La vision - compte-rendu ; n°2 ; vol.62, pg 471-482

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L'année psychologique - Année 1962 - Volume 62 - Numéro 2 - Pages 471-482
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1962
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La vision
In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°2. pp. 471-482.
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La vision. In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°2. pp. 471-482.
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supérieure à 2 % d'humidité relative et, de surcroît, ne s'appliquent pas
au cas de très faibles volumes d'air.
La sensibilité différentielle hygrométrique des femelles d'Acarns
est très fine : le seuil différentiel absolu est de l'ordre de 0,1 % d'humidité
relative, entre 70 et 75 %, d'une part, entre 85 et 90 %, d'autre part.
Mais, dans les limites de l'hygropreferendum (75 à 85 %), les réactions
différentielles ne se produisent que pour des écarts hygrométriques mini
maux de 5 à 7 % entre les deux compartiments de l'appareil à choix.
La sensibilité différentielle hygrométrique d'Acarus ne dépend pas
de la température : elle ne varie pratiquement pas entre 10 et 30° G.
On peut en conclure que les récepteurs sensoriels mis en jeu ne sont
sûrement pas du « type évaporimètre », comme ceux qui ont été mis
en évidence chez plusieurs Arthropodes, par exemple la larve du Goléop-
tère Elatéride Agriotes (Lees, 1948).
J. Me.
Bässler (U.). — Zum Schweresinn von Mehlkäfern « (Tenebrio
molitor) » und Stechwucken « (Aedes aegypti) » (Du sens de la pesan
teur de Coléoptères (T. M.) et de Moustiques (A. ag.J). — Z. Natur-
forsch., 1961, 16, 264-267.
L'auteur a mis en évidence chez les Ténébrionides des organes sen
sibles à la pesanteur situés entre le prothorax et le mésothorax, en
outre des appareils antennaires, et, chez les Moustiques, dans les pattes,
en outre de l'appareil de Johnston bien connu. Il pense que la dualité
de ces géorécepteurs doit être générale chez les Insectes.
H. P.
Les fonctions sensorielles chez les vertébrés et chez l'homme.
La vision.
Grangand (R.), Massonet (Renée), Moatti (J. P.). — Étude de la
vitamine A et du rétinène des yeux de « Gambusia holbrooki » Gad. —
C. R. Soc. Biol., 1961, 155, 2150-2153.
Alors que les poissons d'eau douce possèdent comme pigment visuel
de la porphyropsine (à vitamine A2) le petit cyprinodontidé d'eau douce
qu'est la Gambouse n'a dans sa rétine que de la rhodopsine (à vita
mine AJ. Mais il a été constaté qu'elle pouvait vivre dans des eaux
saumâtres ayant jusqu'à 21 gr de NaCl par litre.
Le cas est rapproché par les auteurs de celui du Fundulus, qui tolère
des eaux contenant jusqu'à 100 g par litre de NaCl, et chez qui Wald
a constaté une forte prédominance de rhodopsine (F. heteroclitus ) .
Le chien de mer, exclusivement marin, n'a que de la rhodopsine, et
l'anguille catadrome (pondant dans la mer) a une forte prédominance
de ce pigment, tandis que la truite anadrome (pondant en eau douce)
a une dominance nette de la porphyropsine, pigment exclusif de la
perche blanche. Gela pose le problème de l'origine génétique du pigment.
H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 472
Miller (W. H.), Wohlbarsht (M. L.). — Neural activity in the
parietal eye of a Lizard (Activité nerveuse dans l'œil pariétal d'un
lézard). — Science, 1962, 135, 316-317. — Kennedy (D.), Neural
photoreception in a Lamellibranch Mollusc (Photoréception nerveuse
chez un mollusque Lamellibranche). — J. gen. Physiol, 1960,
44, 277-299.
