Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 664-683

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 664-683
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies.
Illusions et sens spatial
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 664-683.
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a) Lois de la Sensation et de la Perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp.
664-683.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30056K64 AIVALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mais and in various psychopathic conditions [La réactivité psycho
galvanique dans Vétat normal ou dans diverses psychopathies). —
Acta psychiatria et neurologica, V, 1930, p. 55-105.
Etude des courbes de la réaction psychogalvanique chez 182 sujets
normaux et chez 344 psychopathes, qui présentent plus d'instabilité
et d'irrégularité, et en général une réactivité diminuée. C'est dans les
atteintes les plus graves que les résultats se montrent les plus ty
piques.
Au point de vue de la nature des psychopathies, c'est dans les psy
choses organiques et la schizophrénie que la réactivité est le plus
diminuée, dans les formes constitutionnelles, l'hystérie, la manie,
que l'instabilité est notable, dans les dépressions que les formes les
plus atypiques de réactivité se rencontrent.
La réactivité est fortement atypique aussi dans les schizophrénies
comportant des troubles de la sphère émotionnelle, à forme catato-
nique par exemple ; dans les cas aigus, c'est au début que le caractère
atypique domine, et les cas chroniques, il s'accentue au contraire
avec le temps. H. P.
V. — Sensation et Perception.
1° Généralités
a) Lois de la Sensation et de la Perception, Synesthésies . Illusions
et Sens spatial 1
843. — H. WERNER. — Untersuchungen über Empfindung und
Empfinden. I. Das Problem des Empfindens und die Methoden
seiner experimentellen Prüfung {Recherches sur la sensation. Le
problème de la sensation et les méthodes expérimentales pour son
étude). - Z. für Ps., GXIV, 1930, p. 152-166.
Cette note sert d'introduction générale à des recherches expériment
ales. La psychologie moderne a complètement abandonné l'idée
que la perception pouvait être construite avec des sensations élément
aires liées par une relation constante à des excitations élémentaires.
Mais si l'idée de sensation en ce sens ne correspond plus à rien, on
peut garder néanmoins le mot (Empfindung) pour désigner des phé
nomènes réels susceptibles d'être observés dans des conditions expé
rimentales définies. Généralisant les observations de Katz sur la
couleur, W. distingue plusieurs étapes dans le phénomène sensible,
depuis la perception objective, où la qualité est extérieurement loca
lisée, jusqu'à la sensation proprement dite où la qualité est sentie
intérieurement dans le corps du sujet, et où s'efface même la dis-
1. Voir aussi les a0» 6, 22, 42, 89, 283, 284, 310 à 333, 452, 516, 569 à
572, 665, 802, 969, 1171. SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 665
tinction du sujet et de l'objet. Le problème des synesthésies s'éclaire
si l'on remonte — par l'expérience et non plus par une construction
théorique — à ces phases primitives où le phénomène senti intérieu- '
rement, n'appartient pas encore au domaine propre d'un sens déter
miné. P. G.
844. — R. B. CATTELL. — The subjective character of cognition
{Le caractère subjectif de la connaissance). — Br. J. of Ps., Mono
graph Supplément, XIV, 1930, 166 pages.
Dans cette thèse du Kings College, à l'Université de Londres,
inspirée par Spearman, les expériences d'introspection provoquée
sont intimement imprégnées de théorie, et quelques enregistrements
de réflexes psycho-galvaniques n'apportent que de bien minimes
données objectives.
Le problème est celui de l'expérience sensorielle primitive, et les
sujets sont soumis à des stimulations très variées des divers sens,
avec telles ou telles consignes requérant une attitude ou une autre.
Il apparaît qu'il peut se manifester avant la perception — consi
dérée comme objective — du stimulus ; une « pré-sensation », subjec
tive, un état affectif -conatif, qui peut être un véritable « feeling »,
plus souvent désagréable, et auquel convient l'expression d'expé
rience « pathémique », l'auteur reprenant le « pathéma » platonicien.
Pour mieux faire apparaître cette expérience, la passivité, l'intensité
de stimulation, la distraction, sont des facteurs essentiels, ainsi que
la provocation d'une forte conation, et la rapidité de développement
de l'affect.
