Les restes humains du Paléolithique supérieur du gisement de La Balauzière (Gard): Etude anthropologique - article ; n°1 ; vol.2, pg 67-85

De
Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1985 - Volume 2 - Numéro 1 - Pages 67-85
FOSSIL REMAINS FROM LA BALAUZIERE : Anthropological study Abstract. — The anthropological study of the fossil cranial remains from Upper Paleolithic level of La Balauzière cave (Gard) shows the presence of eight adults. Their morphology is unquestionably modern. Their metric and non-metric features show a development and a configuration similar to those already described for the first Homo sapiens sapiens discovered in European upper paleolithic context.
Résumé. — L'étude anthropologique des restes humains provenant du niveau Paléolithique supérieur de la grotte de La Balauzière (Gard) permet de dénombrer la présence d'au moins huit individus adultes. Leur morphologie est indiscutablement moderne. Les données métriques et non métriques relevées sur les os crâniens sont comprises dans les limites de la variation des premiers Homo sapiens sapiens du Paléolithique supérieur européen.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1985
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Dominique Gambier
Les restes humains du Paléolithique supérieur du gisement de
La Balauzière (Gard): Etude anthropologique
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIV° Série, tome 2 fascicule 1, 1985. pp. 67-85.
Abstract
FOSSIL REMAINS FROM LA BALAUZIERE : Anthropological study Abstract. — The anthropological study of the fossil cranial
remains from Upper Paleolithic level of La Balauzière cave (Gard) shows the presence of eight adults. Their morphology is
unquestionably modern. Their metric and non-metric features show a development and a configuration similar to those already
described for the first Homo sapiens sapiens discovered in European upper paleolithic context.
Résumé
Résumé. — L'étude anthropologique des restes humains provenant du niveau Paléolithique supérieur de la grotte de La
Balauzière (Gard) permet de dénombrer la présence d'au moins huit individus adultes. Leur morphologie est indiscutablement
moderne. Les données métriques et non métriques relevées sur les os crâniens sont comprises dans les limites de la variation
des premiers Homo sapiens sapiens du Paléolithique supérieur européen.
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Gambier Dominique. Les restes humains du Paléolithique supérieur du gisement de La Balauzière (Gard): Etude
anthropologique. In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIV° Série, tome 2 fascicule 1, 1985. pp. 67-
85.
doi : 10.3406/bmsap.1985.1571
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1985_num_2_1_1571et Mém. de la Soc. d'Anthrop. de Paris, t. 2, série XIV, n° 1 1985, p. 67-86 Bull,
LES RESTES HUMAINS DU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR
DU GISEMENT DE LA BALAUZIÈRE (GARD)
Etude anthropologique
par Dominique Gambier (*)
Résumé. — L'étude anthropologique des restes humains provenant du niveau Paléoli
thique supérieur de la grotte de La Balauzière (Gard) permet de dénombrer la présence
d'au moins huit individus adultes. Leur morphologie est indiscutablement moderne. Les
données métriques et non métriques relevées sur les os crâniens sont comprises dans les
limites de la variation des premiers Homo sapiens sapiens du Paléolithique supérieur
européen.
FOSSIL REMAINS FROM LA BALAUZIERE : Anthropological study
Abstract. — The anthropological study of the fossil cranial remains from Upper
Paleolithic level of La Balauzière cave (Gard) shows the presence of eight adults. Their
morphology is unquestionably modern. Their metric and non-metric features show a
development and a configuration similar to those already described for the first Homo
sapiens sapiens discovered in European upper paleolithic context.
I. — INTRODUCTION
La grotte de La Balauzière s'ouvre sur la rive gauche du Gardon près de
Nîmes (Gard). Les fouilles commencées en 1934 par l'Abbé Bayol furent inte
rrompues au début de la dernière guerre puis à la mort de l'Abbé Bayol. Reprises
en 1957 par E. Bonifay et H. de Lumley, elles cessèrent de nouveau.
