La mortalité infantile dans le monde. Evolution depuis 1950 - article ; n°4 ; vol.31, pg 801-838

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Population - Année 1976 - Volume 31 - Numéro 4 - Pages 801-838
Vallin Jacques. La mortalité infantile dans le monde. Evolution depuis 1950. La mortalité infantile (dans la première année) n'est bien mesurée que dans les pays où elle est la plus faible. Pour les pays moins développés, on dispose de relevés partiels ou d'enquêtes diverses, plus ou moins étendues et répétées. Sous cette réserve, au début des années 1970, elle peut atteindre près de 200 p. 1 000 — un enfant sur cinq — dans la région la plus défavorisée, l'Afrique Tropicale. Dans les régions « les plus développées », elle est inférieure à 30 p. 1 000, dans les autres elle est supérieure à 65 p. 1 000. En Amérique latine et en Asie Orientale (sauf Japon) elle atteint 65 à 100 p. 1 000, en Afrique du Nord, en Asie Méridionale, en Mélanésie elle est de l'ordre de 140 p. 1 000. L'urbanisation, la catégorie sociale, l'instruction, le revenu sont étroitement corrélés avec la mortalité infantile. Dans les pays déjà favorisés en 1950, la mortalité infantile a encore fortement baissé, notamment en Scandinavie, au Japon et en Europe occidentale, un peu moins dans les pays anglo-saxons. Ce progrès a surtout porté sur les décès d'enfants de plus d'un mois et a concentré la mortalité résiduelle dans les tout premiers jours de la vie. Dans les régions moins développées au contraire, les risques de décès restent très élevés dans les 2 ou 3 premières années de la vie, notamment quand le sevrage est brutal.
Vallin Jacques. The Development of Infant Mortality throughout the World since 1950. Accurate measurement of infant mortality (mortality before the first birthday) exists only in those countries in which it is lowest. In less developed countries, only partial information is available based on more or less extensive surveys which may or may not have been repeated on different occasions. Subject to these reservations, infant mortality may reach a level of 200 per 1 000, nearly one birth in every five, in the most underprivileged region, tropical Africa. In the ' most developed ' areas, it is below 30 per 1 000, and in others above 65 per 1 000. In Latin America and East Asia (excluding Japaif) it reaches 65 per 1 000, in North Africa, Southern Asia and Melanesia the level is about 140 per 1 000. Town planning, social status, education and income are all closely related to the level of infant mortality. In countries which were already privileged in 1950, infant mortality has declined considerably, more especially in Scandinavia, Japan, Western Europe and — a little less steeply — in the Anglo-Saxon countries. The progress has been achieved mainly in reducing deaths of children aged over one month. The residual mortality relates mainly to the very first days of life. In less developed countries, on the other hand, the risk of death remains very high during the first two to three years of life, notably in those countries in which weaning is very sudden.
Vallin Jacques. Evolución de la mortalidad infantil en el mundo desde 1950. Los paises de menor mortalidad infantil poseen al mismo tiempo la infor- mación de mejor calidad. Al contrario en los países menos désarrollados la información es escasa, sólo se cuenta con registros parciales y con los resultados de algunas encuestas de diversa regularidad y amplitud. Tomando en cuenta esta observation, la mortalidad infantil era de aproximadamente 200 por mil (un menor de un aňo de cada cinco) en el Africa Tropical, que se consideraba la region más afectada a comienzos de la década de 1970. En las regiones unas favorecidas es inferior a 30 y en las restantes superior a 65 por mil. En America Latina y Asia Oriental (exceptuando Japon) varia entre 65 y 100 por mil. En Africa del norte, Asia meridional y Melanesia, es del orden de 140 por mil. La mortalidad infantil esta estrechamente correlacionada con el grado de urbanización, la categoría social, la educación y el ingreso. La baja más notable ha ocurrido en los países que ya tenían una situación favorable en 1950, principalmente en Escandinavia, Europa Occidental y Japon. En los países anglo-sajones la redución ha sido más levé. El progreso se ha verificado principalmente en las defunciones de nifios mayores de un mes y la mortalidad residual se ha concentrado en los priro^ros dias de la vida. Por el contrario, en las regiones rmenos desarrolladas, los riesgos de morir en los dos о très primeros afios de viua son aún muy altos, principalmente cuando el destete es brusco.
