La personnalité. Tempérament et caractère. Volonté. - compte-rendu ; n°1 ; vol.45, pg 633-653

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L'année psychologique - Année 1944 - Volume 45 - Numéro 1 - Pages 633-653
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1944
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1° La personnalité. Tempérament et caractère. Volonté.
In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 633-653.
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1° La personnalité. Tempérament et caractère. Volonté. In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 633-653.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1944_num_45_1_8249LES SYNTHÈSE?. LA PERSONNALITÉ 633
XIII. — Les synthèses supérieures et les classements hiérarchiques
1° La personnalité. Tempérament et caractère. Volonté
1353. — EMMANUEL MOUNIER. — Traité du caractère. — In-16
de 796 pages. Paris, Éditions du Seuil, 1946.
Ce gros livre est "tout à la fois un ouvrage de psychologie et de
philosophie. Pour Mounier, philosophe personnaliste le caractère
n'est pas seulement une donnée mais une création de la personnalité.
Cette vue commande le plan de son ouvrage. Il détermine dans les
premiers chapitres ce que le caractère doit à la constitution organique
et au milieu mais en considérant ce drame comme une « provocation
de l'ambiance » marquant bien par là qu'il n'accepte pas un strict
déterminisme de ces conditions. Ces conditions cependant M. les
étudie à. la lumière des différentes classifications des tempéraments
et des caractères qui ont été proposées par les écoles et semble préférer
celle de Heymans.
Dans les chapitres suivants il étudie d'abord l'émotivité à laquelle
il attache une très grande importance comme racine du caractère,
puis l'accueil vital qui constitue le groupe des attitudes premières
devant la vie.
Il envisage ensuite le caractère dans son dynamisme et son expres
sion en face du réel (acceptation et refus) dans l'action, dans les
rapports avec autrui, dans l'intelligence et dans l'affirmation du moi.
Il termine enfin par un chapitre sur les rapports du caractère
avec la vie morale et spirituelle.
Cet ouvrage est riche d'une large culture psychologique et l'A.
n'appartenant à aucune école a exploité très intelligemment les apports
des -différentes caractérologies, de Freud et Jung, de Janet et Wallon.
Il insère les résultats acquis dans le cadre de sa réflexion, plus sou
cieux de rendre compte du mouvement de la vie que de classification.
Ce faisant, il pose indirectement de nombreux problèmes aux
psychologues dans leurs recherches sur la personnalité. P. F.
1354. — G. W. ALLPORT. — The ego in contemporary psychology
(Le moi dans la psychologie contemporaine). — Ps. Rev., L, 1943,
p. 451-478.
L'auteur estime que la psychologie doit donner à l'étude du moi
la place qui lui revient et cesser de s'en désintéresser plus ou moins
complètement comme cela a été depuis le début du siècle. Il indique
les conceptions les plus importantes du moi, variant avec les auteurs
et les points de vue, puis passe en revue les recherches expérimentales
où peut être décelée l'influence de la personnalité dans les résultats
(mémoire, intelligence, apprentissage, etc.). Ces recherches montrent
l'importance que peut prendre l'intérêt personnel qu'un sujet porte
à la tâche à accomplir. P. O.
1354 bis. — F. DE HOVRE. — De herontdekking van den persoon
in de hedendaagsche zielkunde (La « redécouverte » de la personne
dans la psychologie contemporaine). — VI. Opv. Tijd., XXV,
1944, p. 33-43.
L'A. caractérise brièvement la psychologie naturaliste et atomis- 634 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tique de la seconde moitié du xixe siècle, qui a amoncelé les faits,
mais entièrement méconnu la personnalité humaine. Une vive réac
tion s'est produite au xxe siècle avec Bergson, James, Me Dougall,
Freud, Stem, Dilthey, Spranger, Klages et beaucoup d'autres. Une
nouvelle psychologie s'est constituée, qui a proclamé l'unité et la
complexité de la personnalité humaine et a insisté sur les notions
de liberté, de spontanéité, de finalité, de continuité, etc. A une
psychologie impersonnelle et unilatérale, s'est substituée une psychol
ogie vivante et comprehensive, qui s'est rapprochée de la philo
sophie. ' R. P.
