La production des temps des verbes chez l'adulte - article ; n°1 ; vol.74, pg 179-189

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L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 1 - Pages 179-189
Résumé
Le thème de cette recherche concerne la production des temps des verbes, dans des phrases où on a laissé deux lacunes à la place des verbes. L'infinitif des verbes est fourni au sujet sous chaque lacune. La forme syntaxique et l'ordre d'inondation des actions varient, et on demande aux sujets de remplir les lacunes de façon à construire des phrases qui expriment nécessairement la succession des deux actions.
On trouve que la coordination par ET provoque moins d'oppositions entre les temps des verbes que la subordination, comme si la conjonction exprimait une ordination plutôt qu'une coordination. Le passé composé, le présent et le futur sont les temps les plus fréquents. Les sujets semblent préférer commencer une phrase par un présent. Quand l'ordre d'énonciation n'est pas le reflet de l'ordre d'effectuation, le présent est utilisé pour le premier verbe et le passé composé pour le second.
Summary
The aim of this study was to investigate the production of verb tenses in sentences with two blanks instead of verbs. The infinitive form of the verbs was given to the subjects under each blank. Syntactic form and order of mention of events varied, and subjects were asked to fill in blanks so as to construct sentences, which necessarily expressed the succession of the two actions.
We found that coordination by « AND » provokes fewer oppositions between verb tenses than subordination, as if the conjunction would mark on ordination rather than a coordination. Past, Present and Future were the most frequent tenses. Subjects seemed to prefer beginning a sentence with present tense. When the order of mention did not reflect the order of occurrence of events, the present tense was used for the first verb, and the past tense for the second one.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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F. Locatelli
La production des temps des verbes chez l'adulte
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 179-189.
Résumé
Le thème de cette recherche concerne la production des temps des verbes, dans des phrases où on a laissé deux lacunes à la
place des verbes. L'infinitif des verbes est fourni au sujet sous chaque lacune. La forme syntaxique et l'ordre d'inondation des
actions varient, et on demande aux sujets de remplir les lacunes de façon à construire des phrases qui expriment
nécessairement la succession des deux actions.
On trouve que la coordination par ET provoque moins d'oppositions entre les temps des verbes que la subordination, comme si
la conjonction exprimait une ordination plutôt qu'une coordination. Le passé composé, le présent et le futur sont les temps les
plus fréquents. Les sujets semblent préférer commencer une phrase par un présent. Quand l'ordre d'énonciation n'est pas le
reflet de l'ordre d'effectuation, le présent est utilisé pour le premier verbe et le passé composé pour le second.
Abstract
Summary
The aim of this study was to investigate the production of verb tenses in sentences with two blanks instead of verbs. The infinitive
form of the verbs was given to the subjects under each blank. Syntactic form and order of mention of events varied, and subjects
were asked to fill in blanks so as to construct sentences, which necessarily expressed the succession of the two actions.
We found that coordination by « AND » provokes fewer oppositions between verb tenses than subordination, as if the conjunction
would mark on ordination rather than a coordination. Past, Present and Future were the most frequent tenses. Subjects seemed
to prefer beginning a sentence with present tense. When the order of mention did not reflect the order of occurrence of events,
the present tense was used for the first verb, and the past tense for the second one.
Citer ce document / Cite this document :
Locatelli F. La production des temps des verbes chez l'adulte. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 179-189.
doi : 10.3406/psy.1974.28032
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_1_28032Année psgchol.
1974, 74, 179-190
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
Université René-Descartes et E.P.H.E., 3e section
associé au C.N.R.S.1
LA PRODUCTION DES TEMPS DES VERBES
CHEZ L'ADULTE
par Françoise Locatelli
SUMMARY
The aim of this study was to investigate the production of verb tenses
in sentences with two blanks instead of verbs. The infinitive form of the
verbs was given to the subjects under each blank. Syntactic form and order
of mention of events varied, and subjects were asked to fill in blanks so as
to construct sentences, which necessarily expressed the succession of the
two actions.
