La fécondité en Espagne depuis le début du siècle - article ; n°6 ; vol.34, pg 1007-1021

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Population - Année 1979 - Volume 34 - Numéro 6 - Pages 1007-1021
Saez Armand. — La fécondité en Espagne depuis le début du siècle. L'état civil et les recensements, notamment une question spéciale posée en 1970 sur l'histoire de la vie féconde des femmes, permettent de calculer, moyennant quelques ajustements, la fécondité féminine par âge depuis 1900 en Espagne. Si l'évolution par génération est analogue à celle qu'on a observée dans la majorité des pays d'Europe occidentale, elle est cependant plus tardive. En outre, la reprise de la natalité dans l'immédiat après-guerre est modérée et paraît s'expliquer presque uniquement par un rajeunissement des mariages et une diminution du nombre de couples sans enfant et du célibat définitif. Enfin, dans les années récentes, on observe les mêmes symptômes que dans tous les pays d'Europe : le renouvellement des générations est à peine assuré, la famille de deux enfants s'impose au détriment des familles nombreuses, la famille se constitue rapidement après un mariage précoce.
Saez Armand. — The Development of Fertility in Spain during the Present Century. It is possible to compute female age-specific fertility rates in Spain for the period since 1900 from census records and vital registration statistics, particularly since a question on reproductive histories of women was asked in the Census of 1970. The development of cohort fertility in Spain is similar to that in Western European countries, though it occurred rather later. The recovery in the birth rate during the immediate post-war period, however, was less pronounced than in other Western European countries and can be explained almost entirely by a reduction in the age at marriage, a lower proportion of childlessness and higher nuptiality. More recently, the situation resembled that of all European countries : fertility was scarcely at replacement level, the two-child family has gained at the expense of families with many children, and family formation begins rapidly after relatively early marriage.
Saez Armand. — La fecund idad en Espana desde principio de siglo. Las estadisticas de movimiento natural de la población y los censos, y sobre todo una pregunta especial incluida en el de 1970 sobre la historia de la vida fecunda de las mujeres, han permitido calcular, con algunos ajustes, la fecundidad femenina por edades, en Espana, desde 1900. La evolución рог generación es analoga a la que se observa en la mayoria de los paises de Europa occidental, pero es más tardía. Además, la recuperación de la natalidad en la inmediata post-guerra fue moderada y parece explicarse casi únicamente por un rejuvenecimiento de los matrimonios y por una disminución del celibato definitivo y del numero de matrimonios sin hijos. Finalmente, se observan en los últimos aňos los mismos síntomas que en los demás paises de Europa : apenas esta asegurada la substitución de las gene- raciones, la familia de dos hijos se impone en detrimento de las familias numerosas y la familia se constituye rápidamente después de un matrimonio precoz.
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
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Armand Saez
La fécondité en Espagne depuis le début du siècle
In: Population, 34e année, n°6, 1979 pp. 1007-1021.
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Saez Armand. La fécondité en Espagne depuis le début du siècle. In: Population, 34e année, n°6, 1979 pp. 1007-1021.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1979_num_34_6_18160Résumé
Saez Armand. — La fécondité en Espagne depuis le début du siècle. L'état civil et les recensements,
notamment une question spéciale posée en 1970 sur l'histoire de la vie féconde des femmes,
permettent de calculer, moyennant quelques ajustements, la fécondité féminine par âge depuis 1900 en
Espagne. Si l'évolution par génération est analogue à celle qu'on a observée dans la majorité des pays
d'Europe occidentale, elle est cependant plus tardive. En outre, la reprise de la natalité dans l'immédiat
après-guerre est modérée et paraît s'expliquer presque uniquement par un rajeunissement des
mariages et une diminution du nombre de couples sans enfant et du célibat définitif. Enfin, dans les
années récentes, on observe les mêmes symptômes que dans tous les pays d'Europe : le
renouvellement des générations est à peine assuré, la famille de deux enfants s'impose au détriment
des familles nombreuses, la famille se constitue rapidement après un mariage précoce.
Abstract
Saez Armand. — The Development of Fertility in Spain during the Present Century. It is possible to
compute female age-specific fertility rates in Spain for the period since 1900 from census records and
vital registration statistics, particularly since a question on reproductive histories of women was asked in
the Census of 1970. The development of cohort fertility in Spain is similar to that in Western European
countries, though it occurred rather later. The recovery in the birth rate during the immediate post-war
period, however, was less pronounced than in other Western European countries and can be explained
almost entirely by a reduction in the age at marriage, a lower proportion of childlessness and higher
nuptiality. More recently, the situation resembled that of all European countries : fertility was scarcely at
replacement level, the two-child family has gained at the expense of families with many children, and
family formation begins rapidly after relatively early marriage.
