Le Congrès général de l'Union Internationale pour l'Etude Scientifique de la Population : Mexico 8-13 août 1977 - article ; n°6 ; vol.32, pg 1081-1122

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Population - Année 1977 - Volume 32 - Numéro 6 - Pages 1081-1122
Le congrès général de l'Union Internationale pour l'Etude scientifique de la Population s'est tenu à Mexico du 8 au 13 août 1977. Plus de 700 participants venus du monde entier y ont participé. Ils se répar tissaient en 360 démographes environ, originaires des pays développés, presque autant des pays en voie de développement, et une vingtaine venus de pays socialistes. Lors de ce congrès, l'Union a renouvelé son Conseil ainsi :
Président : Ansley Coale (Etats-Unis).
Vice-président : Mercedes Conception (Philippines).
Secrétaire trésorier : Massimo Livi-Bacci (Italie).
Membres: W. Borrie (Australie), H. Leridon (France), M. Macura (Yougoslavie), G. Maccio (Uruguay), С Okonjo (Nigeria), N. Sadik (Pakistan), R. Tabbarah (Liban), D. Van de Kaa (Pays-Bas).
42 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1977
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Le Congrès général de l'Union Internationale pour l'Etude
Scientifique de la Population : Mexico 8-13 août 1977
In: Population, 32e année, n°6, 1977 pp. 1081-1122.
Résumé
Le congrès général de l'Union Internationale pour l'Etude scientifique de la Population s'est tenu à Mexico du 8 au 13 août 1977.
Plus de 700 participants venus du monde entier y ont participé. Ils se répar tissaient en 360 démographes environ, originaires
des pays développés, presque autant des pays en voie de développement, et une vingtaine venus de pays socialistes. Lors de
ce congrès, l'Union a renouvelé son Conseil ainsi :
Président : Ansley Coale (Etats-Unis).
Vice-président : Mercedes Conception (Philippines).
Secrétaire trésorier : Massimo Livi-Bacci (Italie).
Membres: W. Borrie (Australie), H. Leridon (France), M. Macura (Yougoslavie), G. Maccio (Uruguay), С Okonjo (Nigeria), N.
Sadik (Pakistan), R. Tabbarah (Liban), D. Van de Kaa (Pays-Bas).
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Le Congrès général de l'Union Internationale pour l'Etude Scientifique de la Population : Mexico 8-13 août 1977. In: Population,
32e année, n°6, 1977 pp. 1081-1122.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1977_num_32_6_16653LE CONGRES GENERAL
DE L'UNION INTERNATIONALE
POUR L'ÉTUDE SCIENTIFIQUE
DE LA POPULATION
Mexico 8-13 août 1977
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en voie de développement, et une vingtaine venus de
socialistes. Lors de ce congrès, l'Union a renouvelé son Conseil
ainsi :
Président : Ansley Coale (Etats-Unis).
Vice-président : Mercedes Conception (Philippines).
Secrétaire trésorier : Massimo Livi-Bacci (Italie).
Membres: W. Borrie (Australie), H. Leridon (France), M.
Macura (Yougoslavie), G. Maccio (Uruguay), С Okonjo
(Nigeria), N. Sadik (Pakistan), R. Tabbarah (Liban),
D. Van de Kaa (Pays-Bas).
Séance inaugurale
La présence du président de la République du Mexique, M. José
Lopez Portillo, à la séance d'ouverture qui revêt une grande solennité,
montre l'attention que ce pays porte aux problèmes de population.
Trois orateurs interviennent successivement, M. le Professeur Victor
L. Urquidi (Mexique), du Colegio de Mexico, président du Comité
d'organisation du Congrès, MUe Carmen A. Miro (Panama), présidente
de l'Union, et M. Léon Tabah (France), directeur de la Division de la
Population à l'Organisation des Nations Unies. n° 6, 1977. 1082 LE CONGRÈS GÉNÉRAL DE L'UNION INTERNATIONALE
Tous insistent sur quelques idées présentes en arrière-plan tout
au long du Congrès. L'objectif essentiel de l'Union est l'amélioration des
connaissances et de l'analyse démographiques, mais la démographie,
interdisciplinaire par nature, se situe dans un contexte économique et
social. Ses applications politiques doivent contribuer à assurer un équilibre
harmonieux entre population et ressources.
