Les Tests et leur emploi - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 800-817

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 800-817
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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2° Les Tests et leur emploi
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 800-817.
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2° Les Tests et leur emploi. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 800-817.
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régime spécial. Le travail du tisserand, du conducteur ou celui du
typographe demandent une tension nerveuse spéciale. Cette tension
est encore plus considérable dans la fabrication des lampes électriques.
Enfin, dernièrement, le laboratoire a commencé à étudier un
groupe de professions où il faut considérer non seulement le travail
en lui-même, mais le genre de vie de l'ouvrier. On est ainsi arrivé à
étudier la profession du pompier dont l'activité se limite à 1 h. 1/2
ou 2 heures de travail par jour. Ce fait d'une activité forcée avec
l'exigence d'être prêt en quelques secondes en cas d'alarme, crée une
nécessité de rationaliser le genre de vie durant les heures de service.
Ainsi, en dehors de l'étude des gestes professionnels par laquelle
le laboratoire a débuté, on s'est engagé dans deux directions nou
velles : celle d'une organisation rationnelle du travail différant avec
chaque profession, et celle du genre de vie qui change également
les professions. Avec ces trois genres de problèmes s'épuiserait la
tâche du psychotechnicien. L'enregistrement des épreuves se fait
différemment pour les trois genres de travaux. J. A.
2° Les Tests et leur emploi
1078. — Les Tests. — {Théorie et pratique) (en russe), sous la r
édaction de M. Bernstein, P. Blonski, M. Zaretzki, A. Smirnov
et A. Choubert. Publication non périodique, 1er fascicule.
Moscou, 1928.
Recueil publié par un groupe de psychologues et de pédagogues
qui s'intéressent aux tests comme méthode de recherche et d'exa
mens.
Dans un article servant d'introduction générale, Hellerstein
donne un aperçu de la « Méthode des tests et ses prémisses théoriques »
en s'inspirant des mises au point de William Stern.
A. Toltchinski résume les recherches faites sur près de 5.000 sujets
sur « Les tests collectifs des fonctions psychomotrices » dont les lec
teurs de Y Année ont eu la primeur (An. Ps., XXVII, p. 225).
N. Boukholtz relate « L'essai d'application de tests scolaires »,
dans les écoles de Moscou et de province. Une première tentative en
1926 s'inspirait presque complètement des méthodes de tests amér
icains. L'année suivante l'Institut pour l'Etude des méthodes péda
gogiques a essayé de mettre au point des tests mieux adaptés aux
besoins pédagogiques de l'U. R. S. S. Près de treize mille écoliers des
écoles du 1er degré ont été testés ce qui a donné déjà quelques résul
tats pratiques pour la répartition des écoliers dans les classes et pour
l'étude des différences entre les diverses écoles.
S. Rives a fait un très intéressant « Essai d'application des tests
d'instruction civique » dans les écoles de la Russie Blanche. Les ré
sultats ont montré, d'abord, l'influence de l'état social des parents
sur le rendement des enfants dans le test ; pour un même type d'école
et dans la même ville, les médians ont été les suivants : enfants de
paysans, 75 ; d'artisans, 75 ; d'ouvriers, 78,1 ; de travailleurs intellec- TESTS ET LEUR EMPLOI 801 LES
tuels, 78,4 ; de commerçants, 87,2. Il est assez curieux de signaler cette
supériorité des commerçants due, vraisemblablement, à la supériorité
des conditions matérielles qui semblent encore assez difficiles en
Russie, pour les autres catégories de travailleurs. Un autre fait à
signaler est la supériorité des enfants des petites villes sur ceux des
campagnes et ceux des grandes villes, fait d'autant plus curieux que
l'état social des enfants est nettement plus élevé dans les grandes
villes. R. pense que ce fait s'explique par les mauvaises conditions
scolaires dans les grandes villes où le même bâtiment abrite plusieurs
écoles et où, faute de locaux, on pratique le roulement. Enfin, dans
les écoles mixtes au point de vue national, les Juifs sont un peu supé
rieurs aux Blancs-Russiens, mais dans les écoles nationales juives, ils
sont, au contraire, inférieurs surtout dans les questions relatives à
l'histoire de la Russie Blanche. Les garçons sont légèrement supé
rieurs aux filles ; les premiers donnent 80, les seconds 78,4 points eh
moyenne.
