La consommation d'alcool : un exemple de consonance cognitive - article ; n°2 ; vol.78, pg 445-457

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L'année psychologique - Année 1978 - Volume 78 - Numéro 2 - Pages 445-457
Résumé
La présente étude pose le problème de la relation entre comportement et attitudes.
Des jeunes gens ont été interrogés sur leur consommation d'alcool, ce qui a permis de les classer en « abstinents », « buveurs modérés » et « buveurs ». Trois variables ont été envisagées pour expliquer ce comportement : l'in-formation sur une consommation normale, les attitudes sur les bénéfices immédiats et la perception des conséquences.
Les résultats montrent une forte cohérence entre l'information et les attitudes d'une part, et les conduites d'autre part. Mais un même comportement peut être motivé par des attitudes différentes, non présentes simultanément.
De même, les motivations responsables d'une conduite ne sont pas forcément les inverses des motivations responsables de son évitement.
Summary
The present paper deals with the relation belween behavior and attitudes Young people (470 boys and 385 girls) were classified into three categories according to their drinking habits. Their behavior is explained in terms of different variables : information about normal drinking, attitudes about immediate rewards and the perception of the consequences.
The results show a strong coherence between information and attitudes on the one hand, and behavior on the other hand. But it is possible that different attitudes not simultaneously present, act as motivation for a single behavior. Furthermore, there is no symmetry between the motivations that are responsible for a given behavior and the motivations responsible for its avoidance.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1978
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C. Lévy-Leboyer
G. Moser
La consommation d'alcool : un exemple de consonance
cognitive
In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 445-457.
Résumé
La présente étude pose le problème de la relation entre comportement et attitudes.
Des jeunes gens ont été interrogés sur leur consommation d'alcool, ce qui a permis de les classer en « abstinents », « buveurs
modérés » et « buveurs ». Trois variables ont été envisagées pour expliquer ce comportement : l'in-formation sur une
consommation normale, les attitudes sur les bénéfices immédiats et la perception des conséquences.
Les résultats montrent une forte cohérence entre l'information et les attitudes d'une part, et les conduites d'autre part. Mais un
même comportement peut être motivé par des attitudes différentes, non présentes simultanément.
De même, les motivations responsables d'une conduite ne sont pas forcément les inverses des motivations responsables de son
évitement.
Abstract
Summary
The present paper deals with the relation belween behavior and attitudes Young people (470 boys and 385 girls) were classified
into three categories according to their drinking habits. Their behavior is explained in terms of different variables : information
about normal drinking, attitudes about immediate rewards and the perception of the consequences.
The results show a strong coherence between information and attitudes on the one hand, and behavior on the other hand. But it
is possible that different attitudes not simultaneously present, act as motivation for a single behavior. Furthermore, there is no
symmetry between the motivations that are responsible for a given behavior and the motivations responsible for its avoidance.
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Lévy-Leboyer C., Moser G. La consommation d'alcool : un exemple de consonance cognitive. In: L'année psychologique. 1978
vol. 78, n°2. pp. 445-457.
doi : 10.3406/psy.1978.28257
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1978_num_78_2_28257L'Année Psychologique, 1978, 78, 445-458
Institut de Psychologie
Université René-Descartes (Paris V)1
LA CONSOMMATION D'ALCOOL :
UN EXEMPLE DE CONSONANCE COGNITIVE2
par G. Lévy-Leboyer et G. Moser
SUMMARY
The present paper deals with the relation between behavior and attitudes
Young people (470 boys and 385 girls) were classified into three categories
according to their drinking habits. Their behavior is explained in terms of
different variables : information about normal drinking, attitudes about
immediate rewards and the perception of the consequences.
The results show a strong coherence between information and attitudes
on the one hand, and behavior on the other hand. But it is possible that
different attitudes not simultaneously present, act as motivation for a single
behavior. Furthermore, there is no symmetry between the motivations that
are responsible for a given behavior and the motivations responsible for
its avoidance.
