Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 567-582

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 567-582
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies.
Illusions et sens spatial
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 567-582.
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp.
567-582.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5080SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 567
V. — Sensation et Perception
1° GÉNÉRALITÉS
a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies .
Illusions et sens spatial x
840. - S. W. FERNBERGER. - Instructions ànd tue psychological
Ihnen [Instructions et seuil psychologique). — Am. J. of Ps., XLIII,
3, 1931, p. 361-376.
Des expériences de comparaisons de poids ont été faites eiï utilisant
4 catégories d'instructions. Leur but était de montrer l'influence de
celles-ci sur la fréquence des jugements d'égalité, que les sujets, sui
vant leur tempérament et si l'on n'y prend garde, ont arbitrairement
tendance a éviter le plus possible ou au contraire à rechercher. Les
résultats montrent bien qu'il est nécessaire, plus qu'on né l'a fait
jusqu'ici, de préciser sur ce point la consigne donnée aux sujets.
A. F.
841. - S. W. FERNBERGER. - Die Ufigewissheitsurteile in der
Psychophysik (Lea jugements intertüins en psychophysiqué). — A.
î. ges. Ps., LXXX, 3-4, 1931, p. 273-290.
Depuis Fechner, on s'occupe, sans pouvoir la résoudre, de la ques
tion des « jugements d'égalité ».
Des publications partirent il y a quelque temps au sujet de cette
catégorie de et lé présent ouvrage contient dös données
sur une expérience faite dans ce domaine. On étudia 4 sujets qui
eurent à comparer une série de poids de 84, 88, 92, 96, 100, 10-1 et
108 grammes. Le sujet avait à dire s'il trouvait le poids « plus lonr'd »,
« vraiiembîab'lemént plus lourd » (au c-.aÉ où il n'en était pas sûr)
« égal », « vaisemblàblément égal », « plus léger », « vraisemblablement
plus léger » « et « incertain » («je ne sais pas »). Cette dernière réponse
né fût obtenue que très peu de fois et fut éliminée de l'étalonnage.
On n'étudia donc que 6 jugements. L'article contient tous les résul
tats des expériences faites. D. M.
842. - F. M. URBAN. - Über die Methode der gleichen Abstu
fungen (Sur la méthode des gradations égales). — A. f. ges. Ps.,
LXXX, 3-4, 1931, p. 291-312.
Analyse détaillée et critique des recherches faites par Thurstone
et publiées par lui dans le « Journal of Exper. Psych.» (1929, vol. 12,
p. 214-224) et dont le but fut de savoir si la loi de Fechner était va
lable pour un certain genre d'excitations. Il s'agissait également de vé
rifier et de perfectionner les méthodes de calcul des données obtenues.
En renonçant à l'expérience connue de Sanford (de la comparaison
des poids), Thurstone se sert d'une série de 96 cartes avec des carrés
imprimés comportant un nombre inégal de points (de 68 à 198). Le
1. Voir aussi les n°" 46, 285, 391, 398, 415, 447, 449-452, 793, 847,
88 7, 1000-1004. 568 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nombre de points croît en proportion géométrique, chaque nombre
se trouve sur 4 cartes (24 séries différentes en tout). Le sujet doit
classer ces cartes en 10 paquets autant que possible selon le
croissant de points. L'expérience fut faite sur 101 sujets. L'article
donne les résultats de ces recherches. D. M.
843. - D. J. SHAAD et H. HELSON. - Group présentation in the
method of constant stimuli as a time-saving device (Méthode des
stimuli constants avec présentation par groupes réalisant un arrange
ment économique au point de vue du temps). — Am. J. of Ps., XLIII,
3, 1931, p. 422-423.
Dans la recherche d'un seuil par la méthode des stimuli fixes (mé
thode constante), ceux-ci sont présentés en général dans un ordre
quelconque et variable. La méthode des groupes sériés, dans laquelle
le même stimulus est donné plusieurs fois de suite, est souvent consi
dérée comme peu satisfaisante ; mais elle permet une telle économie
de temps qu'on peut se demander si, pour les applications au moins,
sa défaveur se trouve suffisamment justifiée. Or, les expériences de
l'auteur, montrent qu'en ce qui concerne les comparaisons de poids
et la discrimination tactile, les deux méthodes se valent. Les diffé
rences entre les résultats ne sont pas significatives, et la précision de la
méthode des groupes est excellente si on a soin d'introduire des
« pièges », de varier le nombre des répétitions et d'opérer par groupes
non consécutifs. A. F.
