La sélection psycho-physiologique des machinistes de la Société des Transports en commun de la région parisienne - article ; n°1 ; vol.25, pg 106-172

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 106-172
67 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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J.-M. Lahy
V. La sélection psycho-physiologique des machinistes de la
Société des Transports en commun de la région parisienne
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 106-172.
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Lahy J.-M. V. La sélection psycho-physiologique des machinistes de la Société des Transports en commun de la région
parisienne. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 106-172.
doi : 10.3406/psy.1924.6140
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6140V
LA SÉLECTION PSYCHO-PHYSIOLOGIQUE
DES MACHINISTES DE LA SOCIÉTÉ
DES TRANSPORTS EN COMMUN DE LA RÉGION
PARISIENNE
Par J. M. Lahy
1 INTRODUCTION
Depuis quelque dix ans, au laboratoire comme à l'usine, on
a fondé sur la psychotechnique les plus grands espoirs. Une
littérature enthousiaste s'est créée pour fixer les mérites de cet
art d'agencer les méthodes de la psychologie à l'organisation
rationnelle du travail. Et tous les avantages — théoriques —
en ont été abondamment signalés. Il ne nous paraît donc pas
utile de reprendre cette démonstration, ni même de critiquer ce
qu'elle a pu avoir d'exagéré chez certains auteurs. Nous est
imons que la valeur de la psychotechnique doit surtout appar
aître dans les applications qu'elle conditionne. C'est pourquoi
nous donnerons ici un exposé quasi technique des réalisations
qui, d'après les données de cette nouvelle utilisation de la
science, viennent d'être tentées pour la première fois sur le ter-
rain industriel, à la Société des Transports on commun de la
région parisienne (S. T. C. R. P.).
Cette puissante Société, qui emploie 30.000 agents de tous
services, dont 3.900 machinistes de tramways et 2.600 machin
istes d'autobus, qui utilise 4.564 véhicules répartis sur 193 lignes
(1.338 kilometres de voies ferrées), et dont les automobiles
circulent sur 476 kilomètres de voies publiques, dans une des
plus fortes agglomérations du monde, a estimé qu'un Labor
atoire de psychologie lui était nécessaire, de la même façon LA SÉLECTION PSYCHO-PHYS1OLOGJQUR DES MACHINISTES 107' LAHY.
qu'un laboratoire de chimie l'est à une usine de produite
aliment aires, qu'un laboratoire d'essais et de métallographie-
l'est à une aciérie.
Les applications de la psychotechnique à la sélection des
conducteurs de tramways sont relativement récentes. C'est
en 1906 que nous avons entrepris, à la Compagnie de l'Est Par
isien, les premières recherches expérimentales sur le travail
des- conducteurs de tramways, — recherches dont les premiers
résultats ont été publiés en 1913 x.
La même année, Münsterberg consacrait un chapitre de son
livre sur la Psychologie Industrielle à des tentatives de cette
nature *. Nous les étudierons, ainsi que celles qui ont suivi,
dans un travail spécial.
Lorsqu'en 1920, la Société des Transports en commun de la
région parisienne groupa tous les réseaux urbains et suburb
ains, elle accepta la proposition du Dr Toulouse d'entreprendre,
au laboratoire de Psychologie du Service de prophylaxie ment
ale, une mise au point des méthodes de sélection des machin
istes. Chargé de cette tâche, nous avons repris nos travaux
antérieurs et, en juin 1^24, forte des résultats obtenus, la
S. T. C. R. T. créait à Paris, 15, rue du Hainaut, le premier labo
ratoire de psychotechnique.
On se rendra compte en lisant le présent mémoire que la
science, elle aussi, trouve son compte à des applications de
cette nature. En effet, l'outillage et le personnel mis à notre
disposition pour assurer le fonctionnement du laboratoire nous
permettent de recueillir à chaque instant des renseignements
utiles pour la psychologie expérimentale. Les examens faits
annuellement sur 4.500 sujets, dans des conditions identiques,
nous fournissent les éléments d'un étalonnage pour les tests
que nous employons. En outre, les solutions apportées aux
problèmes qui se posent à l'occasion des examens individuels,
et qui relèvent de la psychologie, de la physiologie et de la psyc
hiatrie, sont de nature à intéresser ces trois disciplines scienti
fiques et à leur apporter des arguments utiles. C'est pourquoi-
une Commission composée de MM. Gley, Lapicque, Laugier,
Mayer, Piéron, Rabaud et Toulouse suit les recherches de ce
nouveau Laboratoire et lui apporte ses suggestions.
