La perception du mouvement en profondeur chez le nourrisson - article ; n°2 ; vol.76, pg 383-399

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L'année psychologique - Année 1976 - Volume 76 - Numéro 2 - Pages 383-399
Résumé
Ce travail concerne l'utilisation par le nourrisson de l'information fournie par la transformation d'une texture sur le mouvement en profondeur. 33 nourrissons âgés de 22 à 48 jours ont regardé un film durant lequel les éléments (disques ronds) d'une configuration et les distances interéléments subissent alternativement des expansions et des contractions. Durant les essais d'expansion un stimulus de 800 éléments a déclenché davantage de mouvements de tête dans le sens opposé à l'écran de projection que les stimulus n'ayant qu'un ou trois éléments. Il n'y a pas eu de différence d'efficacité des trois stimulus dans les essais de contraction. Ainsi le jeune nourrisson tient compte de l'information sur le mouvement en profondeur fournie par l'expansion des espaces entre les éléments ou le déplacement de ceux-ci vers la périphérie du champ visuel. Ces résultats s'accordent avec la théorie de Gibson (1966) sur la nature du stimulus évoquant une perception du mouvement en profondeur.
Summary
A looming paradigm was used to determine what depth information infants process in addition to that provided by the expansion of a single, closed contour of an object. A total of 33 infants aged 22 to 48 days watched a film in which the circular elements and inter-element spaces of the projected image alternately expanded and contracted. A display containing 800 black disks elicited significantly more head responses directed away from the screen than displays having either one or three disks of the same size. The differences were only found in the expansion trials. Infants thus processed depth information provided by the expanding spaces between elements or movement of the elements toward the peripheral visual field. The results were in agreement with Gibson's (1966) description of the adequate stimulus for perceived movement in depth.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
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W. A. Ball
Eliane Vurpillot
La perception du mouvement en profondeur chez le nourrisson
In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°2. pp. 383-399.
Résumé
Ce travail concerne l'utilisation par le nourrisson de l'information fournie par la transformation d'une texture sur le mouvement en
profondeur. 33 nourrissons âgés de 22 à 48 jours ont regardé un film durant lequel les éléments (disques ronds) d'une
configuration et les distances interéléments subissent alternativement des expansions et des contractions. Durant les essais
d'expansion un stimulus de 800 éléments a déclenché davantage de mouvements de tête dans le sens opposé à l'écran de
projection que les n'ayant qu'un ou trois éléments. Il n'y a pas eu de différence d'efficacité des trois stimulus dans les
essais de contraction. Ainsi le jeune nourrisson tient compte de l'information sur le mouvement en profondeur fournie par
l'expansion des espaces entre les éléments ou le déplacement de ceux-ci vers la périphérie du champ visuel. Ces résultats
s'accordent avec la théorie de Gibson (1966) sur la nature du stimulus évoquant une perception du mouvement en profondeur.
Abstract
Summary
A looming paradigm was used to determine what depth information infants process in addition to that provided by the expansion
of a single, closed contour of an object. A total of 33 infants aged 22 to 48 days watched a film in which the circular elements and
inter-element spaces of the projected image alternately expanded and contracted. A display containing 800 black disks elicited
significantly more head responses directed away from the screen than displays having either one or three disks of the same size.
The differences were only found in the expansion trials. Infants thus processed depth information provided by the expanding
spaces between elements or movement of the elements toward the peripheral visual field. The results were in agreement with
Gibson's (1966) description of the adequate stimulus for perceived movement in depth.
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Ball W. A., Vurpillot Eliane. La perception du mouvement en profondeur chez le nourrisson. In: L'année psychologique. 1976
vol. 76, n°2. pp. 383-399.
doi : 10.3406/psy.1976.28151
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1976_num_76_2_28151Psijchol. Année
1976, 76, 383-400
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparées-
associé au C.N.R.S.
Université René-Descartes et E.P.H.E., 3e section
LA PERCEPTION
DU MOUVEMENT EN PROFONDEUR
CHEZ LE NOURRISSON2
par William A. Ball et Eliane Vurpillot
SUMMARY
A looming paradigm was used to determine what depth information
infants process in addition to that prodded by the expansion of a single,
closed contour of an object. A total of 33 infants aged 22 to 48 days watched
a film in which the circular elements and inter-element spaces of the projected
image alternately expanded and contracted. A display containing 800 black
disks elicited significantly more head responses directed away from the
screen than displays having either one or three disks of the same size.