Le remplissage de la grotte (plus de 14 mètres) comprenait deux ensembles :
— des argiles anté-wiirmiennes stériles ;
— des sables et des argiles rouges wurmiennes contenant des industries préhisto
riques allant du Moustérien ancien au Néolithique. La faune très variée, recueill
ie dans les dépôts wurmiens par l'Abbé Bayol a été étudiée par M. Paulus
(1945, 1946, 1947) puis par M.F. Bonifay (1966).
L'Abbé Bayol avait délimité neuf niveaux (I à IX) qui ont pu être identifiés
lors de la reprise des fouilles (M.F. Bonifay, communication personnelle) :
— niveaux I à II : Néolithique ;
— niveau III : Paléolithique supérieur ;
— niveaux IV à IX : Paléolithique moyen.
Les restes humains proviennent de la couche III et ont été retrouvés par
(*) Laboratoire d'Anthropologie Université Bordeaux I, 33405 Talence. SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 68
M.F. Bonifay lors de l'inventaire de la collection Bayol au Musée de Nîmes. La
faune contenue dans le niveau III indique une période froide datée du Wiirm III
(M.F. Bonifay, 1966). L'outillage osseux et lithique trouvé dans cette couche est
caractéristique de l'Aurignacien (Escalon de Fonton, 1970 - Bazile, 1976). En
outre F. Bazile (1976) mentionne des traces de Périgordien supérieur.
II. — INVENTAIRE
Le matériel osseux représente plusieurs individus adultes. Il comprend un
frontal (LB I), une hémimandibule gauche incomplète (LB II), deux portions de
branche horizontale gauche de mandibules (LB III et LB IV), un maxillaire droit
(LB V), un pariétal droit incomplet en connexion avec une partie du pariétal
gauche (LB VI), et un fragment d'occipital (LB VII). A cette liste il convient
d'ajouter six dents isolées (LB VIII, IX, X, XI, XII, XIII).
a) Le frontal
• La Balauzière I
II est incomplet. Les régions latérales de l'écaillé sont détruites, les deux
apophyses orbitaires externes manquent. Ce frontal est en connexion avec
petits fragments de pariétal, le sommet des os nasaux et des maxillaires.
1) Mesures
Seuls la glabelle et le nasion peuvent être situés avec précision. La position
du bregma est évaluée en prenant le point de rencontre entre la suture coronale
et la ligne médiane de l'écaillé. La comparaison de la longueur de l'arc nasion-
bregma (M 26 = 126 mm) et de la longueur de la corde qui le sous-tend
(M 29 = 106 mm) confirme l'impression de petitesse que donne l'examen de ce
frontal. La valeur de l'indice de courbure (I = 84,1) traduit une très forte con
vexité sagittale. L'épaisseur mesurée au niveau des bosses frontales (éd. = 3 mm
et eg. = 3 mm) et au point bregmatique est faible (e = 4 mm).
2) Morphologie
Une légère carène, surtout développée au-dessus de la région glabellaire souli
gne la ligne médiane de l'écaillé frontale. Elle divise en deux le faciès supragla-
bellaris qui est faiblement déprimé. Cette carène associée à la forte convexité
transversale détermine une forme ogivale (fig. 2A). Il existe un reste de suture
métopique sur environ 5 mm. La zone interorbitaire est plane et large (M 50 =
23,5 mm) et il n'y a pas d'ensellure nasale. La région sus-orbitaire n'est pas sail
lante. Les arcs superciliaires (arcus superciliaris) issus de Г eminence glabellaire
constituent de légers reliefs et le bord supra-orbitaire {margo supraorbitalis),
mieux conservé à gauche, est aigu. Les arcs superciliaires ne participent pas au
bord supéro-interne de l'orbite (type I de Cunningham, 1908). Le bord gauche
est entaillé par une échancrure (incisura supraorbitalis) ; à droite un canal rem
place cette échancrure. Une seconde échancrure en position plus interne existe
sur chacun des bords.
