Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 544-556

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 544-556
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies.
Illusions et sens spatial
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 544-556.
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp.
544-556.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_4969ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 544
Mais il n'y a pas de précisions statistiques données permettant de
vérifier la valeur, bien faible et même douteuse de cet « indicateur ».
D'autre part, sur 10 sujets, a été mesuré le pH avant et pendant
un effort intellectuel, et, sur 6, avant et pendant une rêverie de
relâchement.
Or, au cours de l'effort, la valeur du pH s'élève, donc l'alcalinité
de lasalive augmente, tandis que, dans la rêverie, elle diminue.
Voici, sur les 10 sujets la valeur moyenne au repos et dans l'effort
d'attention du pH (3 des sujets n'ayant pas présenté de variation) :
7,1 et 7,75 ; et, sur les 6 étudiés au cours de la rêverie (dont 2 n'ont
pas présenté de variation) : 7,25 et»7,0.
Ceci est à rapprocher de la diminution de l'alcalinité du sang au
cours du sommeil, et la donnée est intéressante et présente une tout
autre valeur que la première. H. P.
V. — Sensation et Perception
1° Généralités
a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et
sens spatial 1
— W, N. KELLOGG. — An experimental comparison of psy- ß
chophysical methods {Comparaison expérimentale de méthodes psy
chophysiques). — Ar. of. Ps., 106, 1929, 86 p.
Toutes les méthodes psychologiques ne sont pas équivalentes ;
chacune a ses avantages dont il faut tenir compte pour une recherche
particulière, qu'il s'agisse de physique ou de psychologie. L'auteur a
comparé avec une grande précision les deux méthodes les plus co
uramment employées : celle dite d'erreur moyenne (E),dans laquelle
l'observateur ajuste lui-même l'intensité d'un stimulus pour l'éga
liser à un étalon fixe, et celle des stimuli constants (C) qui comporte
la présentation par paires de fixés d'avance, l'observateur
devant émettre des jugements de. supériorité, d'infériorité ou d'égal
ité relativement à chacun de ces couples. Les excitations choisies
étaient, d'une part, un son de fréquence 1.000, fourni par un oscilla
teur, et réglable en intensité (7 échelons égaux d'énergie pour la
méthode C, réglage continu pour E) ; d'autre part, la double plage
lumineuse d'un photomètre de Woodworth, à cube de Lummer-
Brodhun, présentant au point de vue réglage de clartés des particu
larités semblables à celles de l'excitation auditive. 5 sujets bien en
traînés ont pris part aux expériences, qui étaient réparties en
13 séances analogues.
1. Voir aussi les n°» 477, 792, 854, 855, 1009, 1065, 1247. SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 545
L'erreur constante, systématique, et l'erreur variable (dispersion)
ont été comparées dans les deux méthodes et pour les deux catégories
de stimuli. La dispersion des jugements est toujours beaucoup plus
faible quand le sujet a lui-même le contrôle du stimulus, c'est-à-dire
dans la méthode E. Cette dernière convient donc particulièrement à
l'étude de la sensibilité différentielle et des diffé ences individuelles
à ce point de vue. Mais la méthode des stimuli constants se montre
plus cohérente, l'erreur variable changeant moins, d'une séance à
l'autre, qu'avec la méthode E. Elle convient mieux pour le contrôle
de la loi de Weber.L'erreur constante est également plus stable avec C,
ce qui recommande son emploi dans les déterminations physiques.
Enfin, en ce qui concerne la grandeur absolue de l'erreur constante,
E est la méthode la plus avantageuse en vision, C en audition.
Au cours de son étude, l'auteur s'est préoccupé également de
déterminer l'influence de l'entraînement, de la fatigue, de l'attitude
du sujet, etc., de façon à se placer dans les conditions les plus favor
ables. Il n'a pas observé de progrès continu pour l'erreur constante ;
au contraire l'erreur variable a tendance à diminuer avec la pratique,
plus rapidement, dans le domaine auditif, avec la méthode E, et dans
le domaine visuel, plus rapidement avec la méthode C. A. F.