38 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
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Jacques Vallin
La mortalité infantile dans le monde. Evolution depuis 1950
In: Population, 31e année, n°4-5, 1976 pp. 801-838.
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Vallin Jacques. La mortalité infantile dans le monde. Evolution depuis 1950. In: Population, 31e année, n°4-5, 1976 pp. 801-
838.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1976_num_31_4_16064Résumé
Vallin Jacques. La mortalité infantile dans le monde. Evolution depuis 1950. La mortalité infantile (dans
la première année) n'est bien mesurée que dans les pays où elle est la plus faible. Pour les pays moins
développés, on dispose de relevés partiels ou d'enquêtes diverses, plus ou moins étendues et
répétées. Sous cette réserve, au début des années 1970, elle peut atteindre près de 200 p. 1 000 — un
enfant sur cinq — dans la région la plus défavorisée, l'Afrique Tropicale. Dans les régions « les plus
développées », elle est inférieure à 30 p. 1 000, dans les autres elle est supérieure à 65 p. 1 000. En
Amérique latine et en Asie Orientale (sauf Japon) elle atteint 65 à 100 p. 1 000, en Afrique du Nord, en
Asie Méridionale, en Mélanésie elle est de l'ordre de 140 p. 1 000. L'urbanisation, la catégorie sociale,
l'instruction, le revenu sont étroitement corrélés avec la mortalité infantile. Dans les pays déjà favorisés
en 1950, la mortalité infantile a encore fortement baissé, notamment en Scandinavie, au Japon et en
Europe occidentale, un peu moins dans les pays anglo-saxons. Ce progrès a surtout porté sur les
décès d'enfants de plus d'un mois et a concentré la mortalité résiduelle dans les tout premiers jours de
la vie. Dans les régions moins développées au contraire, les risques de décès restent très élevés dans
les 2 ou 3 premières années de la vie, notamment quand le sevrage est brutal.
Abstract
Vallin Jacques. The Development of Infant Mortality throughout the World since 1950. Accurate
measurement of infant mortality (mortality before the first birthday) exists only in those countries in
which it is lowest. In less developed countries, only partial information is available based on more or
less extensive surveys which may or may not have been repeated on different occasions. Subject to
these reservations, infant mortality may reach a level of 200 per 1 000, nearly one birth in every five, in
the most underprivileged region, tropical Africa. In the ' most developed ' areas, it is below 30 per 1 000,
and in others above 65 per 1 000. In Latin America and East Asia (excluding Japaif) it reaches 65 per 1
000, in North Africa, Southern Asia and Melanesia the level is about 140 per 1 000. Town planning,
social status, education and income are all closely related to the level of infant mortality. In countries
which were already privileged in 1950, infant mortality has declined considerably, more especially in
Scandinavia, Japan, Western Europe and — a little less steeply — in the Anglo-Saxon countries. The
progress has been achieved mainly in reducing deaths of children aged over one month. The residual
mortality relates mainly to the very first days of life. In less developed countries, on the other hand, the
risk of death remains very high during the first two to three years of life, notably in those countries in
which weaning is very sudden.
Resumen
Vallin Jacques. Evolución de la mortalidad infantil en el mundo desde 1950. Los paises de menor
mortalidad infantil poseen al mismo tiempo la infor- mación de mejor calidad. Al contrario en los países
menos désarrollados la información es escasa, sólo se cuenta con registros parciales y con los
resultados de algunas encuestas de diversa regularidad y amplitud. Tomando en cuenta esta
observation, la mortalidad infantil era de aproximadamente 200 por mil (un menor de un aňo de cada
cinco) en el Africa Tropical, que se consideraba la region más afectada a comienzos de la década de
1970. En las regiones unas favorecidas es inferior a 30 y en las restantes superior a 65 por mil. En
America Latina y Asia Oriental (exceptuando Japon) varia entre 65 y 100 por mil. En Africa del norte,
Asia meridional y Melanesia, es del orden de 140 por mil. La mortalidad infantil esta estrechamente
correlacionada con el grado de urbanización, la categoría social, la educación y el ingreso. La baja más
notable ha ocurrido en los países que ya tenían una situación favorable en 1950, principalmente en
Escandinavia, Europa Occidental y Japon. En los países anglo-sajones la redución ha sido más levé. El
progreso se ha verificado principalmente en las defunciones de nifios mayores de un mes y la
mortalidad residual se ha concentrado en los priro^ros dias de la vida. Por el contrario, en las regiones
rmenos desarrolladas, los riesgos de morir en los dos о très primeros afios de viua son aún muy altos,
principalmente cuando el destete es brusco.LA MORTALITE INFANTILE
DANS LE MONDE.
