Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 524-538

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 524-538
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies.
Illusions et sens spatial.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 524-538.
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp.
524-538.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5316.
524 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
échelle de -f 5 à — 5, et de dire combien d'heures de sommeil ils
avaient eu la nuit précédente. La moyenne des euphories est positive
et a un rapport positif avec le sommeil, le nombre d'heures oscillant
autour de 8. L'euphorie des femmes est plus grande que celle des-
hommes (+ 2,19 > + 1,28) et en rapport avec le fait qu'elles ont
en moyenne 1 heure de sommeil de plus que les hommes.
J. F.-W.
752. — V. NERI, BORGATTI, DAGNINI, SCAGLIOTTI. —
Recherches expérimentales sur le mécanisme par lequel l'excitation
de l'infundibulum produit le sommeil. — R. N., XLI, i, 6, 1934,
p. 909-911.
Les auteurs ont pratiqué une expérience de circulation croisée
chez le chien, pour déterminer si l'action hypnique infundibulaire
était hormonale. Mais la piqûre hypophysaire chez le chien donneur
a bien entraîné le sommeil, sans répercussion sur le receveur ;,
le mécanisme paraît donc bien être purement nerveux. H. P.
V. — Sensation et Perception
1° Généralités
a) Lois de la sensation et de la perception
Synesthésies. Illusions et sens spatial1
75?. — P. SALZI. — La sensation. Étude de sa genèse et de son rôle
dans la connaissance. — In-8° de 193 pages. Paris, Alcan, 1934.
L'auteur a fait l'hypothèse que la sensation ressortissait à une-
activité mentale, ne pouvant être expliquée de façon satisfaisante
par* l'action des objets ou la stimulation nerveuse, et que, dès lorsr
raffinement de l'activité mentale pouvait perfectionner la sensation,
en dehors des actions organiques.
Et il a eu la hardiesse de chercher dans l'expérimentation le
moyen, en vérifiant la déduction, de prouver la validité de la thèse.
Il a, pour cela, fait appel à des individus présentant des anomalies-
de la vision, myopie, astigmatisme, nystagmus, kératite, et cherché à
corriger ces anomalies par des exercices intellectuels.
Et l'anticipation mentale lui a paru capable d'adapter l'organisme
aux conditions de la meilleure vision, de rectifier effectivement la
myopie.
Malheureusement les expériences n'ont pas été faites dans des
conditions suffisamment précises pour avoir un caractère probant, et
l'optimisme confiant de l'auteur en les capacités de la pensée est
certainement excessif.
Si on limitait à la réaction perceptive, réaction de connaissance
complexe, les modifications et améliorations que l'exercice intelligent
peut apporter, la thèse serait acceptable, mais sans être vraiment
neuve ; pour ce qui est des processus sensoriels élémentaires, sans-
nier a priori, on peut rester dans le doute tant qu'une démonstratioa
•satisfaisante n'est pas apportée.
1. Voir aussi les N06 64, 81, 803, 807, 803, 933, ll">8. SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 525
Dans l'ensemble, le travail comporte un effort sérieux de document
ation, avec quelques erreurs de détail, mais il ne sépare pas suff
isamment les théories métaphysiques sur le rôle de la conscience et
la réfutation de conceptions « psychobiologiques », mannequin en
partie imaginaire destiné à recevoir les coups, d'avec le problème scien
tifique, accessible à l'investigation expérimentale. H. P.
754. — Y. RENQVIST. — Der sinnesphysiologische Versuch als
Grundform des exakten Experimentes (La recherche de physiologie
des sens comme forme fondamentale de V expérience exacte). — ■
Annales Academiae Scientiarum Fennicae A., XLI, 2, 1934.
Extrait, 38 pages.
La psychophysique primitive visait à l'explication des phéno
mènes proprement psychologiques, les sensations apparaissant
comme les éléments de la vie mentale constitutifs des états complexes
par combinaisons associatives. Contre cette attitude, la réaction de
la psychologie de la « Gestalt » a fait de la sensation une pure abstrac
tion.
L'auteur, dans le cadre de la logique de Carnap, qu'il a entièr
ement adoptée, situe la recherche qui étudie les relations du stimulus
et de la sensation, définissant le stimulus (classe d'abstractions
visant des grandeurs physico-chimiques qui se trouvent en relation
<Tisoniorphie (égalité) avec des sensations), et la sensation (classe
■d'abstractions en rapport avec la relation d'une égalité de contenu).
