La succession et la simultanéité dans le langage de l'adulte - article ; n°1 ; vol.73, pg 135-149

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L'année psychologique - Année 1973 - Volume 73 - Numéro 1 - Pages 135-149
Résumé
Nous avons voulu analyser l'influence des diverses marques des relations temporelles sur la compréhension de phrases complexes. Les 50 sujets auxquels nous avons présenté des phrases décrivant deux événements successifs ou simultanés, avaient pour tâche de répondre à une question concernant l'ordre d'effectuation de ces actions. La relation temporelle était exprimée, tantôt par des morphèmes de temps, tantôt par l'opposition entre temps des verbes, tantôt par des relations logiques entre les actions. Les résultats ont montré que les morphèmes constituaient indice le plus efficace alors que opposition temporelle était le moins bien utilisé Quand aucun des trois indices apparaît les sujets interprètent ordre énon- ciation des actions comme reflétant leur ordre effectuation
Summary
The aim of this study was to investigate the influence of different ways of expressing temporal relations on the understanding of sentences. Fifty subjects were presented with sentences describing two temporally related events and a question on the order of occurrence of these events. The temporal relation was expressed either by temporal morphemes, by opposition between verb tenses, or by logical relations between the events. The results have shown that temporal morphemes were the most efficient eues, while verb tense opposition was the least. When none of the three eues was available, the subjects interpreted the presentation order of the two events as reflecting their order of occurrence.
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1973
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F. Locatelli
La succession et la simultanéité dans le langage de l'adulte
In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 135-149.
Résumé
Nous avons voulu analyser l'influence des diverses marques des relations temporelles sur la compréhension de phrases
complexes. Les 50 sujets auxquels nous avons présenté des phrases décrivant deux événements successifs ou simultanés,
avaient pour tâche de répondre à une question concernant l'ordre d'effectuation de ces actions. La relation temporelle était
exprimée, tantôt par des morphèmes de temps, tantôt par l'opposition entre temps des verbes, tantôt par des relations logiques
entre les actions. Les résultats ont montré que les morphèmes constituaient indice le plus efficace alors que opposition
temporelle était le moins bien utilisé Quand aucun des trois indices apparaît les sujets interprètent ordre énon- ciation des actions
comme reflétant leur ordre effectuation
Abstract
Summary
The aim of this study was to investigate the influence of different ways of expressing temporal relations on the understanding of
sentences. Fifty subjects were presented with sentences describing two temporally related events and a question on the order of
occurrence of these events. The temporal relation was expressed either by temporal morphemes, by opposition between verb
tenses, or by logical relations between the events. The results have shown that temporal morphemes were the most efficient
eues, while verb tense opposition was the least. When none of the three eues was available, the subjects interpreted the
presentation order of the two events as reflecting their order of occurrence.
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Locatelli F. La succession et la simultanéité dans le langage de l'adulte. In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 135-
149.
doi : 10.3406/psy.1973.27980
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1973_num_73_1_27980Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
Université René-Descarles el E.P.H.E., 3e section
associé au C.N.R.S.
LA SUCCESSION ET LA SIMULTANÉITÉ
DANS LE LANGAGE DE L'ADULTE
par Françoise Locatelli1
SUMMARY
The aim of this study was to investigate the influence of different
ways of expressing temporal relations on the understanding of sentences.
Fifty subjects were presented with sentences describing two temporally
related events and a question on the order of occurrence of these events.
The temporal relation was expressed either by temporal morphemes, by
opposition between verb tenses, or by logical relations between the events.
The results have shown that temporal morphemes were the most efficient
cues, while verb tense opposition was the least. When none of the three
cues was available, the subjects interpreted the presentation order of the
two events as reflecting their order of occurrence.
INTRODUCTION
Certains développements récents de la psycholinguistique
montrent que la recherche s'oriente vers l'étude de la compréhens
ion de phrases complexes, et de la capacité d'exprimer des
relations logiques entre plusieurs événements.
