Les processus affectifs - compte-rendu ; n°2 ; vol.34, pg 837-859

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L'année psychologique - Année 1933 - Volume 34 - Numéro 2 - Pages 837-859
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1933
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VI. Les processus affectifs
In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 837-859.
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VI. Les processus affectifs. In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 837-859.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1933_num_34_2_29945LES PROCESSUS AFFECTIFS. TENDANCES ET INSTINCTS 837
1267. — RÜSSEL SMITH PARK et GEORGE E. PARK. — The
center of ocular rotation in the horizontal plane (Le centre de la
rotation oculaire dans un plan horizontal). — Am. J. of Ph.,
CIV, 3, 1933, p. 545-552.
Description d'un instrument plus précis que tout autre, d'après
les auteurs, pour la détermination du centre de rotation de l'œil.
Les conclusions sont un énoncé des résultats obtenus. C. V.
VI. Les processus affectifs
1° Tendances et Instincts1
1268. — R. MARKUSZEWICZ. — Ausätze zur Psychopathologie
des Selbsterhaltungstriebes (Données pour la psychologie de Vins-
tinct de conservation). — Ar. Su. de Neur., XXXII, 1, 1933,
p. 74-84.
Après dix ans de pratique psychanalytique l'auteur reprend la
question des systématisations freudiennes. Il rappelle comment
Freud, liant les névroses à un conflit, a attribué ce conflit à deux
instincts, la libido, instinct sexuel, représentant l'inconscient, et
l'instinct du moi, identifié avec la conscience. Cet instinct du moi
n'était autre que l'instinct de conservation personnelle. Mais peu
à peu Freud, étendant le rôle de la libido, n'a plus distingué que
l'objet de cet instinct, objet pouvant être le moi, dans le narcissisme,
ou des êtres extérieurs. Et, recherchant alors un autre combattant
pour le conflit, il a opposé la libido, instinct de vie, à un instinct de
mort.
L'auteur n'accepte pas cette évolution de la pensée freudienne,
et tient pour le rôle capital de l'instinct de conservation comme
véritable instinct du moi, ayant ses racines dans l'inconscient, tout
comme l'instinct sexuel, avec lequel il entre en conflit.
Mais, entre ces conflits des deux instincts, l'analyse psycho
pathologique révèle des conflits limités au domaine de l'un ou l'autre
d'entre eux.
En particulier, l'instinct de conservation aurait deux formes très
différentes et susceptibles d'antagonismes pathogènes, une forme
infantile s'appuyant au monde extérieur, et une forme virile se
limitant au moi propre. H. P.
1269. — PAUL A. WITTY et HARWEY C. LEHMAN. — The
instinct hypothesis versus the maturation hypothesis (L'hypot
hèse d'instinct opposée à l'hypothèse de maturation). — Ps. Rev.,
XL, 1, 1933, p. 33-59.
On sait que depuis quelque temps plusieurs psychologues amér
icains opposent à la notion d'instinct l'idée d'un processus de
maturation. Ce n'est pas l'expérience ou l'apprentissage qui seraient
à la base de très nombreuses conduites mais précisément ce pro
cessus caractéristique des phénomènes de la vie. Les deux auteurs
1. V. aussi les n°8 47, 385, 387, 388, 1500. 838 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ont eu l'excellente idée de passer en revue les résultats de plusieurs
travaux récents qui ont été interprétés dans le sens de la théorie de
la maturation. Ils ont fait état aussi bien de travaux sur l'influence
relative de l'hérédité et du milieu sur l'intelligence que des recherches
sur la maturation chez les animaux et ont examiné les données très
importantes obtenues dans les recherches sur les jumeaux. Il ne
saurait être question de résumer ici l'ensemble de ces travaux. Ce
qui doit importer, c'est la conclusion qu'en ont tirée Witty et
Lehman : à leur avis, aucune des recherches en question n'apporte
de preuve décisive en faveur de ce processus qui, selon certains
psychologues, devrait remplacer l'instinct.