Le Congrès mondial de population, tenu à Bucarest en 1975, a
montré combien les gouvernements ont pris conscience de cette inte
rdépendance. Le plan d'action élaboré à Bucarest n'est pas encore passé
dans les faits. Un fossé subsiste entre pays riches et pays pauvres. Un
nouvel ordre mondial reste à créer.
Les problèmes ne se posent pas partout de la même manière et
il appartient à chaque pays de définir une politique de population en
fonction de sa situation et de ses idéaux propres. Il est essentiel d'assurer
partout à toutes les familles les moyens de procréer en toute responsab
ilité, les femmes partageant à égalité avec les hommes le pouvoir de
décision.
L'ONU est le lieu même d'une médiation entre les scientifiques et
les politiques. Si un « nouveau Bucarest » doit avoir lieu, il lui faudra
tenir compte des résultats enregistrés par le présent Congrès.
Le Président Lopez Portillo improvise quelques réflexions politiques
sur les problèmes démographiques.
« L'homme, dit-il, est le principal problème de l'homme », et les
trois valeurs fondamentales, la sécurité, la justice et la liberté, par le
respect desquelles la société cherche à se perfectionner, se heurtent
souvent entre elles :
« Con frecuencia la seguridad se enfrenta a la justicia
y a la liberdad. Con frecuencia la justicia contradice a la
liberdad y muchas veces la liberdad es camino de la
injusticia ».
Les problèmes de population du Mexique offrent une illustration
exemplaire de ces difficultés. Le taux de croissance, peut-être le plus
élevé du monde, la jeunesse de la population, 50 % de moins de 16 ans,
70 % de moins de 30 ans, ne permettent pas de répondre immédiatement
aux besoins d'éducation et d'emploi. La population se déplace de la
campagne vers les villes, et des cités monstrueuses se créent ainsi, à côté
d'un habitat qui reste extraordinairement dispersé. Ici des modes de vie
qui rappellent le néolithique, là des sociétés sophistiquées et polluées,
notamment à Mexico.
Voisins d'un puissant pays développé, des Mexicains s'en vont aux
Etats-Unis, et la situation de ces six à huit millions de travailleurs
migrants pose des questions difficiles. Mais le Mexique garantit à ses pour l'étude scientifique de la population 1083
habitants la liberté de mouvement et d'établissement, et cette liberté
même est lourde de conséquences pour la sécurité et la justice. La
comporte des risques, et jamais le Mexique, déclare son président, ne
sera une prison pour sa population, « Mexico no sera nunca cárcel para
supoblación ».
Le Mexique offre en quelque sorte un résumé des problèmes de
population qui se posent à l'humanité tout entière, et M. Lopez Portillo
attend beaucoup de la contribution des scientifiques.
./V. \j.
Séance plénière d'ouverture 1
Population et développement socio-économique
Contribution au débat sur l'interaction des variables économiques
et des variables démographiques et plus spécialement sur les conséquences
économiques d'une forte croissance de la population, la décennie 1960-
1970 avait vu l'émergence de modèles agrégés, d'inspiration malthusienne,
mettant en relief les avantages économiques notables d'une réduction de
la fécondité, justifiant par là même les programmes nationaux et inte
rnationaux de régulation des naissances. Le scepticisme à l'égard d'une
telle approche et dont la Conférence de Liège avait enregistré les pre
mières manifestations a laissé place depuis lors à un agnosticisme plus
ouvert. G. Ohlin (Suède) et R. Easterlin (Etats-Unis), son commentateur,
sont tombés d'accord pour affirmer la nécessité d'une approche nouvelle
tout en soulignant les progrès accomplis dans certains domaines. Les
« modèle des années soixante » manquaient de base empirique et de
contenu analytique, en particulier, les effets économiques positifs de la
baisse de la mortalité étaient ignorés. En revanche, les développements
récents de la théorie économique de la fécondité apparaissent très
prometteurs et susceptibles de faire progresser l'explication de la transition
démographique, qui reste pour les deux intervenants le grand paradigme
de la discipline.