698. — L..L. THURSTONE. — Fechner's law and the method of,
equal appearing intervals {La loi de Fechner et la méthode des inter
valles d'égalité apparente). — J. of exp. Ps., XII, 3, 1929, p. 214-
224.
On demande de classer un lot de cartes portant un grand nombre
de points noirs disséminés à peu près également sur toute leur surface,
de manière à en constituer dix paquets tels que la densité des points
paraisse croître par intervalles égaux de chaque paquet au suivant.
(Il y a 24 types de cartes, caractérisés par un nombre déterminé de
points.) La loi de Fechner s'applique-t-elle à ces intervalles subjec
tivement égaux ? Non, si on mesure le niveau de la sensation par la
moyenne des points trouvés sur une carte, dans chaque paquet.
Mais cette méthode est incorrecte. Il faut chercher comment chacun
des vingt-quatre types de cartes a été réparti dans les dix paquets et
mesurer la sensation par la valeur médiane de cette distribution. C'est
cette valeur qu'il faut faire correspondre au logarithme du nombre
objectif de points de ce type de carte. On obtient alors une vérifica
tion très satisfaisante de la loi. P. G.
699. — G. BÉNÉZÉ. — Notes sur la loi de Fechner. — R. ph.,
CVIII, 1929, p. 429-432.
Il y aurait avantage à remplacer pour la loi de Fechner, expression
du rapport biologique entre l'excitant et l'excitation, la formule loga
rithmique R = k log E par la formule R = k arc tg E, généralisation
de la formule a. = arc tg l, qui lie une longueur l à l'angle a sous lequel
on la voit.
G.-H. L.
L*ANNÊE PSYCHOLOGIQUE. XXX. :
546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
700. — H. M. JOHNSON. — Did Fechner measure « introspectio-
nal » sensations ? (Fechner a-t-il mesuré des sensations données par
V introspection ?) — Ps. Rev., XXXVI, 4, 1929, p. 257-284.
On a reproché aux psychologues partisans de la méthode objective
leur inconséquence. D'une part, ils utilisent les méthodes de la psy
chophysique. D'autre part, Watson, comme on le sait, conteste la
validité de toute introspection. J. répond à cette objection en s'ef-
forçant de montrer qu'en réalité, ce qu'on mesure en appliquant les
méthodes de Fechner, ce ne sont pas des sensations, au sens des
introspectionnistes.
Les formules fondamentales de Fechner s'appuient sur des défi
nitions et non sur la description de faits observables par l'introspec
tion. La différence de sensation la plus petite perceptible n'est pas
donnée par l'observation intérieure, mais par une comparaison entre,
d'une part, l'échelle des stimulus et, d'autre part, l'échelle des réponses
classées. Warner Brown a trouvé que la sensibilité d'un sujet, en ce
qui concerne le seuil différentiel des poids, était 18 % plus grande,
si l'on demandait au sujet de répondre « lourd » ou « léger » à la
question : Le second poids est-il lourd ou léger en comparaison du
premier ? au lieu de le prier de pousser vers l'expérimentateur le
poids qu'il estime le plus lourd. La réaction varie donc selon les
instructions données au sujet et selon le critère adopté» pour définir
la sensation. C'est donc purement par convention que l'on peut rap
porter ces réponses à la sensation (au sens de l'introspection).
D'autre part, le fait que le sujet ne réagit pas ne prouve nullement
l'égalité de grandeur de ce que Fechner appelle sensations. Il y a des
sensations dont le sujet n'a pas conscience ou de la différence des
quelles il n'a pas conscience.
Les behavioristes ont donc raison d'affirmer que la psychophysique
n'est pas une véritable science ou qu'elle n'est pas possible comme
science basée sur l'expérience. G. P.
701. — L. F. RICHARSON. — Thresholds when sensation is regar
ded as quantitative (Les seuils, quand la sensation est regardée comme
quantitative). — Br. J. of Ps., XIX, 2, 1928, p. 158-166.
