Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et Sens spatial. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 546-560

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 546-560
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies.
Illusions et Sens spatial.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 546-560.
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et Sens spatial. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp.
546-560.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1928_num_29_1_4860546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cutanés (action de la chaleur, du froid, de l'adrénaline introduite
par électrophorèse) ont toutes montré une diminution nette de la
réaction galvanique. A. F.
662. — MAX DUGGE. — Uebei die Beziehungen des elektrischen
Gleichstrom-Widerstandes des menschlichen Körpers zur Witterung
(Sur les rapports de la résistance électrique du corps humain au cou
rant continu avec le vent). — Pf. A., CCXVIII, 1927, p. 291-300.
L'auteur juge que l'élévation de la résistance provoquée par le
vent (le föhn en Suisse) et qui paraît connexe à l'influence psychique
permet d'évaluer l'excitabilité sympathique (qui régit les processus
de polarisation cutanée à l'origine de la résistance élevée au courant
continu) et ainsi, indirectement les actions émotives abaissant la rési
stance (réflexe psycho-galvanique). H. P.
•63. — R. J. BARTLETT. — Does the psycàogalvaaic phenomenon
indicate emotion ? (La réaction psychogalvanique indique-t-elle
l'émotion ?) — Br. J. of Ps., XVIII, 1, 1927, p. 30-50.
Le réflexe psychogalvanique accompagne une série d'états com
plexes dont beaucoup ont été décrits comme émotionnels et pa
raissent pourtant, à l'analyse, du domaine de la connaissance ou de
l'effort. Il semble préférable, dans l'état actuel de nos connaissances,
de décrire ces états complexes comme des processus « orectiques »,
dans lesquels il y a un mélange de sentiment et de tendance ; il faut
toutefois remarquer que la réaction se produit, dans les expériences
impliquant un effort, tout au début ; il semble probable que la cause
mentale de la réaction est du type de la joie ou,de la souffrance pas
sive, plutôt que du type de l'effort actif.
L'aspect de la courbe varie avec la nature de l'état mental qui
précède immédiatement la réaction, et l'on peut distinguer en quatre
groupes les circonstances dans lesquelles se produit cette réaction : En
présence d'un événement inattendu {c'est l'expérience de shock) ;
lorsqu'il y a satisfaction ou soulagement ; lorsque le doute, la crainte,
l'anxiété, l'appréhension interviennent ; des états tels que
l'admiration» etc., interviennent. Il est difficile de trouver une fo
rmule commune pour ces quatre groupes d'états. Peut-être la base d&
tous ces phénomènes est-elle le passage à l'attention volontaire.
G. P.
V. — Sensation et Perception
1° Génébalitbs
a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthé$ies.
Illusions et sens spatial x
664. — B. D. ADRIAN. — The basis of sensation (La base de la
sensation). — In-8°, 122 pages. Londres. Christophers, 1928.
L'éminent physiologiste de Cambridge dont les travaux ont
1. Voir aussi l«s a» 23-130-151-152-256-379-380 [491-501] 504-514-515-
517-601-777-836-837-839-1320. SENSATION RT PERCEPTION, GENERALITES 547
ouvert plus d'une voie nouvelle dans le domaine de la phj'siologie
nerveuse a exposé dans ce petit volume les faits essentiels acquis-
dans ses récentes recherches sur les courants d'action produits dans
les nerfs afférents par la stimulation des organes récepteurs. En
laissant de côté les détails de F expérimentation et même les nomb
reuses données numériques, qu'on trouvera dans ses mémoires,
Adrian s'est borné eu effet à la description de l'allure générale des
phénomènes qu'il a étudiés. Mais il a tenté en même temps d'établir
des rapports entre les données d'expérience afin de fournir une sorte
'de vue d'ensemble sur le mécanisme de la décharge nerveuse dans
les nerfs afférents et au niveau des organes récepteurs.
