Le comportement animal - compte-rendu ; n°1 ; vol.65, pg 152-164

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L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 1 - Pages 152-164
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1965
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IV. Le comportement animal
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 152-164.
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IV. Le comportement animal. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 152-164.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_1_27371— Le comportement animal IV.
Von Rose (W.). — Versuchsfreie Beobachtungen des Verhaltens von
« Paramecium aurelia » (Étude strictement éthologique du compor
tement de P. a.). — Z. Tierps., 1964, 21, 257-278.
Cette étude représente une tentative d'observation du comportement
de Paramecium aurelia, dans des conditions aussi naturelles que possible,
sans aucune tentative de provoquer des réactions à des agents stimu
lants (contrairement aux recherches classiques de H. S. Jennings sur
aurelia et sur caudatum, 1906).
Dans des élevages maintenus à longueur d'année dans un aquarium
de 5 litres, on observe une évolution caractéristique, dans laquelle il
est possible d'identifier cinq phases successives : 1) rassemblement des
Unicellulaires, en bandes descendant obliquement vers le fond, juste
au-dessous de la surface ; ces bandes obliques peuvent demeurer immob
iles pendant 2-3 jours ; 2) début de l'activité locomotrice, marqué
par la formation de bandes verticales d'individus groupés par 15-20 et
descendant en vrille jusqu'au fond de l'aquarium (1-3 jours) ; 3) migra
tions individuelles vers la surface ; les animaux qui ne peuvent y accéder
meurent alors en grand nombre (1-2 jours) ; 4) période de faible densité
de la population, durant de quelques jours à plusieurs semaines ;
5) explosion de la reproduction agame ; les phénomènes de scissiparité
peuvent durer de 4 à 7 jours, il s'ensuit une forte augmentation de la
densité de l'élevage. Puis le cycle reprend. Trois à quatre fois l'an, une
phase de reproduction sexuée s'intercale entre les phases 4) et 5) ci-
dessus : on observe alors des conjugaisons en grand nombre. Le caractère
« épidémique » de ces phénomènes n'en est certes pas l'aspect le moins
curieux : il traduit sans doute une étroite dépendance vis-à-vis des
conditions du milieu d'élevage, elles-mêmes modifiées par le métabolisme
des Infusoires.
Parmi les observations éthologiques les plus intéressantes, il faut
noter que les réactions « d'évitement » (avoiding reactions, décrites par
Jennings comme l'un des éléments essentiels du système d'action des
Paramécies, permettant notamment leur orientation photique dans le
milieu) ne se manifestent jamais dans un élevage laissé à lui-même ;
elles constituent seulement une réponse à des agents irritants présentant
un gradient d'intensité (thermique, chimique) particulièrement abrupt,
tel qu'on n'en rencontre pas dans les conditions naturelles de vie.
Chez aurelia, la prise d'alimentation ne se fait pas pendant la nage,
ni dans les moments précédant la conjugaison ; elle a lieu surtout quand
les Infusoires sont fixés par leur partie antérieure ; une autre « méthode »
d'alimentation consiste en de lents mouvements incessants d'avance et
de recul ; les particules alimentaires ne sont ingérées que pendant les
déplacements vers l'avant. LE COMPORTEMENT ANIMAL 153
Un mode particulier d'entrée en conjugaison est finalement décrit :
les Paramécies nagent en eau plus profonde, sans se fixer ; les individus
qui viennent à se rencontrer nagent pendant quelque temps l'un autour
de l'autre, en prenant contact par instants. Les partenaires peuvent
ainsi changer à plusieurs reprises, jusqu'à ce que deux individus entrent
finalement en conjugaison.
J. M.
Breed (A. L.), Levine (V. D.), Peakall (D. B.), Witt (P. N.). —
Fate of intact orb web of « Araneus diadematus » Cl. (Ce que devien
nent les toiles intactes d' Cl.). — Behaviour,
1964, 23, 43-60.