1. J. M. Lahy. La supériorité professionnelle chez les conducteurs de
Tramways dans ses rapports avec la consommation d'énergie électrique. La
technique moderne, t. VII, p. 388.
2. H. Muensterberg, Psychology and Industrial efficiency, ch. vin. 108 MÉMOIRES ORIGINAUX
On peut même présumer, — dans cet ordre de choses — que
nos étalonnages de tests pratiqués sur des sujets normaux, de
culture et d'âge analogues, dans des conditions techniques iden
tiques, vont aider la psychologie pathologique en lui fournissant
de nouvelles bases d'appréciation pour juger les affaiblissements
mentaux ou les troubles moteurs dûs à la maladie. Ces étalon
nages permettront des diagnostics plus nuancés et affranchi
ront en partie la psychologie normale de la psychologie patho
logique. De même que la psychologie, en s'afiinant méticuleu-
sement dans les laboratoires de recherche, a poussé les études
sur le fonctionnement du système nerveux au delà des limites
que l'on avait atteintes avec l'aide de la pathologie mentale,
de même la psychotechnique, par l'examen d'un très grand
nombre de sujets comparables entre eux, apportera des idées
nouvelles pour la connaissance de l'organisme humain.
Allons plus loin encore, —jusqu'à l'outillage mécanique. En
portant son attention, du sujet qui exécute les mouvements à la
machine qui les reçoit, — comme c'est le cas, par exemple, pour
la à écrire, — la psychotechnique, en même temps
qu'elle poursuit ses recherches sur Igs travailleurs, perfection
nera l'outillage. Ainsi, c'est le laboratoire d'étude technique
de la machine à écrire organisé par la firme Map qui nous four
nit le moyen d'étudier les gestes si rapides et si sûrs du dacty
lographe. Cette connaissance acquise, il nous devient possible
d'établir un calcul de la machine à écrire basé, non plus sur
les données empiriques des mécaniciens, mais sur les conditions
physiologiques les plus favorables au travail dactylographique.
On conçoit que, si les recherches psychotechniques poursui
vies dans les différents domaines de l'activité professionnelle
se prêtent un mutuel concours, V orientation de
la jeunesse, qui ne peut se faire sans une connaissance psycho
technique profonde de tous les métiers, progressera d'autant,
C'est en recherchant les aptitudes élémentaires communes aux
diverses professions par nous étudiées, que nous faisons entrer
progressivement les données de la psychotechnique dans l'orien
tation professionnelle au Laboratoire de l'Ecole publique de la
rue de Lesseps.
Un labeur assidu aussi constant, des recherches aussi éten
dues nécessitent, cela va de soi, le concours de collaborateurs
nombreux et spécialisés. Ceux-ci ne nous ont pas manqué.
Mais, en ce qui concerne le laboratoire de la S. T. C. R. P., le
concours des ingénieurs nous a été très précieux. LA SÉLECTION PSYCHO-PHYSIOLOGIQUE DES MACHINISTES 109 LAHY.
On a souvent discuté la question de savoir si la psychotech
nique devait être l'œuvre du biologiste ou celle de l'ingénieur
Nous pensons que, par ses buts comme par ses moyens, elle
nécessite l'effort commun de ces deux ordres de chercheurs.
Lorsque la méthode de sélection fut mise au point, la S. T. C.
R. P., ayant décidé d'affecter un de ses ingénieurs, M. Guyotr
au nouveau service de psychotechnique, nos moyens d'action
se trouvèrent augmentés. Une collaboration constante nous
permit de réaliser en très peu de temps un outillage précis>
commode et de grand rendement.
Rappelons que la S. T. C. R. P. possède dans Paris et en banl
ieue 36 dépôts pour autobus seuls, pour tramways seuls, ou
mixtes. C'est dans un de ces derniers, le dépôt du Hainaut, qu'a
été établi le nouveau laboratoire, dans un centre de travail
professionnel parfaitement outillé. Il possède une entrée parti
culière au N° 15 de la rue du Hainaut ; il est relié avec le dépôt
par un grand portail métallique percé dans un mur de sépara
tion qui l'isole suffisamment des bruits du garage et des ateliers.