Resumen
Saez Armand. — La fecund idad en Espana desde principio de siglo. Las estadisticas de movimiento
natural de la población y los censos, y sobre todo una pregunta especial incluida en el de 1970 sobre la
historia de la vida fecunda de las mujeres, han permitido calcular, con algunos ajustes, la fecundidad
femenina por edades, en Espana, desde 1900. La evolución рог generación es analoga a la que se
observa en la mayoria de los paises de Europa occidental, pero es más tardía. Además, la
recuperación de la natalidad en la inmediata post-guerra fue moderada y parece explicarse casi
únicamente por un rejuvenecimiento de los matrimonios y por una disminución del celibato definitivo y
del numero de matrimonios sin hijos. Finalmente, se observan en los últimos aňos los mismos síntomas
que en los demás paises de Europa : apenas esta asegurada la substitución de las gene- raciones, la
familia de dos hijos se impone en detrimento de las familias numerosas y la familia se constituye
rápidamente después de un matrimonio precoz.LA FECONDITE EN ESPAGNE
DEPUIS LE DÉBUT DU SIÈCLE
occidentaux L'évolution au cours de la de fécondité ce siècle a dans déjà la fait plupart l'objet des de nombpays
reuses publications *. De mystérieuses coïncidences sont
apparues pour les dates où se produisent les retournements
à la hausse ou à la baisse.
On attend donc avec impatience de savoir si les quelques
pays pour lesquels on ne disposait pas encore de séries statis
tiques obéissent à ces rythmes secrets, ou, au contraire, leur
échappent.
Armand Saez, professeur de démographie à l'Université
Autonome de Barcelone, a patiemment rassemblé les données
qui lui permettent de suivre l'évolution de la fécondité espa
gnole depuis 1900 et de répondre ainsi à cette question.
Les statistiques d'état civil et des recensements ont permis, au prix
de quelques estimations, l'étude de la fécondité générale en Espagne
depuis le début du siècle (1). A partir des résultats aux questions posées
aux femmes sur l'histoire de leur vie féconde au recensement de 1970,
on a pu d'autre part reconstituer la fécondité totale ou partielle des
couples formés depuis 1920 environ (2).
Les descendances Nous avons calculé ou estimé (3) les taux de
des générations fécondité par groupe d'âges quinquennaux tous
depuis un siècle. les cinq ans depuis 1900 (tableau 1). Ces taux
reclassés par groupes de générations ont permis
de calculer des descendances partielles et finales des générations 1871-
1875 à 1946-1950. Pour les générations les plus anciennes, on a estimé
les taux aux jeunes âges nécessaires au calcul de descendances finales
(*) «Natalité et politique démographique», INED/PUF, Travaux et Docum
ents, Cahier n° 76, Paris, 1976.
(!) Je remercie vivement Mme Chantai Blayo pour ses commentaires qui ont
permis d'améliorer une première version de ce travail.
(2) On n'a pas utilisé la Encuesta de fecundidad publiée en 1978 parce qu'elle
n'est pas adaptée à nos besoins actuels, et parce qu'elle mérite une analyse détaillée.
(3) Pour les modes de calcul, qui impliquent une légère sous-estimation de
la fécondité, voir l'annexe.