Des recherches sur deux lézards, l'iguane et le caméléon américain
Anolis carolinensis ont porté sur l'E.R.G. de l'œil pariétal après enl
èvement de la cornée et du cristallin : une onde négative à l'électrode
rétinienne après une latence de 100 ms a été recueillie sous l'influence
d'une stimulation lumineuse, disparaissant avec la cessation, mais se pro
longeant assez stable pendant 3 à 4 s au moins. En recueillant la réponse
nerveuse avec microélectrode, une réponse on se manifeste par une forte
décharge qui se maintient à taux moindre pendant l'éclairement, et se
renforce, en réponse off, à la cessation sans que l'E.R.G. manifeste une
telle réponse. Il apparaît bien que l'œil pariétal chez les Lacertéens
constitue un photorécepteur fonctionnel — à condition que toute action
thermique des radiations ait bien été exclue, ce qui n'est pas précisé.
Chez Spirula solidissima D. K. a exploré les réponses à l'éclairement
de la branche nerveuse du nerf palléal se rendant au siphon qui présente
une photosensibilité. Il a constaté que l'effet de la stimulation lumineuse
était la réduction de l'arrêt total d'une activité spontanée (de 5 [zs envi
ron à l'obscurité après 1 s environ). Il a échoué dans l'exploration de
fibres isolées mais, en raison de l'amplitude constante des influx dans
le nerf palléal, il pense qu'une seule cellule photoréceptrice est intéressée,
tandis que chez d'autres Lamellibranches, comme Mya et Vénus, il y a une
réception diffuse sur le siphon avec réponses dans de nombreuses fibres.
A l'obscuration, la décharge reprend en s'accélérant (réponse off) dont la
grandeur croît proportionnellement au logarithme de l'éclairement. Le
maximum spectral d'efficience inhibitrice se situe aux environs de 500 m[x.
Mais K. croit avoir mis en évidence aussi un effet excitateur de la
lumière avec un maximum d'efficience spectrale à 600 m;*.
H. P.
Svaetichin (G.), Krattenmacher ( W.), Laufer (M.). — Photosti
mulation of single Cones (Stimulation lumineuse de cônes uniques).
/. gen. Physiol., 1960, 43, 101-114.
Toutes les fonctions visuelles photopiques sont proportionnelles
au logarithme de l'intensité stimulante. Or, la fréquence des potentiels
d'action ainsi que l'amplitude des potentiels lents dans la rétine varient
également avec le logarithme de l'intensité stimulante. On ne sait pas
si cette dépendance est caractéristique des photorécepteurs eux-mêmes
ou des connexions nerveuses qui les suivent. C'est pour obtenir une
réponse à cette question que les auteurs ont développé une méthode de
micro-illumination permettant la stimulation d'un seul cône de poisson.
Là réponse (réponse photopique graduée) est dérivée d'un neurone PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 473
de second ordre de la rétine (bipolaire) d'un poisson d'eau douce.
Dans un rayon de 50 [/. — comprenant environ 40 cônes — autour de la
pointe de la microélectrode, les réponses lentes sont identiques, quel que
soit le cône stimulé. A des distances plus grandes, la réponse diminue
et s'annule entre 150 et 400.
Lorsqu'on éclaire une large surface rétinienne, l'amplitude de la
réponse lente varie proportionnellement au logarithme de l'intensité
stimulante. Cette relation est également observée lorsqu'un seul cône
est stimulé.
La relation entre réponse et nombre de cônes éclairés est linéaire
lorsque ce nombre est peu élevé, mais tend ensuite vers une saturation.
Il ressort de l'ensemble de ces expériences que le seuil de réponse
des cônes ne varie pas de l'un à l'autre ; les théories basées sur une distr
ibution gaussienne de sensibilité des récepteurs ont peu de chances de
traduire, même partiellement, la réalité physiologique. Dans leurs
expériences, les auteurs n'ont pu observer aucune interaction d'ordre
inhibiteur au niveau des cellules bipolaires.
