— Le comportement animal : Par N. Bonaventure, J. Medioni, H. Piéron, N. Riche, G. Viaud - compte-rendu ; n°1 ; vol.59, pg 215-232

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L'année psychologique - Année 1959 - Volume 59 - Numéro 1 - Pages 215-232
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1959
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N. Bonaventure
J. Medioni
Henri Piéron
N. Riche
G. Viaud
IV. — Le comportement animal : Par N. Bonaventure, J.
Medioni, H. Piéron, N. Riche, G. Viaud
In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 215-232.
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Bonaventure N., Medioni J., Piéron Henri, Riche N., Viaud G. IV. — Le comportement animal : Par N. Bonaventure, J. Medioni,
H. Piéron, N. Riche, G. Viaud. In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 215-232.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1959_num_59_1_6615— Le comportement animal IV.
WOODHEAD (P. M. J.). — The behaviour of Minnows in a light
gradient (Le comportement de Vairons soumis à un gradient lumi
neux). — J. exper. Biol., 1956, 33, 257-276.
Placés dans un bac allongé où l'éclairement est réglé de manière à
assurer un gradient lumineux continu, des Phoxinus, quand ils ne sont
pas affamés, ont un photopreferendum très précis, ce qui indique une
sensibilité différentielle particulièrement fine, pouvant même paraître
surprenante. Or la valeur de cet éclairement (0,03 à 0,06 lux) correspond
à peu près au seuil absolu des Vairons aveuglés réagissant à la lumière
d'après les expériences de Scharrer (Z. Vergl. Physiol., 1928, 7, 1-38),
qui, suivant les individus, a varié de 0,01 7 à 0,0226 lux. Le Vairon aveuglé
ne réagit à la lumière que quand la tête est éclairée, et cesse de réagir
quand on a procédé à l'ablation du complexe pinéal. Aussi l'auteur pense
que c'est l'action de la lumière sur ce complexe qui donne une valeur
critique à l'éclairement caractérisant le photopreferendum des poissons
gardant leur intégrité oculaire. H. P.
BOULET (P.). — Contribution à l'étude expérimentale de la per
ception visuelle du mouvement chez la Perche et la Seiche. — Mém.
Mus. Nation. Hist. Nat., nouvelle série, série A, Zoologie, 1958, 17, 1.
Des résultats quantitatifs précis ont été obtenus dans cette étude
grâce à un appareillage électro-mécanique décrit le mémoire.
Cet appareillage permet le déplacement d'un mobile donné dans le
champ visuel du sujet selon une vitesse et une trajectoire désirées.
Action de la vitesse du mobile. — Les vitesses faibles laissent le sujet
aussi indifférent que s'il n'y avait pas de mouvement ; les vitesses
modérées provoquent le maximum de réactions positives ; les
élevées déclenchent des réactions négatives ; enfin les très grandes
vitesses ne permettent pas une bonne vision du mobile, il n'y a pas de
réponses. Le facteur vitesse a donc une importance prépondérante dans
le déclenchement des réactions. Chez la Perche le seuil des vitesses est
de 3°/s chez les sujets les plus sensibles, et seulement de l'/s chez la
Seiche. Chez la Perche l'optimum des vitesses se situe entre 26°/s et
40°/s, alors qu'il n'est que de 7°/s chez la Seiche. Par contre chez les
deux espèces il n'y a plus de réactions pour des vitesses voisines de 80°/s.
Forme de la trajectoire. — Les trajectoires horizontale (mouvement
uniforme), verticale et périodique, sinusoïdale, saccadée, en « nage de
Daphnie » provoquent chez la Perche des réactions similaires, mais la
trajectoire horizontale à mouvement uniforme ne déclenche pas de
réactions de fuite aux vitesses élevées, contrairement à toutes les autres
(avec un mobile assez petit). Chez la Seiche, les trajectoires complexes
provoquent surtout des fuites. 216 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Forme du mobile. — Cette action est faible chez la Perche avec des
formes géométriques simples mais une attrape en forme de larve Plu-
teus est plus stimulante que les formes simples, et autant qu'un petit
poisson métallique. Au contraire, la Seiche est très sensible aux varia
tions de la forme de l'attrape : elle est plus attirée par les formes angu
leuses que par les formes arrondies, et un Crabe mort, plus ou moins
amputé, est plus ou moins bien reconnu (déplacé mécaniquement) selon
le nombre de pattes restantes.