Le mot de seuil s'emploie en deux sens bien différents ; ou bien on
veut dire que la sensation commence en un point qui n'est pas 0 ;
ou bien on désigne par là quelque chose de vague, de douteux. La
discrimination du double contact se rattache à ce dernier sens.
R. propose de représenter les résultats des expériences esthésio-
métriques par une courbe de régression, passant par les moyennes des
séries de sensations. Ainsi, le « paradoxe » disparaît. G. P.
702. — A. F. BROWN. — The relation of heterogeneous and homo
geneous chromatic stimuli in the range of visual apprehension ex
periment (Relation entre les stimuli de même couleur ou de couleurs
différentes dans les expériences pour la détermination de Vétëndue
de V appréhension visuelle). — Am. J. of Ps., XLI, 4, 1929, p. 577-
594.
Cette étude continue la série des travaux de l'école de Oberly sur
la détermination de l'étendue de 1' « appréhension » de stimuli visuels SENSATION BT PERCEPTION, 6BN«»AL1TEs 54?
pour dee niveaux différente de connaissance (cognition), p répondre aux critiques de l'école de Dallenbach, l'auteur
abandonne ici la division des trois modes d'appréhension en phéno
mènes d'attention, de connaissance (cognition) et d'appréhension
proprement dite (Qberly), pour se conformer à celle de Dallenbach
qui distingue la perception d'unités, l'appréhension de groupes et
l'appréhension indirecte (médiate) (V. An, Ps., 1925, 1927, 1928).
Cooper et Hart ont précédemment déterminé l'influence de la clarté
et de la couleur sur les seuils d'appréhension (Voir An. Ps., 1928),
Dans le présent travail on a comparé l'influence de l'homogénéité
et de l'hétérogénéité chromatiques sur l'étendue des appréhensions
liminaires. Les couleurs employées ont été le rouge, le vert, le bleu,
le jaune, présentées soit isolément, soit par groupes de 2 ou de 3 coul
eurs. Comme dans les expériences précédentes, les seuils les plus
élevés ont été obtenus pour l'appréhension indirecte, les plus faibles
pour la perception d'unités. L'ordre de préférence des couleurs,
déterminé par les valeurs du seuil pour les différents stimuli serait :
vert, bleu, rouge, rouge-vert, jaune, rouge-vert-jaune-bleu. La préfé
rence des couleurs pour les présentations homogènes sur fqnd blane
ne correspond pas à celle qu'avait constatée Hart opérant sur fond
gris (rouge, jaune, bleu, vert). Les seuils ont été moins élevés pour
les stimuli hétérogènes, mais il faut reconnaître que l'influence du
jaune a été en grande partie responsable de cet abaissement des
seuils. A- B,-F.
708. — FR. W. FRÖHLICH. — Ein Spaltappaïat zur Démonstrat
ion der EJmpfindungszeit (Un appareil à fente pour la démonstra^
tion du temps de sensation). -—- Z. für Sin., LX, 3^4, 1929, p. 127-134.
Dispositif adaptable à un appareil de projection et permettant,
avec point de fixation et fente mobile, de mettre en évidence devant soit'
un grand nombre d'auditeurs le retard de la sensation, par la.
méthode de l'auteur (position apparente d'une fente mobile plus ou
moins lumineuse commençant à être éclairée au niveau d'un point
lumineux de fixation, par rapport à ce point), soit par la méthode
d'Hazelhoff (position apparente d'un point lumineux brièvement
éclairé par rapport à un autre point lumineux fixe, quand l'œil suit
une fente lumineuse mobile). H. P,
704. -— E. RUBIN. — Kritisches und experimentelles zur « Emp*
fin dungs zeit » Fröhlichs (Remarques critiques et expérimentales sur
d' 'établissement de la sensation d'après Frölich). — Ps. Fors., la durée
XIII, 1, 1929, p. 101-112.
Une fente lumineuse passe à une certaine vitesse derrière l'ouver
ture rectangulaire d'un carton. On ne la voit pas apparaître au bord
de l'ouverture, mais à une certaine distance seulement, dans le sens
du mouvement : Fröhlich croit que le temps mis par la fente à par
courir cette distance est la durée d'établissement de la sensation.
