Localisations et critères d'orientation chez des enfants de 4 et 5 ans - article ; n°2 ; vol.81, pg 347-367

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L'année psychologique - Année 1981 - Volume 81 - Numéro 2 - Pages 347-367
Résumé
Cette recherche étudie, chez des enfants de 4 et 5 ans (N = 2x 64), les relations entre les localisations homologues et en miroir produites dans une tâche de localisation et les critères d'orientation utilisés dans une tâche de placement. Dans les deux tâches, on présente à l'enfant deux matrices carrées (7 x 7 ) identiques. La tâche de localisation consiste à identifier, dans la matrice copie, la même place que celle occupée par un élément dans la matrice modèle. La tâche de placement consiste à poser un objet « devant, derrière, à gauche, à droite » de ces mêmes matrices. Les résultats montrent que les enfants qui adoptent des critères d'orientation différents pour chaque matrice effectuent plus de localisations en miroir que ceux qui adoptent des critères d'orientation identiques. En outre, la précision métrique des localisations observées est plus liée à l'âge des enfants qu'à leur critère d'orientation.
Summary
The present study investigates, in 4 and 5 year-old children (N = 2 X 64), the relations between homologous and mirror localizations performed in a localization task and the orientation criteria used in a placement task. In both tasks, the child is provided with two identical 7x7 square grids. In the localization task, he has to indicate in the copy grid, which location is the same as a specified location in the model grid. The placement task requires the subject to put an object « in front of, behind, on the left, on the right of » the same grids. The results show that the children who use different orientation criteria for each grid perform more mirror localizations than those who use identical orientation criteria. Furthermore, the metric accuracy of localizations is more clearly related to the children's age than to their orientation criteria.
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1981
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J.-C. Lepecq
Localisations et critères d'orientation chez des enfants de 4 et 5
ans
In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°2. pp. 347-367.
Résumé
Cette recherche étudie, chez des enfants de 4 et 5 ans (N = 2x 64), les relations entre les localisations homologues et en miroir
produites dans une tâche de localisation et les critères d'orientation utilisés dans une tâche de placement. Dans les deux tâches,
on présente à l'enfant deux matrices carrées (7 x 7 ) identiques. La tâche de localisation consiste à identifier, dans la matrice
copie, la même place que celle occupée par un élément dans la matrice modèle. La tâche de placement consiste à poser un
objet « devant, derrière, à gauche, à droite » de ces mêmes matrices. Les résultats montrent que les enfants qui adoptent des
critères d'orientation différents pour chaque matrice effectuent plus de localisations en miroir que ceux qui adoptent des critères
d'orientation identiques. En outre, la précision métrique des localisations observées est plus liée à l'âge des enfants qu'à leur
critère d'orientation.
Abstract
Summary
The present study investigates, in 4 and 5 year-old children (N = 2 X 64), the relations between homologous and mirror
localizations performed in a localization task and the orientation criteria used in a placement task. In both tasks, the child is
provided with two identical 7x7 square grids. In the localization task, he has to indicate in the copy grid, which location is the
same as a specified location in the model grid. The placement task requires the subject to put an object « in front of, behind, on
the left, on the right of » the same grids. The results show that the children who use different orientation criteria for each grid
perform more mirror localizations than those who use identical orientation criteria. Furthermore, the metric accuracy of
localizations is more clearly related to the children's age than to their orientation criteria.
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Lepecq J.-C. Localisations et critères d'orientation chez des enfants de 4 et 5 ans. In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°2.
pp. 347-367.
doi : 10.3406/psy.1981.28380
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1981_num_81_2_28380L'Année Psychologique, 1981, 81, 347-368
Laboratoire de Psychologie expérimentale
Université René-Descartes ei EPHE 3e section
associé au CNRS1
LOCALISATIONS ET CRITÈRES D'ORIENTATION
CHEZ DES ENFANTS DE 4 ET 5 ANS
Jean-Claude Lepecq2
SUMMARY
The present study investigates, in 4 and 5 year-old children
(N = 2 X 64), the relations between homologous and mirror localizations
performed in a localization task and the orientation criteria used in a
placement task. In both tasks, the child is provided with two identical
7x7 square grids. In the localization task, he has to indicate in the copy
grid, which location is the same as a specified location in the model grid.
The placement task requires the subject to put an object « in front of,
behind, on the left, on the right of » the same grids. The results show that
the children who use different orientation criteria for each grid perform
more mirror localizations than those who use identical orientation criteria.
