- Le test de Rorschach au point de vue constitutionnel - article ; n°1 ; vol.50, pg 593-602

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1949 - Volume 50 - Numéro 1 - Pages 593-602
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
Lecture(s) : 94
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins

J. Elmgren
VIII. - Le test de Rorschach au point de vue constitutionnel
In: L'année psychologique. 1949 vol. 50. pp. 593-602.
Citer ce document / Cite this document :
Elmgren J. VIII. - Le test de Rorschach au point de vue constitutionnel. In: L'année psychologique. 1949 vol. 50. pp. 593-602.
doi : 10.3406/psy.1949.8476
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1949_hos_50_1_8476VIII
LE TEST DE RORSCHACH
AU POINT DE VUE CONSTITUTIONNEL
par J. Elmgren
Psykologiska och Pedagogiska Institutionen, Göteborg.
Nous présentons ici quelques résultats d'une investigation sur
la signification constitutionnelle du test de Rorschach, fondés
d'une part sur l'analyse factorielle d'un groupe d'étudiants,
d'autre part sur l'examen psychologique d'un groupe de
soldats durant leur service militaire. La première partie de notre
étude a été entreprise au cours de notre enseignement expéri
mental en 1949 et a fait partie des expériences de recherches
habituellement poursuivies dans le laboratoire de psychologie.
Les sujets dans cette première partie de notre étude sont donc des
étudiants de psychologie entraînés pendant une année dans les
méthodes d'expérimentation et d'introspection psychologique.
Les sujets de la deuxième partie de notre étude sont au contraire
complètement inérudits au point de vue Une
autre différence capitale entre les deux parties de notre étude est
celle que le nombre de sujets est nécessairement plus restreint
(N = — 19) dans le premier cas et plus élevé dans l'autre
(N = 96).
Nous donnons d'abord une brève description des tests et des
expériences de la première partie de notre étude : 1° Interpré
tation d'une analyse factorielle. Les sujets ont reçu une description
stencilée d'un nombre de tests et une matrice factorielle fondée
sur une investigation avec ces mêmes tests. Ils ont eu la tâche
d'interpréter les 4 facteurs de cette matrice et d'en donner la signi
fication psychologique. 2° Réactions mimiques I-II. Les dessins de
Frappa (Dumas : Traité de psychologie, I, p. 635-638), les six qui
A. P. VOL. JUB. 38 594 PSYCHOLOGIE APPLIQUEE
représentent les émotions fondamentales, ont été utilisés dans la
première partie de cette expérience et l'analyse d'une émotion
complexe, l'admiration, dans la seconde partie. 3° Réactions
mimiques. Cas cliniques. On a projeté pendant deux minutes une
image d'un aliéné ou psychopathe sur un écran et on a demandé
aux sujets immédiatement après l'exposition de caractériser les
traits de personnalité de l'individu en question aussi bien affectifs
qu'intellectuels. Cinq images ont été présentées de suite. 4° Thurs-
tone-Mira. Les sujets ont subi cette épreuve d'intelligence compre
nant questions d'ordre logique, verbal et numérique (Decroly-
Buyse : La Pratique des tests mentaux, p. 245-262). 5° Le test« 0 »
d'intelligence. Ce test a été construit par l'auteur en vue de déter
miner le degré d'intelligence des officiers dans l'armée suédoise;
nous avons d'emblée utilisé deux tests d'intelligence afin de pou
voir localiser le facteur g dans la matrice. Ces deux tests d'in
telligence ont une corrélation assez élevée entre eux d'ordre de
.75 — . 80. 6° Texte T IL Un texte descriptif a été lu par l'in
structeur une seule fois et les sujets ont dû indiquer après cette
lecture sur des formulaires par des signes convenus la netteté avec
laquelle ils ont pu se rappeler la voix de l'instructeur, les modal
ités de celle-ci, etc. On a enregistré par cette méthode les points
maximum de clarté des représentations auditives. 7° Réactions
mimiques I. La première partie de 2° a été évaluée séparément.
