Les prédicteurs de l'adaptation chez l'adulte âgé - article ; n°4 ; vol.105, pg 649-667

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L'année psychologique - Année 2005 - Volume 105 - Numéro 4 - Pages 649-667
Cette recherche vise à mettre en évidence les facteurs de l'adaptation de la personne âgée en fonction du stress, de la représentation de soi et de ses caractéristiques identitaires. Huit cent soixante et une personnes de plus de soixante cinq ans volontaires ont été recrutées pour répondre à un questionnaire par voie postale. Ils appartenaient tous à une caisse de retraite de cadres. Les mesures ont porté sur le locus de contrôle, l'âge subjectif, l'estime de soi, les événements stressants, la ténacité, le bien-être, la satisfaction de vie, l'ennui et l'état de santé. L'ensemble de la population apparaît en bonne santé, bien adaptée avec un bien-être et une satisfaction de vie élevés. L'adaptation est sous-tendue par deux facteurs : l'un relatif à la santé l'autre à la satisfaction de vie et l'absence d'ennui. L'estime de soi apparaît comme l'élément prédictif dominant pour les deux dimensions.
Summary : Predictors of the adaptation in the old adult
This research examines factors of adaptation for old person according to their stress, self-representation and social characteristics. Eight hundred and sixty-one volunteers, aged more than sixty five years old were recruited to answer a mail survey. They all belonged to a pension fund of executives. Measurements were related to locus of control, subjective age, self esteem, stressing events, tenacity, well being, satisfaction of life, boredom and health. The population appears to be in good health, well adapted, with high well-being and satisfaction of life. Adaptation appears to be determined by two factors : one relating to health, the other with the satisfaction of life and the absence of boredom. The satisfaction of life appears to be determined by self-esteem, sex, and internality.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2005
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Daniel Alaphilippe
Nathalie Bailly
Kamel Gana
Bettina Martin
Les prédicteurs de l'adaptation chez l'adulte âgé
In: L'année psychologique. 2005 vol. 105, n°4. pp. 649-667.
Résumé
Cette recherche vise à mettre en évidence les facteurs de l'adaptation de la personne âgée en fonction du stress, de la
représentation de soi et de ses caractéristiques identitaires. Huit cent soixante et une personnes de plus de soixante cinq ans
volontaires ont été recrutées pour répondre à un questionnaire par voie postale. Ils appartenaient tous à une caisse de retraite de
cadres. Les mesures ont porté sur le locus de contrôle, l'âge subjectif, l'estime de soi, les événements stressants, la ténacité, le
bien-être, la satisfaction de vie, l'ennui et l'état de santé. L'ensemble de la population apparaît en bonne santé, bien adaptée
avec un bien-être et une satisfaction de vie élevés. L'adaptation est sous-tendue par deux facteurs : l'un relatif à la santé l'autre à
la satisfaction de vie et l'absence d'ennui. L'estime de soi apparaît comme l'élément prédictif dominant pour les deux dimensions.
Abstract
Summary : Predictors of the adaptation in the old adult
This research examines factors of adaptation for old person according to their stress, self-representation and social
characteristics. Eight hundred and sixty-one volunteers, aged more than sixty five years old were recruited to answer a mail
survey. They all belonged to a pension fund of executives. Measurements were related to locus of control, subjective age, self
esteem, stressing events, tenacity, well being, satisfaction of life, boredom and health. The population appears to be in good
health, well adapted, with high well-being and of life. Adaptation appears to be determined by two factors : one
relating to health, the other with the satisfaction of life and the absence of boredom. The satisfaction of life appears to be
determined by self-esteem, sex, and internality.
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Alaphilippe Daniel, Bailly Nathalie, Gana Kamel, Martin Bettina. Les prédicteurs de l'adaptation chez l'adulte âgé. In: L'année
psychologique. 2005 vol. 105, n°4. pp. 649-667.
doi : 10.3406/psy.2005.30496
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_2005_num_105_4_30496L'Année psychologique, 2005, 105, 649-667
EA 2114 : Vieillissement et développement adulte,
Université F. -Rabelais, Touts*
Groupe d'analyse psychométrique
des conduites, Université de Nancy**
LES PRÉDICTEURS DE L'ADAPTATION
CHEZ L'ADULTE ÂGÉ
Daniel AJLAPHILIPPE*1, Nathalie BAILLY*,
Kamel GANA**, Bettina MARTIN*
SUMMARY : Predictors of the adaptation in the old adult
This research examines factors of adaptation for old person according to
their stress, self-representation and social characteristics. Eight hundred and
sixty-one volunteers, aged more than sixty five years old were recruited to ans
wer a mail survey. They all belonged to a pension fund of executives. Measure
ments were related to locus of control, subjective age, self esteem, stressing
events, tenacity, well being, satisfaction of life, boredom and health. The popul
ation appears to be in good health, well adapted, with high well-being and
satisfaction of life. Adaptation appears to be determined by two factors : one
relating to health, the other with the satisfaction of life and the absence of bore
dom. The satisfaction of life appears to be determined by self-esteem, sex, and
internality.
