Les deux premières vertèbres cervicales dans l'ossuaire néolithique des Cous, à Bazoges-en-Pareds (Vendée) - article ; n°1 ; vol.6, pg 5-26

De
Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1915 - Volume 6 - Numéro 1 - Pages 5-26
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1915
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Marcel Baudouin
Les deux premières vertèbres cervicales dans l'ossuaire
néolithique des Cous, à Bazoges-en-Pareds (Vendée)
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 6 fascicule 1, 1915. pp. 5-26.
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Baudouin Marcel. Les deux premières vertèbres cervicales dans l'ossuaire néolithique des Cous, à Bazoges-en-Pareds
(Vendée). In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 6 fascicule 1, 1915. pp. 5-26.
doi : 10.3406/bmsap.1915.8705
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1915_num_6_1_8705BAUDOUIN. — LES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES NÉOLITHIQUES 5 M.
L'orientation du grand axe du camp dont la superficie exacte est de
5.969 mètres carrés — Est, Nord, Sud. Les grandes faces sont orientées
Est-Ouest ; à l'Est du côté du village de Bouzeron qui est dans la vallée
et à l'Ouest la grande face regarde la colline de Valotte qui amorce celle
du Camp de Chassey à l'Ouest.
Il nous a paru qu'il y avait au moins deux entrées dans les murailles
de cet enclos — bien limitées par des pierres et d'une largeur de 1 mètre
environ. Les murailles forment des angles rentrants et saillants des
sinuosités ; aucune fouille ne paraît avoir été opérée ni au dehors ni
à l'intérieur de ce camp ; la terre semble être peu épaisse à la surface du
calcaire qui constitue la colline — aucune trouvaille n'a été faite par les
gens de la région qui permette de fixer l'origine de cet ouvrage que
les archéologues du pays tendent à regarder comme un retranchement.
Je demande aux membres de notre société, si d'après cette description
bien sommaire il est possible de dire quelle est l'antiquité probable et
quel pouvait être l'usage de cette enceinte. Je me propose d'ailleurs de
faire pratiquer des fouilles dans cette région lorsque les circonstances me
le permettront. Il faut noter qu'une enceinte du même genre moins bien
conservée existe sur la colline de Vallotte, au Nord du camp de Chassey.
Discussion : M. A. de Mortillet et Baudouin.
Réponse de M. Variot.
Je remercie vivement mes collègues, qui ont bien voulu s'intéresser à
cette communication bien sommaire, et, comme cette enceinte est restée
vierge de fouilles jusqu'ici, je ferai mon profit des renseignements qu'ont
•bien voulume fournir MM. de Mortillet etMarcel Baudouin pourmes recher
ches ultérieures, que je ne manquerai pas de présenter à la Société d'An
thropologie si elles présentent quelqu'intérêt.
LES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES DANS L'OSSUAIRE NÉOLITHIQUE
DES COUS, A BAZOGES-EN-PAREDS (Vendée).
par M. le Dr Marcel Baudouin (Paris).
Il m'a paru intéressant d'étudier, d'une façon isolée, les deux pre
mières vertèbres cervicales, l'Atlas et YAxis, qui se trouvaient dans
I'Ossuaire, Néolithique, du Monument mégalithique des Coms, à Bazoges-en-
Pareds (Vendée)1.
1 Marcel Baudouin et Lucien Rousseau (Vendée). — L'Ossuaire de la Ciste des
Cous, à Bazoges-en-Pareds (V.) : Découverte, Fouille et Restauration. Mémoires de
la Soc. Préh. de France, Paris, t. III, 1913-1914, p. 1-91, 41 fig., dont dix pi. hors
texte. 7 JANVIER 1915 6
De telles recherches, quand il s'agit de Sépulture Vierge, fouillée avec
un soin minutieux et bien datée par le mobilier funéraire et les données
astronomiques fournies par l'architectonique du Monument lui-même,
sont toujours utiles à consigner dans les annales de la Science, car elles
constituent, malgré leur réelle aridité, des documents de comparaison
de première importance, surtout quand on dispose, comme ici, d'un
matériel anatomique considérable et remarquable par le bon état de con
servation des os *.