Mais l'effet de cette durée devrait être de faire apparaître la fente
au bord même de l'ouverture, avec un certain retard par rapport au
moment de son passage réel en ce lieu. Le déplacement de son lieu
d'apparition doit, donc s'expliquer autrement. Si la région du bord ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de l'ouverture est seule visible, le reste étant masqué par un écran,
on y voit passer la fente. Le phénomène est donc dû à la largeur de
l'ouverture.
D'ailleurs le moment où la fente apparaît dans l'expérience primi
tive à une certaine distance du bord n'est pas celui où elle y passe.
La durée d'établissement est au moins égale au temps que la fente
met à parcourir l'ouverture quand on l'agrandit jusqu'à ce que le
point d'apparition commence à se déplacer. Si le rectangle à 100 mill
imètres, l'objet apparaît à 13 millimètres du bord gauche. On peut
déplacer le bord droit jusqu'à 24 du bord gauche sans
changer le point d'apparition. Si la vitesse est de 160 millimètres par
13 24 seconde, la durée d'établissement est non pas de -— - mais de — -~ . (On
peut d'ailleurs faire encore une autre hypothèse d'où résulterait
pour cette durée une nouvelle valeur). L'article contient encore
d'autres expériences sur ce phénomène curieux, dont R.. ne propose
encore aucune interprétation définitive. P. G.
705. — V. ENGELHARDT et E. GEHRKE. — Ueber die kombi
nierende Tätigkeit beim Hören von Silben und Texten (Sur V acti
vité combinatrice dans Vaudition de syllabes et de textes). — Z. f. Ps.,
CXI, 5-6, 1929, p. 257-272.
Là perception auditive des sons du langage dépend en grande
partie de facteurs intellectuels. E. et G. les mettent en évidence en
faisant entendre au sujet des sons articulés enregistrés sur un disque
de phonographe. Le dispositif permet de les présenter en succession
assez lente pour que le sujet puisse noter à mesure ce qu'il entend.
Une première épreuve avec des monosyllabes composés seulement
d'une voyelle et d'une consonne montre que la reproduction des
voyelles (sauf le son ou) est assez fidèle, celle des consonnes comporte
plus de confusions. Après s'être assuré par cette expérience de la
valeur de la méthode, on présente par le même procédé un texte
significatif qui ne donne lieu qu'à des erreurs de perception insigni
fiantes ; mais quand on présente en désordre les syllabes du texte
précédent, le nombre des erreurs est considérable. Les mêmes syllabes
qui ont été bien perçues dans le texte sont mal notées ici dans la
proportion d'un tiers. Les erreurs portent surtout sur des syllabes
qui, au point de vue phonétique, n'ont pas d'équivalents parmi les
mots monosyllabiques de la langue ; souvent elles sont déformées
dans le sens d'une confusion avec un mot de sonorité voisine.
P. G.
706. — U. EBBECKE. — Ueber die Bewusstseinsschwelle mit Rücks
icht auî die Dämmerzustände (Sur le seuil de conscience quant
aux états crépusculaires). — J. für Ps., XXXVII, 1-3, 1928,
p. 72-76.
Une image consécutive disparaît quand on regarde une surface
assez éclairée, puis reparaît si l'excitation masquante s'affaiblit.
N'y a-t-il pas une loi analogue pour les représentations visuelles ?
Ce qui paraît vif dans les rêves, les hallucinations, ne le doit pas à
une excitation forte, mais au faible niveau d'excitation générale, à la SBNSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 549
faible « clarté » de la conscience chez le dormeur ou le malade. Les
lois optiques des contrastes et des inductions pourraient s'appliquer
aux contrastes de sentiments, aux changements brusques de « Stim
mung ». La compréhension des états crépusculaires sera facilitée par
la comparaison avec l'image consécutive : c'est par un affaibliss
ement général des excitations que ces états faibles se trouvent au
niveau du seuil de conscience, suffisamment abaissé. G. D.
707. — SILVIA DE MARCH I. — Le valutazioni numeriche di
collettivita (L'évaluation numérique des ensembles). — Ar. it. di
Psic, VII, 3, 1929, p. 177-225.
