Les laboratoires de psychologie en Amérique - article ; n°1 ; vol.1, pg 209-255

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1894 - Volume 1 - Numéro 1 - Pages 209-255
47 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1894
Lecture(s) : 28
Nombre de pages : 48
Voir plus Voir moins

E.-B. Delabarre
Les laboratoires de psychologie en Amérique
In: L'année psychologique. 1894 vol. 1. pp. 209-255.
Citer ce document / Cite this document :
Delabarre E.-B. Les laboratoires de psychologie en Amérique. In: L'année psychologique. 1894 vol. 1. pp. 209-255.
doi : 10.3406/psy.1894.1052
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1894_num_1_1_1052IX
LES LABORATOIRES DE PSYCHOLOGIE EN AMÉRIQUE
Les nouvelles méthodes de recherche en psychologie ont été
adoptées avec plus d'ardeur peut-être en Amérique que partout
ailleurs. Le nombre de nos laboratoires est en voie d'accrois
sement, et dépasse dès à présent, dans de larges proportions, le
nombre des laboratoires étrangers ; les facilités de travail que
quelques-uns sont en mesure d'offrir égalent celles qu'on trouve
dans les autres pays, et les contributions qu'ils apportent à nos
connaissances dans le domaine de la psychologie sont comparab
les, au point de vue de la valeur et de la profondeur, aux
recherches poursuivies dans des milieux où les méthodes et les
questions scientifiques se sont développées depuis un temps beau
coup plus long. Nous nous proposons, dans cet exposé, d'énu-
mérer les laboratoires d'Amérique, d'indiquer leurs ressources,
et de montrer les travaux qu'ils ont déjà accomplis.
Antérieurement à la fondation de laboratoires spéciaux pour
la psychologie, des Américains avaient déjà apporté quelques
contributions à cet ordre de recherches. L'intérêt pour la psy
chologie a d'abord dérivé d'un intérêt général pour la philoso
phie et l'éducation plutôt que pour l'étude scientitique des phé
nomènes mentaux; il faut même ajouter que dans un pays
comme l'Amérique où la pensée philosophique a été peu origi
nale et peu fructueuse, l'intérêt pour la philosophie était fondé
principalement sur l'intérêt des penseurs américains pour les
problèmes religieux. C'est ainsi qu'on s'explique que les théolo
giens furent les premiers à composer des psychologies ; citons
les ouvrages d'Edwards sur la Liberté de la Volonté (1754) ; la
Philosophie mentale de Haven (1837); les Discussions de Jap-
pan sur la volonté (1839-1840); la Psychologie rationnelle
de Hickok (1848) et la Psychologie empirique du même
ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. I. 14 210 l'année psychologique. 1894
auteur (1854); la Philosophie intellectuelle de "Wayland (18S4);
Y Intelligence humaine de Porter (1868) ; la Psychologie de
M. Gosh (1887). Divers hommes de science firent aussi quelques
recherches dans la voie expérimentale. Des études sur la couleur
et le son, qui étaient dans une large mesure des études sur la
sensation, furent entreprises par des physiciens, Rood, Langley,
Mayer, Peirce et autres. Les premiers numéros de Y American
Journal of Science contiennent beaucoup d'études sur la vision
binoculaire. Des astronomes (parmi lesquels il faut signaler dès
1858 Mitchell) firent des expériences sur les temps de réaction,
sous le nom d' « équation personnelle ». Des physiologistes
(Bowditch, Lombard, Warren) firent des études sur les sensat
ions, et sur la physiologie des actions réflexes et psychiques.
Les médecins, les aliénistes et les neurologistes grossirent le
nombre des travailleurs. Au commencement du siècle, l'hypno
tisme fut l'objet de nombreuses recherches sous le nom de
« biologie » ou « bio-magnétisme » ; et plus tard, on arriva à
une conclusion voisine de celle de l'École de Nancy en admett
ant que l'état hypnotique est produit par le sujet lui-même
sous l'influence de l'attention expectante, — théorie exposée
par le docteur W. B. Fahnestock dans son ouvrage sur le Som
nambulisme artificiel (1869), quoique ce livre, dénué de tout
esprit critique, ne contienne guère que des observations sur la
clairvoyance.