Action de la dimension du mobile. — Elle est importante chez les deux
espèces. Chez la Perche, des sphères petites sont peu stimulantes, des
sphères moyennes (7 mm de diamètre) donnent les meilleures réactions
positives, tandis que les grosses sphères provoquent des fuites. Les
résultats sont comparables chez la Seiche.
Couleur du mobile. — Son importance est secondaire, bien que chez
la Perche les attrapes de couleur rouge soient nettement plus stimulantes
que les autres ; la Seiche serait plutôt sensible aux « valeurs de contrastes »
des teintes de l'objet.
Excellent travail, précis, expérimentalement bien conduit. Il est
à souhaiter que son auteur nous donne des publications du même genre
sur la perception du mouvement chez d'autres espèces animales, domaine
encore fort peu connu. G. V.
Émissions sonores :
ALEXANDER (A. J.). — On the stridulation of Scorpions (La str
idulation des scorpions). — Behaviour, 1958, 12, 339-352. —
HASKELL (P. T.). — Stridulation and associated behaviour in cer
tain Orthoptera. II. of females and their behaviour
with males (Stridulation et conduite associée de certains Orthoptères.
IL Stridulation des femelles et leur conduite avec les mâles). — Anim.
Behaviour, 1958, 6, 27-45.
Après une description minutieuse de l'appareil stridulateur d'Opis-
thophthalmus latimanus et d'O. nitidiceps, Alexander s'attache à recher
cher la signification biologique de la stridulation, principalement dans
la première espèce. Il ne semble pas que l'animal stridule par peur, car,
bien que pourvu d'un sens auditif bien développé, il ne présente aucune
réaction au son diapason ou d'un pistolet d'enfant. Par contre,
l'animal donne des réponses d'orientation et même parfois de stridu
lation à des vibrations du sol. La stridulation ne semble avoir aucun
caractère intraspéciflque : ce n'est pas un élément normal de la parade,
de l'accouplement, des relations mère et progéniture, de prise de posses
sion d'un territoire. Il est vrai que deux scorpions qui se rencontrent
peuvent striduler l'un ou l'autre, ou les deux, puis s'éloigner ; mais en
général ils se battent ou esquissent un combat sans stridulation. Du
reste deux scorpions placés à un ou deux centimètres sur un même
substrat, mais séparés par une cloison opaque, ne donnent aucune réponse
à la stridulation de l'un d'entre eux. L'auteur a pensé que la stridulation LE COMfORÏËMËNf ANIMAL 217
devait plutôt être un avertissement ou une menace interspécifique et
il a éprouvé son idée en mettant en présence quelques mammifères et
des scorpions dont certains avaient subi une ablation de manière à
supprimer le son. Quatre comportements différents apparaissent. Des
animaux comme le rat blanc, la mangouste ne présentent aucune réac
tion à la stridulation, mais l'animal est pratiquement mangé souvent
même avant d'avoir pu émettre un son. L'auteur précise bien qu'il
s'agissait d'animaux apprivoisés, et que, dans la nature, le rat aurait
peut-être montré, au moins la première fois, un peu plus de circonspect
ion. Un deuxième groupe n'offre aucune réaction à la stridulation, mais
le scorpion n'est pas mangé. Un porc-épic, un chien, des singes réagissent
ainsi ; ces derniers s'emparaient pourtant de criquets d'une taille ana
logue. Dans un troisième groupe où se trouve le hérisson, la stridulation
a un effet « intimidant », tandis que les scorpions rendus silencieux
sont mangés. Le hérisson apprend du reste rapidement à dompter sa
peur et à manger la bête. Le chat, le putois constituent un quatrième
groupe où se manifeste de l'effroi à la stridulation mais le scorpion n'est
jamais mangé. Pour les dix types de mammifères étudiés, nous voyons
que la stridulation offre une protection au scorpion pour trois des cas
envisagés. La stridulation est probablement une manifestation menaç
ante contre les autres espèces.
