La vision - compte-rendu ; n°2 ; vol.60, pg 386-404

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L'année psychologique - Année 1960 - Volume 60 - Numéro 2 - Pages 386-404
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1960
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La vision
In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°2. pp. 386-404.
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La vision. In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°2. pp. 386-404.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1960_num_60_2_6861ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 386
Gebiiard (J. W.), Mowbray (G. H.) — On discriminating the
rate of visual flicker and auditory flutter (Sur la discrimination de
fréquences de « » visuel et de « flutter » auditif). — Amer.
J. Psychol., 1959, 72, 521-529.
Au cours de recherches précédentes les A. ont montré que des
sujets pouvaient déceler de très faibles différences dans la fréquence
de lumières ou de bruits blancs intermittents et que le seuil différentiel
était à peu près le même dans le domaine visuel que dans l'auditif.
Ils se proposent maintenant de faire une étude intrasensorielle et de
voir comment un sujet arrive à reproduire une fréquence auditive
égale à une fréquence visuelle ou vice versa.
Ils utilisent un appareil qui permet à l'E. de fournir une fréquence
étalon, soit de lumière blanche, soit de bruit blanc intermittent et au
sujet de reproduire cette même fréquence, dans l'autre domaine sensoriel,
par un ajustement. Plusieurs conditions expérimentales sont étudiées :
1° l'étalon est donné, puis disparaît et l'ajustement est ensuite fait ;
2° étalon et variable sont simultanés, le sujet fait l'ajustement en pré
sence de l'étalon ; 3° diverses fréquences sont utilisées et la même mesure
est répétée plusieurs fois.
Dans tous les cas, le fait caractéristique est que l'ajustement du
flicker (visuel) au flutter (auditif) est bien meilleur que celui du flutter
au flicker. D'autre part, alors que les ajustements intra -sensoriels varient
ÀF
entre 0,01 et 0,024 (ces chiffres représentent AL = -^-, t seuil différentiel
relatif), les mêmes mesures obtenues par ajustement intersensoriel
varient entre 0,03 et 0,42. Lorsque étalon et variable sont présentés
simultanément, les erreurs sont plus faibles que lorsqu'ils
successivement.
E. V.
La vision.
Said (F. S.), Weale (R. A.). — The variation with ageof the spectral
transmissitivity of the living cristalline lens (La variation avec
l'âge de la transparence spectrale du cristallin humain in situ). —
Gerontologia, 1959, 3, 213-231.
Par une méthode photo-densitométrique, on compare les intensités
relatives des images d'une source lumineuse réfléchies respectivement
par les parois antérieure et postérieure du cristallin. Ainsi, on établit
la courbe spectrale de l'absorption du cristallin, en fonction de l'âge-
La transparence du cristallin est constante entre 4 et 21 ans. Ensuite,
une baisse progressive s'établit qu'on a suivie jusqu'à Vàge de 63 ans-
On constate que cette baisse est logarithmiquement linéaire. Pour
A < 500 m[i, les valeurs ainsi déterminées constituent un minimum
de l'absorption totale entre cornée et rétine. Il est malheureusement
très difficile de mesurer directement l'absorption dans les milieux
oculaires en dehors du cristallin. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 387
A titre d'indication, notons que pour X = 500 m\i, la transmission
va de 76 % à l'âge de 21 ans à 47 % à l'âge de 63 ans.
E. B.
Danis (P.). — Contribution à l'étude électrophysiologique de la
rétine. — Bruxelles, 1959.
Pour le rat adapté à l'obscurité, la latence et l'amplitude de l'onde b
(jusqu'à 975 lux) varient en fonction du logarithme de la luminance, la
première décroissant avec une allure hyperbolique d'environ 80 à une
quinzaine de ms, la seconde passant d'une cinquantaine à un plafond
d'environ 450 \xV. Les variations de latence se sont montrées plus
fidèles que celles de l'amplitude.
L'auteur voit dans l'onde b la résultante algébrique de deux potentiels
de polarité opposés et réagissant différemment aux facteurs d'intensité,
durée, longueur d'onde.
Chez l'écureuil avec rétine à prédominance de cônes, l'adaptation à
l'obscurité est plus rapide, les seuils plus élevés (maximum de sensi
bilité à 530 au lieu de 500 mjx chez le rat), et l'E.R.G. est moins réduit
par l'adaptation à la lumière (alors qu'il arrive à être aboli chez le rat).