Il rappelle les différences de la mesure « topologique » et « métri
que », dans ses applications aux déterminations quantitatives portant
sur les sensations (seuils absolus et différentiels). Puis, se fondant sur
3e concept d'implication de probabilité de Reichenbach, il montre
que c'est sous cette forme que l'on peut envisager la relation causale
•du stimulus à la sensation.
Enfin, comme mesurer des sensations est bien un comportement
humain, comportement scientifique, exact, et relève ainsi de la
psychologie générale, science du comportement humain en général,
il situe cette recherche méthodologique comme donnant le type
de « l'expérimentation exacte ». H. P.
755. — M. PRADINES. — La sensibilité élémentaire. III. Les sens
de la défense. — In-8° de 381 pages. Paris, Les Belles-Lettres,
1934. Prix : 50 francs.
Le grand ouvrage que P. consacre à la philosophie de la sensation
se poursuit régulièrement, en des exposés particulièrement riches,
d'une pensée complexe et intéressante, dont l'expression est toujours
très recherchée, et tend à une systématisation synthétique et intellec
tualisée de l'ensemble de sensations dont la science poursuit l'étude
analytique.
La sensation est conçue comme la forme d'intelligence des êtres
qui doivent assurer par le mouvement leur entretien et leur défense ;
la qualité indique le but à atteindre, l'intensité donnerait le chemin,
tandis que le mouvement est le moyen, élément nécessaire de toute
sensition s ins être lui-même sensation, connu dans des impressions
internes. 526 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'« affection » douleur ne peut non plus être sensation, bien
que « comme élément original d'irritation, elle puisse en supporter
une, et qu'elle le fasse, en effet, sans aucun doute, dans le toucher,,
le poids, la piqûre ».
Définissant la sensation comme « une synthèse de la qualité et du.
mouvement par l'intermédiaire de l'intensité », P. trouve là un prin
cipe de coordination pour les sensibilités d'apparence anarchique de
la peau.
Le sens tactile est rétabli dans sa position centrale, et, s'il n'est
que la première étape de la connaissance sensorielle, il est à la base
des sens plus élevés, ouïe et vue, qui devront s'appuyer sur lui,
formant une « tactilité » supérieure, la « sensori alité » étant toujours
envisagée comme une unité, aboutissant à une parfaite représentation.
Cette conception réaliste s'accorde difficilement avec les données-
physiologiques sur l'homogénéité des messages sensoriels.
La suite des chapitres de ce livre envisage l'acte tactile, les
rapports du toucher et de la douleur (qui appartient aux sens de
la défense, tandis que le plaisir relève des sens du besoin, intéressante-
idée précédemment développée) la perception tactile de l'espace, le
sens de la force, les qualités tactiles (dureté, rugosité), enfin le sens.
thermique (qui, sous la forme « tactilo-thermique » considérée comme
entièrement différente de la forme réceptrice de la chaleur rayon
nante, aurait une fin essentielle de protection et de défense cutanée,
et, secondairement, d'appropriation, en union avec la tactilité al
imentaire ou sexuelle). H. P.
756. — H. WERNER. — L'unité des sens. — J. de Ps., XXXI,
1934, p. 190-205.
Selon la conception dominante au xixe siècle, toutes les percep
tions étaient composées d'éléments individuels, toujours semblables-
à eux-mêmes, les sensations, et restaient invariables tant que les
excitants qui atteignent l'organisme ne changent pas. Les exceptions-
à cette règle, d'abord considérées comme des illusions, ont conduit
à la théorie de la forme, selon laquelle la partie dépend du tout.
Loin que la perception se compose d'éléments isolés, constants et
rigides, ces éléments sont le terme très évolué de l'analyse intellec
tuelle. Cette théorie n'est pas valable seulement à l'intérieur d'ua
même domaine sensoriel, par exemple le domaine optique, mais aussi
pour les relations des divers domaines sensoriels. Il existe un certain
nombre de qualités intersensorielles pour lesquelles l'explication
par un transfert métaphorique, une association d'idées entre domaines
sensoriels séparés semble insuffisante. La thèse de l'unité organique
des sens est confirmée qar des expériences établissant que les divers
domaines sensoriels exercent une influence les uns sur les. autres et
que dans certaines sphères psychiques l'unité de ces divers domaines-
est réellement sentie par la conscience. Les sens différenciés se
développent à partir d'une sensibilité générale unique, synesthés
ique. Cette hypothèse génétique est confirmée non seulement par la
succession de la sensibilité différenciée à la sensibilité synesthésique
chez un même sujet, mais aussi par la plus grande fréquence de&
impressions synesthésiques chez l'enfant, le primitif et le psychopathe- SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 527
que chez l'adulte civilisé normal. Les qualités synesthésiques ont
leur siège dans l'organisme psychophysiologique total, comprenant
à la fois la sensibilité et la motricité encore indifférenciées.