844. — M. A. TINKER. — Methods employed for ranking stimuli
(Méthodes utilisées pour classer les stimuli). — J. of gen. Ps., V,
1, 1931, p. 53-63.
Le classement direct de l'ensemble des données, les comparaisons
deux à deux, l'estimation graphique, sont les 3 principales méthodes
utilisées lorsqu'il s'agit d'ordonner selon un certain critère subjectif
un matériel déterminé. Les expériences de l'auteur sur l'ordre de
préférence des couleurs et des intervalles musicaux confirment les
résultats antérieurs, à savoir que ces méthodes sont pratiquement
équivalentes en général. La cohérence est élevée, sauf en ce qui con
cerne l'estimation graphique appliquée au choix des couleurs.
A. F.
845. - S. W. FERNBERGER. - On absolute and relative judgments
in lifted weight experiments (Sur les jugements absolus et relatifs
dans les expériences de soupèsement) . — Am. J. of Ps., XLIII. 4,
1931, p. 560-578.
On a comparé statistiquement, chez des sujets novices, des évalua
tions absolues d'une série de poids à des évaluations de la même série
mais relatives à un étalon fixe, selon la méthode habituelle. Les juge
ments absolus sont les moins précis et donnent un grand intervalle
d'incertitude. Dans les deux cas, on observe le même décalage vers
le bas du point d'égalité subjective par rapport à la valeur centrale.
L'apprentissage acquis dans le premier exercice ne donne lieu
qu'à un faible transfert au second, et est interprété comme une amél
ioration progressive dans la définition des catégories de jugement.
A. F. SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 56§
846. - W. D. TURNER. - Intra-serial effects with lifted weights
(Effets de poids soupesés à V intérieur d'une sérié). — Am. J. of Ps.,
XLIII, 1, 1931, p. 1-25.
Si, immédiatement avant une comparaison de poids, un autre poids
relativement lourd, ou au contraire léger, est présenté au sujet, le
jugement se trouve modifié dans un certain sens. Il est intéressant de
constater que ce sens n'est pas le même suivant les conditions de la
présentation. Lorsque l'élément perturbateur fait partie d'un couple
auxiliaire n'ayant pas de relation avec le couple principal qui suit,
la proportion de jugements « inférieur » augmente lorsque c'est un
poids lourd qui précède et diminue dans le cas contraire. Mais lorsque
le poids fixe servant de base doit d'abord être comparé au poids précé
dent, avant que le poids variable qui vient en troisième lieu lui soit
à son tour comparé, ce sont en général les jugements de supériorité
qui augmentent quand la base était moins lourde que le premier
poids. Tout se passe comme si la différence entre ces deux poids
s'accentuait, alors que dans le premier cas la tendance était plutôt
vers le rapprochement.
L'intérêt de telles expériences est de mettre à l'épreuve les théories
de la perception. En ce qui concerne en particulier, la loi dite de
« prégnance », l'auteur ne pense pas que les résultats précédents, en
dépit de leur apparence, puissent en être considérés comme une
illustration certaine. A. F.
847. - J. P. GUILFORD et D. G. PARK. - The effect of interpola
ted weights upon comparative judgments (V effet de poids intercalés
sur des jugements comparatifs). — Am. J. of Ps., XLIII, 4, 1931,
p. 589-599.
Des comparaisons de poids ont été faites, d'abord normalement,
puis en intercalant chaque fois entre le terme fixe et le terme variable
un poids beaucoup plus lourd ou plus léger qu'eux. Dans le premier
cas, le poids variable a tendance à être sous-estimé, et dans le second,
surestimé. Le seuil différentiel est toujours augmenté. Les auteurs
considèrent que ces résultats sont favorables à la théorie de la Forme,
et ils les interprètent dans le langage (potentiels, changement de
niveau, etc..) qui convient à cette théorie. A. F.
848. — W. N. KELLOGG. — The time of judgment in psychometric
measures (La durée du jugement dans les mesures psychométriques) .
- Am. J. of Ps., XLIII, 1, 1931, p. 65-86.
L'auteur a complété ses travaux antérieurs de méthodologie psycho
physique (voir An. Ps., 1929,*n° 697, et 1930, n° 861) en étudiant
cette fois, sur 5 sujets entraînés, les temps moyens exigés par des j
ugements comparatifs de diverses catégories. La méthode était celle
des stimuli constants, appliquée à la recherche du seuil différentiel
d'intensité lumineuse. L'emploi de 3 catégories — supérieur, inférieur,
égal — demande en moyenne un temps de 10 % plus long que
lorsqu'on s'en tient aux deux premières. Les jugements d'égalité sont
les plus longs, et d'autant plus que les stimuli diffèrent davantage.