On sait à quels résultats ont abouti les recherches d'Adrian. et de
ses collaborateurs : quand un organe récepteur est soumis à ure exci
tation strictement localisée comportait le déclenchement de l'influx
nerveux dans une seule fibre, les courants d'action enregistrés par
les moyens appropriés accusent une succession régulière, plus ou
moins prolongée. La fréquence de ces décharges est variable et dé
pend de l'intensité du stimulus appliqué à l'organe ser.soriel. Elle
s'accroît notamment avec les intensités excitatrices croissantes
jusqu'à une certaine limite. Bref, c'est Jïar l'accroissement de la fr
équence des courants d'action et non par l'augmentation de l'ampli
tude du phénomène électrique enregistré que se traduit l'effet de
l'augmentation de la force du stimulus. La loi de « tout ou rien »
se montrerait ainsi valable, mais dans un sens limité, elle signifierait
que la grandeur de la réponse nerveuse envisagée en dehors de la
fréquence est nulle ou bien conserve toujours une valeur constante.
Il importe de noter que plusieurs enregistrements des courants
d'action reproduits dans le livre d'Adrian ne présentent pas une
régularité parfaite dans la succession des « décharges ». Toutefois les
rythmes plus compliqués, susceptibles d'ailleurs d'une analyse et
d'une décomposition en séries régulières, proviennent de la présence
de plusieurs fibres excitées, dont les influx interfèrent.
Adrian a établi ces faits importants en faisant des expériences sur
les différents objets physiologiques. Il engendrait les courants
d'action en faisant contracter par la suspension d'un poids variable
le gastrocnémien et le petit muscle sterno-cutané de la grenouille et
en recourant à l'excitation mécanique (tact, pression) soit de la peau
de la grenouille, soit du coussinet de la patte du chat. Les effets de
l'excitation douloureuse furent également étudiés.
Ce qui fait cependant l'intérêt du livre d'Adrian, c'est la tentative
de rapprochement entre le mécanisme de la fibre nerveuse et celui
de l'organe de réception sensorielle. Si ur,e fibre nerveuse, dit
Adrian, donne normalement sous l'action d'un stimulus électrique
une seule réponse, c'est parce qu'elle est caractérisée par une adap
tation très rapide. Que si cette adaptation était moins rapide, sans
doute, nous verrions se produire en raison de la période réfractaire,
des courants d'action successifs, toutes les fois que nous utiliserions
un stimulus de durée prolongée. Or, les organes récepteurs outre
qu'ils possèdent un pouvoir d'adaptation beaucoup moindre, pré
sentent lorsqu'on les compare à ce point de vue, des « adaptabilités »
différentes. La mesure de cette adaptabilité est donnée par la durée 548 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la décharge périodique produite sous l'action d'un stimulus cons
tant. Un diagramme permet de saisir d'emblée les différences en
question. C'est notamment pour les contractions du muscle que la
durée de la décharge périodique est la plus longue. Viennent ensuite
les organes de pression présentant aussi une adaptation assez lente.
Au contraire les organes du tact paraissent être caractérisés par une
adaptation infiniment plus rapide. La fréquence des courants
d'action baisse rapidement et l'influx cesse de se manifester avant
que la durée du phénomène ait dépassé une seconde alors que pour
les récepteurs musculaires la diminution de la fréquence ne se produit
qu'après plusieurs secondes.
Cette variété dans la réponse des organes récepteurs au point de
vue de la durée et du taux d'amortissement de la décharge pério
dique (le terme d'amortissement ne peut s'appliquer ici, bien entendu,
qu'à la diminution progressive de la fréquence, « l'intensité » du cou
rant d'action restant toujours la même), Adrian cherche à la ratta
cher à l'existence de deux types de réflexes décrits par Sherrington.
Ce dernier a opposé les réflexes « posturaux » aux réflexes « phasiques »,
ceux-ci étant caractérisés par « une activité motrice » brève ; ceux-là,
comportant une activité motrice prolongée. « C'est un fait connu,
« dit Adrian, qu'une activité persistante dépend du flux d'im-
« pulsions sensorielles. Aussi les récepteurs intéressés doivent-ils être
« en mesure de fournir, sous une stimulation constante une décharge
« persistante autrement dit, ils doivent avoir une adaptation lente. »
Et, d'autre part, ppur les réflexes « phasiques » une décharge persis
tante d'un organe récepteur serait tout à fait déplacée, les réflexes
étant des réponses à des changements brusques dans le milieu. Il est
donc aisé de comprendre que les organes de tact soit particulièr
ement capables de les signaler. En somme il y aurait du«côté sensoriel
tout comme du côté moteur des organes phasiques et posturaux qui
se correspondent.