Key words : aging, health, life satisfaction, locus of control, self-esteem,
stress.
L'allongement de la durée de vie qui s'accroît d'environ trois
mois par an dans les pays d'Europe, ouvre la voie à des condi
tions nouvelles de développement et pose la question de la qual
ité de l'adaptation qui l'accompagne. L'accroissement du
nombre de personnes âgées et très âgées rend aujourd'hui pos
sible des approches significatives sur des populations étendues.
1. Correspondance : daniel.alaphilippe@univ-tours.fr. 650 Daniel Âlaphilippe et al.
Dans le même temps, l'idée s'est imposée depuis quelques années
d'un développement tout au long de la vie (Baltes, Staudinger et
Lindenberger, 1999). La dernière période de l'existence n'est
plus perçue comme un temps de régression ou d'involution, mais
comme une période ultime de développement, avec ses processus
et caractéristiques propres. Des études longitudinales ont ainsi
pu voir le jour afin de suivre le développement dans la durée jus
qu'en fin de vie (Paquid, Berlin Aging Study, National Longitu
dinal Study ; Wolinsky, Wyrwich, Babu, Kroenke et Tierny,
2003). Se trouve alors posée la double question des critères de
réussite du vieillissement et des facteurs psychologiques et env
ironnementaux qui contribuent au bon développement et à
l'adaptation au cours des âges les plus avancés.
Comment mesurer la qualité de l'adaptation ? Les variables
investiguées à ce titre dans la littérature sont fort diverses. Les
auteurs retiennent le plus souvent comme indicateurs à la fois
des aspects objectifs tels que la longévité ou l'état de santé, et
des subjectifs tels que le bien-être (Ryff, 1989) ou la
satisfaction de vie (Diener, 1984 ; Withbourne, 1987 ; Fry,
2001 ; Desrochers, Lapierre et Alain, 2002). Les résultats ren
contrés dans la littérature à cet égard sont souvent peu pon-
gruents. On pourrait s'attendre à ce que les pertes consécutives
au vieillissement entraînent une chute du sentiment de bien-
être ou de la satisfaction de vie. Or les publications rapportent
plutôt une stabilité en fonction de l'âge (Diener et Suh, 1997)
ou même un accroissement du bien-être subjectif avec l'âge
(Cartensen, 1995). Cet accroissement serait imputable à une
meilleure gestion des expériences émotionnelles. Les personnes
âgées on ainsi tendance à accorder plus de poids aux affects
positifs et moins aux affects négatifs (Labouvie-Vief, 1998 ;
Kunzmann, Little et Smith, 2000). Il semble en fait qu'il
s'agisse là d'une dimension multifactorielle (Ryff et Essex,
1991) et qu'elle soit largement influencée par le contexte,
la personnalité et différents aspects sociodémographiques
(Mroczek et Kolarz, 1998).
Quels sont les facteurs susceptibles d'agir sur l'adaptation ?
On s'est souvent intéressé à ce propos à l'estime de soi. Là
encore, les résultats sont loin d'être homogènes. Certains témoi
gnent d'une diminution à partir de soixante cinq ans (Robins,
Trzesniewski, Tracy, Gosling et Potter, 2002), alors que d'autres
ont pu montrer un accroissement (Gove, Ortega et Style, 1989) Les prédicteurs de l'adaptation 651
ou une absence de relation. Une méta-analyse (Kling, Hyde,
Showers et Buswell, 1999) montre, quant à elle, une disparition
avec l'âge de la différence entre hommes et femmes, qui amène
les premiers à s'évaluer plus positivement que les secondes jus
qu'à soixante ans.