M. Zaretzki a fait une application des tests de connaissances (ma
thématiques, physique, chimie, biologie, mécanique) pour l'a
dmission des apprentis aux écoles industrielles et a obtenu, à une
seconde application, après six mois d'apprentissage, des coefficients
de corrélation variant de 0,47 à 0,80, un progrès d'autant moindre
que le rendement initial a été élevé, et l'absence de corrélation entre
les progrès aux tests de connaissances et le classement par intell
igence générale d'après les tests de Rössolimo et une adaptation des
tests nationaux américains.
E. Gourianov donne un aperçu des tests américains employés
comme exercices scolaires, et A. Choubert une excellente revue
générale des tests d'instruction en France.
Un article sur les travaux en cours dans les diverses institutions
de Moscou et de Leningrad qui se consacrent à l'étude de l'enfant,
une note de M. Bernstein sur la « Méthode des Tests à la Conférence
Panunioniste pour l'Etude de l'Enfant », une autre de Kogan sur les
« Questions de pratique et de théorie des tests à la conférence panu
nioniste de psycho-physiologie du travail et de la sélection profes
sionnelle », et, enfin, celle de T. Ern qui rend compte de l'activité
de l'Association des testologues de Moscou, montre l'ampleur que
prennent, en Russie, les applications et les recherches relatives à la
méthode des tests. Dans leurs méthodes de travail les « testologues »
russes savent tirer parti de ce qui a été fait de mieux à l'étranger ; ils
s'inspirent de modèles américains pour l'importance numérique des
applications et l'étude statistique des résultats ; et des travaux all
emands, notamment de ceux de W. Stern, pour l'étude psychologique
des tests. D'ailleurs, sans rester de simples imitateurs, ils apportent
ici et là, et là plus qu'ici, des contributions originales de valeur.
D. W.
1079. — V. KOVARSKY. — La Mesure des capacités psychiques. La
Méthode du Profil Psychologique. — Gr. in-8° de 178 p. et 35
fig., Paris, Alcan, 1927. 25 francs.
Ecrites en russe, pour le plus grand nombre, ou en allemand, les
œuvres de Rossolimo, et l'exposé de sa méthode du profil psycholo-
l'année psychologique, xxvm. 51 802 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
gique, étaient jusqu'à présent assez peu accessibles aux psychologues--
de langue française. Il faut donc remercier Mme V. K. de l'excellente
idée qu'elle. a eu de faire un exposé complet de la méthode de Rosso
limo, dans lesquel elle suit très fidèlement la pensée de l'inventeur-
du Profil psychologique.
Cet ouvrage permettra désormais aux lecteurs de langue française
de connaître et partant d'apprécier cette méthode si féconde en
résultats importants. On retrouve dans le livre de K. la liste complète,
et elle est longue, de tous les tests qui doivent être employés pour
l'examen du profil psychologique.
De même la technique de Rossolimo est fidèlement reproduite,
en ce qui concerne l'établissement des notes, le calcul des valeurs
moyennes du profil, et en particulier celui du coefficient d'augment
ation rectificative, qui permet d'introduire les différentes épreuves
dans la note générale, avec un coefficient variable selon leur degré de
difficulté relative. De nombreuses figures, des graphiques, des repro
ductions de profils en nombre suffisant pour se rendre compte des
differences frappantes de types mentaux auxquelles on peut parvenir,
et enfin une assez bonne bibliographie, font de l'ouvrage de K. un
ensemble très complet sur la question, que tous les psychotechniciens
voudront voir placé dans leur bibliothèque. A l'exposé de la méthode
elle-même, l'auteur a eu l'excellente idée d'adjoindre sous forme
d'appendices, quelques articles ou résumés d'articles de Sourkoff,.
Prissmann et Giese, parus dans le recueil jubilaire de Rossolimo, et.
qui donnent des aperçus intéressants sur son œuvre psychologique.
