La méthode anthropométrique d'évaluation de la graisse corporelle. Mesure du pli cutané. - article ; n°4 ; vol.10, pg 302-325

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Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1959 - Volume 10 - Numéro 4 - Pages 302-325
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1959
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G. Le Bideau
La méthode anthropométrique d'évaluation de la graisse
corporelle. Mesure du pli cutané.
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, X° Série, tome 10 fascicule 4, 1959. pp. 302-325.
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Le Bideau G. La méthode anthropométrique d'évaluation de la graisse corporelle. Mesure du pli cutané. In: Bulletins et
Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, X° Série, tome 10 fascicule 4, 1959. pp. 302-325.
doi : 10.3406/bmsap.1959.2744
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1959_num_10_4_2744302
LA MÉTHODE ANTHROPOMÉTRIQUE
D ÉVALUATION DE LA GRAISSE CORPORELLE.
MESURE DU PLI CUTANÉ
par le Dr G. LE BIDE AU
La méthode anthropométrique d'évaluation du gras corpor
el et, plus précisément, la «technique du pli cutané », très connue
sous son appellation étrangère : Skinfold thickness, se rattachent
aux méthodes générales de fractionnement du poids du corps.
Peut-on, en effet, chez l'individu vivant, déterminer aussi
exactement que possible, la proportion des différents consti
tuants de l'organisme ? C'est là un problème auquel, nous ver
rons comment, se sont attachés nombre d'auteurs.
Tableau I. — Définition et ordre de grandeur des zones, secteurs et compartiments
du corps humain.
Secteurs Zones Compartiment
Solides de la L (Lipides) 85 ( G
S masse grasse masse grasse Eeg (Eau extra cell, de G) 15
f Eau extra
Ext < cellulaire
( totale
E Eau totale
Eem (1) (Eau extra cell, de M) .16
70
Masse Ec 70 54 (Eau cellulaire) M
cellulaire
P 30 23 23 (Protides) masse maigre
Solides
masse maigre 7 7 m (Minéraux)
(1) Y compris Eau plasma tique.
Le tableau 1 indique un ordre de grandeur pour les différents
secteurs, zones et compartiments du corps. A côté de la masse BIDEAU. — ÉVALUATION DE LA GRAISSE CORPORELLE 303 LE
maigre, nous avons défini la masse grasse (pannicule adipeux et
graisse périviscérale) comme principalement composée de deux
zones :
I Lipides proprement dits.
Eau de constitution du tissu graisseux
Masse grasse qu'un peu arbitrairement sans doute,
mais dans le seul but d'imager, nous
avons appelée « Eau extracellulaire de
\ la graisse ».
A partir des chiffres proposés dans ce tableau, nous avons
construit entre deux individus, l'un purement théorique de
masse grasse = 0, l'autre comportant 20 p. 100 de masse maigre,
un abaque (fig. 1).
Cet abaque laisse apparaître un certain nombre de données
désormais classiques depuis les travaux de Benkhe, Pace et
Rathburn : la corrélation bien classique entre l'eau totale du
corps, les lipides, la densité corporelle qui s'exprime dans les
formules suivantes :
/ /4
« 100- A^; % L = 100 (*-Ç -3,81
Si, dans la masse grasse, lipides et eau se trouvaient, comme
nous l'avons arbitrairement indiqué sur notre tableau, dans la
proportion fixe de 85 p. 100 et 15 p. 100, le fractionnement du
poids corporel chez l'individu vivant serait une opération inf
iniment plus simple qu'elle ne se présente en pratique. Or, con
trairement à la masse maigre qui, d'après l'avis unanime de
tous les auteurs, présente une hydratation très constante, la
masse grasse comporte une teneur en eau très variable d'un sujet
à un autre et, à cet égard, les chiffres retrouvés dans la littéra
ture varient à l'extrême de 8 à 46 p. 100. Très variable aussi,
pensons-nous, l'hydratation du pannicule adipeux chez un même
sujet au cours des 24 heures.
Ces variations dominent, comme nous le verrons, le problème
technique d'évaluation de la graisse corporelle à partir de la me
sure de la double épaisseur du pannicule adipeux à Vaide de pieds
à coulisse spéciaux.
