Les tests - compte-rendu ; n°1 ; vol.51, pg 451-466

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L'année psychologique - Année 1949 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 451-466
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
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1° Les tests
In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 451-466.
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1° Les tests. In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 451-466.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1949_num_51_1_8541II. — Psychologie clinique. Y
lo Les tests
98. — Analyse des profils obtenus avec l'échelle Wechsler-Bellevue r
(1) GARFIELD (S. L.). — An evaluation of
patterns in Schizophrenia (Étude des profils W.-B. dans la schizo
phrénie). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 279-287. — (2) JOHN
SON (L. C). — Wechsler-Bellevue pattern analysis in schizo
phrenia (L'analyse du profil au W.-B. dans la schizophrénie) . —
J. consult. Psychol., 1949, 13, 32-33. — (3). SCHLOSSER (J. R.),.
KANTOR (R. E.). — A comparison of Wechsler's deterioration
ratio in psychoneurosis and schizophrenia (Comparaison de r indice
de détérioration de Wechsler dans les psychonévroses et la schizo
phrénie). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 108-110. — (4) WIT-
TENBORN (J. R.). — An evaluation of the use of Wechsler-
Bellevue subtest scores as an aid in psychiatrie diagnosis (Examen
de la valeur des des épreuves du W.-B. pour aider au diagnostic
psychiatrique). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 433-439. — (5)
HEYER (A. W.). — «Scatter analysis» techniques applied to
anxiety neurotics from a restricted culturo-educational environ
ment (Application des techniques de « scatter analysis » à des névro
sés anxieux provenant d'un même milieu). — J. gen. Psychol.,.
1949, 40, 155-166. — (6) LEVINE (L.). — The utility of Wechsl
er's patterns in the diagnosis of schizophrenia (La valeur des
profils du W.-B. pour le diagnostic de la schizophrénie). — J. cons
ult. Psychol., 1949, 13,28-31. — (7) ALTUS (W. D.), CLARK
(J. H.). — Subtest variation on the W.-B. for two institutionalized
behavior problem groups (La dispersion au W.-B. chez deux groupes
de desadaptés internés). — J. consult. Psychol., 1949, 13,444-447.
— (8) ALTUS (X. D.). — Adjustement and subtest variation on
the army Wechsler for the mentally limited (L'adaptation de
retardés mentaux et leur dispersion au Wechsler de l'armée). —
J. gen. Psychol., 1949,40,167-176. — (9) ALLEN (R. M.). — A.
comparison of the test performances of the brain-injured and the
brain-diseased (Comparaison des performances aux tests de malades
du cerveau et blessés du cerveau). — Amer. J. Psychiat., 1949,
106, 195-198. — (10). PASCAL (G. R.), ZEAMAN (J. B.). — A
note on the validity of W.-B. scatter (Note sur la validité de la<. 452 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dispersion au W.-B.). — Amer. J. Psychiat., 1949, 105, 840-842.
— (11) BROWN (M. N.). — A critique of the W.-B. system of
weighted Scores (Critique du système des scores pondérés du W.-B.).
— J. clin. Psychol., 1949, 5, 170-172. — (12). — JOHNSON
(T. F.). — Some needs in research with the W.-B. scale (Quelques
recherches nécessaires concernant l'échelle W.-B.). — J. gen. Psyc
hol., 1949, 41, 33-36. — (13) HUNT (W. L.). — The relative
rates of decline of Wechsler-Bellevue « hold » and « don't-hold »
tests (Les différents taux de déclin au W.-B. dans les tests qui
<( tiennent » et ceux qui « ne tiennent pas »). — J. consult. Psychol.,
1949, 13, 440-443. — (14) GERSTEIN (R. A.). — Analyzing
and extending the use of Wechsler-Bellevue vocabulary responses
(Analyse et extension de V utilisation des réponses au vocabulaire du
W.-B.). — .]. consult. Psychol., 1949, 13, 366-370. — (15)
HAM ISTER (R. C). — The test-retest reliability of the Wechsl
er-Bellevue Intelligence test (form I) for a neuropsychiatrie popul
ation (La fidélité de la forme I du W.-B. chez un groupe de malades
mentaux). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 39-43. — (16) GIBBY
(R. G.). — A preliminary survey of certain aspects of form II of
the W.-B. scale as compared to form I (Étude préliminaire de cer
tains aspects de l'échelle W.-B. forme II comparée à la forme 1).