On peut seulement reprocher à K. de n'avoir peut-être pas suffisam
ment développé la partie critique de son livre. Gomme toutes les
œuvres réellement novatrices, celle de Rossolimo présente un certain
nombre de défauts, dont quelques-uns assez graves, comme la lon
gueur de l'examen et l'imprécision relative, l'arbitraire même, de
certains éléments de sa notation à dix échelons. K. signale bien dans
une note de bas de page que Glaparède a présenté comme une amél
ioration possible, la par la méthode du centilage, mais
elle ne semble pas avoir entièrement saisi toute l'importance
de cette remarque, et l'augmentation considérable d'exactitude
et de précision, de commodité d'évaluation aussi, que subirait
le profil du fait de cette légère transformation. Mais ce sont là
questions secondaires et dans son ensemble, l'ouvrage de V. K.
vient bien à sa place, au moment où les méthodes d'appréciation
objective de l'intelligence se multipliant de plus en plus dans leurs
applications, il est indispensable au psychotechnicien de posséder
des outils de travail, commodes, précis, et bien conçus: M. F.
1080. — SIMONNE ROUX DE MONTLEBERT. — La détermi
nation des aptitudes par la méthode des tests. — In-8°del54
pages. Paris et Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1926.
L'auteur, médecin inspecteur des écoles, a établi une version
française des Army mental Tests, et en a fait l'essai personnel sur-
100 sujets (étudiants pour la plupart) avec une technique identique
à celle des épreuves américaines. Elle a, en outre, utilisé le principe-
de la méthode du profil de Rossolimo pour représenter graphique- .
LES TESTS ET LEUR EMPLOI 803
ment ses résultats. En utilisant des échelons (dont le nombre est égal
au maximum de points qui peuvent être obtenus dans chaque caté
gorie d'épreuves), en attribuant à la colonne du profil qui correspond
à chaque catégorie, une largeur proportionnelle à l'importance nu
mérique de la catégorie dans l'ensemble du Test, enfin en donnant
une place pour le centilage du sujet dans sa réussite totale, MUe R.
de M. a fait preuve de beaucoup d'ingéniosité. Elle a préparé des
transparents quadrillés applicables sur un modèle fixe des échelons
gradués, permettant de tracer rapidement le profil de chaque sujet.
Malheureusement les Army Mental Tests ne sont pas très satisfai
sants pour réaliser un profil vraiment utilisable. Mais le principe de la
méthode graphique personnelle de l'auteur est indépendant de la
modalité particulière d'application.
On trouvera, en outre, dans le livre, à côté d'une introduction
sur les tests qu'on peut laisser de côté, car Mlle R. de M. n'avait pas
uns connaissance générale de la question, un utile exposé pour le
public français de la méthode de TArmy Mental Test et des résultats
obtenus en Amérique.
Le petit nombre de sujets ne permet pas d'utiliser les
comparatifs obtenus sur des sujets français et américains. D'une
façon générale, il y a une supériorité des sujets français. Le médian
des étudiants représente 157 points, alors que le meilleur
d'une Université américaine est 150.
L'auteur remarque d'ailleurs avec raison que le test est trop facile
pour les étudiants ; il ne lui paraît pas non plus suffisamment carac
téristique au point de vue de l'intelligence. Enfin elle constate, grâce à
sa méthode des profils, de très grandes diversités d'aptitudes. « Dans
nos 100 profils, dit-elle, nous n'en avons pas trouvé deux qui se
ressemblent ».
Peu documentée, par son effort de réflexion personnelle, l'auteur
s'est montrée ingénieuse, d'esprit fin et judicieux. H. P.
1081. — G.-M. RUCH et G.-D. STODDARD. — Tests and Measu
rements in High School Instruction ( Tests et Mesures dans les écoles
supérieures). — In-12 de 381 p., Yonkers on Hudson, World
Book Company, 1927.
Cet ouvrage du professeur d'éducation de l'Université de Californie,
G.-M. Ruch, et du assistant de psychologie et d'éducation
d'Iowa, que j'ai eu le plaisir d'avoir comme élève de mon Laboratoire,
G.-D. Stoddard, représente un labeur considérable.
