Lésion cérébrale et perception de visages flous : différences hémisphériques - article ; n°2 ; vol.80, pg 379-390

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L'année psychologique - Année 1980 - Volume 80 - Numéro 2 - Pages 379-390
Summary
40 right-handed brain-damaged subjects (20 left and 20 right lesions ; 8 patients with a visitai field defect in each group) were submitted to a matching task of unfamiliar faces under varions levels of photographie focus. Results indicate that right-damaged subjects, particularly with a visual field defect, produce the lowest performances. Neverthe-less, this defect appears only if the stimuli are not too unfocused. Our data thus agree with the literature, in indicating that posterior right cerebral structures are sensitive to face perception only when the stimuli are delivered with their properties found in everday life : right-side-up and clear.
Résumé
Un ensemble de 40 sujets droitiers avec lésion cérébrale unilatérale (20 lésions gauches et 20 lésions droites, dont 8 avec déficit du champ visuel dans chaque groupe) est soumis à une tâche d'appariement de visages inconnus sous différentes conditions de netteté photographique. Les résultats indiquent une faiblesse significative des patients avec lésion droite, en particulier postérieure (atteinte du champ visuel), mais seulement si la netteté photographique des stimuli est suffisamment conservée. Ces données rejoignent les observations de la littérature en montrant que la sensibilité de l'hémisphère cérébral postérieur droit dans la perception de visages n'est valable que pour les visages en situation habituelle (à l'endroit ou nets sur le plan photographique).
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1980
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Raymond Bruyer
Lésion cérébrale et perception de visages flous : différences
hémisphériques
In: L'année psychologique. 1980 vol. 80, n°2. pp. 379-390.
Abstract
Summary
40 right-handed brain-damaged subjects (20 left and 20 right lesions ; 8 patients with a visitai field defect in each group) were
submitted to a matching task of unfamiliar faces under varions levels of photographie focus. Results indicate that right-damaged
subjects, particularly with a visual field defect, produce the lowest performances. Neverthe-less, this defect appears only if the
stimuli are not too unfocused. Our data thus agree with the literature, in indicating that posterior right cerebral structures are
sensitive to face perception only when the stimuli are delivered with their properties found in everday life : right-side-up and clear.
Résumé
Un ensemble de 40 sujets droitiers avec lésion cérébrale unilatérale (20 lésions gauches et 20 lésions droites, dont 8 avec déficit
du champ visuel dans chaque groupe) est soumis à une tâche d'appariement de visages inconnus sous différentes conditions de
netteté photographique. Les résultats indiquent une faiblesse significative des patients avec lésion droite, en particulier
postérieure (atteinte du champ visuel), mais seulement si la netteté photographique des stimuli est suffisamment conservée. Ces
données rejoignent les observations de la littérature en montrant que la sensibilité de l'hémisphère cérébral postérieur droit dans
la perception de visages n'est valable que pour les visages en situation habituelle (à l'endroit ou nets sur le plan photographique).
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Bruyer Raymond. Lésion cérébrale et perception de visages flous : différences hémisphériques. In: L'année psychologique.
1980 vol. 80, n°2. pp. 379-390.
doi : 10.3406/psy.1980.28328
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1980_num_80_2_28328L'Année Psychologique, 1980, 80, 379-390
Université de Louvain, Faculté de Médecine,
unité de physiopathologie du système nerveux
(Pr. M. Meulders et E. C. Laterre)
LÉSION CÉRÉBRALE
ET PERCEPTION DE VISAGES FLOUS :
DIFFÉRENCES HÉMISPHÉRIQUES
par Raymond Bruyer1
SUMMARY
40 right-handed brain-damaged subjects (20 left and 20 right lesions ;
8 patients with a visual field defect in each group) -were submitted to
a matching task of unfamiliar faces under various levels of photographic
focus. Results indicate that right-damaged subjects, particularly
with a visual field defect, produce the lowest performances. Neverthel
ess, this defect appears only if the stimuli are not too unfocused. Our
data thus agree with the literature, in indicating that posterior right
cerebral structures are sensitive to face perception only when the stimuli
are delivered with their properties found in everday life : right-side-up
and clear.
INTRODUCTION
Les études de psychologie expérimentale sur la reconnais
sance visuelle du visage humain sont particulièrement
nombreuses. Quelques-unes d'entre elles, ainsi que les
recherches ou observations cliniques en neuropsychologie,
tendent à indiquer une supériorité du cortex cérébral droit
1. Université de Louvain, Cliniques Saint-Luc, Neurologie, avenue Hippocrate,
10, B-1200 Bruxelles (Belgique). 380 R. Bruyer
dans le traitement de ce type de matériel (pour une revue,
voir Bruyer 1979 et 1980 (c) ).