La construction des toiles d'Araignée n'est point tant en cause dans
cet article que leur reconstruction. Il apparaît en effet que les Épeires
détruisent d'elles-mêmes leur toile et la reconstruisent chaque jour, du
moins dans les conditions du laboratoire, où cependant les toiles sont
protégées des intempéries et des chocs, et conservent leur viscosité
pendant plusieurs jours. La toile détruite est ingérée et une partie est
utilisée après absorption et assimilation pour la construction de la
nouvelle toile. Ceci était connu, mais ce qui l'était moins, c'est la vitesse
de cette reconversion métabolique des protéines de la toile : par traceurs
radio-actifs, les auteurs ont pu préciser que les glandes séricigènes
contiennent des molécules provenant de la vieille toile une heure seul
ement environ après ingestion de cette dernière. La destruction et la
reconstruction de la toile se font même si l'animal est peu nourri ;
contrairement encore à ce qu'on supposerait sur la base du critère
téléologique d'économie physiologique, les toiles construites en rempla
cement durant la diète (assez peu sévère il est vrai) sont de plus en plus
chargées en protéines, et tendent à augmenter en surface d'abord, puis
en longueur de fil (du fait d'un accroissement du nombre de spires). La
construction de nouvelles toiles dépend en définitive de deux facteurs :
perception de la vieille toile et de ses détériorations possibles, ainsi que
de son ingestion, et constance de la sécrétion de la soie. L'expérience
confirme donc l'idée d'un « besoin de filer » soutenue jadis par Tilquin.
M. Bl.
Kalmus (H.). — Shell occupation by crayfish (Occupation d'une
coquille par l'Écrevisse). — Anim. Behav., 1963, 11, 602-603.
Dans cette brève note, l'auteur rapporte l'observation suivante. De
jeunes Écrevisses tenues captives dans un aquarium se sont introduites
dans des coquilles vides d'Escargot et de Planorbe, et s'y sont tenues
sans en sortir pendant des semaines, à la façon des Pagures. Il apparaît
ainsi, dans les conditions de milieu et d'âge caractérisant les Écrevisses
observées, une similitude de comportement avec une espèce zoologique-
ment proche, mais néanmoins spécialement adaptée du point de vue
anatomique à tenir cette conduite. Bien qu'il ne s'agisse que de spécula
tions invérifiables, on ne peut s'empêcher de remettre en question la 154 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
théorie couramment admise que les Pagures actuels auraient acquis
leur comportement de camoufler leur abdomen par suite du ramollis
sement des téguments de ce dernier : seuls les mutants capables de
tenir cette conduite auraient survécu. En fait, il semblerait que ce soit
le phénomène inverse qui se soit produit : sur la base d'un comportement
inné commun à d'autres décapodes, les ancêtres des pagures auraient
sans besoin protégé leur abdomen de façon si constante que la survie
d'animaux à abdomen mou s'est révélée possible.
M. Bl.
Von Birukow (G.). — Aktivitäts- und Orientierungsrhythmik
beim Kornkäfer (« Calandra granaria » L.) (Rythmes de l'activité
et de l'orientation chez C. g.). — Z. Tierps., 1964, 21, 279-301.
Le Charançon C. g. présente un rythme journalier d'activité dont
les propriétés sont tout à fait particulières : à l'obscurité continue
comme à la lumière continue, la période de ce rythme est toujours
exactement égale à 24 heures, ou bien elle effectue, d'un jour à l'autre,
des oscillations régulières autour de cette valeur. Il ne peut donc s'agir
d'un rythme d'activité « endogène » au sens d'Aschofî, en tout cas pas
d'un « circadien », dont la période, approximativement égale
se~ déphase peu à peu par rapport à celle de la rotation à 24 heures,
terrestre, dans des expériences prolongées. Des expériences de transport
transocéaniques, comparables à celle de Renner sur l'Abeille, sont envi
sagées pour vérifier qu'aucun agent indicateur de l'heure (Zeitgeber)
n'a été omis, qui rendrait compte de la synchronisation observée avec
le jour astronomique.