Pour le scorpion Parabuthus planicanda, dont l'appareil stridulateur
est un peu différent, il semble que la stridulation prenne place dans la
séquence de piqûre. Des espèces voisines viennent corroborer soit l'une
soit l'autre possibilité.
Haskell a étudié les stridulations de femelles de Truxalinées et leurs
conduites en présence des mâles. Les espèces Stenobothrus lineatus
(Panzer), Omocestus viridulus (Linnaeus), Chorthippus parallelus (Zet-
terstedt) et Chorthippus brunneus (= C. bicolor Charp.). Toutes les
femelles réceptives présentent une conduite typique comprenant trois
phases en réponse à des sons normaux émis par des mâles : stridulation,
puis orientation vers l'animal excitateur et locomotion vers celui-ci.
Arrivée près du mâle, la femelle stridule (oscillogrammes et audiospec-
trogrammes de ces chants) en réponse au chant du mâle qui se met à
chanter le couplet d'amour ; puis vient l'accouplement et la copulation.
Les femelles deviennent réceptives à la maturation. L'auteur a recherché
les causes pouvant inhiber ce comportement. L'état réceptif cesse après
la copulation pour des périodes allant jusqu'à 24 heures avant la ponte ;
il est récupéré peu après et il disparaît 99 jours avant la mort. La copu
lation complète, avec transfert du spermatophore, inhibe aussi l'état
réceptif des femelles qui n'est récupéré qu'après 6 à 20 jours selon les
espèces. Mais encore plus intéressant est le fait que cette récupération
est retardée si les femelles sont gardées, après la copulation, avec les
mâles ou à la portée de leur chant. Il semble que l'inhibition des réponses
après la copulation ou à la ponte mette en cause les plus hauts centres
nerveux, bien que le mécanisme intermédiaire puisse être chimique, en ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 218
particulier l'inhibition avant la ponte qui peut relever des changements
hormonaux préludant à l'acte. L'auteur se trouve en complet accord
avec ceux qui pensent que la femelle ne stridule que durant une certaine
phase de son cycle sexuel. Il postule que le mécanisme discriminatif
responsable de la détermination entre des chants spécifiques variés est
étroitement lié au mécanisme moteur héréditaire qui provoque la stridu
lation typique chez les deux sexes. La conduite fondamentale des mâles
et des femelles serait la même, mais, en liberté, les deux phases orien
tation et locomotion seraient supprimées chez le mâle alors que l'isol
ement restituerait cette conduite typique le comme chez la
femelle ; chez cette dernière, la stridulation étant de plus l'indice du
retour de l'état réceptif. N. R.
Orientation astronomique :
JANDER (R.). — Die optische Richtunsorientierung der roten
Waldameise (« Formica rufa » L.) ( L? orientation optique de la Fourmi
rouge des bois). — Z. Vergl. Physiol., 1957, 40, 162-238. — LÜDTKE
(H). — Beziehungen des Feinbaues im Rückenschwimmerauge zu
seiner Fähigkeit polariziertes Licht zu analysieren (Relations entre
la structure microscopique de Vœil de la Notonecte et son pouvoir
d'analyser la lumière polarisée). — Ibid., 40, 329-344.
L'orientation des fourmis sur le soleil existe, on le sait depuis les
expériences fondamentales de Santschi, Piéron, R. Brun, etc. ; mais
on en connaît encore mal les modalités. Les observations de Jander,
élève de von Frisch, n'ont porté que sur la Fourmi rouge des bois ;
elles sont précises, mais, dit fort justement l'auteur, leurs résultats
ne peuvent être étendus sans vérifications à d'autres espèces de fourmis.
Les fourmis rouges utilisent, dans l'orientation optique de leur loco
motion, des lumières artificielles aussi bien que le soleil ou la lune. Une
source lumineuse distincte peut être remplacée comme signal d'orien
tation pour ces fourmis par une lumière diffuse. A l'aide d'un polaroïde,
on démontre qu'elles peuvent s'orienter aussi bien sur le plan de polari
sation de la lumière du ciel bleu que sur le plan de polarisation du pola
roïde. Mais l'orientation d'après des signes terrestres (maisons,
arbres, etc.) joue un grand rôle dans leurs pérégrinations ; elle est proba
blement, quand le ciel est couvert, le seul mode d'orientation optique
qui leur reste. Gomme chez les abeilles, on observe chez les fourmis rouges
une sorte de concurrence entre les signes célestes et les signes terrestres.