1355. — I. CHEIN. — The awareness of self and the structure of
the ego (La perception de soi et la structure du moi). — Ps. Rev.,
LI, 1944, p. 304-314.
Conformément à une vue de Köhler, la perception de soi est la
perception de ce qui se trouve entre le devant et le derrière, la droite
et la gauche. Le soi n'est cependant pas le corps qui est bien Y objet
de cette perception, car on distingue objet et contenu de perception
et le soi est le contenu de cette perception. Quant au moi, qui est
distinct du soi (car ce n'est pas la même chose de se savoir exister
et de se connaître comme égoïste ou autoritaire) c'est un système
structuré de désirs ou besoins. < P. O.
1356. — R. WALLEN. — Ego-involvement as a determinant of
selective forgetting (Influence du degré d'engagement de VE go
sur V oubli sélectif). — J. abn. Soc. Ps., XXXVII, 1, 1942,
p. 20-39.
On demanda aux sujets (111 étudiants d'Université) de se juger
eux-mêmes en marquant d'un signe négatif ou positif une liste
de 40 adjectifs. Ils furent ensuite « jugés » par une autre personne, et
cela d'une façon sciemment fausse ; puis ces jugements, faux exprès,
mais présentés comme vrais, leur furent lus, affectés d'un nombre
correspondant au n° de l'adjectif sur la liste. Quarante-huit heures
"après, on leur demanda de se souvenir de ces appréciations. Les
souvenirs sont altérés d'une manière qui tend à rendre ces apprécia
tions plus conformes à l'opinion que les sujets ont d'eux-mêmes. Ce
résultat n'est pas dû à ce que les différentes parties du test sont
conservées de façon inégale dans le mémoire, mais est un effet de
l'attitude du sujet envers lui-même. C N.
1357. — K. G. COLLIER. — The role'of projection in the genesis of
the SUper-egO (Le rôle de la projection dans la genèse du surmoi). —
Br. J. of Med. Ps., XX, 1944, p. 96-99.
La projection est définie comme le processus par lequel nous
attribuons aux objets perçus, des qualités qui peuvent ne pas leur
appartenir, mais qui leur sont attachées dans notre esprit par une
association intime. En particulier on attribue des buts simples ou
des idées à des personnes qui se trouvent dans une certaine situation
ou qui accomplissent certains gestes, et les enfants attribuent une
volonté à toutes les forces qui sont à l'origine d'un événement
extérieur. Les enfants attribuent aux autres des impulsions agres
sives bien plus intenses que celles dont ils ont pu éprouver les effets ; LES SYNTHÈSES. LA PERSONNALITÉ 635
ils sont très difficilement capables de discrimination objective. Si
on accepte le principe d' « association par .un intérêt commun », on
conclut que l'enfant voit ses parents à la lumière de sentiments très
marqués d'amour et de haine qu'il projette sur eux, bien plus que
selon leur attitude objective et plus l'enfant est instable, ses
sentiments sont extrêmes et plus les images parentales seront fort
ement différenciées dans son esprit en « être haïssant' » et « être
aimant » ; et ce sont ces images qui introjectées formeront un surmoi
particulièrement sévère. M. B.
1358. — H. B. LEWIS. — An experimental study of the role of the
Ego in the work. I. The role of the Ego in cooperative work
(Une étude expérimentale du rôle du moi dans le travail. I. Le rôle
du moi dans le travail de coopération). — J. of exp. Ps., XXXIV,
1944, p. 113-126.
. Les expériences de Zeigarnik ont montré que les tâches inte
rrompues persistent mieux dans la mémoire que les tâches achevées.
Les de Lewis comportent une coopératfon au début,
mais elles sont achevées par un seul individu — qui est tantôt le
sujet dont on explorera la mémoire, tantôt un collaborateur. Dans
ce deuxième cas le sujet ne se souvient pas mieux des tâches qu'il
n'a pas achevées (mais qui ont été achevées par son associé) que des
tâches qu'il a achevées lui-même. C'est que pour un sujet capable
d'une véritable collaboration, il est indifférent que la tâche soit
achevée par lui-même ou par un autre : l'essentiel est qu'elle soit
achevée. Son attitude n'est pas égocentrique, mais objective.