ÉVOLUTION DEPUIS 1950
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Cependant, la connaissance que l'on a de ce phénomène reste partielle et inégale, les pays à très faible mortalité infantile étant aussi ceux qui disposent des meilleures statistiques. C'est pourquoi M. Jacques Vallin, maître de recherches à l'INED, dresse d'abord un rapide bilan de la valeur des données disponibles avant d'esquisser un panorama actuel de la mortalité infantile dans le monde. Rappelant les tendances observées depuis 1950, il analyse ensuite les répartitions par âge et par cause des décès de la première enfance (2).
<a) Plan d'action mondial sur la population. — in Décisions prises à Bucarest, Nations Unies, New York, 1974, pp. 6-33, E/CONF. 60/19. (2> Cette étude, réalisée sous l'égide de l'OMS et avec le concours du Fond des Nations Unies pour les Activités en matière de Population (FNUAP), est publié simultanément dans le Rapport de Statistiques Sanitaires Mondiales, OMS, Genève.
Population n° 4-5, 1976 :
802 LA MORTALITÉ INFANTILE
I. — VALEUR DES DONNÉES DISPONIBLES
Divers indices de mortalité infantile existent. Le plus simple et le plus couramment employé consiste à rapporter les décès d'enfants de moins d'un an survenus au cours d'une année donnée aux naissances
vivantes de la même année. Un dépouillement assez élémentaire de l'état civil suffit si l'enregistrement des naissances et décès est complet. C'est le cas dans la quasi-totalité des pays d'Europe, aux Etats-Unis et au Canada, en URSS, au Japon, en Australie et Nouvelle-Zélande. Parmi
les autres pays d'Asie, en Afrique et pour une large part en Amérique Latine, une telle situation est au contraire exceptionnelle.
Au total 82 pays ou territoires sur les 209 énumérés par les Nations Unies dans leurs publications les plus récentes (1), soit à peine 40%, disposent d'une couverture « complète » (2) des naissances par l'état civil
et ce nombre tombe à 73 (35 %) si l'on considère l'enregistrement des décès de moins d'un an. L'état civil fonctionnant généralement mieux dans les petits Etats, la proportion de la population mondiale ainsi « couverte » n'est que 31 % pour les naissances et 29 % pour les décès
de moins d'un an (tableau 1). Cette dernière proportion tombe à 11 % en Asie de l'Est, 10 % en Amérique Latine, 2,7 % en Asie du Sud et 0,3 % en Afrique. Elle est nulle dans 5 « régions » : Afrique du Nord
(malgré un enregistrement des naissances assez bon), australe (sauf pour certains groupes ethniques de Rhodesie et d'Afrique du Sud), Amérique Latine tropicale, Chine (du moins aucune statistique nationale n'est-elle publiée) et Mélanésie; quasiment nulle en Afrique de l'est,
Afrique centrale, Afrique de l'ouest, et Asie méridionale centrale.
Pour de larges fractions de continents, la mortalité infantile ne peut donc être mesurée à partir des données d'état civil. Dans un certain nombre de cas, des enquêtes démographiques utilisant des techniques variables (enquêtes rétrospectives sur les 12 mois précédent l'interview,
enquêtes à passages répétés, enquêtes rétrospectives sur la vie génésique des femmes, double collecte, etc..) ont fourni une estimation du taux de mortalité infantile. Mais leur qualité reste souvent problématique et elles sont toutes beaucoup trop « ponctuelles », dans le temps, pour rendre
compte de l'évolution. Dans d'autres cas, des évaluations ont été faites à partir de recensements ou de données incomplètes d'état civil, ainsi que de « modèles » de mortalité. Cependant, la notion même de modèles de
<D Voir note 2 du tableau 1. [Voir Population, 197 '4, n° 6, NDLR]. (2) Encore faut-il souligner que le critère de complétude utilisé par les Nations Unies n'est pas sévère la couverture est dite « complète » lorsque les services statistiques nationaux l'estiment égale ou supérieure à 90 % (Annuaire démographique, Nations Unies, New York, 1973). ÉVOLUTION DEPUIS 1950 803
LM-. щ ^ »-,"*, :
804 LA MORTALITÉ INFANTILE
mortalité appelle des réserves, car c'est justement les pays pour lesquels on n'a aucune donnée, qui ne sont jamais pris en compte dans la cons
truction des modèles, et l'on a pu constater à plusieurs reprises que la structure de la mortalité de pays à statistiques défaillantes (notamment en Afrique du Nord ou en Afrique Noire), ne correspond à aucun modèle connu. Dans bien des cas, on doit donc se contenter d'approximations,
d'autant plus grossières que la mortalité infantile est très sensible aux erreurs d'observation plus que tous autres événements, ce sont en effet les décès en bas âge qui échappent aux enquêteurs.