G.-H. L.
757. — A. WENZL. — Zum Problem des Bewusstseinsumfanges für
Sinnvolle Darbietungen (Problème de l'étendue de la conscience en
face des présentations significatives). — A. f. ges. Ps., XGII, 1-2,.
1934, p. 249-278.
Obtenir un « découpé » de la conscience, déterminer ce qu'elle-
peut enregistrer dans une durée infime sinon simultanément, tel
est le but que l'A. essaie d'atteindre par cette recherche. On présente-
aux sujets : 1° des éléments dépourvus de sens, dont la grandeur,
la forme, la couleur sont uniformes ou variées. Ceci n'est qu'une
initiation aux épreuves principales qui se rapportent aux présenta
tions possédant une signification : mots allemands ou étrangers,
écriture et Stenogramme, formules mathématiques ou chimiques,,
cartes astronomiques, photographies de groupes de personnes, natures
mortes, images de réclame, illustrations de contes, illustrations de
chansons, etc.
La consigne prescrit de suivre la présentation avec le maximum
d'attention pour pouvoir donner la description la plus détaillée
et indiquer le nombre d'éléments.
1° Présentations dépourvues de sens : Le nombre moyen d'él
éments retenus est 5-6. Il peut être dépassé dans des circonstances
particulières, notamment là où la forme géométrique ou un groupe
ment favorable des éléments le permet.
L'analyse des témoignages montre que même là où 5-6 éléments
sont énumérés on ne peut en fixer bien distinctement et avec précision
que 3. Lorsque la couleur et la forme sont différentes, le nombre
des éléments retenus se réduit à 3-4. Une tendance à homogénéiser
les apparaît lorsqu'on en présente un nombre trop élevé.
De même quand ce nombre augmente, il se crée une sorte d'inhibition
qui empêche le sujet de retenir même un nombre d'éléments égal à.
celui qu'il fixait dans le cas d'une difficulté plus abordable ;
2° Présentation des ensembles significatifs : la plupart des sujets
ne remarquent pas les parties constituant l'ensemble. Ils se bornent
généralement à saisir le sens de ce dernier. Par contre, les attributs
physionomiques ou esthétiques ainsi que la couleur, même lorsqu'ils
ne possèdent aucune valeur pour le sens de l'ensemble, sont toujours
retenus. Les détails de l'image, du moment où ils n'ont pas de rôle
dans la signification de l'ensemble, sont complètement négligés.
Le même phénomène se répète quant aux éléments étrangers à
l'image (exemple : cadres), mais ceux-ci peuvent s'imposer enfin si
on les répète dans les images successives.
L'aperception globale de l'ensemble, non seulement ne présente-
aucune gêne mais au contraire favorise la faculté de saisir une
multitude d'éléments. L'étendue de conscience est généralement
plus large chez des sujets qui embrassent la structure globale que
chez ceux dont le point de départ est constitué par les structures
partielles. Le nombre des éléments retenus est de 4-5,. ils se rappro- 528 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
-chent de la valeur qu'on a trouvée pour les éléments sans signification.
La petite différence s'explique par le fait qu'ici le groupement des
•éléments est moins facile. Ici comme précédemment, l'analyse plus
profonde des témoignages montre qu'en réalité pas plus de 3 éléments
ne peuvent être saisis distinctement d'une façon simultanée.
La durée d'exposition minima nécessaire est 10 a. Si la présenta
tion ne comporte qu'une unité, cette durée est suffisante pour la
fixation de tous les détails et attributs. Le rendement n'est pas
meilleur après l'exposition longue. Seule la couleur n'est pas disti
nguée avec les courtes durées. Les durées prolongées, non inférieures à
25 g se montrent indispensables là où intervient la lecture ou la parole
intérieure. La durée moyenne adoptéa dans cette expérience a été
fixée à 0,1 sec. Mais on peut affirmer que pour obtenir des différences
-de rendement notables, il faut passer dans la présentation des
ensembles de 0,01 sec. à 0,5 sec. Ceci est d'accord avec les résultats
obtenus par H. Carl dans ses recherches sur la reconnaissance au
tachistoscope.