— J. clin. Psychol., 1949, 5, 165-169. — (17) COTZIN (M.),
GALLAGHER (J. J.). — Validity of short form of the W.-B.
scale for mental defectives ( Validité des formes abrégées du
chez les retardés). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 357-365.
Depuis la publication par le Dr Wechsler en 1939 de son échelle
d'intelligence pour adultes, de nombreux auteurs, parmi lesquels
il faut citer Gilliland, Magaret, Rabin et principalement Rapaport
et Wechsler lui-même, se sont attachés à faire en outre de cette bat
terie un instrument diagnostique en tentant d'analyser, avec des
procédés divers, les formes de dispersion que peuvent présenter cer
tains groupes cliniques entre les scores des onze « subtests ». La
mesure de la détérioration mentale est un des aspects, et non des
moindres, de cette « scatter analysis », retour légitime aux tentatives
classiques de « profil psychologique », avec cette fois des épreuves
bien étalonnées dont les scores pondérés permettent la comparaison,
et surtout une attitude plus empirique à peu près libérée de toute
classification à priori.
Cependant les premières applications cliniques de la méthode
révèlent des discordances sérieuses dans les résultats et ne sont pas
sans susciter de nombreuses réserves et critiques. Les résultats négat
ifs invoqués ne paraissent pas finalement condamner le principe
même de la « scatter analysis » mais faire ressortir certaines causes
d'erreurs dont la connaissance précise pourra sans doute permettre
une mise au point ultérieure.
Déjà dès 1942 Webb, dans une étude comparative sur un groupe LES TESTS 453
de malades, concluait à la valeur très faible de l'échelle de Wechsler
comme moyen d'évaluer la détérioration, et, en 1943, Gilliland, Wit-
tman et Goldman (J. gen. Psychol.) dans une étude analogue ne
trouvaient pas des profils essentiellement différents entre normaux
et groupes psychiatriques. Plusieurs auteurs avaient à leur suite
présenté des conclusions critiques de cet ordre et nous en trouvons
une véritable floraison, dans les revues psychologiques américaines de
1949. Elles concernent principalement des profils statistiques et des
groupes de schizophènes.
Gar field (1) poursuivant une étude commencée en 1948 (J.
Cornp. Psychol.) montre que les profils présentés par divers auteurs
comme caractéristiques des schizophrènes présentent, sauf pour
deux « subtests », de notables divergences entre eux et avec celui
que lui donne un groupe de 109 malades du même type. Johnson (2)
qui veut éprouver le profil donné par Wechsler sur ces mêmes malades
aboutit à des conclusions identiques; de même que J. R. Schlosser
et R. E. Kantor (3) qui ne retrouvent pas chez leurs 163 sujets le
critère proposé par Wechsler et Rapaport pour différencier schizo
phrènes et névropathes (absence de « détérioration » chez ces derniers,
les déficiences réparties à la fois dans l'échelle verbale et dans l'échelle
performance arrivant à se compenser). C'est sur les données mêmes
de l'auteur que Witterborn (4) recherche la validité des profils pro
posés par Rapaport en essayant de vérifier trois postulats qu'impli
querait cette validité. Sa conclusion rejoint les précédentes : si les
échecs à certaines épreuves particulières peuvent être considérés
comme significatifs les profils proprement dits portant sur l'e
nsemble de l'échelle ne présentent aucune constance.
Constatant ces discordances, A. W. Heyer (5) tente d'éliminer
l'intervention possible du facteur socio-géographique en prenant
des sujets provenant uniquement de six Etats du Sud-Est des
U. S. A.; il limite et précise par ailleurs le diagnostic psychiatrique
(névrose d'angoisse) établi indépendamment par trois médecins.
Malgré ces précautions, ses conclusions ne sont guère plus posi
tives. La variabilité du groupe psychiatrique n'appara't pas signi-
ficativement plus grande que celle des normaux et le profil lui-
même, très différent de celui de Rapaport, n'est pas non plus
discriminatif. Toutes ces études utilisent le profil moyen d'un groupe.
Mais, même valable, ce profil permet-il un diagnostic individuel?