Dans des conditions d'élevage et de nutrition défavorables, les
Charançons présentent un rythme journalier d'ascension et de descente
(migrations verticales) à l'intérieur d'un tube de verre contenant des
graines. Ce rythme présente, dans les conditions normales d'éclairement,
un maximum à midi et un maximum secondaire à minuit environ.
L'auteur montre que ces migrations verticales sont conditionnées par
un rythme journalier de la photonégativité (maximum vers minuit) et de
la géonégativité (maximum à midi). Après séjour prolongé à l'obscurité
continue ou à une lumière artificielle continue, ce rythme d'orientation
change de période et adopte celle du jour lunaire (24 h 50 mn). Au
moment de la nouvelle lune, les rythmes de géonégativité et de photonég
ativité sont en accord avec un rythme nycthémêral de l'éclairement. Par
contre, au moment de la pleine lune, l'interférence entre période de la
rotation terrestre et période lunaire est manifestement à sonma.xi.muin.
J. M.
Cassui! (P.). — La réactivité phototropique de « Locusta migratoria
migratorioïdes » (R et F), phase grégaire, après implantation abdo
minale de corps allâtes. — Insectes sociaux, 1964, 11, 131-140.
L'implantation abdominale de corpora allata, chez des mâles du
Criquet Locusta migratoria migratorioïdes en phase grégaire, entraîne LE COMPORTEMENT ANIMAL 155
une augmentation de la réactivité phototropique qui se manifeste par
une diminution de la période de latence et de l'angle de polarisation des
pistes. De plus, l'état tonique qui se traduit par la vitesse réelle de
progression est augmenté. Cependant, on n'observe aucun effet sur les
facultés d'orientation de l'insecte, puisque le rapport de rectitude
demeure constant. L'hormone juvénile, qui est produite par les corpora
allata, semble agir directement sur les centres nerveux supérieurs à la
façon de certaines hormones chez les Vertébrés.
R. G.
Esch (H). — Beiträge zum Problem der Entfernungsweisung in den
Sehwänzeltänzen der Honigbiene (Contribution à l'étude de l'indi
cation de la distance de la source de provende dans les danses
frétillantes de l'Abeille). — Z. vergl. Physiol, 1964, 48, 534-546.
Dans un travail précédent (1961), Esch avait établi que c'est la
durée du parcours frétillant de la danse en huit de l'Abeille qui est la
caractéristique la moins variable de cette danse et que c'est vraisem
blablement cet élément qui fournit la base de la communication de la
distance d'une source de provende découverte par la danseuse. L'auteur
examine, dans ce travail, l'incidence de différents facteurs sur la durée
du parcours frétillant, pour des distances déterminées entre la ruche et
le but. L'enregistrement de ces durées est fait à l'aide d'une sonde
microphonique introduite dans la ruche et reliée à un magnétophone.
1) Entre 16 et 32° C, la température de l'air extérieur ne modifie
pas la durée des parcours frétillants.
2) Quand les rayons de la ruche, normalement obscurs, sont soudain
éclairés d'en bas par la lumière solaire qu'un miroir renvoie à travers
le trou d'envol, l'orientation du parcours frétillant s'inverse aussitôt ;
la direction ruche-soleil est alors symbolisée par la verticale descendante,
et non plus par la verticale ascendante, comme dans la ruche obscure. —
Si l'on fait subir à la ruche un pivotement rapide de 90°, amenant les
rayons à l'horizontale, en même temps qu'on éclaire ces rayons, et si
l'on alterne régulièrement ces deux conditions, la mise en jeu, tantôt
de la géotaxie ascensionnelle (ruche obscure verticale), tantôt de la
phototaxie positive (ruche éclairée horizontale) accroît fortement le
pouvoir de recrutement de la danse frétillante ; même les ouvrières
novices, normalement encore confinées dans la ruche, sont incitées à
la récolte. La précision de leur orientation et de leur appréciation de
la distance, dans ces conditions, n'est pas encore connue.