Et, en outre, un pathéma secondaire, tout à fait indépendant, peut
se développer, non plus passager mais stable, et lié à l'absence de
toute conation ; en lui sensation et affect deviennent indifférenciables,
le moi ne se distingue plus de l'objet, la durée et l'extensité sont
perdues ; la fixation mnémonique en fait à peu près complètement
défaut.
Une attitude affective (et l'influence d'affeets intenses), favorise
cette expérience dont les facteurs principaux sont les mêmes que
ceux de la « pré-sensation ».
En somme (et probablement avec des différences individuelles
considérables, bien que l'autçur n'ait pas envisagé ce point de vue),
vis-à-vis d'une stimulation, il y a deux attitudes possibles dans l'ex
périence sensorielle, que Cattell, après Spearman, s'efforce de carac
tériser : l'une extrovertie normale, de l'organisme s'adaptant à son
milieu, et l'autre introvertie, préoccupée des répercussions internes
de la stimulation : C'est, dans la dualité indéniable de la réaction
perceptive et de la réaction affective, une prédominance possible de
l'un ou l'autre type de réaction. H. P.
845. — K. W. OBERLIN. — The relative immediacy of sensory,
perceptual and affective characteristics [Le caractère immédiat relatif
des attributs sensoriels, perceptifs et affectifs). — Am. J. of Ps.,
XLII, 4, 1930, p. 621-630.
Deux morceaux de papier coloré sont présentés pendant^une se
conde au sujet, qui doit ensuite les comparer soit pour leur brillance, à tous les points de vue possibles. Les résultats révèlent, e«. spit
l'absence de directives donnas à l'observateur, de grandes différences
individuelles quant aux éléments perçus, ceux-ci dépendant de la
disposition des sujets avant l'expérience, et plus spécialement de leur
familiarité avec certains d'entre eux. Les attributs perceptifs et sen
soriels observés ont un caractère également immédiat que ne pré
sentent pas les jugements, affectifs. A. B.-F.
846. — F. HEIDER. — Pie Jjeistnag der Wahrnehmungsystems
{JUnûtiv U4 pwpre du système perceptif]. — Z„ für Ps., CX1V, 1930,
p. 371-304.
Un objet se manifeste à nous par un intermédiaire (par exemple les
rayons lumineux qui agissent sur l'œil). Le phénomène intermédiaire
n'est pas adéquat à l'objet, ne reflète pas tous ses caractères ; il peut
contenir plus et moins. Par là s'expliquent les perceptions équi
voques : isolées, elles peuvent présenter une forme ambiguë qui
conviendrait à plusieurs objets réels ; ce n'est que rapprochées d'un
certain contexte sensoriel qu'elles fournissent une notion correcte.
L'élabpration de ces notions constitue un monde d'idées plus adéquat
au monde des choses ; elle n'est pas sympto ma tique des caractères
propres de notre système perceptif ; c'est dans les inadéquations de
la perception et du réel, dans ses erreurs que se révéleront ses lois
propres, de même que la nature d'un diapason ne peut se révéler que
quand sa fréquence propre est en discordance avec celle de la cause
extérieure qui produit ses vibrations. P. G~
847. — H. WERNER. — Untersuchungen über Empfindung und
Empfinden. II. Die Bolle der Sprachempfindtmg im Prozess der
Gestaltung ausdrucksmässig erlebter, Wörter [Recherches sur la
sensation. Le rôle de la sensation du mot dans le processus de l'orga
nisation de mots perçus comme expressifs). — Z. für Ps.> GXVII,
1930, p. 230-254.
Loin d'être une réception passive, la perception est une organisa
tion dont la rapidité masque la complexité. Le point de départ est
une impression antérieure à la dissociation du sujet et de l'objet.
Ainsi on peut recevoir d'un mot une impression primitive : forme
visible ou sonore, articulation et signification se mêlent dans une
impression globale. Un sujet perçoit le mot hart dans son organisme,
dans son attitude, dans les muscles de son cou. Pour étudier ces im
pressions, on présente des mots au tachistoscope avec des durées
assez courtes pour qu'une lecture complète exige plusieurs exposi
tions. Dans les premières impressions, avant la lecture complète,
quelque chose du sens apparaît déjà ; on en a une impression génér
ale, on sait que c'est un adjectif ou un substantif, qu'il est abstrait
ou concret. On corrige une lecture fausse en indiquant le caractère
qui manque au mot qu'on croit avoir lu. P. G.