Dans le but d'explorer les mécanismes de compréhension des temporelles entre deux actions, nous nous sommes
attachés à déterminer les modes préférentiels d'expression de la
succession dans le langage de l'adulte.
1. Cette expérience a été réalisée avec la collaboration de Mme Madeleine
Leveillé. 136 MÉMOIRES ORIGINAUX
En ce qui concerne les différents indicateurs de cette relation,
peu de travaux ont été effectués jusqu'à ce jour. En recher
chant ce qui, des catégories sémantiques ou des marqueurs
transformationnels, était mémorisé par le sujet, H. Clark (1968)
a travaillé sur des phrases comportant les conjonctions before
et after ; il a établi que l'ordre d'énonciation des actions (order
of mention) était mémorisé ainsi que leur ordre d'effectuation
(temporal order), et que les rapports entre proposition principale
et subordonnée. La conjonction before, qui conserve l'ordre
d'effectuation, est mieux mémorisée que after. L'analyse de
Clark, sur ce sujet, repose également sur une distinction entre les
éléments positifs (before), et ceux qui ne le sont pas (after).
E. Clark (1971) utilisant le même matériel sur des enfants
de 3 à 5 ans, auxquels elle demande de mimer des actions décrites
ou d'énoncer des actions mimées, confirme l'importance de
l'ordre d'énonciation des actions, comme indicateur de leur
ordre d'effectuation. Before est acquis avant after, ce qui va
dans le sens d'une primarité du membre positif des couples
d'opposés.
E. Ferreiro (1971), dont le travail s'inscrit dans la lignée de
celui de H. Sinclair, utilise la même technique que E. Clark sur
des enfants de 4 à 10 ans, dans le but d'établir une correspon
dance entre le développement de la compréhension des relations
logiques et la genèse des opérations cognitives. Outre l'influence
de l'ordre d'énonciation, elle étudie l'évolution de l'utilisation
des oppositions entre les temps des verbes de la phrase : il en
ressort que l'organisation des temps en couple n'apparaît chez
l'enfant qu'au stade de la réversibilité (5-5;6 ans), et que le
futur (et son opposition avec les autres temps) n'est correctement
utilisé qu'après l'acquisition de la conservation (7-8 ans). Elle a
également relevé chez l'enfant une tendance à se prendre (hic
et nunc) comme réfèrent temporel.
K. H. Smith (1971), dans une réponse aux travaux des
Clark, et en reprenant le même matériel qu'eux, utilise une
méthode consistant à poser, avant ou après la présentation
d'une phrase, une question concernant l'ordre d'effectuation
des actions énoncées. Il ne relève pas l'influence de l'ordre
d'énonciation, et avance que celui-ci n'intervient chez l'adulte
que dans les tâches de rappel par cœur : les sujets sont alors
contraints de stocker l'ordre d'effectuation et l'ordre d'énoncia
tion pour reconstruire la phrase présentée ; alors que le stockage F. LOCATELLI 137
de l'ordre d'effectuation suffit à la compréhension de celle-ci.
Le rôle de cet indicateur de la succession, que d'autres avaient
souligné, pourrait donc dépendre du type de tâche demandée,
et ne pas intervenir sur les mécanismes de la compréhension.
Un dernier type de marque, enfin, doit être considéré.
Fillenbaum (1971), dans une étude des différents sens de la
conjonction and, remarque qu'il doit exister entre deux verbes
une relation quelconque, telle que l'action décrite par l'un ne
puisse se dérouler qu'avant (ou après) l'autre ; ce qui permet
au locuteur de découvrir cette relation, c'est sa connaissance
des contingences temporelles entre les événements quotidiens
de l'univers (son savoir pragmatique ou encyclopédique).
Il existe cependant un certain nombre de verbes désignant
des actions qui peuvent se dérouler simultanément (voir, entendre,
surveiller...) ; en particulier les actions qui ne changent pas
l'état de l'objet (contrairement à casser, renverser).
Plus généralement, il existe entre certains événements, des
relations d'incompatibilité de co-occurrence, qui, cependant,
n'impliquent pas nécessairement un ordre d'occurrence précis.