Il en va de même pour la représentation du contrôle qui cons
titue un facteur adaptatif de premier ordre dont on a montré qu'il
interférait avec l'état de santé et la qualité de vie des personnes
âgées (Langer et Rodin, 1976 ; Schultz, 1976). Là encore les étu
des donnent des résultats contrastés (Lachman, 1986). Si l'âge
entraîne généralement une diminution des capacités effectives de
contrôle cognitif aussi bien que psychomoteur, ces pertes peu
vent donner lieu à des compensations en mesure de garantir un
maintien du contrôle interne (Baltes et Baltes, 1990). Si certains
travaux montrent un accroissement du locus de contrôle externe
avec l'âge, notamment lorsqu'on prend en compte des personnes
au-delà de quatre- vingt ans (Mirowsky, 1995 ; Ross et Mirowsky,
2002), le plus grand nombre conclut à une relative stabilité,
notamment lorsque l'on recourt à des études longitudinales
(Schulz et Heckhausen, 1999 ; Wolinsky, Wyrwich, Babu,
Kroenke et Tierny, 2003). Toutefois la qualité de l'adaptation est
aussi associée à un contrôle interne (Alaphilippe et Gorgeon,
2001).
La dimension subjective de l'âge peut également être retenue
comme facteur d'adaptation. Il existe en effet un âge subjectif
(Kastenbaum, Derbin, Sabatini et Artt, 1972) différent de l'âge
chronologique, et qui exprime l'âge vécu par une personne à un
moment donné. La majorité des adultes présentent un biais
d'âge négatif et s'éprouvent plus jeunes que leur âgé réel (Gana,
Alaphilippe et Bailly, 2002). Un tel biais d'âge pourrait partici
per des « illusions positives » facilitatrices de l'adaptation et
source de meilleure santé (Taylor et Brown, 1994).
L'adaptation résulte aussi du nombre et de la nature des évé
nements de vie auxquels chacun se trouve confronté. Le nombre
d'événements stressants vécus par une personne constitue un
indicateur pertinent de la pression événementielle et environne
mentale appréhendée par celle-ci (Holmes et Rahe, 1967). Cette
conception du stress, pour contestée qu'elle ait pu être (Amiel-
Lebigre, 1988 ; Adler et Matthews, 1994), demeure l'une des
voies privilégiées d'investigation du rôle des circonstances de vie
sur l'adaptation. Le nombre d'événements stressants paraît aug- 652 Daniel Alaphilippe et al.
menter avec l'âge (Timmerk, Braza et Mitchell, 1980) et contri
buer à une part de la variance de l'état de santé chez les plus
âgés (Fuller et Larson, 1980). L'accroissement du nombre de
visites chez le médecin suit l'augmentation du nombre d'év
énements stressants chez les personnes âgées au Locus de contrôle
externe (Krause, 1988). Chez les sujets âgés de plus de 70 ans,
l'impact de tels événements s'avère plus important que dans une
population plus jeune, et se trouve lié à un accroissement de la
consommation médicale ainsi qu'à une dégradation de l'état de
santé (Bielauskas, Counte et Glandon, 1995).
Confrontée à ces différents événements et à sa propre évolu
tion somatique entraînée par les effets de l'âge, la personne va
devoir mettre en place des stratégies pour s'adapter au mieux à
ces changements dans la perspective de maximiser ses gains et
minimiser ses pertes (Baltes, Staudinger et Lindenberger, 1999).
Parmi l'ensemble des processus adaptatifs décrits dans la littéra
ture, le modèle du « développement réussi » (Baltes et Baltes,
1990) est l'un de ceux qui prend le mieux en compte l'adulte âgé
et le développement de la personne tout au long de la durée de
vie. Il s'organise autour des processus de sélection, optimisation
et compensation (SOC). Un modèle alternatif, empruntant aux
concepts piagetiens a été proposé autour de la notion de conti
nuité du soi (Brandstädter et Grève, 1994). Cette dernière se
trouverait garantie par l'interaction entre trois processus :
l'assimilation ou ténacité, intégration au soi des changements
internes et externes, l'accommodation adaptative ou modifica
tion du soi en fonction de la réalité, et enfin l'immunisation ou
évitement du réel. Selon ces auteurs seule la ténacité ou persévé
rance assimilatrice serait affectée par l'âge et tendrait à dimi
nuer au fil des ans, à partir de 30 ans et de façon plus radicale à
partir de 70 ans (Rothermund et Brandtstädter, 2003). Par ail
leurs, il a été montré que la ténacité et la flexibilité avaient un
impact positif sur l'estime de soi et la satisfaction de vie, chez de
jeunes retraités (Trepanier, Lapierre et Baillargeon, 2001).