848> — H, SCHULZE. — Kritische Uatersuchmigen. zuaa Ptobleaa
der Enge &es Bewusstseins [Recherchesxrixiqiiessun le problème de
la délimitation du champ de la conscience), — Uatôïsuclu aurPsy-
ch<oi, EbitoJk unà Eiyfeg, , YH, 3» 1929% p. t-65.
Da <kux.coßQepÜQB&dupi«bleflu«L: celle de WkÜL(pcolfi de WuadA); S SENSATIQN 3
te (Èéîinisgant par \% possibilité de l'ex.istenee d,e; plusiews
»muUaaé§ de la conscience et celle, le ramenait $.. la question dis
l'accomplissement simultané par la conscience 4e plus d/uja acte,
S., d'accord avec Pa.u,li et Mayer, 4wt les recherches lui servent du
point de départ, ckea'sit la seconde.
H a entrepris pou? le résoudre, de,ux séries dj'§xpéris!ence§ : la \w
ayant pour but ta vérification et la critique des recherches de ï*au&
et Mayer et poursuivies, d'après, leur méthode i, et la, 2e d'ap,çès une
méthode améttorée, (métb,Q!d.e de gradu.gtti,ojn).
Pauli ett Mayer n.'ont pas, d'a^ès. S., résolu, le, problème. D'u&ç
façon générale, il est impossible de le résoudre sans; codifier
tions d'expérience, la méthode étant insuffisante.
L' aj^psljcajÀQ». d,Ç H de graduation, a petnaàs à S,, de.
xaipej des. conditions d'expérience teJ^es que les di^ux ascit.%i^?as djfié-
rentes. (tactile et visu^Uej i^oa seulenaent qvl\ été présentées
tanément au sujet, mais de plus, ont pénétré simultai).émei>t
1'orga.n.e eejotM (s.\mullané:iité sulptiec^ve e» plus de l'pbjeçt^ve, alors
que. ehet Pauli et Mayeç i\ ne poMYait y avoir que \<mt, au p^us iai
première;),
II résulte dt5 espérieoQes p.er§Oinjfte)les 4§ S» un çertaift
1P En 0© qui concerne le proi)Jt§m^ même, ^, préteiad <ï^e la solia-
tio.n simviltatnée de. de.ux qu^estiops posées m sujet et, intésessajat deux,
dQmaifti§ seJBSPïiels. différents (tactile et visuel) est possjyWe grâce, à m
tait que, d&M l'apercegtiQn, les deux contenus djlîérents sgnt tm?
harassés pajp u» m^me acte 4 at^fltian. ie proWeme est d^nc l
d'urne taewa négAtivg :, Ü ne p^t y ayçip qu'un, seul apte d
maisl'ebM sur lequel çelte-çi QSfi diFigée peu*, être çonipjo
stevurp contenus, pajrtieis diyéjfenis. Çett,e çmclusip«, est, ea
av^eles résultats de P. et M- qui njient d'une faççxi absplue \& possib
ilité, d'une solution sàmulta.née de 4©us; pçotbl^mes, dont un d'd
visuel et Vautre tactUe.
2° D'autre part., l'élabpjfoktjon. d'u^e méthode d ^
amené S. à faire, au sujet des perceptions des excitations tactils, çt,
s, les qo.T«t.atatiö»§ ^uivan^ : a) L'wtejfxaÄe où le^, dejax
sont nettement p,erçu§s Pßur \q sujet comme distinctes
le temps, varié : Dai\s l'ordre dg^ excitations vi&UQUes- tactiles,
de, 54 à $Q ; Pans, l'ordre tactiles-visuelles de 18: à 2^0, <x ; b) Les exci
tations visuelles demandent plus de temps que les excitation^
tactiles pQvjr pénétrer dans l'organe centrai ; c) Le point, d'ijates-
section où les, deux excitations pénètrent simultanément dans la,
conscienoe est de 30 à 36 ? ; û hf> images, consécutives visueUe.*.
facilitent la perception de l'excitation visuelle. Par çoatre, la dispa
rition des images consécutives tactiles, facilite la perception d.es,
excitations tactiles. A ^-
84Ô. - B ^çf
\U4 (l? impression que ptotLu.it, un paysage e,\ Vim<age
%. für pad. Pa., XXXÎ, 9, %m. Ç- 385-3%.