On a constaté aussi des différences individuelles relatives à la
fixation d'un ensemble ou de ses parties, à la richesse de l'édification
structurelle, à l'attitude contemplative-passive ou active-transfor-
matrice des éléments présentés, enfin des différences relatives à la rapi
dité du « réaiguillage ». S. K.
758. — L. VAN DER HORST et J. VAN ESSEN. — Ueber eine
neue Methode zur Messung der Wahrnehmungszeit (Sur une
nouvelle méthode pour la mesure du temps de latence perceptive ). —
M. M ON JE. — Ueber die Unterschiedsempfindungszeit (Sur
le temps de latence de la sensation différentielle). — A. f. ges. Ps.,
LXXXVII, 1933, p. 287-298, et XCI, 1934, p. 475-489.
Après une critique des méthodes utilisées jusqu'ici, les premiers
auteurs proposent ce qu'ils considèrent comme une méthode correcte
pour la détermination du temps de latence de la sensation lumineuse.
Derrière un verre dépoli, seul visible dans une chambre obscure
et uniformément éclairée, deux écrans obturant les rayons éclairants
se déplacent en un mouvement alternatif qui les rapproche jusqu'au
contact, et les éloigne, en sorte que la surface lumineuse se trouve
symétriquement réduite et annulée pour recouvrer progressivement
son étendue totale. Avec un mouvement tel que chaque centimètre
est parcouru en 3 centièmes de seconde environ, en utilisant la gra
duation (5 traits au centimètre) portée par le verre dépoli, le sujet
•doit noter la grandeur de la surface éclairée quand se présente une
variation brusque d'éclairement (que l'on réalise au cours de la
■divergence ou de la convergence des écrans).
Il y a un retard de perception facilement calculé d'après la vitesse
du mouvement. Ce retard a été trouvé de 77 a en moyenne chez les
adultes (minimum de 47 a) ; il serait beaucoup plus long les
enfants (?), dépassant souvent 224 a (avec minimum de 108 a).
M., répondant aux critiques des auteurs, signale que leur méthode
permet de mesurer le temps de latence d'une sensation différentielle,
perception d'une variation de brillance, mais que leur
{sans fixation) est peu satisfaisante. SENSATION ET PERCEPTION. G EN KR ALITÉS 529
II fait à son tour des déterminations de cette latence, en utilisant
la méthode de Hazelhoff (projection de la position d'une strie lumi
neuse perçue quand l'œil suit un mobile qui l'accompagne) et trouve
les valeurs suivantes (en a) pour un accroissement de 7 lux à partir
d'une valeur initiale d'éclairement variable (l'accroissement étant à
peu près liminaire pour la première valeur) :
^clairement initial (lux) 90 27 10 3 0,4
.Latence (chez Mo) 157 1J0 74 40 37
II trouve que la décroissance est fonction logarithmique de
l'intensité, comme pour les latences absolues (l'approximation restant
assez grossière). Mais les chiffres s'accordent avec une décroissance en
fonction inverse de la racine carrée des intensités, pour ce qui est de
140
■la marge, réductible (t = -^ + 30).
Des diminutions d'éclairement ou des augmentations donnent
des valeurs semblables de latence ; par exemple la latence est de 118 a
•en passant de 34 à 27 lux, et de 38 en passant de 7,4 à 0,4 (37 en pas
sant de 0,4 à 7,4.)
Dans l'adaptation à l'obscurité, un accroissement de 1,9 lux a été
«xaminé à 2 niveaux, de 0,2 lux (latences de 66 a chez Mo et de 35 chez
Ho) et de 2 lux (latences de 121 et 65 a chez les 2 sujets). II. P.
759. — F. M. URBAN. — Das Weber-Fechnersehe Gesetz und die
Messbarkeit psychischer Mannigfaltigkeiten (La loi de Weber-
Fechner et la mensurabilité des variétés psychiques ). — A. f. ges. Ps.,
XG, 3-4, 1934, p. 301-320.
L'A. discute les travaux de L. L. Thurstone sur la validité de la
loi de Fechner pour les excitations de nature particulière. Il essaie
de mettre en relief la suite générale du raisonnement dépouillé des
■calculs compliqués et absorbants. La loi de Weber (sur la constance
du seuil différentiel) et celle de Fechner (la sensation croît comme le
logarithme de l'excitation) sont deux thèses différentes dont on
affirme généralement la dépendance logique. Pourtant on peut se
demander si une telle existe véritablement partout et
toujours.