Furthermore, the metric accuracy of localizations is more clearly related
to the children's age than to their orientation criteria.
INTRODUCTION
La genèse des systèmes de référence adoptés par les enfants
pour repérer la place d'un objet a été étudiée dans diverses
perspectives trop souvent étanches les unes aux autres (Harris
et Strommen, 1979 ; Vurpillot, 1981). Notre étude se situe au
confluent de deux courants de recherche récemment développés.
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
2. La version définitive de cet article a bénéficié de nombreuses dis
cussions avec P. -M. Baudonnière. L'auteur tient à lui exprimer ici ses plus
vifs remerciements. 348 Jean-Claude Lepecq
Le premier porte sur la genèse de l'accès à une métrique en deux
dimensions, le second, sur l'évolution de la connaissance des
repères liés au corps propre.
Par une tâche de repérage de la position d'un élément par
ticulier dans un ensemble d'éléments disposés en lignes et en
colonnes sur un plan, plusieurs auteurs (Vurpillot et Berthoud,
1969 ; Berthoud, 1972, 1973 a, 1973 b, 1973 c ; Pêcheux, 1976)
ont montré qu'avant d'accéder, vers 6 ans, à une métrique à
deux dimensions (Baudonnière, 1979), le jeune enfant peut faire
montre d'une relative plasticité dans le choix de certains sys
tèmes de référence prémétriques (Lepecq, 1981). Rappelons le
paradigme expérimental commun à l'ensemble de ces travaux.
On demande à l'enfant de désigner, dans un ensemble d'éléments
formant une « configuration copie », identique à une autre dite
« configuration modèle », l'élément ayant la même place qu'un
élément particulier, singularisé par l'expérimentateur sur la modèle. Les localisations observées peuvent être
analysées quant à leur précision métrique (nombre d'axes res
pectés) et à leur répartition en localisations homologues
ou en miroir. Distinguons ces deux points de vue.
Lorsque de telles configurations, modèle et copie, sont placées
l'une à côté de l'autre sur un même axe horizontal ou vertical,
alors un axe de symétrie virtuel les sépare, axe par rapport
auquel chaque configuration est l'image de l'autre en symétrie
(fig. 1). Appelons localisation en miroir toute réponse qui fait
Hémichamps symétriques
Gauche Droit Gauche Droit
4
A B X 2 1
Modèle Copie C D 3
Gauche Droit Gauche Droit
Hémichamps homologues
Fig. 1. — ■ Hémichamps homologues et symétriques de deux configurat
ions, modèle et copie. Exemples de localisations homologues (A, B, C, D)
et en miroir (1, 2, 3, 4). Localisation chez des enfants 349
correspondre à un élément du modèle, Caractérisé par son appar
tenance à "tel 'ou tel hémichamp, l'un, quelconque, des éléments
appartenant à l' hémichamp symétrique de la copie (par exemple,
dans la figure 1, « x » est localisé en « 1 », « 2 », « 3 » ou « 4 »).
Réciproquement, appelons localisation homologue toute réponse
qui fait correspondre à un élément du modèle l'un des éléments
appartenant à l'hémichamp homologue de la copie (par exemple,
dans la figure 1 , « x » est localisé en « A », « B », « G » ou « D »).
Les localisations homologues et en miroir peuvent donc ne
respecter aucun axe de référence (ex. : D et 4), ou bien être situées
sur la ligne correcte (ex. : B et 2) ou sur la colonne correcte ou
symétrique (ex. : G et 3), auxquels cas il y a respect d'un axe
de référence, ou, enfin, respecter deux axes de référence (ex. :
A et 1). Dans ce dernier cas, « A » est une localisation exacte
et « 1 » une localisation en symétrie. Ici, nous admettons à la
suite de Baudonnière (1979) que si les coordonnées de l'élément à
localiser sont telles qu'elles requièrent de l'enfant une activité
de comptage, la localisation en symétrie, cas particulier de loca
lisation en miroir, suppose, comme la localisation exacte, la
prise en compte de deux axes de référence.
Analysées surtout du point de vue de leur précision métrique,
les localisations l'ont aussi été, mais secondairement, du point
de vue de leur répartition « homologue/miroir ». Or, plusieurs
éléments donnent à penser que les localisations homologues et
en miroir pourraient être liées au degré de connaissance des
repères liés au corps propre.