Or, cette constatation leur suggère plusieurs remarques de por
tée plus générale, concernant l'hérédité et l'expérience : classer le
comportement humain en comportement appris et non appris c'est
s'engager dans une voie qui n'a pas plus de valeur que le classement
d'individus d'après la taille. La question de savoir si une réaction
est instinctive ou apprise relève, à l'heure actuelle, des opinions
purement personnelles. Que si le terme « instinctif » doit s'appliquer
aux réactions qui ne sont pas modifiées par l'expérience, il n'y a pas
de comportement instinctif. La suggestion de Watson qu'on devrait
remplacer le terme d'instinct par celui de réaction ne change pas
l'état de choses puisqu'il est aussi difficile de distinguer une réponse
apprise d'une non-apprise que de faire le départ entre les comporte
ments instinctif et acquis. Il ne faut jamais oublier que toute tentative
d'établir des points de division le long de la ligne de base d'une
surface de distribution normale sera toujours un procédé purement
arbitraire. P. K.
1270. — A. SPAIER. — Cruauté, violence, colère. — R. Ph.; GXV,
5-6, 1933, p. 321-342.
« De la diminution (de l'expansion) à l'irritation, de l'irritation
à la colère et à la cruauté, par la violence brutale ou sournoise, la
pente est directe. » C'est dans cette phrase finale que tient l'essentiel
de la pensée de S.
La cruauté est liée au plaisir : c'est un phénomène indirect.
Pour la comprendre il faut faire appel à la nature du plaisir. Or le
plaisir ne se réduit pas à des impressions sensibles seules. On n'y
atteint que lorsqu'il y a victoire d'une tendance (innée ou acquise).
Le problème se ramène ainsi à savoir de quelle tendance la cruauté
est l'assouvissement. Et la réponse est donnée aussitôt : du besoin
d'épanouissement. Celui-ci n'est, d'ailleurs, pas une fonction psycho
physiologique indépendante, mais simplement un trait commun
à tous les instincts : d'alimentation, de prudence, de sociabilité.
La cruauté est toujours un moyen ou une occasion de satisfaire
la volonté de puissance. Il faut, pour qu'elle se manifeste, que l'on
se sente menacé dans son pouvoir. Les variétés répandues de petite
cruauté : moquerie, ironie, refus, ne sont que des manifestations
faciles du pouvoir.
Toutes ces considérations peuvent être élargies à des phénomènes
collectifs, où le besoin d'expansion n'est plus individuel : toute jus
tice est vindicative. LES PROCESSUS AFFECTIFS. TENDANCES ET INSTINCTS 839
Nous venons de résumer ici la partie positive de l'article, inver
tissant ainsi l'ordre de l'A. qui débute par la partie critique. Il s'agit
des opinions rattachant la cruauté à l'instinct sexuel. Le sadisme et
le masochisme seraient, de ce point de vue, l'effet d'une loi univers
elle : l'implication de la, ruine par le renouvellement. Or, ce point
de vue n'est point soutenable, dit S. Ses prémisses philosophiques
sont bien faibles, les faits portant un démenti à la généralité de
l'assertion. Mais le coup définitif lui est infligé par l'observation des
faits et les théories des aberrations sexuelles. C'est là la conclusion
d'une analyse attentive, où l'A. trace l'historique de la question
(Kraft-Ebing, Moll, Eulenburg, Havelock-Ellis, Freud, W. Stekel).
Les « parapathies » (terme emprunté à Stekel désignant le masochisme
et le sadisme) n'expliquent guère le problème. Il résulte, en effet,
de leur analyse que « loin dé se faire de la douleur un auxiliaire docile,
la sexualité est, au contraire, affaiblie par un rêve de domination
et de haine ou par un excessif besoin de s'avilir ». A. G.
1271. — R. M. YERKES. — Genetic aspects of grooming, a socially
important primate behavior pattern (Les aspects génétiques du
« pansage », forme de comportement social important chez les pri
mates). — J. of Soc. Ps., IV, 1. 1933, p. 4-25.
Le « pansage » qui consiste chez les chimpanzés où on l'a observé
le plus souvent et le plus fréquemment, à examiner et manipuler la
peau et le poil des compagnons pour en enlever les parasites avec les
doigts et souvent le secours des lèvres, est un mode de comportement
social familier à toutes les espèces de primates.