D'ailleurs, à quelque catégorie qu'il appartienne, plus un jugement
est incorrect, plus il demande de temps. L'accroissement est de 40- 570 Analyses bibliographiques
45 % lorsqu'on passe du couple de stimuli correctement jugé dans
presque tous les cas au couple- formé de deux plages identiques. Des
courbes psychométriques sont jointes à l'article. A. F.
849. - F. W. FRÖHLICH. - Zur Kritik der Émpîïndungszéitmes-
SUüg [Su* la critique de la mesure du temps dé la éénsatioii). —
Z. für Ps., CXXl, 1931, p. 357-363.
Courte note où F. répond aux critiques adressées à ses expériences
par Ëhrenstëin, Kàtz, Piéron. P. G.
86(H - F. MENTHE. - Sensation et Perception . - Scientia, L,
1931, p. 289-296.
Quelques notés de caractère très général. Un objet, dit Fauteur,
est un groupe stable, où un assemblage permanent et caractéristique
de sensations hétérogènes, dont les nuancés le particularisent.
« L'exercice simultané dés sens confère à l'objet la cohésion qui résulte
de l'association de sensations hétérogènes, capables de satisfaire un
même besoin ».
Le substrat fondamental est d'ordre tactilo- musculaire, et les
autres sensations s'y ajustent. Mais, peu à peu, l'apprentissage visuel
devient prédominant. La perception, utilitaire chez l'animal, se
régie chez l'homme sur des intérêts plus variés, avec intervention
prédominante du langage ; elle se montre sélective, et après constitu
tion initiale de son unité synthétique, s'oriente vers une analyse de
plus en plus poussée de l'objet et dans laquelle les différences indi
viduelles sont le plus manifestes. H. P.
881. — H. PIÉRON. — Conditioned reflex and perception : the
concept of syncretism (Réflexe conditionnel et perception : le concept
de syncrétisme). — J. of gen. Ps., V, 1, 1931, p. 42-51.
Le caractère global reconnu maintenant à la peut sem
bler éloigner celle-ci du réflexe conditionnel. Or, tout comme la per
ception, le- r. c. dépend primitivement de la situation globale, dont
les éléments ne sont analysés qu'à la suite d'un entraînement systé
matique. De plus, les expériences de Nicolaïev rapportées par Pavlov
démontrent que le r. c. relatif à un complexe de stimuli est loin de
représenter une somme des effets de chaque stimulus agissant seul :
Dans 2 complexes différents, le même stimulus peut intervenir en
sens inverse.
P. montre que l'hypothèse d'un « équilibre nerveux » (Pavlov) est
inutile et qu'on peut prédire la réponse à un nouveau complexe,
par analogie, en fonction des i*. c. établis antérieurement. Le r. c.
a donc le même caractère syncrétique^ue la perception. Il s'agit, au
fond, de processus identiques, conformes aux deux lois générales
d'anticipation sanctionnée et d'analogie, déjà énoncées par P. (An.
Ps., 1929, p. 22). G. D.
852. - G. LUNTOWSKI. - Typische Einstellungen bei Wahrne
hmungsleistung (Attitudes typiques dans la perception). — Z. für
PsMCXX,1931vp. 126-188.
Peters a distingué deux types de perception : leptiquê ou passive,
ktétiqw ou active. L. a cherché à les retrouver dans des expériences SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 571
où le sujet doit partager une longueur, limitée par deux perles, en
trois parties égales, au moyen de deux perles mobiles intermédiaires.
On compte comme expériences leptiques celles où il constate seul
ement un résultat, et comme expériences ktétiques celles où il indique
une méthode suivie dans le déplacement des perles ; dans le premier
cas, on a surtout une impression d'ensemble, dans le second, on
compare expressément les intervalles. Les sujets se répartissent en
deux groupes assez tranchés. Les deux attitudes sont équivalentes
au point de vue de l'exactitude quand la distance totale à partager
est petite ; mais l'attitude leptique est d'autant moins exacte que cette
distance augmente davantage. On a aussi étudié l'aptitude à prendre
volontairement l'une ou l'autre attitude. Tous les sujets peuvent
prendre, plus ou moins facilement l'attitude active, mais certains des
ktétiques échouent dans l'attitude purement réceptive ; toute con
trainte diminue d'ailleurs l'exactitude. Le nombre des mouvements
observés peut servir de contrôle objectif des deux modes de percept
ion. P. G.