Le nouveau mouvement scientifique qui est né en Allemagne
sous l'influence de Lotze, de Fechner et de Wundt, et qui about
it à la fondation du premier laboratoire de psychologie, celui
de Wundt, en 1879, fut bien accueilli en Amérique. La prospér
ité matérielle du pays avait permis d'augmenter les ressources
et la sphère d'action de nos universités ; grâce à la tendance
croissante des étudiants américains à visiter les laboratoires all
emands, nous acquîmes de nouveaux modèles de précision et de
profondeur dans les recherches sur la pensée et sur l'éducation;
la philosophie allemande, la psychologie anglaise expérimentale,
et avec elle la théorie évolutionniste agirent sur la pensée
américaine, et la délivrèrent de ses liens théologiques; déjà
d'activés recherches étaient entreprises dans d'autres domaines
scientifiques, de sorte que lorsque les nouvelles méthodes psy
chologiques furent introduites parmi nous, elles trouvèrent le
terrain bien préparé pour les recevoir. Les travailleurs de la
première heure furent les professeurs James (Harvard), Hall
(John Hopkins et Clark), Ladd (Yale) et Gattell (Pensylvanie et DELABARRE. — LABORATOIRES AMÉRICAINS DE PSYCHOLOGIE 211 E.-B.
Columbia). Le premier laboratoire américain, aujourdhui dis
paru, fut fondé à l'Université de Hopkins (Baltimore) en 1881
par St. Hall, un élève de Wundt. Il exista seul pendant cinq
ans ; à partir de 1888 s'ouvrit une période d'activité féconde ; en
1888, trois laboratoires de psychologie furent fondés ; en 1889,
trois; en 1890, quatre; en 1891, deux; en 1892, cinq; en 1893,
quatre ; en 1894, six : et le mouvement continue et s'étend.
Cet intérêt pour la psychologie, si soudain, si intense, ne s'est
pas seulement affirmé par la fondation de nombreux laboratoi
res dans nos universités. Deux revues trimestrielles sont à
l'heure actuelle consacrées exclusivement à la psychologie ; la
première date de 1887. Une Société américaine de psychologie
s'est organisée. On a créé quelques laboratoires indépendants
des universités. Enfin, des recherches de valeur ont été faites
par des professeurs dont la spécialité n'est pas la psychologie,
ou par des personnes étrangères à l'enseignement universitaire.
Les deux revues spéciales de psychologie sont Y American
Journal of Psychology, dirigé par Stanley Hall, et la Psycholo
gical Revieiu, dirigée par Cattell et Mark Baldwin. Il existe en
outre deux publications annuelles : les Etudes du Laboratoire de
psychologie de Yale, publiées sous la direction de E.-W. Scrip
ture, et les Bulletins de la Société américaine de psychol
ogie, publiés par Macmillan; le premier numéro a paru en 1894.
D'autres périodiques contiennent souvent des articles intéres
dirige' sant la par psychologie; Stanley Hall; ce sont the : Educational the Pedagogical Review Seminary (1891), dirigée (1891),
par N.-M. Butler (Columbia) ; the Journal of Comparative
Neurology , dirigé par C.-L. Herrick (Denison Un., Ohio) ; the
International Journal of Ethics (1890) ; the Philosophical
Review (1892) ; the Open Court (1887) ; the Monist (1890) ; the
Popular Science Monthly ; et beaucoup d'autres périodiques
scientifiques, médicaux et pathologiques. Plusieurs universités
publient des annales où sont insérés des travaux de psychologie,
par exemple les University Series de l'Université de Nebraska,
et les publications de l'Université de Pensylvanie, contenant les
travaux de Cattell et Fullerton. Le collège de Columbia prépare
une publication du même genre. Les Américains ont aussi
beaucoup écrit dans le Mind, et dans d'autres revues étran
gères.