Tout d'abord, la fréquence des localisations en miroir aug
mente jusqu'aux environs de 5 ans et diminue fortement par la
suite (Baudonnière, 1976). En outre, les localisations en miroir
sur l'axe horizontal (gauche-droite) sont, surtout à 5 ans, plus
fréquentes que les localisations en miroir sur l'axe vertical
(haut-bas). Enfin, on sait que si c'est aux environs de 5-6 ans
que s'établit une certaine différenciation des repères « à gauche-
à droite », celle-ci est postérieure à la différenciation des repères
« en haut-en bas » ou « devant-derrière » (Lurçat, 1976). Il semble
donc qu'il y ait concomitance ontogénétique entre un certain
niveau de compréhension de ces repères liés au corps propre et
la fréquence d'occurrence des localisations en miroir.
Par ailleurs, les différentes hypothèses relatives à la product
ion des localisations en symétrie (Berthoud, 1972; Vogel et
Loughlin, 1978 ; Baudonnière 1979), généralisables à la produc- 350 Jean-Claude Lepecq
tion des localisations en miroir, s'accordent à suggérer qu'un
problème d'orientation cohérente d'axes de référence serait à
l'origine de telles localisations chez l'enfant. Cependant, ces
hypothèses ne permettent pas de se prononcer sur la nature des
critères ou indices d'orientation dont l'enfant ferait usage.
Or on sait que, dès 4 ou 5 ans, lorsqu'ils y sont invités, les
enfants se montrent capables d'utiliser, selon certaines règles,
certains repères liés au corps propre dans le cadre d'un système
de référence égocentré, système dont le nom varie selon les
auteurs : « repérage subjectif par projection du schéma corporel »
(Lurçat, 1976), « système déictique » (Miller et Johnson-Laird,
1976), « repérage projectif » (Piérart, 1977), « système auto-
référencé » (Harris et Strommen, 1979). Ainsi, dès 4 ans, les
repères « devant-derrière », relativement à des objets non orientés,
i.e. dénués d'axe antéro-postérieur propre, sont compris par
les enfants comme définissant les espaces situés entre le sujet et
l'objet ou au-delà de l'objet relativement au sujet (Harris et
Strommen, 1979). En outre, dès 5-6 ans, les repères « à gauche-
à droite », relativement à des objets non orientés, sont compris
comme définissant les espaces situés de part et d'autre de l'objet
sur l'axe frontal au sujet (Lurçat, 1976). Assez précocement, la
compréhension qu'a l'enfant de ces différents repères semble donc
témoigner d'une organisation axiale au sens où les axes sagittal
(devant-derrière) et frontal (à gauche-à droite), même appliqués
à des objets referents non orientés, sont non confondus sans que
pour autant l'orientation définie sur chacun de ces axes corre
sponde nécessairement à la norme adulte.
Afin de voir si les localisations homologues et en miroir ont
quelque rapport avec l'usage plus ou moins assuré des critères
d'orientation naissants « à gauche-à droite » et « devant-derrière »,
il nous a paru souhaitable de proposer aux enfants, outre une
tâche de localisation classique, une tâche de placement. Dans la de localisation, les configurations modèle et copie sont
disposées à plat sur une table, soit l'une à côté de l'autre sur un
axe frontal au sujet, soit l'une derrière l'autre sur un axe sagittal
au sujet (fig. 2). La tâche de placement consiste pour l'enfant à
placer, sur consigne, un objet « devant, derrière, à gauche et à
droite » relativement à chacune des deux configurations. Chaque
enfant effectue donc 8 placements, pi, p2, ..., p8 '■(fig. 2), c'est-à-
dire 4 placements par configuration. Ces deux tâches doivent
nous permettre d'évaluer les relations existant entre les repères chez des enfanis 351 Localisation
tels qu'ils sont organisés par l'enfant in situ et les localisations
homologues et en miroir.
En ce qui concerne les réponses de placement, deux caracté
ristiques nous semblent devoir être retenues : l'organisation axiale
et l'orientation des axes.