Chez l'homme il s'appelle « service social » et prend la forme :
chirurgie, épouillage, coiffure, etc., et l'habitude de léchage que
certains mammifères pratiquent sur eux-mêmes ou sur leurs petits
en serait très proche. Longtemps attribué à l'éducation, à l'imitation,
cette pratique semble naturelle, car un jeune chimpanzé, vivant
isolé depuis sa naissance, s'y livre spontanément sur lui-même et sur
ses compagnons ; de même, des enfants normaux ou déficients dès
le plus jeune âge sont vivement intéressés et attirés par les cheveux
et les poils de leurs voisins, les excroissances de la peau — chez les
adultes, on retrouve ce même genre d'impulsions, que l'éducation
réfrène.
Ce mode d'activité n'est pas sans rapport avec un intérêt sexuel
mais de caractère secondaire. Le pansage s'accomplit de préférence
vis-à-vis d'un camarade (le sexe ou l'âge importe peu) et dans les
tribus primitives où il est courant, à l'égard d'un individu de même
sang.
Un plaisir évident se dégage de cet acte qui est réalisé générale
ment en dehors de tout espoir de récompense, et, sauf le chimpanzé
qui avale les poux et les corps extirpés, avec des bruits et des mou
vements de déglutition anticipés, on peut l'attribuer à un désir de
service social, qui sous-entend cependant la camaraderie, la confiance
mutuelle.
Y. insiste sur l'intérêt que pourrait présenter une vaste étude
de cette question au point de vue des mobiles d'un tel mode d'acti
vité, de ses rapports avec le comportement général de l'individu, de 840 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'espèce, sa valeur sociale et le degré d'altruisme, aux différents
niveaux de l'échelle où on l'observe. J. M.
1272. — M. N. SEARL. — Play, Reality and Aggression (Le jeu,
la réalité et V agression ). — I. J. of Psychoan., XIV, 3, 1933,
p. 310-320.
« Le jeu, dit Freud, est cette activité qui, pour l'enfant, relie la
non-réalité à la réalité, ou mieux, la réalité psychique à la réalité
extérieure. » On peut voir de suite comment le jeu peut guider
l'enfant entre deux écueils : le déni (ou le refoulement) de la réalité
psychique (névrose), et le déni de la réalité extérieure (psychose).
Ceci justifie toute l'importance attachée par Melanie Klein à libérer
le jeu des inhibitions au moyen de l'analyse précoce : un enfant dont
l'activité de jeu fonctionne sainement n'a besoin de sacrifier, ni l'une
ni l'autre des deux réalités ; il peut au contraire les unir.
L'agression est un important élément du jeu ou des jeux posté
rieurs. Ce qui différencie l'agression dans le jeu de l'agression pro
prement dite, c'est l'absence de haine dans la première, ou la façon
dont la haine y est immobilisée par le plaisir. La haine refoulée peut
en effet supprimer toute possibilité de jeu. Peut-être est-ce une rai
son pourquoi le jeu est tellement narcissique (les jeux d'équipe sont
encore narcissiques) : l'amour objectai est trop proche de la jalousie
et de la haine. Le jeu compulsif, dicté surtout par lin phantasme du
surmoi, a plutôt pour but d'éviter la haine et l'angoisse que de pro
curer du plaisir ; au contraire le jeu sexuel de l'adulte (1' « avant-
plaisir ») précède la satisfaction complète. Il est intéressant de noter
les deux cas extrêmes où le monde extérieur est momentanément
aboli : l'apogée d'une rage aveugle, et l'orgasme (par exemple
« alimentaire » chez l'enfant, sexuel chez l'adulte). J. F.-W.
2° Goûts et intérêts. Distractions. Jeux
1273. — G. HILDRETII. — Adolescent interests and abilities (Inté
rêts et capacités chez V adolescent). — J. of genet. Ps., XLIII, 1,
1933, p. 65-93.