Cet examen de la littérature auquel nous venons de nous
livrer conduit à faire l'hypothèse d'une continuité du bien-être
et de la satisfaction de vie chez l'adulte âgé, en fonction de
l'âge. Les variables descriptives de la personne telles que
l'estime de soi, l'internaute ou l'âge subjectif devraient se
montrer elles aussi peu affectées par l'âge. En revanche, on
peut s'attendre à ce que le processus adaptatif que constitue la Les prédicteurs de l'adaptation 653
ténacité, soit affecté par un déclin en fonction des ans.
L'essentiel de nos préoccupations réside dans la mise en évi
dence de quelques prédicteurs de la qualité de l'adaptation. Si
l'on peut faire l'hypothèse d'un effet de chacun de ceux intro
duits dans notre recherche, il est plus difficile de prévoir
l'importance relative de chacun, ce que nous proposons d'éta
blir à travers ce travail.
MÉTHODE
LA POPULATION
Les participants à cette étude ont été recrutés à l'aide d'une informa
tion publiée dans la revue d'une caisse de retraite de cadres (Capimmec).
Celle-ci présentait les objectifs de la recherche et faisait appel au volontar
iat pour constituer un échantillon de personnes âgées de plus de 65 ans,
qui acceptaient de répondre à un questionnaire tous les deux ans. Les per
sonnes intéressées devaient retourner un bulletin de réponse qui manifest
ait leur adhésion au projet de recherche et comportait leurs coordonnées.
Plus de mille personnes ont répondu à notre appel et se sont vu adresser un
questionnaire, 861 l'ont retourné. Il s'agit de retraités répartis sur
l'ensemble du territoire français. Cette population se compose de 357 hom
mes (41,5 %) et de 504 femmes (58,5 %). Leur âge moyen est de 72,7 ans,
compris entre 65 et 95 ans. Il n'y a pas de différence d'âge selon le sexe. Le
plus grand nombre vit en couple (480 ; 55,7 %), les veufs ou veuves repré
sentent cependant 30,2 % (n = 260) de la population. Les couples séparés
sont peu nombreux (72 ; 8.4 %) ainsi que les célibataires (34 ; 3,9 %) ou les
concubins (11 ; 1,3 %) (Annexe, tableau 5).
La spécificité de la population se retrouve dans le niveau d'étude, net
tement plus élevé que celui de la population de référence dans son
ensemble. On observe une sur représentation des diplômés puisque 35,4 %
ont fait des études supérieures et seulement 0,7 % n'ont aucun diplôme. Il
en va de même quant à la dernière profession exercée, puisque les cadres
administratifs et techniques forment 33 % de la population, et les techni
ciens et agents de maîtrise 27,2 %. Le risque de réponse provenant de
patients présentant une démence n'a pu être contrôlé. Toutefois, il nous
paraît peu probable que de telles personnes s'inscrivent dans un processus
de recherche comme celui-ci. Dans le cas contraire, on peut penser que leur
nombre sera suffisamment faible pour ne pas invalider les résultats. 654 Daniel Alaphilippe et al.
LES INSTRUMENTS DE MESURE
Le questionnaire est composé d'un ensemble de questions fermées qui
permettent d'appréhender les différents aspects des processus adaptatifs.
Une série de questions permet de cerner les variables identitaires telles
que : le sexe, l'âge, l'état civil, le niveau d'études, la composition de la
fratrie, le lieu de vie, l'emploi principal antérieur au départ à la retraite. La
représentation de soi est appréhendée par l'adaptation en français de
l'échelle d'estime de soi de Rosenberg (Vallières et Vallerand, 1990) et par
le questionnaire d'âge subjectif de Steitz et McClary (1988), adapté en fran
çais par les auteurs. La pression événementielle est évaluée par un ques
tionnaire d'événements stressants pour personnes âgées (Bielauskas et al.,
1995) adapté en français par les auteurs. La ténacité est évaluée par le
questionnaire de Brandtstädter et Grève (1990) traduit en français et
validé par Lapierre, Baillargeon, Bouffard, Dubé et Klapper (1998). Enfin
la qualité de l'adaptation est appréhendée par les questionnaires : de sati
sfaction de vie de Diener, Emmons, Larsen et Griffith (1985) (Diener, Suh,
Lucas et Smith, 1999) adaptée en français par Biais, Vallerand, Pelletier et
Brière (1989), de bien-être (Ryff et Keyes, 1995) adapté en français par
Lapierre, Bouffard et Bastin (1997), d'internalité : EHIPA de Alaphilippe et
Chasseigne (1993), d'ennui, adaptation française (Gana et Akremi, 1998)
du Boredom Proneness Scale (Farmer et Sundberg, 1986), ainsi que par une
liste de pathologies susceptibles d'affecter les sujets, index de 26 items
adaptés par les auteurs de l'OARS (Duke University, 1978).