En ce qui concerne, en particulier, les organes sensoriels phasiques
tels que les organes de tact, leur adaptation rapide pourrait même
être un gros obstacle pour leur fonctionnement normal comme moyen
d'information sur le milieu extérieur, si les organismes n'étaient pas
capables de se mouvoir dans l'espace ce qui empêche l'adaptation
de se produire. Aussi est-ce à la suite de leur rapidité d'adaptation
qu'il n'est pas possible d'obtenir pour ces organes des courbes de
variation de la fréquence d'influx en fonction de l'intensité du st
imulus pareilles à celles qu'on obtient pour les organes « posturaux ».
L'efficacité de la stimulation dans ce dernier cas dépend, en consé
quence aussi de la vitesse avec laquelle le stimulus est appliqué.
Adrian rend compte également des recherches qui sont encore en
cours sur les courants d'action provoqués dans le nerf optique de
l'anguille. Les premiers résultats montrent nettement que l'allure
du phénomène est la même que pour les autres catégories de la stimu
lation. Ici l'adaptation est aussi très rapide, mais elle est facilement
compensée par les mouvements de l'œil.
Il est superflu d'insister sur l'importance capitale que ces résultats
présentent pour la physiologie de la réception sensorielle. Ils per
mettent d'envisager d'un point de vue nouveau le problème de l'in- SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 549
tensité des sensations. Mais ils posent aussi un certain noÄibre de
problèmes délicats, notamment en ce qui concerne les stimuli impli
quant la périodicité (excitation vibratoire et auditive) dont la solution
semble présenter, pour le moment du moins, de très grandes diffi
cultés. P. K.
665. — H. PIERON. — Des lois régissant la variation de l'intensité
sensorielle en fonction de l'intensité du stimulus. — R. ph., CVI,
II, 1928, p. 261-279. — Les lois générales de la sensation. — J. de
Ps., XXV, 6-7, 1928, p. 507-545.
Les variations d'intensité des réponses sensorielles en fonction de
l'intensité du stimulus sont directement mesurables dans certains
cas, par exemple dans le réflexe pupillaire et le courant d'action
des nerfs centripètes ; on obtient alors une courbe en S. Il en est de
même pour les variations de la sensation lumineuse en fonction de
l'intensité du stimulus d'éclairement. Dans la région moyenne de la
courbe empirique, la variation s'accorde avec la loi de Fechner. La
loi de Weber, généralisation de la loi de Bouguer, est une loi empir
ique, d'après laquelle la sensibilité aux différences relatives d'exci
tation reste constante, quelle que soit la grandeur absolue des exci
tations. Cette loi de constance relative ne vaut absolument pas pour
les différences qualitatives, et pour les différences quantitatives elle
ne vaut que pour les intensités moyennes de stimulation sensorielle.
La loi de Fechner : la sensation est proportionnelle au logarithme du
stimulus, est une loi théorique, qui se déduit de la loi de Weber
moyennant le postulat que les plus petits accroissements perceptibles
ont valeur égale et peuvent constituer des unités constantes. En réal
ité, la relation logarithmique n'existe pas, comme le croyait Fechner,
dans le processus psychophysique, c'est-à-dire dans le rapport entre
l'état de conscience et le phénomène organique, mais entre le pro
cessus biologique et le stimulus physique. La loi de Fechner, comme
la loi de Weber dont elle dérive, n'est qu'une loi empirique et appro
chée. Les tentatives pour déduire cette loi de théories de l'excitation
n'ont pas donné de résultats décisifs.
A côté des relations entre intensités, il faut faire intervenir le
rôle des durées en matière d'excitation sensorielle.