Des renseignements relatifs aux goûts et aux préférences des
écoliers de « high school » (9e et 12e années scolaires) ont été recueillis
à l'aide de questionnaires sur deux groupes d'enfants comprenant :
l'un, seulement des élèves de l'école publique, l'autre uniquement
des élèves d'écoles privées ; ces derniers, bien que plus jeunes chro
nologiquement, ont cependant témoigné d'une plus grande maturité
et d'un niveau mental plus élevé. Les préférences exprimées ont
porté sur les jeux, les matières scolaires, les lectures, le choix d'un
enseignement supérieur ou d'une profession. Aux deux niveaux
scolaires envisagés, les distributions des données choisies par l'un et
l'autre groupe empiètent largement l'une sur l'autre ; les différences
les plus marquées concernent les matières scolaires, les lectures et le
choix professionnel. D'une manière générale, les activités physiques
sont préférées aux occupations sédentaires, et dans ce domaine les
filles témoignent de goûts très semblables à ceux des garçons.
A. B.-F. GOÛTS ET INTÉRÊTS. DISTRACTIONS, JEUX 841
1274. — H. VOIGTS. — Das Interesse für die Unterrichtsfächer an
höheren Mädchenschulen nach seinem Wandel im letzten Jahr
zehnte (Évolution au cours de ces dernières années des intérêts
pour les matières d'enseignement dans les écoles secondaires de
jeunes filles). — Z. für päd. Ps., XXXIV, 10, 1933, p. 367-372.
Des enquêtes sur les intérêts pour les matières d'enseignement
ont été entreprises dans les écoles secondaires de jeunes filles en 1924
et en 1932. Entre temps, les programmes d'enseignement ont été
sensiblement modifiés et ont entraîné, semble-t-il, un changement
dans les intérêts des élèves. La musique, le dessin, la géographie,
l'éducation physique ont obtenu un plus grand nombre de suffrages,
ce qui pourrait être dû au fait que les nouveaux programmes, qui
accordent une place plus importante à ces matières, permettent une
extériorisation plus nette des goûts artistiques et des intérêts sport
ifs. C'est du moins, l'interprétation envisagée par l'A.
Les intérêts négatifs — répugnances — ont augmenté en ce qui
concerne la biologie et l'enseignement de la religion. D. W.
1275. — J. DENZIL HOY. — An enquiry as to interests and motives
for study among adult evening students (Une enquête sur les
intérêts et les goûts pour l'étude des élèves adultes des cours du soir).
— Br. J. of Ed. Ps., III, 1, 1933, p. 13-26.
Afin de connaître les intérêts et les goûts pour l'étude des élèves
adultes des cours du soir d'une grande ville anglaise l'auteur adressa
à 272 élèves (161 hommes et 211 femmes) de 7 de ces cours un ques
tionnaire portant sur leur formation antérieure, leurs occupations
actuelles, leurs lectures, leurs sports, leurs travaux préférés, l'emploi
de leurs loisirs.
La plupart de ces jeunes gens, anciens élèves de l'école primaire,
parmi lesquels les femmes étaient les plus nombreuses, faisaient
partie d'une bibliothèque, suivaient régulièrement la T. S. F., le
cinéma, et, en général cherchaient surtout à donner à leurs distrac
tions une valeur éducative. H. A.
1276. — G. DE FEO. — Les impressions des jeunes sur les films de
guerre. — R..I. C. E., 1933, n°s 1, 2, 3 et 4, p. 39-52, 135-143,
315-319.
Étude statistique très documentée, illustrée de tableaux nom
breux et détaillés à l'excès, sur les impressions des films de guerre
sur les jeunes en Belgique.
Les réponses, au nombre de 4.846, aboutissent aux conclusions
suivantes : chez la majorité les films exaltent les sentiments patrio
tiques ou belliqueux (1.644), puis les sentiments pacifistes (1.548).
Viennent ensuite des critiques diverses (774), des réactions impréc
ises (427), des considérations sur la valeur éducative des films (347)
et des réflexions d'ordre politique (105). L. B.
1277. — L. JAXA-BYKOWSKI. — Farces et mauvais tours des
écoliers (en polonais). — Kwart. Ps., IV. 1933, p. 141-291.
L'A. a trouvé des matériaux pour cette longue et pittoresque
étude dans les souvenirs de sa jeunesse studieuse et de sa vie de pro- 842 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fesseur ensuite, qu'il a complétés par des données d'une vaste enquête
auprès des étudiants de l'Université de Poznan.
L'article comporte 10 chapitres que l'on pourrait grouper sous
ces 3 chefs : partie descriptive, analyse, interprétation pédagogique.