P. G.
1358 bis. — H. B. LEWIS et M. FRANKLIN. — The sâkiflcance
. of task orientation in work (La signification de l'orientation de
la tâche dans le travail). — J. of Ps. XXXIV, 1944, p. 195-215.
Dans l'expérience précédente, le résultat est différent suivant
que la tâche est présentée ou non comme un test des aptitudes du
sujet. L'orientation subjective favorise beaucoup moins les tâches
interrompues que l'orientation objective ; la tâche continuée par
un collaborateur paraît achevée ; il n'en est pas de même quand elle
est achevée par l'expérimentateur, à moins qu'elle ne soit achevée
en présence du sujet.
Il y a alors résolution partielle de la tension. P. G.
1359. —.H. W. WRIGHT. — Intellect and the development of
personality (L intellect et le développement de la personnalité). — *
Am. J. of Ps., LVII, 3, 1944, p. 371-388.
Les tendances « dynamiques » en psychologie amènent à négliger
ou même diminuer le rôle des fonctions intellectuelles au bénéfice
de l'Émotion et de la Volition. Les instincts sont présentés comme les
moteurs premiers de l'activité, au service desquels l'intelligence
n'est qu'un moyen, un instrument (Me Dougall par ex.). Or les
aspects intellectuels de l'activité humaine (recherche, appréhension,
cœiÉNMe, action, compréhension) jouent un rôle important dans le
développement, l'intégration et les réalisations de la personnalité.
Ces fonctions s'exercent sur 3 plans : P. « behavioral » (adaptation 636 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sensori-motrice), P. « social » (intercommunication individuelle,
compétition et coopération, institutions et produits culturels),
P. « cosmique » (connaissance scientifique et esthétique du monde).
P. J.
1360. — A. H. MASLOW. — Dynamics of personality organization
(La dynamique de l'organisation de la personnalité). — Ps. Rev.,
L, 1943, p. 514-557.
Pour réaliser une analyse de la personnalité qui ne soit ni statique,
ni atomiste, l'auteur propose de l'appuyer sur la notion de « syn
drome », étendue à la psychologie normale et dont il donne une
définition qui le rapproche des « Formes » de la Gestalt Theorie.
Il en expose les principaux caractères : interchangeabilité des él
éments, détermination circulaire, tendance à résister aux changements
et à se rétablir après un changement, etc., la plupart des exemples
étant d'ailleurs empruntés à la pathologie. P. O.
1361. — DOHCASTER G. HUMM. —Personality and Ajustement
(Personnalité et adaptation}'. — J. of Ps., JUII, 1942, p. 109-134.
L'auteur qui a publié en 1935 une échelle de tempérament
(The Humm-Wadsworth Temperament Scale, 1935, N° 2) nous
donne ici un exposé très schématique de son système. S'il commence
par admettre que les combinaisons des traits de caractère sont
infinies il souligne la nécessité d'une classification et il adopte la
méthode des psychiatres. C'est-à-dire qu'il partira des syndromes
classiques pour aborder l'étude de la personnalité. Les facteurs de la
personnalité sont le tempérament, l'intelligence, les aptitudes, les
goûts, l'équipement physiologique, l'influence du milieu. Pour le
tempéraAnt, facteur principal' de l'adaptation, on peut considérer
quatre croiposantes : hystéroïde, cycloïde, schizoide, épileptoïde.
Ces facteurs et ces composantes permettent d'établir, pour la personn
alité, une demi-douzaine de classes avec, bien entendu, des sous-
classes. On se félicite d'apprendre que ce schéma n'est qu'une
« hypersimplification » des idées de l'auteur. R. Z.
1362. — K. GOLDSTEIN et M. SCHEERER. — Abstract and
concrete behavior. An experimental study with special tests (Le
comportement abstrait et concret. Étude expérimentale à Vaide de
tests spéciaux). — Ps. Mon., LUI, 2, 1941, 150 pages.