Par exemple, entre les deux actions de laver une voiture et de la
conduire, il y a incompatibilité temporelle, mais aucun ordre
nécessaire.
Pour des facilités d'exposé, nous parlerons de ce type de
relations sous le terme de « relations logiques d'incompatibilité
ou de comptabilité de co-occurrence » (en logique, elles corre
spondent à une sous-catégorie des relations de contradiction).
Ces relations devront être nettement distinguées de la
sémantique de la phrase dans laquelle elles apparaîtront : en
effet, dans la phrase « Jean regarde la vitre puis Paule la nettoie »,
la indique clairement la succession des deux actions,
bien que la relation qui les lie n'exclue pas la possibilité d'une
co-occurrence.
Il semble donc qu'on puisse retenir comme indicateurs de
la succession :
— les morphèmes de temps (puis, après que...) ;
— l'opposition des temps des verbes ;
— les relations logiques entre les actions.
Les deux premiers seront considérés comme des marques
de type syntaxique, puisqu'elles apparaissent au niveau des
structures de surface ; le dernier s'apparentera plutôt à une 138 MÉMOIRES ORIGINAUX
marque sémantique. (Fillenbaum a fait cette assimilation, bien
qu'aucune théorie sémantique ne puisse rendre compte du savoir
pragmatique qui permet d'établir ces relations ; cependant,
leur trace devra être recherchée au niveau des structures pro
fondes des phrases.)
La simultanéité des actions peut, elle, être marquée par les
morphèmes de temps (pendant que, en même temps que...).
Un autre cas, néanmoins, doit être envisagé : celui où aucune
des précédentes marques n'est présente dans la phrase : à ce
moment-là, seul l'ordre d'énonciation des actions peut fonc
tionner comme indicateur de la succession, comme c'est le cas
pour l'enfant. Rien, cependant, ne permet d'inférer qu'il fonc
tionnera chez l'adulte. Selon le comportement des sujets face à
ce type de phrase, nous pourrons déterminer si l'ordre d'énoncia
tion fonctionne ou non comme indicateur de la succession. Nous
distinguerons donc un troisième type de relation temporelle :
la non-succession.
Il convient dès maintenant de spécifier sur quelle conception
de la compréhension nous nous sommes fondés : comprendre
une phrase, c'est savoir la paraphraser, et c'est aussi et surtout,
savoir répondre à des questions concernant le sens de cette phrase.
C'est pour cela que nous avons choisi de tester la compréhension
par la mesure du temps de latence d'une réponse à une question
concernant l'ordre des événements exprimés (par conséquent,
une bonne compréhension correspondra à une réponse correcte
et rapide).
Nous avons préféré poser au sujet la question en même temps
que nous lui présentions la phrase, pour éviter l'intervention de
facteurs d'ordre mnémonique.
HYPOTHÈSES ET VARIABLES
En réalité, aucune hypothèse précise ne sera formulée, en
raison du peu de travaux effectués sur ce sujet ; nous retiendrons
les facteurs suivants :
1) Morphèmes de temps : ici, en ce qui concerne la marque
de succession par cet indicateur, nous avons choisi de travailler
avec la coordination par puis : « Jean écrit la lettre puis Jacques
la poste. » La non-succession sera représentée par la juxtaposition
par une virgule : « Jean regarde le chien, Jacques le caresse. » F. LOCATELLI 139
La simultanéité le sera par la conjonction pendant que : « Jean
regarde la vitre pendant que Louise la nettoie. »
2) Oppositions temporelles : elles seront présentes dans les
subordonnées relatives en que (car elles sont peu fréquentes dans
la langue avec d'autres formes de phrases). Nous sommes limités
aux oppositions passé composé/présent (PC/P) et présent/futur
(P/F), parce qu'elles se rapportent aux trois époques fondament
ales de la durée et peuvent être utilisées indépendamment des
morphèmes de temps ; par exemple : « Jean conduit la voiture
que Thérèse a lavée. »
La subordination relative avec les deux verbes au présent
représentera un cas d'absence d'opposition temporelle : « Jean
essuie la vaisselle que Jeanne lave. »
3) Relations logiques : nous avons construit une partie de nos
phrases avec deux actions temporellement incompatibles (L + ),
et l'autre avec deux compatibles quant à leur occurrence
(L — ). (La construction d'un tel matériel a d'ailleurs été rendue
délicate par l'incapacité de toute théorie sémantique à rendre
compte de cette connaissance pragmatique du locuteur.)