La lrc partie comporterait ainsi les chapitres : formes, espèces et
variétés ; la 2e, analyse et essai de systématisation, nature profonde,
différenciation, anomalies, causes et mobiles, initiateurs, exécuteurs
et victimes, réaction. La 3e enfin, la plus courte (elle ne fait que
résumer les observations parsemées dans les chapitres précédents)
réflexions pédagogiques et remarque finale.
Il n'est guère possible ici de résumer la lre partie, couvrant plus
de la moitié de l'article et abondante en histoires savoureuses et anec-
dotiques. Tout en montrant cependant leur richesse, l'A. tente de les
ramener à quelques types essentiels. Il trouve ainsi 3 catégories :
mauvais tours basés : 1° sur le besoin de mouvement et d'activité ;
2° sur l'instinct sexuel ; 3° sur l'instinct alimentaire. Pas de subdivi
sions dans les 2 derniers groupes. Le 1er est, par contre, fort riche
en classes et sous-classes. Il y a des tours matériels et « psychiques » ;
les premiers se divisent en mouvement libre et lutte (avec les per
sonnes ou avec les choses). Dans la 2e catégorie il y a : a) surprise
d'un tiers; b) modification de la réalité (mystification, l'humour, etc.).
Il existe des formes transitoires : des sublimations dans le sens
freudien, des réductions, des exagérations.
La différenciation est due à des facteurs tels que : âge, sexe, degré
d'instruction, race, milieu, circonstances extérieures. Citons, à titre
d'exemple, les fréquences en % des farces et mauvais tours chez
les garçons et chez les filles dans des classes correspondantes :
classe de lre : G. 3,2 ; F. 0,6 ; cl. de 2e : G. 6,5 ; F. 4,5 ; cl. de 3e :
G. 13,8 ; F. 8,4 ; cl. de 4e : G. 14,6 ; F. 29.7 ; cl. de 5e : G. 20,3 ;
F. 31,2 ; cl. de 6e : G. 31,2 ; F. 11,0 ; cl. de 7e : G. 15,9 ; F. 8,4 ;
cl. de 8e : G. 4,9 ; F. 5,8. D'après un autre tableau de fréquences,
suivant les matières d'enseignement, on constate une prédominance
numérique des farces pendant les classes difficiles : langues et mathé
matiques, physique chez les filles.
Les causes et les mobiles sont tantôt d'ordre subjectif (manifesta
tion d'énergie vitale ou de talents individuels), tantôt objectif
(contrainte, ennui, menace). Le but immédiat, dans une grande
majorité des cas est de dissiper l'ennui ou de faire de la peine à quel
qu'un. Les auteurs sont des personnalités marquantes soit par l'esprit
d'observation, soit par l'imagination. Deux types se distinguent
nettement : le 1er calme et sarcastique, le second gai, vivant, parti
cipant à tous les jeux. Il y a ici, comme au théâtre; des solistes et des
statistes. Les victimes sont des individus ayant quelque défaut phy
sique ou moral. (Les infractions aux règles de bonne camaraderie
sont le plus fréquemment visées.) Les réactions sont très diverses.
Les camarades se défendent. Quant aux autorités scolaires, leur
réaction est souvent escomptée comme point culminant de la farce.
Les spectateurs sont généralement bienveillants, parfois critiques.
En résumé, dit l'A., la farce est un jeu dont les participants atta
quent quelqu'un ou quelque chose (personnes, institutions, règlements,
habitudes) et où cette attaque est à la base de leur gaîté. Dans le GOÛTS ET INTÉRÊTS. DISTRACTIONS, JEUX 843
mauvais tour la personne attaquée éprouve un sentiment pénible.
Ce sont là des manifestations de l'instinct de lutte assimilable à
« l'impérialisme » de Seillère.
Le mauvais tour, étant une manifestation naturelle, du point de
vue moral est neutre. Une signification ne lui est conférée, sous ce
rapport, que par les circonstances dans lesquelles il se réalise. Prat
iquement il ne peut être admis à l'école que dans certaines limites,
mais d'une façon générale il doit être toléré. Il s'agit de savoir le
dominer et l'utiliser. Tout se ramène donc à une question de doigté
et de compréhension de la jeunesse dont un bon pédagogue doit faire
preuve. A. G.