Le laboratoire comprend deux corps de bâtiment séparés
par une cour.
Nous ne saurions trop dire combien nous sommes reconnais
sant à M. Bacqueyrisse, directeur général de la S. T. C. R. P.,
de s'être depuis longtemps intéressé à nos recherches de bio
logie appliquées à l'industrie, de les avoir en maintes circons
tances exposées avec une grande compétence et d'en avoir
rendu la réalisation possible en créant le laboratoire de la rue
du Haina^t.
L'exposé que nous allons faire de la méthode suivie au labo
ratoire de sélection des machinistes de la S. T. C. R. P. n'a pas
la prétention de fixer une fois pour toutes les techniques emp
loyées. Nous concevons que beaucoup de modifications pour
ront y être apportées. Dès à présent, plusieurs tests nouveaux:
dont il ne sera pas question ici sont à l'étude ; nous prévoyons
aussi certaines modifications dans les tests actuellement emp
loyés. Mais nous avons tenu à présenter l'organisation réalisée
à la S. T. C. R. P., telle qu'elle a fonctionné jusqu'à ce jour et
qui a donné des résultats précis et contrôlables. JîO MÉMOIRES ORIGINAUX
I. — LA MÉTHODE
Actuellement, nous employons divers tests dont les uns
sont dits classants parce qu'ils entrent obligatoirement dans
l'établissement du classement psychotechnique, et les autres
sont dits consultants parce qu'ils n'y entrent — provisoirement
du moins — ■ qu'éventuellement.
Les valeurs de classement sont :
La suggestibilité motrice.
L'attention diffusée avec excitations visuelles seules et avec
excitations visuelles et auditives combinées.
La régularité des temps de réaction et leur homogénéité.
Parmi les valeurs consultantes dont il sera question dans le
présent mémoire, nous avons :
La rapidité des temps de réaction.
La force musculaire.
La ténacité et l'effort statique de fatigabilité.
L'appréciation des vitesses' et des distances.
Les classements psychotechniques dont nous avons établi la
corrélation avec les classements professionnels en vue de déter
miner la valeur de la méthode ont été dressés grâce à l'emploi
exclusif des tests classants. Nous pouvons donc supposer que
notre rendement s'est encore amélioré depuis que nous éliminons
les sujets qui donnent des valeurs rédhibitoires dans les tests
consultants. ,
1° Le temps de réaction
La profession de machiniste fait partie de cette catégorie de
travaux où le sujet doit répondre par une réaction motrice
appropriée à des excitations sensorielles imprévues. La man
ière dont s'accomplit cette réaction entre donc parmi les tests
.qui nous donneront un élément du profil psychologique du
machiniste.
Les psychologues ont l'habitude de mesurer deux sortes de
temps de réaction : les réactions simples et les réactions de
choix. Les réactions de choix sont celles où le sujet recevant
alternativement des excitations différentes ne doit répondre
qu'à l'une d'elles. Après avoir essayé les deux réactions, nous
■avons trouvé que la réaction simple présentait une corrélation LA SELECTION PSYCHO-PHYSIOLOGIQUE DES MACHINISTES 111 LAHY.
plus haute avec la valeur professionnelle du sujet. D'autre
part, le test d'attention diffusée que nous décrivons ailleurs
a beaucoup de similitude avec l'épreuve des temps de réaction
de choix ; la fonction qu'il mesure entre donc dans le profil
psychologique du machiniste.
Nous utilisons, pour la mesure des temps de réaction, le
chronoscope de d'Arsonval, soigneusement contrôlé, avec un
dispositif spécial pour le retour de l'aiguille au zéro.
L'expérimentateur explique au sujet sa tâche en des termes
fixés et toujours identiques.
Afin de gagner du temps pendant l'épreuve et pour abréger
les calculs, nous avons préparé pour nos opérateurs une fiche
sur laquelle ils peuvent, par un simple barrage, noter
chaque valeur lue au chronoscope et qui restera, avec les calculs
prévus, au dossier du sujet.
En regardant la feuille des temps de réaction, on voit imméd
iatement que la disposition des valeurs barrées pendant l'ex
périence, c'est-à-dire sans aucune perte de temps, détermine la
courbe de Gauss, qui constitue un renseignement significatif
pour les recherches que nous faisons. La courbe de Gauss ou
polygone de fréquence prête à diverses interprétations quali
tatives. L'une d'elles nous a paru devoir être retenue, c'est
celle qui porte sur le cas des courbes à plusieurs modes ou des
courbes à plusieurs sommets.