La plupart de ces vertèbres ont été recueillies dans la Ciste même du
Monument des Cous, bien entendu; et nous n'avons trouvé, dans le Couloir
d'accès de l'Ossuaire, que : 1° 5 Atlas et débris, dont 3 vertèbres entières
seulement ; 2° 3 Axis, dont une vertèbre avec l'apophyse odontoïde frac
turée et un os de jeune enfant.
Il faut remarquer que, dans le dit Couloir, on a retrouvé des vestiges
de sept Crânes au moins, dont un presqu'entier. Par suite 2 atlas et 4 axis
se sont égarés en route, lors du transport des Os décarnisés à la Sépul
ture ; ce qui n'a rien d'extraordinaire, pour les raisons que nous indique
rons plus loin.
Nous étudierons successivement V Atlas et l'Axis.
I. — Atlas.
I. — Sépulture. — 1° Nombre. — Nous avons recueilli et classé tous les •
exemplaires, entiers ou fracturés, de cette vertèbre, dont l'étude est capi
tale, on le sait, en Préhistoire et en Anatomie descriptive.
Notre statistique comporte les catégories suivantes.
A. Adultes. — a) Vertèbres entières, ou presque, permettant toutes
les mensurations indispensables [N°* 1 * h 10 8] 10
b) Débris de Vertèbres [2 fractures ont fait disparaître un fragment
plus ou moins étendu], présentant :
1° Un Arc antérieur [avec les 2 masses latérales] (N° 11) 1
2° Une Moitié droite, avec l'un des Arcs conservés au moins.
Persistent :
a) Arcs antérieur et postérieur (N° 12) 1
b) Arc postérieur seul (Nos 13 et 14) [Le N° 13 a été égaré] 2
1 En raison de la nature même de l'intérieur de l'Ossuaire, décrit ailleurs.
1 Le n° 1 provient du Tas n° I.
3 Le n° 10 se rapporte à un Os qui a été égaré avant les mensurations, mais noté
de façon expresse. BAUDOUIN. — LES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES NÉOLITHIQUES 7 M.
[N08 15 3° Une Moitié droite [sans Arc] (Masse latérale droite seule]
à 25] 11
4° Une Moitié gauche, avec conservation de l'arc postérieur [N09 26,
31,32,33] 4
5° Moitié' gauche (sans arc) [Masse latérale gauche seule] [NOS27, 28,
29, 30 et 34 a 37] 8
c) Débris divers d'Arcs [Nos 45 S 46 et 47) 3
Total 40
Ce chiffre de 40, qui n'a rien d'extraordinaire, comme on le verra, est
plus élevé que celui des Axis [36] ; mais cela tient peut-être à ce qu'il y a
ici quelques doubles emplois (une masse latérale gauche, comptée à part,
peut, en effet, très bien correspondre à une masse droite, déjà cataloguée
(parties d'arc comptées deux fois). — En tout cas, il y a plus de 35 Adultes,
représentés.
B. — Adolescents et Jeunes. — a) Vertèbre presque entière (il ne manque
que Varc antérieur, non soudé aux niasses latérales, réunies en arrière elles-
[N° mêmes par un arc postérieur complet) 38] [Enfant de 6 ans environ] . 1
b) Moitiés latérales [Pas de soudure au niveau des arcs postérieur et
antérieur] :
1° Masse gauche et 1/2 latérale arc postérieur :
Enfants de [N°s 39, 40 et 41] 3 moins de 5 ans 2° Masse latérale droite et 1/2 arc :
= 6. [Nos 42, 43 et 44] » 3
Total ~~7
Total général : 40 adultes -+• 7 jeunes = 47 Atlas.
Remarques. — II résulte de cette statistique que nous avons 47 restes
d'Atlas, correspondant sinon exactement à 47 sujets, du moins à une
quarantaine environ, dont, plus de 35 Adultes.
a) Comme il y a, dans cet ossuaire, des vestiges d'au moins 100 Adult
es, il est évident que la moitié seulement des Atlas d'ADULTES est repré
sentée ici, ou à peu près!
Ces données indiquent qu'au cours de la Dessication et de laDÉcARNiSA-
tion des Cadavres, puis du Transport des Os dans l'Ossuaire, plus de la
moitié des Atlas se détachaient des Crânes et se perdaient ou étaient frac
turés en multiples fragments. On ne peut, en effet, expliquer que de cette
façon l'absence de l'autre moitié des Atlas de l'Ossuaire et des débris manq
uants.
b) En ce qui concerne les Adolexcents et les jeunes, il ne persiste que
7 débris. Certes, c'est là un chiffre très faible, qui ne peut guère se com-
1 Provient du Tas n° I.
* Ne se raccordent pas avec les os précédents. 8 7 JANVIER 1915
prendre que si l'on admet aussi que les parties alors, non soudées, s'éga
raient encore plus facilement à la décollation des Crânes, puisque ces
sujets étaient bien plus nombreux (au moins 35).