Il n'est pas possible de tirer des conclusions de l'ensemble des
conclusions quant au lieu où se place le mécanisme de réponse non
linéaire. Les auteurs avaient cru devoir le placer au niveau des récep
teurs, mais au moment de la correction des épreuves, ils se sont rendu
compte de leur erreur et ont rectifié.
E. B.
Cobb (W. A.), Morton (H. B.). — Recherche des relations entre
certaines ondes rapides du rétinogramme humain et des réponses
occipitales à des éclairs brillants. — R. Neurol., 1961, 105, 191-195.
Étude chez l'homme des réponses nerveuses à des brefs éclairs isolés
de très forte luminance. Dans l'E.R.G. après une brève latence (2,5 ms)
une onde a négative est très ample et prolongée, alors que l'onde b est
de faible amplitude, mais au cours de laquelle s'inscrivent de brèves
ondes répétées, pouvant atteindre 30 jaV, et que les auteurs proposent
d'appeler ondes e, avec une accentuation quand le rythme des éclairs
est plus lent (écarts de 5 s). La compression des yeux fait disparaître
les ondes ainsi que la perception lumineuse et la réponse occipitale
de TE. E.G. (qui n'a aucune correspondance avec les ondes e de l'E.R.G.).
H. P.
FernÂndez-Guardiola (A.), RoldÂn (E.), Fanjul (L.), Cas-
tells (C). — Role of the pupillary mechanism in the process of habi-
tuation of the visual pathways (Rôle du mécanisme pupillaire dans
les processus d'habituation au niveau des voies visuelles). — ■
Electroencéph. clin. Neurophysiol., 1961, 13, 564-576.
Les auteurs ont étudié l'habituation dans les voies visuelles chez
des chats intacts ou en préparation encéphale isolé. Ils ont utilisé, en
les répétant pendant 1 à 2 heures, des stimuli de deux types : éclairs et
chocs au niveau du chiasma optique, et ont analysé les réponses évo»
A. PSYCHOI.. 62 3J ,
474 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
quées à divers niveaux : chiasma, corps genouillé latéral, cortex visuel,
formation réticulée mésencéphalique. Ils ont d'autre part apprécié
le niveau général d'activité en observant le diamètre pupillaire, l'aspect
du tracé électrocortical et en effectuant des enregistrements unitaires
au niveau du chiasma optique et de la formation réticulée mésencé
phalique. L'habituation qui se manifeste la première est celle des réponses
corticales. Son évolution ressemble plus à celle des réponses réticulaires
qu'à celle des réponses du corps genouillé latéral. Les auteurs ont étudié
plusieurs facteurs dont les effets se combinent et interfèrent dans
l'élaboration des phénomènes d'habituation. Pendant l'habituation,
la pupille est normalement en myosis. Si on paralyse les mouvements
de celle-ci au moyen d'atropine, on empêche l'habituation de se produire
dans le chiasma optique et dans le corps genouillé latéral, mais on ne
fait que la réduire au niveau du cortex. Les auteurs rapprochent ce
rôle de la pupille de celui des muscles tympaniques dans l'habituation
aux stimuli acoustiques (Hugelin et coll., 1959). La rétine, comme il
avait déjà été montré auparavant, exerce une influence tonique sur
les formations corticales et réticulaires. La suppression de cette influence
tonique serait la raison pour laquelle l'habituation des potentiels évoqués
par chocs chiasmatiques a lieu plus rapidement à l'obscurité que lorsque
la rétine est illuminée. Le myosis que l'on constate pendant l'habituation
agirait donc non seulement en réduisant l'intensité du stimulus, mais
aussi en diminuant le niveau de décharge « spontanée » de la rétine.