Une procédure fréquemment utilisée consiste à présenter
des visages modifiés. Trois classes non exclusives de modif
ications peuvent être dissociées. D'une part, le nombre
d'éléments présentés est anormal : visages moins complets
que le visage réel par l'usage de dessins au trait (Tversky
et Krantz, 1969 ; Tzavaras et al., 1970 et 1971 ; Patterson et
Bradshaw, 1975; Bruyer, 1980 (a); Bruyer et Velge, 1980),
la présentation de parties de visages (Goldstein et Mackenberg,
1966 ; De Renzi et al., 1968 ; Fischer et Cox, 1975 ; Finlay et
French, 1978; Landis et al., 1979; Phillips, 1979) ou la
présentation de visages dont une partie est manquante
(Bruyer, 1980 (b), ou plus que complets par adjonction
de paraphernaux (Diamond et Carey, 1977 ; Dricker et al.,
1978), d'une expression émotionnelle (Suberi et McKeever,
1977 ; Landis et al., 1979 ; Ley et Bryden, 1979) ou d'accessoires
faciaux (Tzavaras et al., 1970 et 1971 ; Patterson et Baddeley,
1977).
Une seconde procédure consiste à présenter des visages
complets mais d'une manière perceptivement inhabituelle
(voir également Rosenfeld et Van Hoesen, 1979) : à l'envers
(Brooks et Goldstein, 1963 ; Goldstein, 1965 ; Hochberg et
Galper, 1967 ; Yin, 1969 et 1970 ; Scapinello et Yarmey, 1970 ;
Rock, 1974 ; Ellis et Shepherd, 1975 ; Leehey et al., 1978 ;
Rapaczynski et Ehrlichman, 1979), en négatif (Galper, 1970 ;
Bradshaw et Wallace, 1971 ; Phillips, 1972), à contraste
excessif (Newcombe et Rüssel, 1969 ; Phillips, 1972), recons
truits par ordinateur (Harmon, 1973), masqués par un bruit
visuel (Harmon, 1973 ; Tieger et Ganz, 1979) ou dont les
éléments n'occupent pas leur position habituelle (Fantz, 1961 ;
Kagan et al., 1966 ; Haaf et Bell, 1967). Ces diverses manipul
ations donnent généralement lieu à un accroissement de
difficulté de reconnaissance et Bradshaw et Wallace (1971)
considèrent qu'elles provoquent un traitement sériel des traits
faciaux alors qu'un visage en position habituelle peut être
analysé sous le mode parallèle, plus économique.
Une troisième technique consiste à créer des visages
chimériques par adjonction artificielle de deux hémifaces ;
on peut distinguer les chimères symétriques (Wolff, 1933 ;
McCurdy, 1949 ; Gilbert et Bakan, 1973 ; Oltman et al., 1977 ; Lésion cérébrale et perception de visages flous 381
Campbell, 1978; Lawson, 1978; Sackeim et Gur, 1978) ou
non symétriques (Lévy et al., 1972 ; Campbell, 1978).
Dans la présente recherche, nous allons appliquer, à des
sujets porteurs de lésions cérébrales unilatérales, une variante
de la technique utilisée par Harmon (1973) chez des sujets
normaux : la présentation de photos de visages dont la
netteté photographique est une variable manipulée. Les
travaux de Yin (1969 et 1970) ont montré que si les sujets
avec atteinte droite postérieure présentaient des difficultés
à reconnaître des visages, ce déficit n'était pas observé pour
des visages présentés à l'envers : au contraire, pour ces
sujets, le visage à l'endroit est difficile mais, à l'envers, il
tend plutôt à devenir plus facile à reconnaître que chez
les autres sujets. Les études de Leehey et al. (1978) ou
Rapaczynski et Ehrlichman (1979), mais non celle de Ellis
et Sheperd (1975), vérifient cette dissociation chez des sujets
normaux. On pourrait donc penser, si la variable pertinente
en cause est le caractère familier ou non du mode de
présentation, que les sujets avec lésion droite seront
déficitaires dans notre étude mais de manière moins marquée
à mesure que la netteté de la photo diminue.
MÉTHODE
POPULATION
L'épreuve est administrée individuellement à 40 sujets adultes
droitiers francophones porteurs d'une lésion corticale focale unilatérale
(définie sur la base des données neurologiques, neuro-radiologiques,
électroencéphalographiques et/ou neurochirurgicales) et sans signe
de détérioration générale. Tous les sujets ont par ailleurs subi un
examen neuropsychologique complet ; ils présentent une acuité visuelle
suffisante, éventuellement avec des verres correcteurs (au moins 16/20
au total des deux yeux), et une bonne compréhension des consignes.