We found that coordination by « AND » provokes fewer oppositions
between verb tenses than subordination, as if the conjunction would mark
on ordination rather than a coordination. Past, Present and Future were
the most frequent tenses. Subjects seemed to prefer beginning a sentence
with present tense. When the order of mention did not reflect the order
of occurrence of events, the present tense was used for the first verb, and
the past tense for the second one.
Après une série d'expériences sur la compréhension de la
succession lorsqu'elle est exprimée en particulier par des oppos
itions entre les temps des verbes (Locatelli, 1973 a et b), il
nous a semblé nécessaire d'aborder ces problèmes sous l'angle
de la production, et de voir jusqu'à quel point les conclusions
tirées sur la compréhension restent valables pour la production.
En fait, la production de la succession n'a jusqu'ici été étudiée
que sur des enfants, par Eve Clark (1971) et Emilia Ferreiro
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris. 180 MÉMOIRES ORIGINAUX
(1971) en particulier. L'une et l'autre utilisent une technique
consistant à demander à l'enfant de décrire des actions mimées :
il apparaît que l'enfant énonce les actions dans l'ordre où elles
se sont déroulées, et en les coordonnant ; l'utilisation d'opposi
tions temporelles n'est relevée que vers 5-5;6 ans, stade de la
renversabilité.
Au sujet de l'ordre d'énonciation des actions, rappelons
brièvement la polémique opposant H. Clark (1968), qui a travaillé
en rappel par cœur et mis en évidence l'influence de la concor
dance entre cet ordre et l'ordre d'efïectuation des actions, et
K. H. Smith et L. E. Mac Mahon (1971), qui ont travaillé en com
préhension, et n'ont pas retrouvé cette influence.
Dans une expérience récente (1973), nous avons montré
avec une technique similaire à celle de Smith (question posée
sur l'ordre des événements décrits dans une phrase) que l'i
nfluence de l'ordre ne pouvait être étudiée qu'en interaction
avec d'autres variables et, en particulier, avec les temps des
verbes : il apparaît, en effet, que partout où la phrase comprend
un passé composé, l'ordre d'énonciation n'a pas d'influence ; avec
un futur, un ordre correspondant à l'ordre d'efïe
ctuation facilite légèrement la compréhension.
En fait, ce phénomène ne peut se comprendre directement ;
il faut élargir le problème : en effet, globalement on constate
que les phrases qui sont les plus correctement comprises sont
celles qui commencent par un présent. Les études de Morton
(1966), Clark (1965) et Halliday (1967), sur la localisation en
début de phrase du thème, et celle de E. Ferreiro, sur la tendance
des enfants à prendre le présent comme réfèrent temporel, sont
congruentes avec cette observation.
Dès lors, le futur, les sujets préfèrent l'ordre normal :
« Jean cueille le fruit qu'il mangera », mais avec le passé composé,
c'est l'ordre contraire : « Jean mange le fruit qu'il a cueilli »,
qu'ils comprennent plus aisément.
Nous avons constaté également que, dans le cas où les deux
verbes de la phrase sont au même temps (le passé composé),
un ordre d'énonciation contraire à l'ordre d'effectuation facilite
la compréhension. Que se passe-t-il dans les phrases où l'ordre
d'énonciation est normal ? « Jean a démonté le pneu qu'il a
réparé. » On y spécifie l'objet de la principale (pneu) par une
caractéristique (qu'il a réparé) qu'il n'a pas encore acquise au
moment où s'accomplit le verbe principal (a démonté). Les LOCÀTELM 181 F.
phrases où l'ordre est contraire sont, dès lors, plus naturelles
que celles-ci.
Enfin, les coordonnées par ET, où apparaît une opposition
entre les temps des verbes, sont celles qui ont été le plus correc
tement comprises. Tout se passe comme si le ET fonctionnait
déjà ici comme ordinateur des actions (ce qu'avait montré Fillen-
baum, 1971), et qu'en présence d'une opposition temporelle le sujet
recevait deux informations redondantes sur l'ordre d'efîectuation.