En opposition avec la théorie suivant laquelle l'habituation résulte
de l'activation réticulaire (Hernandez-Peon, 1955 ; Hernandez-Peon
et coll., 1956-1957 ; Jouvet et Hernandez-Peon, 1957), les auteurs
montrent que l'habituation coïncide avec une diminution générale
d'activité : animal en position de repos, pupilles en myosis, ralentiss
ement des rythmes E.E.G., dépression des réponses évoquées dans la
formation réticulée mésencéphalique. Par la stimulation de cette der
nière dont l'influence tonique s'exercerait également sur l'activité
rétinienne, ils produisent inversement la dëshabituation. Autre fait
expérimental témoignant en faveur dû rôle qu'ils attribuent à la forma
tion réticulée, l'habituation se produit plus vite dans le cas de là prépa
ration « encéphale isolé » (qui réalise une déafîérentation) que dans
celui de l'animal intact.
P. G.
Dodt (E.), Jessen (K.-H.). — Change of Threshold during Light
and Dark Adaptation Following Exposures to Spectral Lights of
Equal Scotopic and Equal Photopic Efficiencies (Les variations du
seuil après adaptation à des lumières spectrales d'égale efficience
scotopique et d'égale efficience photopique). — J. opt. Soc. Amer.,
1961, 51, 1269-1274. ,
L'électrorétinogramme de la grenouille est pris comme indicateur
de sensibilité (valeur constante, mais faible^ de l'onde b). La branche PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 475
scotopique de la courbe d'adaptation apparaît plus tôt après adap
tation à la lumière orange qu'après adaptation à la lumière bleue
d'égale efficience photopique. Ceci est connu chez l'homme, Les auteurs
mettent en évidence le phénomène symétrique en utilisant des lumières
orange et bleue d'égale efficience scotopique et trouvent évidemment
qu'alors le seuil des cônes est plus élevé après l'adaptation à l'orange.
De cette étude les auteurs concluent que le port de lunettes bleues
s'impose pour les conducteurs d'automobiles roulant la nuit. Il est
évident que dans leur esprit la fonction fovéale est celle qui, à la suite
de l'éblouissement par les phares souffre le plus et que son refonction
nement rapide importe avant tout. Cette hypothèse, implicite, est
pourtant bien fragile, car pour ne pas donner dans le fossé, par exemple,
la vision extrafovéale importe particulièrement !
E. B.
Alpern (M.), Sugiyama (S.). — Photic Driving of the Critical
Flicker Frequency. (Variabilité de la fréquence critique de papillote-
ment (CF. F.) en fonction de l'adaptation préalable à des champs
puisants). — J. opt. Soc. Amer., 1961, 51, 1379-1385.
Il a été observé par les auteurs et, avant eux, par d'autres, que la c.f.f.
peut subir l'influence de l'adaptation à une lumière puisante. Lorsque
la fréquence de pulsation à laquelle l'œil est adapté est supérieure
à la c.f.f., celle-ci s'élève ; dans le cas contraire, elle baisse. Les auteurs
étudient cet effet en fonction de la durée de fixation et de la luminance
du champ adaptatif et du test. Les effets observés sont les mêmes
si l'on adapte et teste le même œil et si l'on adapte l'un et teste l'autre.
Les auteurs essaient d'expliquer ces phénomènes par une variation
des caractéristiques dynamiques de cellules faisant partie du système
visuel.
La description du dispositif de stimulation et de mesure permet de
considérer comme improbable une influence prépondérante d'artefacts.
Même des durées d'adaptation de l'ordre de quelques secondes pro
voquent une variation notable de la c.f.f. mesurée ultérieurement.
Le plein de l'effet semble être réalisé après 30 à 60 s d'adaptation.
Il est d'autre part évident que la mesure de la c.f.f. après adaptation
à une lumière puisante, introduit une distorsion de l'effet qu'on désire
déterminer, car elle implique l'exposition de l'œil à une lumière puisante
supplémentaire. L'existence de cet effet parasite à d'ailleurs été vérifiée
par les auteurs.
Le fait que les effets sont identiques, que l'œil testé soit, où non,
l'œil préadapté, permet aux auteurs de rejeter l'hypothèse de Peckham
et Hart, qui imaginent un effet rétinien de facilitation au niveau des
bipolaires.
