Le statut cognitif des marqueurs « devant, derrière » chez l'enfant français - article ; n°2 ; vol.91, pg 207-229

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L'année psychologique - Année 1991 - Volume 91 - Numéro 2 - Pages 207-229
Résumé
Dans une tâche de compréhension locative d'un « objet-cible » devant ou derrière un « objet-repère », Piérart (1977) distingue la situation « pro-post » dans laquelle le repère est orienté, et la situation « ante-post » dans laquelle le repère n'est pas orienté. Dans une perspective génétique, la première situation ferait appel à la géométrie topologique, et la seconde à la géométrie projective.
Cette conception est discutée à travers une série de trois expériences qui s'adressent à des enfants âgés de 4 à 6 ans.
Les résultats de la première expérience confirment que, dès 4 ans, un codage « pro-post » est disponible.
Les résultats de la deuxième expérience nous apprennent que ce codage s'appuie sur une projection plutôt que sur une relation de voisinage.
Les résultats de la troisième expérience montrent que les enfants de 4 ans savent mobiliser à la fois un codage « ante-post » et un codage « pro-post ».
Une discussion envisage les conséquences théoriques de ces données.
Mots clés : marqueurs spatiaux, développement cognitif.
Summary : Cognitive status of markers « devant » and « derriere » in french children.
In a spatial locative comprehension task with « devant » (front, in front) and « derriere » (back, behind), Pierart (1977) distinguished « pro-post » situation with a fronted object, from « ante-post » situation with a non-fronted object. During a child's development, the first situation should be based on topological relations, while the second situation should be based on projective relationships.
This point of view is discussed with three experiments carried out on 4-to-6-year old children.
Results of the first study demonstrated that, as early as 4 years of age, a « pro-post » coding was available.
Results of the second study indicated that this coding was based on a projective relationship and not on a purely spatial proximity relationship.
The third study showed that « pro-post » coding and « ante-post » coding could be used at the same age, i.e. 4 years-old.
A new interpretation for these findings is discussed.
Key-words : spatial markers, cognitive development.
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1991
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Isabelle Verjat
Le statut cognitif des marqueurs « devant, derrière » chez
l'enfant français
In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°2. pp. 207-229.
Citer ce document / Cite this document :
Verjat Isabelle. Le statut cognitif des marqueurs « devant, derrière » chez l'enfant français. In: L'année psychologique. 1991 vol.
91, n°2. pp. 207-229.
doi : 10.3406/psy.1991.29454
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1991_num_91_2_29454Résumé
Résumé
Dans une tâche de compréhension locative d'un « objet-cible » devant ou derrière un « objet-repère »,
Piérart (1977) distingue la situation « pro-post » dans laquelle le repère est orienté, et la situation «
ante-post » dans laquelle le repère n'est pas orienté. Dans une perspective génétique, la première
situation ferait appel à la géométrie topologique, et la seconde à la géométrie projective.
Cette conception est discutée à travers une série de trois expériences qui s'adressent à des enfants
âgés de 4 à 6 ans.
Les résultats de la première expérience confirment que, dès 4 ans, un codage « pro-post » est
disponible.
Les résultats de la deuxième expérience nous apprennent que ce codage s'appuie sur une projection
plutôt que sur une relation de voisinage.
Les résultats de la troisième expérience montrent que les enfants de 4 ans savent mobiliser à la fois un
codage « ante-post » et un codage « pro-post ».
Une discussion envisage les conséquences théoriques de ces données.
Mots clés : marqueurs spatiaux, développement cognitif.
Abstract
Summary : Cognitive status of markers « devant » and « derriere » in french children.
In a spatial locative comprehension task with « devant » (front, in front) and « derriere » (back, behind),
Pierart (1977) distinguished « pro-post » situation with a fronted object, from « ante-post » situation with
a non-fronted object. During a child's development, the first situation should be based on topological
relations, while the second situation should be based on projective relationships.
This point of view is discussed with three experiments carried out on 4-to-6-year old children.
Results of the first study demonstrated that, as early as 4 years of age, a « pro-post » coding was
available.
Results of the second study indicated that this coding was based on a projective relationship and not on
a purely spatial proximity relationship.
The third study showed that « pro-post » coding and « ante-post » coding could be used at the same
age, i.e. 4 years-old.
A new interpretation for these findings is discussed.