The differences were only found in the expansion trials. Infants thus
processed depth information provided by the expanding spaces between
elements or movement of the elements toward the peripheral visual field.
The results were in agreement with Gibson's (1966) description of the
adequate stimulus for perceived movement in depth.
On a, depuis quelque temps, de bonnes raisons de penser
que le petit bébé perçoit très précocement le mouvement en
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
2. Ce travail a été possible grâce au Pr Fraisse, qui a accueilli William
Bail dans le Laboratoire de Psychologie expérimentale, et à l'active coll
aboration de Marie-Germaine Pêcheux, Pierre Taranne et Josette Ruel, que
nous tenons à remercier vivement. Rachel Tuilier Bail a aidé à la préparation
de ce manuscrit. Des bourses offertes à William par la National Science
Foundation et le United States Public Health Service (012898) ont permis
de mener à bien ce travail. MÉMOIRES ORIGINAUX 384
profondeur d'un objet, longtemps avant de se déplacer ou de
manipuler des objets systématiquement. Des travaux récents
ont mis en doute l'hypothèse d'une origine tactilo-kinesthésique
de la capacité de voir un changement de distance entre l'obse
rvateur et l'observé (cf. Piaget, 1936 et 1937). Ainsi, Bower,
Broughton, et Moore (1970) constatent qu'un nourrisson de
6 jours réagit à l'approche d'un objet en reculant la tête et en
mettant les bras entre le visage et l'objet. Ces auteurs trouvent
qu'un stimulus purement visuel, l'expansion symétrique d'une
ombre sur un écran translucide, peut, lui aussi, déclencher la
réponse d'évitement. Par contre, un simple changement de
pression d'air sur le visage du bébé ne provoque pas la même
réaction, les sujets ne faisant que se tasser davantage dans leur
chaise. Bail et Tronick (1971) ont confirmé les observations de
Bower et collaborateurs (1970) tout en démontrant que la
réponse d'évitement est spécifique de la direction du mouvement
de l'objet. Ni un objet réel passant à côté du visage du sujet ni
l'équivalent visuel (l'expansion asymétrique d'une ombre) ne
déclenchent le mouvement de recul, le sujet se contentant de
suivre du regard l'objet ou l'ombre. Ce sont surtout les mouve
ments de tête qui diffèrent selon les deux types d'expansion
visuelle (symétrique et asymétrique) ; les mouvements de bras
sont moins spécifiques des conditions d'expansion centrées sur
le sujet. Il est également important de mentionner que l'éloi-
gnement de l'objet réel et son équivalent visuel, la contraction
d'une ombre, ne donnent pas lieu à la réponse d'évitement.
Donc la réaction paraît spécifique de l'approche d'un objet ou
de la situation visuelle correspondante. On peut dire avec
Gibson (1966), Hay (1966) et Johansson (1964) que l'expansion
(ou contraction) d'un contour fermé fournit au nourrisson une
information qui lui permet de voir le mouvement d'un objet en
profondeur et la direction du déplacement. Etant donné le
bas âge (6 jours) de certains sujets, il serait difficile d'expliquer
ces capacités visuelles en faisant appel à l'expérience tactilo-
kinesthésique.