Cet important exposé se situe dans le cadre de l'étude des chan-.
gements survenant dans le comportement en même temps que
certains troubles cérébraux, et plus particulièrement des changements
dus à la détérioration des mécanismes d'abstraction. Cette étude
des cas pathologiques amènera les auteurs à une théorie générale de
l'abstraction en tant que solidaire de la personnalité totale de
l'individu, théorie qui éclairera en retour les différentes observations
cliniques et examens psychologiques de cas extrêmement divers.
- Il n'existe pas deux aptitudes particulières, isolables, permettant
d'agir tour à tour dans le concret et dans l'abstrait ; mais dejax
attitudes constituant un mode défini de comportement, perm«|£pt
un certain nombre de réactions, de performances. Elles répondent
chacune à un niveau fonctionnel d'intégration, à différents niveaux LES SYNTHÈSES. LA PERSONNALITÉ 637
de capacité où la personnalité entière est en jeu. Cotte distinction
entre l'attitude abstraite et concrète ressort des faits d'expérience,
et les auteurs insistent sur le fait qu'ils la présentent actuellement
comme descriptive et non explicative. A la lumière de cette distinc
tion, ils présentent cependant une interprétation originale de la
psychologie de l'acte volontaire dans ses rapports avec l'abstraction.
Le comportement conscient et volontaire a pour condition
essentielle la possibilité d'adopter l'attitude abstraite : ne pas se
limiter au seul stimulus actuel, se détacher de l'impression sensorielle
donnée, prendre une chose particulière pour un exemple pour la
représentation d'une catégorie générale. A cette seule condition nous
ne sommes pas sous l'entière dépendance de nos sens et de la réalité
concrète.
Différents degrés sont possibles dans le comportement dans
le concret comme dans l'abstrait, et le sujet normal doit savoir
combiner ces deux 'attitudes, selon les besoins de la situation. La
pathologie désorganise cette relation entre le plan abstrait et le
plan concret, à un plus ou moins grand degré : les malades sont
plus ou moins réduits au niveau du concret. Dans les cas les plus
graves, ils ne peuvent accomplir que les performances pouvant être
de manière concrète.
La détérioration modifie non seulement la manière de se servir
et d'opérer avec le donné sensible, mais encore avec les idées, les
pensées. Ces pensées peuvent exister, mais ne peuvent devenir
effectives qu'appelées par une situation concrète. Il y a tout une
expérience « interne » à laquelle Je malade ne peut volontairement
faire appel.
L'étude des malades montre qu'il existe réellement une sorte
d'actes, ~ce\f.x qui correspondent à la volonté consciente, dont la
présence ou l'absence à la présence ou l'absence
de l'attitude abstraite, de la possibilité d'accéder au plan de l'abs
traction. C'est pourquoi une déficience affectant les mécanismes
d'abstraction entraînera un changement défini dans l'ensemble du
comportement, et de la personnalité.
L'abstraction n'est pas seulement une synthèse de fonctions
inférieures. Elle est un nouveau plan de l'action où apparaît un
style de comportement entièrement différent. La formulation verbale,
l'explication parlée du comportement n'est pas une caractéristique
obligatoire de l'abstraction. Il peut y avoir un cadre de référence
généralisé, la possibilité de dégager un concept d'une situation
expérimentale-, sans que ce conoept soit exprimé verbalement. Mais
la formulation verbale est cependant l'indice d'un niveau supérieur.
Afin de tester l'aptitude à adopter l'attitude abstraite, les auteurs
ont plus spécialement choisi des tests d'assortiments : Tests de
performance, excluant la conduite basée sur le langage, quoique
le langage puisse s'y surajouter. Les auteurs ne se contentent pas
de la méthode habituelle de score, d'après une échelle de difficultés
qui a été standardisée statistiquement. Pour connaître la nature
et le degré de la détérioration d'un malade, il faut pouvoir apprécier
l'ensemble de la conduite, saisir les raisons spécifiques des difficultés
qu'il rencontre, connaître qualitativement la difficulté que la tâche ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 638
demandée représente pour l'aptitude du malade. Après quoi on
pourra en déduire quantitativement un degré de détérioration.
