Les Sentiments et la vie Affective. La Croyance - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 808-816

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 808-816
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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4° Les Sentiments et la vie Affective. La Croyance
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 808-816.
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4° Les Sentiments et la vie Affective. La Croyance. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 808-816.
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4° Les Sentiments et la vie affective. La Croyance
1098. - B. T. YOUNG. — Studies in aîîective psychology {Etudes de
psychologie affective). — Am. J. of Ps., XLII, 1, 1930, p. 17-37.
Dans ces trois nouveaux éléments de la série de travaux consacrés
par l'auteur à l'étude de la psychologie affective, le compte rendu de
quelques expériences simples est suivi de considérations théoriques
et de conclusions d'ordre général concernant les attitudes et les mé
thodes.
A l'aide d'une série de 32 odeurs (Bentley), on a pu déterminer
sur 17 individus une sorte d'échelle de valeurs, classant les impres
sions olfactives depuis les très désagréables jusqu'aux très agréables.
Les jugements individuels diffèrent, mais présentent une certaine
constance chez le même sujet. A cette méthode de classement, l'au
teur oppose le fait que les appréciations personnelles dépendent de
l'attitude du sujet, et celui que, dans la répétition des épreuves,
l'expérience perd en réalité souvent son contenu affectif. Le procédé
ne nous renseigne nullement sur la nature de cette expérience ; tout
au plus peut-il servir à évaluer les objets ou à déceler des différences
individuelles.
Deux théories sur la nature de l'expérience affective sont écartées
de prime abord : celle qui en fait des attributs de la sensation et celle
qui les ramène à des « meanings ». Deux points de vue sont examinés
et sérieusement critiqués : le sensationalisme, qui, avec l'école de
Titchener, a longuement évolué pour finir par ramener l'agréable et
le désagréable à des sensations de pression ; le fonctionalisme, qui
considère la relation verbale des individus comme pouvant sinon
« décrire », tout au moins nous renseigner en gros, sur le caractère,
l'intensité, la durée de l'expérience affective. Ces deux dernières
attitudes ne sont pas inconciliables et pourront être utilement
adoptées suivant les buts à atteindre. A. B.-F.
1099. - J. B. BEEBY-CENTER. - The relation between aîîectivity
and specific processus in sensj organs {La relation entre l'affecti
vité et les spécifiques dans les organes des sens). — Ps.
Rev., XXXVII, 1930, p. 327-333.
L'auteur reprend la thèse formulée et défendue par plusieurs psy
chologues ^Destut de Tracy, Stumpf, Brentano, Titchener et autres)
suivant laquelle les réactions affectives comportent certains proces
sus spécifiques dans les organes sensoriels. Des arguments nouveaux en
sa faveur seraient fournis par les recherches de Wever et Zeuer sur « la
méthode des jugements absolus en psychologie » [Psychol. Rev.,
XXXV, p. 466, 1928) et par celles de Nafe qui ont établi notamment
une forte corrélation entre l'affectivité et la manière d'être des sensa
tions de pression. En effet, tous les sujets de Nafe ayant reçu la
consigne de décrire aussi exactement que possible leurs états affectifs
identifiaient le plaisir ou l'agréable avec une pression « claire » et le
désagréable avec une pression « confuse » (« Dull »). Sans doute, cette
1 Voir aussi les n°3 768 à 771, 1144 à 1146, 1178, 1492. l.i:S PROCESSUS AFFECTIFS 80£
identification semble dépendre de l'instruction donnée touchant
l'observation de l'expérience sensorielle (sensory instruction) ou de
son « équivalent ». Elle autorise cependant à penser que l'affectivité,
bien qu'elle ne soit pas un mode de pression, correspond aux proces
sus intervenant dans les organes sensoriels. Aussi l'auteur est-il
porté à poser explicitement l'hypothèse suivante : L'affectibilité
dépend d'un type spécifique des processus dans les organes sensoriels,
de ceux notamment dont, pour une instruction sensorielle donnée,
dépendent les pressions claires et obscures. Lorsque les processus de
ce genre se produisent avec une instruction « affective », ils donnent
lieu à des expériences affectives absolues ou « relatives ». Cette hypot
hèse, l'auteur Ja livre à la vérification. On peut faire remarquer ce
pendant, sans rien présumer des résultats expérimentaux, qu'elle
implique une conception de l'affectivité très particulière et limitée
à certains aspects seulement de la réalité que ce terme recouvre.