Néanmoins, il est évident que le fait de limiter la situation
expérimentale à un seul type de stimulus — la transformation
d'une ombre isolée — limite en même temps une analyse de la
capacité du jeune nourrisson de percevoir le mouvement en
profondeur. L'information visuelle sur le mouvement en profon
deur ne se réduit pas à la seule transformation d'un stimulus W. A. BALL ET E. VURPILLOT 385
isolé. D'après Gibson (1958, 1966 et 1968), des transformations
visuelles telles que l'expansion des écarts entre les éléments
d'un stimulus pourraient donner une information supplément
aire sur le déplacement de l'observateur ou le mouvement d'une
surface à texture hétérogène. Par exemple, quand un obser
vateur se déplace, le rapport entre les éléments du champ visuel
subit une transformation : l'angle visuel de la distance entre
deux éléments augmente en même temps que les angles visuels
sous-tendus par les éléments eux-mêmes. Braunstein (1966)
trouve qu'un sujet adulte perçoit un changement de distance
entre lui et un pattern de disques si le pattern subit, sans plus,
une expansion ou une contraction. Comme il s'agit d'un film,
la distance réelle entre l'observateur et le pattern reste constante ;
l'expansion et la contraction des espaces entre les éléments du
champ entraînent la perception de l'approche ou de l'éloigne-
ment d'une surface. Marmolin (1973 a, 1973 b) et Börjesson
et von Hofsten (1972, 1973) ont confirmé les observations de
Braunstein, tout en démontrant que l'expansion des éléments
discontinus doit avoir lieu selon deux dimensions à la fois
pour que le mouvement en profondeur soit perçu. Le simple
écartement de deux éléments donne rarement lieu à la per
ception du en profondeur.
Dans une étude sur diverses espèces animales, Schiff (1965)
trouve également que plusieurs d'entre elles utilisent l'info
rmation fournie par un pattern discontinu en expansion. Ainsi,
des grenouilles, des poussins et des crabes s'éloignent d'un
écran sur lequel a lieu l'expansion de neuf cercles foncés. Il
semble que ce soit le pattern qui déclenche les réponses puisque
l'expansion d'un élément individuel n'atteint que 20° d'angle
visuel, valeur inférieure au seuil nécessaire à l'apparition systé
matique de l'évitement (25° à 35°). Donc, la capacité d'utiliser
l'information invariante fournie par l'expansion d'un stimulus
discontinu est commune à plusieurs espèces, y compris l'homme.
Les sujets adultes de Braunstein (1966) et les animaux de
Schiff (1965) réagissent à une expansion purement visuelle
comme si la distance entre eux et une surface se réduisait.
Il est important de noter que Schiff trouve aussi que des
poussins élevés dans le noir réagissent de la même façon que
ceux qui ont eu davantage d'expérience visuelle. L'usage d'une
information qui correspond à l'approche d'une surface semble
inné, du moins chez les espèces animales étudiées, et pourrait
A. PSYCHOL. 76 2 MÉMOIRES ORIGINAUX 386
correspondre à une sorte de réflexe de défense. Mais rien ne
suggère à l'heure actuelle que le bébé humain soit lui aussi
capable de répondre à l'information fournie par l'expansion
simultanée de plusieurs éléments du champ visuel. Le but de
notre recherche est de démontrer que cette capacité existe chez
le nourrisson de moins de 2 mois. Un résultat positif appuierait
l'hypothèse de l'innéité de la perception du mouvement en
profondeur chez l'homme.
Si l'expansion de plusieurs éléments du champ visuel corre
spondait pour le nourrisson à une réduction de profondeur, une
telle transformation d'un pattern en deux dimensions formé
de petits points noirs pourrait déclencher la réponse d'évitement,
c'est-à-dire un mouvement de recul. Nous faisons l'hypothèse
générale que la stimulation purement visuelle causée par un
pattern en expansion peut, dans des conditions bien choisies,
donner lieu à des réponses d'évitement qui ne sont pas dues
uniquement à l'expansion d'un seul élément du stimulus. Plus
précisément, d'un pattern de 800 points doit déclen
cher davantage de réponses d'évitement que l'expansion d'un
élément isolé. Cependant, l'efficacité de la condition comportant
un ensemble de 800 points pourrait être due à la seule transfo
rmation d'un petit sous-ensemble de ses éléments. Une condition
n'utilisant que la transformation de trois points fournira une
première indication à ce propos, mais nous ne faisons aucune
hypothèse précise quant à son efficacité comparée à celle des
conditions à 800 points ou d'un élément isolé. Ajoutons que,
si la réponse d'évitement est spécifique de l'expansion, on doit
s'attendre à l'observer rarement en condition de contraction.
MÉTHODE
POPULATION
Les 33 nourrissons1 âgés de 22 à 48 jours ont été répartis en trois
groupes, chaque groupe correspondant à un ordre particulier des trois
conditions expérimentales. L'âge moyen du groupe I, du groupe II,
et du groupe III est respectivement 33,2, 34, 2, et 35,8 j. Il y a 18 garçons
et 15 filles.