Si, sur l'axe frontal lorsque les configurations sont l'une à
côté de l'autre ou sur l'axe sagittal lorsqu'elles sont l'une der-
Pi
P2 P4
P2 P6
P3
P3 P5
P5
P4 P8
P8 P6
?7
Sujet
Sujet
Fig. 2. — Position relative des deux configurations, soit l'une à côté de
l'autre sur un axe frontal au sujet, soit l'une derrière l'autre sur un axe
sagittal au sujet, et représentation des 8 placements pi, p2, p3, ..., p8
demandés à chaque enfant.
rière l'autre, les 4 placements pl-p3 et pb-pl (fig. 2) sont de
même nature axiale (frontale ou sagittale indifféremment), alors
on peut considérer que les réponses témoignent d'une organisa
tion axiale.
En outre, quand cette organisation est respectée, deux cas
peuvent se présenter :
— «pi = p5 » (par exemple : « derrière ») et « p8 = pi » (« devant ») ;
dans ce cas, les critères d'orientation sont identiques pour les
deux configurations et, par conséquent, l'orientation des
axes est stable ;
— « pi = pi » (par exemple : « à gauche ») et « p3 = p5 (« à
droite ») ; dans ce cas, les critères d'orientation sont différents
pour les deux configurations et l'orientation des axes est
instable. 352 Jean-Claude Lepecq
Nous faisons l'hypothèse que les enfants effectueront d'autant
plus de localisations homologues qu'ils seront capables d'adopter
des critères d'orientation identiques pour les deux configurations
et d'autant plus de localisations en miroir qu'ils adopteront des
critères différents. En d'autres termes, nous nous
attendons à ce que les enfants dont les placements témoignent
d'une organisation axiale et pour lesquels l'orientation des axes
est instable donnent plus de localisations en miroir que ceux
pour lesquels l'orientation des axes est stable.
MÉTHODE
MATÉRIEL ET PROCÉDURE
Le matériel est composé de :
— deux « jardins », matrices carrées de feutrine marron, de 10,5 cm
de côté, quadrillées par 7x7 petits carreaux de 1,5 cm de côté.
Distants de 3 cm, les deux jardins sont collés sur une plaque de bois
rectangulaire (36x22,5 cm) recouverte de feutrine verte;
— deux fleurs circulaires de 1,5 cm de diamètre ;
— un petit sapin, objet non orienté, à symétrie radiaire, dont le support
circulaire a 2 cm de diamètre.
Les deux jardins sont présentés à plat sur une table, soit l'un à côté
de l'autre sur un axe frontal au sujet (condition F), soit l'un derrière
l'autre sur un axe sagittal au S). Les stimuli sont
schématisés dans la figure 3.
Dans chaque condition (F et S) et pour chaque niveau d'âge, on a
constitué deux groupes indépendants : l'un effectue une tâche de plac
ement puis une tâche de localisation (groupe P-L), l'autre effectue une
tâche de localisation puis une tâche de placement (groupe L-P). En
condition F, le modèle est à droite pour la moitié des sujets, à gauche
pour l'autre moitié. De même, en condition S, le modèle est devant la moitié des sujets et derrière pour l'autre moitié.
La tâche de localisation consiste l'enfant à « planter sa fleur
dans son jardin » (configuration copie) à la même place que là où l'expér
imentateur aura « planté sa fleur dans son jardin » (configuration modèle).
Chaque enfant doit localiser 6 emplacements dans un ordre aléatoire
propre à chaque sujet. Il s'agit (fig. 3) de 2 coins et de 4 emplacements
intérieurs. Ces 6 emplacements sont tels que chacun d'eux est suscept
ible d'être localisé en miroir.
La tâche de placement consiste pour l'enfant à « planter » le sapin Localisation chez des enfants 353
Condition S
Condition F
Modèle Copie Modèle
Copie
t
Sujet
t
Les carreaux dans noirs Fig. les correspondent 3. deux — ■ Stimuli conditions aux utilisés F positions et S Sujet à localiser
« devant, derrière, à gauche et à droite » de l'un puis de l'autre jardin.
Pour chaque jardin, l'ordre des demandes de placement a été contre
balancé.
Population
— 64 enfants de 4 ans ± 3 mois
— 64 de 5 ans ± 3
des écoles maternelles de Paris et de la région parisienne3.
Codage des réponses
Les réponses de localisation ont été codées en :
— localisations homologues (Horn.) données sur l'hémichamp homol
ogue ;
—en miroir (Mir.) données sur l'hémichamp symétrique ;
— localisations médianes (Méd.) sur la ligne médiane en
condition S ou sur la colonne médiane en condition F.