Batterie de tests pour explorer le comportement d'abstraction :
1° Test des Cubes. — Méthode inspirée de Kohs, dont une dizaine
de dessins sont conservés. Mais les auteurs ont ajouté une série de
planches complémentaires apportant, en cas d'échec aux dessins
originaux, une série de plus en plus importante de repaires concrets :
agrandissement du dessin à la taille réelle des cubes, lignes de partage
du dessin montrant la place et l'orientation des cubes le composant.
Enfin modèles proposés avec les cubes mêmes.
Les auteurs exposent les différents échecs typiques, et analysent
les différentes sortes de dépendance au concret. L'apprentissage
montré au cours de l'épreuve, et grâce à l'aide concrète apportée,
sera le signe d'un moindre degré dé détérioration.
2° Test d'assortiment de couleurs. — Utilisation des échantillons
de laines de Holmgreen. Il s.'agit de déterminer si un sujet est capable
ou non d'assortir une variété de couleurs données selon des concepts
définis de couleurs. L'assortiment selon une catégorie de couleur
comprend l'inclusion de différentes nuances d'une couleur dans une
seule classe : abstraire l'élément commun à ces nuances particulières.
3° Test d'assortiment d'objets. — Le but est de déterminer si un
sujet est capable d'assortir une variété d'objets selon des concepts
généraux, et de changer volontairement de cadre de référence.
Abstractions possibles : l'usage, la situation, la couleur, la forme, le
matériau, et assortiment par paires. Long exposé de la méthode,
et analyse des divers comportements de malades.
4° Test d'assortiment couleur-forme. — II s'agit d'assortir une
variété donnée de figures selon les catégories de forme et de couleur.
Douze figures, quatre triangles, quatre cercles, quatre, carrés, de
couleurs différentes, bleu, vert, jaune, rouge ; à l'envers toutes les
figures sont blanches. Assortir ces figures peut se faire selon leur
forme'et selon leur couleur. La tâche demandée impose ce changement
d'attitude d'un principe d'ordre à un autre. Le sujet doit "volonta
irement changer son point de vue, et être capable d'expliquer verba
lement ce qu'il fait. Types de résultats de malades : structures plus
ou moins esthétiques, où l'aspect couleur domine de loin l'aspect
forme.
5° Test des bâtonnets. — II s'agit de reproduire des figures com
posées de bâtonnets. Le sujet est invité à dire ce que les lui
rappellent, afin de pouvoir contrôler s'il se réfère à l'expérience
concrète, ou bien s'il est capable de reproduire les directions dans
l'espace en tant que tel, dans l'espace abstrait, sans support d'une
signification. Les figures dépourvues de sens demandent l'attitude
abstraite. C'est pourquoi les figures géométriques les plus simples
soulèvent des difficultés insurmontables chez les malades. Symptômes
de façon de procéder anormalement concrète, et échecs typiques dus
à différents aspects de dépendance au concret. Mesure possible de degrés de déficience. N. G.
1363. — S. ROSENZWEIG. — Converging approaches to perso
nality : Murray, Allport, Lewin (Voies d'approches convergentes LES SYNTHÈSES. LA PERSONNALITÉ 639
vers la personnalité : Murray, Allport, Lew in). — Ps. Rev., LI,
1944,. p. 248-256.
L'étude de la personnalité a été marquée dans les dernières années
par les travaux de Murray (influencé par la psychanalyse), Allport et
Lewin (Gestalt). L'auteur considère ces diverses tentatives des points
de vue des buts des méthodes d'étude, et des idées directrices. Il
estime qu'elles se complètent et vont en convergeant P. O.
1364. — FLOYD H. ALLPORT et NORMAN FREDERICK-
SEN. — Personality as a pattern of teleonomie trends (La per^
sonnalité comme un système de tendances téléonomiques). — J. Soc.
Ps., XIII, 1941, p. 141-182.
La consistance du comportement d'un individu doit être consi
dérée non pas tant à partir des traits de personnalité qu'elle trahit,
que du point de vue du but du comportement, de ses tendances
téléonomiques. Cette méthode est en effet d'une efficacité de prédic
tion supérieure.
C'est ce que vérifie l'expérience organisée par les A. Dix-huit
sujets sont placés en présence d'un dilemme verbal : un navire
commercial doit-il ou ne doit-il pas se détourner de sa route pour
venir en aide à un autre navire en détresse, avec la possibilité, s'il le
fait, de voir qu'il a déjà été précédé et qu'il a subi des avaries, perdu
du temps et du charbon inutilement.