La mémoire des fourmis est étonnante : elles peuvent suivre une direc
tion de marche en se guidant sur une source lumineuse (orientation
méno- et mnémotactique selon la nomenclature de Kühn) pendant au
moins cinq jours ; elles peuvent d'autre part s'orienter à l'aide de repères
terrestres situés en au moins quatre lieux différents dans le paysage.
Les images-souvenirs des repères célestes et terrestres sont conservées
indépendamment les unes des autres dans la mémoire de la Fourmi,
mais les souvenirs des repères célestes forment un ensemble dans cette LE COMPORTEMENT ANIMAL 219
mémoire. Enfin, les fourmis rouges des bois ont la faculté de tenir
compte du mouvement du soleil dans la détermination de leur orien
tation ; elles auraient donc une « horloge interne », comme les abeilles.
Reste à savoir si les autres espèces de Fourmi en sont aussi pourvues ;
il ne le semble pas d'après l'expérience de R. Brun.
La perception de la lumière polarisée, son analyse par les yeux
composés ont été déjà démontrées chez de nombreux Arthropodes, ainsi
que leur rôle dans l'orientation astronomique. Lüdtke, qui étudie depuis
longtemps l'œil de la Notonecte (N. glauca L.), retrouve cette propriété
chez cet insecte, en utilisant la technique des électro-rétinogrammes,
employée naguère par Autrum et son école. Mais les valeurs extrêmes
des « effets-on » dépendent de la direction du plan de polarisation de la
lumière autrement chez la Notonecte que chez l'Abeille, par exemple :
il y a un décalage de 90°. G. V.
FRISCH (K. VON), LINDAUER (M). — Ueberdie Fluggeschwind-
lichkeit der Bienen und über die Richtungsweisung bei Seiten
wind (Sur la vitesse de vol des abeilles et Vindication de direction
par vent latéral). — Naturwissenschaften, 1959, 42, 377-385.
Poursuivant toujours ses fructueuses recherches sur les capacités
des abeilles, von Frisch, avec son collaborateur, a constaté l'influence
accélératrice sur la vitesse du vol qu'exerce la richesse d'une provende.
Entre une solution faiblement sucrée et une concentration quadruple,
la vitesse moyenne passe de 6,5 à 8,5 m par seconde, en air calme ;
lorsque le vent est favorable au contraire, les abeilles ralentissent ou
accélèrent leur vitesse propre. Soumises dans leur trajet dirigé à un vent
latéral qui les déporte, les abeilles font une correction angulaire qui
assure une compensation assez exacte, mais, en indiquant par leur
danse la direction de la provende, donnent la valeur angulaire exacte
et nouvelle qu'a exigée la correction compensatrice. H. P.
KELLOGG (W. W.). — Echo ranging in the Porpoise (remploi de
Vécho chez le Marsouin). — Science, 1958, 128, 982-988.
Comme les chauves-souris dans l'air, les marsouins, dans l'eau, uti
lisent, pour éviter les obstacles, l'écho de sons qu'ils émettent.
Un couple a été étudié dans un grand bassin spécial d'un laborat
oire de recherches en Floride. L'eau s'y trouvant très trouble, avec une
pénétration de la lumière ne dépassant jamais 50 cm, la vue se trouve
pratiquement exclue. En installant des labyrinthes de poteaux et de
perches, on constate que les marsouins y évoluent très vite sans heurter
les obstacles, la nuit comme le jour.
En enregistrant les émissions sonores, on a pu constater qu'en plon
geant très doucement un poisson dans l'eau, celui-ci est aussitôt repéré,
grâce à des émissions immédiates, et saisi.
La distinction des dimensions à distance est établie du fait qu'un ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 220
poisson plus grand qu'un autre et qui n'est pas aimé autant n'est
pas saisi, alors que l'autre l'est, quand on les plonge doucement dans
l'eau. H. P.