Ces 40 patients composent deux groupes de 20 sujets porteurs respect
ivement d'une lésion gauche ou droite. Le tableau I présente les
caractéristiques des groupes. Les comparaisons d'âge (t de Student),
sexe, niveau de scolarité, étiologie et nombre de sujets avec atteinte
du champ visuel (chi carré) sont effectuées pour les paires de groupes
suivantes : lésions gauches (G) - droites (D), hémianopsies (H) - pas
d'hémianopsie (nH), GH-DH, GnH-DnH, GH-GnH et DH-DnH. Il apparaît
uniquement un effet de la fréquence des etiologies dans la comparaison 382 R. B rayer
G-D : les atteintes vasculaires prédominent dans les deux cas, mais les
lésions tumorales sont pratiquement aussi fréquentes chez les sujets
avec atteinte droite (p ^ 0.025).
Tableau I. — Caractéristiques des sujets
LESIONS LESIONS
GAUCHES DROITES
NOMBRE DE SUJETS : 20 20
SEXE (nombre de femmes) : 9 7
AGE MOYEN ET ECART-TYPE : 53.5 (15.2) 60 (14.8)
AGE A LA FIN DES ETUDES
(Nombre de sujets) :
— inférieur à 14 ans : 3 3
— entre 14 et 18 ans : 14 11
— supérieur à 18 ans : 3 6
ETIOLOGIE
(Nombre de sujets) :
— vasculaire : 10 16
— tumorale : 1 9
— autre : 3 1
NOMBRE DE SUJETS AVEC
ATTEINTE DU CHAMP VISUEL
STIMULUS
Neuf personnages dont cinq femmes, ne présentant pas d'éléments
faciaux particuliers et sans accessoires tels que des lunettes, une
moustache, etc. ont été photographiés de face. Ils n'émettent pas
d'expression faciale spécifique, la bouche est fermée et le regard dirigé
vers l'appareil de photographie. Seuls les traits faciaux sont visibles,
les personnages étant revêtus d'une cagoule. Pour chaque personnage,
on développe six photos de taille égale (6x9 cm) mais dont la
netteté varie de la mise au point parfaite à un niveau de flou important, Lésion cérébrale et perception de visages flous 383
en une échelle arbitraire à six niveaux (voir la figure 1). On construit
ainsi six planches de 3 x 3 visages disposés chaque fois différemment ;
à chaque planche correspond un niveau de netteté.
Fig. 1. — Exemple, pour un des personnages photographiés, des six niveaux
de netteté (format réel par photo : 6 x 9 cm).
PROCÉDURE
Huit photos nettes (quatre hommes et quatre femmes) choisies
parmi les neuf initiales constituent les modèles. Chacun sera présenté
avec chacune des planches de neuf visages. La tâche du sujet est de
désigner sur la planche le visage qui est également le modèle. Aucun
délai n'est imposé et on enregistre le choix effectué, sans commentaire.
L'épreuve comprend donc 48 items (8 modèles x 6 planches) administ
rés dans un ordre constant pour tous les sujets et quasi-aléatoire. Les
restrictions sont au nombre de deux : les huit modèles sont présentés
à six reprises dans le même ordre et une planche donnée est toujours
associée à deux modèles successifs. 384 R. Bruyer
RÉSULTATS
Le tableau II présente, en nombre de réponses correctes,
les résultats moyens obtenus. Ces données ont fait l'objet
de deux séries d'analyses.
Tableau IL — Nombre moyen de réponses correctes
par groupe et niveau de netteté
Lésions Lésions
Gauches Droites
atteinte du champ : OUI NON OUI NON
(n = 8) (n = 12) (n = 8) (n = 12)
niveaux de netteté :
1 6.38 7.83 5.38 5.75
2 6.13 7.33 4.63 5.50
3 5.25 6.33 4.25 3.83
4 3.50 4.25 3.63 3.08
5 2.13 2.50 2.38 2.08
6 0.38 1.25 0.88 0.83
Le niveau 1 correspond aux photos tout à fait nettes, le niveau 6 aux photos
les plus floues.
Le score maximal possible est de 8 dans chaque cas ; niveau du hasard : 0.9.
1) ÉTUDE DES SCORES
Les résultats du tableau II sont étudiés dans une analyse
de la variance 6x2x2 ; les trois critères sont le niveau de
netteté, la latéralisation lésionnelle et la présence ou non
d'une atteinte du champ visuel. (Par sujet et niveau de netteté,
le niveau du hasard correspond à un score de 0,9 sur 8.)