1. Je tiens à remercier Mme la Directrice et le personnel du Centre
Enfance et Famille de la rue Clavel, Paris, qui nous ont autorisés à tra
vailler parmi eux. W. A. BALL ET E. VURPILLOT 387
MATÉRIEL ET STIMULUS
L'espace expérimental est situé dans une petite salle de 2,4 m x 2,4 m
donnant sur la salle d'attente d'une clinique pédiatrique. Un écran
translucide (1,6 mxl,6 m) divise l'espace en deux parties : d'un côté
est placé un projecteur 16 mm et du côté opposé au projecteur se trouve
une chaise spécialement conçue pour les nourrissons. Un magnétoscope
derrière le sujet et la caméra de télévision, située à 50 cm sur la droite
du sujet, permettent l'enregistrement intégral des réponses durant toute
une séance expérimentale. Une lampe de 200 W dirigée vers le mur
arrière fournit un niveau de luminosité tel que le bon fonctionnement
du magnétoscope est assuré sans compromettre la netteté des images
sur l'écran. Une petite ampoule de 12 V sur le côté droit de la chaise
(invisible pour le sujet) sert à signaler le commencement et la fin d'une
transformation du stimulus. Un moniteur de télévision permet à la
mère de suivre les réactions de son bébé.
Les conditions expérimentales ont été filmées en utilisant du film
Kodak 4 x (400 ASA) à 24 images par seconde. Un « zoom » entraîné
par un moteur, lui-même réglé par commande électronique, a produit
des expansions et des contractions dans les images des trois conditions
suivantes : 1) 800 points collés sur un fond blanc de façon à ce que la
densité soit homogène ; 2) 3 points disposés en forme de triangle orienté
vers le bas ; et 3) 1 point isolé au centre de l'image. Chaque point appar
aît comme un disque noir ayant 0,9 cm de diamètre une fois projeté
sur l'écran. La distance interéléments est au moins égale au diamètre
d'un élément.
Le film commence par 10 s de bande d'amorce. Viennent ensuite 15 s
du premier stimulus durant lesquelles celui-ci ne subit aucune trans
formation. Ensuite il y a une expansion de tous les éléments du champ
visuel et, éventuellement, des espaces entre les points, de sorte que la
taille d'un élément passe de 0,9 cm à 4,5 cm sur l'écran (à une distance
de 25 à 30 cm de l'écran, l'angle visuel d'un disque devant le sujet
passe d'entre 1,8° — 2,06° à 9,0° — 10,30°). L'ensemble des trois points
est vu sous un angle visuel qui passe de 8,0° — 8,52° à 39,0° — 40,6°.
Au bout de 10 s sans transformation, il y a une contraction des éléments
du stimulus pendant 6 s (l'inverse exact de l'expansion). Après 10 s
sans transformation, une nouvelle expansion commence. A la fin
de 3 cycles « expansion-contraction » du même stimulus, le champ
vide mais éclairé est présenté pendant 10 s. Puis un nouveau stimulus
est projeté pendant 3 cycles d'expansion-contraction. Encore 10 s
séparent le deuxième du troisième stimulus, qui subit à son tour 3 expans
ions et 3 contractions. Avant la première expansion d'un stimulus
donné, celui-ci apparaît pendant 15 s sans transformation afin d'assurer
une bonne orientation du sujet vers les nouveaux éléments du champ.
Le champ projeté garde toujours les mêmes dimensions de 388 MÉMOIRES ORIGINAUX
75 cm x 51 cm (environ 113° sur 90°). De ce fait, après l'expansion de
la condition 800 Points, il ne reste que 37 éléments dans le champ
visuel. Dans les cas des conditions 3 Points ou 1 Point, le nombre
d'éléments visibles reste constant.
Il est important d'ajouter qu'avant une expansion ou une contrac
tion un expérimentateur suspend un objet de sorte que son ombre en
forme de V à l'envers (7° d'angle visuel) soit projetée sur l'écran. Le
mouvement de l'ombre sert à maintenir la bonne orientation du sujet
vers le centre de stimulus entre les transformations.