Key-words : spatial markers, cognitive development.L'Année Psychologique, 1991, 91, 207-230
Laboratoire de Psychologie, CNRS, URA 666
Université de Poitiers1
LE STATUT COGNITIF DES MARQUEURS
« DEVANT, DERRIÈRE »
CHEZ L'ENFANT FRANÇAIS
par Isabelle Verjat
SUMMARY : Cognitive status of markers « devant » and « derrière »
in french children.
In a spatial locative comprehension task with « devant » (front, in
front) and « derrière » (back, behind), Piérart (1977) distinguished
« pro-post » situation with a fronted object, from « ante-post » situation
with a non-fronted object. During a child's development, the first
should be based on topological relations, while the second situation should
be based on projective relationships.
This point of view is discussed with three experiments carried out on
4-to-6-year old children.
Results of the first study demonstrated that, as early as 4 years of age,
a « pro-post » coding was available.
Results of the second study indicated that this coding was based on a
projective relationship and not on a purely spatial proximity relationship.
The third study showed that « pro-post » coding and « ante-post » coding
could be used at the same age, i.e. 4 years-old.
A new interpretation for these findings is discussed.
Key-words : spatial markers, cognitive development.
L'acquisition et la maîtrise des marqueurs spatiaux (dans,
sur, sous, devant, derrière, etc.) offrent un champ de recherche
intéressant pour l'étude de l'articulation entre développement
linguistique et développement cognitif.
1. 95, avenue du Recteur-Pineau, 86022 Poitiers Cedex. 208 Isabelle Verjal
Beaucoup de chercheurs se sont interrogés sur le lien existant
entre le langage et la pensée. Pour plusieurs, les capacités linguis
tiques sont le reflet d'une compétence cognitive sous-jacente
(Piaget et Inhelder, 1947 ; Piérart, 1977 ; Wanska, 1984 ;
Johnston, 1988).
Si l'existence d'un réseau de relations entre le développement
linguistique et le développement des structures cognitives du
sujet est largement acceptée, la nature de ces relations reste à
préciser.
Nous nous interrogerons sur le statut cognitif des marqueurs
spatiaux « devant », « derrière » chez les enfants français de 4 à
6 ans. Nous chercherons à connaître les sous-bassements cogni-
tifs exigés lors d'une tâche de compréhension de positionnement
d'un objet cible devant ou derrière un objet repère.
Dans toute situation de repérage spatial, le sujet s'appuie
sur un cadre de référence. Si ce cadre implique le recours au
sujet, alors on parlera de cadre déictique. Si ce cadre est ind
épendant de la position du sujet, alors on parlera de cadre non
déictique. Dans ce cas, le repérage s'appuiera sur les propriétés
de l'environnement et/ou de l'objet repère. Le recours à l'un ou
l'autre de ces systèmes de référence dépend des contraintes
situationnelles. Dans une tâche de localisation d'un objet cible
devant ou derrière un objet repère, le système déictique sera
toujours disponible, alors que le recours aux propriétés du matér
iel n'est possible que si le repère ou la cible sont intrins
èquement orientés, c'est-à-dire s'ils possèdent un devant et un
derrière.
Ces deux cadres de référence renvoient-ils à deux oppositions
lexicales différentes ? En français, nous disposons de deux cou
ples de lexemes, « devant/derrière » et « en face de / derrière » ;
mais chacun peut être employé aussi bien en situation déictique
que non déictique. En latin, un couple de lexemes existe pour
chacun des systèmes de référence (Piérart, 1977). Si l'objet repère
est intrinsèquement orienté l'opposition lexicale est « pro-
post » (pp). Ce cas de figure renvoie au système de référence
non déictique. Si l'objet repère n'est pas intrinsèquement orienté,
la ligne du regard ou le déplacement du sujet détermine un axe
de référence, l'opposition lexicale est alors « ante-post » (ap).
Devant se situe entre le sujet et le repère, alors que derrière se
situe au-delà du repère. Ce cas de figure renvoie au système de
référence déictique. « devant, derrière » chez l'enfant 209 Compréhension
Notons que le système de référence déictique ne se réduit pas
à la localisation de type ap. Dans certaines situations, le sujet
peut fournir une réponse inverse, devant se situant au-delà du
repère, et derrière entre le sujet et le repère. Lurçat (1976)
mentionne ce type de réponse qu'elle appelle « translation » (t).
Tout se passe comme si le sujet se projetait, par translation,
au centre du repère. Le devant se trouvant alors à ses pieds et le
derrière dans son dos. D'autres auteurs ont observé ce type de
réponses (Hill, 1982 ; Tanz, 1980). Hill (1982) propose le terme
aligned field pour le décrire, par opposition au terme facing field
correspondant aux réponses ap de Piérart.