Exemples : L-f •' « Jean lave le verre, Luc le casse. »
L — : « regarde le chien, Jacques le caresse. »
4) Ordre d' énoncialion des actions : chaque phrase est passée
dans les deux cas : ordre d'énonciation semblable à l'ordre
d'efîectuation (O = ), et ordre contraire à
d'effectuation (0 #).
Exemples : 0= : « Thérèse a lavé la voiture que Jean
conduit. »
0^ : « Jean conduit la voiture que Thérèse a
lavée. »
Dans les phrases où toutes les marques de la succession (1, 2,
3) sont absentes nous n'avons pas fait varier cet ordre, puis
que aucun ordre d'effectuation ne peut y être déterminé.
EXPÉRIENCE
1. Matériel
Les 36 phrases expérimentales comportent deux propositions Sujet-
Verbe-Objet, dont les deux verbes ont le même complément d'objet
direct (ce qui permet la relative en QUE) et dont les sujets sont exprimés
par des prénoms usuels. I TABLEAU
Plan d'expérience
17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 25 29 30 31 32 12 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 33 34 35 36
Sub. relative QUE Sul >. relative QUE 5u&. par Juxtaposition Coordination avec opposit. temporelle sans opposit. temporelle pendant que
L- L- L— L- L- 0 = L— 0= O = L + L+ O^ L+ O^ L+
•a c CD 0 0 p PC P /F PC -/P F/ p/
Oi Q2 Ox Q2 Qi Q2 Ox Qx Q2 0« Qx Q2
Ox Q2 Ox Ox Q2 Ox
— L- L- 0 = 0 = L + L L L L + L-f CM 0 m
■3 c P/T7 PC/P F/P p/pr.
0
A Q2 Ox 02 Oi Ox Q2 Ox 0, CO
Q2 Ox Oa Ox Ox Q2 Oi
actions incompatibles : L — : actions compatibles, Légende : L +
ordre d'énonciation différent de l'ordre d'efîectuation.
0= semblable à d'effectuation.
question portant sur le premier actant. Ox le second 0
présent ; PC : passé composé ; F : futur.
Notre plan n'a pu être totalement équilibré étant donné les anomalies qui auraient pu être produites par la combinaison de
certaines variables. Ainsi nous n'avons pu présenter des phrases du type : « Jean attise le feu puis Jacques l'allume » (correspondant
à la case hachurée du plan).
Les phrases ont été présentées au hasard. F. LOCATELLI 141
2. Technique
Nous avons travaillé avec un tachistoscope à deux canaux ; chaque
phrase est présentée pendant sept secondes au sujet, de façon à lui
permettre de la traiter sans avoir à la mémoriser. Au-dessus de chaque
phrase, un numéro, 1 ou 2, est imprimé, correspondant à la question à
laquelle le sujet doit répondre, dès l'apparition de la phrase :
— quand ce numéro est 1, le sujet doit donner le prénom de celui qui
agit en premier (Qt) ;
— quand le numéro est 2, il doit donner le prénom de celui qui agit
en second (Q2).
Quand le sujet estime que les deux actions ne sont pas successives,
il doit répondre par NON. Dans la consigne, nous avons demandé au
sujet de aussi rapidement que possible. La réponse du sujet
et son temps de latence ont été enregistrés.
3. Plan d'expérience
Nous avons travaillé avec deux groupes indépendants de sujets,
A et B, différant par le traitement affecté à chaque phrase et par l'ordre
d'énonciation des actions dans les phrases présentées.
4. Sujets
Au total nous avons travaillé avec 50 sujets, étudiants en psychol
ogie dont 25 ont été affectés à chaque groupe.