La Société américaine de psychologie s'est constituée, en 1892 ;
le professeur W. James de Harvard en est président pour l'an
née 1894; parmi les membres on compte tous les psychologues l'année psychologique. 1894 212
les plus en vue du pays. La Société se réunit chaque année pen
dant les vacances de la Noël, pour écouter et discuter les com
munications de ses membres ; les communications sont publiées
dans un Bulletin spécial, susmentionné. La première réunion
fut tenue en 1892 àPhiladelphie ; laseconde au collège de Columb
ia; la troisième à Princeton.
En 1884 a été fondée une Société américaine de recherches
psychiques, qui a publié un volume de ses travaux (1885-1889) :
cette Société forme maintenant une branche de la Société
anglaise de même nom.
Parmi les laboratoires qui ne se rattachent point à des uni
versités, celui de Mac Lean Hospital (Massachusetts) est décrit
plus loin en détail. Il mérite une mention particulière, car il est
le seul où l'on ait tenté une combinaison de recherches de psy
chiatrie et de psychologie. Un second laboratoire, en connexion
avec l'Exposition de Chicago (1893), n'a duré qu'une année, il est
également décrit plus loin. Les conférences de laboratoire
données dans les écoles d'été pourraient aussi être classées sous
ce chef. Les sessions régulières de la plupart des universités
durent de septembre ou octobre à juin inclusivement. Quelques-
unes tiennent en outre des sessions d'été de deux à six semaines;
ces sessions sont suivies par un grand nombre de professeurs
venus d'autres écoles et d'autres universités. Les Universités de
Clark et de Harvard ont donné à ces sessions d'été des cours très
suivis de psychologie. L'Université de Chicago a une session
d'été qui forme régulièrement partie de l'année universitaire.
La constitution d'un laboratoire et d'une exposition de psy
chologie dans l'Exposition de Chicago (1893) est un événement
des plus significatifs dans l'histoire de la psychologie ; c'est une
preuve de l'intérêt qui s'attache à ces études, de l'esprit scien
tifique qui les anime, et du degré de développement qu'elles ont
atteint. L'exposition psychologique comprenait de nombreuses
collections d'instruments et d'appareils, un petit laboratoire en
activité, dirigé par le docteur Witmer, de l'Université de Pen-
sylvanie ; et un laboratoire plus grand, plus important, organisé
d'une manière complète, et dirigé par le professeur Jastrow, de
l'Université de "Wisconsin1. Ce laboratoire a été le premier
exemple d'une démonstration pratique faite dans une exposition
(1) Pour une description plus complète, voir Officiai Catalogue of Exhib
its, Department M (Catalogue of anthropological Building), pp. 50-60
conf. Baldwin, Psychology past and present (Psych. Rev. I, 1894, p. 377). DELABARRE. — LABORATOIRES AMÉRICAINS DE PSYCHOLOGIE 213 E.-B.
internationale. Il contenait une grande collection d'appareils de
psychologie, et on y fit sur les visiteurs nombre d'épreuves des
tinées, d'après Jastrow, « à déterminer le rang, l'exactitude et
la nature des facultés mentales les plus élémentaires, et à
réunir des matériaux pour faire connaître les facteurs qui
règlent le développement de ces facultés, leurs connexions et
leurs perturbations. Ce laboratoire, ajoute le même auteur,
n'est donc pas un centre d'enseignement, de démonstrations ou
de recherches originales, comme le sont ceux des universités ;
il a pour but de réunir des observations sous forme de tests ».
Ces tests, au nombre de 26 S furent pris sur un grand nombre
de visiteurs de l'Exposition qui se présentèrent dans le but de
s'y soumettre. Les résultats paraîtront dans l'appendice du rap
port officiel intitulé : Études d'anthropologie mentale, et aussi
probablement dans quelque revue de psychologie. Le professeur
Jastrow a déjà publié une note de ses expériences faites sur une
jeune sourde-muette, Helen Kellar2.