L'action du stimulus ne donne un effet sensoriel stable qu'au cours
d'une certaine échelle de durées ; au delà se produisent des phéno
mènes d'adaptation ou de fatigue, en deçà un phénomène de sommat
ion. La relation entre intensité et durée correspondant à l'excitation
liminaire n'est peut-être pas la même pour toutes les excitations
sensorielles. On ne possède actuellement de données un peu précises
que pour les sensations visuelles et sonores. Les lois de Bloch et de
Blondel et Rey ne sont qu'approchées ; une expression plus exacte
est la loi de Piéron : pour la vision de la lumière chez l'homme, la
quantité liminaire croît proportionnellement à la racine carrée de la
durée de stimulation, et le temps d'action liminaire décroît en raison
inverse du carré de l'intensité. Cette loi est également valable pour
les excitations auditives. On ne possède aucune indication sur l'exis
tence d'une limite inférieure à la validité de cette loi.
Lorsque le stimulus intéresse des surfaces réceptrices de grandeur ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 550
variable, le seuil de base est obtenu pour une intensité moindre quand
l'extension est plus grande, jusqu'à une certaine limite, et à intensité
constante le niveau de l'excitation sensorielle croît avec l'extension ;
il en est ainsi pour thermique ou mécanique de la peau
comme pour la stimulation visuelle de la rétine. Mais les relations
exactes entre intensité et extension pour un niveau donné d'exci
tation et e i particulier pour le niveau liminaire ne sont 'pas déter
minées avec beaucoup de précision. A l'inverse de l'influence de la
durée, il n'existe pas de loi générale pour l'action d'un stimulus dé
terminé. L'action, cle la surface n'est même pas indépendante de la
durée du stimulus. 11 ne peut y avoir de loi quantitative générale
reliant, pour la rétine, l'intensité liminaire à la surface de l'excitation
lumineuse quand l'extension de celle-ci dépasse celle des éléments
récepteurs. La question est encore plus obscure pour la stimulation
tactile et pour les excitations thermiques cutanées.
Suivant l'intensité du stimulus, la durée des phases de latence,
d'établissement, d'évanouissement, la vitesse de croissance ou dé
croissance de l'intensité sensorielle varient, et ces différents termes
sont reliés par des lois numériques précises : loi de Piéron pour la
phase de latence, loi d'Exner perfectionnée par Kleitman et Piéron
pour l'établissement, lois de Ferry-Porter et de Charpentier pour
l'évanouissement. Il n'est pas possible d'intégrer les résultats obtenus
pour l'audition dans la théorie générale des lois de la sensation.
Une fois achevé le processus d'évanouissement, il peut se manif
ester des effets consécutifs, plus ou moins semblables au phénomène
sensoriel contemporain de la stimulation. Pour la vue, tout se passe
comme si le processus d'excitation ne s'amortissait que progressive
ment, avec des oscillations de période graduellement croissante et
d'amplitude graduellement décroissante, amortissement oscillatoire
qui dure d'autant plus et comporte un nombre de phases d'autant
plus grand que l'ébranlement de l'excitation a été plus intense.
Pour une stimulation intermittente à périodicité régulière, à partir
d'une fréquence inférieure limite, la perception lumineuse, indépen
dante de la fréquence des intermittences, équivaut comme intensité
à celle qui résulte d'une stimulation continue apportant même quant
ité de lumière dans l'unité de temps (loi de Talbot). Cette loi est
pratiquement valable non seulement pour le régime définitif de la
sensation, mais encore au cours de la période d'établissement, dès le
seuil, et avec des intermittences de fréquence inférieure à celle du
seuil de fusion pour la sensation à son régime définitif. Mais si l'on fait
croître régulièrement la fréquence de la stimulation discontinue à
partir d'intermittences éloignées, l'efficacité de la lumière intermit
tente, d'abord inférieure à celle de la lumière continue, augmente,
atteint cette dernière, puis la dépasse, pour la rejoindre enfin après
avoir passé par un maximum. Entre la fréquence la plus basse pour
laquelle il y a égalité passagère des stimuli continu et intermittent et
celle pour laquelle cette égalité s'établit définitivement, il y a une
série de fréquences comportant ce que V. Henri a appelé addition
renforcée.
Ce travail, dont nous avons été obligé de laisser de côté toutes les
précisions mathématiques, fournit une précieuse mise au point de SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 551
l'état actuel de l'ensemble des questions relatives aux lois de la
sensation. G.-H. L.
666. — E. D. ADRIAN. — Le message sensoriel. — J. de Ps., XXV,
9-10, 1928, p. 713-720.
