La douleur - compte-rendu ; n°2 ; vol.56, pg 489-491

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L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 2 - Pages 489-491
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1956
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Henri Piéron
3° La douleur
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 489-491.
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Piéron Henri. 3° La douleur. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 489-491.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_2_8896PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 489
3° La douleur
BIEMOND (A.). — The conduction of pain above the level of the
thalamus optiCUS (La de la douleur au-dessus du niveau
du thalamus). — Arch. Neurol. Psychiatr., 1956, 75, 231-244.
La question du rôle du cortex dans la sensibilité douloureuse est
toujours controversée, si le rôle essentiel du thalamus est toujours
reconnu. Des hypoalgésies contralatérales à la suite de blessures corti
cales superficielles dans la région pariétale d'un hémisphère ont été
signalées par J. Marshall (J. Neurol. Neurosurg., 1951, 14, 187-204).
Aussi l'auteur a-t-il rapporté trois observations susceptibles d'apport
er une contribution à cette question du rôle du cortex.
La première concerne un homme de 52 ans, qui s'est suicidé pour
des douleurs concernant une moitié du corps et chez qui fut trouvé un
foyer de ramollissement dans l'hémisphère opposé, au niveau de l'insula
et de l'opercule pariétal ; une dégénérescence secondaire de la partie ven
trale de la radiation thalamocorticale avec altération des noyaux
thalamiques ventraux accompagnaient ce foyer.
Le second cas concerne un homme de 45 ans, décédé à la suite d'une
tumeur cérébrale située entre l'insula et la capsule interne de l'hémis
phère droit, et chez qui le seul trouble qui avait été observé était une
hypoesthésie avec hypoalgésie du côté gauche.
Enfin chez un vieillard de 78 ans atteint d'une hémiplégie gauche
transitoire, survivait une hémianesthésie de ce côté, comportant anal
gésie totale, sauf hyperalgésie du pied, et une perte complète des sensi
bilités thermiques. Après sa mort, on trouva un foyer de ramollissement
dans la zone pariétale inférieure et l'opercule rolandique à droite.
L'auteur en conclut qu'il doit y avoir un siège de la douleur cons
ciente dans la zone sensorielle secondaire de Penfield qui correspond
aux foyers trouvés dans ces cas. Mais quel est le rôle des relations avec
le thalamus (le second cas indiquant des lésions répercussives à ce
niveau) ?
H. P.
DORPAT (Th. L.), HOLMES (Th. H.). — Mechanisms of skeletal
muscle pain and fatigue (Mécanismes de la douleur et de la fatigue
dans les muscles squelettiques). — Arch. Neurol. Psychiatr., 1955, 74,
628-640.
Chez 8 hommes et 2 femmes, les auteurs ont examiné l'effet de
contractions répétées toutes les secondes (pression de la poire à mercure
d'un dynamographe), soit fortes (16 cm de mercure), soit moyennes
(11 cm), soit faibles (5 cm), dans des conditions normales ou avec
arrêt de la circulation. Trois données numériques, le temps pendant
lequel les contractions peuvent être répétées (endurance), le temps
au bout duquel une douleur est perçue et l'intensité de la douleur
maxima (subjectivement évaluée d'après une échelle en 10 points). 490 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Voici les résultats obtenus dans les deux conditions (normale N et
circulation arrêtée C. A.) :
Forte Faible Moyenne
Contraction
N. Ci N. Ci N. Ci
92 80 130 (plus de 1 500) 320 Endurance (s.) 155
Latence algique (s.) . . 35 25 55 32 330 63
3 Intensité 7 7 7 7 6
Le parallélisme entre l'endurance et le retard de la douleur conduit
les auteurs à attribuer la fatigue et la douleur à une même cause isehé-
mique, les contractions ayant pour effet de réaliser une ischémie passa
gère (que révèlent les mesures de température). Il s'agirait de l'action
nocive de certains metabolites, avec rôle principal probable attribué
au potassium.
H. P.
CLAUSEN (J.), URDAL (A.), GJESVIK (A.). — Relation between
galvanic skin resistance and repetition effect in pain stimulation
(Relation entre la résistance galvanique de la peau et Vefjet de répétition
dans la stimulation douloureuse). — J. gen. Psychol., 1955, 53, 29-36.