2° Rites funéraires. — Les Brisures, — La façon, dont cette vertèbre a
été brisée, au cours de lu Décarnisation des Cadavres Néolithiques, est
extrêmement importante.
a) Atlas entiers. — Sur 40 os adultes, nous n'avons que 10 atlas entiers.
La proportion est donc de 25 0/0 (Nous verrons que, pour l'axis, elle est,
par contre, de 50 0/0). Il résulte de là que les Atlas étaient brisés dans
75 0/0 des cas (au lieu de 50 0/0 pour l'axis). — C'est beaucoup. — Mais
ce chiffre s'explique très facilement. Rien n'est plus difficile, en effet,
que de désarticuler par simple traction l'Atlas du Crâne, sans fracturer
cette vertèbre. Celle-ci ne pouvait se détacher entière que dans le cas de
décomposition ou destruction très marquée de ligaments puissants.
b) Brisures. — D'ordinaire il fallait agir brutalement et dans 75 0/0 des
cas la brisure se produisait et sur Yarc antérieur et sur l'arc postérieur à la
fois ; mais tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. — II en résultait le détache
ment d'une Masse latérale, qui, presque toujours, s'égarait, avant le trans
port dans l'Ossuaire.
Cette brisure, plus ou moins complexe, ainsi que le montre la statis
tique précédente, se produisait donc presque toujours à la Décarnisation ;
l'autre alternative n'est que l'exception.
Je n'ai pas encore eu le temps d'étudier ce phénomène pour l'Ossuaire
de Vendrest (S.-et-M.) ».
Comparaisons. — Si l'on compare ces faits avec les fractures de l'Atlas
sur le vivant, on voit que les fractures classiques, les plus fréquemment
observées, ne correspondent en rien aux Brisures ci-dessus * !
D'autre part, Bonnet a tenté, expérimentalement, sur des cadavres, de
reproduire des fractures de l'Atlas. Il a vu qu'il fallait pour cela combi
ner la suspension et la flexion forcée de la tête ; mais il n'a guère atteint
que l'axis.
Il faut conclure de là que les fractures que nous venons de décrire cons
tituent un ensemble de faits d'une nature très particulière, qui, forcé
ment, ont une origine très spéciale (puisqu'elle est rituelle et postmortem),
comme nous venons de le dire.
H. — Actions humaines. — 1° Stries de Silex. — Je n'ai jamais pu, jus
qu'à présent, découvrir la moindre trace d'Action humaine directe, indiscu-
' 1 Marcel Baudouin. — La Sépulture néolithique de Belleville, à Vendrest
(S.-et-M.), etc. — Paris, 1911, in-8% 266 p., 40 fig. et 16 pi. h. texte.
* Cas de Benj. Philipps, de Melchiori, etc. — Presque toujours cette fracture s'a
ccompagne de celle de l'apophyse odontoïde. BAUDOUIN. — LES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES NÉOLITHIQUES 9 M.
table [Stries de Silex, Ablation de Copeaux osseux, etc.] sur les Atlas ', alors
que ces vestiges sont si fréquents sur les os longs des Ossuaires *.
J'ai de forts doutes, cependant, pour l'Atlas N° 1 (Tas N° I). Cet os pré
sente, en effet, au niveau de la partie gauche de son arc antérieur, une
Echancrure, très nette et très profonde, qui, au moins du côté externe,
semble avoir été produite par instrument coupant. On dirait qu'on a enlevé
un fort copeau osseux, au niveau du bord supérieur (partie interne) de l'arc
antérieur, en désarticulant.
Malheureusement, la partie gauche de Péchancrure en question est très
irrégulière et semble due aune destruction simple, spontanée et in sepulchrumt
du tissu osseux. — Ce qui enlève toute valeur à ce cas, jusqu'à présent
unique !
Mais, à supposer que l'Action soit réelle ici, ce que je crois, cette excep
tion ne ferait que confirmer la règle, admise ci-dessus...