La tentative d'explication (très approximative) des auteurs utilise
les résultats d'une série de mesures, où l'on égalise la luminance d*uri
champ fovéal puisant avec celle d'un champ parafovéal entourant le 476 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
premier, Celui-ci paraît le plus lumineux lorsqu'il est présenté à la
fréquence de 2,5 Hz. A 6 Hz, il paraît aussi clair que lorsqu'il est pré
senté en permanence et asymptotiquement, atteint un niveau constant
(Talbot) sensiblement égal à la moitié. En rapprochant cette observation
des expériences sur le chat de Grüsser et Greutzfeldt d'une part, et de
de Valois de l'autre, les auteurs rappellent que la fréquence de réponse
des cellules ganglionnaires, de celles du corps genouillé et de celles du
cortex visuel augmente d'abord avec la fréquence de stimulation lumi
neuse et diminue ensuite lorsqu'on s'approche de la c.f.f. A ce point, les
réponses deviennent indépendantes de la séquence de stimulation.
E. B.
Van der Tweel (L. H.). — Some problems in vision regarded with
respect to linearity and frequency response (Quelques problèmes
visuels considérés sous l'angle de la linéarité et de la réponse en
fonction de la fréquence). — Annals New York Acad. Sei., 1961,
89, 829-856.
L'auteur tente l'emploi, dans l'étude de la vision humaine, de signaux
comparables sur le plan psychophysiologique et sur le plan électrophy
siologique. Il avance l'hypothèse que la transmission de faibles signaux
incrémentiels suit une fonction linéaire et se sert de l'analyse statistique
des seuils de papillotement pour essayer d'en prouver le bien-fondé.
Exposé assez complet des travaux de de Lange (1957-1958) qui
maintient l'état d'adaptation de l'œil exposé au test papillotant tout
en faisant varier la fréquence de papillotement et le taux de modulation
du test. Les courbes modulation-fréquence de fusion, pour différents
niveaux d'adaptation sont interprétées à l'aide d'hypothèses faisant
intervenir des phénomènes de résonance (il suffit de considérer le
phénomène de Broca et Sulzer pour constater que cette hypothèse
n'est nullement nécessaire !).
Van der Tweel utilise des stimuli de 2,2' et 22' de diamètre, avec ou
sans fond éclairé. Entre 3,5 et 3 500 lux équivalents avec une pupille
artificielle de 1,5 mm de diamètre — (ce qui correspond à l'intervalle
allant de 2 à 2 000 trolands), l'optimum de sensibilité s'observe aux
environs d'une c.f.f- égale à 5. L'auteur considère que dans un certain
domaine de la c.f.f., il est possible de relier un contraste successif perçu
à la différence du nombre de photons absorbés dans la phase positive
et la phase négative du stimulus papillotant.
L'auteur fait beaucoup état d'une linéarité de la réponse physio
logique ou psychophysiologique à une stimulation lumineuse. II omet
malheureusement d'expliquer le contenu de ce terme, qui demeure
d'autant plus confus qu'une réponse logarithmique du système des
récepteurs ne constitue pas, à ses yeux, une déviation de linéarité par
lui invoquée. Probablement, l'absence d'harmonique dans la réponse
constitue son critère de linéarité.
On présente des enregistrements de l'E.R.G. et de la réponse au PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 477
niveau du corps genouillé du chat, ainsi que des E.R.G. de l'homme.
Emploi d'une certaine technique d'intégration restant sans explication,
le tout pour un flicker de 90 Hz. Étude des relations de phase (délai
entre stimulation et réponse ; latence). Un cas d'enregistrement sur un
patient opéré au cortex visuel ne permet guère de distinguer les réponses
des artefacts.
E. B.
G u lick (W. L.). — Brightness enhancement with microsecond pulses
(Augmentation de la brillance par des pulsations lumineuses de l'ordre
de la microseconde). — Psychol. Rec, 1961, 11, 249-256.