Au sein du cadre de référence déictique, Hill (1982) a montré
que le recours à un codage facing field (ap) ou aligned field (t)
varie en fonction de l'ethnie considérée, de la visibilité de l'objet
cible, et du mouvement éventuel du sujet.
Dans une perspective développementale, la représentation
d'une situation pp (repère orienté) renverrait, selon Piérart
(1977), à la géométrie topologique. Le sujet peut résoudre le
problème en s'appuyant sur des relations de voisinage, devant
un camion signifiant près de la cabine. Par contre, la représen
tation d'une situation ap ou t (repère non orienté) renverrait
à la géométrie projective. La droite déterminée par la ligne du
regard ou le déplacement du sujet permet d'établir des rapports
spatiaux entre les objets en fonction d'une perspective ou d'un
point de vue particulier du sujet sur l'objet. D'autres auteurs
évoquent également l'existence des deux oppositions devant,
derrière, l'une faisant appel à une géométrie topologique, l'autre
à une géométrie projective (Johnston et Slobin, 1979 ; Washington
et Naremore, 1978 ; Lehalle, 1984 ; Wanska, 1984 ; Van Geert,
1985).
C'est la justification de cette distinction que nous allons
discuter ici.
Selon Piaget et Inhelder (1947), l'espace représentatif est
d'abord topologique entre 2 et 6-7 ans, ensuite s'organisent
parallèlement les systèmes de relations projectives et euclidiennes.
Si les faits entrent dans ce cadre théorique, trois conséquences,
au moins, sont attendues :
— tout d'abord, un décalage entre les situations avec repère
orienté, et les situations avec repère non orienté, les premières
étant plus précoces que les secondes ; 210 Isabelle Verjal
— ensuite, une période (entre 3 et 5 ans) durant laquelle un seul
codage serait possible, donc dans laquelle ne peut pas appar
aître de conflit entre les codages ;
— et enfin, une absence de projection chez les jeunes enfants
(de 3 à 5 ans).
En ce qui concerne le premier point, nous attendons une
précocité de compréhension pour les situations avec repère
orienté, car l'enfant peut raisonner en termes de relation de
voisinage dès 2-3 ans. Dans les situations avec repère non orienté,
l'enfant doit construire une projection. La compréhension serait
plus tardive (à partir de 6 ans seulement). Les résultats de la
littérature confirment effectivement ce décalage, mais les âges
mentionnés ne correspondent pas aux âges attendus. En effet,
c'est entre 3 et 5 ans que se met en place la compréhension
des relations spatiales devant, derrière dans les situations avec
repère orienté, comme dans les situations avec repère non orienté
(Kuczaj et Maratsos, 1975, avec front et back ; Cox, 1981, avec
behind et in front ; Abkarian, 1983).
En ce qui concerne le deuxième point, nous envisagerons les
situations avec repère orienté. Si le seul codage PP, basé sur les
propriétés intrinsèques du repère, est disponible de 3 à 5 ans,
nous ne devrions observer aucun conflit entre une référence
déictique (codage AP ou T) et une référence non déictique
(codage PP). Le repère orienté peut être aligné sur la position
du sujet soit en lui faisant face (position saggitale face) soit en
lui tournant le dos (position saggitale dos). Il peut être perpend
iculaire à l'axe du regard du sujet soit tourné vers la droite
(position latérale droite), soit tourné vers la gauche (position
latérale gauche). Ces quatre positions peuvent être considérées
comme équivalentes si le cadre de référence AP n'intervient pas.
Tanz (1980), dans une tâche de localisation d'une cible devant
(in front of) ou derrière (in back of) un repère orienté, n'observe
pas de différences entre les positions sagittale dos, sagittale
face et latérales chez des sujets âgés entre 2 ; 11 ans et 4 ; 11 ans.
L'auteur conclut que les enfants s'appuient uniquement sur les
propriétés intrinsèques des objets repères et sont parfaitement
insensibles à une éventuelle situation de conflit. Pour les posi
tions latérales, Bialystok et Codd (1987) confirment ce résultat
avec des sujets de 3 ans. Par contre, Abkarian (1983) note qu'à
3 ans, les enfants sont sensibles au conflit entre les codages AP Compréhension « devant, derrière » chez l'enfant 211
et PP. Ils comprennent plus souvent devant en situation sagit
tale face qu'en situation sagittale dos. Dans le premier cas, le
codage PP et AP coïncident. Piérart (1977) teste la compréhens
ion des marqueurs « devant », « derrière » en n'utilisant qu'une
seule position du repère orienté, la position sagittale face. Elle
montre que les placements de type PP sont conformes à ceux de
l'adulte dès 3 ans pour le marqueur « derrière », et seulement à 4 ;
6 ans pour le marqueur « devant ».