P. K.
1100. - ANDRÉ JOUSSAIN. - Les Sentiments et l'intelligence
— In-16 de 308 pages. Paris, Flammarion, 1930. Prix : 12 francs.
L'intelligence s'oppose aux sentiments, nous dit J., en tant que
connaissance claire et distincte vis-à-vis d'une conscience obscure
ou diffuse, et en tant qu'ensemble de représentations passives à un
ensemble de dispositions actives, mais la vie mentale résulte de leur
collaboration : l'attention est commandée par les sentiments, « source
profonde de l'intérêt que prennent à nos yeux les choses », et la ré
flexion tout autant, en sorte que c'est dans les sentiments que l'on
trouve « le grand moteur de la vie intellectuelle »
Dès lors, étudiant les sentiments d'un côté, l'intelligence de l'autre,
et leur interaction réciproque, l'auteur est conduit à envisager la
totalité des problèmes psychologiques, et, débordant la vie indivi
duelle il consacre à la vie des peuples près des deux tiers de son livre,
envisageant l'évolution de la morale et du droit, de la religion et de
la science, et tout l'ensemble des problèmes sociaux, pénétrant même
sur le terrain politique, et proposant des modalités nouvelles pour
l'élection du chef de l'Etat et des Chambres, soucieux de donner « à la
masse le contrôle, à l'élite le pouvoir ».
On voit que l'on s'éloigne singulièrement du problème psycholo
gique initial qui ne constitue qu'une introduction aux questions qui
ont, aux yeux de l'auteur, la plus grande importance. H. P.
1101. — L. DUGAS. — La mémoire des sentiments. — J. de Ps.,
XXVII, 1930, p. 237-257.
La mémoire des sentiments peut prendre deux formes, également
réelles et plus ou moins développées selon les individus : la forme
intellectuelle dans laquelle les sentiments sont évoqués à l'état
d'idées sans être ressentis, et la forme proprement affective dans
laquelle ils sont évoqués en tant que tels ou éprouvés de nouveau.
La mémoire étant par définition caractérisée par sa fidélité, il n'y a
pas véritablement mémoire affective lorsqu'au sentiment remémoré
se combine un sentiment tiré des circonstances présentes qui le
modifie et va jusqu'à en changer la nature, comme lorsque le souvenir *81O ANALYSES BIBLlOGfiATHlQUES
d'un bonheur passé est coloré de tristesse par la tristesse présente,
mais seulement quand le sentiment remémoré est pur et remplit à
lui seul la conscience. Cette mémoire affective est synthétique ou
globale, elle fait réapparaître non une sensation particulière, mais la
totalité de la sensibilité à un moment donné de l'existence passée.
La mémoire affective ainsi définie retour intégral du moi à un état
ancien, dont l'existence a été niée par ceux qui en sont dépourvus,
n?est pas le privilège des artistes et des poètes. Elle n'est pas une
remémoration, c'est-à-dire un rappel volontaire des souvenirs affect
ifs, mais une autonomie ou réapparition spontanée de ces souvenirs ;
ce qui peut être remémoré, c'est seulement les idées, dont la réappar
ition évoque quelquefois les sentiments qui les accompagnaient. La
mémoire affective peut donc seulement être exploitée, non provoquée.
Le souvenir affectif est suscité par une sensation, particulièrement
d'odeur ou de saveur, qui rappelle par similarité une sensation anté
rieure, laquelle à son tour évoque par contiguïté dans le temps ou
plus exactement totalisation ou réintégration l'ensemble de l'état
d'âme dont cette sensation faisait partie à un moment passé de
l'existence. G. -H. L.
1102. — HULSEY CASON. — Pleasant and unpleasant feelings
(Les sentiments agréables et désagréables). — Ps. Rev., XXXVII,
-1930, p. 228-240.