853. — E. HEÜSS. — Zur Metaphysik des Lichtes (Sur la métaphys
ique de la Lumière). — N. Ps. St., VI, 3, 1930, p. 253-268.
L'auteur décrit longuement ses impressions au cours d'une belle
nuit d'été, par un ciel étoile, et la joie de l'aube, quand la lumière se
répand et que le soleil se lève, puis, par contraste la mélancolie de la
tombée de la nuit.
Cette joie que répand la lumière se rattacherait d'après lui, au
plaisir intellectuel de la perception des choses qui naissent en quelque
sorte de la lumière. ÎT. P.
854. — CET. A. RUCKMIGK. — A « central » explanation oî sound
localization (Une explication « centrale » de la localisation sonore). —
Ps. Mon., XLI, 4 (187), 1931 (Un. of Iowa St. in Ps.), p. 132-141.
Quelques réflexions générales rappelant qu'en matière auditive
comme en matière visuelle, les perceptions comportent une intégra
tion d'un niveau élevé, et que les résultantes, dans les apparences —
comportant une notable variabilité — de localisation, sont condi
tionnées par la stimulation, par le substrat neurologique, et aussi
par l'élaboration psychologique. C'est bien évident. H. P.
855. — C. RICE. — Eye and hand movements in the training of
perception (Les mouvements de l'œil et de la main dans l'éducation
de la perception). — Child Dev., II, 1931, p. 30-48.
Les sujets, pour mieux éliminer les différences individuelles, sont
ici des enfants jumeaux, chaque membre du groupe expérimental
étant comparé à son frère dans le groupe de contrôle. On leur montre
pendant quelques secondes des figures géométriques : carré, triangle,
cercle, losange, et on enregistre les mouvements spontanés de leurs
yeux et de leurs mains dans la perception. Ils procèdent de plus à des
reconnaissances visuelles et tactiles des mêmes formes. Pendant les
semaines suivantes, deux groupes sont soumis à un entraînement
(contrôlé) de l'œil ou de la main, qui s'exercent à suivre les contours
des figures. A la fin, ces groupes sont comparés encore une fois sur 572 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUE!-!
les épreuves initiales avec un groupe de contrôle non éduqué. L'au
teur semblait s'attendre à trouver un effet du dressage sur les mou
vements naturels de perception. Les résultats ont été négatifs.
P. G.
858. — M. PRADINES. — La fonction biologique du toucher. — J. de
Ps., XXVIII, 1931, p. 556-639.
Dans le tact, comme dans le goût et l'odorat, la sensorialité suppose
l'affectivité à son origine et l'exclut à son terme en l'affinant. Une
irritation secondaire par rapport aux agressions véritablement vitales,
en devient lorsqu'elle les anticipe, l'avis et même la forme, et perd la
plus grande partie de son caractère affectif au profit de la représenta
tion claire. C'est en cela que consiste la différenciation entre la dou
leur et la pression que manifestent à peu près tous les points de notre
sensibilité cutanée. A la différence de l'affection hédonique, l'affec
tion dolorifique et aversive s'objective en s'atténuant. L'état affectif
d'irritation atténué devient sentiment de passivité à l'égard d'un
objet étranger et symbole d'une agression au moins commencée. Cette
transformation de l'irritation en sensorialité se produit dans toutes
les parties du corps susceptibles d'être touchées avant d'être irritées,
en particulier dans la main, et c'est de ce retard de la douleur sur le
contact ou la pression que découlent toutes les perceptions tactiles,
qui nous permettent non seulement de prévoir, mais aussi de préve
nir les impressions douloureuses. Le tact est un auxiliaire de l'acti
vité locomotrice ; il nous fait anticiper l'action d'un agent de comp
ression mécanique déformant, à travers un système de signes dont
l'intensité correspond à la proximité de l'agent et à l'imminence de
la déformation. La tactilité se mesure, non à la valeur absolue des
seuils de pression, mais au retard de la douleur sur la pression, à la
distance des seuils. La fonction purement sensitive des poils n'a au
cune valeur sensorielle. Le sens de la piqûre, bien qu'il présente
comme celui de la pression, à un degré d'ailleurs rudimentaire, une
différence entre la sensorialité et la sensibilité à la douleur, est un
sens spécifique, distinct de la tactilité proprement dite ; et de même
le sens thermique. Les mesures de von Frey sur le retard des seuils
démontrent sa relation intime avec la fonction tactile : il est considé
rable là où la tactilité est à la fois incontestable et affinée, nul le où
elle est impossible ou très difficile et, dans toutes les autres parties,
d'une grandeur variable en raison de leur aptitude variable à la
fonction tactile. Ce retard produit la connaissance comme telle, la
graduation des intensités sur les excitants, la localisation dans l'e
space, la représentation imaginative et paisible de la chose distante,
bref, la sensorialité tactile tout entière.