Après un exposé général sur l'emploi possible des tests dans les
écoles supérieures et les limitations de cet emploi, les auteurs four
nissent des indications précises sur une série de tests d'instruction,
avec leurs coefficients de cohérence (tests de mathématiques, de
physique, de chimie, de biologie, de langue et de grammaire anglaises,
de français, d'espagnol et de latin, d'études sociales), sur des tests
d'aptitude pour l'orientation (commerce, musique, habileté mécan
ique), sur des tests de compréhension et d'intelligence. Chaque cha
pitre comprend une précieuse bibliographie.
Après des données sur la technique d'emploi des tests et les résul
tats obtenus au cours d'une série de recherches, une dernière partie 804 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
est consacrée au problème capital de l'établissement des tests, de
l'épreuve de leur validité, de la constitution d'équivalents de substi
tution, de l'étalonnage, de la mesure de la cohérence.
C'est un livre très complet, intéressant et utile. H. P.
1082. — A. TOLTCHINSKY. — La Sélection professionnelle à l'Ins
titut du Travail de Moscou. — Bui. Of. Or. Pr., VII, 28, 1927,
p. 32-39.
Il ne faut négliger aucun des renseignements que l'on peut recueillir
sur l'activité psychotechnique de TU. R. S. S., qui semble bien être
l'un des pays employant dans la plus large mesure les méthodes d'or
ganisation scientifique du travail. Les trop brèves notes de T. nous
donnent quelques détails sur certains tests utilisés pour l'examen
des « Cours d'instructeurs de production » (?) à Moscou. Nous rele
vons, en particulier, les épreuves suivantes :
1. Attention : Test de barrage d'un type assez compliqué •:• Les
signes à examiner sont formés de deux cercles concentriques, ouverts
chacun sur un secteur différent. La consigne est par exemple :
barrer de gauche à droite la figure dont le cercle extérieur est ouvert
en bas et le cercle intérieur ouvert en haut, de droite à gauche une
figure offrant une aulre disposition.
2. Précision de l'œil : a) Classement de petits cubes dont la hauteur
diffère de 2 millimètres ; b) Faire correspondre à des lignes droites
distribuées en un tableau de façon quelconque et avec des inclinai
sons différentes (ce qui semble une innovation intéressante), une
série de lignes droites rangées en haut de la feuille en un ordre gra
duellement décroissant.
3. Coordination oculo-musculaire (visée) : Enfoncer d'un coup la
pointe fixée à un marteau d'ajusteur dans l'intersection de deux
lignes perpendiculaires.
4. Adresse et Stabilité : Trémomètre.
5. Aptitude à la combinaison : remplir les interstices de formes
variées avec des morceaux fournis (il faut tantôt 1, 2, ou 3 morceaux
pour remplir un seul interstice).
Les indications sur le mode de notation sont malheureusement
très insuffisantes quand elles ne sont pas incompréhensibles. D'après
les expériences de l'auteur l'étalonnage de ce test aurait donné les
normes suivantes :
Attention 36-57 % de la réussite parfaite
Précision de l'œil 50-75 % » » »
Visée . 48-69 % » » »
Adresse 60-74% » » »
Stabilité «0-79 % » » »
Combinaisons 20-60 % » » »
II y aurait donc une marge possible de différenciation assez étendue,
et le plafond du test ne risquerait jamais d'être atteint.
Les résultats à l'entrée et à la sortie du 'Cours d'instructeur de
production, montrent un progrès assez constant dans le résultat des
tests. Il s'agit donc d'aptitudes perfectibles par l'apprentissage.
M. F. LES TESTS ET LEUR EMPLOI 805
1083. — D. GRAUER et W. ROOT. — The Thorndike Intell
igence Testsand Academic Grades (Les tests d'intelligence de Thorn
dike et les grades académiques). — J. of app. Ps., XI, 4, 1927, p.
297-318.
Chez 569 étudiants ayant subi les tests de Thorndike lors de leur
entrée à l'Université de Pittsburgh, les tests ont donné une corréla
tion de 0,51 avec le rendement scolaire du premier semestre ; de 0,39
avec les notes de deuxième année.