Hérédité du comportement :
HASKINS (G. P.), HASKINS (E. F.). — Notes on the inheritance
of behavior patterns for food selection and cocoon spinning in Fx
hybrids of « Callosamia promethea x C. angulifera » (Étude de l'héré
dité des conduites de choix de la nourriture et de filage du cocon dans
la F1 d'hybrides de G. X C. angulifera). — Behaviour,
1958, 13, 89-95.
C. promethea et C. angulifera sont deux espèces de papillons très
voisines dans leur écologie, leur comportement, et la morphologie de
l'imago. Leurs différences essentielles concernent le choix de l'alimen
tation, et la manière dont ils fixent le cocon : au moment du filage du
cocon, les larves de C. promethea choisissent une feuille isolée, la roulent
en forme de tube, l'ourlent légèrement, et la doublent avec de la soie. Les
larves quittent alors le tube, et le relient à l'arbre par un épais tissu
de soie. Elles retournent ensuite dans le tube et passent ainsi tout
l'hiver. Les larves de C. angulifera se comportent très différemment :
elles réunissent plusieurs feuilles de façon caractéristique, et les assem
blent pour en faire une enveloppe. Le processus de fixation du cocon est
complètement absent, et le cocon tombe généralement sur le sol au
moment de la chute des feuilles. Après s'être assurés qu'un croisement
était possible entre les deux espèces, les auteurs ont étudié le compor
tement des hybrides obtenus en croisant une femelle de C. promethea
avec un mâle de C. angulifera. Ils ont montré que ces larves ressemblaient
au parent mâle aussi bien par leur morphologie que par leurs habitudes
alimentaires. Il est très rare de trouver dans le comportement un carac
tère héréditaire qui soit monofactoriel, comme c'est le cas ici, et qui
présente une distribution mendélienne. Par contre, en ce qui concerne
le filage du cocon, le comportement des hybrides a montré clairement
qu'il s'agissait d'un caractère polygénique. En effet, tous les degrés ont
été trouvés entre le complet attachement du cocon et l'absence totale de
fixation. Nous pouvons regretter avec les auteurs que les individus de
la F2 ne soient pas viables et qu'il ait été impossible de pousser cette étude
plus avant. N. B.
Comportement sexuel
LARSSON (K.). — Aftereffects of Copulatory Activity of the Male
Rat, I (Répercussions des activités copulatoires du Rat mâle, I.). ■ —
J. comp. physiol. Psychol., 1958, 51, 325-327. — LIND (H.). —
Eine Untersuchung über das Balzverhalten der Kolbenente (« Netta
Rubina » Pallas) [Recherches sur la pariade chez le Canard
rubina). — Z. Tierpsychol., 1958, 15, 99-110. — ROSENBLATT
(J. S), ARONSON (L. R.). — The decline of sexual behavior in male LE COMPORTEMENT ANIMAL 221
cats after castration, with special reference to the role of prior sexual
experience (Le déclin du comportement sexuel chez des chats mâles
après la en relation notamment avec le rôle de V expérience
sexuelle antérieure à la castration). — Behaviour, 1958, 12, 285-338.
— WOOD-GUSH (D. G.). — The Effect of Experience on the Mating
Behaviour of the Domestic Cock ( Effet de l'expérience sur V 'accouple
ment du coq domestique). — Anim. Behaviour, 1958, 6, 68-71.
La séquence des réflexes composant le scheme des conduites sexuelles
du Rat mâle débute par une série d'intromissions qui se terminent par
l'éjaculation. Puis le mâle devient réfractaire à toute stimulation sexuelle
jusqu'à ce qu'une nouvelle séquence recommence. Larsson a étudié la
longueur des répercussions inhibitrices suivant l'éjaculation de manière
à déterminer la période de latence. Il suffit d'imposer des intervalles de
repos de différentes longueurs à des animaux entre deux séries de copul
ations. 29 rats participant à trois séries d'expériences séparées par deux
ou trois semaines se trouvaient, après trois ejaculations, soustraits à
toute activité copulatoire pour 24, 48 ou 72 heures. Les résultats montrent
que si l'intervalle de temps n'excède pas 48 heures, il n'y a aucun change
ment dans le nombre d'intromissions conduisant à l'éjaculation, mais
qu'il peut y avoir une légère augmentation du nombre des copulations
et une diminution du nombre des intromissions par minute ; l'intervalle
post-éjaculatoire peut devenir très prolongé. Après un intervalle
de 72 heures, on observer une prolongation de l'intervalle post-
éjaculatoire. Il semble bien qu'il n'apparaît presque aucun changement
dans les longueurs des intervalles post-éjaculatoires. Ces résultats
rejoignent ceux de Beach et Jordon.