PLAN EXPÉRIMENTAL ET PASSATION
Chaque sujet voit chaque stimulus dans un ordre déterminé par un
carré latin. Il y a ainsi 3 groupes de 11 sujets : 1) Groupe I : 800 Points,
3 Points, 1 Point; 2) Groupe II : 1 Point, 800 Points, 3 Points; et
3) Groupe III : 3 Points, 1 Point, 800 Points.
La mère amène le sujet dans la salle et l'assied dans la chaise à
une distance de 25 à 30 cm de l'écran. Le sujet est attaché par une
ceinture autour des cuisses et il est soutenu par un coussin placé entre
la partie inférieure du dos et la chaise. Un expérimentateur, qui maint
ient l'enfant dans la bonne position, met le magnétoscope en marche.
Une fois que le sujet est orienté vers l'écran, l'autre expérimentateur
commence la projection du film. La tête du bébé est soutenue durant
les 3 mm 19 s du film afin d'empêcher de grands déplacements à droite
ou à gauche. Néanmoins les bras et la tête peuvent se déplacer librement,
le rôle de l'expérimentateur consistant à préserver une bonne orien
tation du sujet par rapport à un stimulus au commencement d'une
transformation.
RÉSULTATS
Nous avons défini deux types de réponses : 1) les mouvements
de tête qui consistent à reculer la tête dans le sens opposé à
l'écran par rapport à un point de départ arbitraire et 2) les
mouvements de bras qui consistent à lever un ou deux bras
vers le haut de sorte que les mains s'arrêtent à peu près au
niveau du visage. Chaque réponse ou combinaison de mouve
ments associés de la tête et des bras est considérée présente ou
absente durant chacune des 3 expansions ou 3 contractions d'un
stimulus. Par exemple, un sujet peut avoir fait au maximum
3 mouvements de tête, 3 mouvements de bras et 3 mouvements
de tête et de bras ensemble dans les 3 expansions du stimulus
1 Point. Les résultats des essais d'expansion et de contraction
considérés séparément ont été traités par analyse de variance W. A. BALL ET E. VURPILLOT 389
(Winer, 1971) et test de Scheffé (Hays, 1963). Les comparaisons
entre les essais d'expansion et ceux de contraction ont été
effectuées en utilisant un test de signe.
1) Essais d'expansion
Les trois groupes de sujets ne sont pas différents du point
de vue des mouvements de tête (F (2 — 30) = 0,39), des mouve
ments de bras (F (2 — 30) = 3,14 ; non significatif au seuil
de a = 0,05), ou des mouvements associés de la tête et des
bras (F (2 — 30) = 0,38). Il paraît donc légitime de regrouper
les résultats tirés des trois groupes indépendants pour comparer
l'efficacité des trois conditions expérimentales.
On constate d'abord (tableau I) qu'il y a un effet significatif
du nombre d'éléments sur la fréquence des mouvements associés
de la tête et des bras (F (2 — 60) = 12,58 ; significatif au seuil
de a = 0,01). L'analyse de Scheffé montre en effet que la condi
tion 800 Points donne lieu à davantage de réponses (signi
ficatif au seuil de a = 0,05) que les deux autres conditions
(3 Points et 1 Point), tandis que celles-ci sont d'une efficacité
égale (différence non significative au seuil de a = 0,05). On
notera également que l'ordre de présentation des stimulus n'a
pas d'effet significatif (F (2 — 60) = 0,43), de même que l'inter
action de l'ordre et de la condition expérimentale (F (2 — 60)
= 0,40).
Tableau I
Mouvements associés de la tête et des bras
en fonction de l'ordre de présentation des stimulus
et de leur état d'expansion
Rang
Expansion Contraction
Stimulus 1 2 3 1 2 3
15 18 2 800 Points 18 3 7
3 7 10 18 3 2 3
1 Point 8 7 6 0 4 r>
Dans chaque case figure le nombre de mouvements associés de la tête
et des bras en prenant le total des 3 essais d'un même stimulus à un rang
donné. Puisque chaque groupe de sujets voit 3 essais d'un stimulus à un
rang particulier, le total d'une case ne représente que les résultats d'un
groupe. Le nombre maximum de réponses à un rang particulier est de 33
(3 essais/sujet x 11 sujets = 33 essais ou réponses possibles). MÉMOIRES ORIGINAUX 390
Tableau II
Mouvements de bras
en fonction de l'ordre de présentation des stimulus
et de leur état d'expansion
Rang
Expansion Contraction
Stimulus 1 2 3 1 2 3
11 800 Points 15 19 22 10 15
3 20 12 16 9 11 15
11 19 1 Point 16 20 7 10
Dans chaque case figure le nombre de mouvements de bras en prenant le
total des 3 essais d'un même stimulus à un rang donné. Puisque chaque
groupe de sujets voit 3 essais d'un stimulus à un rang particulier, le total
d'une case ne représente que les résultats d'un groupe. Le nombre maximum
de réponses à un rang particulier par case est de 33.