On ne désarticulait donc, pas le Crâne en le séparant, au Silex, de la
colonne cervicale, au niveau de l'Atlas! D'ailleurs la chose n'aurait pas
été facile....
2° Décollation. — La Décollation, comme je l'ai prouvé ailleurs, devait
se faire, soit spontanément, soit par action indirecte (torsion violente), les
chairs disparues. Elle se produisait, d'ordinaire, d'abord au tiers inférieur
de la Colonne cervicale (3e à 6e cervicale), comme je l'ai prouvé grâce à
l'Ossuaire de Vendrest.
Pour isoler ensuite l'Amas, quand on le détachait, il est probable qu'on
commençait parfois par briser le crâne 3 ; mais pourtant, quoique rare
ment, cette vertèbre pouvait se détacher seule *, les ligaments ayant dis
paru .
1 A Vendrest, une vertèbre pourtant m'a paru travaillée (Loc. cit., p. 175).
* En Vendée,je n'ai jamais trouvé de Vertèbres travaillées dans les Dolmens que
j'ai fouillés [Cf Marcel Baudouin. — Les ossements travaillés post-mortem des
Ossuaires mégalithiques en Vendée. — Arch prov. de Chir., Par , 1911, sept., n# 9.
Tiré à part, 1911, in-R", 10 p ]. - Aux Cous, il n'y a qu'une Lombaire (Inédit).
3 Je renvoie, d'ailleurs, pour l'étude approfondie de cette Action humaine sur la
colonne cervicale des squelettes néolithiques à la discussion qui a eu lieu à la
Société préhistorique Française, au sujet de la Décapitation [Bull. Soc. Préh. Franc.,
1912, t. IX, p. 336-339 et 339-340].
J'ai prouvé à cette occasion, que la Décapitation au silex devait être, sinon
impossible, du moins très difficile.
Et, en tout cas, jusqu'à présent, son existence n'est nullement démontrée, quoiqu'on
ait affirmé.
* Pour Vendrest (Loc. cit., p. 76*77), nous ayons cité en effet les cas ci-dessous de
file anatomique, constatés pour V atlas et Y axis.
1° Atlas el axis d'un sujet adulte B, avec crâne d'Homme correspondant (Fouille
1909) [Décollation : 2«-3« C ].
2° Crâne n° XL (Fouille de 1909, milieu de l'Ossuaire), avec les six premières ver
tèbres cervicales, en file anatomique. — Pièces conservées, après repérage précis,
pour le contrôle scientifique de la Fouille (Collections S P. F. Sujet P) [Décolla
tion : 6«-7* G.]. 7 JANVIER 1915 40
3° Distribution des Atlas dans les Tas d'Ossements. — Je donne, à titre
d'exemples, les deux relevés suivants :
1° Le Tas N° 1 a donné : a) Un Atlas pres-
qu'entier [Sujet Adulte A1]. — Un fragment
d'Artc postérieur d'un second Atlas, d'adulte,
presque de même volume que A1, quoique
un peu plus petit [Sujet Adulte G1]. — Un
seul de ces Atlas était isolé ; l'autre voisinait
avec un Axis.
2° Le Tas N° II a fourni, en outre d'une
Colonne cervicale en file anatomique, avec
débris d'ATLAS d'un sujet jeune (A11) (Fig. 4),
deux autres débris distincts d'ATLAS, corre
spondant par suite à d'autres Sujets [Dn et
E11). — II y avait donc là deux Atlas, bien
Fig. i. — Les premières isolés. Vertèbres cervicales d'un Su
jet NÉOLITHIQUE, trouvés,
en file anatomique, dans III. — Anatomie humaine. — Les mensur
l'Ossuaire des Cous, à Bazo- ations de la Vertèbre Atlas donnent des ges-en-Pareds (Vendée). —
[Tas n° II. Sujet A11 jeune renseignements très précieux, surtout depuis
[Atlas (Débris); Axis; 3e, les recherches de MM. Manouvrier * et Du- 4e et 5e Cervicales).
breuil-Chambardel *. En les combinant, on
Echelle : 1/2 Grandeur na peut en tirer des indications intéressantes, turelle [Photographie sur
relativement au Sexe du sujet 8. fond quadrillé au double
centimètre].