En résumé, la tactilité, dans son aspect mécanique et surtout dans
sa constitution histologique, se réduit à un dispositif par lequel des
irritations mécaniques sont amenuisées en impressions inaffectives
dont les degrés correspondent aux distances de l'excitant et par con
séquent les mesurent, en même temps qu'ils symbolisent toutes les
formes inaffectives de son action. Ces « intensités expressives » qui
vont en se dégradant à mesure que décroît l'imminence spatiale et
temporelle de l'excitation affective sont donc comme des actions de SENSATION ET PEKCEPTION. GÉNÉRALITÉS 573
jeu exercées sur une sensibilité qui apprend ainsi à distinguer ce qu'elle
subit et ce qu'elle perçoit, à douter si elle est actrice ou spectatrice
de ce qu'elle éprouve, si ces états ne sont pas de simples images et ne
suivent pas le chemin de l'excitant qui les apporte et les emporte
avec lui. Les diverses qualités des choses sont les formes particulières
de cette perception ou représentation imaginative d'une action dé
gradée. Tout organe susceptible de nous servir à connaître les qualités
tactiles des choses les connaît d'autant mieux, est d'autant plus tac
tile qu'il dispose d'une gamme plus étendue et mieux graduée des
intensités expressives modelées sur la distance de l'excitant. On peut
même aller plus loin. Le retard des seuils n'est peut-être qu'un cas
particulier du procédé fondamental d'adaptation par lequel l'affec
tivité alimentaire s'est transformée en sens du goût et de l'odorat,
de sorte que le fait tactile par excellence serait le fait sensoriel spéci
fique. G. -H. L.
857. - M. A. TINKER et F. L. GOODENOUGH. - Mirror rea
ding as a method of analyzing factors involved in word perception
(La lecture en miroir comme méthode d'analyse des facteurs impliqués
dans la perception des mots). — J. of ed. Ps., XXII, 7, 1931, p. 493-
502. - F. L. GOODENOUGH et M. A. TINKER. - The reten
tion oî mirror-reading ability after two years (La conservation de
Vhabileté à lire en miroir après deux années). — Ibid., p. 503-504.
4 sujets adultes se sont exercés à la lecture en miroir à raison de 10
minutes par jour pendant 5 mois environ. Des différences individuelles
dans la rapidité de lecture, manifestes dès le début des expériences,
ont eu tendance à s'exagérer avec l'exercice. Après deux années,
l'habileté acquise était demeurée pratiquement intacte.
L'analyse des erreurs a confirmé certains résultats antérieurement
acquis, à savoir que l'appréhension des mots s'appuie fortement sur
la perception des lettres initiales et sur la longueur du mot, ainsi que,
pour les mots difficiles, sur la signification du texte. Les interférences
dues aux habitudes de lecture normale proviennent non seulement
du renversement des lettres, mais aussi du changement de haut en
bas. La fréquence relative des erreurs de même nature s'est trouvée
assez constante chez les différents sujets. A. B.-F.
858. — A. GALLI. — Soprala perce zionedimovimentiapparentipro-
dotti con stimoli sensoriali diversi (Sur la perception des mouve
ments apparents produits avec diverses stimulations sensorielles). —
Archivio di Scienze biologiche, 1931, extrait, 46 pages.
L'auteur, dans des essais préliminaires sur la perception de mou
vement apparent, a réussi à engendrer l'impression avec des stimuli
hétérogènes, en combinant par deux, et même par trois, des excita
tions lumineuses, tactiles et sonores. Il faut que les intervalles soient
d'une durée convenable, conformément à la règle générale de Werthei-
mer : trop grands, on perçoit des objets séparés, indépendants; trop
petits, on a l'impression d'une simultanéité ; entre les deux, on
p:ut organiser la perception sur le schéma de l'objet unique qui se
déplace.