Dans nos expériences de temps de réaction, nous nous sommes
assuré que le nombre des épreuves de chaque série donnait, dans
des conditions normales, une courbe en cloche. Puis, comme
nous pouvons obtenir des conditions identiques pour tous les
sujets : même nombre d'épreuves et mêmes conditions expéri
mentales, il n'y a plus qu'une variable : l'état mental du sujet
au cours de la série des excitations-réactions. Nous avons
constaté que pour nos sujets normaux la courbe est assez régul
ière, tandis que pour des sujets suspects de distraction patho
logique, la courbe présente plusieurs modes ou plusieurs som
mets.
En pareil cas, notre opérateur chef de service est informé
immédiatement par son collaborateur. Il recommence lui-même
l'expérience en prenant toutes les mesures nécessaires pour
écarter les causes perturbatrices, de manière à ce que la seule
variable soit l'état psychologique du sujet.
Nous avons été mis en éveil sur le caractère des courbes à
plusieurs sommets par ceci que, dans les épreuves identiques 112 MÉMOIRES ORIGINAUX
faites au Laboratoire du Service de Prophylaxie Mentale, ce
type de courbes, plus exagéré d'ailleurs, caractérise des états
pathologiques avérés.
D'autre part, en employant le même test pour l'orientation
professionnelle des enfants de l'école publique de la rue de
Lesseps, nous avons rencontré certains cas analogues qui tous
ont décelé un état neuro-psychiatrique suspect. Ce n'est pas là
une règle absolue, mais un signe clinique dont on doit, le cas
échéant, tenir compte.
Lorsque les résultats de la mesure des temps de réaction
d'un candidat machiniste se groupent de cette manière, notre
attention est attirée sur lui et son examen est fait plus complè
tement. Si l'irrégularité de la courbe nous paraît trop anormale
nous demandons un examen psychiatrique.
Nous pouvons dégager de la mesure des temps de réaction
une autre valeur significative. Dans le calcul de la variation
moyenne avec ou sans pourcentage, on tient compte des valeurs
extrêmes qui peuvent être parfois des valeurs aberrantes. Nous
avons pensé qu'il était possible d'utiliser dans le profil psycho
logique du machiniste une autre valeur qui exprime quelque
chose de plus profond, de plus stable, un symbole d'homogén
éité. Cette valeur est appelée semi-interquartile. Elle se déduit
de l'ogive de Galton qui se trace de la manière suivante :
Les 30 résultats étant placés en abscisse par valeurs crois
santes, on porte en ordonnée le nombre de centièmes de seconde
de chaque rang ainsi déterminé.
On divise la courbe en 4 parties égales ou quartiles. Le 2e et
le 3e quartile constituent la zone normale. Le semi-interquartile
est calculé par la demi-différence entre la première valeur du
3e quartile et la dernière valeur au 1er quartile.
Pour noter l'ordre des excitations dans le temps — élément
qui nous échappe lorsqu'on se sert de la fiche précédente — r
nous avons établi une autre fiche qui permet d'ailleurs une
inscription plus rapide des temps de réaction et une analyse
relativement facile des résultats. La rangée horizontale qui se
trouve en haut du rectangle de chiffres représente l'abscisse.
Elle porte les numéros d'ordre des excitations de 1 à 35. Sur
l'ordonnée sont portées les valeurs des réactions. On a indiqué
les valeurs de 9 à 40, car les réactions dont les temps seraient
au-dessous de 9 sont considérées comme anticipées. Celles dont
les temps dépassent 40 sont relativement trèr rares et, lors
qu'elles se produisent, elles disparaissent avec les 5 valeurs les- LAHY.— LA SÉLECTION PSYCHO-PHYSIOLOGIQUE DES MACHINISTES 113
plus fortes, que nous éliminons en toutes circonstances. On
s'est donc borné à laisser quelques lignes pour inscrire aes
temps longs. Leur position exacte sur l'ordonnée est sans im
portance puisqu'ils ne seront conservés ni dans l'ogive de Gai-
ton ni dans la courbe de fréquence dont nous parlerons plus
loin.