Chacun des trois facteurs principaux exerce un effet signifi
catif sur les performances. Le niveau de flou (F = 93,71 ;
dl = 5,216 ; p < 0.0005) est directement corrélé à une baisse
de performance : une différence significative (Newman - Lésion cérébrale et perception de visages flous 385
Keuls, Seuil 0.01) existe entre tous les niveaux à l'exception
des deux premiers et ces six niveaux se rangent, en ordre
décroissant de réponses correctes, en : 1, 2, 3, 4, 5, 6. La
latéralisation lésionnelle (F = 30.7 ; dl = 1,216 ; p < 0.0005)
indique une performance plus faible chez les sujets avec
lésion droite (moyenne : 3.52 sur 8) que gauche (4.53). La
présence d'une atteinte du champ visuel (F = 6.45 ; dl =
1,216 ; p = 0.025) exerce également un effet défavorable sur
la performance (moyennes : 4.22 et 3.74). Deux interactions
doubles sont également significatives. L'effet netteté x
latéralisation (F = 3.44 ; dl = 5,216 ; p = 0.01) révèle :
1° que l'ordre des nettetés est respecté (ci-dessus),
2° que, pour chaque niveau de flou 4, 5 ou 6, les sujets avec
atteinte gauche ont une performance supérieure aux autres,
mais que :
3° pour les 3 niveaux supérieurs de netteté (1, 2, 3) les sujets
avec atteinte gauche sont supérieures, en termes de
réponses correctes.
On peut résumer comme suit cette interaction, où la lettre
désigne la latéralisation lésionnelle, le chiffre de degré de flou
et l'égalité - inégalité la comparaison multiple de moyennes
(Newman-Keuls, Seuil 0.01) :
Gl > G2 > G3 = Dl > D2 > D3 = G4 > D4 > G5 =
D5 > G6 = D6.
Enfin, l'interaction latéralisation x atteinte du champ
visuel (F = 6.64 ; dl = 1,216 ; p = 0.025) révèle que la
supériorité des sujets sans atteinte du champ n'est valable
que pour les atteintes gauches et que seuls les sujets avec
lésion gauche et sans atteinte sont supérieurs aux autres
groupes, qui ne diffèrent pas les uns des autres (Newman-
Keuls adapté par Kramer, Seuil 0.01). L'ordre décroissant
des performances est : lésions gauches sans atteinte du
champ (4.92) > lésions gauches avec atteinte (3.96) = lésions
droites avec atteinte (3.52) = lésions droites sans atteinte
du champ (3.51). L'interaction netteté x état du champ et
l'interaction triple ne sont pas significatives (F < 1).
2) ETUDE DU SEUIL DE RECONNAISSANCE
En déterminant arbitrairement un score limite de 5 sur 8
par niveau de netteté et sujet, nous calculons dans chaque Lésion cérébrale et perception de visages flous 387
cette asymétrie n'est vérifiée que pour les trois niveaux
supérieurs de netteté et est principalement imputable aux
patients sans atteinte du champ visuel. On note par ailleurs
une différence, au niveau 4 de flou, entre les sujets avec
atteinte gauche selon qu'ils souffrent ou non d'une atteinte
du champ, au détriment des premiers.
Dans un second temps, nous cumulons les scores des
sujets d'un même groupe et déterminons arbitrairement un
seuil critique de 60 % de réponses correctes par groupe et
niveau de netteté. Nous recherchons ensuite le niveau de
netteté à partir duquel un groupe donné présente une perfor
mance supérieure au seuil. Il apparaît que la performance
devient inférieure au seuil dès le quatrième niveau de netteté
pour les sujets avec atteinte gauche ou sans atteinte du
champ, ainsi que les deux sous-groupes de lésions gauches
(avec ou sans atteinte du champ visuel) ; cette limite se
situe cependant dès le troisième niveau pour les sujets avec
atteinte droite, atteinte du champ visuel ou lésion droite
sans atteinte du champ ; enfin, le groupe le plus fragile est
formé des sujets qui présentent à la fois une atteinte du
champ et une lésion droite (inférieurs au seuil dès le
deuxième degré de flou).
DISCUSSION
Deux éléments importants paraissent ressortir de cette
étude. D'une part, nous confirmons la plupart des travaux
menés chez les sujets cérébrolésés qui indiquent une fragilité
plus marquée des patients avec lésion droite et/ou postérieure
dans l'analyse visuelle de visages, en particulier si ces deux
conditions pathologiques sont simultanées (lésions postérieur
es droites).
D'autre part, les analyses montrent que cette fragilité ne
se marque que pour les stimulus présentés avec suffisamment
de netteté photographique ; l'absence de différence pour les
niveaux élevés de flous ne peut en outre s'expliquer par une
performance qui serait du niveau du hasard.
Nos résultats rejoignent donc l'hypothèse initiale et
tendent à indiquer que les structures hémisphériques posté
rieures droites sont particulièrement sensibles aux visages

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