L'A. indique un cas où seule une des deux lois, celle de Weber,
trouve sa confirmation. D'autres formules que celle de la loi logarit
hmique peuvent servir pour exprimer le rapport qui lie les seuils
différentiels aux excitations étalons. Ici s'ajoute une autre difficulté
du fait de la durée égale ou inégale des intervalles entre des excita
tions de degré différent. L'auteur donne en exemple comment dans la
psycho-physique moderne la loi de probabilité peut remplacer la loi
d'un lien fonctionnel. Il montre sur les valeurs numériques emprunt
ées aux travaux de Thurstone que par la dissection des surfaces de
fréquence on peut déterminer les constantes des seuils différentiels
relatifs aux degrés successifs de l'excitation ainsi que les zones d'incer
titude. »S. K.
760. — W, R. CARLSON, R. G. DRIVER et M. G. PETERSON. —
Judgment times for the method of constant stimuli (Temps de
l'année psychologique, xxxv 34 530 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
jugement dans la méthode des stimuli constants). — J. of exp.
Ps., XVII, 1934, p. 113-118. — S. W. FERNBERGER. E. GLASS,
J. HOFFMAN et M. WILLIG. — Judgment times of different
psychophysical categories (Temps de jugement de différentes caté
gories physiques). — J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 286-293.
Les temps de réaction dans la comparaison de deux poids sont
sensiblement les mêmes, que le sujet réponde : plus lourd, plus léger
ou égal. Les différences trouvées par certains auteurs entre les temps-
des deux premières réponses s'expliquent peut-être par l'exclusion
de la réponse égal.
Employant le même dispositif que les auteurs précédents, F. et
ses collaborateurs laissent les sujets libres de répondre égal, mais-
demandent de ne le faire qu'en cas d'impossibilité absolue de répondre
autrement. Non seulement, ici, le nombre des jugements égal diminue,
mais le temps de réaction augmente. P. G.
761. — J. G. NEEDHAM. — Prior entry within a single sense depart
ment (La loi de priorité dans le même domaine sensoriel). —
J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 400-411.
Cinq sons uniformes d'une durée de 0 s. 25 chacun se suivent
à 0,25 s. d'intervalle. Un son de timbre différent et de même durée
s'intercale quelque part dans la série ; il peut coïncider exactement
avec l'un des sons de la série ou avec l'intervalle entre deux sons, ou
enfin se placer dans les positions intermédiaires. On a convenu de
certaines désignations pour ces 5 positions. Le sujet doit déterminer
la position du son étranger. Les erreurs négatives ont une très
forte prépondérance sur les erreurs positives, c'est-à-dire que le
sujet localise le son trop tôt (excepté pour le cas où celui-ci se place
exactement dans l'intervalle vide : les erreurs ont ici une distribution
plus complexe). Cette erreur systématique confirmerait la loi de
priorité : l'objet de l'attention précède dans la conscience les faits
simultanés qui ne sont pas objets de l'attention. L'erreur semble
d'ailleurs plus ou moins forte suivant la manière dont le sujet partage
son attention entre le son étranger et la série de référence. P. G.
762. — J. LINDWORSKY. — Consciousness versus mechanisms
in the theory Of perception (Conscience et mécanismes dans la
théorie de la perception). — J. of gen. Ps., XI, 2, 1934, p. 369-378.
La vision diurne et crépusculaire s'explique très bien par un
mécanisme physiologique : cônes et bâtonnets ; ce mécanisme est
fondé sur des constatations anatomiques, il se borne à rendre compte
de la sensation et celle-ci ne pourrait s'expliquer ici par l'expérience
consciente. Au contraire, la localisation tactile, la constance de loca
lisation des objets durant le mouvement d'oeil, les images de distor
sion de Zöllner font appel à notre expérience passée ; il est alors-
vain d'exprimer celle-ci par des mécanismes corticaux purement
imaginaires.
L. propose une hypothèse : le message sensoriel ne fournit pas une
localisation immédiate du stimulus, et une méthode : considérons de
nouveau la perception du point de vue de l'accompagnement cons- SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 531
cient et plusieurs faits apparaîtront plus simples et naturels que ne
l'a permis la recherche « physiologique ».