G. a montré à sm sujets, 4ef v\»es djç passages, qu'il projetait sur
un écran plusieurs fois pendant 3 secondes, en demandant après è6Ô ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chaque exposition des observations introspectives (les sujets devaient
rechercher l'attitude qu'ils auraient à la vue d'un paysage au cours
d'une promenade).
Deux types de sujets se dégagent nettement : Les unes ne perçoivent
d'abord aucun détail, mais un ensemble, dans lequel le ton affectif
semble dominer. Les autres remarquent d'emblée un certain nombre
de détails. Un type intermédiaire qui se rapproche, d'ailleurs du pre
mier, perçoit l'ensemble, mais avec des velléités d'analyse.
Le type global semble décroître avec l'âge (les types I et III consti
tuent 96 % à 9-13 ans, et 82 % seulement après 20 ans) au bénéfice
du type analytique. D. W.
850. — W. BIEMÜLLER. - Wiedergabe der Gliederanzahl und
Gliederungsform optischer Komplexe [Reproduction du nombre des
éléments et de V articulation de complexes optiques). — N. Ps. St.,
IV, 2, 1930, p. 161-284.
Le vieux problème de l'étendue du champ de conscience a évolué.
On se demandait autrefois : combien d'objets peut-on embrasser
dans un même acte d'attention ? On s'occupe aujourd'hui non seu
lement du nombre mais de l'organisation des éléments.
B. emploie un tachistoscope spécial : une planche inclinée sur la
quelle des billes placées à la partie supérieure roulent en vertu de
leur poids dans des rainures parallèles. L'expérimentateur en dispose
un certain nombre (3 à 12) et en déclenche la chute simultanée. Le
sujet n'a pu les apercevoir que pendant un peu moins d'une seconde.
Il doit placer lui-même les billes sur l'appareil de manière à repro
duire le nombre et l'ordre de celles qu'il vient de voir tomber. Les
billes peuvent être disposées ou en série linéaire continué, ou espacées
à intervalles réguliers suivant un certain rythme, ou symétriques
par rapport à la rainure médiane, ou enfin en amas irréguliers.
L'examen des résultats porte sur le nombre de billes, sur l'arrang
ement de l'ensemble et sur sa localisation dans le cadre de l'appareil,
sur les rapports de la mémoire du1 nombre et de la mémoire des
formes.
Les expériences ont été faites sur une centaine d'enfants d'âge diffé
rent. L'appréciation est d'autant moins exacte que le nombre des
billes employées est plus grand. Mais la limite de 5 ou 6 éléments
donnée par les anciens auteurs n'est vraie que des amas inorganiques.
L'exactitude est d'autant plus grande que l'ensemble est plus or
ganisé, soit en vertu de sa symétrie, soit surtout à cause de son
rythme de groupement. Les ensembles organiques sont plutôt sous-
estimés tandis que les amas sont surestimés. La perception des pre
miers est agréable et facile, celle des derniers difficile et pénible.
Chose plus remarquable, il y a une tendance, même dans ce dernier
cas, à percevoir une symétrie ou un rythme, surtout de la part des
sujets les plus jeunes. On peut reproduire exactement un ensemble
organisé sans avoir une idée précise du nombre de ses éléments ;
on peut même perçu l'existence d'un ordre sans pouvoir dire
en quoi il consiste. C'est la preuve du caractère primitif de ia per
ception du tout par rapport à celle de ses parties. P. G. SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 669
851. — F. H. LUND. — Physical asymmetries and disorientation
(Asymétries physiques et désorientation). — Am. J. of Ps., XLII, 1,
1930, p. 51-62.
L'auteur a étudié les trajectoires parcourues, sur un vaste terrain,
par des individus ayant les yeux bandés. Il a constaté chez la plupart
une tendance nette à s'écarter toujours dans le même sens, soit à
droite, soit à gauche, de la direction en avant imposée au départ.