Qu'il s'agisse de la mesure directe de l'épaisseur, du pannicule
adipeux, technique la plus simple, ou de tout autre espèce de
méthode de fractionnement du poids corporel, quel profit peu
vent en tirer le médecin, le nutritionniste ou l'anthropologiste ?
1° L'étude de l'obésité ou des maigreurs semble être au
premier plan : tant pour le clinicien que, vous le savez, pour les 304 société d'anthropologie de paris
H20 EXTRA CELL.
MASSE MAIGRE
SUJET SUJET:
IDÉALEMENT 20% MASSE GRASSE
17% LIPIDES MAIGRE
Fig. 1 . — Abaque montrant le pourcentage pondéral des secteurs et zones de
l'organisme en fonction de la densité corporelle. .
,
BIDEAU. — ÉVALUATION DE LA GRAISSE CORPORELLE 305 LE
compagnies d'assurances, le poids relatif (rapporté à la taille
et exprimé en pourcentage d'un poids idéal) et, à plus forte rai
son, le poids brut constituent une donnée très insuffisante ;
aussi bien que, par un excès de graisse, le poids idéal peut être
dépassé par une forte musculature, voire une rétention d'eau.
La comparaison entre un sportif musclé, un sédentaire obèse,
une femme hydrolipopexique, fait suffisamment comprendre
la nécessité de quantifier les réserves adipeuses.
2° La détermination quantitative des réserves graisseuses
est un indiscutable critère de classement des sujets dans de nomb
reuses recherches, à plus forte raison lorsqu'elles portent sur les
lipides : doit-on réunir une « population » de maigres constitu
tionnels, d'obèses ou de pléthoriques ? La mesure de la masse
lipidique est la seule approche rigoureuse.
3° L'évaluation répétée du stock de lipides jointe à celle de la
masse maigre et au décompte des calories de l'alimentation est
une méthode utile dans les travaux d'énergétique, ceci en fonc
tion d'un simple schéma :
Calories Équivalent Équivalent
apportées calorique de calorique de _ Dépense ~~ par les tissus gras tissus protéiques calorique
aliments perdu ou gagné perdu ou gagné
4° Pour les zootechniciens, la détermination de la masse
grasse corporelle est une technique d'étude fondamentale à une
époque où l'on cherche à diminuer l'apport de corps gras an
imaux au profit des corps gras végétaux (ainsi s'attache-t-on
actuellement à « fabriquer » des races de porcs maigres par des
techniques d'alimentation limitant au maximum la lipogénèse).
5° Les techniques de fractionnement du poids corporel ne
sont-elles pas infiniment précieuses lorsque l'on cherche à étu
dier chez l'animal ou le nourrisson humain ce phénomène si mal
défini de la croissance ? Dans bien des travaux consacrés à la
croissance, le seul critère utilisé reste encore la simple et grossière
augmentation de poids et nous savons ce qu'il faut en penser.
6° La répartition topographique de la graisse corporelle est
utilisée comme critère de différenciation sexuelle — ceci inté
resse les endocrinologistes et nous aurons l'occasion de rappeler
à ce sujet les travaux de Vague.
7° Enfin, l'évaluation du gras corporel intéresse très direct
ement l'anthropologiste, qu'il s'agisse de définir les caractéris
tiques d'un individu, ou d'une population donnée et, là encore,
une technique simple, facilement applicable à un très grand
nombre d'individus, s'avère nécessaire.
■Quelles sont les méthodes habituellement mises en œuvre société d'anthropologie de paris 306
pour fractionner le poids du corps ? Nous ne voudrions que les
citer rapidement vous renvoyant à la très complète mise au point
de B. L. Dumont (1958) dans les Annales de la Nutrition :
a) en mesurant la densité corporelle par des techniques d'im
mersion, on peut en déduire le pourcentage de lipides ;
b) en l'eau corporelle totale par la technique des
espaces de diffusion (antipyrine, urée, ou mieux eau tritiée), on
peut en déduire le pourcentage de lipides. On peut compléter
cette épreuve par la mesure d'eau extracellulaire (thiocyanate).