La face endocrânienne est érodée. La crête frontale (crista frontalis) forme
une arête aiguë limitée antérieurement par le trou borgne {foramen caecum). La
gouttière du sinus sagittal supérieur (sulcus sinus sagittalis superioris), profonde GAMBIER. — LES RESTES HUMAINS DU PALÉOLITHIQUE DE LA BALAUZIÈRE 69 D.
Figure 2. — A : LB I Frontal en norma frontalis.
et étroite en avant, s'élargit en s'atténuant vers l'arrière. Les sillons des vais
seaux méningés très fins et peu profonds sont nombreux.
L'examen radiographique révèle une aplasie du sinus frontal droit. Le sinus
frontal gauche, détruit à sa partie inférieure, est très petit et limité à la région
interorbitaire.
3) Discussion
Par sa petite taille et sa faible épaisseur, ce frontal pourrait être celui d'un
sujet très jeune. Mais dans ce cas, il faudrait admettre une fermeture précoce
des sutures crâniennes car les segments C2 de la suture coronale sont en voie de
synostose sur la face exocrânienne et totalement synostosés sur la face endocrâ-
nienne. Cependant si l'on considère le développement des reliefs sus-orbitaires et
de la glabelle, le bombement et la verticalité de l'écaillé, ce frontal pourrait
avoir appartenu à une femme âgée d'au moins trente ans. Le graphique (fig. 1)
qui compare la longueur de l'arc frontal et celle de la corde frontale des crânes
du Paléolithique supérieur montre que les fossiles attribués au sexe féminin pré
sentent les valeurs les plus basses de la variation. Pour ces deux dimensions, le
frontal de La Balauzière se place parmi les sujets féminins. Il est très proche des
fossiles de Cap Blanc (Von Bonnin, 1935), de l'abri Vidon (Riquet, 1972) et du
Mas d'Azil (Vallois, 1961). Ceci constitue un argument en faveur de l'hypothèse
selon laquelle ce frontal serait celui d'une femme. En revanche un degré de con
vexité sagittale aussi élevé est plus courant chez les sujets masculins. Parmi les
femmes seul le sujet de Saint-Germain-la-Rivière (Gironde) possède une con- M 29
ne!
1201
ii •
105
120 130 140 M26
Figure 1. — Longueur de l'arc nasion-bregma (M26) et de la corde nasion-bregma (M29)
du frontal (LB I) comparées à celles de fossiles du Paléolithique supérieur
européen. 1 : Cro-Magnon III - 2 : Cro-Magnon II - 3 : Barma grande II -
4 : Predmost III - 5 : Barma grande I - 6 : Obercassel I - 7 : Engis -
8 : Grotte des enfants - 9 : Grimaldi 6 - 10 : Chancelade - 11 : Veyrier II -
12 : IX - 13 : Combe Capelle - 14 : Mládec I - 15 : Predmost IV -
16 : Cro-Magnon II - 17 : Predmost X - 18 : St-Germain-la-Rivière - 19 :
Duruthy II - 20 : Obercassel II - 21 : Cap Blanc - 22 : Abri Vidon.
• : sujets masculins, □ : sujets féminins, О : points confondus (homme et
femme). Les données métriques sont extraites des travaux de Morant 1930-
1931, von Bonnin 1935, Matiegka 1934, Vallois 1946, 1961, Vallois et Billy
1965, Riquet 1971, 1972. D. GAMBIER. — LES RESTES HUMAINS DU PALÉOLITHIQUE DE LA BALAUZIÈRE 71
vexité comparable (I = 83,14), (Vallois, 1970). Il faut toutefois noter que si la
convexité sagittale est toujours marquée au Paléolithique supérieur, la variation
individuelle est forte (tableau I).
Fossile Sexe Corde frontale Arc frontal Indice de courbure
M29 M26 M29/M26
H La Balauzière 7 106 126 84,10 z St-Germain-la-Rivière F 111 130 85,38 w и F Cap Blanc 105 118 88,98
Abri-Vidon F 106 124 85,48 s
Obercassel F 124 100 80,64
Mas-d'Azil F 107 124 86,29.