RÉSULTATS
1/ ÉLÉMENTS DE LA REPRÉSENTATION DE SOI
L'estime de soi est mesurée par dix questions affectées d'une
pondération de type Likert de 1 à 4. Le caractère unidimension-
nel de l'échelle a été vérifié par une analyse factorielle confirma-
toire et un coefficient d'homogénéité alpha de Cronbach de .84.
Le Score moyen s'élève à 31,80 (a = 4,46) sur une échelle de 0
à 40. L'estime de soi n'est pas affectée par l'âge, ni aucune des
variables identitaires introduites dans la démarche.
En ce qui concerne la représentation du contrôle, la mesure
moyenne d'internalité est de 10,93 sur une échelle de 0 à 22. La
cohésion interne de l'échelle est faible (a = .58). L'internalité
n'apparaît pas affectée par l'âge. Elle varie seulement en fonc- Les prédicteurs de l'adaptation 655
tion du niveau d'étude (F(6,789) = 4,85 ; p < .001). Les sujets
ayant un seul CAP ou CEP manifestent un moindre niveau
d'internalité.
Une moitié des sujets se vit plus jeune que son âge réel (438 ;
50,9 %). Un quart se sent de son âge (212 ; 24,6 %) un autre
quart se sent plus vieux (210 ; 24,4 %). Lorsque l'on se considère
plus âgé, c'est généralement de 1 à 5 ans, alors que ceux qui se
considèrent plus jeunes, 183 (21,3 %) éprouvent un rajeuniss
ement de six à quinze années. L'âge subjectif n'est affecté par
aucune des variables identitaires. On observe un effet de l'âge
subjectif sur l'estime de soi (F(6,836) = 9,899 ; p < .0001)
(tableau 1). Les sujets qui manifestent un biais d'âge négatif et
se sentent plus jeunes que leur âge réel, expriment une estime de
soi plus élevée.
TABLEAU 1. — Moyennes de l'estime de soi
selon la nature du biais d'âge
Average of the self-esteem according
to the nature of the age bias
Nature du Se sentent Se sentent
biais d'âge plus vieux Même âge plus jeunes
Feel older Feel their age Feel younger
n 210 (a) 212 (b) 438 (c)
Estime de Soi 29,11 30,83 32,17
Self-esteem
F(2,836) = 9,899 ; p < .0001 ; test post-hoc de Scheffé significatif à. 05 :
c > a, c < b.
2 / ÉVALUATION DU STRESS
Le nombre moyen d'événements stressants au cours des six
derniers mois, relevé parmi une liste de 54, s'établit à 6,09
(a = 3,70), pour une fourchette de 0 à 29, et une médiane de 5.
La distribution est unimodale. Les événements les plus fr
équents sont : la participation à un anniversaire (602 ; 69,62 %),
les vacances (465 ; 53,73 %), un problème de santé bénin (310 ; 656 Daniel Alaphilippe et al.
35,87 %), la santé d'un proche (276 ; 31,8 %), le décès d'un ami
proche (275 ; 31,76 %), ainsi que la maladie ou un accident per
sonnel bénin (236 ; 27,27 %) ou encore les difficultés relationnell
es avec la famille (170 ; 19,67 %). La corrélation avec l'âge est
faible (r = .09 ; ddl = 866 ; p < .05). Le nombre moyen d'évé
nements stressants s'élève à 6,90 chez les plus de 80 ans, alors
qu'il n'est que de 5,96 auparavant (F(l,861) = 6,195 ;p = .01. Si
l'on distingue événements positifs et négatifs, les différences
sont plus marquées. La fréquence des événements positifs
décroît avec l'âge, des moins de 70 ans (M = 2,17) aux plus de
80 ans (M = 1,88) (F(2,861) = 3,49 ;p< .03). Quant au nombre
d'événements négatifs, il s'accroît de 2,56 pour les moins de
70 ans à 3,50 pour les plus de 80 ans (F(2,861) = 7,61 ; p < .001).
Le genre a un effet sur le nombre d'événements positifs, les fem
mes en manifestent 1,99 en moyenne contre 2,14 pour les hom
mes (F(l,859) = 3,51 ; p < .05), mais n'affecte pas la fréquence
des événements négatifs.