Ce sont là des techniques assez complexes et leur application
doit être limitée à un petit nombre de sujets. Par contre, la
technique d'évaluation des lipides corporels par la mesure du pli
cutané, dont il va être question ici, est d'une application très
facile et nous a semblé donner, si elle est appliquée dans des
conditions séméiologiques rigoureuses, des résultats fidèles.
Nous voudrions refaire l'historique des études consacrées à la
mesure du pannicule adipeux, présenter les travaux que nous
avons nous-mêmes réalisés sur cette question et terminer enfin
en vous précisant notre technique du pli cutané.
Sans anticiper sur la dernière partie de cet exposé, mention
nons déjà que, pour mesurer le pli cutané, on emploie un appar
eil qui ressemble à un pied à coulisse et construit de telle façon
que la pression, quand on applique l'appareil au pli cutané de la
peau, soit constante quel que soit l'écartement des branches du
pied.
Nous voudrions spécifier que, pour nous, cette technique
s'inclue simplement dans une batterie de tests destinés à ventiler
la perte de poids chez des sujets soumis à des efforts intenses et
recevant, par ailleurs, des rations hypocaloriques (Pedoya, An-
drivet et Le Bideau, 1958 ; Rivolier et Le Bideau, 1959). Notre
problème est d'ailleurs singulièrement complexe puisqu'il s'agit
pour nous de mesurer avec précision ±150 grammes une perte
de lipides corporels. Cela expliquera sans doute pourquoi nous
avons été amenés à entourer cette technique du pli cutané d'un
luxe de détails séméiologiques.
Historique.
Avant d'évoquer brièvement les prinipaux travaux réalisés
dans ce domaine, il est bon, croyons-nous, : de rappeler que le
pincement du pli de la peau est un réflexe clinique fort ancien,
que le praticien effectue en maintes occasions qu'il s'agisse de
l'examen d'un sujet obèse ou d'é valuer '.encore la:' déshydrata-:
íion d'un nourrisson présentant mi symptôme '.neurotoxique1../;
Ce sont les anthropologistesy les morphoïogistes, et; en "der
nier semble-t il, les nutritionnistes, qui se sont attachés à une BIDEAU. — ÉVALUATION DE LA GRAISSE CORPORELLE 307 LE
mesure précise du pannicule adipeux. Les premiers travaux
remontent au début du siècle et on ne fera que citer quelques
auteurs :
Français : Richet.
Allemands : Newman, Batkin, Peiser, Mille, Kading, Oder.
Italiens . Pende, Oppenheim.
Espagnol : Maranon.
Russe : Bounak.
Américains : Reynolds, Stuart, Hill, Shaw, Dwinnel.
C'est aux environs de 1950, que cette technique a pris une
grande extension sous l'impulsion de deux auteurs américains
Brožek et Keys. C'est également à partir de cette époque que
l'on note un perfectionnement progressif dans les modèles de
pieds à coulisse utilisés, et notamment l'apparition du pied à pres
sion constante sur lequel nous reviendrons.
Les travaux qui ont été consacrés à la mesure du pli cutané
peuvent être rattachés à trois centres d'intérêt :
1° Les enquêtes au cours desquelles les auteurs se sont atta
chés à spécifier les caractéristiques nutritionnelles, anthropolo
giques de vastes groupes de population dans le but de définir des
standards d'adiposité ou encore d'établir des corrélations entre
l'adiposité et certaines maladies.
2° Les expériences de physiologie ou de nutrition où la mesure
du pannicule adipeux a été utilisée comme critère.
3° Enfin et surtout les recherches qui ont eu pour but d'au
thentifier la technique du pli cutané en la confrontant avec
d'autres méthodes de fractionnement du poids corporel suppos
ées plus précises et plus fidèles.
Enquête.
Parmi les enquêtes, l'une des plus vastes à notre connaissance
est celle de Newman (1956), réalisée sur des recrues américaines
au moment de l'incorporation, soit 2.000 Blancs et 360 Noirs.