Sur 50 étudiants qui ont échoué dans leurs études, 12, soit 24 %,
seraient éliminés par les tests (résultat inférieur à 50 points) ; 22 %
ont donné aux tests des résultats entre 50 et 60 points ; 12 % entre
60 et 70 ; 36 % entre 70 et 85 ; 6 % entre 85 et 95 ; aucun n'a donné
de résultat supérieur à 95, ce qui équivaudrait, d'après Thorndike,
au grade A.
En comparant cette distribution à celle qui se trouve dans le
groupe entier de 569 étudiants et considérée momentanément comme
normale, il apparaît que pour le groupe de ceux qui ont de très mauv
ais résultats dans les tests « 50), l'élimination par les tests per
mettrait de dépister 13 % de plus d'inaptes que si le hasard seul avait
opéré (corrélation d'environ 0,50).
L'élimination de ceux qui donnent moins de 50 points dans le test
n'est donc légitime qu'en partie, car le nombre de désaccords reste
trop élevé.
De ces chiffres et de quelques observations de cas individuels, les
auteurs concluent qu'un résultat élevé dans le test de Thorndike
n'implique pas nécessairement, ni même habituellement, un rende
ment scolaire supérieur, une grande intelligence sociale, ou des inté
rêts intellectuels très prononcés ; de même qu'un résultat moyen ou
médiocre dans les tests de Thorndike n'implique pas un rendement
scolaire, une intellectualité ou une intelligence sociale moyens ou
médiocres.
Toutefois, les tests de Thorndike seraient fort utiles pour l'étude
des cas individuels, car ils permettent d'isoler et de mesurer un aspect
d'intelligence qui est d'une importance capitale pour le rendement
scolaire.
Pour apprécier d'une façon exacte l'intelligence de l'étudiant il
faut compléter les tests de Thorndike par des tests individuels, des
questionnaires et des enquêtes. D. W.
1084. — W. RADECKI. — Ua test d'intelligence pour adultes. —
J. de Ps., XXIV, 9, 1927, p. 831-850.
Tandis que la psychotechnique dispose d'une quantité considérable
de tests relativement faciles, on n'en possède guère de plus difficiles,
adaptables aux personnes adultes et intelligentes. R. en propose un,
fondé sur le rapport de la discrimination aux fonctions intellectuelles
plus compliquées. On présente au sujet un groupe de 2, 3 ou 4 mots
dépourvus de relation objective ; il doit réagir en énonçant une r
eprésentation possédant une relation avec chacun des mots en parti
culier, et ensuite expliquer quelles sont ces relations. Les caractères
des réactions permettent une classification qualitative, qu'une éva
luation numérique, forcément conventionnelle, permet de transformer 806 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
en mesure de degré. R. distingue de la sorte, en première approximat
ion, six catégories qualitatives et dix classes quantitatives.
G.-H. L.
1085. — CM. DAVEY. — A comparison of group verbal and picto
rial tests of intelligence {Comparaison de tests collectifs d'intelli
gence, verbaux et imagés). — Br. J. of Ps., XVII, 1, 1926, p. 27-48.
On a fait cette objection aux tests verbaux (par exemple Terman),
que leur résultat dépend principalement du facteur langage et que
par suite, ils ne sont pas valables pour mesurer « l'intelligence ».
Thorndike a soutenu que l'aptitude mesurée par les tests verbaux
n'est pas la même que celle mesurée par les tests non-verbaux.
D'autres, au contraire, maintiennent avec Spearman que les uns et
les autres mesurent le facteur général « g », sous-jacent à toute opé
ration intellectuelle.
Pour trancher le débat, D. a comparé les résultats fournis par des
tests verbaux et des séries d'images permettant des épreuves du
même genre : analogies, séquences, complètement, questions, enu
merations. Certains de ces derniers tests comportaient du reste une
partie parlée.
Les conclusions de l'auteur sont favorables à la thèse de Spearman.
Il est légitime d'employer les tests non-verbaux quand le sujet ne
connaît pas bien la langue, mais il est faux de prétendre que ce genre
de tests donne une mesure plus exacte de l'intelligence les tests
verbaux. La comparaison des résultats, par les méthodes statistiques
habituelles, montre qu'il n'existe aucun « facteur » langage qui puisse
être mis en évidence. La corrélation des deux séries de tests est très
élevée.