8° Texte T IL Area total. On a estimé quantitativement la partie
du texte caractérisée par des images auditives nettes de la voix
de l'instructeur. 9° Texte U III. Points maximums de clarté. Exac
tement comme 6°, mais cette fois il s'agit d'un texte argumentatif .
10° Texte U III. Area total. Exactement comme 8°, mais cette
fois il s'agit d'un texte argumentatif. 11° Le disque de Masson.
Celui-ci a été mis en rotation par la méthode ordinaire. Après
un préexercice les sujets ont marqué par une ligne verticale
dans leurs protocoles chaque fois que les anneaux gris ont semblé
disparaître. L'expérience a compris deux périodes d'observation
de trois minutes chacune. 12° Figure-fond I. Les figures réver
sibles de Bahnsen ont été projetées sur un écran après pré
exercice pendant deux périodes d'observation de trois minutes.
On a marqué par une ligne en zigzag les alternances successives
de figure et de fond. 13° Figure-fond IL Dans cette expérience la
croix de Rubin a été présentée exactement dans les mêmes condi
tions que les figures de 12°. 14° L'épreuve de la montre d'après
Urbantschitsch. Cette expérience classique par laquelle les flu
ctuations de l'attention sont déterminées a été donnée après ELMGREN. — LE TEST DE ROBSCHACH 595 J.
préexercice pendant deux périodes d'observation de trois
minutes, les sujets indiquant par une ligne verticale dans leurs
protocoles chaque fois que le son du tictac paraît disparaître.
15° Diapason électro-acoustique. Les sujets ont indiqué par une
ligne en zigzag les renforcements et affaiblissements du son déter
minés par les fluctuations de l'attention. 16° Disque tournant
(rouge-noir). Croix rouge sur fond noir a alterné avec la pers
pective réversible. Observation pendant trois minutes, répéti
tion de l'expérience trois fois de suite. 17° Disque tournant
(blanc-noir). La même expérience que 17° mais avec secteurs
blancs et noirs. 18° Le test de Warte g g d'après le « type-Erlebnis ».
Le test projectif fort intéressant de Wartegg a été donné dans
une forme collective. Les sujets ont à compléter huit dessins en
partant des éléments initiaux, point, ligne, courbe et d'autres
éléments figuratifs. Les résultats sont évalués d'après certaines
règles très compliquées (Wartegg : Gestaltung und Charekter)
et sont interprétés du pôle affectif d'Erlebnis au pôle objectif
(Dinglichkeit, Stofflichkeit) qui est supposé correspondre aux
qualités de volition et de caractère. 19° Le test de Wartegg
d'après le « type-Dinglichkeit ». 20° Le test de Rorschach. Pourcent
age des réponses globales. Les réponses dites globales de Ror
schach computées en pourcentage du nombre total de réponses
de chaque sujet ont été déterminées (G %). 21° Le test de Ror
schach. Pourcentage des réponses de bonnes formes (F -j- %).
D'après les règles de Rorschach ce pourcentage a été — bien
entendu ■ — compute sur le nombre des réponses de formes.
22° Le test de Rorschach. Pourcentage des d'animaux
(T %). Ce pourcentage a été déterminé d'après les règles clas
siques de Rorschach sur le nombre total des réponses comme
indicateur de la Stereotypie des représentations et images pour
chaque sujet. 23° Le test de Rorschach. Réponses en mouvement.
Nombre absolu de ce type de réponse pour chaque sujet. 24° Le
test de Rorschach. Le pourcentage des réponses de forme compté
sur le nombre total des réponses (F %). Il faut bien distinguer ce
pourcentage du % F +. Il a d'après Klopfer une tout autre
signification psychologique dans le sens d'un contrôle excessif
de l'affectivité ou bien de certain degré de neuroticisme (Klopfer
et Kelley : The Rorschach technique, p. 234). 25° Le test de Ror
schach. Réponses en couleur déterminées d'après la formule de
Rorschach en fixant la réponse du type couleur-forme comme
unité et donnant à la du type forme-couleur le poids 0,5
et à la réponse du type couleur primaire le poids de 1,5. 26° Le 596 PSYCHOLOGIE APPLIQUEE
test de Ror schach. Le nombre de réponses du type forme-couleur.