Etant donné le caractère hypothétique de certaines de ces
interprétations, il nous a semblé nécessaire de les mettre à
l'épreuve d'un test de production. Il est clair, en effet, que s'il
existe un décalage évident entre compréhension et production,
les facteurs qui agissent sur l'une doivent avoir une influence
sur l'autre : s'il est plus facile de comprendre une phrase qui
commence par le présent, on doit produire plus souvent de telles
phrases.
Dès lors, notre problème a donc été de déterminer un test
de production adéquat. Etant donné que le relevé de corpus ne
pouvait nous permettre d'étudier les variables en jeu, nous avons
choisi de tester la production des temps des verbes par la complet
ion de lacunes laissées à la place des d'une phrase,
completion à partir des infinitifs de ces verbes.
MÉTHODE
MATÉRIEL
Nous avons présenté 33 phrases choisies parmi celles que nous
avions utilisées dans l'expérience précédente ; elles sont toutes de la
forme : SNj Vx SN2 ; SN1 V2 SN2, où le sujet est toujours exprimé
par le prénom Jean. Les deux actions qui sont décrites dans chacune
de ces phrases sont nécessairement ordonnées et entretiennent une
relation logique d'irréversibilité. (Leur succession ne peut se produire
que dans une direction déterminée.) Ces phrases ont été présentées
soit sous la forme d'une coordination (C) :
Jean le pneu et le
démonter réparer
soit sous la forme d'une subordination où l'ordre d'énonciation reflète
l'ordre d'effectuation (So) :
Jean le pneu qu'il
démonter réparer 182 MÉMOIRES ORIGINAUX
soit sous la forme d'une subordination où l'ordre d'énonciation est
contraire (So =£) à l'ordre d'effectuation
Jean le pneu qu'il
réparer démonter
PROCÉDURE
Ces phrases ont été présentées aux sujets sous forme lacunaire avec
les infinitifs des verbes souscrits comme il est indiqué ci-dessus.
Chaque sujet a reçu un carnet avec une phrase par feuillet, l'ordre
des phrases variant d'un sujet à l'autre. Le sujet disposait de 20 s
par phrase pour remplir les lacunes. Il avait pour consigne de les complét
er avec les verbes fournis, de façon à ce que la phrase ainsi complétée
exprime sans ambiguïté la succession des deux actions.
PLAN D'EXPÉRIENCE
Nous avons travaillé avec 96 sujets répartis en trois groupes, différant
par la condition (coordonnée ; subordonnée avec ordre d'énonciation
correspondant à l'ordre d'effectuation ; subordonnée avec ordres
contraires) affectée à chaque phrase. La passation a été collective.
RÉSULTATS
Etant donné le grand nombre des réponses possibles, il semble
indispensable de systématiser ces et de les considérer
sous trois angles différents :
a) Le type de réponses :
1. Les réponses correctes (RC). — Nous avons considéré
comme réponse correcte toute phrase où la completion respecte
les règles de concordance des temps et l'ordre impliqué par la
logique des actions.
2. Les erreurs (E). — Nous avons considéré comme erreur
toute phrase où la completion ne respecte pas l'ordre impliqué
par la logique des actions.
3. Les réponses incorrectes (RI). — Nous avons considéré
comme réponse incorrecte toute phrase où la completion respecte
l'ordre de la logique des actions, mais viole les règles de concor
dance des temps (ces règles sont d'ailleurs assez vagues, surtout
en ce qui concerne les phrases isolées ; cependant, nous avons
utilisé les renseignements fournis par plusieurs locuteurs français).
4. Autres. — Nous considérons dans cette catégorie (à laquelle
correspondent très peu de réponses) toutes les réponses man- F. LOCATELLI 183
quantes, lacunes non comblées, et les ajouts d'auxiliaires tels :
va, vient de, doit, etc.
b) Le couple formé : parmi les réponses correctes, il est néces
saire de distinguer celles qui constituent une opposition temp
orelle entre les verbes (OT), de celles qui ne forment pas d'oppos
ition, avec les deux verbes au même temps (NOT).
c) Les temps fournis : ici, il faut successivement considérer :
— les temps fournis pour Lx (lre lacune) ;
— les L2 (2e ;
— les temps fournis lorsqu'il y a opposition temporelle ;
— les y a non-opposition temporelle.