3) Quand les rayons de la ruche sont mis à l'horizontale, sans éclaire-
inont, l'orientation dos parcours frétillants devient quelconque c-l la
communication, de la direction du but est abolie. Quant à la duré»; des
parcours frétillants, elle tend à devenir significativement plus brève que
dans la ruche vertical«! (ce qui correspond à l'indication d'une distance
plus courte).
L'auteur montre, en outre, que le parcours frétillant est toujours
arrêté net quand les butineuses qui suivent le trajet de la danseuse 156 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
émettent un bourdonnement caractéristique (Piepen), dont la fréquence
est de 300-400 Hz. Le même bruit, enregistré sur bande magnétique,
puis restitué avec une intensité de 60-70 phones à l'intérieur de la ruche,
est alors perçu par toutes les Abeilles (sans doute grâce à la sensibilité
vibratoire, car on les tient pour sourdes), qui présentent le même arrêt
temporaire de leurs déplacements. Un leurre grossier (Abeille paraffinée
ou même simple morceau de bois), imprégné de l'odeur de la ruche,
peut être accepté par la colonie et induire des mouvements de poursuite
de la part des butineuses, s'il exécute des « pseudo-frétillements » à la
cadence de 15 Hz. Mais si les Abeilles émettent leur bourdonnement
caractéristique, il faut se hâter d'arrêter les mouvements du leurre ;
sinon, il sera attaqué. Malgré tout, ce leurre est encore imparfait : car
s'il suscite les danses d'accompagnement des butineuses, comme le fait
une exploratrice, il ne peut évoquer leur départ vers des lieux de récolte.
J. M.
Bräuninger(H.D.). — Über den Einfluss meteorologischer Faktoren
auf die Entfernungsweisung im Tanz der Bienen (Sur l'influence des
facteurs météorologiques sur l'indication de la distance par la danse
des Abeilles). — Z. vergl. Physiol., 1964, 48, 1-130.
Soixante-deux mille mesures du tempo de la danse frétillante de
l'Abeille ont été effectuées sur 4 colonies de la race carnica ; les indica
tions portant sur la distance d'une source de provende située entre
385 m et 1 250 m de la ruche (suivant les situations expérimentales)
ont été mises en corrélation avec différents facteurs météorologiques.
Dans l'ensemble, c'est la température extérieure et la température
intérieure de la ruche (modifiable grâce à une installation de chauffage
spéciale) qui constituent les deux facteurs principaux de variation du
rythme de la danse, à égalité semble-t-il. Mais le coefficient thermique
trouvé est encore très faible : Q1Omax. — 1.15, ce qui traduit une très
bonne stabilité des informations fournies par la danse sur la distance
de la provende.
L'orientation du vent et sa vitesse constituent une autre source de
variation, mais plus faible encore. Quand, dans son déplacement vers
le lieu de récolte, l'exploratrice vole vent debout, elle danse à son retour
plus lentement que si elle avait volé sous le vent ; les parcours effectués
par temps calme ou avec un vent latéral donnent lieu à des valeurs
de tempo intermédiaires.
L'influence du rayonnement global, de son atténuation par la brume
et par les nuages, celle de l'humidité aérienne sont négligeables. Il ne
semble pas non plus qu'il y ait des variations journalières systématiques
de la vitesse de danse, sauf peut-être une légère diminution en fin
d'après-midi.
J. M.
Martin (IL). — Zur Naheorientierung der Biene im Duftfeld. Zugleich
ein Nachweis für die Osmotropotaxis bei Insekten (Sur l'orientation COMPOIITR MF.NT \NIM\I, 157 LE
proche de l'Abeille dans un champ odorant, avec une preuve en
faveur de l'existence d'une osmotropotaxie chez les Insectes). —
Z. vergl. Physiol., 1964, 48, 481-533.
Cette étude de l'orientation à point de départ olfactif porte sur
des Abeilles préalablement dressées à choisir, dans un tube en Y, le
côté d'où vient une odeur d'anis charriée par un courant d'air très lent
(0,3 à 1/t cm/s) ; d'autres expériences utilisent une arène, dans laquelle
l'odeur d'anis diffuse librement en air calme. Le mécanisme de l'orien
tation olfactive est analysé par des expériences d'immobilisation d'une
ou des deux antennes ou d'ablation totale de l'un de ces organes.