Selon Rorschach la réponse forme-couleur est l'expression de
l'affectivité adaptée et contrôlée, à la différence des réponses du
type couleur primaire qui sont au contraire symptomatiques
d'une désadaptation affective et d'une trop grande impulsivité
et suggestibilité. 27° Le test de Rorschach. La relation entre le
nombre des réponses globales et celui des réponses en mouvements
(quotient GjB). C'est Klopfer qui a surtout souligné l'impor
tance de cette relation. Il existe un certain optimum entre les
deux types de réponses qui va de pair avec l'équilibre des fonc
tions intellectuelles et affectives. 28° L'indice de Strömgren.
Nous donnons dans le tableau 1 les intercorrélations de vingt-
huit variables déterminées par la méthode de rang de Spearman.
TABLEAU I
Intercorrélations des 28 variables
déterminées par la méthode de rang de Spearman.
1 15 27 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26
11 04 14 12 00 01 31 07 47 33 20 18 14 42 12 09 17 10 20 17 31 03 35 06 17 68 29
2 05 19 09 22 89 04 21 10 03 23 27 24 09 30 22 29 00 56 02 30 24 07 35 04 34 41
3 31 2SJ05 11 18 32 13 07 32'07 25 27 15 13 25 15 39 27(36 39 34 06 03 24 18
95 57 10 40 03 12 24 23 48 20 10 43 34 11 26 24 63 47 21 41 03 16 26 13 4 5' 48 05 271603 07 17 09 29 25 26 '35 20 44 27 15 02 17 14 07 12 34 23
6 20 25 58 38 25 38 37 72 12 34 42 08 62 44 19 25 55 40 40 47 02 11 7> 42 13 16 02 1524 18 36 45 26 30 05 25 00 12 05 10 23 12 26 28
8 30 45 31 45 '14 50 07J36 22 33 43 24 02 30 43 15 33 58 25 08
9 75 21 28 40 22 03 08 14 15 32 26 04 58 57 38 45 45 33 15
10 15 05 32 36 14 11 14 08 30 21 24 83 78 55 84 64 29 27
11 03 17 64 65 01 08 40 33 12 09 14 09 05 06 16 47 33
12 34 70 17 16 01 83 87 48 37 63 66 01 34 03 30 39
13 47 82 42 80 54 51 72 71 15 25 07 17101 24 07
14 56 03 25 27 26 13 42 39 08 22 02 06 08 19
15 10 60 34 00 55 12 20 11 42 47 08 34 06
16 05 29 39 18 15 22 23 04 22 04 57 27
17 40 29 22 28 12 15 35 24 34 05
18 22 15 06 06 05 19 12 33 03 58
19 16 52 27 51 19 52 59 23 14
20 53 05 36 26 40 19 48 15
21 12 26 12 41 12 46 08
22 51 38 53 19 32 68
23 86 74 88 20
24 65 63 35 23
25 09 25 82
26 22 01
27 07
28
La matrice des intercorrélations a été soumise à une analyse
fa.ctorielle par la méthode de groupe de Thurstone. Six facteurs
ont été extraits. Ils sont reproduits avec leurs saturations dans
les différents tests et expériences dans le tableau II. Les satu
rations qui dépassent ± 30 sont mises en italique. :
.
ELMGREN. LE TEST DE RORSCHACH 597 J.
TABLEAU II
Matrice factorielle.