Les problèmes spécifiques à l'Amérique latine ont été évoqués par
E. Iglesias (Argentine), Secrétaire Général de la CEP AL et V. Urquidi
(Mexique), Président du Comité d'Organisation de la Conférence. E. Igle
sias a souligné la nécessité, au vu de l'expérience des précédentes
décennies, d'un changement de modèle de développement pour faire face
aux problèmes du sous-emploi et de la pauvreté. V. Urquidi a affirmé
que l'interdépendance démographique entre les nations doit être prise
en compte dans les réflexions sur le nouvel ordre économique inter
national. Cj. _ 1. 1084 LE CONGRÈS GÉNÉRAL DE L'UNION INTERNATIONALE
Séance 1.1. — Fécondité naturelle
Organisateur : Ansley J. Coale (Etats-Unis)
Communications :
• Louis Henry (France) : Concepts actuels et résultats empiriques sur la fécondité.
• John Bongaarts (Etats-Unis) et Hernan Delgado (Panama) : Effets de la nutrition
sur la fécondité.
• Pierre Cantrelle et Benoît Ferry (France) : La mise en évidence de la fécondité
dans les populations contemporaines.
Cette séance était la continuation du séminaire organisé en mars
1977 par l'UIESP et l'INED, à Paris. Les trois communications sollicitées
étaient donc destinées à illustrer certains des thèmes débattus au cours
du séminaire.
Après un exposé introductif de J. Menken (Etats-Unis), J. Bourgeois-
Pichat (France) a émis un point de vue un peu désabusé sur les progrès
réalisés en 20 ans sur les facteurs de la fécondité naturelle, et a évoqué
plus spécialement notre méconnaissance des mécanismes d'acquisition de
la stérilité.
Deux contributions spontanées apportaient d'intéressantes données
complémentaires : l'une de I. Pool (Nouvelle-Zélande) sur des populations
du Ghana (mettant notamment en évidence une certaine corrélation
entre la durée d'aménorrhée et la durée d'abstention des rapports sexuels),
et l'autre de P.P. Talwar et D. Basu (Inde) sur une communauté urbaine
près de Bombay. Au cours de la discussion, on a également évoqué les
problèmes de mesure de la stérilité; de détection des premiers signes de
régulation des naissances dans une société; et des effets de la polygamie.
H. L.
Séance 1.2. — Analyse des données de l'enquête mondiale
sur la fécondité
Organisateur : Ansley J. Coale (Etats-Unis)
Communications :
• Maurice Kendall (Grande-Bretagne) : Analyse des données de l'enquête mondiale
sur la fécondité.
• Jerzy Berent (C.E.E. Genève) : Orientation et méthodes d'analyse d'une étude
comparative sur la fécondité et la limitation des naissances dans les pays
à faible fécondité.
• Méthodes de détection d'erreurs dans les données de l'Enquête mondiale sur
la fécondité. lre partie William Brass (Grande-Bretagne) : L'appréciation
de la validité des estimations des tendances de la fécondité par les histoires
de la maternité. 2e partie Joseph E. Potter (Etats-Unis) : Une application
à l'enquête sur la fécondité dans les îles Fidji. pour l'étude scientifique de la population 1085
Présidée par G. Kpedepko (Ghana), cette séance a fait le point sur le
déroulement de l'enquête mondiale sur la fécondité. Bien que la phase de
collecte ne soit pas encore terminée, ce sont les problèmes d'évaluation
de la qualité des données, d'une part, et les méthodes d'analyse d'autre
part, qui retiennent maintenant l'attention.
Le directeur du projet, Sir Maurice Kendall a d'abord donné une
vue d'ensemble sur les diverses étapes de l'analyse des données de
l'E.M.F., exposé prolongé par celui de J. Berent (C.E.E., Genève) pour
le cas des pays développés. Dans la discussion, on a surtout évoqué la
possibilité d'organiser des séminaires régionaux et spécialisés pour faci
liter ces analyses comparatives.