Après section des fibres optiques chez le rat il n'y a pas de modifi
cation de l'allure de l'E.R.G., dont l'amplitude est un peu réduite et la
latence un peu allongée pour une même luminance (cette section ayant
pour effet de réduire d'environ 44 % le nombre des cellules ganglionn
aires) .
L'action des barbituriques, qui est dépressive pour les faibles lumi
nances, s'est montrée, au contraire, amplificatrice pour les fortes.
L'auteur donne, en faisant appel à ses recherches et aux résultats
des auteurs, ses conclusions sur l'E.R.G. pour une rétine à bâtonnets.
L'onde a (négative rapide), serait d'origine proche des récepteurs,
l'onde négative lente devant relever de la zone des synapses entre
bipolaires et ganglionnaires. Reste l'onde b positive qui ne doit pas, à
ses yeux, correspondre à l'excitation assurant la décharge d'influx
du nerf optique, mais dont l'origine reste en question.
H. P.
Bowness (J. M.), Wolken (J. J.). — A light-sensitive yellow pigment
from the house-fly (Un pigment photosensible jaune extrait de
l'œil de la Mouche domestique). — /. gen. Physiol. — 1959, 42,
779-792.
Les auteurs ont extrait de têtes de Musca domestica une solution
brun foncé, formée de divers pigments dont l'un, jaune, est photos
ensible et a une courbe d'absorption spectrale avec un maximum
à 437 m\L. Ce pigment photosensible ne peut être identifié avec aucun
des pigments déjà connus dans les yeux des insectes, ou avec les pigments
des yeux des autres animaux, quoique ces derniers montrent quelque
ressemblance avec le premier dans leurs propriétés spectroscopiques.
G. V. 388 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Wolken (J. J.), Capenos (J.), Turano (A.). — Photoreceptors struc
tures : III. Drosophila melano gaster (Structures de photorécepteurs :
III. Drosophile). — /. biophys. biochem. Cytol, 1937, 3, 441-448.
Étude des yeux de trois mutants de D.m. (scarlet, wild-type-red,
white) au microscope électronique. Chaque ommatidie a 7 rétinules
ou rhabdomères (unités visuelles), disposées radiairement. Les rhabdo-
mères ont en moyenne 1,2 y. de diamètre et 60 y. de long. Chacun d'eux
consiste en bandes denses ou tubes, empilées, fixables à l'osmium, et,
ayant en moyenne 120 Â d'épaisseur, avec des intervalles allant de
200 à 400 Â. Cette structure fine de l'intérieur d'un rhabdomère est
semblable à celle qui a été déjà observée au microscope électronique
chez Musca domestica ; elle présente aussi des analogies avec celle des
bâtonnets rétiniens des Vertébrés (faits de disques empilés) et des
chloroplastes des plantes. En outre, la disposition radiaire des éléments
de l'ommatidie est probablement en relation avec l'analyse de la lumière
polarisée par l'œil de l'Insecte (cf. Von Frisch, Autrum).
G. V.
Wolken (H. J.). — A comparative study of photoreceptors (Étude
comparative de photorécepteurs). — Transact. New York Acad.
Sei., 1957, 19, 315-27. — Studies of photoreceptors structures (Étude
sur les structures de — Ann. New York Acad.
Sei., 1958, 74, 164-81. — Retinal Structure. Mollusc. Céphalopodes :
Octopus, Sepia (Structure rétinienne, Mollusques :
Poulpe, Seiche). — J. biophys. biochem. Cytol., 1958, 4, 835-8.
Wolken (et ses collaborateurs) étudient à leur laboratoire de Pitt
sburgh la structure de photorécepteurs très divers (depuis le stigma
de l'Euglène jusqu'aux ommatidies des Drosophiles et à la rétine des
Vertébrés) au moyen du microscope électronique ; la sensibilité spec
trale de ces organismes, et enfin la photochimie des pigments sensibles.
Dans tous les cas, l'épaisseur des couches de pigment est du même ordre
de grandeur (120-240 Â), ainsi que le nombre de molécules de pigment
par photorécepteur (109), que le poids moléculaire du
(104) ; pourtant les dimensions des macromolécules pigmentaires peuvent
varier dans de plus larges limites (18 à 50 Â en diamètre). Les courbes
de sensibilité spectrale données par l'auteur, pour Euglena gracilis et
Drosophila melanogaster, en particulier, sont très semblables à celles
antérieurement publiées par d'autres auteurs. Notons que trois races de
D. melanogaster (scarlet, wild-type-red, white) ont des courbes de sensibil
ité assez différentes, bien que leurs maxima coïncident à peu près
(ils indiquent la présence de pigments caroténiques, max. à 508 m^).