Dans la description ci-dessous des laboratoires, on a indiqué
les publications faites par les personnes appartenant à ces labo
ratoires ; ces indications ne donnent pas une vue complète de
l'activité psychologique de notre pays, car beaucoup de
recherches sont dues à des professeurs appartenant à un autre
enseignement, ou à des dont les universités ne pos
sèdent pas de laboratoires, ou à des personnes n'appartenant
pas à des universités. Il est impossible d'indiquer complètement
le travail qui provient de cette source ; en voici un simple
aperçu : Le Conte (Université de Californie) et Mme C.-L. Frank
lin ont publié des recherches sur les sensations de couleur ; on
doit à ce dernier auteur une théorie nouvelle de la vision. Le
Conte Stevens (de Brooklyn) a étudié la vision binoculaire.
Nichols (autrefois de l'Université de Harvard) a publié des
ouvrages sur le temps, l'esthétique, les concepts de nombre et
d'espace. Le docteur B. Gilman a publié des articles sur l'esthé
tique. Dans la psychologie criminelle, il faut noter les contri
butions d'Arthur Mac Donald (du Bureau national d'éducation),
et des membres de « Elmira reformatory ». L'Institut d'aveugles
de Perkins (Boston) nous a beaucoup appris sur les personnes
ayant des affections des organes des sens (cas célèbres de
(1) Voir dans V Année psych., un compte rendu détaillé; conf. l'article de
Varigny, Rev. scientifique, 19 mai 1894, p. 624.
(2) Voir le compte rendu dans Y Année psych. 214 l'année psychologique. 1894
Laura Bridgman, Helen Kellar et Willie Robbins). Paul Carus,
directeur du Monist et de YOpen Court (Chicago), a beaucoup
fait pour populariser la psychologie. Beaucoup de statistiques
intéressant la psychogenèse ont été recueillies dans les écoles
publiques par les professeurs (Association of Collegiate alumnae).
Mais c'est surtout dans les universités que l'activité pro
ductrice a été poussée le plus loin. Le reste de cet article est
consacré à leurs travaux et à leurs ressources. Nous tenons
nos renseignements des directeurs de laboratoires ; dans cer
tains cas, où le rapport du directeur était trop sommaire,
nous avons ajouté les détails qui étaient à notre connaissance ;
ceci s'applique spécialement aux détails compris sous 6 c. Les
renseignements, pour chaque cas, ont été disposés de la manière
suivante :
Chaque université est placée sous le nom de l'État où elle est
située ; les Etats sont rangés par ordre alphabétique, et dans
chaque État les universités sont rangées aussi par ordre alpha
bétique. Les deux termes d'université et de collège n'indiquent
pas nécessairement des établissements de caractère différent.
Le terme d'université tend à désigner en Amérique soit : a) une
université qui comprend des facultés de droit, de médecine, de
lettres et de sciences — et dans ce cas, on appelle collège un
établissement qui ne contient que des facultés de lettres et de
sciences ; ou .plus généralement, b) un établissement qui donne
un enseignement à des élèves diplômés aussi bien qu'à des
élèves sans diplômes ; dans ce dernier sens, le collège donne un à des élèves non diplômés et les prépare au bac
calauréat, tandis que l'université comprend cet enseignement de
collège, plus l'enseignement supérieur conduisant au doctorat.
L'enseignement des collèges dure en général quatre années ; les
deux premières et une partie de la troisième correspondent
exactement aux dernières années de l'enseignement dans les
lycées de France et les gymnases d'Allemagne ; les deux dernières
années, qui sont également préparatoires de l'examen du bacca
lauréat, correspondent à une partie de supérieur
donné dans les universités françaises et allemandes. Quoi qu'il
en soit, le terme université est encore donné à des établissements
qui, d'après les deux sens susindiqués, sont des collèges ; et on
appelle aussi collèges des établissements qui sont des universi
tés véritables.