Population, 6, 1979, pp. 1007-1022. LA FÉCONDITÉ EN ESPAGNE 1008
Tableau 1. — Taux de fécondité générale (pour 1 000 femmes)
indice synthétique de fécondité,
et taux de reproduction (pour 1 femme)
Années
1905- 1910- 1915- 1920- 1925- 1935- 1900- 1930- 1940- Groupe
d'âges 1901 1906 1911 1916 1921 1926 1931 1936 1941
11 12 11 10,5 11,7 10,9 12,5 11,7 8 15-19
20-24 131 130 129 127,0 125,6 124,5 123,4 120,4 110
25-29 293 290 275 284,0 244,0 225,0 209,9 186,5 178
30-34 232 229 218 210,0 207,4 201,8 181,2 152,9 150
171 163,9 140,6 113,8 35-39 180 178 162,5 133,9 108
4044 82 80 70 67,9 65,6 66,0 56,8 48,3 43
45-49 12 12 11 10,3 11,3 9,1 9,0 8,0 7
Indice
4,22 4,14 synthétique 4,71 4,66 4,43 3,89 3,63 3,21 2,97
R 2,30 2,27 2,16 2,06 2,02 1,90 1,77 1,57 1,45
1,21 1,30 1,34 1,26 1,22 1,27 1,29 1,16 1,09 Ro
1945- 1950- 1955- 1960- 1965- 1970- 1975- Groupe 19804981
d'âges 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 (estimation)
8,8 7,7 9,7 9,5 11,2 14,5 21,2 24 15-19
20-24 90,2 81,1 91,5 104,0 112,1 127,1 128,2 110
25-29 173,0 155,9 161,8 185,4 199,0 291,9 185,6 148
30-34 147,9 125,2 127,1 140,0 147,4 130,2 122,6 106
35-39 103,4 84,3 80,2 81,7 84,5 75,4 64,2 52
4044 39,2 32,9 29,1 29,3 29,8 25,5 23,1 21
4549 6,8 4,3 4,0 2,9 3,1 2,4 2,1 2
Indice
2,94 synthétique 2,85 2,46 2,51 2,76 2,88 2,73 2,32
R 1,39 1,22 1,35 1,43 1,41 1,20 1,33 1,13
1,13 1,04 1,11 1,27 1,36 1,36 1,28 1,09 Ro
par extrapolation de la série des taux aux mêmes âges. Pour les généra
tions les plus récentes, il a été nécessaire d'estimer les taux aux âges
élevés, ce que nous avons fait de deux façons :
— en extrapolant graphiquement l'évolution des taux à chaque
âge d'une génération à l'autre, ou d'une année à l'autre;
en les descendances cumulées « à
l'envers » à partir de la fin de la vie féconde, selon la méthode préco
nisée par Jean Bourgeois-Pichat (4).
Les résultats figurent dans le tableau 2, illustré par le graphique 1.
(*> Jean Bourgeois-Pichat. « Baisse de la fécondité et descendance finale ».
Population, 6, 1976, 1045-1098. DEPUIS LE DEBUT DU SIECLE 1009
Taux brut Nombre moyen de natalité %„ d'enfants
INDICE SYNTHETIQUE
20
G. 1911-15
G. 1921-25
G. 1951-55
• Valeurs estimées
1900 1920 1930 1970 1980 Année d'observation
Graphique 1. — Indice synthétique de fécondité, taux brut de natalité
et descendance finale dans les générations.
Tableau 2. — Descendance finale et âge moyen à la maternité
Descen- Descen- Descen- Groupe de Age Groupe de Age Groupe de Age
moyen** générations générations moyen moyen générations finale* finale finale
1871-1875 4,58 31,1 1901-1905 3,25 30,2 1931-1935 2,66 30,0
1876-1880 4,44 31,0 1906-1910 3,05 30,2 1936-1940 2,65 29,4
2,59*** 1881-1885 4,32 31,1 1911-1915 2,88 29,8 1941-1945 29,0
2,45*** 1886-1890 4,04 30,8 1916-1920 2,61 30,0 1946-1950 28,5
1891-1895 3,86 30,7 1921-1925 2,48 30,4
1896-1900 3,53 30,5 1926-1930 2,52 30,4
* Pour une femme.
** En années et dixièmes d'années.
*** Extrapolation 1010 LA FÉCONDITÉ EN ESPAGNE
Les femmes nées en Espagne il y a cent ans environ ont eu
une descendance finale de 4,6 enfants par femme, nombre supérieur
à celui observé dans les mêmes générations de la plupart des autres
pays d'Europe occidentale (5) mais comparable à la descendance des
Finlandaises, Canadiennes et Italiennes de l'époque.
La descendance finale ne cesse ensuite de baisser jusqu'au groupe
de générations 1921-1925 pour atteindre 2,48 enfants par femme.
L'évolution, analogue à celle du monde occidental, en diffère cepen
dant sur 2 points :
— le minimum apparaît en Espagne vingt ans plus tard;
— la valeur de ce minimum est supérieure à celui de la majorité
des pays, où l'on observe souvent moins de 2 enfants par femme. Seules
les générations les moins fécondes des Pays-Bas et du Canada ont eu
une fécondité supérieure à celle des générations espagnoles 1921-1925
(2,7 enfants par femme).
La fécondité s'accroît ensuite jusqu'aux générations 1931-1935 et
1936-1940, remontée plus brève et plus faible que dans la plupart des
pays occidentaux (6).
Enfin, la descendance finale se met à baisser. Les générations
1946-1950 qu'on a déjà pu suivre jusqu'à 30 ans n'auront guère plus
de 2,4 enfants par femme et d'après nos estimations, les femmes nées
en 1951-1955 ne devraient pas en avoir plus de 2,1.