Le stigma des Euglènes contient de l'astaxanthine, qui est un pigment
animal responsable de l'orientation phototactique, et du ß-carotene,
responsable de la photocinèse (max. à 465 m\i).
Chez les Planaires, qui ont deux yeux « de direction », la structure
des éléments rétiniens consiste en disques empilés, ressemblant à ceux PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 389
des segments externes, des bâtonnets et des cônes des Vertébrés ;
leur pigment photosensible est probablement la rhodopsine (max. vers
510 mfz) ; mais il y a un autre pigment dont le maximum d'absorption
est dans l'u.-v. à 370 mjx. L'œil composé de la Drosophile contient
700 ommatidies, dont les rhabdomères (unités visuelles des rhabdomes)
sont disposés radiairement et formés de tubes empilés (voir analyse
précédente). Chez les Mollusques, comme on sait, les yeux ont une orga
nisation morphologique et physiologique comparable à celle des Verté
brés ; mais le microscope électronique montre que la structure des
cellules rétiniennes est très semblable à celle des Arthropodes : il y a
chez Octopus et Sepia des groupes de 4 rhabdomères disposés radiair
ement pour former chacun un rhabdome ; le rahbdomère lui-même est
fait de tubes empilés comme chez les Arthropodes et non de disques
comme chez les Vertébrés. Pour ces derniers (Perche, Grenouille,
Poulet, Baleine, Vache, Singes, Homme), l'auteur donne des précisions
sur la structure des bâtonnets et leurs dimensions. Ces éléments de
disques comme les photo-récepteurs de la photosynthèse et chloroplastes,
des végétaux. Son opinion finale est que les propriétés structurales
fondamentales des photorécepteurs sont très semblables chez de nom
breux organismes vivants, sinon tous, et que cette idée peut nous ame
ner à comprendre l'unicité de la fonction. De remarquables photograp
hies, obtenues au microscope électronique, accompagnent le texte
de ces notes.
G. V.
Rushton (W. A. H.). — Physical measurement of cone pigment
in the living human eye (Mesure physique des pigments des cônes
dans l'œil humain in situ). — Nature, 1957, 179, 571-573. — Kinetics
of cone pigments measured objectively on the living human retina
(La cinétique des pigments des cônes déterminée dans la rétine
humaine in situ). — New York Acad. Sei., 1958, 74, art. 2, 291-304.
Brindley (G. S.), Rushton (W. A. H.). — The colour of monoc
hromatic light when passed into the human retina from behind
(La couleur d'une lumière monochromatique atteignant la rétine
humaine par-derrière). — J. Physiol., 1959, 147, 204-208. —
Brindley (G. S.). — Die Physiologie des Farbensehens (La Physiol
ogie de la vision des couleurs). — Klin. Wochenschrift, 1959, 37,
1157-62.
On sait que grâce à une méthode ophtalmoscopique très poussée,
Rushton a réussi à mesurer in situ les variations de densité de 3 pigments
rétiniens. Ce sont la rhodopsine, pigment des bâtonnets, et deux
fovéaux dont l'un est plus sensible dans le rouge, l'autre dans le vert.
En déterminant le taux de blanchissement en fonction de l'intensité
stimulante, Rushton obtient une courbe en S, si l'intensité est portée
en unités logarithmiques. En répétant cela pour les différents X, il
peut calculer la photosensibilité définie par l'inverse du nombre de 390 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
quanta nécessaires pour blanchir 1/e de la densité maximum du pigment.
A 520 mpt,, il trouve pour le pigment « vert » 4 x 10~16 cm2, ce qui est
égal à 4,5 fois la valeur correspondant à la rhodopsine en solution.
D'autre part, on sait qu'on n'a jamais pu extraire un pigment
d'aucun œil qui ne contiendrait également des bâtonnets, c'est-à-dire
de la rhodopsine. On en a conclu que la quantité des pigments contenus
dans les cônes est très faible. Pour expliquer la contradiction entre ce
fait et ses mesures, Rushton conclut que la disposition spatiale des
pigments des cônes pourrait être telle que la lumière y est justement
concentrée, de sorte qu'une faible quantité de pigment pourrait tout
de même suffire pour produire une densité supérieure à 0,15, c'est-à-dire
au moins aussi élevée que celle de la rhodopsine.