1. Sous cette division, on trouvera : 1° le nom et l'adresse du
directeur du laboratoire ; quand aucune adresse n'est indiquée, DELABARRE. — LABORATOIRES AMÉRICAINS DE PSYCHOLOGIE 215 E.-B.
c'est qu'elle se confond avec celle de l'université, donnée plus
haut ; 2° les noms de tous les professeurs qui font des cours sur
la psychologie, ou sur des sujets connexes ; on n'a point ment
ionné les professeurs de philosophie ou de logique, si ce n'est
ceux qui font accessoirement des cours de psychologie.
2. Liste des cours professés, de leur durée et du nombre des
étudiants qui les suivent. Les cours de psychologie sont les seuls
mentionnés en détail, les autres sont simplement indiqués. Dans
toutes les universite's, sauf celle de Chicago, l'année universit
aire comprend neuf mois, et la durée mentionnée pour les cours
indique la fraction de cette période qu'ils occupent. A l'Univers
ité de Chicago, l'année universitaire dure douze mois.
3. Le laboratoire et ses ressources :
a. Date de la fondation ;
b. Nombre de pièces occupées et leur destination ;
c. Estimation du matériel et crédit annuel ;
d. Genres de recherches pour lesquelles le laboratoire est
spécialement outillé. Quelques-uns des laboratoires cités sont
plutôt des centres d'enseignement que de recherche ; nous les
indiquons comme propres surtout aux démonstrations. Les plus
grands laboratoires réunissent l'enseignement et la recherche,
et sont pour la plupart bien outillés pour des recherches de
tous les genres ; parfois cependant, l'outillage est meilleur pour
quelques recherches spéciales.
4. Bibliothèques ouvertes aux élèves des laboratoires.
5. Bourses d'études et bourses d'examen accessibles aux étu
diants de psychologie ; ce système d'encouragement prévaut
dans la plupart des universités américaines : il consiste dans
l'exonération des droits d'examen ou l'allocation de sommes
d'argent aux étudiants dans le besoin. Les bourses d'examen
consistent en sommes moins importantes et souvent elles se
réduisent à l'exonération des droits d'examens ; parfois, on exige
en retour que l'étudiant termine un travail à l'université. Les
bourses de recherches consistent en sommes plus élevées ; il
• existe aussi des bourses de voyage permettant à l'étudiant de
suivre pendant une année et plus les cours d'une université
étrangère. Ces bourses ne sont pas réservées spécialement aux
étudiants de psychologie.
6. Recherches faites dans le laboratoire, et par les personnes
qui y sont attachées :
a. Appareils importants construits par le laboratoire ou par
son directeur ; • , f
216 L'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. 1894
b. Recherches de laboratoire qui ont été publiées. On a fait
ici un compte rendu aussi complet que possible, d'après les
réponses des directeurs de laboratoire ;
c. Autres publications de psychologie faites par des professeurs
qui se rattachent à cet enseignement. Sous ce chef, on a donné
une idée des contributions à la psychologie faites en dehors du
travail des laboratoires. C'est un compte rendu sommaire, une
vue générale, dans laquelle on a été forcé de faire de nombreuses
omissions ;
d. Principales recherches en voie d'exécution.
Le nombre de lignes consacré à chaque laboratoire n'est
point en proportion exacte avec son importance relative ; on a
cependant essayé de se rapprocher de cette proportion. Même
remarque sur le nombre des professeurs et des cours, car dans
quelques universités, des qui ne sont pas des pro
fessionnels de la psychologie donnent des cours sur ce sujet.
Quelques relevés seront utiles pour donner une idée d'en
semble sur les détails qui vont suivre. Quelques-unes de nos
indications générales ne sont que des résumés des faits que nous
allons donner ; d'autres des observations additionnelles qui
peuvent servir à porter un jugement sur le cadre dans lequel
les laboratoires de psychologie ont été fondés.