Nous présenterons donc chacun de ces aspects indépendamm
ent.
A) Le type de réponses
La tableau 1 présente les résultats obtenus par type de
réponse, en fonction de la forme syntaxique (regroupés sur tous
les sujets).
Les pourcentages sont calculées par rapport au nombre total
de réponses attendu.
TABLEAU 1
Le type de réponses
RC E RI Autres
0,6 1,2 3,5 C 95,5
SO = ... 86,7 7,8 2,8 1,7
so * ... 5,1 2 2 90,3
C coordonnée.
so = subordonnée à ordr« d'énonciation reflétant l'ordre d'effectuation # à ordres contraires.
RG réponse correcte.
erreur. E
RI incorrecte.
réponse manquante ajouts Autres d'auxiliaire, lacune.
On constate que les réponses, dans leur grande majorité,
sont correctes. La différence entre le pourcentage de réponses
correctes et le pourcentage d'erreurs est partout très signifi
cative (calcul effectué grâce à des X2). De même, les coordonnées
donnent lieu à plus de réponses correctes que les subordonnées,
et, au sein de celles-ci, un ordre d'énonciation reflétant l'ordre
d'effectuation est source de plus d'erreurs (P < .05). MÉMOIRES ORIGINAUX 184
B) Le couple formé
Le tableau 2 présente les pourcentages d'oppositions tempor
elles (OT) et de non-oppositions temporelles (NOT) obtenus par
type de phrase, sur le nombre total de réponses correctes.
TABLEAU 2
Le couple formé
OT NOT
C 62,3 37,7
SO = 86,3 13,7
SO * 90,1 9,8
On constate que le pourcentage d'oppositions temporelles
est partout supérieur à celui des non-oppositions ;
la différence étant très forte en subordonnée avec ordres contraires
et plus faible en coordonnée.
Ici, les coordonnées donnent lieu à moins d'oppositions tem
porelles que les subordonnées, la différence étant très signi
ficative. Au sein des celles qui conservent l'ordre
d'efîectuation sont source de moins d'oppositions temporelles,
la différence étant significative à P < .02.
C) Les temps utilises
Les pourcentages présentés sont calculés sur le nombre de
réponses correctes.
1. Pour la première lacune
TABLEAU 3
Temps fournis pour la première lacune (en pourcentage)
(les temps sont présentés
dans l'ordre où ils apparaissent sur l'axe temporel :
passé, présent, futur)
PQP PS PC I P F FA
C 1,1 3,3 38,9 0,4 52,7 3,1
SO = 1,6 1,9 46,7 0,2 47,0 2,1 # 1,8 4,4 1,2 79,6 12,6
PC = passé composé ; PS = passé simple ; PQP = plus que parfait ;
P = présent ; F = futur ; FA = futur antérieur. F. LOCATELLI 185
On constate au tableau 3 que les temps les plus fréquem
ment utilisés sont le passé composé, le présent et le futur, le
passé simple l'étant un peu moins. En coordonnée, ainsi que
dans les subordonnées à ordre contraire, le présent est nettement
majoritaire.
2. Pour la seconde lacune
TABLEAU 4
Temps fournis pour la seconde lacune (en pourcentage)
PQP PS PC I P F FA
C 0,3 3,3 2,8 1,1 62,1 30,1
SO=.... 0,2 1,3 4,8 1,2 42,9 48,7 0,2
SO # 2,9 0,6 85,4 0,9 7,8 1,6 0,5
Ce sont ici (tableau 4) les mêmes temps que précédemment
qui sont majoritaires ; mais cette fois il n'y a qu'en coordonnée
que le présent apparaît plus souvent que les autres temps, le
passé composé étant plus fréquent en subordonnée où les ordres
d'énonciation et d'effectuation sont contraires, et le futur dans
les autre subordonnées.
3. En opposition temporelle
Le tableau 5 présente les pourcentages d'oppositions de
chaque type calculés sur le nombre total correctes.