Pour les tests d'images, on remarque que la principale source
d'erreur est la difficulté à trouver des relations et la tendance à
choisir, au lieu du terme corrélatif, celui qui est associé à l'image la
plus intéressante pour le sujet. La ressemblance entre les caractères
de l'image est plus difficile à apercevoir que la ressemblance entre les
images elles-mêmes. La relation de est aperçue à un
âge plus précoce que la causale. G. P.
1086. — F.-L. GOODENOUGH. — A new approach to the mea
surement oî the intelligence of young children (Nouvelle méthode
pour la mesure de V chez les jeunes enfants).- — Ped. Sem.,
XXXIII, 2, 1926, p. 185-211,
L'auteur s'est proposé d'étudier les facteurs intellectuels révélés
par le dessin spontané chez l'enfant et d'établir une échelle devant
servir à leur mesure. Le dessin choisi pour l'étalonnage était celui
d'un bonhomme. Après application du test à plusieurs milliers d'en
fants et remaniements successifs des modes de notation, l'auteur, se
basant principalement sur l'observation des différences d'âge en âge
ou de groupe en groupe, sur la description et la définition objective
de ces différences et sur la confirmation statistique de ses observat
ions, a abouti à une échelle de 21 points.
La corrélation avec le test de Binet-Stanford, calculée pour
334 enfants de 4 à 10 ans, a été de + 0,741 dr 0,016. Les corrélations LES TESTS ET LEUR .EMPLOI 807
•avec d'autres tests d'intelligence sont significatives elles aussi. En
appliquant la méthode des corrélations partielles (Armée, Trabue,
.jugement des professeurs, prédiction scolaire), l'auteur a pu établir
d'autre part que le test contenait du point de vue de la prédiction du
succès scolaire des éléments significatifs propres. Combiné avec le test
de complètement de Trabue, il acquerrait une très grande valeur
pronostique.
Pour une description détaillée du test et de son mode d'applicat
ion, G. renvoie le lecteur à son livre : « The measurement of in
telligence by drawing », World Book C°, N. Y., 1926. A. B.-F.
1087. — K. BANHAM. — Critical notes on mental tests for chil
dren of preschool age (Notes critiques sur les tests mentaux pour en
fants à Vâge pré-scolaire). — Ped. Sem., XXXIV, 1,1927, p. 38-44.
Critique des tests employés à la mesure de l'intelligence chez les
tout jeunes enfants. De l'avis de l'auteur qui les a appliqués à de
nombreux sujets, ces tests (Kuhlmann-Binet, Stutsman, Gesell) ne
conviennent pas à l'étude des enfants âgés de moins de quatre ans
et demi. Tels qu'ils sont appliqués actuellement ils entraînent, d'une
façon générale, des troubles émotionnels capables d'entraver l'exer
cice des capacités motrices et intellectuelles. A. B-.F.
1038. — K. BÖGE. — Eine Untersuchung über praktische Intel
ligenz (Une recherche sur V 'intelligence pratique). — Z. f. ang. Ps.,
XVIII, 1-2, 1927, p. 85-138.
Application à 180 enfants de 8 à 14 ans et à quelques adultes des
■épreuves d'intelligence pratique dans le but de mieux pénétrer le
mécanisme de cette fonction.
Des trois tests employés l'un, épreuve de Heider, consiste à dégager
une pièce de bois glissant dans les rainures d'une planchette et ne
pouvant être enlevée qu'après déplacement convenable des autres
pièces du dispositif qui en empêchent le mouvement. On note le temps
et le nombre de mouvements. Dans l'autre test imaginé par l'auteur,
il s'agit de loger dans une boîte des morceaux rectangulaires de diffé
rentes dimensions en utilisant le moins de place possible ; on tient
compte de la surface laissée libre. Le troisième test est une sorte de
labyrinthe qui figure des rails ; il s'agit d'indiquer les déplacements
de 6 trains, de manière à atteindre les dépôts par le chemin le plus
économique ; on tient compte du nombre de déplacements et du
nombre de fois où la direction du mouvement a été changée.