Dans la marche à reculons, le sens de la déviation est à l'opposé du
sens habituel. Si l'on impose une trajectoire en arc de cercle au sujet
et qu'on lui demande s'il croit tourner à droite ou à gauche, on cons
tate que ses jugements sont plus souvent erronés, en général, pour
le sens qui correspond à celui de sa marche naturelle. Le virage à
droite dans la marche en avant, à gauche dans la marche à reculons,
l'excès de jugements faux à droite, sont interprétés par l'auteur
comme des prédominances gauches (et inversement). Une série de
mesures physiques, droiterie, dominance oculaire, longueurs des
bras et des jambes, inclinaison du corps en station verticale, révèle
une correspondance frappante entre le sens de l'asymétrie de struc
ture et celui de l'asymétrie fonctionnelle. Bien que celle-ci ne soit pas
complètement explicable par celle-là, et qu'il soit nécessaire de faire
intervenir en outre les diverses impressions reçues par le sujet au
cours de l'expérience, ainsi que son attitude mentale, sa façon de se
représenter la situation relative de son corps et des objets environ
nants. L. pense qu'il est tout à fait inutile de faire appel, comme cer
tains auteurs, à un sens spécial de la direction, pouvoir mystérieux
auquel il serait impossible d'ailleurs d'attribuer une base anatomique
quelconque ! A, F.
852. - P. H. EWERT. - A study of the effect of inverted retinal
stimulation upon spatially coordinated behavior (Etude de Veffet
de la stimulation rétinienne renversée sur le comportement spatiale
ment coordonné). — Gen. Ps. Mon., VII, 3 et 4, p. 179-363.
La série d'expériences décrites dans ce travail a eu pour but de
contrôler et d'étendre sur des bases plus systématiques les anciennes
observations de Stratton sur l'effet de la vision renversée. Il s'agissait
de déterminer expérimentalement l'effet d'une stimulation rétinienne
renversée (à 180°) sur une activité coordonnée dans l'espace, chez
un sujet pour lequel le renversement aurait été constant pendant
une période prolongée (de 14 jours) ; on espérait ainsi projeter quelque
lumière sur le développement de nouvelles habitudes motrices util
isant de nouveaux repères.
L'appareil utilisé consistait essentiellement en un système de len
tilles à oculaire négatif, transmettant l'image formée par une lentille
achromatique, le tout fixé sur une monture en aluminium et complété
par une sorte de masque en velours pour boucher les interstices. Les
observations ont été faites par 3 sujets qui ont été soumis à une longue
série d'épreuves. Les lunettes ont d'abord été portées sans verres,
et pendant les expériences seulement, pour une période de 10 à
19 jours ; pendant les 14 jours suivants, on n'a quitté les lunettes,
cette fois munies du système de renversement, que pour dormir ou €70 ANALYSES MKLlöGBAPHIQUES
fermer les yeux ; après cette période» les lunettes ont encor e été por
tées 5 jours, sans verres, pendant tes expériences.
Les expériences faites avant, pendant et après le renversement
comportaient des localisations de contacts, de sons et d'excitations
visuelles, des apprentissages moteurs, des discriminations de distance
et d'orientation.
En ce qui concerne les localisations normales de contact» de sons,
d'excitations visuelles ou kinesthésiques dans le champ visuel, la
vision renversée introduit une perturbation que l'on voit peu à peu
disparaître sous l'effet d'un nouvel apprentissage. Toutes les fois que
la réponse du sujet a impliqué un comportement de localisation
contrôlable par la vision, l'apprentissage se faisait rapidement, sui
vant une courbe typique de moteur ; au bout de
14 jours, la distraction causée par le renversement de la vision se
trouvait entièrement surmontée. Quand la localisation n'a pas com
porté de réactions de localisation, l'adaptation a été plus lente et
s'est traduite par une décroissance graduelle du nombre d'erreurs
(au lieu d'une décroissance de l'étendue des erreurs}.