En dépit des nombreuses recherches qui ont été consacrées à
éclaircir la nature des sentiments et des émotions, il est manifeste
que la plupart des problèmes qui s'y rapportent sont loin d'être ré
solus. Le rôle même et la fonction des états affectifs dans la vie:men-
tale sont encore aujourd'hui diversement interprétés. Il est aussi
notoire que dans leur étude des notions nouvelles interviennent à
côté de certaines conceptions consacrées par l'usage et qui paraissent
inspirées par la psychologie du sens commun et par le langage. C'est
ainsi qu'on oppose d'une manière générale le plaisir à la peine,
l'agréable au désagréable, la joie à la tristesse, l'amour à la haine, etc.
Aussi on n'hésite pas à situer les états de plaisir et de peine sur un
plan identique et à les considérer comme deux pôles d'une échelle
linéaire dont le milieu correspondrait à un état neutre. On peut
douter toutefois que les termes de ces couples et, en général, l'agréable
et le désagréable représentent deux aspects, positif et négatif d'un
même processus. La relation entre le plaisir et la peine est, en fait,
plus compliquée, qu'on ne le pense d'ordinaire. Platon, Schopenhauer,
Richet, Beaunis, Hartmann, Ribot, Marshall, Cellérier et Pradines
étaient plus près du vrai en attribuant à la peine et aux sentiments
quaifiés de désagréables un caractère positif. Notre organisme même
ri'est-il pas admirablement pourvu d'organes récepteurs de la douleur
•et des impressions pénibles alors que la physiologie du plaisir se s
ignale par une pauvreté remarquable ? On doit noter dans le même
ordre d'idées que si «l'anhédonie » se rencontre plutôt rarement, on
ne connaît pas beaucoup de cas d'insensibilité pour les impressions
•désagréables. « L'expérience de peine est ainsi plus fondamentale et
plus centrale dans l'organisation de la personnalité et se révèle plus
importante dans les troubles psychiques fonctionnels de même que •
IiBS PROCESSUS AFFECTIFS 8 fi
■dans les complexes et dans les rêves morbides. » Les sentiments désa
gréables étant, en général, plus intenses et plus pénétrants, ils ont
un rôle plus décisif, dans la motivation de la conduite.
L'auteur souscrit visiblement à l'idée exprimée par Schopenhauer
que le sentiment de satisfaction est essentiellement négatif et qu'il
« consiste à se libérer de la peine qui est l'élément positif de l'exis
tence ■». P. K.
1103. - E. F. WELLS. - The effect of attitude upon feeling
{U effet de V attitude sur -V affectivité). — Am. J. of Ps., XLTI, 4,
1930, p. 578-580.
La façon dont un sujet réagit à une situation affective dépend en
grande partie de -son attitude en face de cette situation : attitude
affective critique, perceptive critique, attitude de sens
■commun. Par celles-ci sont déterminés non seulement le caractère
affectif ou non affectif des réponses du sujet, mais encore la qualité
sensorielle ou réactionnelle du contenu primitif. A. B.-F.
1104. — F. HOPPE. — Untersuchungen zur Handlung« und Aïïekt-
psychologie. IX. Erfolg und Misserfolg [Recherches sur la psychologie
de V action et de l'émotion. IX. Succès et échec). — Ps. For., XIV,
1-2, 1930, p. 1-63.
Un besoin satisfait produit un état de détente, purement négatif.
Dans la satiété, il y a au contraire orientation vers le futur, tendance
positive à ne plus accomplir l'acte. Mais comment expliquer la ten
dance à répéter un acte qu'on vient d'accomplir ? On peut invoquer
comme cause spéciale le plaisir venant du succès et qui se serait asso
cié à l'acte. En réalité les choses sont moins simples : la reprise du
travail n'est pas une simple répétition. On se donne un nouveau but ;
on modifie le niveau.de ses prétentions.