Pendant l'expérience, l'opérateur doit simplement barrer les
valeurs qui correspondent aux durées de chaque réaction en
passant d'une colonne verticale à l'autre suivant l'ordre des
excitations, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à la 35e colonne. Après
l'expérience, on joint par des traits les points barrés et l'on
obtient la courbe des temps de réaction en fonction de l'ordre
des réactions dans le temps.
On élimine ensuite les 5 valeurs les plus fortes ; pour cela on
entoure d'un cercle les points les plus bas de la courbe. On ne
les fait plus intervenir ni dans les calculs ni dans les courbes
ultérieures.
On porte ensuite la fréquence des différentes valeurs dans la
colonne correspondante. Il suffît pour cela de compter les
points de la courbe qui se trouvent sur la même ligne horizont
ale.
On multiplie chaque valeur par sa fréquence et l'on porte le
produit dans la colonne des « totaux des valeurs ». En addition
nant ces produits et en divisant la somme par 30, on obtient la
moyenne arithmétique de la série.
Pour calculer la variation moyenne, on porte les écarts dans
la colonne correspondante, on les multiplie par leurs fréquences
respectives en plaçant les produits dans la colonne intitulée :
« total des écarts semblables », on les additionne et on divise la
somme par 30. La variation moyenne est calculée ensuite en °/0
pat rapport à la moyenne arithmétique.
Remarquons que le calcul des écarts se fait presque auto
matiquement, un écart étant calculé, les autres varient d'unité
en unité, car les valeurs auxquelles ils correspondent sont ran
gées par ordre de grandeur.
Pour établir le semi-interquartile, on additionne mentale
ment les nombres portés dans la colonne des fréquences. On
obtient ainsi, pour chaque valeur de l'ordonnée, le rang qu'elle
occuperait dans l'ogive de Galton. On souligne les valeurs qui
occupent respectivement le 7e et le 22e rangs, et l'on prend la
moitié de la différence entre ces deux valeurs.
i'année psychologique, xxv. . 8 114 MÉMOIRES ORIGINAUX
Tous les résultats obtenus sont portés dans les rubriques
correspondantes en haut et à droite de la fiche*
On peut construire facilement, sur la même fiche, l'ogive de
Galton et la courbe de Gauss.
Nous avions pensé que l'indice diseriminatif des temps de
réaction, qui exprime le rapport entre les temps de choix et les
temps simples, aurait pu nous fournir une valeur intéressante
pour le profil psychologique du machiniste. Il n'en a rien été.
Après avoir calculé cet indice comme Wundt, en faisant la
différence entre la durée des temps de réactions de choix et
celle des temps simples, puis comme Piéron en tirant cette va
leur du quotient des durées de choix par la durée des temps
simples, nous avons essayé de l'obtenir en faisant le calcul de
Wundt, mais en rapportant ce résultat à la durée des temps
simples. Nous n'avons pas obtenu davantage de corrélation
satisfaisante avec la valeur professionnelle.
Utilisation des résultats. — Les résultats sont des faits qu'il
suffit de consigner aussi nettement et aussi sommairement que
possible.
Les nôtres sont ramassés — si je puis dire — en 4 courbes.
La première (fig. 1) est relative à la rapidité.
La seconde (fig. 2) est celle de la variation moyenne pure.
La troisième ( fig. 3) est celle de la pour
cent, donnant une mesure de régularité.
La quatrième est celle du semi interquartile (fig. 4).
Nous savons, en outre, que l'examen de la courbe de Gauss
de chaque sujet nous donne des indications dont il y a Heu,
souvent, de tenir compte.
Toutes ces courbes sont établies d'après les résultats de l'ex
amen de 1.000 sujets, d'âge adulte (20 a 35 ans), fait dans la
même chambre noire et silencieuse, par les mêmes opérateurs
donnant au sujet des explications identiques, ainsi qu'il a été
dit plus haut.
Ces courbes sont divisées en déciles. Lorsqu'un nouveau
sujet est examiné, on peut donc indiquer immédiatement le
décile dans lequel il se place.
Actuellement nous tirons de la mesure des temps de réaction
deux valeurs « classantes », c'est-à-dire deux valeurs qui entrent
obligatoirement dans le « profil ». Ce sont, la variation
moyenne °/0 et le semi-interquartile.
La rapidité n'est retenue que lorsqu'elle situe le candidat
parmi les sujets extrêmement lents. Cette position sur la courbe

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