La discussion a été plus animée sur l'autre thème (les méthodes de
détection d'erreurs), évoqué dans deux communications. Certains parti
cipants ont mis en doute l'universalité du modèle proposé, qui suppose
un type précis d'erreur de mémorisation, entraînant des biais systémati
ques sur les âges des enfants.
On a aussi évoqué d'autres sources d'erreurs que celles portant sur
les dates des événements (à commencer par les omissions pures et
simples). Il est, en tout cas, réconfortant de constater que la réalisation
d'une série d'enquêtes à une telle échelle s'accompagne d'un effort
sérieux d'évaluation de la qualité de l'information recueillie.
H. L.
Séance 1.3. — Valeur et coût des enfants pour les parents
Organisateur : James T. Fawcett (Etats-Unis)
Remplaçant : F. Arnold
Communications :
• Moni Nag (Inde), Robert C. Pett (Etats-Unis), Benjamin White (Indonésie) :
Valeur économique des enfants dans deux sociétés rurales traditionnelles.
• Rodolfo A. Bulatao (Philippines), Fred Arnold (Etats-Unis) : Relations entre
la valeur et le coût des enfants et la fécondité : analyse par culture.
• Alan B. Simmons (Canada) : La valeur des enfants comme approche des
tiques démographiques : nouvel espoir ou fausse promesse ?
Plusieurs communications spontanées (Bangladesh, Belgique, Inde, Turquie).
L'analyse coûts-bénéfices (VOC Approach) des enfants, autrement
dit la valeur économique des enfants, constitue une approche nouvelle
pour étudier les motivations du comportement procréateur des parents
et préciser ensuite les modalités d'une politique démographique. La
représentation que les parents se font de cette valeur peut les inciter à
accroître ou limiter le nombre de leurs enfants. 1086 LE CONGRÈS GÉNÉRAL DE L'UNION INTERNATIONALE
Les enfants étant considérés comme un bien, est-il rationnel du
point de vue économique d'en avoir plus ou moins ? Les économistes ne
semblent pas encore avoir trouvé une théorie pleinement satisfaisante
à ce sujet. Les études psycho-sociologiques ont fait des progrès, et
A.B. Simmons présente pour sa part un modèle fondé sur une première
analyse d'une enquête conduite en milieu rural et en milieu urbain dans
six pays, Japon, Corée, Philippines, Taïwan, Thaïlande et îles Hawaï.
Il s'agit d'échantillons de petite taille et non représentatifs. D'autre part,
une étude comparative est en cours dans neuf pays.
L'enquête présentée par M. Nag dans deux villages de Java et du
Népal, basée sur l'observation directe et sur des entretiens approfondis
montre en particulier que dans ces communautés rurales, le travail des
enfants représente pour les parents une valeur économique certaine, sans
compter l'aide escomptée de leur part pour les vieux jours. Quant aux
enquêtes sur échantillons représentatifs dans trois pays (Corée, Philippines
et Etats-Unis) présentées par R.A. Bulatao, elles établissent l'influence
sur les intentions de fécondité des avantages et des coûts que représentent
les enfants aux yeux des parents. Mais d'autres valeurs, affectives et
psychologiques, interviennent aussi.
Les réflexions des commentateurs et la discussion qui a suivi ont
porté surtout sur des questions de méthode. En premier lieu, les études
sont produites trop souvent dans les seuls pays en voie de développement.
D'autre part, les appréciations portées par les parents peuvent varier au
cours de leur vie et il faudrait tenir grand compte de leur âge. On
reproche beaucoup aux enquêtes de poser des questions, ou d'évoquer
des concepts, auxquels les personnes interrogées n'ont pas réfléchi; elles
ne peuvent donc pas donner des réponses ou des appréciations valables.
Les motivations qui dictent le comportement procréateur sont de nature
très diverse, psychologique, sociale aussi bien qu'économique, et leur
complexité rend l'analyse très délicate. Enfin, il y a lieu de procéder à
l'analyse coûts-bénéfices des enfants non seulement pour les familles,
mais aussi pour la société dans son ensemble.