Les résultats ne sont pas tous convergents, mais il semble
qu'à 3 ans, dans certaines situations, deux types de codage
soient disponibles, l'un tenant compte des propriétés intrin
sèques de l'objet repère, l'autre de la position du sujet.
En ce qui concerne le troisième point, nous nous pencherons
sur les situations avec repère non orienté qui nécessitent la
construction d'une projection. Dans les tâches de compréhension
des marqueurs « devant », « derrière », dès 4 ans, les enfants
savent s'utiliser comme repère (Kuczaj et Maratsos, 1975, avec
front et back ; Cox, 1979, 1981, avec in front of, behind ; Lurçat,
1976, avec « devant » et « derrière », etc.). Ainsi il semblerait
que le jeune enfant puisse utiliser son propre point de vue pour
situer les objets les uns par rapport aux autres. Il peut également
prendre le point de vue de quelqu'un d'autre. En effet, Wanska
(1984) ajoute, en plus du dispositif habituel (repère et cible),
un ours et demande à l'enfant de se mettre à la place de l'ours
pour répondre à la tâche de compréhension locative (front,
behind). Ses résultats montrent que plus de la moitié des enfants
de 4 ; 6 ans tiennent compte de la perspective de l'ours. On
pourrait discuter ces résultats en disant que les enfants n'ont
pas recours à une véritable projection, mais qu'ils s'appuient
sur une relation de voisinage. Cette stratégie est performante
pour le marqueur « devant » (proche du devant du sujet) mais
elle n'est plus efficace pour le marqueur « derrière ».
Que nous apportent les données de la littérature sur l'ordre
d'acquisition des marqueurs « devant », « derrière » ? Certains
auteurs ne recueillent aucun décalage entre l'acquisition de
devant et de derrière (front et back). C'est le cas de Harris et
Strommen (1972), de Kuczaj et Maratsos (1975) et de Clark
(1980). D'autres travaux montrent un avantage pour derrière,
comme Washington et Naremore (1978), Tanz (1980) (back
contre front) ; Cox (1979) (behind contre in front of) ; Piérart
(1977). Lurçat (1976) montre que si on s'intéresse à la compréhen- 212 Isabelle Verjat
sion conjointe des deux termes, il faut attendre 4;6 ans pour
atteindre 50 % de réussite, alors qu'à 3;6 ans, plus de 50 % des
enfants comprennent le marqueur derrière.
Abkarian (1983) note qu'à 3 et 4 ans la réussite pour front
implique la réussite pour back et behind alors que l'inverse
n'est pas vrai. De plus, l'étude des inversions révèle que back
et behind ont moins de chances d'être interprétés comme leur
inverse que front et ahead. Donc back et behind ne sont pas
dérivés des précédents.
S'il apparaît une différence entre les marqueurs, elle est en
faveur d'une plus grande précocité de derrière par rapport à
devant. Ce résultat se retrouve aussi bien au niveau de la com
préhension que de la production.
Pour beaucoup d'auteurs l'acquisition plus précoce de derrière
serait liée à son aspect masqué, les enfants se focalisent plutôt
sur l'objet invisible que sur l'objet visible (Piérart, 1977 ; Abkar
ian, 1983 ; Li Ping, 1988). Ainsi la construction de l'opposition
se ferait à partir du terme derrière.
A travers les données de la littérature, nous notons que les
codages PP et AP sont disponibles dans une même tranche d'âge
(de 3 à 5 ans). Nous voyons qu'en situation repère non orienté,
les codages AP et T semblent faire appel à une géométrie projec-
tive. Par contre, les données de la littérature ne nous permettent
pas de connaître la nature de la géométrie (topologique ou
protective) à laquelle le codage PP fait appel.
Dans ce travail nous essayerons d'éclaircir ce problème. une première expérience, nous chercherons à savoir si
un codage PP, basé sur les propriétés intrinsèques du repère, est
disponible dès 4 ans. Nous proposerons à nos sujets de 4 et 5 ans
une tâche habituelle de localisation d'un objet cible devant,
derrière un objet repère orienté, en veillant à faire varier la
position du repère.