Dans le cas où les excitations transmises appartiennent à plusieurs
catégories {visuelles et sonores* visuelles- tactiles) le comportement
qui en découle est une résultante des différentes influences. Bien que
la vision l'emporte ordinairement sur les autres sens, l'activité résul
tante se trouve modifiée lorsque d'autres stimulations sont impli
quées. La prépondérance d'un mode de stimulation peut être i
nfluencée très fortement par l'attitude du sujet* qui est capable, dans
une certaine mesure, d'inhiber le facteur de trouble pour utiliser
correctement les autres repères. Dans le cas de la localisation des
sons par exemple, l'interférence due au renversement de la vision ne
subsiste pas dans le cas où cette dernière n'agit pas comme facteur
de distraction.
Les habitudes nouvelles, acquises au cours de la période de vision
renversée, s'effacent rapidement lorsque le port des lunettes est
abandonné. À. B.*F.
853. - F. BROER et B. JAENSGH. - üeber ScMohtenstruktur
und Entwicklungsgeschichte der psyohophysischen Organisation.
III. Die beiden Wurzeln des Pur kin j eschen Phœnomens und ihr
innerer Zusammenhang {Sur la structure stratifiée et révolution de
l'organisation psychophysique. III. Les deux racines du phénomène
de Purkinje et leur rapport intime). — Z. fürPs., GXV, 193Ü, p. 117-
145.
Continuant leur étude du phénomène de Purkinje, B. et J. montrent
qu'on retrouve d'un bout à l'autre de la série des êtres vivants deux
types de perception de la lumière. Le premier, qui paraît général
chez tous les êtres inférieurs^ correspond sensiblement à la vision
crépusculaire de l'homme, c'est-à-dire que la sensibilité est maximale
dans la région des faibles longueurs d'onde : tel parait encore être le
mode de vision des invertébrés et des poissons. Au contraire* Ghez les
êtres supérieurs on voit apparaître, s'ajoutant généralement au pre^
mier un type de vision où les grandes longueurs d'ohde deviennent
prépondérantes, comme pour l'œil de l'homme adapté à la lumière» SENSATION Et PERCEPTION. GENERALITES 671
On peut donc poser comme premier principe que le phénomène de
Purkinje représente un stade primitif de la vision. Cette hypothèse
reçoit d'ailleurs toute une série de confirmations indirectes : le
phénomène de Purkinje correspond à d'autres caractères primitifs,
comme l'affaiblissement de la vision nette des formes, la perception
de couleurs non adhérentes à la surface des objets, la prépondérance
de la perception des mouvements, etc.
D'autre part — c'est la seconde racine du phénomène de Purkinje
— il représente une adaptation biologique aux conditions de lumière.
En effet dans la lumière du jour et dans la lumière solaire directe
prédominent, pour des raisons physiques, les rayons rouges, tandis
que les rayons bleus prédominent dans la lumière indirecte ou cré
pusculaire. Notre œil présente une adaptation à ces conditions. Ce
pendant elle n'est pas optimale ; le déplacement du maximum de
sensibilité vers le vert dans le phénomène de Purkinje est assez faible :
celui-ci exprime donc plutôt une adaptation à un éclairage moyen,
ce qui est en harmonie avec son caractère primitif. P. G.
854. - S. MONÂT-GRUNLAND. - Gibt es einen Tastraum ?
(Y a-t-il un espace tactile?) — Z. für Ps., 1930, CXV, p. 209-271
et CXVI, p. 145-211.
Gelb et Goldstein, dans une monographie consacrée a un cas célèbre
de cécité psychique, ont repris la vieille thèse du caractère purement
visuel de la perception spatiale. En effet, les yeux fermés, leur 'sujet
n'avait plus aucune notion de la position de ses membres, il ne pou
vait faire avec eux un mouvement déterminé prescrit ; il ne savait
pas localiser une sensation tactile sans accomplir d'abord une série
de mouvements généraux du corps qui se limitaient progressivement ;
enfin il n'avait qu'une reconnaissance très grossière des formes par
le toucher et identifiait les objets, non par leur forme, mais par une
série de détails caractéristiques. Les deux auteurs ont cru expliquer
tous ces faits par la perte des images visuelles, et ils ont nié, en consé
quence, toute véritable perception tactile de l'espace.