En résumé, les taux de mortalité infantile retenus ici proviennent,
en priorité, de l'état civil lorsqu'il est complet, à défaut, d'enquêtes démographiques lorsque les résultats en paraissent sûrs, à défaut encore, d'estimations dues aux auteurs connaissant bien la région. Dans les cas extrêmes, où aucune autre source ne paraissait digne de foi, nous nous
sommes fondés sur les estimations de l'espérance de vie, utilisées par les Nations Unies (1), et sur les modèles de mortalité de Princeton (2) pour
approximer la mortalité infantile.
II. — LA MORTALITÉ INFANTILE AU DÉBUT DES ANNÉES 1970
Excellent indicateur du développement économique et social, la
mortalité infantile, est, à l'image de ce dernier, très variable d'un pays à l'autre. Elle est aussi très différente d'une catégorie socio-économique à
A. Distribution géographique. Estimer la mortalité infantile à 80 ou 90 p. 1 000 pour l'ensemble de l'humanité n'a, pratiquement, aucun sens du fait même de la diversité des
situations. Il faut descendre au moins au niveau des continents et des régions, parfois des pays, pour donner un aperçu à peu près significatif de la réalité.
1) 1J L'Afrique. í-ř SljrilfUC-.
L'Afrique est le continent le plus mal connu de ce point de vue. On ne peut évidemment pas généraliser à partir des observations faites dans les rares pays ou territoires où l'enregistrement est « complet »
d) Nations Unies. — World Population prospects 1970-2000, as assessed in 1973. _ New York 1975. ESA/P/WP. 53. [Voir Population 1976, n° 3, pp. 563- 592. NDLR]. (2) Coale (A.J.) et Demeny (P.). — Regional Model Life Tables and Stable Populations. — Princeton University Press, Princeton, 1966. :
:
ÉVOLUTION DEPUIS 1950 805
(tableau 2) et encore moins à partir des catégories particulières de population pour lesquelles l'état civil fonctionne bien. Les populations « blanches » d'Afrique du sud et de Rhodesie, ont un taux de mortalité infant
ile comparable à ceux des pays européens.
Tableau 2. — Afrique. Taux de mortalité infantile 1970-1972 tiré d'enregistrements « complets » À l'état civil
taux taux Catégories taux Villes Pays (ou territoires) p. 1000 p. 1000 particulières p. 1000
Pop. "blanche" 21** d'Afrique du Sud Dakar 68 Ile du Cap vert 106 Pop. "Européenne" (Sénégal) 20 de Rhodesie. Pop. "Asiatique" Bathurst 74* Пе Maurice 57 d'Afrique du Sud 36** (Gambie) Pop. "Asiatique" 36** Iles Rodrigues 75 de Rhodesie Pop. "de couleur" 127** SaoTomé et Principe 65 d'Afrique du Sud
* * * en 1970-71 en 1965-67
La plupart des données africaines à peu près consistantes, provien
nent d'enquêtes par sondage qui présentent le triple inconvénient d'être « ponctuelles », parfois déjà anciennes et de qualité très inégale (tableau 3). Rares sont les opérations portant sur les années postérieures à 1965 dont les résultats soient disponibles. Encore plus rares sont celles qui
fournissent des résultats peu discutables.