Mais il y a, suivant les stimuli, une inégale facilité à organiser la 574 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
perception sur ce schéma : c'est pour les excitations visuelles que la
disposition est la plus grande, ensuite pour les tactiles, avec une
beaucoup plus grande difficulté pour les stimuli sonores. Cependant,
l'élément visuel n'est pas indispensable, comme G. a pu le vérifier
en s'adressant à un aveugle-né, qui a réellement des impressions de
passages, de mouvements d'un objet unique, exerçant une excitation
tactile en deux points différents, ou faisant du bruit et venant
toucher. H. P.
859. — A. GALLI et A. ZAMA. — Ricerche sulla perce zione di
configura zioni geometriche piane mascherate in tutto o in partie
da altre configura zioni (Recherches sur la perception de figures
géométriques planes masquées en tout ou partie par d'autres figures). —
Extrait des Contributi del Laboratorio di Psicologia... Univ. del
Sacro Cuore, V. — In-8° de 43 pages, Milan, 1931.
Ce travail représente la 6e des contributions à l'étude de la per
ception dirigées par A. Gemelli. Il est fondé sur l'utilisation de 39
figures ingénieuses où une forme géométrique simple (triangle, carré,
cercle, hexagone, etc.) se trouve masquée par des traits consti
tuant des formes perturbatrices (comme le carré de la figure ci-jointe
est masqué par les 4 angles divisés entourant chaque côté).
La difficulté rencontrée ainsi dans l'identification de la forme géo
métrique fondamentale, en retardant la perception, permet de SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 575
mieux saisir le processus perceptif dans sa genèse. Les analyses des
sujets permettent tout d'abord de vérifier la loi d'économie maxima
mise en évidence déjà au cours des recherches antérieures de G., et
de démontrer une fois de plus, le rôle de la signification, élément in
tellectuel, dans la construction perceptive. Contrairement aux Ges-
taltistes, les auteurs trouvent que la forme ne représente pas simple
ment comme un donné qui s'impose plus ou moins, mais qu'elle
s'élabore, et doit s'organiser en unité douée de sens.
Les expériences ont permis de séparer ce qui relève de « l'organisa
tion intuitive » initiale, et ce qui appartient à la « prise de significa» (Michotte) qui s'incorpore, qui s'intègre dans la perception,
de manière à la modifier.
Les conditions agissant sur la perception, aussi bien sur l'organisa
tion sensorielle que sur les liaisons avec l'élément intellectuel, se
montrent multiples et rendent singulièrement complexe le processus
perceptif. H. P.
860. — E. NIEHAUS. — Untersuchungen zur Psychologie des Sondenp
rinzips [Recherches sur la psychologie du principe de la sonde). —
Z. für Ps., CXXII, 1931, p. 28-83.
N. étudie l'exploration d'objets au moyen de sondes ou tiges tenues
à la main. On peut mesurer le seuil de la distance d'un objet touché au
moyen de tiges de longueur différente ; on obtient des différences de
0 cm. 2 à 0 cm. 5. Il n'y a aucune représentation des positions des
organes, aucune conscience de construction de la distance à partir
de sensations tactiles et kinesthésiques. Quand on emploie simultané
ment la main et la sonde pour comparer deux distances, les rense
ignements valent sensiblement ceux qu'on aurait obtenus avec les
deux mains. Il en est de même dans la comparaison de longueurs
parallèles au plan frontal et limitées sur une règle horizontale par
des index mobiles. On obtient encore de bons résultats lorsqu'au
lieu de tenir la sonde à la main, on la fixe au poignet, au pied, ou on
la serre entre les dents. ïl est indifférent qu'on rapproche la sonde de
l'objet à explorer en l'appuyant sur une surface solide ou en la tenant
en l'air. On peut éliminer l'appréciation de la distance par le temps
en fixant uniformément la durée de celui-ci par les battements d'un
métronome.
Les expériences de reconnaissance de formes et d'objets obligent
à distinguer l'identification primaire (locale) et l'identification secon
daire (générale). La sonde est plus analytique que la main ; elle
renseigne plus lentement sur la forme. Grâce à la sensibilité vibrat
oire, elle indique assez bien la qualité des surfaces.
Des expériences de comparaison ont été faites sur des aveugles à
cécité congénitale ou acquise. En principe, les résultats sont aussi
bons que chez le clairvoyant, quoique certains aveugles s'adaptent
moins vite à la nouveauté des expériences et que beaucoup d'objets
à reconnaître leur soient peu familiers. P. G.
861. - P. VILLEY. - Psychologie de la lecture tactile. - J. de Ps.,
XXVIII, 1931, p. 213-249.
La lecture tactile est à la fois une lecture et une lecture par le tou-=

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