Dans une autre expérience, Rushton constate que la lumière blanche
blanchit les deux pigments des cônes à la même vitesse (voir à ce sujet
l'analyse suivante de la publication de Weale). Vis-à-vis de cette lumière,
on peut donc les considérer comme un pigment unique. Si x est la fraction
du pigment blanchi et I l'intensité blanchissante en trolands, l'équation
cinétique du blanchissement devient :
dx (1 — x) I x
= 5.106 130 It
où le terme — - tient compte de la régénération du pigment.
1 UV
Pour I constant, il vient donc :
I = —^— .4.104 trolands
1 — x
Hecht avait déjà posé une telle équation, mais avec une constante
arbitraire (la valeur de I blanchissant à 50 %). Cependant, chez Hecht
cette constante est comprise entre 10 et 100 trolands, d'où la conclusion
de l'auteur que d'autres explications que celles de Hecht s'avèrent
nécessaires.
Brindley et Rushton focalisent de la lumière monochromatique
sur la sclérotique. Le sujet éprouve alors une sensation lumineuse
localisable provoquée par de la lumière qui a traversé la rétine en sens
inverse de la traversée normale. En faisant réfléchir de la lumière
émise par une source du même type (monochromateur) par un petit
miroir fixé sur le nez du sujet, on la fait entrer par la pupille et peut
s'arranger de manière que les deux images ainsi produites sont vues
en juxtaposition. Le sujet fait varier la couleur de l'une des sources
jusqu'à égalisation en couleurs.
On observe un faible effet différentiel qui montre que la lumière
sclérale est déplacée vers les grandes longueurs d'onde. Cet effet atteint
5 mpt à 546 m[x de la source étalon. Cette expérience prouve que la vision
des couleurs ne peut s'expliquer par un seul pigment contenu dans tous
les cônes, devant lesquels il se trouverait des filtres colorés de trois
types différents. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 391
Dans une revue, Brindley expose toutes les raisons qui militent en
faveur de sa thèse que la vision des couleurs est due à 3 types de cônes
contenant 3 pigments différents. Les méthodes de mesures actuelles
ne permettent pas de détecter un pigment « bleu », pour des raisons
techniques. On rappelle que les interconnexions nerveuses de ce récep
teur sont très différentes de celles des deux autres types. En effet,
Stiles a trouvé qu'au delà de diamètres de test de 2,5' (il n'a pas utilisé
des tests plus petits), la loi de Ricco — sommation totale ■ — n'est pas
valable en vision fovéale du rouge au vert. Au contraire, cette loi
tient bien jusque à 13' en vision du bleu, réalisée nécessairement au
moyen des cônes, puisque la fovéa ne contient pas de bâtonnets.
E. B.
Weale (R. A.). — Photo-sensitive reactions in fovea of norma
and cone mono-chromatic observers (Réactions photo-sensitives
dans les foveae d'observateurs normaux et achromatopes à cônes).
— Opt. Ada, 1959, 6, 158-173.
L'auteur mesure les spectres de réflexion provenant du fond de la
rétine d'un observateur. Ce spectre est fonction de la densité des pig
ments photosensibles contenus dans les cônes. On l'obtient en l'espace
de 1,2 s. Cette technique permet de suivre les processus de blanchisse
ment et de régénération des substances photosensibles présentes dans
la fovéa humaine.
Weale trouve deux pigments qu'il dénomme respectivement G. P. 540
et G. P. 600, en se référant aux longueurs d'ondes où ils présentent leur
maximum d'absorption. Il prouve que la lumière rouge blanchit non
seulement G. P. 600, mais, dans une moindre proportion, également
G. P. 540, ce que Rushton avait exclu parce qu'une telle lumière ne semble
agir sur la fovéa d'un protanormal.
Les expériences montrent une variabilité individuelle importante,
et l'identité des types de réponses obtenues des sujets normaux et d'un
sujet achromatope anormal (à vision achromatique mais jouissant d'une
acuité visuelle excellente).
Les courbes d'adaptation à la lumière et à l'obscurité démontrent
la présence de produits de blanchissement aux propriétés sélectives
(jaunâtres). Ces disparaissent rapidement au cours de l'adapta
tion à l'obsucrité et ne peuvent guère être détectés 12 minutes après le
début de cette dernière.
Les vitesses de blanchissement et de régénération ne sont pas les
mêmes pour les deux pigments.