L'étude porte sur la brillance d'une lampe de flicker en fonction
de la fréquence des éclats (2, 4, 8, 16, 32, 64, et 100 éclats-seconde).
Chaque éclat dure 10 \is.
Pour les fréquences situées au-delà du seuil de fusion, la brillance de
la lampe intermittente est reliée linéairement à l'énergie lumineuse qui
atteint l'œil, en accord avec la loi de Talbot. En deçà du seuil de fusion,
la brillance apparente s'écarte de celle attendue par extrapolation de
la loi de Talbot ; elle est d'autant plus élevée que la fréquence est
basse.
Ce phénomène ne peut être interprété comme effet Brücke puisque
la brillance apparente ne dépasse pas — et de loin — la brillance de la
source lumineuse en fonctionnement continu. Cependant, on peut parler
d'augmentation de la brillance par rapport à l'extrapolation de la loi
de Talbot. L'A. essaie d'expliquer le phénomène par les processus du
cycle d'adaptation à l'obscurité et de l'inhibition de certains types
de fibres nerveuses (cf. Granit et Therman, J. Physiol., 1935, 83,
359-381).
L'A. note aussi que les résultats de Bartley suivant lesquels un
maximum de brillance apparaît pour un rapport donné éclairement-
obscurité, ne sont pas confirmés.
E. H.
Bonaventure (V.), Karli (P.). — Sensibilité visuelle spectrale chez
des souris à rétine entièrement dépourvue de cellules visuelles photo-
réceptrices. — C. R. Soc. Mol., 1961, 155, 2015-2018.
Dans la lignée des souris de Karli, possédant une excitabilité visuelle
dans les conditions paradoxales d'une absence des récepteurs rétiniens,
une détermination de la sensibilité spectrale à des radiations lumineuses
intenses (refroidies par traversée de cuves à eau) de 7 longueurs d'onde
a permis de constater une courbe de lucivité très semblable à celle des
souris normales, avec maximum à 480-500 my., mais avec un seuil
absolu 100 000 fois plus élevé que chez les souris normales (seuil déter
miné à 65 % de succès des réponses par dressage). L'absence a été vérifiée
chez les 6 souris de 4 mois utilisées, des cellules visuelles.
H. P. 478 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Monnier (M.), Schwarz (A.), Jordan (P.). — De la vision chromat
ique Chez le lapin. — Helvet. physiol. Acta, 1960, 18, 86-87.
Étude sur les réponses rétiniennes et corticales du lapin non narcotise
à des stimulations monochromatiques. La courbe de sensibilité spectrale
de la rétine est purement scotopique, mais, s'il n'y a pas de phénomène
de Purkinje, on observe, en régime photopique, un certain accroissement
de sensibilité aux très courtes longueurs d'onde (452 m[x), ce qui lais
serait supposer une possibilité de vision chromatique pour le bleu.
La courbe de sensibilité spectrale du cortex visuel se superpose
rigoureusement à la courbe de la rétine à égalité d'efficience rétinienne,
il y a toujours égalité du retard rétino-cortical.
H. P,
Valois (R. L. de). — Color Vision Mechanisms in the Monkey
(Mécanismes de la vision des couleurs chez le singe). — /. gen.
Physiol, 1960, 43, 115-128.
On dérive les réponses de cellules nerveuses uniques du corps
genouillé. Le singe reçoit en vision maxwellienne des stimulations
lumineuses, monoculaires ou binoculaires. On trouve des cellules on
dont le nombre de potentiels d'action par seconde varie entre 1 et 35
lorsque l'intensité relative des stimuli va de 1 à 100 000. La courbe
fréquence-log intensité est une courbe en S.
Une seconde qualité de cellules fournit des réponses on à la suite de
stimulations en lumière rouge, off consécutivement à des stimulations
en lumière verte. De la lumière jaune ne change pas le rythme d'activité
de telles cellules. Il existe aussi des cellules on ou off relativement aux
stimuli bleus et jaunes ; ces cellules ne répondent pas au vert.