Nous avons, à titre indicatif, reproduit ici les résultats enregis
trés par cet auteur, en ce qui concerne le poids, la taille, l'épais
seur du pli cutané (thorax, bras, dos, genou, abdomen) et le
pourcentage de lipides obtenu par calcul (tabl. II).
Outre un taux de lipides moyen de 7,4 p. 100 pour les Blancs,
de 4,6 p. 100 pour les sujets de race noire, l'auteur constate une
différence considérable dans l'histogramme de distribution du
pourcentage de lipides (rapporté, bien entendu, en pourcentage
de fréquence) : l'intervaHe"de classe est1- plus resserré pour les
Blancs que pour les Noirs, Le nombre élevé de sujets blancs
mesurés permettait enfin à l'auteur de retrouver certaines carac- société d'anthropologie de paris 308
téristiques morphologiques inhérentes à la région dont ils étaient
originaires.
Tableau II. — Données anthropométriques sur une population de 2.017 Blancs
et 361 Noirs.
(d'après Newman, 1956).
2.017 Blancs 361 Noirs
Moyenne Écart-type Moyenne Ecart-type
Taille (inch) 68,9 2,5 68,3 2,6
Poids (Lb) 154,0 22,7 151,0 18,5
Illustration non autorisée à la diffusion Lipides corporels (% poids) ... 7,4 5,1 4,6 3,4
Pli cutané Thorax (mm) 10,0 6,6 6,5 3,7
Pli Bras (mm) 11,4 5,4 8,2 4,0
Pli cutané Dos 13,6 6,0 12,2 4,3
Pli Genou (mm) 15,0 5,8 12,9 4,5
Pli cutané Adbomen (mm) 14,6 7,9 11,7 5,7
Àu cours d'une enquête anthropométrique sur une fraction
représentative de la population canadienne, soit 22.000 personnes,
Pett et Ogilvie (1956) ont utilisé la technique du pli cutané en
la limitant à la mesure du pli de la face postérieure du bras.
Nous avons reproduit ici les chiffres mentionnés par ces auteurs :
on constate notamment que le pannicule adipeux est plus déve
loppé dans le sexe féminin, ceci dès l'âge de trois ans (tabl. III).
Tableau III. — Valeur moyenne du pli cutané au bras postérieur sur un échantillon
représentatif de la population canadienne (22.000 sujets).
(d'après Pett et Ogilvie, 1956.)
Pli í cutané (mm) Pli cutané (mm)
Age Sexe Face poster, dudu Age Face poster, du exe !xe
bras bras
M 9,4 13 M 8,3
F F 11,2 9,5
M 9,0 14 M 7,5
F 9,6 F 11,3
M 8,3 15 M 6,5
F 9,3 F 11,3
M 7,5 6,4 16-17 M
F 8,8 F 13,3
M 7,4 18-19 M 6,0
F 8,8 F 13,6
M 6,9 20-24 M 6,3 Illustration non autorisée à la diffusion F 8,5 F 12,4
M 6,8 25-29 M 7,0
F 8,9 F 13,0
M 7,1 30-34 M 8,2
F 9,4 F 14,3
10 MM "7,4 7,4 35-44 M 7,7
FF 9,5 F 15,5
И M M 7,9 7,9 45-54 M 7,5
F 10,0 10,0 F F 17,7
12 M M 8,0 55-64 M 6,9
F 10,5 F 17,7
65 et plue M 5,6
F 15,5 LE BIDEAU. — ÉVALUATION DE LA GRAISSE CORPORELLE 309
Nous nous devons de mentionner le très beau travail de Cor-
renti. Cet auteur a étudié le pli cutané sur 868 sujets d'une
zone italienne économiquement peu développée (commune de
Rofrano, province de Salerne). Il retrouve des différences signifi
catives selon le degré d'alimentation et la situation sociale et
économique.
Autre enquête, celle de Kurlander, Abraham et Rion (1956).
Ces auteurs ne retrouvent pas de corrélation entre l'adiposité
mesurée par la technique du pli cutané et la fréquence des
maladies cardio-vasculaires.