Le nombre des laboratoires que nous décrivons est de 27.
Dans ce nombre, 8 ou 9 sont presque exclusivement consacrés à
l'enseignement ; 5 à 8 font en outre quelques recherches spé
ciales ; 10 ou davantage combinent en proportions égales l'e
nseignement et la recherche.
Les laboratoires fondés dans les universités les plus anciennes
sont ceux de Harvard (université fondée en 1636) ; Yale (1701) ;
Pensylvanie (1740) ; Princeton (1746) ; Columbia (1754) ; Brown
(1764).
Les plus grandes universités possédant des laboratoires sont :
a) en ce qui concerne le nombre des professeurs : Harvard (310
prof.) ; Pensylvanie (277) ; Columbia (226) ; Yale (195) ; Michi
gan (161) ; Chicago (148) ; Cornell (144) ; — b) en ce qui con
cerne le nombre d'étudiants : Harvard (3.150 étudiants) ; Michi
gan (2.800) ; Pensylvanie (2.205) ; Yale (2.000) ; Cornell (1.727) ;
Columbia (1.641) ; Wisconsin (1.287) *.
les (t) listes Nombres correspondent extraits du à l'année World Almanac 1893, et ont (New- été York) fournies pour par 1894, les p. prési230;
dents des universités. DELABARRE. — LABORATOIRES AMÉRICAINS DE PSYCHOLOGIE 217 E.-B.
Les laboratoires les mieux outillés sont : Clark (65.000 fr. ; le
matériel pour la psychologie n'a pas été évalué à part) ; Har
vard (35.000 fr.) ; Columbia (22.000 fr.) ; Cornell (19.800 fr.) ;
Nebraska, Pensylvanie, Yale (à peu près 15.000 fr.) ; Prince
ton (12.500 fr.)
Les laboratoires ayant à leur disposition le plus grand nombre
de pièces sont ceux de : Yale (15 à 21) ; Clark (5 à 14) ; Mc Lean
(8) ; Harvard (7) ; Leland Stanford (7) ; Cornell (6) ; Columbia,
Nebraska, Princeton (5).
Les universités où se professe le plus grand nombre de cours
de psychologie sont, par ordre alphabétique : Clark, Chicago,
Columbia, Cornell, Harvard, Illinois, Pensylvanie, Princeton1.
Les universités qui ont le plus grand nombre de professeurs
de psychologie sont, par ordre alphabétique : Clark, Chicago,
Columbia, Harvard.
Les universités possédant le plus grand nombre d'étudiants
engagés dans des recherches sont, par ordre alphabétique :
Clark, Cornell, Harvard, "Wisconsin, Yale.
Ce compte rendu correspond à l'état de la psychologie en
Amérique vers la fin de 1894. Mais l'intérêt de notre pays pour
les études psychologiques est si développé et si profond que le
compte rendu de l'heure présente ne sera plus vrai demain. Le
nombre des laboratoires continue à augmenter rapidement.
Parmi les établissements qui en fonderont dans un avenir pro
chain, signalons l'Université de Californie (Berkeley, Californie)
et le collège de Bryn Mawr (pour femmes, Bryn Mawr, Pensylv
anie). Des recherches ont été entreprises à l'Université de Min
nesota et seront probablement réunies. Les laboratoires existant
augmentent rapidement leurs ressources, et quelques-uns qui
n'ont encore qu'une importance secondaire peuvent d'un mo
ment à l'autre recevoir de nouveaux crédits et passer au premier
rang. Notre description s'applique par conséquent à un système
qui est en voie d'évolution progressive, et qu'on doit juger sur
tout à ce point de vue.
(1) Ces listes peuvent contenir quelques erreurs, tenant à ce que les
directeurs de laboratoires ont omis de donner certains détails qu'on leur
demandait.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.