Lind s'intéresse aux conduites sexuelles de parade des canards. Les
observations portant sur quatre mâles et une femelle en captivité sem
blent mettre en évidence phases nettement distinctes. La phase
introductrice comporte plusieurs activités de remplacement non rituali
sées ; dans la deuxième phase, les mâles se répondent l'un à l'autre en
effectuant des secousses de la tête, du corps, des battements d'ailes ritua
lisés comme activités de remplacement. Ces dernières se ritualisent plus
fortement au cours de la phase suivante avec des mouvements dérivés
comme ceux du cou, accompagnés de cris. On peut voir aussi apparaître
une poursuite rituelle collective. La phase finale, relativement rare,
s'accompagne de mouvements intentionnels ritualisés de fuite et de
maintien d'une position raide, tête dressée pendant plusieurs secondes.
Il est à noter que, dans cette position, la forme et les couleurs de la tête
pourraient agir comme stimuli déclencheurs. L'orientation des mâles
vers la femelle dans cette phase comme dans la précédente semble déter
minée par les trois tendances mises en jeu simultanément : attaque,
fuite et copulation. L'auteur pense qu'il n'y a probablement aucune
activité de parade spéciale, mais que ces activités seraient encore dépen
dantes de la combinaison des activités originales d'attaque, de fuite, et
de comportement sexuel. Cette combinaison serait ritualisée de telle 222 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sorte qu'une variation dans la force de ces trois activités, dans des
limites bien définies, engendrerait la parade.
Les expériences de castration de Rosenblatt et Aronson, pratiquées
sur des chats mâles, mettent en évidence deux faits très importants :
1° Le comportement sexuel mâle n'est pas une conduite unitaire, mais
peut être dissocié en trois éléments ou, si l'on veut, en trois étapes chrono
logiques : les préludes à l'accouplement ; les tentatives de copulation,
le mâle montant sur la femelle ; l'intromission du pénis (normalement
suivie de l'éjaculation). Chez les animaux castrés et mis en présence d'une
femelle réceptive, ces trois éléments disparaissent dans l'ordre inverse
de l'énumération ci-dessus, au bout de temps moyens très différents :
quelques semaines pour l'intromission, quelques mois pour les tentatives
de copulation, plus longtemps encore pour les avances faites à la femelle ;
2° Les variations interindividuelles dans le comportement sexuel des
animaux castrés sont extrêmement considérables et, en particulier,
l'influence de l'expérience sexuelle préalable à la castration est très
importante : les chats qui ont eu de nombreux rapports avec les femelles
avant l'intervention ont un comportement sexuel qui résiste beaucoup
plus longtemps, en moyenne, à l'absence d'hormone interstitielle que les
animaux n'ayant eu que peu ou pas de rapports avec une chatte avant
castration. Ces deux faits expérimentalement acquis soulignent bien la
complexité du déterminisme du comportement sexuel mâle, lequel ne
saurait en aucun cas, chez des animaux aussi évolués que les chats, se
ramener à l'action de facteurs hormonaux.
La conduite sexuelle du Coq domestique peut-elle être influencée par
les expériences antérieures ? Wood-Gush élève dans l'isolement quatre
mâles (Brown Leghorn) jusqu'à l'âge de 6 mois 1/2 et il étudie alors leur
comportement individuel en présence de femelles, comparativement
à 10 mâles élevés de la façon habituelle. Les résultats montrent qu'au
premier essai de mise en commun avec une femelle, dans le groupe
contrôle, trois coqs arrivent, après la parade, à l'accouplement, tandis
que dans le groupe expérimental un seul coq présente une conduite nor
male sans du reste s'accoupler, ce qu'il ne réussira qu'au troisième essai.