Le message sensoriel ou transmission de l'excitation d'un organe
sensoriel au cerveau est exclusivement constitué d'une succession
d'influx entièrement semblables à ceux que produit l'excitation
électrique du nerf. Un organe sensoriel terminal est un appareil qui
est excité par certaines variations dans la région environnante et qui
répond en envoyant une série d'ondes d'influx nerveux, dont la
fréquence peut varier de 5 à 200 par seconde selon l'intensité de
l'excitation. Les différents organes sensoriels sont sensibles à des
variations environnantes différentes, mais tous répondent de la
même manière, les seules distinctions étant que certaines espèces
d'organes s'adaptent plus rapidement à un stimulus constant, et que
d'autres sont en connexion avec des fibres nerveuses plus petites qui
conduisent les impulsions plus lentement. Le message transmis au
cerveau par le nerf optique a le même caractère général que celui
des nerfs sensoriels de la périphérie, bien qu'il ait été modifié par la
structure nerveuse complujuee de la rétine. Sous cette réserve que
la sensation croît ou décroît de façon continue tandis que le message
sensoriel est fait d'impulsions discontinues, la sensation traduit
exactement le message sensoriel ; l'intensité de la corres
pond à la fréquence des impulsions, la durée de la à celle
du message sensoriel. G.-H. L.
667. — L. T. SPENCER et L. COHEN. — The concept of the
threshold and Heymans law of inhibition (Le de seuil et
la loi de Virikibition d'Heymans). — J. of exp. Ps., XI, 1928,
p. 88-97, 194-201 et 281-292.
Heymans a établi une loi de l'inhibition : le coefficient d'inhibition
ou susceptibilité pour un stimulant d'être inhibé par un autre est
proportionnel au seuil de la sensibilité pour ce stimulant. Il a proposé
une interprétation théorique de cette loi : le seuil serait entièrement
l'effet de l'inhibition exercé sur un sens par l'ensemble des excitations
simultanées du même sens ou des autres sens> S. discute cette inter*
prétation et étudie par de nouvelles expériences le degré de corréla
tion entre le seuil et le coefficient d'inhibition. Dans une première
expérience, il opère avec un grand nombre de sujets, dans la seconde
avec un seul individu, pendant cinquante jours et avec de légères
modifications du dispositif ; il s'agit toujours de déterminer l'abaiss
ement du seuil de sensibilité lumineuse pour une lumière quand une
autre lumière est perçue dans le même champ. Les seuils se sont
montrés très variables au cours d'une expérience de longue durée ;
mais le coefficient de corrélation reste très élevé (supérieur à 0>9>),
fournissant ainsi une vérification remarquable de la loi.
Une nouvelle confirmation a été trouvée dans l'étude de la fatigue.
Les différents auteurs sont en désaccord, les uns ont vu la fatigue
physique ou mentale abaisser les seuils de sensibilité, les autres ont
constaté un effet inverse. Il est vrai que la mesure de la fatigue est 552 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
difficile ; il est impossible de ne tenir ompte que de celle qui vient
des conditions imposées par l'expérience elle-même. S. et C. ont pris
le parti de faire mesurer la fatigue par le sujet lui-même ; or les me
sures subjectives de « fraîcheur » générale et de « fraîcheur » visuelle
présentent une corrélation très élevée d'une part entre elles et avec
le nombre des heures du sommeil de la nuit, d'autre part avec l'él
évation des seuils de sensibilité visuelle et de la susceptibilité à l'inhi
bition. Cela signifie que la fatigue (contrairement à l'opinion com
mune) augmente la sensibilité, et qu'elle le fait en diminuant l'inhi
bition qui résulte de toutes les excitations simultanées intégrées
dans le système nerveux. P. G.
668. — L. THURSTONE. — The Phi-Gamma hypothesis. — J. of
exp. Ps., XI, 4, 1928, p. 293-305.