L'importance de ces objections ne saurait être niée, mais l'intérêt
d'une telle approche n'en est pas moins considérable. Elle apporte des
informations sur l'ensemble des motivations à l'égard de la procréation
et de la contraception, même si les données sont délicates à interpréter.
L'enquête mondiale sur la fécondité pourrait s'en inspirer dans une
certaine mesure. Il apparaît en tout cas nécessaire d'élaborer un cadre
conceptuel dans ce domaine, afin de donner aux recherches empiriques
toute la rigueur désirable.
A. C. l'étude scientifique de la population 1087 pour
Séance 1.4. — Effet de la mortalité des enfants sur la fécondité
Organisateur : Ladislav Ruzika (Australie)
Communications :
• Dov Friedlander (Israël) : L'effet de la mortalité des enfants sur la fécondité :
une charpente théorique de relations mutuelles.
• Helen Ware (Grande-Bretagne) : Relations entre la mortalité infantile et la
fécondité : effets de remplacement et d'assurance.
• Masri Singarimbum et Terence Hull (Indonésie) : Une fécondité élevée est-elle
une réaction sociale destinée à compenser une mortalité élevée ?
Les relations entre mortalité infantile et fécondité font l'objet d'une
littérature abondante depuis quelques années. Le sujet n'est pas simple
car il recouvre des réalités bien différentes selon que l'on se réfère à des
populations à fécondité élevée ou non et que la relation invoquée se
place au plan psycho-sociologique ou purement biologique.
La première communication présentée par D. Friedlander, tente de
mettre de l'ordre dans ces concepts en se fondant notamment sur les
travaux du séminaire organisé sur ce thème à Bangkok en 1975 par le
CICRED. Il distingue essentiellement trois aspects de cette relation :
effet de remplacement (un couple qui perd un enfant tente de reconstituer
sa famille par un surcroît de fécondité), effet d'assurance (une forte
fécondité assure la survie du groupe social face à une forte mortalité),
effet physiologique (la mort prématurée d'un enfant en bas âge réduit la
durée du « temps mort »); elle évalue ensuite leur portée démographique.
La seconde communication souligne la faiblesse de deux de ces
effets (assurance, remplacement) dans les pays à forte fécondité. La
troisième, comparant deux communautés javanaises, fait même ressortir
qu'une mortalité élevée peut aller de pair avec une moindre fécondité,
les facteurs de surmortalité se trouvant associés à certaines causes de
stérilité ou d'infécondité. Alimentée en outre par quatre communications
spontanées (1), la discussion a été très animée, bien que parfois confuse.
J. V.
(!) Balakrishan (T.R.) (Canada). — Effects of child mortality on subsequent
fertility of women in the rural and semi-urban areas of certain Latin American
countries.
Hull (Terence). — Measuring socio-economic differences in child survivorship
in Indonesia.
Locoh (Thérèse) (Togo). — Conséquences de la baisse de la mortalité sur
l'évolution des structures familiales africaines.
Swenson (Ingrid) (Etats-Unis). — Early childhood survivorship related to the
subsequent interpregnancies interval and outcome of the subsequent pregnancy. 1088 LE CONGRÈS GÉNÉRAL DE L'UNION INTERNATIONALE
Séance 1.5. — Modèles mathématiques des conceptions
et des naissances
Organisateur : Henri Leridon (France)
Communications :
• John C. Barret (Grande-Bretagne) : Critères de choix entre l'approche analytique
et la simulation.
• Kilami Venkata Charya (Inde) : L'emploi des modèles pour l'étude des
mètres internes : exemples et problèmes.
• Robert G. Potter (Etats-Unis) : L'emploi des modèles pour évaluer les effets d'un
changement du comportement procréateur.
Le sujet de cette séance était limité aux modèles micro-démograp
hiques qui s'efforcent de décrire le processus de la reproduction sur
une base individuelle. Dans l'ensemble, les participants ont semblé
convaincus à la fois que les modèles que nous connaissons étaient
devenus des outils indispensables, et que nous ne maîtrisons pas encore
parfaitement leur emploi. On a, par exemple, insisté sur le fait qu'il
fallait d'abord essayer les approches analytiques classiques avant de
recourir à la méthode de Monte-Carlo; que dans tous les cas les auteurs
devraient donner des informations complètes sur leurs modèles, afin de
permettre des comparaisons et des vérifications; qu'il conviendrait,
d'ailleurs, de s'en tenir provisoirement aux modèles déjà bien éprouvés.