■H. étudie ces variations de niveau au moyen d'un certain nombre
de jeux d'adresse, de patience, d'ingéniosité ; pendant que le sujet
s'y exerce, l'observateur trouve un prétexte pour le laisser seul et
l'observe ensuite à son insu. Les premiers essais, suivant leur résultat,
fixent le niveau des ambitions du sujet ; en règle générale le succès
l'élève, l'échec l'abaisse. Dansie premier cas par exemple, on recom
mence pour aller plus vite, pour s'assurer qu'on est bien maître du
problème; dans le second on se fixa une tâche plus facile (partie -u
problème) pour s'assurer au moins un succès. Il n'y a pas un but, mais
une hiérarchie de buts : l'action momentanée ne se comprend que
par sa relation avec la personnalité. ''Le succès élève la conscience de
soi, dans les échecs on cherche à éluder la responsabilité, à incriminer
la difficulté en général {et non la difficulté pour soi), à tromper l'e
xpérimentateur ou les témoins. On cherche en général à maintenir le
niveau du moi aussi élevé que possible. Il y a conflit entre la tendance
à élever la prétention momentanée dans le problème et la crainte de
se compromettre par des échecs. On n'éprouve d'ailleurs l'impression
d échec que dans les limites où on peut aussi éprouver
de succès (et inversement), dans la zone des conflits possibles entre
les tendances à élever ou à abaisser le niveau de l'action. P. G. 812 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1105. - ERNEST JONES. - Pear, Guilt and Hats [La peur, la
culpabilité et lahaine). — I. J. of Psychoan., X, 4, 1929, p. 383-397.
La Psychanalyse reconnaît de plus en plus l'importance de la cul
pabilité et de la haine, après avoir montré depuis longtemps celle de
la peur, dans la formation des névroses ; toutes trois sont à la base
des refoulements et du surmoi.
Il semble bien que la peur et la haine (rage) soient biologiquement
primaires puisqu'elles apparaissent dès la naissance (Cf. Watson).
Mais dans leur aspect clinique on trouve toujours peur, culpabilité
et haine allant par paires en combinaisons différentes où il n'est pas
facile de distinguer lequel de ces processus affectifs est primaire et
où l'un est généralement une formation réactionnelle à l'autre.
J. tâche de s'y reconnaître dans cette stratification compliquée.
On connaît sa théorie de l'angoisse, à laquelle il s'est particulièrement
intéressé. Au contraire de Freud, qui admet au moins dans la névrose
d'angoisse la conversion directe de la libido en angoisse, celle-ci n'est
jamais, pour J., que la réaction biologique de peur à un danger ex
terne ou interne (la tension libidinale étant un danger interne). Pour
la libido syntonique au moi, celle qui ne l'est pas constitue donc un
danger.
La peur, la haine et la culpabilité peuvent être regardées comme
des réactions à la « situation traumatique » primaire de Freud, où
l'enfant doit supporter un haut degré de tension libidinale venant
d'une masse d'hyperexcitations dont les voies de décharge efferente
normale sont bloquées. On peut distinguer deux stades dans le déve
loppement de chacune de ces trois réactions : Dans la peur il y a
d'abord la crainte « aphanistique » primaire (J. appelle « aphanisis »
l'annihilation totale de la capacité de la personnalité d'obtenir la
satisfaction libidinale, directe ou non produite par la tension intolé
rable d'une trop grande excitation non déchargée, puis, quand cette
privation a été identifiée à une frustration externe, la peur « signal »
de ce danger. Dans la haine il y a d'abord la rage devant la frustra
tion, puis le sadisme-haine résultant d'une sexualisation par la com
posante sadique de la libido. Dans la culpabilité il y a d'abord quelque
chose comme une simple inhibition ou renonciation dont la fonction
est d'éviter l'angoisse primaire, les effets de celle-ci étant d'ailleurs
semblables aux siens, puis la culpabilité proprement dite, dont la
fonction est la protection contre les dangers extérieurs. — Seules la
peur et la culpabilité montrent le phénomène d'inhibition. Peut-être
est-ce parce que celle-ci manque dans le sadisme-haine (qui ainsi ne
fait que provoquer davantage le danger extérieur) que cette réaction
a des conséquences si désastreuses, et pathologiques (névrose obses
sionnelle, paranoïa et mélancolie), et sociales. F. W.
1106. - P. KAMBOUROPOULOU. - Individual differences in
the sense of humor and their relation to temperamental
(Différences individuelles dans le sens de la plaisanterie et leur rela
tion avec les différences de tempérament). — Ar. of Ps., XIX, N° 121,
1930, 83 p.