L'A. fait l'étude des principaux facteurs de l'évaluation numérique
immédiate. L'expérience a été faite au moyen d'ensembles de points
présentés tachistoscopiquement.
Outre la méthode d'enregistrement numérique l'A. a employé la
méthode introspective (dont il publiera les résultats dans un travail
ultérieur).
Les facteurs à considérer sont de deux catégories : externes et
internes.
Facteurs externes : 1) durée de l'exposition ; 2) grandeur de la
surface occupée par les ensembles ; 3) densité des éléments (points) ;
4) leur disposition dans l'espace (forme) ; 5) leur disposition dans le
temps (succession ou simultanéité, etc.) ; 6) disposition dans le temps
et dans l'espace : a) exposition statique ou dynamique ; b) durée
des intervalles entre les présentations successives; c) rapidité ou
lenteur des présentations successives ; d) lenteur ou du
mouvement). *
Facteurs internes : 1) attention, 2) fractionnement du présent
mental ; 3) rapidité de la réaction ; 4) l'impression absolue d'abon
dance ou de pauvreté ; 5) associations formelles immédiates et
médiates ; 6) persistance de l'image mentale consécutive.
Voici quelques-unes des déductions tirées par l'A. des résultats
obtenus : les réponses se classent en deux catégories : de sous-évaluat
ion et de surévaluation (avec une constante individuelle pour chaque
type) ; certaines durée favorisent une sous-évaluation, d'autres une
surévaluation ; ces durées ont un rythme dans leur succession ;
la disposition rectiligne favorise une surévaluation, etc.
S. H.
708. — G. L. FREEMAN. — An experimental study of the percep
tion of objects ( Une étude expérimentale de la perception des objets).
— J. of exp. Ps., XII, 4, 1929, p. 340-358.
On présente aux sujets des figures formées par des taches d'encre
de forme variable projetées sur un écran blanc et on leur demande
de décrire les étapes de leur perception. On en distingue trois princi
pales : perception d'une étendue d'extension ou de direction ; ensuite
perception, d'abord générique, puis spécifique de la figure comme une
chose ; enfin reconnaissance d'un objet déterminé et dénomination.
Le but des expériences était surtout de mettre en lumière les fac
teurs de différenciation de la perception ; on note le rôle de la locali. 550 ANALYSES BIBUOGRAPHI0ÜES
sation de l'attention sur telle ou telle partie de l'objet et celui des
mouvements des yeux qui y correspondent. Pour obtenir à volonté
cette localisation, F. dirige parfois un faisceau de lumière plus vive
sur telle ou telle partie de la figure. Il a étudié aussi, avec des pro
jections de silhouettes d'objets familiers, l'influence de l'orientation
de la figure sur l'interprétation qu'elle reçoit dans la perception.
P. G.
709. — J. LINDWORSKY. — Einige Bemerkungen über den Re-
produktions Vorgang (Quelques remarques sur le processus de la
reproduction). —A. f. ges. Ps., LXVII, 3-4, 1929, p. 437-440.
Réponses à quelques critiques soulevées par les conceptions de L.
sur la reproduction. Celle-ci est expliquée par des « dispositions temp
orelles » des éléments nerveux. Il n'y aurait pas de chaos dans la
reproduction, comme l'a suggéré un critique, parce que les cas où
toutes les dispositions auraient la même force et tous les éléments
nerveux la même excitabilité sont pratiquement inexistants et que,
d'ailleurs, la quantité limitée de l'énergie psychophysique dispo
nible ne permet pas la mise en jeu simultanée d'un trop grand nombre
de dispositions. D. W.
710. — G. GROSS. — Experimentelle Untersuchungen über den
Integrationsgrad bei Kindern (Recherches expérimentales sur le
degré d'intégration chez les enfants). - — 2. für ang. Ps., XXXII I,
1-3 et 4-5r 1929, p. 185-246 et 358-387.