I II III IV V VI
1. Interprétation d'une analyse
— 02 rielle 20 — 11 — 33 22 17
2. Réactions mimiques I-II 21 — 19 08 87 04 12
3.mimiques. Cas cliniques. 22 32 34 — 23 — 02 03
— 05 4. Thurstone-Mira — 10 23 97 02 18
5. Le test « O » d'intelligence . . . . — 02 06 17 90 18 — 30 r a 6. Texte T II 27 49 08 07 13
— 04 — 20 — 04 7. Réactions mimiques I — 07 95 0
— 06 8. Texte T II. Area total 51 — 40 26 58 — 22
9.U III. Points maximums de
69 clarté 02 — 34 — 02 03 12
■10. Textes U III. Area total 93 — 01 — 16 09 04 17
11. Le disque de Masson — 43 09 41 — 45 11 51
12. Figure-fond I 10 86 — 07 — 45 03 55
13.II 18 — 01 — 10 91 07 54
14. L'épreuve du montre d'après Ur-
bantschitsch — 17 18 58 — 63 20 50
15. Diapason électro-acoustique . . . 24 80 — 43 — 15 — 06 04
— 19 16. Disque tournant (rouge-noir) . . . 31 — 05 34 52 0
17. Disque tournant (blanc-noir) . . . — 07 — 27 84 20 39
18. Le test de Wartegg d'après le
« type-Erlebnis » 59 10 — 11 — 13 — 14 46
19. Le test de le
« type-Dinglichkeit » 51 39 32 05 50 06
20. Le test de Rorschach. Pourcentage
des réponses globales 16 22 — 29 43 50 54
21. Le test de
des de bonne forme . . 16 41 24 07 46 63
22. Le test de Rorschach. Pourcentage
— 68 des réponses d'animaux . . — 20 12 18 09 02
23. Le test de Réponses en
mouvement 92 — 12 0 09 14 22
24. Le test de Rorschach. de
— 69 forme, nombre total des réponses. 08 03 10 11 39
25. Le test de Réponses en
couleur — 14 — 13 88 20 28 20
26. Le test de Rorschach. Le nombre
de réponses du type forme-cou
— 05 leur — 26 82 0 40 16
27. Le test de La relation
entre le nombre des réponses glo
bales et celui en
mouvements (quotient G/B). . . 35 — 36 37 45 42 39
— 07 — 15 28. L'indice de Strömgren 12 39 38 31
L'interprétation de la matrice factorielle est particulièrement
intéressante en ce sens qu'il est possible dans une certaine 598 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE
mesure de distinguer ce qui revient au type constitutionnel
des réactions qui en sont indépendantes. Ainsi on voit directe
ment par inspection des saturations des facteurs correspondant
à l'indice de Strömgren. Ainsi il en ressort que les trois derniers
facteurs, IV-VI, ont une signification constitutionnelle tandis
que les trois premiers, I-III, n'ont pas ce caractère. Étant donné
que l'indice de Strömgren est évalué du pôle leptosome vers
le pôle pycnique il est possible de dire que les facteurs IV et V
ayant un signe positif sont d'une nature leptosome et que le
facteur VI du signe opposé est au contraire un trait en quelque
sorte distinctif du biotype pycnique.
Le facteur I offre des saturations intéressantes dans le test
de Rorschach. Il s'agit évidemment de l'affectivité car les réponses
couleur et forme-couleur sont fortement saturées (.88 et .82).
Il ne faut pas oublier que le dernier type de réponse indique
l'affectivité adaptée, bien équilibrée et normale. Ceci s'accorde
très bien avec la saturation également considérable des réponses
de mouvement (.92). D'après Rorschach le moment kinesthé-
sique est l'expression de la productivité mentale et en même
temps signe d'une affectivité libérée par le jeu des mécanismes
mentaux. C'est pour cette raison sans doute que les expériences
avec les textes sont aussi bien saturées (.54, .51, .69 et .93).
Il faut dans ces expériences provoquer des représentations et
images auditives très nettes et d'une vivacité considérable. Nous
pouvons préciser et dire que le facteur I correspond à la régula
tion affective des actes cognitifs (représentations, images, idées).