Voulant recueillir d'abord des objets comiques, l'auteur demanda
à 100 étudiantes de tenir un journal de ce qui les aura fait rire pendant LES PROCESSUS AFFECTIFS 813
une semaine. L'analyse de ces « diaries » fournit plus de 4.000 éléments
amusants, qui furent groupés finalement en 2 classes : personnelle (P)
ou de supériorité, où l'on s'amuse de l'infériorité d'autrui, et imper
sonnelle (I) ou d'incongruité (de situation ou d'idée). La classe P eut
la plus grande fréquence.
On applique aux 100 sujets la feuille d'évaluation d'extro-introver-
sion de Marston, chaque trait étant noté par l'étudiante et par 3 amies.
Une grande proportion d'éléments de la classe P se montre en corré
lation avec l'extro version, ainsi qu'avec une grande confiance dans
les rapports sociaux (mieux qu'avec la sociabilité).
36 plaisanteries (bons mots) furent notées par chaque sujet de 1 à 5
— et une 2e fois, présentées dans l'ordre inverse, 24 heures après.
La situation, expérimentale, fut très défavorable aux réactions co
miques. Les classes P et I sont également appréciées. Il y a un certain
accord entre la note de la classe P et la proportion de cette classe dans
le journal du sujet.
Le degré de comique est un facteur favorable au rappel. Les plai
santeries actives, concertées, sont mieux rappelées que les infériorités
simplement observées et, dans la classe I, les incongruités de situation
mieux que celles d'idées.
Il y a corrélation entre une bonne place scolaire et un journal long,
une grande proportion d'idées incongrues ; entre une mauvaise place
et le rire sans cause objective ; mais aucun rapport entre la réussite
scolaire et la des classes P et I ni le degré d'extroversion.
Les extrovertis, plutôt confiants, qui rapportent un grand nombre
de plaisanteries, surtout de la classe P, sont notés le plus haut du
point de vue de leur sens de la plaisanterie. G. D.
1107. - FRANZISKA BAUMGARTEN. - Das Nachfühlen, das
Verstehen, die Einfühlung [La sympathie, la compréhension, Vin-
tuition sympathique). — A. f. ges. Ps., LXXVII, 1930, p. 153-158.
L'auteur distingue 3 processus par lesquels on peut comprendre
la douleur ou le plaisir d'une autre personne et sympathiser. Ce
sont : 1° Une compréhension basée sur le souvenir d'une propre expé
rience, on comprend l'autre à travers soi, en se mettant à sa place ;
2° Compréhension basée sur les expériences des autres dont on a pris
connaissance ; et 3° Une compréhension par intuition sympathique.
Le dernier type de est le plus profond, c'est un don,
les personnes qui le possèdent comprennent les malheurs des autres
d'une façon spontanée, et ne peuvent pas inhiber en elles le sen timent
de sympathie évoqué. L'intuition sympathique est subjective, tandis
que les autres types de compréhension sont plus objectifs, se rap
portent aux conditions extérieures plutôt qu'à l'homme lui-même.
B. N.
1108. — J. CRUX et F. HAEGER. - Sympathie und Antipathie
in ihren körperlich-seelischen Bindungen [Sympathie et antipathie
dans les relations physio-psychologiques) . — Z. für päd. Ps., XXXI,
10, 1930, p. 444-451.
Les auteurs partagent l'opinion de Fischer et rattachent la sym
pathie au sentiment de gratitude qui s'adresse d'abord à ceux qui ANALYSES BiHWUGftMIHlQUES 814
nous ont fait du bien et, par extension^ à ceux- quLprésentent quelque^
ressembl »nce avec eux Les intérêts communs créent la sympathie,
entre les amis., et l'amour de soi-même, crée- la sympathie entre les.«
individus du même type psycho-physiologique.
Des réflexions sur la sympathie entre maîtres et élèves servent de-
conclusion à ces remarques un peu, rapides, D;, W.
1109. — E. GALLI. — La gratitudine {La reconnaissance). — Riv,
di Psic, XXVI, 4, 1930, p. 292^300.
L'A. examine le contenu psychique du sentiment de la reconnais
sance, les1 conditions dans lesquelles- se constitue ce sentiment, les
exigences --qu'il impose. ILparle de son caractère, moral et de ses réper
cussions dans rie domaine de la vie sociale. S; H.
1110. — M. MOERS. — Schadenfreude {Joie maligne). — Z. für
päd. Ps., XXXI, 3, 1930, p. 127-134.