TABLEAU 5
Temps fournis en opposition temporelle
PQP + I PQP + PS PC + P PC + F P + F
C 1,7 55,8 5,7 36,5
SO = . . 1,4 0,5 44,6 4,4 48,5
SO 56 .. 1,0 1,3 85,1 6 5,3
(Remarque : en C et SO = l'ordre des verbes est par exemple PC pour Vj
et P pour V2, mais en SO #, il devint P pour Vx et PC pour V2.)
Ici, on s'aperçoit que le pattern de réponse majoritaire en
coordonnée est :
Vx V2
PC P
« Jean a démonté le pneu et le répare » 186 MÉMOIRES ORIGINAUX
En subordonnée à l'ordre d'énonciation normal, ce sont les
deux patterns suivants qui dominent :
V1 Va
PC P
« Jean a démonté le pneu qu'il répare »
P F
« Jean démonte le pneu qu'il réparera »
En subordonnée à ordres contraires, on a :
Vx V2
P PM
« Jean répare le pneu qu'il a démonté »
qui domine très nettement.
Soulignons que, à quelques exceptions près, ces patterns n'évo
luent pas chez le sujet en cours d'expérience.
4. En non-opposition temporelle
Le tableau 6 présente les pourcentages de non-oppositions
de chaque type, calculés sur le nombre total de
correctes.
TABLEAU 6
Temps fournis en non-opposition temporelle
PQP I PS PC P F
C 0,5 9 7,6 74 8,7
SO = 0,7 1,5 10,5 27,8 33,8 15
6,5 43,4 SO / 32,6 17,3
On constate que les phrases avec deux verbes au présent
sont, en moyenne, majoritaires, mais aussi que les phrases avec
deux verbes à un temps du passé (PS ou PC) sont plus nombreuses
que celles avec deux verbes au futur.
DISCUSSION
Rappelons brièvement les principaux résultats :
1. Les erreurs sont peu nombreuses ; les subordonnées où
l'ordre d'énonciation correspond à l'ordre d'effectuation entraî
nent moins de réponses correctes que les autres. F. LOCATELLI 187
2. Les oppositions temporelles sont plus fréquentes que les
non-oppositions temporelles, ceci surtout en surbordonnée. Un
ordre d'énonciation contraire à l'ordre d'effectuation donne lieu
à plus d'oppositions temporelles.
3. Le présent, le passé composé et le futur sont les temps
les plus utilisés.
4. Le présent est majoritaire pour Vx, en moyenne.
5. En coordonnée, l'opposition passé composé/présent est
la plus fréquente.
En subordonnée à ordre normal, les oppositions passé com
posé/présent et présent/futur dominent.
En à ordre contraire, l'opposition présent/passé
composé est la plus fréquente.
6. La succession dans le passé est plus souvent produite
que la dans le futur.
Un certain nombre de ces conclusions viennent confirmer
les résultats qui ont été obtenus sur la compréhension des mêmes
phrases : on constate, ici encore, que la coordination rend moins
nécessaire la présence d'une opposition temporelle pour exprimer
la succession = le ET semble bien fonctionner comme ordinateur
des actions se suffisant quelquefois à lui-même (dans 38 % des
cas). Cette observation est en accord avec les études de S. Fillen-
baum (1971), et avec les résultats de nos expériences de com
préhension qui ont mis en évidence une redondance de l'info
rmation (sur la succession) dans les coordonnées à opposition
temporelle.
On constate d'ailleurs que les subordonnées où l'ordre d'énon
ciation reflète l'ordre d'effectuation reçoivent un peu moins
d'oppositions temporelles que les autres, comme si, dans quelques
cas, l'ordre d'énonciation fonctionnait lui aussi comme indicateur
de la succession (rappelons que, sous quelque forme qu'apparaisse
la phrase, une réponse par deux verbes au même temps est
correcte, la logique des actions suffisant à les ordonner).
En ce qui concerne la prédominance de certains temps, on
constate ici que le futur, bien que ne posant aucun problème
au sujet en compréhension, est moins souvent utilisé que le
passé composé. On peut penser que resurgit ici la complexité
cognitive du futur qui intervient nettement dans l'acquisition
des temps par l'enfant : il est probable en particulier qu'il est
plus fréquent de faire le récit de deux événements successifs

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