F 110 123 Duruthy 89,43 — — — augerie Basse 2 F
Abri-Lafaye F 110 124 88,70 w — — augerie Basse 3 F
о Roc de Sers 1 F 127
Chancelade M 111 130 86,90 s H — La Madeleine M
Veyrier M 115 131 87,80 о — Roc de Sers II M 125
Obercassel I M 118,9 134,5 88,40 < Pu — augerie Basse 4 M 135
Cro-Magnon II F 115 132 87,10
Abri Pataud F 111 125 88,80 % — Barma Grande 3 F 132 a
и Grotte des enfants 5 F 116,1 133,5 87
Predmost IV F 114,9 133 86,40 < X F 112 127 88,20
Cro-Magnon I M 125 147 85 III M 126 148 85,10 Ш
Combe Capelle M 114,9 132 87,04
о Grotte des enfants 4 M 115,7 137 84,40
Barma Grande II M s 122,9 145 84,70
— Grande I M 135
13 о Grotte des enfants 6 M 116 132 87,88
Engis M 116 138 84,42
Predmost III M 137 120 87,50 < eu IX M 115,1 132 87,10
autsch 1 M 113,9 138,5 82,80
Tableau I. — Dimensions et indice du frontal (LBI). Comparaison avec les fossiles du
Paléolithique supérieur. Les mesures sont celles préconisées par Martin et Sailer
(1958). SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 72
II n'est pas impossible que ce frontal soit celui d'une femme mais les incerti
tudes sur les déterminations sexuelles des fossiles du Paléolithique supérieur
(Riquet, 1971), le nombre limité de pièces de comparaison et le fait qu'il s'agit
d'un os isolé ne permettent pas d'être affirmatif sur ce point.
Le graphique exprime également la tendance à la diminution des dimensions
du crâne au cours du Paléolithique supérieur (Riquet, 1971 - Billy, 1972). La
longueur de l'arc frontal de La Balauzière I est beaucoup plus proche de celle
des femmes magdaléniennes que de celles des femmes aurignaciennes. De même
les reliefs supra-orbitaires et la glabelle faiblement marqués rapprochent de ce
frontal de celui des femmes magdaléniennes. L'existence d'une carène sagittale
ne constitue pas un caractère inconnu au Paléolithique supérieur. Il a déjà été
signalé chez quelques fossiles dont ceux de Chancelade et de Roc de Sers par
Henri-Martin (1924) et Vallois (1946).
La pneumatisation de la région frontale chez les populations du Paléolithique
supérieur est mal connue, mais ce que l'on en sait (Tillier, 1975) montre qu'elle
est généralement faible comme pour ce frontal de La Balauzière. Enfin l'absence
d'ensellure nasale et de projection des os nasaux ne constitue pas la disposition
la plus courante au Paléolithique supérieur (Vallois et Billy, 1965), elle est en fréquente" revanche chez l'homme actuel.
b) Les mandibules (L.B. II, III, IV)
• La Balauzière II
C'est une hémimandibule gauche incomplète (fig. 2B). En avant, elle est cas
sée au niveau de l'alvéole de l'incisive latérale droite. Le corps est intact, la
région goniaque, le condyle {processus condylaris) et l'apophyse coronoïde {pro
cessus coronoideus) manquent. L'incisive latérale, la canine, les deux prémolair
es et la première molaire sont en place.
Figure 2.— В : LB II Hémimandibule vue externe. D. GAMBIER. — LES RESTES HUMAINS DU PALÉOLITHIQUE DE LA BALAUZIÈRE 73
1) Mesures
Seule la robustesse peut être évaluée (tableau II). La hauteur du corps croît
de la symphyse à l'intervalle P1/P2 puis décroît faiblement jusqu'au bord posté
rieur de l'alvéole de la deuxième molaire. L'épaisseur varie peu. L'indice de
robustesse (tableau II) est minimum entre PI et P2. Il est maximum en arrière
de M2, là où la ligne mylohyoïdienne et la ligne oblique constituent des reliefs
marqués qui accroissent l'épaisseur tandis que la hauteur est très faible. Cepen-
Symphyse C/Pl P1/P2 P2/M2 M1/M2 Post. M3
Hauteur (en mm) 29 31 32 30 28 26
Epaisseur (en mm) 17 17 16 16 17 17
Indice de Robustesse 58,6 54,8 50 53,3 60,7 65,4
I = e/h x 100
E + h 46 48 48 46 45 43
E x h 493 527 512 480 476 442
Section (en mm2) 220 250 275 262,5 237,5 200
Tableau II. — Dimensions et indices de robustesse de la mandibule de La Balauzière II.