S'il est vrai que le test de Wartegg en ce qui concerne le « Dingl
ichkeit » exprime des qualités de volition on pourrait même
dire que cette régulation affective des idées et images rappelle
les conceptions de Wundt (Tätigkeitsgefühl, etc.). Il est tout à
fait naturel que le pourcentage des réponses d'animaux, signe
infaillible de la Stereotypie d' ideation, soit en réalité négative
ment saturé de ce facteur ( — .68) dont dépendent à la fois la
vivacité et la netteté des manifestations de la vie mentale.
On comprend aussi aisément la saturation négative du pourcen
tage F — ( — .69) comportant un contrôle excessif et restrictif
de l'affectivité.
L'interprétation du facteur II peut être accrochée d'abord
sur la coïncidence des réponses G et le % F + qui tous les deux
ont des coefficients de saturation assez élevés (.43 et .41). Les
deux expériences figure-fond ont des saturations maximales (.86
et .91) et cette saturation maximale se trouve aussi dans un ELMGREN. LE TEST DE RORSCHACH 599 J.
des disques tournants (blanc-noir .84). Le test de Wartegg est
représenté par deux projections modérées (.59 et .39). Il faut
aussi noter que le disque de Masson — c'est-à-dire une expé
rience visuelle — et l'épreuve d'Urbantschitsch — c'est-à-dire
une expérience auditive — ont des saturations positives (.41 et
.58), certainement grâce à une communauté du processus d'inté
gration perceptive. Nous sommes enclin à regarder ce facteur
comme identique au processus de « totalisation globale » (Tota-
lisierende Gestaltauffassung) si magistralement décrit par Gelb
et Fuchs d'un point de vue gestaltiste. Le caractère global du
processus perceptif en ce cas est nettement indiqué par le test
de Wartegg dans lequel il faut compléter un tout en partant
des éléments et aussi par le pourcentage G de Rorschach.
Le facteur III est facile à interpréter. C'est sans doute le
facteur g de Spearman paraissant surtout dans les deux tests
d'intelligence avec des saturations très prononcées (.97 et .90).
Mais il faut aussi expliquer les saturations négatives du disque
de Masson et l'expérience auditive d'Urbantschitsch ( — .43 les
deux). On sait combien ces expériences de fusion sont soumises
à une oscillation constamment en jeu. Or, Spearman et son
école ont souligné à mainte occasion le fait important que le
facteur 0 d'oscillation est particulièrement responsable des
variations dans le domaine du tempérament et du caractère.
Il faut tout de même attirer l'attention sur le fait que les sujets
ont été classés d'après le nombre des oscillations en trois
minutes dans deux expériences successives. Faut-il en conclure
que les prestations intellectuelles demandent un certain degré
de stabilité ainsi que l'a affirmé Binet dans sa célèbre définition
de l'intelligence en supposant une certaine direction de l'acte
intellectuel vers le problème posé par intermédiaire de l'atten
tion?
Le facteur IV doit avoir une signification leptosome et en
même temps une importance spéciale pour l'interprétation des
réactions où se trouve localisé le maximum des saturations, avec
une projection de .87 pour réactions mimiques I-II, et encore
plus grande (.95) pour réactions mimiques I. Il s'agit probable
ment d'une abstraction des formes pour arriver à concevoir une
totalité ainsi que l'indique la projection presque zéro de la variable
21, le pourcentage des réponses de bonne forme du Rorschach.
Ce processus doit refléter assez bien une disposition de la cons
titution leptosome. Les dessins de Frappa qui ne donnent que
le contour et les traits essentiels de la mimique très sommaire- 600 PSYCHOLOGIE APPLIQUEE
ment sont certainement favorables à une telle modalité de per
ception. Les expériences avec les disques tournants correspon
dent en ce cas à une sommation des excitants visuels sublimi
naires. Ainsi s'expliquent probablement les saturations de ces
deux expériences (.52 et .39).