C'est le problème qu'envisage Levine (6) qui fait examiner
110 malades, dont 46 schizophrènes, par cinq psychologues entraî
nés qui doivent, sur la seule base du Wechsler-Rellevue, les classer
dans une des cinq catégories prévues par Wechsler (schizo., arrié
rés, psychopathes, névrosés, organiques). Le critère de réussite ne
fait intervenir que la dichotomie: schizo — non schizo. Si la corré
lation se révèle assez bonne entre les psychologues, par contre ceux-ci
ne sont en accord avec le diagnostic psychiatrique que dans 59 454 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à 67 % des cas, avec 11 à 36 % de sujets non classés, résultat
négatif que pouvaient d'ailleurs laisser prévoir les réserves faites
sur la validité des profils moyens des groupes.
On pourrait, par ces conclusions, se croire autorisé au pessimisme
et à la condamnation du principe même de la « scatteranalysis».
^Cependant, si les corrélations sont faibles, l'accord et la constance
des profils très limités, certaines tendances se dégagent, encore en
partie masquées par l'action de multiples facteurs non analysés.
C'est ce qui, semble-t-il, permet à quelques auteurs, en compar
ant chez des groupes, non un profil complet et différencié mais
des caractéristiques globales ou des épreuves partielles, d'apport
er néanmoins des résultats positifs. Altus et Clark (7), par exemple,
retrouvent sur deux groupes très dissemblables de délinquants
la formule donnée par Wechsler de l'adolescent névropathe (supé
riorité du score performance sur le score verbal). W. D. Altus (8)
par ailleurs met en évidence, chez des groupes de débiles, certaines
corrélations entre les performances intellectuelles et l'adaptabilité.
R. M. Allen (9) de son côté, comparant deux types de sujets déjà
étudiés séparément (J. consult. Psychol., 1947 et 1948) et présen
tant des lésions cérébrales les uns par blessure, les autres par évolu
tion morbide, trouve une structure identique au W.-B. : score
global sensiblement normal mais infériorité significative aux épreuves
de performance principalement marquée dans les tâches visuo-
motrices exigeant vitesse, planning, concentration prolongée.
G. R. Pascal et J. B. Zeaman (10) enfin, en sélectionnant quatre
couples d'épreuves dont ils additionnent les différences entre les
deux scores, mettent en évidence une corrélation entre cette somme
et le degré de désadaptation et de gravité de la maladie mentale.
Comment expliquer les discordances entre les profils que les
auteurs présentent comme caractéristiques de tel ou tel groupe
psychiatrique? Deux ordres de facteurs semblent principalement
intervenir; les méthodes d'application et d'interprétation d'une
part, les échantillons choisis d'autre part.
En ce qui concerne le premier point, il faut noter que, outre
certaines différences dans l'administration même du test, la dis
persion pour chaque épreuve est calculée par des procédés variables
(référence au score moyen ou au score vocabulaire par exemple)
dont les significations statistiques peuvent être très différentes
et dont les valeurs relatives n'ont pas été étudiées. M. i\. Brown. (11)
note en outre que le système même des scores pondérés peut apport
er des distorsions dans le profil pour les hauts niveaux.
En ce qui concerne l'échantillonnage, il se révèle très variable
«t de valeur très inégale; la situation des sujets au point de vue
niveau mental, âge, sexe, niveau culturel n'est pas suffisamment
limitée ou précisée, quant au diagnostic psychiatrique il est sou
vent trop large ou insuffisamment établi. LES TESTS 455
On peut donc penser avec Th. F. Johnson (12), qui propose un
plan de recherches pour préciser ces facteurs, que les divergences
ne traduisent qu'un manque d'identité rigoureuse dans les condi
tions des expériences comparées.
Signalons en marge de ces discussions deux articles intéressants
concernant la mesure de la détérioration mentale par l'échelle
Wechsler-Bellevue, autres exemples du travail critique de rema
niement et de perfectionnement suscité par les premières tentatives
de « scatter analysis ». W. L. Hunt (13), partant de la constata
tion que la méthode de Wechsler aboutit dans certains cas à affec
ter d'un haut coefficient de détérioration des individus manifeste
ment normaux, et inversement, reprend les données mêmes de
Wechsler sur la détérioration physiologique moyenne en fonction
de l'âge et arrive à cette conclusion que seuls deux tests résistent
suffisamment bien à l'âge (information et compréhension).