1° Mensurations. — On trouvera dans le Tableau ci-joint toutes les
mesures, que nous avons cru utile de prendre sur les neuf Atlas, entiers,
de l'Ossuaire des Cous.
3° Crâne n° LUI (Fouille 1909), avec les trois premières vertèbres cervicales
(sujet R. Femme). Pièces conservées (Collections S. P. F.) [Décollation : 3M« G.].
4° Crâne n° LIV (Fouille 1909) avec les cinq premières cervicales. Femme (sujet S).
[Décollation : 8«-6e G ]. Pièces conservées [Coll. S. P. F.]
Dans ces quatre cas de Vendrest, la Décollation était donc bien cervicale inté
rieure, avec conservation des rapports avec le Crâne correspondant.
A Bazoges-en-Pareds, pareille constatation n'a pas pu être faite, parce que tous
les crânes avaient été brisés, avant l'apport à l'Ossuaire.
1 L. Manouvrier. — Mém. de la Soc. d'Anthr. de Paris, 1902, 3« s., t. II, fasc. 3-
p. 4?,8.
1 Dubreuil-Chambardel (Dr Louis). — Variations sexuelles de l'Atlas. — Bull,
et Mém. Soc. d'Anthrop. de Paris, 4907, 18 juillet, S* s., t. VIII, n» 4, p. 399-400, 1 fig.;
et n» 5-6, p. 401 -402.
3 Marcel Baudouin — [L'Atlas, vertèbre sexuelle], — Bull, et Mém. Soc. d'An
throp. de Paris, 1907, n» 5-6, V» s., t. VIII, p. 402-403. ,
1
— Mensurations principales de l'Atlas. I.
III. Trou ' II. Vertèbre entière [maxim. 1. Vertébral.
Atlas. I. Poids. Observations
— D. trans. D. ant. post. D. bigl.moy.1 D. trans v. D. ant. p.
Encoche ou Perte de
US N« 1 30 substance (anomalie). 6 gr. (?) 40 45 80(?) 27(?) o S No 2 7 gr. 46 25 Manque une ap. transv. 44 29 84 (î;
N° 3 CA 48 Entière. 9 gr. 78 48 31 29 1 No 4 8 gr. 43 78 31 28 Ap. trans, détériorées. 45
a. No 5 7 gr. 44 Entière. 77 41 31 25
N° 6 7 gr. 43 26 27 1 ap. t. détériorée. 75 44 ce No 7 8 gr. 43 77 25 23 45 Entière.
t so
H N« 8 6gr. 40 41 26 27 Ap. transverses cassées. 65(?) a1 ) Très petite, mais complète.
1 N« 9 3gr. 36 60 42 27 25 [Je une Ado lescente] .
MES.
13 Arc antérieur non soudé
No 38 « 21 23 et disparu. 5> ts 59 41 34(?)
[Très jeune]. [Enfant de 6 à 7 ans].
FANT. 1
1 Diamètre biglénoïdien moyen. 12 7 JANVIER 1915
On y trouvera la mention du Diamètre biglénoïdien moyen, mesure dont
l'invention est due à M. le D' Dubreuil-Chambardel.
D'après Cruveilhier, le trou rachidien de I'Atlas, à l'époque moderne,
plus considérable que celui de toutes les autres Vertèbres ', a 32 mm. de
diamètre antéro-postérieur, et 30 mm. de diamètre transversal. — Nos
chiffres ne concordent qu'à peu près.
Fig. 2. — Atlas et Axis de la Sépulture par Inhumation de l'Allée cou
verte de La Planche à Puare, Ile d'Yeu (V.). — Os absolument intact, trou
vés en pile anatomique. — Adaptation parfaite.
Echelle : 1/3 Grandeur naturelle environ [Phot, sur fond quadrillé au
double centimètre].-
1° Dimensions. — a) Ces atlas donnent, comme dimensions d'ensemble
maxima, pour la vertèbre entière, 46-J-84 (n* 2) et comme dimensions
minima 36 -J--40 (n° 9) ; mais ces derniers chiffres se rapportent sûrement
à une femme.
Une vertèbre [probablement gallo-romaine], provenant d'un Mégalithe de
Savatole au-Bernard (Vendée), m'a fourni des chiffres un peu plus forts :
464-86».