De nombreuses recherches ont décrit les liens qui existent
entre attitudes et opinions d'une part, comportement d'autre
part. Elles couvrent des domaines variés, utilisent des techniques
de mesure des attitudes, et concernent des variables comporte
mentales très diverses — et pourtant leurs résultats (cf. Wicker,
1969) se recoupent assez bien. Ils suggèrent que les attitudes et
les opinions sont peu liées au comportement : le schéma logique
— et un peu simpliste — selon lequel les conduites refléteraient
de manière cohérente le champ de force des opinions, est infirmé
par les faits. Différents modèles théoriques ont été proposés
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
2. Cette étude a été effectuée dans le cadre d'un contrat de recherche sur
les motivations à ne pas boire, réalisé pour le Haut Comité d'Etudes et
d'Informations sur l'Alcoolisme (Contrat dgrst n° 7670775). C. Lévy-Leboyer et G. Moser 446
pour expliquer ce phénomène. Notamment le besoin de conso
nance cognitive et le fait que des facteurs autres que les attitudes
déterminent les comportements (caractéristiques de la situation,
Barker, 1963 ; normes sociales, Fishbein, 1967 ; motivations,
Vroom, 1964).
La quasi-totalité de ces travaux ont suivi la même séquence
expérimentale : mesure d'attitudes dans un premier temps,
puis description de comportement ou d'intentions de compor
tement dans un second temps — le comportement étant considéré,
en quelque sorte, comme le révélateur des attitudes qui sont le
sujet central de la recherche. Lorsqu'on veut changer le compor
tement par l'intermédiaire des attitudes, le principe général est
le même : décrire les attitudes, tenter de les modifier, évaluer
leur évolution concomitante des conduites. C'est ce que nous
avons fait nous-mêmes, en cherchant si la peur était un bon
moyen pour changer les attitudes et les comportements face à
l'alcool (Lévy-Leboyer et Moser, 1977). En d'autres termes, on
peut dire que l'analyse psychologique des attitudes a été très
féconde lorsqu'on a cherché à préciser les déterminants de la
genèse des attitudes, mais est arrivée à une impasse lorsqu'on
aborde le problème des conséquences comportementales des
attitudes.
Peut-être faudrait-il prendre le problème par l'autre bout et
chercher quelles motivations déterminent des comportements
spécifiques et quel est le rôle joué par les attitudes et les opinions
dans la genèse de ces conduites. C'est ce que font les psychologues
du travail lorsqu'ils étudient les relations entre attitudes, moti
vations et performance. Ils postulent (Porter et Lawler, 1968)
l'existence de déterminants cognitifs (« ce qui va arriver si
j'adopte un certain comportement »), affectifs (valence des buts
possibles) et surtout, dans toutes leurs recherches, ils commencent
par définir les variables de performance et ils tentent ensuite
de montrer quelles attitudes caractérisent des niveaux différents
de performance.
Est-il possible de transposer ce type d'analyse et cette
méthode expérimentale au problème de l'alcoolisme ? En d'autres
termes, peut-on définir, a priori, des attitudes qui sont sus
ceptibles de différencier les buveurs excessifs, des abstinents ou
des buveurs modérés ? Trois catégories de variables nous semblent
représenter des déterminants des conduites de consommation
alcoolique : consommation d'alcool 447 La
1) Les normes, c'est-à-dire les informations que possèdent
et qu'acceptent les individus sur la consommation inoffensive,
et qui orientent leur comportement. Le rôle de cette variable
semble évident et on peut s'attendre à une corrélation entre les
normes acceptées et les quantités consommées.
2) Les bénéfices immédiats que le sujet escompte tirer de
l'alcool (gaieté, bon moral, facilité des relations sociales...).
3) Les conséquences négatives (accident, maladie, perte de
contrôle...) qui, s'il les admet, devraient freiner l'alcoolisation.
C'est le rôle de ces variables que nous avons tenté de vérifier
dans la présente étude. Le principe en est le suivant : des jeunes
gens, garçons et filles de 17 à 26 ans, ont été interrogés sur leur
consommation d'alcool. Leurs réponses nous ont permis de les
classer en trois catégories — abstinents, buveurs modérés et
buveurs. Pour tenter d'expliquer ce comportement, on a envisagé
trois variables distinctes : (1) leurs informations sur la consom
mation normale de l'alcool et (2) leurs attitudes sur les bénéfices
immédiats de l'alcool ainsi que leur perception de ses consé
quences négatives.
CONDITIONS DE L'ENQUÊTE
L'échantillon comprend 470 jeunes gens et 385 jeunes filles3. Les
garçons sont des recrues du contingent qui constituent donc un groupe
représentatif des jeunes Français de la région parisienne. Le
de jeunes filles a été composé de façon parallèle. La moyenne d'âge
est de 19,3 pour les garçons, 19,9 pour les filles. Les origines sociales et
le niveau scolaire sont comparables pour les deux groupes et corre
spondent aux données de I'insee pour cette classe d'âge.