De son côté R. A. Gerstein (14), tout en conservant le principe
de la stabilité du score vocabulaire, en tant qu'exprimant le nombre
de mots définis, émet l'hypothèse d'un déclin portant sur la qualité
des définitions, qu'il propose de classer en concrètes fonctionnelles
et conceptuelles d'après les stades de la formation des concepts
chez l'enfant tels que les ont décrits dans une épreuve de class
ement Reichard, Schneider et Rapaport (Amer. J. Orthopsychtat.,
1944). Notons enfin que sont étudiés d'autres aspects techniques
de l'échelle de Wechsler, sa fidélité (15), la corrélation entre les
formes I et II (16) et la validité des formes abrégées (17).
P. J.
99. — Essai de validation des tests de personnalité :
(1) ALTUS (W. D.). — A college achiever and non-achiever
scale for the Minnesota Multiphasic Personality Inventory (Une
échelle du M. M. P. I. pour avant et après la fin des éludes de
collège). — J. appl. Psychol, 1948, 32, 385-397.— (2) HARRELL
(T. .W.). — Hum- Wads worth Temperament Scale and ratings of
salesmen (Echelle de tempérament de H.-W. et examens des ven
deurs). — Person. Psychol., 1949, 2, 491-495. — (3) SINAIKO
(H. W.). — The Rosenzweig Picture-Frustration Study in the
selection of department store section managers (Le test de frus
tration de R. dans la sélection des gérants de grands magasins).
— J. appl. Psychol., 1949, 33, 36-42. — (4) KATES (S. L.). —
Rorschach responses related to vocational interests and job satis
faction (Réponses au Rorschach en rapport avec les intérêts pro
fessionnels et les satisfactions au travail). — Psychol. Monogr.,
1950, 309. — (5) ANDERSON (R. G.). — Rorschach test
results and efficiency ratings of machinists (Les résultats du
Rorschach et les épreuves d'efficience chez les machinistes). — ■ 456 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
(6) KURTZ (A. K.). — Person, Psychol., 1949, 2, 513-524. —
Une expérience pour éprouver le test de Rorschach. — Person.
Psychol., 1948, 1, 41-51 (version, française dans Trav. Hum.,
1949, 12, 66-73). — (7) RIEGER (A. F.). — The Rorschach test
and OCCUpationnal personality (Le test de Rorschach et la person
nalité dans le métier). — J. appl. Psychol., 1949, 33,572-579. — (8)
THOMPSON (G. M.). — College grades and the group Rorschach
(Rang universitaire et Rorschach de groupe). — J. appl- Psycho!..
1948, 32 398-407. — (9) WITTENBORN (J. R.). — Certain
Rorschach response categories and mental abilities (Certaines
catégories de réponses au Rorschach et aptitudes mentales). —
J. appl. Psychol., 1949, 33, 330-338. — (10) Me CANDLESS
(B. R.). — The Rorschach as a predictor of Academic Success
(Le Rorschach comme prédiction des succès universitaires). —
J. appl. Psychol., 1949, 33, 43-50. — (11) ALTUS (W. D.),
THOMPSON (G. M.). — The Rorschach as a measure of intel
ligence (Le Rorschach comme mesure de V intelligence.) — J. consult.
Psychol., 1949, 13, 341-347. (12) ROE (A.). — Psychological
examinations Of eminentS biologists (Examens psychologiques de
biologistes émments.) — J. consult. Psycho!., 1949, 13, 225-246.
— (13) HUNT (H. F.), CARP (A.), CASS (W. A.), WINDER
(C. L.), KANTOR (R. E.). — A Study of the differential dia
gnostic efficiency of the Minnesota Multiphasic Personality Inven
tory (Ll ne étude du diagnostic différentiel d* efficience au Ad. M. P. L).
— J. consult. Psychol., 1948, 12, 331-334. — (14) GUILFORD
(J. P.). — Some Lessons from Aviation Psychology (Quelques leçons
de la Psychologie dans l'aviation). — r Amer. Psychologist, 1948,
3, 1, 3-11. — (15) HARTMAN (A. A.). — An Experimental
examination of the Thematic Apperception Technique in clinical
Diagnosis (Etude expérimentale du T. A. T. dans le diagnostic
clinique). — Psychol. Monogr., 1949, 303. — (16) WEINLAND
(J. D.). — The use of Rating Scales and Personal Inventories
to check each Other ( U utilisation d'échelles d'estimation et d'in
ventaires de personnalité comme contrôle réciproque). — J. appl.