RÉSULTATS
Nous avons considéré comme erreur :
— la réponse non dans le cas de la présence d'un des trois
indicateurs utilisés ;
— une réponse par un prénom dans le cas d'absence d'indica
teurs (non-succession) et pour les phrases comportant le
pendant que ;
— une réponse consistant à donner un autre prénom que celui
demandé.
Le tableau II représente les résultats pour chacun des types
de construction utilisés. Les temps de latence (TL) correspondant
aux bonnes réponses, sont exprimés en centisecondes, les erreurs
sont exprimées en pourcentage (% E). TABLEAU II
Résultats par type de construction
(Une phrase est fournie en exemple pour chaque traitement)
L— L +
Type de constr. 0= 0= 0*
Juxtaposées Jean lave le verre, Luc casse le verre, Jean regarde le chien,
Luc le casse Jean le lave Jacques le caresse
392,8 TL 462,4 360 (réponse non
%E 16 33 5,5 attendue)
Coordonnées Thérèse lave la vaisselle Michel salue la fleuriste
puis Denis la range puis Guy l'embrasse
339,7 TL 417,5
%E 2 6
Subord. Charles dicte la lettre Pierre enverra la lettre S. regarde le tableau R. recopiera le tableau
avec O Temp. que Pierre enverra que Charles dicte que R. recopiera que S. regarde
TL 390,5 393,7 450,8 444,2
17 %E 4 43 19
Jean lance la balle Claude attrape la balle André acclame l'orateur Subord.
sans O Temp. que Claude attrape que Jean lance que Paul critique
TL 420,3 414 419,4 (réponse non
%E 17 27 14 attendue)
Pendant que Yves regarde la vitre
pendant que Paule la nettoie
TL 408,7 (réponse non
%E 12 attendue) F. LOCATELLI 143
Le pourcentage d'erreurs pourrait, d'une façon générale,
paraître assez élevé ; il est en effet possible que des défauts de
construction du matériel soient à leur origine.
En raison du déséquilibre de notre plan, nous avons procédé
à deux analyses de variance complémentaires sur les Temps de
latence : l'une n'a pris en compte que les résultats obtenus
en L + , l'autre ceux obtenus en L — , Les comparaisons supplé
mentaires ont été effectuées avec des T de Student et des yj.
Il faut souligner que les comparaisons entre les temps de
latence (et les erreurs) aux réponses non et ceux des réponses
par un prénom, doivent être prudentes et tenir compte de la
différence entre les mécanismes qui sont à l'origine de ces
réponses.
Soulignons, d'autre part, que nous avons confondu dans une
même catégorie de réponse (non) les cas de non-succession et
les cas de simultanéité. Notre attention était, en effet, focalisée
sur la succession. Au niveau de l'analyse des résultats, cette
confusion interdit cependant certaines interprétations.
1. Rôle des morphèmes de temps
Pour le mettre en évidence, nous ne pouvons que comparer
la coordination par puis, la subordination par pendant que,
et la juxtaposition.
En L-f- O = , on constate que la cooordination donne lieu à
une compréhension plus rapide que la juxtaposition : le puis
a fonctionné comme un indicateur de la succession (P < .0005).
En L — , la plus grande facilité de la obtenue
au niveau du temps de latence (P < .0005), pourrait provenir
de la grande fréquence de cette construction dans la langue (en
particulier précédant une coordination : « Le maître ramasse
les cahiers, fait réciter la leçon, donne les devoirs et distribue
les bons points »). Cependant, nous sommes ici dans un cas où
les deux situations comparées ne donnent pas lieu aux mêmes
bonnes réponses, il convient donc d'être prudents.
On constate que le pendant que a fonctionné comme indica
teur de la simultanéité. Les temps de latence relativement longs,
que ces phrases provoquent, proviennent peut-être de leur
originalité au sein du matériel présenté (remarquons ici que les
deux traitements comparés : juxtaposées L+ et subordonnées
par pendant que recueillent la même bonne réponse : non.)

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