Dans l'ensemble, les résultats confirment ceux de Rushton. Ils
les corrigent cependant sur plusieurs points, dont surtout les vitesses
de blanchissement et de régénération différentes pour les deux pigments
et la photolyse en lumière rouge extrême de G. P. 540.
E. B.
A. PSYCHOL. 60 26 392 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Mac Nichol (E. F. Jr.), Mac Pherson (L.), Svaetichin (G.). —
Studies on spectral response curves from the Fish retina (Étude
des courbes de réponse spectrale de la rétine des Poissons). —
Visual Problems of Colour. London, Her Majesty's Stationery Office,
1958, 530-536. — Mac Nichol (E. F. Jr.), Svaetichin (G.). —
Electric responses from the isolated retinas of fishes (Réponses
électriques des rétines isolées des Poissons). — Amer. J. Ophtalm.,
1958, 46, 26-46. — Svaetichin (G.), Mac Nichol (E. F. Jr.). —
Retinal mechanisms for chromatic and achromatic vision (Méca
nismes rétiniens de la vision chromatique et achromatique). —
Ann. New York Acad. Sei., 1958, 74, 385-404.
Svaetichin, dès 1952, avait réussi à recueillir, dans des rétines de
Poissons, des potentiels locaux qu'il avait attribués aux cônes eux-
mêmes. En 1956, il montrait que la polairté de ces potentiels pouvait,
dans certains cas, varier avec la longueur d'onde de la stimulation
lumineuse. Ces premières conclusions, d'un intérêt considérable pour la
compréhension des mécanismes rétiniens, ont été soumises à de nouveaux
contrôles expérimentaux. Le point le plus difficile à éclaircir concerne
l'origine exacte des potentiels. Pour localiser la pointe de la micro
électrode relativement aux différentes couches rétiniennes, les auteurs
ont déposé, par électrophorèse, un colorant préalablement ajouté au
liquide emplissant l'électrode. Malgré les difficultés techniques du pro
cédé, ils ont pu obtenir des marques et constater que les potentiels
recueillis provenaient soit de la région des cellules horizontales, soit de
celle des bipolaires mais jamais des récepteurs eux-mêmes. Ces potentiels,
comme Svaetichin l'avait déjà montré sont de plusieurs types. On peut
distinguer des éléments qui répondent aux différentes longueurs d'onde
en suivant sensiblement la courbe de visibilité photopique (réponse L),
ces éléments sont probablement des cellules horizontales géantes.
D'autres donnent une réponse à polarité négative pour les courtes
longueurs d'onde et à polarité positive pour l'autre extrémité du spectre,
ce sont peut-être des cellules bipolaires et ces éléments chromatiques se
subdivisent en deux groupes, ceux qui donnent le maximum de dépola
risation pour une stimulation verte et le maximum d'hyperpolarisation
pour une stimulation rouge (réponse R.G.) et ceux qui donnent le max
imum de dépolarisation pour une stimulation bleue et le maximum
d'hyperpolarisation pour une jaune (réponse Y.B.). Ainsi
se trouve remise à l'ordre du jour l'hypothèse, longtemps délaissée,
des couples antagonistes de Hering.
Il est intéressant de noter que les poissons vivant par plus de trente
mètres de fond donnent seulement la réponse L. Chez les espèces vivant
plus en surface , un des couples antagonistes peut faire défaut. Des
différentes espèces étudiées par Svaetichin et ses collaborateurs, seul
le Mulet donne, outre la réponse L, les deux couples R.G. et Y.B.
Y. G. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 393
Mon je (M). — Ueber die Ausdehnung des stäbchenfreies Bezirkzs
der Netzhautmitte und dessen Empfindlichkeit für Farbenreize
(Sur l'extension de la zone privée de bâtonnets du centre de la rétine
et sa sensibilité pour les stimuli de couleurs). — Pflüger' s Arch.
ges. Physiol., 1959, 208, 390-403.
Mesures de sensibilité dans la région centrale de la rétine de 3 sujets
par projection, à l'obscurité, d'une petite plage de 7' de diamètre, avec
un flux filtré rouge, vert ou bleu, un petit point de fixation rouge
étant systématiquement déplacé pour assurer une exploration. Dans
une marge de 2° à partir du point rétinien fixé (qui varie avec les sujets
par rapport au centre fovéal) la sensibilité au rouge ne varie pas (et
s'amoindrit au delà) ; pour le bleu et le vert, la sensibilité (qui est
moindre) ne varie pas, dans une marge limitée à 1° seulement. Mais
l'auteur dit qu'il y a des différences individuelles et qu'il n'a pas trouvé
de critère précis de l'extension dans chaque direction de la zone privée
de bâtonnets.