La section du corps de la mandibule a été relevée au conformateur.
dant si l'on considère non plus l'indice classique de robustesse dont plusieurs
auteurs (Bouvier, 1971 en particulier) ont souligné l'inaptitude à rendre compte
de la robustesse, mais la somme hauteur + épaisseur, le produit hauteur x
épaisseur et la section du corps (tableau II), les résultats sont inversés. La robust
esse est maximum entre PI et P2 et minimum au niveau du bord postérieur de
l'alvéole de M2.
2) Morphologie
Les divers reliefs de la face latérale du corps sont bien individualisés quoique
moyennement développés. Le trou mentonnier {foramen mentale) dirigé vers le
haut et vers l'arrière, s'ouvre à la verticale de l'intervalle P1/P2 à 16 mm au-
dessous du bord alvéolaire. La saillie mentonnière (protuberentia mentalis) est
forte en raison de l'incurvation mandibulaire (incurvât io mandibulaé) et du
grand développement du triangle mentonnier {trigonum mentale).
Les reliefs de la face interne sont très accusés. La partie alvéolaire {pars-
alveolaris) surplombe assez fortement la partie basilaire {par basilaris). La ligne
mylohyoïdienne {linea mylohyoidea) rectiligne est très marquée. La fosse sous-
mandibulaire {fossa submandibularis) forme une profonde dépression et la fosse
sublinguale sublingualis) est peu creusée. Une crête mousse sépare ces
deux fosses. Le sillon mylohyoïdien observable sur 1,5 mm est peu profond et
large de 1 mm. Le bord inférieur du corps mandibulaire est convexe et présente
son épaisseur maximum à l'aplomb de Ml. Les apophyses géni (spinae mentale)
sont formées de quatre crêtes verticales (deux supérieures et deux inférieures). Il
existe un trou sus-génien sagittal. La surface d'insertion du muscle digastrique
de forme ovalaire regarde très en arrière : 74 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
3) Les dents
Elles sont peu volumineuses (tableau III). Leur morphologie est analogue à
celle des dents actuelles, autant que leur degré d'usure permette d'en juger.
L'épaisseur de l'émail mesurée sur la face occlusale est de 1 mm pour l'incisive
latérale gauche et de 1,5 mm pour la canine.
Sur les prémolaires l'usure est plus marquée du côté lingual. Sur la Ml, elle
a déterminé une surface occlusale en cuvette et l'émail a totalement disparu.
L'examen radiographique montre que les cavités pulpaires sont relativement
petites et que les canaux sont fins. Les racines ont une morphologie comparable
à celle observée sur des dents actuelles. Deux caries affectent la première
molaire, une carie vestibulo-distale étendue et profonde sous le collet et une
carie mésiale sur la couronne.-
• La Balauzière III
La III est représentée par une portion de branche horizontale gau
che comprenant les alvéoles de la canine des deux prémolaires, de la première et
de la seconde prémolaire (fig. 2C). La deuxième prémolaire est tombée ante-
mortem car l'alvéole est comblé par de l'os. La première molaire et la seconde
sont en place.
Toute la partie basilaire du fragment est détruite. Le trou mentonnier situé
sous la deuxième prémolaire à 12 mm du bord alvéolaire est donc plus posté
rieur que sur La Balauzière II. Sur cette pièce aucune mesure ne peut être prise.