L'analyse des courbes de descendances atteintes à quelques annivers
aires (graphique 2) montre que la baisse de la descendance finale
résulte d'une baisse des taux après 25 ans. Au cours de la période
récente, les taux avant 25 ans s'accroissent même, ce qui implique une
fécondité de plus en plus précoce, quelle que soit l'hypothèse que l'on
fasse sur l'évolution des descendances finales (en baisse ou stabilisées).
Par contre, des générations 1911-1915 aux générations 1921-1925, la
fécondité devient plus tardive.
L'évolution de l'âge moyen à la maternité au fil des générations
résume bien ces conclusions : d'abord en baisse jusqu'aux
1911-1915 (31,1 ans à 29,8 ans), légère hausse ensuite (30,4 ans dans
les générations 1921-1925 et 1926-1930), il devrait très nettement
diminuer si nos prévisions de baisse d'intensité se vérifient et être égal
à 28,5 ans chez les femmes nées à la fin des années quarante (tableau 2).
Remarquons cependant qu'il reste beaucoup plus tardif que celui des
autres femmes d'Europe occidentale.
(5) « Natalité et politique démographique », op. cit.
(fl) L'Italie mise à part. LE DEBUT DU SIECLE 1011 DEPUIS
Les indices annuels. Le taux brut de natalité de 39,8 p. 1 000 en
1861 descend rapidement jusqu'en 1935 (25
p. 1 000) et s'effondre pendant la guerre civile (graphique 1). La récu
pération est assez faible après la avec un taux qui oscille en
moyenne entre 20 et 22 p. 1000. Vers 1950, le taux est de l'ordre de
20 p. 1000; il remonte jusqu'en 1964 à 22 p. 1000 avant d'amorcer une
nouvelle baisse qui le conduit en 1978 à 18 p. 1000 environ.
S Descendance (pour 1 ferime)
1871-75 1881-85 1891-95 1901-05 1911-15 1921-25 1931-35 1 94 1-45 1951-55
Générations
Graphique 2. — Descendances atteintes à quelques anniversaires
dans les générations. 1012 LA FÉCONDITÉ EN ESPAGNE
Le taux brut de natalité et l'indice synthétique de fécondité (7)
suivent une évolution sensiblement parallèle (graphique 1) mais la hausse
entre 1950 et 1965 est beaucoup moins marquée pour le taux brut,
en raison d'une composition par âge des femmes peu favorable à la
natalité, les classes creuses de la guerre civile étant alors en pleine
période de fécondité. Sans le relèvement de la fécondité, la natalité
aurait continué à baisser après 1950. Inversement, la structure par
âge actuellement favorable à la natalité l'empêche de baisser autant
que la fécondité.
On a porté la courbe des indices synthétiques annuels de fécondité
sur le graphique des descendances en les décalant de l'âge moyen à
la maternité (graphique 1) (8).
Les deux courbes sont pratiquement confondues de 1915 à 1950,
et la baisse de l'indice synthétique traduit essentiellement celle de l'inten
sité. Les valeurs de l'indice annuel sont cependant, entre 1915 et 1935,
légèrement supérieures à celles de l'indice des générations en raison
de la diminution de l'âge des femmes à la naissance de leurs enfants,
très modérée cependant compte tenu de l'ampleur de la baisse de l'intens
ité. En effet une diminution de la descendance de plus de 2 enfants
par femme conduit en général à un rajeunissement considérable de la
fécondité. Le faible rajeunissement observé en Espagne laisse supposer
une hausse de l'âge au mariage à cette époque (9).
L'écart entre les deux indices s'accentue après 1950, la hausse
de l'indice du moment traduisant à la fois la reprise de la fécondité dans
les générations et une précocité accrue des naissances. /
L'augmentation de la fécondité espagnole du moment, assez specta
culaire (de 2,46 en 1950 l'indice passe à 2,94 en 1965) contraste
avec la diminution séculaire antérieure qui n'avait subi aucune altération
importante même sans doute après la guerre civile, selon nos estimations.
La baisse s'était poursuivie jusqu'en 1950, sans que la propagande du
nouveau régime en faveur de la natalité ne l'ait interrompue.
L'Espagne a connu une évolution presque semblable dans ses
grandes lignes à celle du monde occidental, avec cependant une reprise
en retard d'une vingtaine d'années, mais l'indice baisse dès 1965 comme
dans la majorité des pays d'Europe. Il devrait atteindre comme valeur
maximale, d'après nos prévisions, 2,32 enfants par femme en 1980.