Les sujets doivent rédiger les solutions que cinq personnes bien
connues d'eux donneraient à ce dilemme. Ces personnes elles-mêmes
sont priées ensuite de rédiger leurs réponses. Des juges (les premiers
sujets eux-mêmes) sont ensuite chargés d'apparier les prédictions et
les réponses réelles. Le résultat de cette deuxième opération montre
qu'elle réussit d'une manière significativement supérieure à ce que
donnerait le hasard, et l'explication en est l'adoption d'un point
de vue téléonomique au cours de l'expérience. J. St.
1365. — R. B. CATTELL. — Fluctuation of sentiments and attitudes
as a measure of character integration and of temperament (Fluct
uation des sentiments et attitudes comme mesure de V intégration du
caractère et du tempérament). — Am. J. of Ps., LVI, 2, 1943, p. 195-
216.
L'auteur présente un questionnaire portant sur l'idée qu'on se
fait de soi, les sentiments profonds, les attitudes superficielles moins
profondément ancrées dans l'enfance, les tendances fumistes et
autres, et étudie la fluctuation d'un jour à l'autre et d'un mois à
l'autre, en établissant certains rapports entre elles et le facteur
général de caractère W : légère corrélation positive entre la fluctua
tion de l'idée que l'on se fait de soi et des tendances optimistes et la
tendance cyclothyme, et de l'émotionalité en général avec la fluctua
tion des attitudes plus profondes. I. L.
1366. — R. B. CATTELL. — The description of personality : Basic
traits resolved into clusters (La de la personnalité : fondamentaux transformés en constellations). — J. abn. Soc.
Ps., XXXVIII, 4, 1943, p. 476-506.
Essai d'améliorer la méthode d'analyse factorielle des traits de • ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 640
personnalité fondamentaux (ou syndromes), en commençant par
l'analyse de la totalité des traits, appelée « sphère des traits ». Une
mesure préliminaire fut la condensation de tous les traits exprimés
par le langage en 60 variables. Un premier temps de cette conden
sation fut la réduction sémantique de la sphère des traits à 171 varia
bles, au moyen du groupement des synonymes. Le 2e temps fut la
réduction de ces 171 traits de base au moyen des corrélations. Cent
adultes, échantillonnés de façon à représenter autant que possible la
population générale, furent jugés selon ces 171 traits. Des corrélations
tétrachoriques permirent de grouper ces 171 traits en 60 constella
tions, ou familles. L'auteur en diffère l'interprétation jusqu'à un
prochain article, et n'essaie pas non plus de les relier aux « types »
théoriques ou cliniques existant jusqu'ici. C. N.
1367. — R. B. CATTELL. — The description of personality. I.
Foundation Of trait measurement (La de la personnal
ité. I. Principe de la mesure des éléments). — : Ps. Rev., L, 1943,
p. 559-594.
"Les types d'éléments constitutifs de la personnalité sont essen
tiellement : les éléments dynamiques (besoins, tendances...), constitu
tionnels (force, fatigabilité, temps de réaction, etc.), et imposés par la
société (conscience, courage, bonne foi, etc.). Ces éléments se révèlent
par l'analyse factorielle. Il est nécessaire, cependant, de joindre à
l'analyse traditionnelle des formes d'analyses différentielles où l'on
considère le développement et la fluctuation des facteurs et pour les
éléments dynamiques des méthodes de covariation dans le temps.
. p: o.
1368. — R. B. CATTELL. — The description of personality : prin
ciples and findings in a factor analysis (La description de la personn
alité : principes et résultats d'une analyse factorielle). — Am. J.
of Ps., LVIII, 1, 1945, p. 69-90. •
Appliquant les principes développés dans 2 articles précédents
(voir n0B 1366 et 1367), G. part de l'ensemble des traits de personnal
ité cristallisés dans le langage et les déduit à 35 fondamentaux. Il
en tire, suivant une méthode nouvelle, 11 facteurs dont il donne
une dénomination provisoire. P. J.