Dans un tube en Y de 14 mm de diamètre, les Abeilles intactes et
celles qui ont une ou deux antennes immobilisées en position normale
vont en droite ligne vers la source d'odeur et choisissent avec la même
fréquence (de l'ordre de 95 %) le côté odorant. Par contre, les animaux
dont l'une des antennes est immobilisée et l'autre amputée sont handi
capés si le côté du dressage coïncide avec celui de l'amputation. Dans
l'arène, ils présentent des mouvements de manège caractéristiques du
côté de l'antenne restante. C'est là un argument expérimental en faveur
d'un mode tropotactique d'orientation olfactive chez les Abeilles (par
égalisation des stimulations bilatérales).
Mais la preuve décisive de la tropotaxie ne peut être obtenue
qu'avec des animaux en possession de leurs deux antennes. L'auteur
réalise donc l'immobilisation des deux antennes en position croisée,
l'antenne gauche du côté droit et inversement. Quand l'écart entre les
deux antennes est suffisant, les choix, dans le tube en Y, s'effectuent
à présent vers le côté inodore, en dépit du dressage initial. Mais si
l'immobilisation des deux antennes .croisées se fait en position presque
sagittale (écartement des extrémités des antennes inférieur à 2 mm), le
mode d'orientation se transforme complètement : les Abeilles décrivent
alors des trajets en zigzag, qui leur permettent d'explorer successivement
l'atmosphère à droite et à gauche ; l'intégration dans le temps de ces
informations leur permet alors de choisir, dans la majorité des cas, le
côté d'où vient l'odeur d'anis :
Distance entre les extrémités
des antennes 9-7 7-5 5-4 4-3 3-2 2-0 mm
Pourcentage de choix cor
rects 20,1 23,4 27,6 22,5 25,7 77,6 (!)
Cette mise en évidence d'un minimum separabile antennaire illustre
le changement survenu dans la méthode d'orientation : passage de la
tropotaxie (aberrante dans cette situation des antennes croisées) à la
clinotaxie, dans laquelle des oscillations de tout le corps dans la loco
motion suppléent à la discrimination spatiale olfactive, mise en défaut.
La tropotaxie est donc le mode normal d'orientation vis-à-vis des
stimuli olfactifs chez l'Abeille. — Mais on peut se demander s'il en est
bien ainsi, en V absence de tout courant d'air même faible.