Tableau III
Mouvements de tête
en fonction de l'ordre de présentation des stimulus
et de leur état d'expansion
Rang
Expansion Contraction
Stimulus 1 2 3 1 2 2
24 800 Points 23 23 2 5 7
3 12 11 16 4 2 4
12 0 R 1 Point 10 9 5
Dans chaque case figure le nombre de mouvements de tête en prenant le
total des 3 essais d'un même stimulus à un rang donné. Puisque chaque
groupe de sujets voit 3 essais d'un à un particulier, le total d'une
case ne représente que les résultats d'un groupe. Le nombre maximum de
réponses à un rang particulier par case est de 33.
Bien que cet ensemble de résultats confirme notre hypothèse,
la réponse complexe de tête et de bras décrite par Bower et
collaborateurs (1970) n'est peut-être pas le meilleur indice des
différences d'efficacité des conditions expérimentales. La fr
équence des mouvements de bras (tableau II) ne diffère pas
statistiquement dans les trois conditions (F (2 — 60) = 0,99). W. A. BALL ET E. VURPILLOT 391
Par contre, les mouvements de tête reproduisent exactement le
pattern de résultats obtenus en utilisant l'indice du mouvement
de tête et de bras considérés comme une seule réponse (tableau III).
Ainsi, l'effet global des conditions expérimentales est significatif
(F (2 — 60) = 30, 35 ; significatif au seuil de a = 0,01). L'analyse
de Schefïé montre que l'efficacité de la condition 800 Points
est supérieure à celle des deux autres (significatif au seuil de
a = 0,05), qui ne diffèrent pas (différence non significative au
seuil de a = 0,05). Donc, il est plausible de conclure que c'est
aux mouvements de tête qu'il faut attribuer les effets signifi
catifs obtenus avec la mesure complexe des mouvements associés
de la tête et des bras. Ce qui distingue les conditions ce sont
surtout les mouvements de tête dirigés dans le sens opposé à
l'écran. On notera encore que ni l'ordre des conditions ni l'interac
tion ordre x condition n'a d'effet significatif sur les mouvements
de tête ou de bras considérés séparément (Fs (2 — 60) < 1,0).
2) Essais de contraction
En ne tenant compte que des essais de contraction, les trois
groupes de sujets ne sont pas différents du point de vue des
mouvements de tête et de bras ensemble (F (2 — 30) = 2,17 ;
non significatif au seuil de a = 0,05), des mouvements de tête
seuls (F (2- — -30) — 1,51 ; non significatif au seuil de a = 0,05),
ou des mouvements de bras seuls (F (2 — 30) = 0,80). Ces
résultats reproduisent ceux des essais d'expansion où les diffé
rences entre les groupes ne sont pas significatives.
Mais, fait capital, il n'y a plus d'effet significatif des trois
conditions expérimentales durant les essais de contraction
(tableaux I, II, et III). Quelle que soit la réponse utilisée (tête
et bras ensemble, tête, ou bras), il n'existe pas de différence
d'efficacité entre les conditions 800 Points, 3 Points et 1 Point
(Fs (2- — 60) < 1,0). Donc, les effets différentiels des trois
conditions sont spécifiques des essais d'expansion. Plus préci
sément, la fréquence relativement élevée des mouvements de
tête dans la condition 800 Points ne se retrouve pas quand il
s'agit des essais de contraction.
Par contre, bien qu'il n'y ait pas d'effet d'ordre de présen
tation des stimulus dans les essais d'expansion, en contraction
les réponses ont lieu de plus en plus fréquemment au cours de la
séance. Ainsi, les mouvements de bras sont plus fréquents au

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