1278. — R. UPDEGRAFF et E. K. HERBST. — An experimental
study of the social behavior stimulated in young children by certain
play materials (Étude expérimentale du comportement social st
imulé chez les jeunes enfants par certains matériels de jeu). — J. of
genet. Ps., XLII, 2, 1933, p. 372-391.
L'influence de la nature de l'objet servant au jeu sur le compor
tement social des enfants pendant le jeu a été étudiée sur 28 sujets.
2 catégories de matériaux semblables ont été employées : la pâte à
modeler et les cubes. Les enfants ont été observés par paires, chaque
sujet étant successivement réuni à 8 partenaires différents. L'appréc
iation du caractère du comportement de chaque enfant pendant
le jeu s'est basée sur une observation analytique de son activité,
ayant envisagé 25 formes différentes de manifestations. Les conclu
sions varient avec le point de vue adopté.
Il semble que l'emploi des cubes ait entraîné plus de coopération
dans l'usage même du matériel. Mais, par ailleurs, il y a eu plus
d'échanges verbaux, plus d'exemples d'imitation et, dans l'ensemble,
plus de sociabilité pendant les périodes de jeu avec l'argile. Ces der
niers résultats ne confirment pas les conclusions antérieures d'autres
auteurs (Hulston, Van Alstyne).
Les enfants de 3 ans ont, dans l'ensemble, manifesté plus d'intérêt
pour leurs camarades que ceux de 2 ans. A. B.-F.
1279. — P. L. BOYNTON et F. A. FORD. — The relationship
between play and intelligence (La relation entre les jeux et V intell
igence). — J. of appl. Ps., XVII, 3, 1933, p. 294-301.
La comparaison des enfants classés dans le premier quartile de
leur classe — du point de vue des résultats fournis dans des tests
d'intelligence — avec leurs camarades du quatrième quartile, a
montré que les premiers consacrent, en moyenne, un peu plus de
temps aux jeux — 45 à 50 minutes de plus par jour — et que de cette
différence bénéficient surtout des jeux intellectuels, alors que le
temps consacré à des jeux physiques est à peu près le même dans les
deux groupes. D. W. 844 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
3° L'ÉMOTION1
1280. — RENÉE DEJEAN. — L'Émotion. — In-8° de 261 pages.
Paris, Alcan, 1933. Prix : 35 francs.
Quoique se fondant sur une documentation très large, Mlle D.
n'a pas cherché à faire un exposé de doctrines et n'a utilisé les faits
que pour étayer une systématisation personnelle qui s'étend des bases
physiologiques de l'émotion à une métaphysique de l'esprit.
L'émotion est, pour l'auteur, une phase de déroute mentale et de
déficience motrice du comportement, en face de certains événements
ou de certaines idées.
L'adaptation perceptive est fonction, non tant de la nature des
stimulations, que des besoins, des désirs, des exigences, des « valeurs »
qui nous orientent parmi les êtres et objets avec lesquels nous sommes
en rapport ; mais ce qui se présente avec une grande valeur peut
détourner de l'orientation habituelle vers l'action, et rendre impuis
sant vis-à-vis du réel ; il s'agit là du processus critique insolite qu'est
l'émotion.
L'explication de ce processus insolite par un mécanisme purement
physiologique, par une excitation nerveuse, diffusant à la fois dans
les systèmes tonique et cinétique ne paraît pas à R. D. satisfaisante.
L'émotion est d'abord, et essentiellement, à ses yeux, un phénomène
psychologique, consistant en une désorientation, une dérivation,
une déroute mentale. Il y a des interactions psychophysiologiques,
mais parce qu'il y a un esprit et un organisme distincts, et le dualisme
« réaliste » apparaît à l'auteur comme une conséquence se dégageant
de l'examen des faits.
• L'émotion constitue « une forme d'interaction où le fonctionne
ment nerveux n'est plus à la disposition du psychisme », d'où une
dérivation de l'excitation nerveuse dans des voies insolites et des
manifestations variées de l'émotion.
La libération nerveuse est alors passagère tandis qu'elle peut
devenir durable et même définitive dans des affections nerveuses,
privant alors le psychisme de ses moyens d'action sur le réel.