Les auteurs ont montré un effet sensibilisateur des excitations
algiques : quand la douleur a été provoquée en un point, le seuil algique
est abaissé dans d'autres points (J. gen. Psychol., 1953 et 1954, 49,
261 et 51, 185).
Ils ont recherché si cet effet était bien réel et ont déterminé parallè
lement, dans ce but, les seuils algiques d'après la réponse des sujets
(9 étudiants et 3 étudiantes) et d'après le réflexe psychogalvanique.
Pendant 3 jours, on déterminait les deux seuils au bras, au front et à
la jambe (chaleur rayonnante) en changeant les ordres de stimulation
chaque fois.
Or, le seuil a toujours été le plus élevé pour la région stimulée la
première.
Le bras étant stimulé en premier (le 1er jour) ces 2 seuils (subjectif
et galvanique) sont de 231 et 228 mcal/s /cm2 ; ils sont de 213 et 209,
de 216 et 207 pour les 2 autres jours. Avec le front en premier (2e jours),
seuils de 232 et 224, contre 223 et 220, 224 et 212 pour les 2 autres jours ;
enfin, avec la jambe en premier (3e jour), 214 et 207, contre 189 et 196,
189 et 181 pour les 2 autres jours.
On note l'accord des deux catégories de seuils et la confirmation de
l'effet sensibilisateur de la première douleur provoquée.
H. P. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 491
ORTIZ DE Z ARATE (J. G.). — Analgésie généralisée congénitale.
— Encéphale, 1955, 44, 414-426. — - COHEN (L. D.), KIPNIS (D.),
KUNKLE (E. Ch.), KUBZANSKY (Ph. E.). — Observations of a
person with congenital insensitivity to pain (Observations d'une
personne ayant une insensibilité congénitale à la douleur). — J. abn.
soc. Psychol., 1955, 51, 333-338.
Les observations d'analgésie se sont multipliées depuis
que l'attention a été attirée sur cette curieuse anomalie.
Le premier cas est celui d'un homme de 62 ans, d'origine yougoslave,
observé dans un hôpital de Buenos-Aires, en raison d'une aggravation de
ses crises épileptiques et de l'apparition de manifestations délirantes.
On s'y est aperçu de son indifférence complète aux stimulations algiques,
qui datait de l'enfance, accompagnant d'ailleurs une indifférence affec
tive assez générale. Au cours de la lre guerre mondiale, il avait eu le
mollet traversé par une balle, sans que cela ait provoqué la moindre
douleur. Les réflexes étaient normaux, en particulier le réflexe palpé-
bral au contact (mais non à la menace), à la seule exception du réflexe
cornéen, provoqué par l'excitation de terminaisons algiques. Les piqûres
ou brûlures ne provoquent aucune réaction pupillaire ou respiratoire.
Toutefois la compression d'un testicule atrophié a provoqué une petite
réaction algique. Aucune anomalie des sensibilités sauf une perception
thermique assez grossière aux jambes. Après une biopsie de la peau,
on n'aurait pas trouvé de terminaisons libres, mais leur absence ne fut
pas jugée certaine.
La seconde observation concerne une jeune étudiante de 19 ans,
consultant pour une plaie de la cheville après un accident d'auto, après
laquelle elle avait été danser. Or la radio révéla l'existence d'une frac
ture. Ce fait entraîna une étude systématique de plusieurs mois. La mère
révéla que l'absence de sensibilité à la douleur avait été constatée dès la
première enfance. Les brûlures, coupures nombreuses ne provoquaient
aucune réaction. Elle a toujours pu nager dans l'eau glacée ou plonger
ses mains dans une eau brûlante sans que cela lui fût désagréable. Elle
n'a jamais souffert de douleurs internes, sauf une fois où elle eut un léger
mal de tète. Chez elle on ne put provoquer aucune douleur par les
procédés habituels, y compris l'ischémie ou l'injection d'histamine.
Mais le réflexe cornéen était présent et assez vif, avec une impression
de désagréable (« not confortable »). Émotivité faible, réactions auto
nomes normales, mais une hypoesthésie thermique assez nette, ce qui
attire l'attention sur les voies médullaires sans que rien de net se dégage.
Jl s'agit d'une jeune fille très intelligente, autoritaire et assez taciturne,
sans antécédents héréditaires.
H. P.

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