En France, Vague (1953) utilise la mesure du pannicule adi
peux comme un critère de différenciation sexuelle. Cet auteur
constate chez l'homme que la graisse de réserve se répartit plus
volontiers à la partie supérieure du corps, cependant que, chez
la femme, elle vient surtout habiter les parties déclives en affec
tant d'ailleurs certaines localisations particulières. On peut,
comme Vague, décrire des structures ginoïdes et androïdes défi
nies non seulement par la répartition de la graisse corporelle,
mais aussi par le profil des morphogrammes. Vague décrit diffé
rents rapports d'adiposité pouvant intervenir comme critère de
différenciation sexuelle, notamment :
— un rapport graisseux sus ou sous-ombilical ;
— l'indice nucho-sacré ;
— un rapport brachio-fémoral.
Si un comportement nutritionnel ou une pathologie spéciale
sont attachés aux différents types morphologiques décrits par
Vague (exemple : diabète athérosclérose plus fréquent dans les
structures androïdes), il est certain que toute enquête d'anthropol
ogie ou de nutrition doit au départ tenir compte de ces données.
En Grande-Bretagne, une équipe de recherches, Edwards,
Hammond, Healy, Tanner et Whitehouse (1954), effectue des
investigations considérables sur le pli cutané des enfants en uti
lisant le « Harpenden Caliper ». Le but recherché par ces auteurs
est la détermination de standards d'adiposité.
Aux États-Unis, Garn, Greaney et Young (1956) utilisent la
mesure du pannicule adipeux pour étudier la croissance au cours
de la première enfance. Cette étude porte sur 300 enfants nor
maux, exempts de maladies, nés à terme, non jumeaux, ayant
pesé plus de 2.500 g à la naissance.
Les mesures sont effectuées aux âees suivants : 1, 3, 6, 9 et
12 mois. Elles portent sur :
— le poids,
— la taille, 310 société d'anthropologie de paris
— la longueur de la diaphyse tibiale et l'épaisseur des muscles
de la jambe appréciés par radio,
— l'épaisseur du pannicule adipeux.
Les auteurs aboutissent aux conclusions suivantes :
a) le fœtus accumule de la graisse et le nouveau-né humain
est un Mammifère parmi les plus chargés en graisse. A un an, le
pourcentage de graisse est le même qu'à 50.
b) l'épaisseur du pannicule adipeux croît rapidement pendant
les premiers mois de la vie. Elle double entre 1 et 6 mois. Mais
elle change peu entre 6 et 9 et n'augmente plus entre 9 et 12.
Ceci pour la moyenne générale.
Les auteurs font remarquer qu'il n'est pas prouvé que les
enfants gros poussent mieux et soient plus robustes et résistants.
Ils rappellent qu'il est difficile d'expliquer l'importance rela
tive du pannicule adipeux pendant les premiers mois de la vie.
Ils pensent que cette importance est due au régime ou à certaines
influences hormonales.
Expérience de physiologie et de nutrition.
Parmi les expériences de physiologie dans lesquelles le pli
cutané a été utilisé comme critère d'étude, l'expérience de Baker,
Byrom, Daniels et Munro (1955) mérite d'être signalée. Elle a
pour objet la relation entre l'épaisseur du pli cutané et le refro
idissement. Cette expérience met en lumière très élégamment
le rôle de la couverture graisseuse dans le maintien de la chaleur
corporelle quand les sujets sont exposés au froid.
Trente5 et un hommes sont soumis à une température ambiante
de 15° С pendant deux heures. Ils sont seulement vêtus d'un
short et restent assis, immobiles, durant toute la durée de Té-
preuve. L'épaisseur du tissu cellulaire sous-cutané et le pourcen
tage de masse grasse de chaque homme sont préalablement déter
minés par la technique du pli cutané.
Durant l'épreuve, on mesure toutes les dix minutes :
— la température rectale,
— la de la surface de la peau en différents en
droits.
En établissant des corrélations statistiques on constate que :
— plus les sujets sont gras, plus basse est leur température
cutanée ;
— les températures rectales des hommes les plus gras restent
pratiquement normales, cependant que les températures rectales
des hommes les plus maigres sont de 1,2° F plus basses ;
— on vérifie accessoirement cette notion que la surface cor
porelle intervient dans la déperdition de chaleur.

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