Après une pré-enquête effectuée auprès de jeunes gens, buveurs ou
abstinents, on a élaboré un questionnaire concernant les points suivants :
1. Renseignements démographiques.
2. Consommation de boissons alcoolisées (fréquence et nature).
3. Evaluation de son comportement par le sujet. (Boit-il régulièrement
ou non ? Peu, normalement ou trop ?)
3. Nous remercions le général d'Armée Lagarde, chef d'état-major de
l'Armée de terre, qui a accepté de faire passer notre questionnaire dans le
centre de recrutement de Vincennes et M. J. Saurel, directeur de la direction
des Lycées au ministère de l'Education nationale, qui nous a autorisés à
enquêter dans les lycées. 448 C. Lévy-Leboyer el G. Moser
4. Evaluation de la consommation normale pour les hommes et pour
les femmes selon l'opinion du sujet interrogé.
5. Attitudes envers l'alcool.
Pour analyser l'ensemble des résultats, on a tenu compte de la
variable consommation d'alcool. Les sujets précisaient la fréquence et la
nature de leur d'alcool. Six différents alcools (bière, vin,
liqueurs, eau-de-vie, apéritifs et cocktails) leur étaient proposés et ils
devaient préciser s'ils les consommaient :
— jamais,
— presque jamais,
— une fois par semaine mais pas plus,
— plusieurs fois par semaine,
— tous les jours,
—fois par jour.
Les réponses obtenues ont permis de répartir les sujets en trois
groupes :
a) Les abstinents (non consommateurs ou consommateurs très
exceptionnels). Ce sont les jeunes gens qui ne donnent aucune réponse
supérieure à « presque jamais ».
b) Les buveurs qui consomment un ou plusieurs alcools plusieurs
fois par semaine, voire tous les jours ou plusieurs fois par jour.
c) Les buveurs modérés dont la consommation se situe entre celles
des groupes a et b : ils consomment occasionnellement au moins un des
alcools proposés.
L'ensemble de l'échantillon se répartit inégalement entre les trois
catégories : 27 % d'abstinents, la même proportion de buveurs modérés
et 46 % de buveurs. Mais cette répartition est tout à fait différente
selon qu'il s'agit de jeunes filles ou de jeunes gens (tableau I). Dans le
groupe des jeunes filles, une sur cinq boit régulièrement au moins
un alcool, alors que c'est le cas pour deux garçons sur trois. A l'inverse,
40 % des jeunes filles déclarent qu'elles ne boivent « jamais » ou « presque
jamais », et seulement 15 % des jeunes gens.
Tableau I. — Consommation déclarée
Buveurs
Abstinents modérés Buveurs
Jeunes filles 41,3 % 39,0 % 19,7 % 100 % = 385 gens 14,9 % 17,4 % 67,7 % 100 % = 470 La consommation d'alcool 449
ANALYSE DES DONNÉES
a) les normes de consommation
1. Estimation de sa propre consommation
Les sujets devaient préciser s'ils jugeaient leur consommation
comme étant occasionnelle ou régulière et s'ils estimaient boire
peu, normalement ou trop. Un tiers seulement (36 %) des buveurs
estiment que leur consommation est régulière. En outre, ceux qui
boivent (souvent ou occasionnellement) décrivent leur consom
mation de la manière suivante : 28 % disent boire peu, contre 78 %
chez les modérés. Mais très peu de buveurs (6 %) pensent qu'ils
boivent trop et, parallèlement, 28 % des modérés se jugent
conformes à la normale. Quelle est donc la ration jugée normale ?
2. Evaluation des rations normales
II est indispensable de savoir ce que les différentes sous-
populations de notre échantillon considèrent comme ration
normale. L'évaluation de la ration moyenne doit en effet être
considérée comme une norme par rapport à laquelle les différents
groupes se définissent et évaluent leur propre comportement.
Nous examinerons les compositions d'une ration d'alcool
moyenne quotidienne pour un homme et pour une femme telle
qu'elle est définie par : les buveurs, les buveurs modérés, et
les abstinents ; ces chiffres seront, en outre, calculés séparément
pour les deux sexes.