3 /LES PROCESSUS ADAPTATIFS
La ténacité est mesurée par une échelle de type Likert, de
25 items et réponses en en cinq points. Les scores se distribuent
de 0 à 75. La ténacité moyenne s'élève à 49,98. Le test de Shapir
o- Wilk nous permet de conserver l'hypothèse de normalité
(W = .982 ; p < .07). La cohérence interne de l'échelle s'avère
satisfaisante (a de Cronbach = .82). On observe un effet du genre
sur la ténacité. Les hommes (M = 51,9) manifestent des scores
plus élevés que les femmes (M = 49,22) (F(l,834) = 11,07 ;
p < .001). Le niveau d'études entraîne aussi des variations
(F(5,804) = 2,50 ; p < .03). Les sujets ne disposant que du CEP
manifestent une moindre ténacité (M = 46,90) ainsi que les
ouvriers. La ténacité est corrélée positivement avec l'âge de la
retraite (r = .09 ; p < .05), l'estime de Soi (r = .32 ; p < .05),
l'internaute (r = .18 ; p < .05) et avec l'âge (r = .11 ; p < .01).
4 /QUALITÉ DE L'ADAPTATION
4.1. L'état de santé
La population manifeste un état de santé tout à fait satisfai
sant. Le taux moyen de pathologies par sujet s'établit à 2,22. La Les prédicteurs de l'adaptation 657
médiane est égale à 2. Un nombre non négligeable de sujets ne
font état d'aucune pathologie (n = 99 ; 11,54 %). Ils ne sont que
19,32 % à en manifester 4 ou plus. La pathologie la plus souvent
évoquée est l'arthrite et les troubles rhumatismaux (n = 497 ;
57,9 %), suivie de l'hypertension (n = 239 ; 27,8 %), des trou
bles digestifs (n = 195 ; 22,7 %), des troubles cardio-vasculaires
(n = 148 ; 17,2 %), des problèmes urinaires (136 ; 15,2 %), puis
circulatoires (n — 127 ; 14,8 %). Les autres pathologies concer
nent chacune moins de 10 % des personnes interrogées.
L'âge apparaît comme un facteur d'accroissement du nombre
de pathologies (r = 15 ; p < .05). Le taux global de maladies
déclarées est équivalent chez les hommes et les femmes,
mais la nature en diffère. Les femmes manifestent plus d'ar
thrite (khi2 = (M/= 46,25 339 ; ddl ; 67,7 = 1 %) ; p que < .0001), les hommes et plus (Mh de = 162 troubles ; 32,3 %) de
(khi2 la circulation = 14,07 ; ddl sanguine = 1 ; p (M/= < .002). 92 En ; 18,4 revanche, %) (Mh les - hommes 32 ; 9,1 pré%)
sentent plus de troubles cardiaques (MA = 78 ; 22,3 %) que les
femmes (M/= 70 ; 14,0 %) (khi2 = 9,91 ; ddl = 1 ; p < .001), et
(khi2 plus de = maladies 106,20 ; ddl urinaires = 1 ;p (Mh < .001). - 109 ; 31,1 %) (M/= 25 ; 5,0 %)
En ce qui concerne l'approche subjective de la santé, la très
grande majorité des sujets expriment une santé bonne ou excel
lente (n = 731 ; 85,1 %). Elle est très directement liée au nombre
de pathologies objectives (r = — .33 ; p < .001).
4.2. La satisfaction de vie
La de vie est élevée dans la population consi
dérée. Mesurée de 5 à 35 (alpha de Cronbach = .80), la moyenne
est de 25,32 (a = 6,53) et la médiane de 26. L'âge n'a pas d'effet,
en revanche on observe un effet du genre. Les hommes manifes
tent une satisfaction de vie supérieure (M = 26,32) à celle des
femmes (M = 24,68) (F(l,847) = 31,04 ; p < .001). Les gens
mariés font état d'une plus grande satisfaction (M = 26,17)
que les veuf(ve)s (M = 24,82) et les célibataires (M = 24,41)
(F(5,840) = 6,10 ; p < .001). Les concubins manifestent le niveau
le plus bas (M = 21,4). Le niveau d'études entraîne également des
différences significatives (F(5,817) = 4017 ; p < .001). Les per
sonnes qui ont fait des études supérieures (M = 26,17) et celles
qui possèdent le niveau BEPC (M = 26,76) manifestent une plus
grande satisfaction. Les bacheliers (M = 24,31) et titulaires

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