L'Afrique du Nord est certainement la région la moins mal connue. Les enquêtes à plusieurs passages, réalisées en Tunisie (1) et en Algérie (2),
qui donnent respectivement pour taux de mortalité infantile 135 p. 1 000 et 145 p. 1 000 vers 1970, fournissent une bonne image de la réalité. De plus, en Egypte, on estime que l'état civil couvre 70 % des décès de
'!' Institut National de la Statistique. — Enquête nationale démographique 1968-1969. — Etudes et enquêtes de VINS, série démographie n" 6, Tunis, juillet 1974, 3 volumes 1 - Synthèse, méthodes et résultats généraux, 60 p.; 2 - Structure de la population, 107 p.; 3 - Mouvement de la population, 60 p. Vallin (Jacques). — Mortalité et fécondité en Tunisie, résultats commentés n° 6, pp. 1160-1166. de l'enquête nationale démographique. — Population 1975, <2> Rép. Algérienne dém. et pop., Secrétariat d'Etat au Plan, Direction des statistiques. — Etude statistique nationale de la population. Série 1, méthodologie, 8 vol. Série 2, résultats, 10 vol. Alger et Oran, 1971 à 1976. Vallin (Jacques). — La mortalité en Algérie. — Population, 1975, n" 6, pp. 1023-1046. Tabutin (Dominique). — Mortalité infantile et juvénile en Algérie. — Travaux et Documents de l'INED, cahier n" 77 (à paraître). :
806 LA MORTALITE INFANTILE
Tableau 3. — Taux de mortalité infantile, obtenus à partir de différentes enquêtes africaines réalisées depuis 1950
Type* taux Pays Années p. 1000 d'enquête
Afrique de l'Est Burundi 1965 150 ER ER Madagascar 1966 102 Rhodesie du Sud (1) 1953-54 121 ER Tanzanie 1956 190 ER „ 1967 167 ER Zambie 1953-54 121 ER
Afrique Centrale Cameroun Nord Cameroun 1960 180 ER Adamaoua Sud Benoué 1961 100 ER Centre Est du Cameroun 1962 76 ER 1964-65 138 ER Cameroun Occidental Congo (2) 1960-61 180 ER Gabon 229 ER République Centrafricaine 1959-^0 190 ER Tchad 1963-64 165 ER 1951-52 148 ER Zaïre „ 1955-57 104 ER Afrique Méridionale Lesotho 1956-57 181 ER 1971-72 111 ER „ Afrique du Nord Algérie 1969-70 145 EPR 1962 149 ER Maroc „ 1972 133 PGE Tunisie 1968-69 135 EPR Soudan 1955-56 94 ER
Afrique de l'Ouest Bénin 1961 111 ER 1960-61 156 ER Ghana Guinée 1955-56 216 ER Libéria 1970-71 148 EPR Mali 1960-61 123 ER Delta Central Nigérien 1957 288 ER ER Mauritanie (3) 1964-65 188 Moyenne vallée du Sénégal(4) 1957 173 ER Niger 1959-60 200 ER Sénégal 1960-61 93 ER „ 1970 Togo (5) 1957 193 ER „ 1961 127 ER 1960-61 182 ER Haute Volta
(1) Population africaine (2) Non compris Brazzaville ni Pointe Noire (3) Enquête portant sur 91 % de la population (4) également sur une partie du Sénégal (5) Pays Kabré uniquement * ER — enquête rétrospective (sur les 12 derniers mois précédent l'interview) EPR = à passages répétés "dépendants". PGE = "double collecte" type "Population growth Estimation"
Sources ONU, OMS, Bureaux statistiques nationaux. •
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moins d'un an et la totalité des naissances (1). Sur cette base, le taux moyen pour 1969-1971 serait égal à 161 p. 1 000. Le cas du Maroc, pour lequel l'enquête (rétrospective) de 1962 donnait 149 p. 1 000 et
l'expérience de double collecte de 1972, 133 p. 1 000, est un peu moins sûr. Mais tout donne à penser qu'il doit être peu différent de celui de l'Algérie. Restent le Soudan, pour lequel l'enquête censitaire de 1955- 1956 sous-estimait très largement la réalité (94 p. 1 000 (2) alors que
d'après P. Demeny, le taux se situait peut-être à 246 p. 1 000), et la Libye pour laquelle aucune donnée fiable n'existe. Le taux de mortalité infantile se situe donc probablement pour l'Afrique du Nord entre 135 et 160 p. 1 000 au début des années 1970, le Soudan (3), faisant sans
doute exception avec une mortalité plus élevée. La moyenne, pondérée par les naissances, pourrait ainsi s'établir à environ 150 p. 1 000 pour l'ensemble de la région.