J. M. 158 AWM'SES ttimjor.R AI'HTOITES
Schmid (J). — Zur Frage der Störung des Bienengedächtnisses durch
Narkosemittel, zugleich ein Beitrag zur Störung der sozialen Bindung
durch Narkose (Le problème de la perturbation de la mémoire, chez
les Abeilles, sous l'influence de narcotiques ; avec une contribution
au problème de la perturbation du lien social par la narcose). —
Z. vergl. Physiol., 1964, 47, 559-595.
D'après plusieurs auteurs anciens, il serait possible de désorganiser-
la mémoire des Abeilles sous l'influence de narcotiques divers. Pourtant
cette opinion est controuvée et le présent travail a pour but de faire
expérimentalement le point de la question. L'auteur a pu établir :
1) Que les narcotiques les plus divers (éther, chloroforme, gaz
carbonique, gaz hilarant) n'empêchent pas la rétention et l'actualisation
de souvenirs topographiques formés par un dressage au temps (cf. les
expériences de Beling, 1929) ou à l'occasion d'un apprentissage de discr
imination chromatique (cf. von Frisch, 1914) ;
2) Que, dans certaines conditions toutefois, les Abeilles ayant subi
une narcose rie reviennent, pas à la ruche ;
H) Que ce phénomène n'est pas dû à la désorganisation de la mémoire
des lieux, mais a l'attachement à un nouveau biotope. Cet attachement
ne se réalise que sous certaines conditions de groupement social, des
plus intéressantes. Les animaux isolés dans une boîte d'allumettes, loin
de la ruche, pendant plusieurs jours, sont capables de revenir ensuite
à leur colonie d'origine et le font effectivement pour la plupart. Au
contraire, si les animaux soumis aux expériences de narcose sont ras
semblés, à cette occasion, en groupes assez denses, ils ne reviennent pas
ultérieurement à la ruche ; si certains d'entre eux sont alors isolés dans
des boîtes d'allumettes, on les voit, après cet exil revenir à la cage partagée
avec les autres sujets d'expérience : une nouvelle colonie semble s'être
individualisée, même si aucune reine n'est présente dans le groupe.
J. M.
Myrberg (A. A). — An analysis of the preferential care of eggs and
young by adult cichlid fishes (Analyse des soins préférentiels donnés
aux œufs et aux jeunes par les adultes de Poissons Cichlidae). —
Z. Tierpsychol., 1964, 21, 53-98.
Cette étude a pour but de préciser l'importance et les possibilités
de reconnaissance et de discrimination interspécifiques des œufs et
des jeunes par différents adultes de Cichlidae (Cichlasoma nigrofasciatum,
C. biocellatum, Hemichromis bimaculatus et, de façon partielle, H.
fasciatus).
Des expériences effectuées, d'une part, à Los Angeles (U.S.A.),
d'autre part, à Seewiesen (Allemagne), permettent à l'auteur de préciser :
1) Que les Cichlasoma ne distinguent pas leurs œufs des œufs d'autres
espèces de Cichlasoma, mais peuvent le faire quand il s'agit des œufs
A' Hemichromis. Cette reconnaissance des œufs est conditionnée par une
« expérience » parentale antérieure. COMPORTEMENT ANIMAI- 150 LE
2) Que la plupart des adultes qui « couvent » peuvent distinguer
leurs propres jeunes de ceux des autres espèces : les larves étrangères
étant alors mangées. Cependant, exceptionnellement, certains couples
peuvent accepter des jeunes d'autres espèces dans leurs propres couvées.
3) Que la persistance de tels « soins préférentiels » est très variable.
Chez Hemichromis bimaculatus, cette préférence peut être modifiée si
on remplace les jeunes, au début de la période de soins, par des jeunes
d'espèces différentes. En général, les Cichlasoma acceptent de soigner,
au début de la période de couvaison, des jeunes, étrangers, tout en
soignant leurs propres jeunes.
Par ailleurs, les précisions manquent quant au développement des
procédés de reconnaissance. Il semble que les processus de reconnais
sance dépendent, en majeure partie, d'une expérience antérieure des
couples, mais le problème d'un apprentissage par conditionnement ou
par imprinting reste posé.
Y. Q.
Bah low (G. V). — Ethology of the asian Teleost « Badis badis ».
V. Dynamics of fanning and other parental activities, with comments
on the behavior of the larvae and postlarvae (Ethologie du Téléostéen
asiatique Badis badis. V. Dynamique de la ventilation et d'autres
activités parentales, avec des références au comportement de la
larve et de la postlarve). — Z. Tierpsychol., 1964, 21, 99-123.
Badis badis est un petit poisson exotique (de 20 à 40 mm de long),
que l'on trouve chez tous les aquariophiles. Les adultes vivent dans des
trous et des crevasses appelés couramment « terriers ». C'est le
terrier du mâle qu'a lieu le frai. La femelle abandonne alors la ponte
et le mâle, seul, prend soin des œufs, des larves (formes fixées, groupées
dans le terrier et possédant un organe adhésif à l'extrémité du sac
vitellin), puis des postlarves (formes solitaires chez lesquelles le sac
vitellin est réduit).
