denhière et Le Ny, 1980).
Un parallèle peut être établi avec la conceptualisation du récit
proposée par Barthes (1966) qui distingue les « fonctions cardi
nales » (ou actions principales) des « fonctions catalyses » (ou
actions secondaires) « s'agglomérant autour d'un noyau sans 348 G. Denhière et D. Legros
alternative conséquente pour la suite de l'histoire » (p. 9), et
qui différencie, dans les descriptions, « des indices proprement
dits, renvoyant à un caractère, à un sentiment, à une atmosphère
(par exemple de suspicion), à une philosophie, et des informations,
qui servent à identifier, à situer dans le temps et dans l'espace »
(p. 10).
L'origine de cet effet de l'importance relative de l'information
sur le rappel peut être recherchée, soit au niveau du traitement
à l'entrée lors de la lecture/audition, soit lors de la phase de
récupération de l'information stockée en mémoire (voir Denhière,
1987 b). Pour la phase d'entrée, la plupart des études ont permis
de constater une variation des temps de lecture en fonction de la
hauteur d'une proposition dans la structure sémantique sous-
jacente (pour une revue, voir Denhière, 1985). A titre d'exemple,
Piolat, Farioli et Mességué (1987) ont montré que les durées
d'autoprésentation des énoncés classés en trois niveaux d'impor
tance décroissante : noyaux, expansions importantes, expansions
peu importantes, diminuaient régulièrement. Pour la phase de
sortie, les résultats de plusieurs expériences suggèrent que la
probabilité de récupération d'une information varie en fonction
directe de sa hauteur dans la structure hiérarchique de signif
ication construite par le lecteur/auditeur (voir Baudet, 1986 b ;
Denhière, 1987 a ; Denhière et Lecoutre, 1983 ; Thorndyke et
Yekovich, 1980).
La recherche présentée ci-dessous a pour but de préciser
cette notion d'importance relative en adjoignant aux énoncés
narratifs trois types d'énoncés descriptifs et en étudiant leur
traitement à l'entrée et à la sortie.
Les deux récits utilisés étaient composés de 10 énoncés
narratifs noyaux (NN) qui, à l'exception du premier, énoncent
les actions principales de l'intrigue. Parmi ces 10 noyaux, 5 ont
été jugés plus importants (NN1) que les autres (NN2), ils corre
spondent à la macrostructure sémantique minimale qui permet la
construction d'un résumé du récit. A chaque énoncé narratif
noyau (NN) sont associés trois énoncés descriptifs :
— Le premier énoncé (DRO) est une description (D) d'étal
qui renvoie par anaphore au noyau précédent et annonce par cala-
phore un noyau subséquent. Il renvoie (R) à un déjà dit en même
temps qu'il ouvre (0) vers une suite possible.
— Le deuxième énoncé (DR) est une description (D) d'état L'interaction narration * description dans le récit 349
qui ne renvoie (R) qu'au noyau précédent. Faisant référence à un
déjà dit, cet énoncé subsidiaire a surtout un « effet de réel »
(Barthes, 1968).
— Le troisième énoncé (DAS) est une description (D) d'action
(A) secondaire (S) qui explicite certaines composantes de l'action
principale énoncée dans le noyau sans faire progresser l'intrigue.
L'annexe 1 présente un fragment du matériel utilisé.
Trois versions différentes des deux récits ont été construites.
Dans les trois conditions, les récits comportaient 10 triplets
composés d'un énoncé narratif (NN), d'une description d'état
(DRO) ou (DR) ou d'un mixte (DRO + DR) et d'une descrip
tion d'action secondaire (DAS).
Les sujets s'autoprésentaient les énoncés, en temps libre, et
les durées de traitement étaient automatiquement enregistrées.
Un rappel libre suivait immédiatement la fin de la lecture et un
rappel libre différé intervenait huit jours plus tard.
Conformément aux résultats antérieurement obtenus (voir
Cession et Denhière, 1987) et aux considérations développées
plus haut, des différences de performances peuvent être observées
soit à l'entrée, lors de la lecture, soit à la sortie, lors du rappel
libre : une variation systématique des durées de lecture en fonc
tion des facteurs manipulés peut conduire à une égalisation des
performances de rappel (voir Kintsch et Vipond, 1979), alors
qu'une absence de variation des durées de lecture doit conduire à
des différences systématiques de rappel.