Tous les autres animaux font preuve d'agressivité envers la poule. Les
coqs des deux groupes n'ayant réalisé aucun accouplement au bout
d'une série d'essais furent placés dans des cages proches de celles où des
coqs ayant de très bonnes conduites sexuelles se trouvaient chacun avec
une poule. Au bout d'une semaine, deux coqs sur ceux du groupe élevé
associalement réussirent dès le premier essai. Il n'apparaît donc pas de
très nettes différences entre la conduite sexuelle des deux groupes. Dans
les deux groupes, nous trouvons des mâles qui s'accouplent dès le com
mencement et d'autres qui font montre d'agressivité durant un temps
plus ou moins variable. Néanmoins, il apparaît que les coquelets ayant
une conduite sexuelle intense, mesurée par le nombre de leurs accouple
ments, s'adaptent plus rapidement. La facilitation sociale peut être aussi
un facteur important dans l'augmentation des conduites sexuelles des LE COMPORTEMENT ANIMAL 223
jeunes mâles et expliquerait les mauvais résultats souvent obtenus quand
de jeunes coqs inexpérimentés sont introduits dans les cages.
N. R.
Comportement parental :
DENENBERG (V. H.), SAWIN (P. B.), FROMMER (G. P.),
ROSS (S.). — Genetic, physiological and behavioral background of
reproduction in the rabbit. IV : An analysis of maternal behavior at
successive parturitions (Bases génétiques, bases physiologiques et
conduites de la reproduction du lapin. IV. Une analyse du comporte
ment maternel au cours de parturitions successives). — Behaviour,
1958, 13, 131-142. — LEHRMAN (D. S.). — Effect of female Sex
Hormones on Incubation Behavior in the Ring Dove (« Streptopelia
resoria ») (Effets des hormones sexuelles femelles sur la couvaison de
la Colombe (Streptopelia resoria). — J. comp. physiol. Psychol.,
1958, 51, 142-145.
Les auteurs se sont intéressés aux effets des précédentes parturitions
sur la conduite maternelle. Ils avaient déjà, dans une étude antérieure,
montré que la qualité du nid s'améliorait ; quatre autres aspects du
comportement maternel retiennent leur attention : agression avant et
après la parturition envers l'expérimentateur, intérêt pour la portée
nouveau-née, temps de construction du nid. Les études ont été faites sur
quatre races de lapins. Dans 95 % des cas, les animaux ne présentent pas
d'agression avant la mise bas. Les résultats de l'agression après l'acco
uchement, à la deuxième et à la quatrième portées, montrent une augment
ation linéaire significative (.01) des tendances agressives. Il apparaît,
aussi des différences significatives (.05) entre les différentes races. Les
différences dans l'intérêt porté aux petits sont quasi inexistantes. Il n'a
été trouvé aucun résultat significatif pour le temps de construction du
nid en fonction du nombre de portées. Une deuxième série d'expériences
où la qualité de la construction du nid est comparée à d'autres variables
fait ressortir qu'il y a une corrélation entre la qualité du nid et le pour
centage de jeunes nés vivants et nourris dès leur premier jour. Il exis
terait une très faible relation entre la qualité du nid et le temps de
construction et entre celui-ci et le nombre de jeunes vivants. Ces résultats
apportent peu de lumière sur le problème étudié, mais, concluent
les auteurs, ils suggèrent la possibilité d'un ou de plusieurs facteurs agis
sant en commun sur les activités de nidification et d'allaitement inte
rvenant dans la conduite maternelle.
Il est bien connu que les stimuli externes ont une influence dans le
contrôle des cycles hormonaux des oiseaux. Le but de Lehrman est
d'examiner les effets des hormones femelles sur le début de la conduite
d'incubation. 69 couples de colombes ayant déjà élevé des petits sont
isolés dans des cages et reçoivent un traitement d'oestrogène ou de pro
gestérone, ou encore servent d'oiseaux témoins. Un certain nombre
d'oiseaux de chaque groupe furent sacrifiés aux fins d'autopsie. Placés

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