L'auteur examine successivement les diverses activités présentées
par le mâle pendant l'incubation, le développement larvaire et le déve
loppement postlarvaire (soit au total 6 à 7 jours).
Au cours d'un tel cycle, le mâle : a) creuse le terrier ; b) fraye ;
c) prend soin de la ponte et présente alors différentes activités : 1) il
onde les œufs (et mange les œufs impropres) ; 2) il présente deux venti-
ations différentes ; 3) il « transporte » les larves « égarées » (celles qui ne
se fixent pas sur les parois du terrier) ; 4) il protège la ponte pendant
toute la durée du cycle de développement. En outre, on peut observer
diverses activités du mâle plus ou moins liées à la présence de la ponte :
le mâle « erre » hors du terrier (recherche de la nourriture), « frissonne »
(nettoyage du terrier) et « bâille ».
L'auteur précise enfin certains caractères quantitatifs de la venti
lation : en particulier, la durée de chaque période de ventilation, le
nombre de battements des nageoires pectorales par période et le nombre
de battements par seconde (tempo). Les variations du tempo au cours GO an a l, y sus i ! 1 1! i , i o ( ; n a. i> j i i q u e s 1
d'un cycle de développement reflètent les variations de la motivation
sexuelle du mâle. Celui-ci est plus réceptif vis-à-vis d'une femelle au
début et à la fin d'un cycle, et présente alors les fréquences de batte
ments les plus élevées. Il peut y avoir ainsi plusieurs cycles de repro
duction avec parfois un chevauchement partiel.
Y. Q.
Von Ohm (D). — Die Entwicklung des Kommentkampf Verhaltens
bei Jungcichliden. Ein ethologischer Vergleich zwischen « Aequidens
latifrons » und « Aequidens portalegrensis » (Le développement du
comportement de combat symbolique chez les jeunes Poissons
Cichlidae. Comparaison éthologique entre A. l. et A. p.). — Z. Tier-
psychol., 1964, 21, 308-325.
Des observations systématiques montrent que, dans le comporte
ment agressif de ces Poissons Cichlidae, le combat réel (impliquant un
contact physique entre deux adversaires) et le combat symbolique, ou
ritualisé (comportant, par exemple, les attitudes de menace et de sou
mission), apparaissent à des moments différents dans l'ontogenèse. Les
jeunes animaux, encore sexuellement immatures, peuvent présenter
des formes précoces de combat réel, en relation avec la maturation du
comportement territorial et ce, dès le 50e jour de la vie environ. Par
contre, le combat symbolique ne commence à se différencier que vers
l'âge de 3 à 4 mois. Des différences sont signalées entre les deux espèces
étudiées, quant à la précocité d'apparition des conduites agressives et
à leur degré de différenciation chez l'adulte.
J. M.
Etienne (A.), Fischer (H.). — Untersuchungen über das Verhalten
kastrierter Stockenten (« Anas platyrhynchos » L.) und dessen
Beeinflussung durch Testosteron (Recherches sur le comportement
de Canards sauvages castrés et sur sa modification par la testo
sterone). — Z. Tierpsychol, 1964, 21, 348-358.
Quatorze Canards sauvages castrés, 7 mâles et 7 femelles, ont été
observés quotidiennement pendant plusieurs mois et leur comportement
a été comparé avec celui d'animaux-témoins intacts, élevés dans le
même enclos.
Chez les mâles, la castration, non seulement fait disparaître tous les
éléments du comportement sexuel, mais aussi réduit fortement le
comportement agressif et même certains aspects typiques du comporte
ment interindividuel : par exemple, les cris d'alarme en présence d'un
danger éventuel.
Chez les femelles, la castration agit électivement sur le comportement
sexuel ; pour le reste, elles demeurent beaucoup plus actives que les
mâles, au point de vue de la locomotion, des réactions aux signaux d'un
danger éventuel et même au point de vue du comportement agressif,
qui semble parfois majoré, par rapport à celui des témoins.
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