Dans une deuxième expérience, nous nous interrogerons sur
la nature du codage PP. Nous proposerons également une tâche
de localisation spatiale mais dont le dispositif gêne le recours
à des relations topologiques de voisinage. Si les réponses res
tent identiques à celles de l'expérience précédente, c'est que le
codage PP fait appel à un véritable système projectif.
Et enfin, nous proposerons une tâche de localisation avec un
repère non orienté, donc faisant appel à un codage AP ou T.
Nous essayerons, d'une part, de préciser quelles propriétés du Compréhension « devant, derrière » chez Venfanl 213
repère peuvent modifier ce codage (hauteur et forme) et d'autre
part, quel est le statut cognitif de ce codage par rapport au
codage PP mobilisé dans les expériences précédentes.
EXPÉRIENCE 1
SUJETS
Quarante enfants fréquentant une école maternelle de Poitiers ont
participé à cette expérience. Ils ont été répartis en deux groupes d'âge :
— groupe 1, 10 garçons et 10 filles âgés entre 3;5 et 4; 4 ans
(m. = 3;10 ans) ;
— groupe 2, 8 garçons et 12 filles âgés entre 4;6 et 5;2 ans
(m. = 4;11 ans).
MATÉRIEL
II se compose de deux repères (une poupée et un jouet « camion de
dépannage »), et de cibles (des jetons de différentes couleurs).
PROCÉDURE
L'enfant vient s'asseoir à côté de l'expérimentateur qui lui pré
sente le matériel. Sur désignation, l'enfant nomme les repères et les
couleurs.
L'introduction de jetons de couleur évite la monotonie de la tâche
et donc encourage une participation active des enfants. Notons que la
reconnaissance des couleurs de nos jetons n'a posé aucun problème à
nos sujets.
Après familiarisation avec le matériel, l'expérimentateur explique :
« Maintenant on va voir si tu connais bien les couleurs, il faudra
prendre un des jetons et le mettre là où je te le dirai sans te
tromper de couleur. » Les items proposent un positionnement soit
devant soit derrière le repère (ex. : Mets le jeton jaune « devant » la
poupée). La position du par rapport au sujet est modifiée aléa
toirement après chaque item. Quatre positions sont retenues (voir
dispositif fig. 1) :
— latérale gauche, le repère est perpendiculaire à l'axe de regard
du sujet qui perçoit le devant du repère à sa gauche (le derrière à sa
droite) ;
— latérale droite, le repère est à Taxe de regard du
sujet qui perçoit le devant du repère à sa droite (le derrière à sa
gauche) ; 214 Isabelle Verjat
— sagittale face, le repère se situe sur l'axe du regard du sujet qui
fait face au devant du repère ;
— sagittale dos, le repère se situe sur l'axe du regard du sujet qui
fait face au derrière du repère.
Après une première série de 8 items (4 positions, 2 marqueurs)
avec un repère, l'expérience se poursuit par une deuxième série de
8 items avec l'autre repère. L'ordre des repères (camion, poupée) est
contrebalancé.
En fin d'expérience chaque sujet a répondu à 16 items.
Latérale droite Larérale gauche Sagittale face Sagittale dos
jetons : .
sujet : •
repère : /
Fig. 1. — Dispositif expérimental
Experimental set-up
Nous recueillons la localisation du jeton. Cependant, comme le
précise Tanz (1980), il n'est pas possible de connaître le cadre de réfé
rence utilisé en ne considérant qu'une seule réponse. Ainsi, pour chaque
orientation du repère, nous avons considéré les deux localisations
associées au couple devant, derrière.
Nous avons distingué six types de réponses :
1) Réponse pro-post (PP) : le sujet tient compte de l'orientation intrin
sèque du repère pour localiser la cible ;
2) Réponse anté-post (AP) : le sujet se réfère à l'axe du regard, devant
étant entre le sujet et le repère et derrière au-delà du repère ;
3) Réponse translation (T) : le sujet se projette sur le repère, et la
localisation est inverse de la précédente ;
4) Réponse mixte (MI) : le sujet change de cadre de référence entre le
premier et le deuxième marqueur du couple ;
5) Réponse inclassable (IN) : au moins un des marqueurs ne renvoie
pas à l'un des codages précédents PP, AP, T ;
6) Réponse contact (GO) : pour les deux marqueurs du couple, la
cible est localisée sur le repère.

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