H. P.
1281. — W. BOVEN. — L'Anxiété. — In-16 de 191 pages. Neuchatel
et Paris. Delachaux et Niestlé, 1934. Prix : 17 fr. 50.
Dès les premières lignes de l'introduction, B. pose une thèse
d'apparence paradoxale, qu'il reprend aux dernières lignes de sa
conclusion. Si nous étions privés de l'angoisse, de la douleur, de la
peine, nous serions bien misérables ; nous en avons besoin pour
goûter la joie de vivre en ce monde.
« L'angoisse, comme la douleur, déclare-t-il, est notre alliée, non
pas notre ennemie. Comme la douleur, elle vise à l'apaisement par
l'effort qui réadapte, et comme elle, elle est proportionnée à l'effort
qui lui porte remède. »
Toutefois B. reconnaît que la nature dépasse quelquefois la
1. V. aussi les n°8 45, 330, 995, 996, 1193. l'émotion 845
mesure, et se pose le problème des névroses et de leur thérapeutique.
Un premier chapitre est consacré à une description sommaire
des névroses dépressives que l'auteur passe en revue dans les cha
pitres suivants, tous marqués au coin de l'originalité, avec des
notations très personnelles qui ne laissent pas souvent de se montrer
discutables.
La mélancolie apparaît comme « l'état d'un organisme épuisé,
temporairement inapte à sa réadaptation, à son milieu social ».
L'angoisse imprègne la mélancolie en ce que, signal d'une menace,
avertissement d'avenir (tandis que douleur et peine concernent le
présent) elle montre l'impossibilité du maintien de l'asthénie ; et elle
traduit « le désarroi d'une âme à la fois pressée et retenue d'agir ».
Mais cela même indique que la mélancolie doit guérir, dure et néces
saire étape entre le fléchissement et le redressement.
La névrose d'angoisse représente un conflit qui n'est souvent que
le premier stade d'un tourment dont le second sera la mélancolie,
quand naît l'épuisement du conflit non résolu, conflit dont la nature
est variable, suivant la passion qui ne trouve pas à se satisfaire.
Passant en revue toutes les manifestations de l'angoisse, orga
niques et mentales, B. montre leurs caractères sthéniques, dans
l'ensemble, et il aboutit à la définition suivante : « L'angoisse est la
perception pénible d'un état corporel et mental. Elle naît et se
développe dans l'organisme de l'homme, lorsqu'il est exposé au
désarroi, c'est-à-dire à des impulsions nerveuses antagonistes, qui
l'incitent à la fois, avec une égale ou à peu près égale violence, à
deux ou plusieurs actions qui s'excluent ou se contrecarrent, alors
que la nécessité en presse l'accomplissement. »
L'issue du combat de Jacob avec l'ange peut être, ou la guérison,
ou l'épuisement (mélancolie) ou un compromis (obsessionnel-phobique
ou hystérique, ou mixte du type de la sinistrose) ou un transfert
de la lutte chez des prédisposés, devenant paranoïaques.
Des considérations thérapeutiques succinctes, pour les 6 formes
de névrose distinguées (asthénie aiguë et chronique, mélancolie
aiguë et chronique, névrose d'angoisse aiguë et chronique), terminent
le livre.
Une psychothérapie fondée sur la compréhension des troubles y
est naturellement dominante. H. P.
1282. — ANDRÉ BINET. — L'Amour et l'émotion chez la femme.
— In-16 de 170 pages. Paris, Alcan, 1934. Prix : 16 fr. 50.
Gynécologiste, chirurgien à l'esprit très ouvert et soucieux d'obser
vation, B. donne, avec une présentation agréable, appuyé de gravures
artistiques, un exposé — assez général — des problèmes de psycho
physiologie féminine qui ont trait à la vie affective, naturellement
très imprégnée de sexualité.
Il envisage successivement les émotions sexuelles avant la puberté
et au moment critique, à 1' « âge de grâce », à la période d'activité
génitale et chez la vieille fille, enfin après la ménopause, et des
chapitres spéciaux sont consacrés à la pudeur, à la coquetterie, aux
« équivalents » sexuels (danse, flirt), aux divers aspects de l'amour
(instinctif, affectif, imaginatif ou romanesque, spirituel ou mystique)

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