Sur le contenu de ces modèles, on a aussi convenu qu'il fallait essayer
de réduire les incertitudes de certaines hypothèses en participant à la
collecte des données nécessaires, et en mettant l'accent sur les problèmes
d'interdépendance et d'interchangeabilité des diverses variables.
H. L.
Séance 2.1. — Développements récents dans l'analyse
de la nuptialité et de la formation et dissolution des familles
Organisateur : Samuel H. Preston (Etats-Unis)
Communications :
• John H. Pollard (Australie) : Les essais de prise en compte des deux sexes dans
l'analyse de la nuptialité.
• Robert Schoen et William Urton (Etats-Unis) : Mariage, divorce et mortalité :
l'expérience suédoise.
• Louis Roussel (France) : Facteurs individuels et écologiques influençant les
quotients de divortialité et de nuptialité.
Les trois contributions, dans leur diversité de point de vue, insistent
sur la difficulté des analyses relatives à la nuptialité. J.H. Pollard, pour POUR L'ÉTUDE SCIENTIFIQUE DE LA POPULATION 1089
son compte, résume trente ans d'effort pour appréhender la structure
des mariages selon l'âge du mari et de la femme à la fois. Trois idées
majeures se sont succédées :
— D. Kendall en 1948 proposa de décrire le mariage par un
système différentiel où il définit une « fonction de mariage » composant
les effectifs des mariables de chaque sexe.
— Dans les années 70, plusieurs auteurs généralisèrent ce modèle
en introduisant les classes d'âges masculine et féminine et en spécifiant
la forme de la fonction (en général la moyenne arithmétique, géométrique
ou harmonique des effectifs masculin et féminin). La confrontation de
ces modèles avec les données réelles se solda par un échec.
— Plus récemment J.H. Pollard a défini une « demande » mascul
ine et féminine reflétant les préférences d'âge pour les mariables de
chaque sexe : on cherche alors à maximiser une fonction linéaire des
mariages reflétant ces préférences. Malheureusement, ici encore, l'accord
avec les données est insuffisant. Le problème demeure donc largement
ouvert et sera sans doute résolu par un algorithme plutôt que par une
fonction de mariage.
La contribution de Robert Schoen et William Urton utilise en raison
de leur qualité, les données démographiques suédoises. Les « tables de
vie d'état civil » établies à partir des données du moment montrent les
changements survenus en Suède depuis 1911, surtout en ce qui concerne
la fréquence du divorce. L'analyse par cohorte laisse apparaître des beaucoup moins nets. Elle s'arrête malheureusement aux
générations 1940-1944 et ne peut guère être sensible aux transformations
les plus récentes du modèle matrimonial. L'auteur s'intéresse d'une part
aux corrélations entre les données démographiques (espérance de vie par
exemple et âge au mariage) et d'autre part aux corrélations entre données
démographiques et facteurs économiques (âge au mariage, par exemple,
et produit national brut par tête). Il s'agit là pour l'auteur de calculs
« expérimentaux » qui lui paraissent pourtant, dès maintenant, encour
ageants.
Quant à Louis Roussel, il souligne les limites des recherches qui
tentent de saisir les facteurs influençant la fréquence des mariages et des
divorces. Selon lui, par exemple, il n'existe pas de facteur isolé qui aurait
en soi une influence universelle sur la divortialité : c'est à l'intérieur de
chaque culture que l'influence d'un facteur doit être mesurée. On
s'aperçoit alors que l'action, même annulée de ces facteurs paraît souvent
sans commune mesure avec l'augmentation récente de la fréquence du
divorce. L'auteur se demande alors si cette brusque évolution ne tient
pas à un changement dans notre modèle matrimonial, plutôt qu'à des
changements ponctuels extérieurs à ce modèle. Enfin la multiplication des

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