Il existe également des off à niveau élevé d'activité spontanée.
Ces cellules sont très sensibles (10 à 100 fois plus que les cellules on)
et montrent un maximum de sensibilité, soit à 510 m\x, soit à 550 m\x.
L'auteur insiste sur ce que ses observations apportent à l'appui
d'une théorie de paires de couleurs complémentaires, du type Hering,
et invoque aussi les travaux de Svaetichin qui appuient ces vues,
mais signale que les mesures densométriques de Rushton et de
Weale parlent en faveur de l'existence de trois pigments au plus et
appuient ainsi la conception de la trivalence du système chromatique
visuel.
E. B.
Kellershon (C), Bresson (Y.). — Sur les caractéristiques chromat
iques de la sensation lumineuse en vision scotopique. — C. R. Soc.
Siàl:, 1961, 155, 1013-1016.
On sait que la lumière blanche en vision nocturne est souvent jugée
bleuâtre, et l'on a quelquefois attribué aux bâtonnets le rôle de récep
teurs du bleu. Mais on sait que les récepteurs du bleu en vision photo
pique sont des cônes. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 479
Les auteurs ont cherché à déterminer le caractère chromatique éven
tuel de la vision scotopique, en faisant comparer deux petites plages
circulaires (de 1,5°), dont l'une est vue par l'œil droit adapté à de très
fortes luminances et l'autre par l'œil gauche adapté à l'obscurité.
Les plages vues par l'œil gauche sont de très faible luminance, et éclairées
par un flux filtré orangé, vert ou bleu. Dès que l'œil photopique com
mence à percevoir sa plage, on procède à un réglage trichromatique
d'égalisation colorimétrique de celle-ci avec la plage vue par l'œil gauche,
ce qui conduit à admettre la réalité d'une chromaticité bleuâtre,
très peu saturée, de la vision scotopique. Mais l'interprétation reste
discutable.
H. P.
Enoch (J. M.), Stiles (W. S.). — The Colour change of monochrom
atic light with retinal angle of incidence (La variation de couleur
d'une lumière monochromatique incidente sous différents angles sur
la rétine). — Opt. Ada, 1961, 8, 329-358.
Au moyen d'une méthode trichromatique, avec présentation alternée,
on étudie les variations de couleur, de tonalité et de saturation, en
fonction de l'angle d'incidence de la lumière test. C'est un effet du type
Stiles-Crawford qu'on observe (on le baptise effet SCII).
Les auteurs essaient d'expliquer les variations observées des gran
deurs étudiées par un effet de filtration que provoqueraient des pigments
logés dans les récepteurs. Le résultat de cette étude théorique ne les
satisfait pas et ils inclinent à considérer comme plus prometteuse une
hypothèse du type guide-ondes qu'ils se proposent de présenter lorsque
leurs travaux auront suffisamment avancé.
E. B.
Connors (Mary M.), Kinney (J. Ann S.). — Relative Red-Green
Sensitivity as a Function of Retinal Position (Sensibilité relative au
rouge et au vert en fonction de la position rétinienne). — J. opt. Soc.
Amer., 1962, 52, 81-84.
Diamètre du test 1°, niveau lumineux du champ environnant 0,1 fL
(1/3 de nit), présentation du test pendant 0,2 s, fovéalement, et de 2°
en 2° jusqu'à 16° extrafovéalement.
La sensibilité au rouge, par rapport à celle au vert, est maximale
au centre fovéal. Elle décroît jusqu'à 10°. A partir de ce point, la sensi
bilité au vert diminue très vite et n'est plus mesurable tandis que la
sensibilité au rouge le demeure.
Les mesures montrent — au-delà de leur caractère relatif — que les
deux sensibilités varient en fonction de la position rétinienne. Le pigment
maculaire joue un rôle important, surtout en ce qui concerne la variab
ilité ïnter-observateur.
E. B.

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