Recherches inspirées des doctrines de Jaensch sur Pintrication
de la perception et de l'image mentale, particulièrement nette chez
les enfanife et adolescents. G. entreprend de vérifier les faits chez les
enfants de 5 à 11 ans. Il constate chez ceux qui ont pu être dressés
à la technique des expériences, des faits considérés par l'école de
Jaensch comme dus à l'influence du facteur central sur la percep
tion et signes d'une disposition eidétique : 1° les images consé
cutives négatives ne suivent pas exactement la loi d'Emert et n'aug
mentent pas proportionnellement a la distance de l'écran sur lequel
elles sont projetées ; 2° elles ne présentent pas de phases régulières
et donnent parfois à l'enfant l'impression de persister aussi longtemps
qu'il le « veut » ; 3° dans certains cas une distraction suffit pour faire
apparaître à la place d'une image consécutive complémentaire une
image de même couleur ; 4° à la présentation d'un carton avec des
taches, certains enfants voient des objets ou des animaux en action ;
5° un objet réel déplacé est perçu par certains enfants comme étant
plus grand à une plus grande distance (jusqu'à 100 % d'augmentat
ion au passage d'une distance de 50 centimètres à une distance de
200 centimètres) ; 6° le phénomène d'Aubert (inclinaison apparente
d'une ligne lumineuse verticale avec la rotation de la tête de 90°), fait
défaut chez plusieurs enfants ; 7° enfin quelques illusions provoquées
expérimentalement et d'autres dont l'apparition spontanée a été
observée par l'auteur achèvent de démontrer la labilité de la per
ception infantile et sa variabilité sous l'influence des conditions ment
ales. D. W. SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 551
711. — M. PONZO. — Illusione negli apprezzamenti di collettivita
(Illusions dans V appréciations des ensembles). — Ar. it. di Psic,
VI, 1, 1928, p. 1-37.
L'appréciation des ensembles est, avec l'appréciation du temps
et de l'espace, un des éléments les plus importants de notre vie réac
tive. Cette appréciation est un acte psychique à la base duquel il y a
une capacité de segmentation de l'ensemble en éléments auxquels
on attribue des valeurs d'unité. Cette appréciation est de plus .la
résultante de la lutte de diverses tendances (d'association et de disso
ciation ) qui traversent notre dynanisme psychique au moment de
l'élaboration de ce jugement. Les facteurs qui entrent en jeu et qui
déterminent cette évaluation sont les uns plus, les autres moins uni
formes. Ce sont des facteurs uniformes et réguliers qui font l'objet
du présent article. l'Auteur les étudie par une présentation des
ensembles (points, carrés, cercles, étoiles), dans des configurations
variées. Il se sert de la méthode de comparaison avec évaluation
qualitative. Il analyse l'influence de l'extension des éléments, de
leurs formes, de leurs groupements, de leur encadrement, des dis
tances qui les séparent, enfin l'influence du dynamisme cinétique
présenté par certains d'entre eux. S. H.
712. — W. W. B. JOSEPH. — The growth of the perception of the
external world (Le développement de la perception du monde exté
rieur). — Mind, XXXV1II 149, 1929, p. 26-42.
Critique sévère de la psychologie de Stout dans ses efforts pour
retracer le processus du développement de la croyance dans les
objets extérieurs, depuis ses formes élémentaires jusqu'aux stades
supérieurs. Or Stout, en fait, considère cette croyance comme une
donnée et appréhende le monde extérieur comme une multiplicité
d'items distincts, reliés entre eux par l'unité d'un temps et d'un
espace uniques. Le problème est de savoir d'où provient cette
appréhension originelle à la fois « des données particulières de la
perception par les sens » (données sensorielles) et de leur unité comme
« parties d'un tout ». Pour Stout, la première donnée sensible serait
un complexe, ou il différencie la « sensation » et un « état de rela
tions ». Or, selon J., Stout confond ce qui a un « meaning » avec ce qu'il
veut dire, et l'affirmation que ce que nous percevons au début n'est
pas une chose dans l'espace mais a pour nous la signification de
quelque chose l'espace avec l'assertion que ce que nous aper
cevons primitivement est la chose dans l'espace.