Les dents sont plutôt petites en particulier la deuxième molaire (tableau III).
Figure 2. — С : LB III Portion de mandibule vue externe.
L'usure est moins forte que sur les dents de La Balauzière II et les cuspides sont
encore visibles. Ml présente quatre cuspides, les deux vestibulaires sont les plus
usées laissant apparaître la dentine. M2 possède quatre cuspides, la mésio-
linguale étant la moins usée. Au milieu de la face occlusale existe une carie. Une
facette de contact sur la face distale de la couronne témoigne de la présence
d'une M3 fonctionnelle. Sur la radiographie les chambres pulpaires apparaissent
de taille moyenne, les canaux sont fins et les racines comparables à celles des
M2 actuelles.
• La Balauzière IV
Cette pièce est constituée par une portion de corps mandibulaire gauche
allant de l'alvéole de la canine au bord postérieur de l'alvéole de Ml qui est en GAMBIER. — LES RESTES HUMAINS DU PALÉOLITHIQUE DE LA BALAUZIÊRE 75 D.
DENTS SUPÉRIEURES
PAL. SUP. ANC. (1) PAL. SUP. REC. LBV LBIX LBX LBXI
v- X V N X N
6,4- 8,8 6,1- 7,7 MD 06 7,6 9 7,1 5,1 12 6,0- 7,4 5,8- 7,6 VL 10 6,8 15 6,6 5,6
7,1- 9,1 7,3- 9,5 MD 12 8,0 14 8,0 6,9 С VL 12 9,0 7,8-10,8 15 8,8 7,8-10,5 7,5
6,0- 8,0 6,0- 8,7 7,2 18 7,0 MD 15 5,5 PI VL 15 9,6 8,7-10,6 19 9,7 8,2-10,9 7,0
6,1- 7,9 5,9- 8,1 MD 14 7,0 14 6,8 6,0 P2 VL 16 9,6 8,5-11,2 15 9,6 9,0-10,8 7,5
MD 24 10,7 9,1-12,0 24 10,4 9,2-11,0 9,0 Ml VL 24 12,3 10,8-13,5 24 11,8 10,6-12,8 10,0
MD M2 VL
MD M3 VL
DENTS INFÉRIEURES
LBIII LBIV LBII LB LB PAL. SUP. ANC. PAL. SUP. REC. VIII XII
X V N X V N
6,0- 8,5 5,7- 7,7 19 6,5 5,3 MD 18 7,0 12 5,0- 7,3 4,5- 6,5 5,6 5,8 VL 15 6,4 13
7,0- 8,3 6,0- 8,4 18 6,8 7,3 MD 11 7,6 С 6,9- 9,5 9,0 8,0-10,0 20 8,0 7,2 VL 13
6,0- 8,1 6,0- 8,0 7,3 22 7,0 6,4 MD 12 PI 7,8- 9,3 6,1- 9,7 13 23 8,1 7,5 VL 8,5
6,6- 8,5 6,0- 8,1 MD 10 7,4 21 6,9 6,4 P2 7,5- 9,2 VL 11 8,7 8,0-10,1 20 8,3 8,5
MD 26 10,0-13,0 33 11,1 9,4-12,1 10,6 11,0 10,5 10,1 11,6 Ml 27 10,0-12,0 10,9 10,5 9,0 9,0 10,0 VL 11,0 35 9,2-11,9
MD 22 11,3 9,5-12,8 33 10,9 9,8-12,1 9,0 M2 8,0 VL 22 10,8 9,8-12,0 33 10,7 9,4-12,0
MD 12 11,1 9,5-13,0 21 10,6 9,2-12,2 8,5 M3 12 9,3-12,4 10,4 7,2 VL 10,7 19 8,7-12,8
Tableau III. — Dimensions des dents. Comparaison avec les hommes du Paléolithique
supérieur européen. Diamètre mésio-distal (MD), vestibulo-lingual (VL),
moyenne (m), limites de variation (lv). (l) mesures relevées par D. Frayer
(1976). Les mesures sont exprimées en mm.

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