Il n'est pas logique de recourir à la loi normale pour essayer de
représenter analytiquement la courbe psycho métrique, laquelle
résulte comme on le sait des expériences de comparaison de stimuli
2 à 2. En effet, les intervalles successifs soumis au jugement sont
généralement choisis comme les multiples entiers successifs du plus
petit échelon, bien que la sensibilité différentielle ne reste pas cons
tante à tous les niveaux d'intensité. Il y a là, pour la distribution des
jugements comparatifs, une cause de dyssymétrie qui n'est pas né
gligeable lorsque la sensibilité est assez grossière. Si la ïoi de Weber
est valable, on peut espérer trouver la symétrie en employant un
échelonnement logarithmique des stimuli. A. F.
660. — E. G. WEVÉR et K. E. ZENER. — The method oî abso
lute judgment in psychophysics {La métjiode du jugement absolu en
psychophysique). — Ps. Rev., XXXV, 6, 1928, p. 466-493.
La méthode du jugement absolu consiste à déterminer l'ordre des
stimuli d'un certain groupe donné : par exemple, on peut classer une
série d'odeurs d'après leur caractère agréable. Elle s'oppose à la
méthode relative, qu'on applique lorsqu'il s'agit de déterminer la
sensibilité différentielle. Le jugement absolu exprime une relation
entie un stimuli's particulier et une série de stimuli présentée en
même temps que lui ou avant lui. Cette méthode peut être étudiée-
au point de vue théorique et au point de vue pratique. Il faut à l'o
bservateur un certain entraînement, il faut d'abord qu'il ait établi
des séries absolues, par rapport auxquelles il jugera ensuite. L'expé
rience montre que ces séries absolues, une fois établies, persistent
pendant un »temps prolongé. On peut arriver à classer de la sorte "
des séries de faits, qui au premier abord, semblaient réfractaires à la
mesure. Les auteurs comparent les courbes ainsi obtenues à celles
que donne la méthode des stimuli constants et montrent que ces
courbes ont la même signification. Ils étudient les différents pro
blèmes que soulève l'emploi de cette méthode. G. P.
670. — S. M. NEWHALL. — An interpolation procedure for calcu
lating thresholds {Un procédé d'interpolation pour' calculer le seuil).
— Ps. Rev., XXXV, 1, 1928, p. 46-66.
N. indique un nouveau procédé plus rapide pour calculer le
seuil et pour établir la valeur du résultat ainsi trouvé. G. P.- SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 553
671. — AG. GEMELLI. — Introduzione allô studio délia percezione
(Introduction à l'étude de la perception). — Contributi del Labora-
torio di Psicologia e Biologia, Univ. del Sacro Cuore, Milano, IV,
1928, p. 263-297.
Partant du point de vue de la théorie de la Forme qui — mises à
part les implications et divergences théoriques de ses principaux
, protagonistes — comporte essentiellement cette notion fondamentale
que nos perceptions extérieures sont organisées en unités, constituent
une « organisation intuitive », G. énumère les lois qui président,
d'après lui, à cette organisation, et qui sont au nombre de six :
1° L'ordre minimum de moyens (l'organisation se faisant dans la
ligne d'économie maxima) ; 2° Autonomie fonctionnelle relative
des éléments de la perception (ce qui permet d'analyser le complexe
perceptif) ; 3° Unification fonctionnelle et totalisation des éléments
(avec formation d'unités perceptives de complexité plus ou moins
grande) ; 4° Caractère défini de la perception (qui revêt une forme
précoce) ; 5° Constance des organisations intuitives avec rectifica
tions des données sensorielles (permettant la stabilité des objets de
la perception malgré la variabilité des conditions) ; 6° Finalité de
l'organisation intuitive dans la « signification » des objets de la per
ception (cet élément intellectuel de la devant compléter perceptive).
Comme « facteurs » de la perception, G. envisage la direction de
l'attention, et l'attitude, ce qui n'est pas admis par certains théori
ciens de la forme et il soutient contre les Gestaltistes l'autonomie des
éléments constitutifs et la légitimité de l'analyse de la perception.
Il illustre ses conceptions d'exemples empruntés aux recherches
de Gatti, Zama, Galli, etc.
J'ai eu le plaisir de retrouver dans les conceptions de l'auteur, les
mêmes lignes générales que celles de l'esquisse que j'ai donnée moi-
même, dansl'^4nnee Psychologique (t. XXVII, p. 1-22), du mécanisme
des fonctions perceptives. H. P.