Psychol., 1948, 32,631-635.— (17) LOWELL (G. D.), DAVIS (H.),
ME AC HAM (A.). — A validating study of the Work Preference
Inventory (Étude de validation du W. P. I.). — J. appl. Psychol.,
1948, 32, 195-199. — (18) BENTON (A. L.). — The experimental
validation Of the Rorschach Test (Validation expérimentale du
Rorschach). — Brit. J. raed. psychol., 1950, 23, 45-51. — (19)
ANCELIN (A. E.), DUCHENE (IT.), SCHUTZENBERGER
(M. P.). — Recherches critiques sur la théorie et le test de
L. Szondi. — Enfance, 1950, 3, 65-73.
La plupart des auteurs qui abordent le problème de la valida
tion des tests de personnalité en reconnaissent à la fois la nécessité
et la difficulté. LES TESTS 457
Nécessité : car il s'agit de savoir si l'épreuve répond aux fins
auxquelles elle est destinée, de contrôler sa valeur diagnostique et
pronostique par la comparaison des résultats obtenus avec certains
aspects de personnalité qu'on se propose d'atteindre. Il en est
dans le domaine de la personnalité comme dans le domaine de
l'intelligence : si on ne soumet le test à aucun critère opérationnel
de validité, on écarte toute possibilité d'améliorer la technique
et la porte reste ouverte au charlatanisme.
Mais il faut bien reconnaître que les difficultés du contrôle expé
rimental sont ici considérables :
L'ambiguïté du vocabulaire nosologique, les difficultés inhérentes
aux jugements analytiques, à la quantification des traits de per
sonnalité, sont autant d'obstacles auxquels s'ajoute souvent l'im
possibilité de réunir un large échantillon de cas pathologiques.
Car il ne suffit pas d'invoquer quelques cas heureux de concor
dance entre les réponses au test et le diagnostic du clinicien; il
faut essentiellement établir que des liaisons statistiquement signi
ficatives existent dans un échantillon assez nombreux, et contrôler
ensuite ces liaisons sur d'autres échantillons, ceci afin de s'assurer
que la validité observée n'est pas due, en fait, à certaines particul
arités du premier groupe (6).
Les essais de validation effectués ces dernières années sont carac
térisés : soit par l'emploi d'un critère professionnel, soit par l'em
ploi d'un critère psychiatrique.
I. — Validation avec critère professionnel.
La performance dans les études, ou le rendement professionnel,
est exprimée par un classement obtenu d'après des notes objectives,
ou par jugement du personnel de maîtrise. Le procédé le plus
couramment utilisé consiste à comparer deux groupes égaux de
sujets professionnellement bons ou médiocres.
Les résultats obtenus sont assez décevants :
C'est ainsi que sur deux groupes de 25 étudiants en. psychologie,
une seule échelle (l'hypomanie) sur 9 du M. M. P. I. révèle des
différences significatives entre les moyennes (1).
Les profils des bons et des mauvais vendeurs — profils établis
sur la base des résultats au « Hum-Wadsworth temperament
Scale » — ne présentent pas de différences remarquables (2).
Les tests projectif.s ne donnent pas des résultats plus satisfai
sants : le Rosenzweig Picture-Frustration Study est impuissant à
différencier les médiocres des meilleurs gérants de magasin, (3).
Quant au Rorschach, qu'il s'agisse d'employés de bureau (4),
de machinistes (5) ou d'agents d'assurances (6), les notations clas
siques n'ont pas montré la moindre valeur.
Les indications du Rorschach individuel, sur la structure de la 458 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
personnalité, sont de valeur trop douteuse pour qu'on puisse en
recommander l'emploi en sélection professionnelle. Rieger (7) a
comparé différents groupes professionnels à l'aide du Rorschach;
le seul résultat important de son étude est la distinction trouvée
entre les professions qui nécessitent le maniement de concepts
verbaux (administrateurs, vendeurs, ingénieurs...) et les profes
sions manuelles.
Lorsqu'on s'adresse à des professions plus intellectuelles (étudiants,
officiers) les résultats sont presque entièrement négatifs.
Dans le Rorschach le nombre total de réponses, le nombre absolu
de réponses d'ensemble (W), le nombre absolu de réponses de mou
vement humain (M) sont souvent employés pour l'estimation de
l'aptitude mentale.
Mais, si les facteurs influençant la réussite des étudiants ne
sont pas purement intellectuels (8), il semble, d'après certains
auteurs, que la prédictivité des aptitudes scolaires des (9)
et de la réussite des candidats officiers (10), à partir des critères
d'intelligence proposés par Rorschach, soit nulle.