Ce qui surprend, c'est qu'il n'ait pas retrouvé la cécité au bleu
centro-fovéale. Son filtre bleu en a été peut-être la cause.
H. P.
Kelsey (Patricia A.), Schwartz (Ira). — Nature of the limit of the
color zone in perimetry (Nature de la limite de la zone chromatique
en périmétrie). — /. opt. Soc. Amer., 1959, 49, 764-769.
Étude du champ visuel périphérique chez 4 sujets, au moyen du
périmètre de Goldmann (hémisphère blanc sur lequel on projette une
tache lumineuse elliptique après traversée d'un filtre bleu ou d'un
double filtre jaune (Wratten), avec des luminances à peu près égales,
pendant 1 s de durée. Il y a un point de fixation et l'adaptation est
maintenue à 2 ft L.
La luminance pour les taches lumineuses est assurée, par emploi
supplémentaire de filtres neutres, à 4 niveaux (2,32 ; 2,92 ; 4,86 ;
11,25 ft L pour le jaune, 2,0 ; 2,04 ; 2,10 ; 2,35 ft L pour le bleu).
Avec l'éclairement maximum, le pourcentage des perceptions de
couleur est tombé à 0 pour les 4 sujets aux limites suivantes, latéra
lement :
Jaune Bleu
52° 60° I
80° 52° II
60° 70° III
48° 58° IV
Les différences individuelles sont notables. Le pourcentage de
réponses positives décroît graduellement avant de s'annuler.
H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 394
Moreland (J. D.), Cruz (A.). — Colour perception with the peri
pheral retina (Perception des couleurs en vision périphérique). —
Opt. Ada, 1959, 6, 117-151.
A l'aide du colorimètre trichromatique de Wright on pratique des
durées d'observation comprises entre 0,05 s et 2 s. Les auteurs comparent
l'impression chromatique d'un test coloré vue périphériquement avec
celle fournie par un stimulus fovéal, le stimulus extrafovéal (494,0 my.
ou 582,5 my.) étant égalisé par de la lumière des longueurs d'ondes 460 y»
530 my et 650 my., dans le stimulus fovéal.
Un travail très étendu a été accompli par deux observateurs, portant
sur la région rétinienne comprise entre 10° et 50° extrafovéale. L'état
d'adaptation et la durée d'exposition ont été pris comme variables et
leur influence sur la perception chromatique étudiée.
Les niveaux d'adaptation choisis (adaptation à l'obscurité et à un
niveau photopique faible de l'ordre de 8 nits) impliquent une activité
des bâtonnets. Cela s'observe surtout à 10° et 15° extrafovéal, car la
désaturation constatée n'est pas particulière à la région autour de
510 my., mais présente du violet au vert. On peut donc penser que les
réponses des bâtonnets agissent également sur les canaux qui aboutissent
au cortex aux lieux d'élaboration des sensations chromatiques.
D'autres causes possibles des confusions de plus en plus accentuées
vers la périphérie sont discutées. On démontre l'absence de symétrie
radiale dans la rétine ; les différences entre observateurs sont d'ailleurs
du même ordre de grandeur que l'asymétrie rétinienne.
En tant que source d'information, cette publication est certainement
précieuse.
E. B.
Heintz (E.). — La question de la sensibilité des Abeilles à l'ultra
violet. — Insectes soc, 1959, 6, 223-9.
Les expériences de Bertholf (1932) et de Sander (1934) sont reprises
en vue de trancher le différend entre ces auteurs concernant la courbe
de sensibilité spectrale de l'Abeille en lumière visible et ultra-violette.
En enregistrant le nombre d'approches phototropiques d'une fente
lumineuse monochromatique d'énergie et de longueur d'onde variables
(méthode de Sander), Heintz montre :
1° que la réactivité photique des Abeilles suit la loi de Weber-Fechner,
mais avec des coefficients de proportionnalité différents suivant les
longueurs d'onde ;
2° que, pour une énergie de 5 ergs/s/cm2, les résultats de Bertholf sont
confirmés (deux maxima de la sensibilité spectrale globale, l'un dans
le visible à 550 m^, l'autre beaucoup plus ample dans l'u.-v., de
365 my.) ;
3° que les résultats aberrants de Sander s'expliquent par l'emploi
d'énergies beaucoup trop fortes (436 ergs/s/cm2) ; il en résulte un

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