M. analyse finement les différents aspects de là joie maligne, la
joie qu'on éprouve à la vue du malheur d'autrui, en les classant
d'après les motifs qui provoquent la satisfaction. Elle distingue lès
cas suivants : 1° Joie pseudo-maligne ; le malheur d'autrui nous pro
cure un avantage et l'on se réjouit de cet avantage, sans s'occuper
d'autrui; 2° Le plaisir du scandale, de tout ce qui fait sensation ;
3° Le plaisir du comique qu'on éprouve à voir un autre dans une
situation ridicule ; 4° Le malheur d'autrui nous fait jouir, plus inten
sément, par l'effet du contraste, de notre propre sécurité ou nous
console de nos propres échecs ; 5° La joie maligne provient parfois
d'un sentiment de justice ; on éprouve une sorte de satisfaction démoc
ratique de voir soucieux ceux qui réussissaient « trop » bien ; 6° On
est content de voir punis qui dans le bonheur ont été orgueilleux ;,
7° Enfin, le malheur d'autrui peut réjouir parce qu'on déteste; la,
personne, ou parce qu'on l'a enviée auparavant, ou encore" parce que,,
en raison d'un caractère particulier, on ne souhaite dû bien qu'à soi-
même.
La cruauté enfin serait la forme moralement la plus dangereuse"
de la joie maligne. D: W.
1111. — P. CHAVIGNY. — L'ennui ; sa tMirapexitique; s* pro
phylaxie. — Concours médical^ LU, ..1930, N<* 16.
Les conditions de l'ennui sont l'inoccupation, la monotonie, mais;
une cause plus profonde est dans un orgueil-non satisfait. L'ennuyé>
est surtout un incompris; L'auteur envisage l'ennui de la puberté eti
les différentes formes de l'ennui morbide, souvent symptôme prémon
itoire d'une grave affection cérébrale.
La thérapeutique exige une modification de l'attitude d'esprit^ la'i
prophylaxie comporte un dressage mental, avec mise en valeur de
l'effort comme but normal de l'existence. H. P.
1112. — HULSEY CASON. — Common Annoyances. A Psycholog
ical study of every day aversious and irritations {Contrariétés com
munes. Etude psychologique des répugnances et irritations quoti
diennes). — Ps. Mon., XL, 2 (182), 1930, 218 pages.
Une enquête chez 659 sujets de divers âges (10 à 90 ans) et de milieux , ■
LES PROCESSUS AFFECTIFS 815.
variés, a permis de recueillir une liste de 21.000 objets de désagrément
dans la vie courante, dont 2.581 types différents. En prenant les
types les plus fréquents, une liste de 507 a été établie, concernant le
comportement humain (306), les objets et activités non humains (80),
les vêtements (57), les caractéristiques physiques des individus, per
manentes (24) ou transitoires (40). De ces désagréments l'intensité a
été indiquée par 625 personnes pour une partie, 378 pour une autre
(entre 0 et 30).
Si l'on caractérise les groupes par l'intensité moyenne appréciée
des désagréments quotidiens, on trouve de faibles différences. Voici
les valeurs des groupes d'âge, pour les deux sexes :
Age 10-25 25-40 40-60 60-90 Moyenne
s
17,2' 15 5 Hommes 15,9 16,7 16,3
18,8 Femmes 18,4 18,6 19,5 184a
II y a un léger excès chez les femmes, et dans le groupe delà matur
ité déclinante. Mais les différences individuelles sont très grandes.
Des explications ont été demandées sur l'origine estimée du désagré
ment à 535 sujets. Sur les 7.200 explications recueillies, il y en a eu
de très différentes pour certains des désagréments (jusqu'à une ci
nquantaine) et de peu nombreuses pour d'autres (moins de six).
Pour le mécanisme de base, il repose de façon générale sur l'asso
ciation désagréable.
Mais, naturellement, une méthode statistique convient peu pour
cette recherche de mécanisme qui relève de llanalyse individuelle, et
que les psychanalystes ne manqueraient pas de revendiquer.
L'effet du désagrément ressenti et de l'irritation corrélative est très
différent suivant les individus* parfois déprimant, plus souvent exci
tant et dynamogène ; ce qui entraîne en certains cas une véritable
satisfaction un peu perverse à éprouver ces désagréments. H. P.