Les résultats obtenus par voie d'enquêtes, dans les autres régions de
ce continent sont beaucoup plus hétéroclites. Variant en gros dans chaque cas de 100 p. 1 000 à 200 p. 1 000, ils ne laissent pas apparaître de
différences notables entre régions, leur seule caractéristique commune étant de sous-estimer très fortement la réalité, à quelques exceptions près. Deux séries de constatations permettent de l'affirmer. D'une part, William Brass, appliquant la méthode qui porte son nom, aux résultats
d'une dizaine d'enquêtes africaines (4), obtient des taux systématiquement plus élevés (tableau 4). Aucune estimation « nationale » n'est inférieure à 200 p. 1 000. D'autre part, tout comme les enquêtes nationales réalisées en Afrique du Nord, diverses enquêtes à passages répétés portant, en
Afrique Noire, sur de petites zones, donnent des taux de mortalité infantile très supérieurs à ceux tirés d'observations rétrospectives (tableau 5).
L'application de modèles aux recensements aboutit à la même conclusion. Ainsi K. Tekse situe entre 210 et 242 p. 1 000, le taux de mortalité infantile du Sierra Leone en 1963 (5), il en va de même des
estimations de H. Page pour un bon nombre de pays africains (61.
(!) Annuaire Démographique. — Nations Unies, New York, 1973. (2) Demeny (Paul). «The demography of the Sudan. An analyse of the 1955-1956 Census » in The Demography of tropical Africa, Princeton university
Press, (3) Princeton L'estimation 1968, officielle pp. 466-514. situe le taux entre 135 et 145 p. 1 000 (The Democratic Republic of Sudan. — National Health programme 1977/1978- 1983/1984, Khartoum, 1975). Elle nous paraît un peu faible. <4> Brass (William). «The demography of French speaking territories», in the Demography of tropical Africa, Princeton university Press, Princeton, 1968; pp. 324-439. (5' Tekse (K.). «Données estimatives sur la démographie en Sierra Leone». Cahiers Techniques Afro ri° 9, Bureau régional pour l'Afrique (AFRO), OMS, Brazzaville, 1975, pp. 7-46. (6) Page (H.). « Infant and Child Mortality ». in Population in African development, Ordina Editions, Dolhain, Belgique, 1975, pp. 85-100. :
:
808 LA MORTALITE INFANTILE
Tableau 4 — Taux de mortalité infantile observés par diverses enquêtes africaines et taux estimés par w. brass à partir de ces enquêtes
Taux estimé Taux observé par W. Brass Enquêtes p. 1 000 p. 1 000
Haulte Volta ensemble 179 263 (292) (Mossi) (195) (Ouest) (161) (238)
Dahomey ensemble 105 206 (173) (Nord) ( 93) (Sud) (110) (221)
Guinée ensemble 213 223 (212) (227) (pop.côtière) (Fouta Djalon) (207) (199) (Haute Guinée) (177) (203) (Foret) (253) (254)
Cameroun (Benoué Nord) (223) (182)
Tableau 5. — Taux de mortalité infantile obtenus par observation « rétrospective » et par « passages répétés » dans quelques enquêtes africaines
Observation Passages Enquêtes rétrospective répétés
Micro-enquêtes en Afrique noire Foulbé (Nord Cameroun) Í1) 43 (1965) 73 (1966-1968) Dourou (Nord Cameroun) (*) 120 (1965) 205 (1966-1968)
Siné (Sénégal) 1965 (2) 165 238 Thiénaba (Sénégal) 1966-67 (2) 135 247 Enquêtes "Nationales"
Algérie (3) 112 (1969) 145 (1970) Tunisie (4) 116 (1968) 135 (1969)
(1) André Podlewski. - Un essai d'observation permanente des faits d'état civil dans l'Adamaona. - Travaux et documents de l'ORSTOM n° 5 - ORSTOM Paris 1970.150 p.
(2) Pierre Cantrelle. - Niveaux, types et tendances de la mortalité. - in Croissance démographique et évolution socio-économique en Afrique de l'Ouest. The Population Council, New-York, 1973, pp. 137-165.
(3) Jacques Vallin. - La mortalité en Algérie. - Population 1975 n° 6, p. 1023-
1046.
(4) Pour l'observation rétrospective Vallin (J.) — L'enquête nationale démographique tunisienne —Population ne spécial le Maghreb, 1971, p. 205-244 et pour l'observation suivie Vallin (J.). - Mortalité et fécondité en Tunisie. - Population n° 6, pp. 1160-1166. 1975

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