Dans le questionnaire, les sujets pouvaient composer, à l'aide
d'une liste de différents alcools, ce qui constitue à leur avis la
consommation normale par jour d'un homme de stature moyenne,
et ensuite d'une femme dans les mêmes conditions. Les réponses
obtenues ont été traduites globalement en centilitres d'alcool pur.
Les résultats sont résumés dans le tableau II et le tableau III.
Ils sont comparés à la norme journalière au-delà de laquelle la
consommation peut être considérée comme risquée.
Plusieurs remarques s'imposent :
1) L'estimation faite par les jeunes gens est toujours plus
élevée que celle faite par les jeunes filles.
2)faite par les buveurs est toujours plus élevée
que celle faite par les buveurs modérés (ceux qui boivent occa- C. Lévy-Leboyer et G. Moser 450
sionnellement), cette dernière étant également toujours plus
élevée que l'estimation faite par les abstinents.
3) L'estimation des jeunes filles est, en ce qui concerne les
rations normales des hommes, conforme aux normes de 7,5 cl
d'alcool pur citées dans le tableau II. En ce qui les
rations pour une femme, elles correspondent aux
normes (5 cl d'alcool pur) et se situent même en dessous en ce qui
concerne l'estimation des abstinentes.
4) L'estimation faite par les garçons, qu'elle concerne les
rations normales pour les hommes ou pour les femmes, est tou
jours supérieure aux normes citées.
Tableau II. — Rations pour un homme de stature moyenne
(en cl d'alcool pur) données par :
les jeunes filles les jeunes gens
buveuses modérées abstinentes buveurs modérés abstinents
7,64 7,59 7,40 11,67 10,08 9,81
(Norme du Haut Comité d'Etudes et d'Informations
sur l'Alcoolisme = 7,5 cl d'alcool pur.)
Tableau III. — Rations pour une femme de stature moyenne
(en cl d'alcool pur) données par :
les jeunes filles les jeunes gens
buveuses modérées abstinentes buveurs modérés abstinents
4,99 4,91 3,86 6,57 5,56 5,39
(Norme du Haut Comité d'Etudes et d'Informations
sur l'Alcoolisme = 5 cl d'alcool pur.)
Par ailleurs, l'estimation des rations normales formulée par
les buveurs est nettement supérieure à l'estimation faite par
les modérés et les abstinents (supérieure de 1 cl en ce qui concerne
les femmes, supérieure de 1,5 cl en ce qui concerne les hommes).
En conclusion, si les jeunes filles classées dans le groupe des
« buveurs » et des « modérés » donnent des estimations assez
proches des normes, les jeunes gens surestiment nettement les consommation d'alcool 451 La
rations « normales ». Ces résultats sont à comparer avec l'est
imation de leur propre consommation par les groupes concernés.
L'évaluation des rations normales et l'information qu'elle
suppose ont donc une grande importance. En effet, les différentes
évaluations reflètent bien les différences que nous avons observées
entre garçons et filles, et entre buveurs et modérés. C'est à partir
de ce qu'ils considèrent comme normal que les jeunes gens
orientent et évaluent leur propre comportement. Le problème
de l'information ne doit donc pas être négligé à la fois parce que
les normes qui servent de point de référence sont inexactes (en
particulier chez les garçons) et parce qu'elles déterminent effe
ctivement leur consommation d'alcool.
b) les attitudes envers l'alcool
1. Attitudes et consommation
Les résultats du questionnaire « attitudes » ont été analysés
en fonction des habitudes de consommation (abstinents, modérés
et buveurs). D'une manière générale, et comme il fallait s'y
attendre, les buveurs sont moins hostiles à l'alcool que les non-
buveurs. Les différences entre ces deux groupes sont signi
ficatives à p = .01 pour 15 des 17 attitudes proposées et à
p = .05 pour les autres (tableau IV).
Mais les attitudes différencient les groupes de manière très
variée. On observe d'abord quatre attitudes particulièrement
« sensibles » (en 1 au tableau IV) qui opposent, de manière signi
ficative, les trois catégories de consommateurs. Toutes concer
nent des bénéfices immédiats de l'alcool (saveur des aliments,
effet positif sur l'amitié, moral). Quatre autres attitudes (en 2
au tableau IV) caractérisent les abstinents par opposition à
toutes les catégories de buveurs : elles concernent toutes l'image
de soi donnée par l'abstinent (originalité, contrôle de soi, bonne
conscience).