Toute expérience sensorielle revient à informer le sujet de la notion
de quantité dans le monde extérieur, notion que le psychologue
pourrait deviner comme conditionnant cette expérience sensorielle
avant qu'il se brise ou qu'on ne le brise en complexes sensoriels dis
tincts, chacun informant le sujet de quelque chose de distinct. Le
complexe du corps par exemple n'est pas connu comme tel par le
sujet dont la capacité pour sortir son corps du « bloc » du monde exté
rieur est à expliquer. Considérons le cas où le sujet percevant se dé
place, son corps formant selon Stout le centre spatial permanent des
sensations changeantes qu'il expérimente. A ceci, J. objecte que
dans un tel cas, chaque fois que je bouge et que les autres sensations 552 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
visuelles se déplacent, celles conditionnées par mon corps devraient
demeurer fixes, au centre du champ visuel. Or, en réalité, je né vois
pas mon corps pendant qu'il bouge. J. s'attache ensuite à la drftique
du phénomène d'appréhension conçu grâce au truchement des rela
tions spatiales et critique la notion d'« extensity » que Stout prétend
distincte de la notion d'extension de l'expérience sensorielle et que
J. prétend correspondre à une seule et même notion. Cette « exten
sity », selon Stout, serait une expérience sensorielle caractérisée par
la répétition ou la diffusion de ce qu'il appelle la différence de signe
iocaI. J. proteste contre cette notion de signe local créé pour les be
soins de la cause. En réalité cette expérience sensorielle, dite exten
sive, devient une perception d'extension définie lorsqu'elle acquiert
un certain « meaning» : il est donc curieux qu'une sensation complexe
finisse par devenir une perception de quelque chose. Dans un tel
cas, si le signe local est ce qu'il est, 1'« extensity » est l'extension de
quelque chose de différent.
J. poursuit de la même manière la critique de la perception spa
tiale à trois dimensions, obtenue suivant Stout, grâce à l'union cons
tante et intime des représentations visuelles et motrices : on obser
verait dans ce cas une semblable confusion entre les notons d'« exten
sity » et d'extension.
Pour J., on ne peut rendre compte de notre expérience qu'en tant
que nous admettons qu'il y a des choses dans l'espace et que nous
les appréhendons. Mais que ce postulat soit intelligible autrement
que compris dans la notion même de notre être, est ce que l'auteur se
refuse à affirmer. La psychologie empirique est incapable d'élucider
le problème ni les conditions dont il dépend. Elle peut, peut-être,
expliquer tout ce qui se trouve dans l'esprit, excepté la connaissance
et l'action. M. L.
713. — N. FOERSTER. — Die Wechselbeziehung zwischen Gesichts
und Tastsinn bei der Raumwahrnehmung (Les relations réciproques
entre la vue et le toucher dans la perception de V espace). — Ps. For.,
XIII, 1, 1929, p. 64-78.
L'expérience consiste à faire repasser au crayon un dessin de
ligne brisée de forme compliquée que le sujet ne peut voir (de même
que sa main) que dans un miroir. La tache devient, par la répétition,
de plus en plus facile. L'apprentissage se fait par essais et erreurs.
On tend à oublier sa main, on finit par avoir l'impression que ce
n'est pas sa propre main qu'on voit suivre les lignes du dessin. Les
résultats acquis sont conservés après six mois et même plus d'un
an : l'apprentissage est valable pour des dessins nouveaux ; il y a
transfert de l'aptitude de la main exercée à la main non exercée.
Quand le sujet est capable de reproduire le dessin de mémoire (un
écran lui cachant le modèle et la main) il fait le dessin original qui,
vu dans le miroir, donnerait l'image spéculaire. Mais si on lui demande
de le faire sur une feuille de papier directement visible, il dessine
l'image spéculaire par des mouvements tout à fait différents des
précédents. L'expérience montre donc la prépondérance de l'image
visuelle à laquelle se subordonnent, de deux façons différentes, les
mouvements du dessin. Il n'y a pas de souvenir du groupe de mou
vements en lui-même. P. G.

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