1369. — C. JMJRT. — The assessment of personality (L'appréciation
de la perWnnalité ).—Br. J. of Ed. Ps., XV, 3, 1945, p. 107-120.
L'appréciation de la personnalité, un des objets principaux de
l'éducation, devrait se faure d'après une méthode souple mais systé
matique, basée sur les conceptions actuelles des psychologues,,
comportant des chapitres et des termes choisis et définis avec soin.
Burt commente les différents procédés d'investigation possibles :
tests, interwiews, observations standardisées du comportement,
enquête sur le passé, la vie familiale, etc., et se livre à quelques
considérations sur leur valeur respective. J.-M. F.
1370. — LOUIS L. McQUITTY. — An approach to the nature and
measurement of personality integration (Étude sur la et LES SYNTHÈSES. LA PERSONNALITÉ 641
la mesure de V intégration personnelle). — J. Soc. Ps., XIII, 1941,
p. 3-14.
L'A. propose une méthode nouvelle, basée sur l'utilisation de la
caractéristique de « concomitance », qui présente une corrélation
plus élevée avec l'intégration de la personnalité que les traits évalués
par les tests de personnalité de Strong et de Bernreuter. J. St.
1371. — BODO FREIHERR von WALTER'SHAUSE.N. — Vom
Eigenwert psychologischer Persönlichkeitsbeschreibung (De la
valeur spécifique que possède la description psychologique de la
personnalité). — Z. f. a. Ps., LXIV, 5-6, 1943, p. 327-338.
L'A. cite des exemples divers de techniques qui permettent la
description de la personnalité. Ainsi, cette description peut être :
poétique, humanistique, historique, militaire, moraliste, même patho-
graphique. Il ne faut pas confondre toutes ces descriptions avec le
diagnostic et la description psychologiques de ,1a personnalité qui
possèdent leurs méthodes propres. S. P.
1372. — G. H. FISCHER (und Mitarbeiter). — Erscheinungsbild, Aus
druck und Aufbau der Persönlichkeit. Beiträge zur psychologis
chen Symptomatologie und Diagnostik. 2. Beitrag : K. FRITZE. —
Das seelische Bild der Erregbarkeit. Die Erscheinungsformen
der Erregbarkeit und der Persönlichkeitsaufbau Erregbarer
(Image, expression et structure de la personnalité. Contribution
à la et au diagnostic psychologiques. 2e contribut
ion : L'image psychique de V irritabilité. Les formes apparentes
de V irritabilité et la structure de la personnalité des sujets irri
tables). — Z. f. a. Ps., LXIV, 1-2, 1942, p. 1-75. »
C'est l'exposé d'un véritable système de Symptomatologie, exposé
comprenant : 1° La discussion générale du problème de l'irritabilité
psychique, comme phénomène vital tant de la psychologie normale
que pathologique ; 2° La discussion des traits essentiels de l'irritabil
ité, ses relations avec le milieu, sa forme passive et active, son dia
gnostic différentiel ; 3° La description des méthodes d'exploration de
l'irritabilité : épreuve par curriculum vitse, épreuve de raisonnement,
épreuve d'une série d'ordres, épreuve d'un jeu de bataille, épreuve de
l'examiné en tant que chef, de" l'entretien avec l'examiné,
épreuve de l'exactitude de réactions psychomotrices aux stimulations
visuelles et auditives, film d'expressions ait cours de diverses situations.
L'A. relate quelques cas d'exploration de l'irritabilité psychique
et fournit des tables des symptômes qui apparaissent chez les irr
itables dans la mimique, dans la pantomime, dans la parole, dans
l'activité intellectuelle, volitionnelle et sociale, au cours de certaines
situations psychiques telles que saisissement, incertitude du succès,
défense. Les « vécus » psychiques de ce genre sont des vécus fonda
mentaux et à l'état constant chez les irritables.
En eux s'expriment la passivité ou l'activité prépondérante de la
structure de la personnalité.
Les complexes symptomatiques observés indiquent surtout deux
groupes de troubles fonctionnels : a) Trouble au cours même du
processus d'une activité ; b) Trouble dans les centres fonctionnels
régulateurs. ' S. P.
l'année psychologique, xlv-xlvi 41

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