Enfin, cinq attitudes, placées dans la troisième case du
tableau IV ne distinguent vraiment que le buveur modéré du
buveur. Elles concernent aussi bien des effets négatifs à long
terme (danger, dépendance) que des effets positifs immédiats
(gaieté, soutien, vin et repas).
Les trois dernières, placées dans la case 4 du tableau IV, ne
sont significativement différentes qu'entre « abstinents » et
« buveurs ». 452 C. Lévy-Leboyer el G. Moser
Tableau IV. — Altitudes envers V alcool*
(% de réponses défavorables à l'alcool)
Absti- Buveurs
nents modérés Buveurs
n = 229 n = 232 n = 394
1. 3. Aller boire un petit coup est
signe d'amitié. 70,0 57,3 43,8
z = 2,84 z = 3,26
8. Une réunion entre amis sans
alcool est vite ennuyeuse. 81,3 73,7 51,4
z = 1,96 z = 3,26
11. Le fromage sans vin, ça n'a pas
de saveur. 68,0 53,8 29,9
r = 3,12 z = 5,92
14. Rien de mieux qu'un petit verre
pour remonter le moral. 90,0 79,7 60,4
z = 3,03 z = 4,98
2. 2. Il est certainement plus
original de ne pas boire
d'alcool que d'en boire. 75,5 65,9 60,6
z = 2,27 z = 1,33
7. Quand je bois de trop j'ai
mauvaise conscience. 56,4 37,0 43,0
z = 4,18 z = 1,47
17. Quand j'ai un peu bu, je me
sens mieux. 86,8 75,0 67,8
z = 3,22 z = 1,91
18. Je m'abstiens de boire parce
que j'ai peur de ne plus être
maître de moi, et de ne plus
me contrôler 66,5 56,4 52,1
z = 2,23 z = 1,04
3. 1. En France un repas sans vin
n'est pas un vrai repas. 49,4 43,1 27,2
z = 1,36 z = 4,08
4. Quand on a des difficultés,
l'alcool ça aide. 91,6 87,5 78,9
z = 1,44 z = 2,71
9. L'alcool, ça rend toujours
plus gai. 57,1 50,8 41,0
z = 1,36 z = 2,38
4. L'épreuve utilisée ici et pour les comparaisons qui suivent est le test
de comparaison de deux pourcentages observés. Voir: D. Schwartz, Méthodes
statistiques à Vusage des médecins et des biologistes, Paris, Flammarion, 1963.
p = .10 pour z ^ 1,65 ;
p — .05 z 2s 1,96 ;
p = .01 pour z ^ 2,58. consommation d'alcool 453 La
Tableau IV (suite)
Absti- Buveurs
nents modérés Buveurs
n = 229 n = 232 n = 394
10. La consommation régulière
d'alcool est dangereuse. 91,2 90,5 82,3
z = 0,26 z = 2,80
12. Je ne veux pas boire, parce
que je ne veux pas être
esclave. 58,0 50,0 22,0
z = z = 7,23 1,72
4. 5. Je ne bois pas trop parce
que ça vieillit. 54,7 42,3
z = 2,99
13. Ceux qui refusent
systématiquement l'alcool ne
sont pas sympathiques. 95,2 88,8
z = 2,51
16. Ceux qui aiment l'alcool
aiment bien manger. 78,9 71,4
z = 2,06
On peut donc affirmer que la configuration d'attitude liée à
chaque comportement se présente différemment. Les bénéfices
immédiats de la consommation d'alcool ont force de motivation
ou de frein, selon qu'on les accepte ou qu'on les rejette. Mais
l'abstinence est surtout liée à l'image de soi et la boisson excessive
est fortement liée à une sous-évaluation des effets négatifs à
long terme.
L'examen des attitudes envers l'alcool selon le sexe des
répondants abstinents montre que, d'une manière générale, les
jeunes gens sont moins hostiles à l'alcool que les jeunes filles.
Ces différences sont significatives pour quatre items (8, 10,
11 et 14) : une réunion entre amis sans alcool est vite ennuyeuse ;
la consommation régulière d'alcool est dangereuse ; le fromage
sans vin, ça n'a pas de saveur ; rien de mieux qu'un petit verre
pour remonter le moral. Il y a donc chez les jeunes filles absti
nentes une plus grande résistance vis-à-vis de l'alcool et une
meilleure perception des dangers de l'alcool que chez les jeunes
gens. En outre, les différences significatives entre abstinents et
buveurs portent sur neuf attitudes pour les jeunes filles, sur onze

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