Le progrès est le plus marqué entre 9 et 10 ans pour le premier et
le troisième test ; entre 8 et 9 pour le test d'empaquetage. Au delà
de 10 ans le test de Heider semble trop facile ; dans les autres, le
progrès semble continuer, mais irrégulièrement, jusqu'à 14 ans.
B. s'attache surtout à l'analyse psychologique des tests. En voici
le résumé pour l'épreuve de Heider.
Les échecs peuvent, chez les plus jeunes enfants, être dus à des
causes différentes : 1° L'enfant ne se rend pas compte de l'obstacle
qui empêche le mouvement de la pièce bloquée et tiraille celle-ci
inutilement ; 2° L'obstacle le plus proche est reconnu mais la manière
de l'écarter est incorrecte ; 3° Le but principal (dégagement de la 808 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pièce indiquée) est oublié pendant que l'enfant s'attarde aux autres
pièces dont le déplacement ne devrait être que le moyen mais non la
fin ; 4° Le cas contraire se produit lorsque, de peur de ne pas aboutir,
l'enfant ne termine pas la série de déplacements des pièces secondaires •
et retourne constamment à la pièce principale.
Des réflexions générales conduisent à une double classification des
activités d'intelligence pratique : élémentaire-fonctionnelle (chaque
élément en variant modifie ou ne modifie pas la position ou le rôle des
autres éléments) ; analytique-synthétique. Le test de Heider
ferait appel à la fonction analytique ; les deux autres tests étant
synthétiques. Dans le test d'empaquetage les rapports des parties
sont élémentaires ; dans les deux autres ils sont fonctionnels.
Dans l'ensemble, l'intelligence pratique serait caractérisée par les
traits suivants : 1° La tâche est concrète : elle s'adresse à la fois aux
yeux et à la main ; 2° L'attention est distribuée ; 3° La pensée n'est
pas formulée, la solution semble venir « instinctivement » ; 4° La
conscience de l'ensemble de la tâche est le caractère le plus impor
tant ; il s'agit de ne jamais perdre dé vue l'ensemble de la situation,
savoir abandonner au moment utile, toute règle partielle.
A cette « conscience du tout » dans les problèmes d'ordre pratique
s'oppose la « de la règle » dans les tâches théoriques.
D. W.
1089. — L. POULL. — Clinical Value of the Rhode Island Intel
ligence Test and the Town Picture Game ( Valeur clinique du test
d'intelligence de Rhode Island et du jeu de Town Picture). — J. of
appl. Ps., XI, 1, 1927 , p. 68-72.
Le premier test a donné sur 100 enfants arriérés une corrélation
de 0,56, le second, chez les arriérés également, 0,74 avec l'âge mental
d'après Stanford-Binet. D. W.
1090. — E.-A. ALLEN. — Temperamental Tests (Tests de tempé
rament). — Br. J. of Med. Ps., VII, 4, 1927, p. 391-446.
Ce copieux article — extrait de la thèse qui a fait obtenir à l'auteur
son Ph. D. à l'Université de Londres — se préoccupe une fois de plus
de l'étude expérimentale du caractère et du tempérament.
Le premier test utilisé a été un test de réaction à des listes de mots
(méthode de H. -T. Moore, publiée dans Y Am. J. of Ps., XXVII,
p. 227-233). Ces 118 mots, dont les 11 premiers sont dits indifférents,
afin de déterminer le temps moyen de la réaction associative du sujet,
et dont les autres correspondent à une série de traits de caractère
(instinct de possession, de travail, sexuel, etc.) constituent autant
de stimuli auxquels les sujets doivent répondre par le premier mot
leur venant à l'esprit, la réaction devant être notée par eux-mêmes
de 1 à 5 suivant le degré d'intérêt ou d'émotion suscité en eux.
Le second test utilisé était le test X-0 de Pressey (J. of Ahn. Ps.t
XVI, 1921, p. 55-64), avec quelques modifications de détail. Enfin le
sujet emportait chez lui, pour y répondre à loisir, un long question
naire (élaboré par Flügel et dont l'auteur nous communique le détail)
comprenant un certain nombre d'interrogations, groupées sous diff
érentes rubriques (nourriture, intérêts matériels, travail, sexe, per

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