Les hypothèses relatives aux durées de lecture sont les
suivantes :
H. 1 : Les durées de lecture des énoncés narratifs (NN)
seront supérieures à celles des énoncés descriptifs. Les énoncés
narratifs, qui sont nécessaires à la construction de la macros
tructure sémantique du récit, feront l'objet d'un traitement plus
important (voir Kintsch et Van Dijk, 1978 ; Kekenbosch et
Denhière soumis à publication) — et donc plus coûteux en
temps — que les énoncés descriptifs qui ne doivent être mis en
relation qu'avec un ou deux énoncés narratifs.
H. 2 : Les durées de traitement des énoncés descriptifs
varieront en fonction de leur nature et de leur fonction dans le
récit.
H. 2.1 : Les durées de traitement des descriptions d'action
secondaire (DAS) seront supérieures à celles des descriptions 350 G. Denhière el D. Legros
d'état (DRO et DR). Nous supposons que le traitement d'une
action secondaire implique le retraitement de la proposition
narrative (NN) via le prédicat qui décrit l'action principale à
laquelle il est fait référence (voir Le Ny, Carfantan et Verstiggel,
1982), alors que le traitement d'une description d'état n'oblige
qu'à une mise en relation avec l'un des arguments de la propos
ition narrative (NN).
H. 2.2 : Les durées de traitement des descriptions d'état
(DRO) qui renvoient par anaphore et cataphore à deux énoncés
narratifs (NN) seront supérieures à celles des d'état
(DR) qui n'ont qu'une référence anaphorique à un énoncé narratif
antérieur.
H. 2.3 : En conséquence, on observera une variation globale
des durées de lecture en fonction du mode d'organisation des
récits. Les énoncés narratifs (NN) et les descriptions d'action
secondaire (DAS) étant identiques dans les trois conditions expé
rimentales, les durées de lecture s'ordonneront en fonction des
descriptions d'état, soit : DRO > (1/2 DRO + 1/2 DR) > DR.
H. 3 : Les durées de traitement des énoncés importants seront
supérieures à celles des énoncés peu importants.
H. 3.1 : Les énoncés narratifs appartenant à la macrostruc
ture minimale (NNl) seront lus plus longtemps que les énoncés
narratifs moins importants (NN2).
H. 3.2 : Les énoncés descriptifs subordonnés à des énoncés
narratifs importants (NNl) seront lus plus longtemps que ceux
subordonnés à des énoncés narratifs moins importants (NN2).
Si des différences sont observées à la sortie, nous postulons
une hiérarchisation des performances de rappel semblable à celle
prédite pour les durées de lecture. Nous prédisons donc un
rappel supérieur :
H. 4 : Des énoncés narratifs comparés aux énoncés descript
ifs (NN > DAS, DRO, DR).
H. 5.1 : Des descriptions d'action secondaire par rapport
aux descriptions d'état (DAS > DRO, DR).
H. 5.2 : Des d'états associées par anaphore
et cataphore à deux énoncés narratifs (DRO > DR).
H. 5. 3: Des récits composés des triplets (NN + DRO -f DAS)
comparés à ceux formés des triplets (NN + 1/2 + 1/2 DR
-f- DAS), eux-mêmes supérieurs à ceux formés des triplets
(NN + DR + DAS).
H. 6.1 : Des énoncés narratifs importants (NNl > NN2). L'interaction narration * description dans le récit 351
H. 6.2 : Des énoncés descriptifs (DRO, DR et DAS) subor
donnés à des narratifs importants (NN1) par rapport
à ceux qui sont subordonnés à des énoncés narratifs moins
importants (NN2).
H. 7 : Le rappel immédiat sera bien sûr supérieur au rappel
différé et il semble raisonnable de prédire une interaction
Nature des énoncés * Délai : en moyenne, les énoncés narratifs
résisteront mieux à l'oubli que les énoncés descriptifs (voir
Denhière et Larget, 1983).