3. Nous remercions vivement les inspectrices des écoles maternelles
Jacquier (Paris, 14e), Berthelot et Danton (Montreuil), ainsi que les direc
trices et toutes les institutrices qui nous ont si aimablement accueilli. 354 Jean-Claude Lepecq
En outre, on a considéré que les localisations respectaient :
— deux axes de référence si elles étaient exactes ou en symétrie ;
— un axe de si elles étaient situées soit sur la ligne correcte
ou symétrique, soit sur la colonne correcte ou symétrique ;
— zéro axe de référence pour tout autre cas de réponse.
Les réponses de placement ont été codées en termes d'organisation
axiale d'une part et d'orientation des axes d'autre part. On a considéré
que, pour un sujet donné, les réponses de placement témoignaient d'une
organisation axiale (sujet codé « A + ») si, sur l'axe frontal en condition F
ou sur l'axe sagittal en condition S, les 4 placements pi, p3, p5 et pi
(flg. 2) étaient de même nature axiale. Tout autre cas de réponse (essen
tiellement placements de nature axiale différente sur un même axe)
a été considéré comme ne témoignant pas d'une organisation axiale et
codé « A — ». Par ailleurs, et seulement pour les sujets « A+ », on a
considéré que dans l'organisation axiale ainsi définie, les axes étaient
orientés de manière instable (O — ) si les côtés symétriques des deux
configurations recevaient des placements identiques. Dans le cas
contraire, on a considéré que les axes étaient orientés de manière
stable (0 + ) si les côtés identiques des configurations recevaient des
placements identiques. Ce double codage des réponses de placement
conduit à une partition des sujets en trois catégories : « A+0+ »,
« A+0 — » et « A — ».
ANALYSE DES RÉSULTATS
Avant de tester notre hypothèse relative aux relations entre
certaines propriétés des placements réalisés et les localisations
homologues et en miroir, il convient d'analyser séparément les
comportements manifestés dans l'une et l'autre tâches.
Etant donné par ailleurs que l'ordre de passation des tâches
(PL ou LP) et la position relative des cadres de référence (F
ou S) n'ont pas eu d'effets massifs et qu'ils ne constituent pas
en propre notre objet d'étude, nous n'en ferons pas l'analyse.
ANALYSE DES RÉPONSES DE PLACEMENT
Les réponses de placement ont été analysées en termes d'orga
nisation axiale (A-}-, A — ) et d'orientation stable ou instable des
axes (A+0 + , A+0— ).
Cette analyse (tableau I) met clairement en évidence que la
fréquence des sujets dont les placements ne témoignent pas d'une Localisation chez des enfants 355
organisation axiale (A — ) est plus forte à 4 ans qu'à 5 ans (yf
signif. à .001). Notons que le respect d'une organisation axiale
ne semble pas avoir pu être induit par l'ordre des consignes de
placement puisque cet ordre a été contrebalancé. Dès lors, on
peut penser que les sujets « A+ », qui utilisent relativement aux
deux configurations 4 repères de même nature axiale sur le
même axe frontal (en cond. F) ou sagittal (en cond. S), s'appuient
bien sur une représentation de cette organisation axiale.
Tableau I. — Effectifs et fréquences
des sujets « A-\-O-\- », « A-\-0— » et « A — »
à 4 ans et à 5 ans
Ages
4 ans 5 ans
13 A + O + 36
20,3 % 56,2 %
A + O — 10 11 Placements 15,6 % 17,2 %
A — 41 17
64,1 % 26,6 %
64 64
En outre, les sujets « A+ » de 5 ans ont tendance à orienter
les axes de manière plus stable (A-fO-f) que les sujets « A + »
de 4 ans (yf signif. à .10). Par conséquent, quant aux placements
réalisés, les enfants de 4 ans diffèrent des enfants de 5 ans sur
tout par une moindre aptitude à construire des axes de même
nature sur les deux configurations. Lorsque ces axes sont const
ruits, il semble que les enfants de 5 ans soient plus aptes à les
orienter de manière stable que les enfants de 4 ans.
ANALYSE DES RÉPONSES DE LOCALISATION
Les localisations ont été analysées d'abord du point de vue
du nombre d'axes respectés (0, 1 ou 2) et ensuite du point de
vue de leur répartition en localisations homologues ou en miroir.
A chaque niveau d'âge, ces deux analyses ont été faites pour les
localisations des coins d'une part et celles des carreaux intérieurs
d'autre part.

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