La perception des formes et des détails si souvent mis en relief
comme essentiels dans la description de la constitution lep-
tosome est une explication assez juste du facteur V. Le test
de Wartegg à côté de la perception d'une totalité doit aussi
mettre en jeu la perception des formes et des détails lorsque
le « gestalt » s'articule, pour parler le langage des psychologues
de la forme. Il n'est pas étonnant de trouver des saturations
positives de .46 et .50 dans ce test. Les projections du disque
de Masson et de l'expérience d'Urbantschisch (.51 et .50) s'ex
pliquent de la même façon. Il n'y a rien qui du reste contredise
cette interprétation, mais bien des choses qui parlent en sa faveur,
par exemple les signes opposés du pourcentage des bonnes formes
de Rorschach et du pourcentage des réponses globales du même
test.
Le facteur V est hypothétiquement interprété comme la rela
tion figure-fond.
Les 96 sujets de la seconde partie de notre étude ont été sou
mis à une série de tests projectifs et la constitution a été déter
minée par la méthode de Kretschmer et de Conrad. Un groupe
de 46 de ces sujets a aussi été anthropométriquement déterminé
à l'aide de l'indice de Strömgren. Nous traitons ici les résultats
de l'examen avec le test de Rorschach et de la déterminat
ion du type la méthode de Kretschmer en comparant
avec quelques résultats de Kretschmer publiés dans son volume Enke : Die Persönlichkeit der Athletiker, surtout p. 41.
La classification avec la méthode somatodescriptive de Kretsch
mer a donné dans notre matériel 18 athlétiques, 42 leptosomes
et 35 pycniques. Il aurait été plus intéressant sans doute d'uti
liser un procédé moins rigide et plus adapté aux types consti
tutionnels moins extrêmes, les normotypes, — fait important
signalé par Piéron dans son excellente étude sur le problème
typologique — mais ceci n'a pas été possible. ELMGREN. LE TEST DE RORSCHACH 601 J.
TABLEAU III
1
ion A 6 3 mbrc -, pons « obsc S relat Vil II-X i? s 3 g o u Q Réi o ^ 'A T % + ill! ||Ï| après de constitution Type Kretschmer pri] M< moi clair- re rt c / \ No No 0 G/D de de de
6! de b
onstitution athlé-
41 55 elon Kretschmer . 10 20 30 6 — Elmgren. . . 46 45 36 34 87 2,3 12 2,8 1,7 7,94 3,5 50
.eptosome :
elon Kretschmer . 48 23,1 15,4 61 47
— Elmgren. . . 47 12 5,4 19 29 26 83 2,3 1,9 2,14 7,0 3,8 43
'ycnique :
elon Kretschmer . 41 29 35 19,3 42 — Elmgren . . . 41 17 9 20 34 34 83 2,4 2,33 2,4 3,4 7,9 43
Kretschmer dans ses recherches a eu 200 sujets athlétiques
qui sont à vrai dire très hétérogènes au point de vue de l'âge
(15-65 ans). Il n'indique du reste pas le nombre des sujets dans
ses groupes comparatifs de pyeniques et de leptosomes. Nos
groupes sont homogènes quant à l'âge et se composent d'indi
vidus juvéniles (20-21 ans). Il y a des différences qui sont certa
inement attribuables à l'âge, par exemple le pourcentage sens
iblement moindre que nous avons trouvé pour les ambiéquaux
et coartés des athlétiques et des leptosomes. Rorschach a
justement souligné le fait que la tendance vers l'ambiéqualité
augmente considérablement avec l'âge. Un point intéressant à
noter est la coïncidence presque parfaite des pourcentages des
réponses d'animaux (T %). Nous avons constaté dans des
recherches génétiques sur le test de Rorschach que le % T reste
constant et se développe très peu avec l'âge. De tels traits résistant
aux changements d'âge sont selon Conrad atypiques et n'ont
rien à faire avec la constitution.
D'après nos chiffres l'athlétique doit être le plus affectif avec
la plus grande quantité de réponses primaires de couleur, en
opposition avec Kretschmer qui au contraire trouve que le
pyenique est le plus affectif. La différence très grande pour les
leptosomes en ce qui concerne le G > D est évidemment un résul
tat divergent mais il faut se rappeler que Kretschmer plus tard

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.