MÉTHODE
MATÉRIEL
Deux récits, respectivement intitulés Deux amis (Tl) et Petit soldat
(T2) ont été construits à partir des nouvelles de Maupassant.
Les trois versions des deux récits (Tl et T2) sont composées de
10 quadruplets formés des types d'énoncés suivants :
— énoncé narratif (NN) ;
— description d'état faisant référence au noyau précédent et ouvrant
vers le noyau suivant (DRO) ;
—d'état faisant uniquement référence au noyau précé
dent (DR) ;
— description d'action secondaire par rapport au noyau (DAS).
Un fragment du matériel utilisé est présenté dans l'annexe 1.
Les descriptions d'état ont été construites en utilisant les prédicats :
partie de traduisant une relation d'ingrédience, propriété de énon
çant des qualités comme la couleur, la forme, la taille et situation
exprimant des relations spatio-temporelles (voir Adam, 1986).
Les énoncés narratifs et descriptifs se présentaient sous la forme
d'une phrase dont la structure syntaxique (nombre de constituants)2
avait été contrôlée ; les descriptions d'état (DRO et DR) ne différaient
que par un seul syntagme. Le nombre de propositions sous-jacentes
était également contrôlé (n = 4, en moyenne par énoncé).
Les énoncés narratifs, à l'exception du premier qui énonce la situation
initiale, étaient toujours exprimés au passé simple, les descriptions
d'état à l'imparfait, et les descriptions d'action secondaire au plus-que-
parfait (voir Adam, 1985 ; Bronckart, 1985 ; Fayol, 1985 b).
Une fois le matériel constitué, des jugements d'importance des
énoncés narratifs noyaux (NN) ont été demandés à deux groupes de
2. Nous remercions Annie Piolat (crepco, Université d'Aix-Marseille)
de son aide dans la mise au point du matériel. G. Denhière ei D. Legros 352
sujets : des lycéens âgés de 15 et 16 ans (n — 10) et des étudiants (n — 10)
âgés de 21 ans et plus. Au terme de cette épreuve les cinq énoncés
noyaux jugés les plus importants ont été considérés comme appartenant
à la macrostructure minimale du récit (NN1).
PROCÉDURE
Les deux récits étaient présentés selon trois modes d'organisation
différents :
Cl : NN + DRO + DAS ;
C2 : NN + DR + DAS ;
C3 : NN + (1/2 DRO + 1/2 DR) + DAS.
L'administration de l'expérience était individuelle. Chaque sujet
s'autoprésentait, en temps libre, l'un des deux récits qui s'affichait
phrase par phrase sur un écran relié à un ordinateur3. Lorsque le sujet
avait lu un énoncé, il appuyait sur la barre « espace » du clavier, ce qui pour effet de faire disparaître la phrase lue et de faire apparaître
la suivante. La lecture du texte était immédiatement suivie d'un rappel
libre par écrit et un rappel différé intervenait huit jours après.
La consigne prescrivait au sujet de lire attentivement chaque
phrase dans le but de la comprendre et de la retenir le mieux possible,
car une interrogation sur le contenu du texte lu interviendrait ensuite.
SUJETS
60 lycéens âgés de 16 à 18 ans du Lycée professionnel Jean-Pierre-
Timbaud d'Aubervilliers4 participèrent à cette expérience. Ils étaient
répartis de manière aléatoire en 6 groupes de 10 sujets définis par le
croisement des facteurs Texte (Tl et T2) et Mode d'organisation (Cl,
C2, C3).
TRAITEMENT DES DONNÉES
Les durées de lecture, exprimées en centisecondes, étaient automa
tiquement enregistrées. Les protocoles de rappel des sujets étaient
analysés en propositions (prédicat et arguments). Les analyses des
rappels prennent en compte les propositions acceptées par les expéri
mentateurs, c'est-à-dire les rappelées sous une forme iden
tique ou semblable à la base de texte des récits lus.
3. Nous remercions Jacques Chéritel, professeur d'informatique au
Lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud d'Aubervilliers, d'avoir réalisé
le programme d'expérimentation.
4. Nous remercions la direction et les enseignants du Lycée professionnel
Jean-Pierre Timbaud d'Aubervilliers pour leur aide dans l'administration
et le déroulement de cette expérience.

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