Contre cette conclusion, M. -G. apporte une série très complète
d'expériences sur des aveugles-nés et aussi sur quelques cas de cécité
acquise. Il étudie toutes les formes de localisation tactile (par le
geste de la main qui touche ou montre le point excité ; par descrip
tion verbale ; par indication du point correspondant sur un modèle
du corps humain) ; la distinction de deux points, la perception de la
position des membres, l'exécution de mouvements commandés ; enfin
la perception de formes et d'objets soit familiers, soit inconnus.
D'une manière générale, toutes ces expériences montrent chez
l'aveugle l'existence d'un sens très précis de l'espace, tout à fait com
parable à celui du clairvoyant. Notons surtout l'indépendance de la
perception des formes et de la reconnaissance des objets par leurs
qualités non spatiales ; l'unanimité des aveugles quant au caractère
simultané de leurs représentations, lors même que l'exploration de
leurs formes a été successive, comme dans le cas d'objets d'assez
grandes dimensions.
L'existence d'un sens de l'espace indépendant de la vue est donc
indiscutable. Le cas du malade de Gelb et Goldstein est tout dii'fç- 672 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rent ; d'ailleurs leur interprétation a été discutée par Poppelreuter,
Gneise, Benary. C'est un cas d'agnosie dans différents domaines
sensoriels et non une simple conséquence de la perte des images
visuelles ; d'ailleurs celle-ci n'est pas absolue comme le montre
l'étude de sa façon de dessiner. P. G.
855. - EMELINE R. MOUL. -. An experimental study of visual
and auditory « thickness » ( Une étude expérimentale de « V épaisseur »
visuelle et auditive). — Am. J. of Ps., LU, 1930, p. 544-560.
Visiblement inspirée par les récents travaux sur le volume tonal,
l'auteur s'est proposé de recueillir les « descriptions phénoménol
ogiques » des sensations visuelles et auditives provoquées par des
stimuli relativement simples. Les sujets étaient invités à donner
d'abord une description « naïve » des sons de fréquence et d'intensité
différentes produits par des résonateurs, et des surfaces de couleui
observables dans l'appareil de Martin. Aussi avaient-ils toute la
liberté dans le choix des termes descriptifs. Ce n'est qu'après avoir
fourni cette première description qu'ils recevaient la consigne de
diriger leur attention vers l'aspect de la sensation désigné par les
mots de profondeur, de densité ou d'épaisseur. M. conclut de son
enquête qu'il existe un attribut pré-spatial « d'épaisseur » aussi bien
dans la vision que dans l'audition. Les termes descriptifs concernant
cette « pré-perception » sont pratiquement identiques pour les deux
catégories de sensation. Il s'ensuivrait que la pré-perception est
simple et possède des caractères communs dans l'audition et dans la
vision. En outre, l'épaisseur se montre une qualité comparable quand
on passe d'une catégorie sensorielle à l'autre. C'est sans aucune hési
tation que les sujets parlaient de l'épaisseur quand on les mettait
alternativement en présence des stimuli visuels et auditifs. P. K.
856. — C. D. TAYLOR. — Visual perception versus visual plus
Kinaesthetic perception in judging colored weights {La perception
visuelle et la visuelle plus kinesthésique dans le jugement
de poids colorés). — J. of gen. Ps., IV, 1930, p. 229-245.
T. souligne l'incohérence des résultats obtenus jusqu'ici quant à
l'influence de la couleur sur les jugements de poids.
100 sujets devaient comparer 6 cubes de même poids (60 grammes),
diversement colorés. La perception visuelle seule classe les cubes
selon la luminosité des couleurs, le noir le plus lourd, le blanc le plus
léger. L'ordre est rigoureux, les différences entre les moyennes sont
significatives.
L'association des perceptions visuelle et kinesthésique ne donne
pas de résultats cohérents. Toutefois les hommes tendent à juger les
cubes sombres plus légers que les clairs. Ce résultat est seulement
relatif à la méthode de comparaison par paires ; le rangement obtenu
a une corrélation de — 0,40 (=h 0,24) avec celui que donnent les
mêmes hommes au moyen de la perception visuelle seule, suivant la
même méthode de comparaison (pour les femmes, la corrélation est
nulle). Il y a donc seulement une légère indication que les couleurs
ayant l'apparence la plus lourde semblent plus légères au soupèse-
ment, et inversement. G. D.

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