Il ressort donc de cette comparaison une seule chose : c'est que la popul
ation de Bazoges-en-Pareds était d'une Taille plutôt petite, par rapport
aux Hommes actuels et aux Gallo-romains.
b) Pour ce qui a trait au Trou rachidien, le maximum est, aux Cous, de
31 + 29 (n° 3) et le minimum 26 + 23 (n° 7).
La dite vertèbre de Savatole a donné aussi des chiffres plus élevés
(23 -J- 30), qui correspondent, d'ailleurs, à ceux de l'époque moderne
(Cruveilhier).
i Le diamètre transversal est le plus petit dans notre tableau ; mais c'est une
apparence seulement. On sait pourquoi (Présence de l'apophyse odontoïde à la partie
antérieure).
* Mais il est très probable que cet os est Gaulois, et non Néolithique. — Dès lors,
cette différence s'explique mieux. ÈAUDOUIN. — LES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES NÉOLITHIQUES 43 SI.
On remarquera que le Sexe n'influe pas, pour ainsi dire, sur les dimens
ions du Canal rachidien : ce qui se comprend assez bien. Le diamètre
transverse de la vertèbre peut diminuer de 15 mm. chez la femme, alors
que celui du trou ne diminue pas et même augmente [Cf. ncs 7 et 8] \
La Sépulture par inhumation, typique, de La Planche à-Puare, à l'Ile
d'Yeu (Vendée) V qui doit être d'une époque un peu plus récente que l'Os
suaire de Bazoges-en-Pareds, a fourni un Atlas, dont voici les dimensions :
42-f-78 + 50. Le poids est de 7 grammes et le trou vertébral a 30-}- 24.
Cette vertèbre (Fz^. 2), a donc, toutes proportionsgardées(étantdonné que
l'os de Bazoges qui s'en rapproche le plus est le n° 5), un trou vertébral plus
grand : ce qui concorde tout à fait avec ce que nous savons de l'évolution
de l'atlas. Mais on ne peut pas conclure en ces matières de l'examen de
faits uniques.
c) Je n'insisterai pas ici sur la valeur du Diamètre transverse (largeur),
ni même sur la Hauteur, comme caractères sexuels, car ceux-ci ont été
bien mis en relief par le Dr Dubreuil-Chambardel. Cela est évident, de
par notre tableau, pour le diamètre transverse, où la différence atteint
10mm., chiffre notable (Cf. nos 6 et8). — Par contre, il estvraiquele dia
mètre antéro-postérieur n'a aucune valeur diagnostique.
1° Indice des Masses latérales. — On trouvera, dans ie Tableau n° II, les
données qui nous ont permis d'établir l'Indice des Masses latérales de
l'Atlas, en tenant compte des indications fournies en 1907 par le DrL. Du
breuil-Chambardel.
Il faut pour celaobtenird'abord l&largeur des Masses latérales par le calcul,
en retranchant le diamètre transversal du Trou vertébral du diamètre trans
versal maximum de l'Atlas. Puis on calcule l'Indice, en combinant cette
donnée avec ledit diamètre transverse. On obtient ainsi un chiffre, qui
est fonction des Masses latérales, mesure leur puissance, et par consé
quent est un caractère sexuel de premier ordre, imaginé par nous en 1907
et d'une incontestable utilité, croyons-nous, en raison de son caractère
mathématique.
1 Dubreuil-Ghambardel a insisté avec raison sur ce fait; et la raison qu'il donne
doit être la bonne.
s Mabcel Baudouin. — Le Squelette de la Sépulture par inhumation, de l'époque
néolithique, découverte à La Planche à Puare, à l'Ile d'Yeu (V.). - Revue Anthrop.,
Paris, 1915.
L'Indice de l'Atlas de la sépulture par inhumation de l'Ile d'Yeu déji citée est de
61,54. — 11 se rapporte aussi à un Somme (Fig. 2).
D'ailleurs la différence 63,85 — 6'2,8i -= i,5 est plus petite que la différence
62,84 - 594 = 3,80.
IL faut donc absolument conclure qu'il s'agit bien là du sexe masculin.
On notera que l'Indice pour l'Ile d'Yeu (61, 5*), qui est masculin, est d'ailleurs infé
rieur au plus faible de même ordre à Bazoges (62,84). — L'Atlas de l'Ile d'Yeu a donc
bien les caractéristiques d'un os indiquant une race plus évoluée, puisque l'Atlas
diminue de poids et de volume du Néolithique à nos jours.

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