672. — A. GEMELLI. — Contribution à l'étude* de la perception.
Recherches expérimentales et vues générales. — J. de Ps., XXV, 2,
1928, p. 97-129.
La théorie de la forme a donné un intérêt nouveau à la perception
et en a fait le problème central de la psychologie. La n'est
pas une fusion d'éléments sensoriels, mais le produit d'une synthèse
perceptive, une construction qui accuse surtout comme caractère
différentiel unité ; elle constitue une « organisation intuitive ».
L'organisation intuitive devient un objet, une chose, elle a une signi
fication qui ne lui est pas surajoutée, mais en est un élément inté
grant.
La synthèse perceptive est régie par six lois : 1? Loi du moindre
effort ; 2° Relative autonomie fonctionnelle des éléments de la per
ception ; 3° Unification fonctionnelle et totalisatrice de ces éléments ;
4° Caractère défini de la perception ; 5° Rectification des données
sensorielles et constance des organisations intuitives ; 6° Finalité de
l'organisation intuitive dans la signification des objets de l'intuition.
Les conditions qui agissent sur l'organisation intuitive sont d'abord. -554 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la direction de l'attention, l'attitude du sujet d'après la « tâche »
qu'il assigne à l'organisation des données sensorielles et qui peut être
selon les cas synthétique ou abstractive. La perception reçoit un
caractère précis et défini par l'élément intellectuel qui, bien que
distinct de intuitive, en devient partie intégrante et
lui donne une signification. Cette signification peut exercer une
influence sur l'organisation intuitive elle-même et produire des
transformations dans la construction perceptive. L'influence des
conditions objectives et subjectives explique complètement la cons
truction de la perception ;-la différence entre le monde sensoriel et
le monde perceptif consiste uniquement dans le mécanisme cons-
tructif des éléments sensoriels de la perception et de la signification
qu'ils prennent.
Contrairement à l'opinion des partisans de la théorie de la forme,
une analyse de la perception est possible, mais à condition de l'en
tendre comme une analyse fonctionnelle et non comme une analyse
structurale, de chercher à distinguer non dans la perception des él
éments qui seraient fondus en elle, mais à en décrire la formation en
établissant des lois de variations corrélatives entre la et des
conditions extérieures et internes. Parmi les expériences de nature à
dégager ces lois, la présentation tachistoscopique fournit des résul
tats importants. G.-H. L.
€73. — A. GEMELLI. — Über das Entstehen Ton Gestalten. Bai
trag zur PhäaetfuenolGgie der Wahrnehmung {Sur la formation
des formes. Contribietion à la phénoménologie de la percepti&n). —
A. f. ges. Ps., LXV, 1-2, 1928, p. 207-268.
G. résume d'abord ses conceptions sur la perception. CeMe-ci est
«nvisagée comme une synthèse dans le sens d'une organisation
immédiate des données sensibles. Cette organisation est soumise
â un certain nombre de lois, dont une sixième loi affirme la finalité
de- l'organisation sensible : l'attribution à l'objet perçu d'une signi
fication en est le but final.
Comment se fait cette prise de signification ? G. l'étudié en pro
jetant des dessins animés : images qui se développent progressiv
ement sur l'écran. Les sujets observaient, suivant les consignes, diffé
rents aspects de leur processus de perception.
En s'appuyant sur l'introspection des sujets, G, relève dans la
perception 4 phases caractéristiques : 1° le sujet constate « la pré
sence » de l'objet ; 2° il reconnaît dans cet objet une forme, qui lai
semble plus ou moins familière. C'est l'organisation sensible. 3° II
saisit la signification de l'objet, il sait désormais « ce que c'est ».
Parfois, cette « prise de signification » surgit spontanément ; parfois
elle ne vient qu'à la suite d'une analyse préalable, d'une recherche
active. Mais, dans tous les cas, elle semble constituer la partie essent
ielle de la perception qui n'est achevée que lorsque le sujet a réussià
reconnaître l'objet, c'est-à-dire a saisi la signification inhérente, à
une organisation sensible. 4° Le sujet arrive à nommer l'objet re-
Les deux dernières, phases peuvent être pratiquement fusionnées.
Et, d'ailleurs, la prise de signification qui constitue la partie essen-

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