1113. - P. VOIVENEL. - Sur la timidité et le trac. - LaVieMé,
dicale, XI, 9, 1930, p. 479-485,
L'auteur veut rester en dehors du morbide et traite la question en
psychologue, non en médecin.
Il différencie d'abord le trac et la timidité. Le trac n'est qu'une*
gêne physique émotive et intellectuelle qui inhibe les facultés d'adap^
tation immédiate et rend confus.
La timidité, au contraire, est une intimidation constante. Le trac
n'atteint pas seulement les timides constitutionnels, mais aussi les
personnes normales.
Le trac est à la timidité ce que la panique est à la peur.
L'auteur passe ensuite en revue les différents traitements de la
timidité et du trac. Il dit qu'il faut autant que l'on peut modifier la
constitution du timide, éduquer les réflexes pour obtenir l'adaptation
rapide aux nécessités sociales que l'auteur appelle « l'immédiatisme »
et donner aux sujets confiance en eux-mêmes. M. H, P. $16 ANALYSES 'BIBU'U(;iUPIflQl!l-:S
1114. — E. SEELIG. — Die Ambivalenz der Gefühle im Zuge des
Sexualerlebens (L'ambivalence des sentiments dans V expérience
sexuelle). — Z. für ang. Ps., XXVI, 1-2, 1930, p. 138-150.
Le sens un peu spécial que S. attribue au terme « d'ambivalence r.
affective est celui-ci : le sentiment qu'inspire un objet ou un acte
■devient, dans certaines circonstances, de désagréable qu'il était avant,
nettement agréable, ou inversement, sans avoir subi aucune autre
modification et sans avoir cessé, par ailleurs, d'être le même qu'aupa
ravant. L'expérience sexuelle est riche en de telles métamorphoses ;
certains objets qui provoquent normalement un dégoût pénible y
deviennent une source de plaisir : c'est un « dégoût voluptueux ». La
pudeur, la jalousie, la douleur physique peuvent également changer
de signe affectif au cours de l'expérience erotique. C'est dans ces
ambivalences qu'il faut voir l'origine de perversions pathologiques :
masochisme, sadisme, exhibitionnisme et bien d'autres.
Cette conception fournirait un appui aux idées de Meinong qui se
refusait à réduire les sentiments à des attributs d'agréable ou de
désagréable et affirmait que, outre les états intellectuels, les états
affectifs avaient, eux aussi, le pouvoir de représenter les objets.
D. W.
5° Esthétique Elémentaire x
1115. — N. ISRAELI. — Variability and Central Tendency in
Aesthetic Judgements (Variabilité et tendance centrale dans les ju-
gemerits esthétiques). — J. of appl. Ps., XIV, 2,1930. p. 137-149.
L'appréciation esthétique de triangles colorés de différentes pro
portions, a montré une assez forte uniformité dans les jugements des
sujets (élèves d'écoles secondaires, des étudiants de première année
•et des « graduates »). La « section d'or » conserve la position préférée,
quelle que soit la couleur du triangle. La variabilité des jugements
individuels décroît avec l'âge. D. W.
1116. - SUSAN MILES. - The functions oî the critic (Les fonc
tions du critique). — Br. J. of Ps., XX, 1930, p. 372-385.
C'est un problème délicat que celui de la « fonction » d'un critique
d'art. On peut s'approcher sans doute d'un point de vue normatif
■et chercher à définir les caractères dont le critique doit être pourvu
pour s'acquitter le mieux possible de sa tâche. On peut, d'autre part,
s'efforcer de préciser ce type particulier d'hommes, chez qui la
réaction à l'art se traduit dans l'activité critique organisée. 11 semb
lerait que la considération de l'utilité sociale de la critique ne soit
pas étrangère à la pensée de l'auteur car il no manque pas de faire des
allusions aux méfaits d'une mauvaise critique. En donnant des
appréciations « inadéquates » d'une œuvre d'art ne risque-t-on pas
de rendre un mauvais service au public aussi bien qu'à l'artiste ?
Mais pour définir la fonction du critique, il importe de définir préala-
1. Voir aussi les n<>8 772 à 791.

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