D'ailleurs ces conclusions sont confirmées par les calculs de
corrélations entre ces catégories conventionnelles du Rorschach
et les résultats aux tests d'intelligence. Pour les réponses de mouve
ment (M), par exemple, Altus et Thompson trouvent sur des étu
diants une validité acceptable (.43, .34 et .43) (11), tandis qu'Anne
Roe n'a observé de réponses « mouvement » nettes que chez un
seul des 20 savants éminents testés (12). De tels résultats com
mandent la plus grande prudence dans l'emploi du Rorschach
comme test d'intelligence.
II. — Emploi du critère psychiatrique.
En psychiatrie, la validation s'opère soit par confrontation des
résultats entre normaux et anormaux, soit par la méthode d'appar
eillage qui consiste 1° pour le psychiatre, à mettre un nom sur
une description de cas établie sur la foi du résultat au test, et 2°
pour le psychologue, à trouver le résultat qui correspond au dossier
anonyme d'un malade.
Très souvent ces deux méthodes sont employées simultanément.
Ici encore, les résultats sont assez peu encourageants. Pour le M.
M. P. I., l'accord obtenu est à peu près nul (13); pour le Rorschach,
Guilford a déjà signalé (14) que les résultats moyens d'un groupe
de 150 psychonévrosés (la plupart du type anxieux) n'étaient pas
significativement différents de ceux obtenus sur un plus large
échantillon d'aviateurs. Dans une étude expérimentale du T. A.
T. (15), Hartman trouve de faibles corrélations, rarement signifi
catives dont le médian se situe autour de 0,15 avec les variables
de personnalité notées par un expérimentateur après étude clinique, LES TESTS 459
et 0,17 avec les variables notées par le psychiatre, ce qui est loin
d'être acceptable!
Sur une population normale, la méthode d'appariement permet
de confronter le profil caractériologique donné par le test avec le
profil établi sur la base du comportement dans la vie. Parfois le
sujet se juge lui-même, d'autres fois, il est jugé par son entourage.
Mais Weinland recommande une attitude circonspecte dans l'usage
de telles données :
En effet, les corrélations sont faibles entre les traits estimés par
trois personnes et les mêmes traits mesurés par un inventaire de
personnalité (16). Comment s'étonner alors, avec des critères aussi
peu consistants, de voir des auteurs conclure qu'aucune des neuf
mesures du Work Preference Inventory n'est valide sur une popul
ation normale d'élèves de collèges (17)?
Et si, avec Benton (18) nous passons en revue quelques travaux
expérimentaux de validité du Rorschach, nous constaterons qu'on
n'a pu établir la de la description de la personnalité totale,
que les indicateurs d'anxiété donnent des résultats discordants et
que la notion de choc-couleur n'est pas validée.
Ce triste bilan semble imputable en majeure partie à l'emploi
des catégories nosologiques sur des individus normaux. On cherche
à trouver et on trouve chez le normal quelques-uns des couples
pathologiques, traits extrêmes, « anomalies » que tout individu
« doit » posséder en vertu d'une hypothèse parfaitement a priori,
comme si le normal n'existait pas! Sont réputés tels ou tels ceux
qui répondent au test de telle ou telle manière. C'est ainsi que sur
100 sujets mâles adultes normaux le test de Szondi décèle 77 %
d'homosexuels conscients et 78 % de catatoniques refoulés (19)!
On voit combien la pratique courante de la plupart des tests de
personnalité, dont certains même connaissent un succès considér
able, est construite sur des fondations extrêmement branlantes,
et l'on sent davantage la nécessité, par-delà le diagnostic verbal,
de recourir au contrôle expérimental, qui seul peut apporter l'amél
ioration, souhaitable des techniques d'exploration de la personnal
ité. Hors de ce cadre, le champ est libre à toutes les fantaisies.
E. Y.
100. — WIEGERSMA (S). — Een onderzoek naar de geldigheid
van de Szonditest voor de psychologische practijk (Examen de
la valeur du test de Szondi pour la pratique psychologique) . —
Nederl. T. PsychoL, 1950, 5, 108-125.
Ayant procédé à une application étendue et à une analyse sta
tistique rigoureuse du test de Szondi, l'auteur aboutit à des conclu
sions dont il ne cherche pas à tempérer la sévérité. En voici les-
sentiel.

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