<7) Somme annuelle des taux de fécondité par âge (tableau 1).
<8> On sait que les deux courbes devraient alors être confondues si l'inten
sité variait linéairement et si le calendrier était invariable.
<8> Espaňa, Panoràmica social, 1974. LE DÉBUT DU SIECLE 1013 DEPUIS
La fécondité C'est à 25-29 ans que la fécondité espagnole est la
par âge. plus élevée et malgré la baisse et le rajeunissement,
le mode est toujours à cet âge dans les générations
les plus récentes (graphique 3). Les femmes espagnoles se distinguent
des autres femmes d'Europe par cette fécondité tardive.
La fécondité est cependant plus précoce actuellement, le taux à
20-24 ans ayant nettement moins baissé que les autres, et s'élevant
même depuis les générations 1926-1930, ce que nous avions déjà remar
qué en analysant l'évolution des descendances atteintes à 25 ans.
La bref remontée de la descendance atteint son maximum dans la
génération 1931-35 grâce à la hausse des taux à 25-29 et 30-34 ans.
La descente qui suit n'a pas empêché la remontée du taux à 20-24 ans
et le maintien du taux à 25-29 ans; elle a été transmise par l'effondr
ement des taux aux âges supérieurs à 30 ans. Dès lors, la courbe des
taux de fécondité, tout en maintenant son mode, a déplacé sa moyenne
vers la gauche, et accentué son étalement à droite; nous l'avions déjà
remarqué en constatant le rajeunissement de l'âge moyen à la maternité.
Taux pour 1.000
300
15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49
Age (en années révolues)
Graphique 3. — Taux de fécondité générale par âge dans quelques générations. 1014 LA FÉCONDITÉ EN ESPAGNE
La reproduction Le taux net de reproduction du moment diminue
de la population. plus légèrement et moins régulièrement que le
taux brut jusqu'en 1950; la récupération posté
rieure, en revanche, s'affirme avec plus de force. Les valeurs observées
en 1965 et 1970 sont les plus importantes du siècle, mais elles demeur
ent toujours en dessous de 1,5. Connaissant les tables de mortalité
depuis 1900, 10 années par 10 années, et supposant que le taux brut est
à l'unité, nous pouvons en déduire (10), la valeur de la descendance
finale dont la stabilité assure la substitution des générations (11).
Tableau 3. — Descendance de substitution
Descendance Descendance Descendance
Générations de Générations de Générations de
substitution substitution substitution
3,91 1901-1905 2,78 1931-1935 2,16 1871-1875
1906-1910 2,74 1936-1940 2,14 1876-1880 3,31
3,34 1911-1915 2,60 1941-1945 2,13 1881-1885
1916-1920 2,42 1946-1950 2,12 1886-1890 3,39
2,30 1891-1895 3,13 1921-1925 1951-1955
1926-1930 2,21 1896-1900 2,81
La comparaison de cette descendance de substitution (graphique 4)
et des indicateurs conjoncturaux montre que le haut niveau de la descen
dance finale des générations, depuis 1871, est tempéré par la forte
mortalité, qui réduit les potentialités d'accroissement démographique,
jusqu'aux générations nées en 1910. Par contre, les générations nées
de 1925 à 1945, ont produit largement plus d'enfants qu'il n'était
nécessaire pour leur remplacement. Ceci est la raison profonde qui
explique l'apparition des générations relativement plus importantes des
alentours de 1955 jusqu'à 1970 (12). La chute rapide de la descendance
finale conduit celle-ci, pour les générations 1946-1950, à des valeurs
légèrement au-dessus du niveau de substitution, et pour celles posté
rieures à 1951-1955, si l'évolution se confirme, à des descendances
insuffisantes pour l'assurer complètement. Par conséquent, il apparaît
comme très possible que, entre 1980 et 1985, les taux bruts et nets
de reproduction descendent au-dessous de l'unité.
d°) J. Bourgeois-Pichat, ibidem.
(il) Puisque nous savons que, avec une bonne approximation, Ro = RSa (a
étant l'âge moyen à la maternité), nous avons calculé R = 1/Sû; nous avons estimé
les valeurs inconnues de Sa par interpolation entre les tables de mortalité connues.
(12> II faut rappeler que la descendance finale est partiellement extrapolée,
avec un pourcentage qui, s'il est de 5 % pour les générations 1936-1940, atteint
déjà 34% pour celles de 1946-1950.

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