Vérification (sic) de l'hypothèse : la vision simple avec 2 yeux,
la vision en profondeur (L. oppose à la conception de Hering une
expérience où, les 2 images monoculaires étant de qualité différente,
la conscience se montre plus forte dans une certaine mesure que le
mécanisme physiologique) et la localisation tactile.
L. repousse les mécanismes configurationnels gratuits de la
Gestalttheorie ; ne tombe-t-il pas dans l'excès contraire, alors que
l'anatomie et la physiologie nerveuse progressent et nous fournissent
tant de données précises ? G. D.
763. — H. L. KINGSLEY. — The influence of instruction and
context upon perspective search (Influence de l'instruction et du
contexte sur la recherche visuelle). — Am. J. of Ps., XLVI, 3, 1934,
p. 437-442.
La méthode employée par l'auteur rappelle celle qu'il avait utilisée
dans son étude antérieure sur la recherche d'un objet déterminé un champ visuel, mais cette fois-ci la description verbale de
l'objet a été remplacée par une présentation visuelle préalable de lui-même (portion de l'image). Les processus de recherche et
de reconnaissance se déroulent de la même façon dans les deux cas,
mais la présentation visuelle de l'objet laisse le sujet mieux préparé
et facilite la reconnaissance, qui est plus rapide, plus complète et
plus certaine.
La découverte, parmi une série de nombres, d'un nombre déter
miné désigné oralement au sujet antérieurement à la présentation de
la liste, est tout aussi aisée et rapide que celle de l'objet présenté
visuellement. Dans les deux cas, l'anticipation correcte facilite la
découverte. A. B.-F.
764. — TURGET IZZET. — Gewicht und Dichte als Gegenstände der
Wahrnehmung (Poids et densité comme objets de la perception). —
A. f. ges. Ps., XGI, 3-4, 1934, p. 305-318.
Le point de départ de cette recherche est l'illusion bien connue
que de deux objets de poids identique le plus petit paraît le plus
lourd. Ainsi l'évaluation du poids n'est pas une valeur uniforme, elle
est un intermédiaire entre le jugement que l'on porte sur le poids et
sur la densité.
L'objet étalon était une boîte de 15-30 cm3 de dimension et
pesant 15 grammes comparé à des objets analogues mais dont le
volume variait. On avait adopté 3 sortes de présentation : a) visuelle-
tactile ; b) visuelle ; c) tactile. A chaque évaluation du poids effectuée
avec les deux mains correspondait une série d'expériences avec la
main droite et une série parallèle avec la main gauche. Chaque série
fut présentée dans un ordre de valeurs croissantes, décroissantes et
variées. 13 sujets, étudiants en psychologie, subirent chacun 42 séries
d'épreuves.
L'intérêt du sujet devait se porter une fois vers l'évaluation du
poids, l'autre fois vers celle de la densité qui était définie comme
le rapport entre la masse et le volume de l'objet. La séparation de ces .
532 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
deux attitudes psychiques est très difficile et la perception du poids
possède une énergie fonctionnelle décisive. On peuten voir la eause
dans l'emploi biologique plus fréquent de l'appréciation du poids que
de l'estimation de la densité. La constance de cette première appréciat
ion, lorsqu'on changeait les volumes, se montrait plus élevée que
celle relative à l'évaluation de la densité dans les mêmes conditions
(80 % contre 50 %).
La nature de la présentation (visuelle, tactile ou visuelle-tactile)
n'avait pas d'importance pratique.
L'influence de l'ordre de valeurs se fait sentir ; la valeur moyenne
de la série présentée dans l'ordre croissant est de 18 unités plus élevée
que celle relative à l'ordre décroissant. La valeur moyenne de la
présentation variée occupe le rang intermédiaire entre les deux
précédentes.
On observe aussi une surestimation du poids et de la densité
des objets évalués avec la main gauche. S. K.
765. — E. KNOBLAUCH. — Vergleichende Untersuchungen zur
optischen Auffassung hochgradig schwachsinniger und normaler
Kinder (Étude comparée de la perception optique d'enfants imbéc
iles et d'enfants normaux). — Z. für ang. Ps., XLVII, 5-6, 1934,
p. 305-375.
Pour cette étude l'auteur devait trouver un test qui permît de
déceler la perception optique même chez des enfants imbéciles ne
pouvant s'exprimer verbalement. Elle a utilisé des boîtes dont cha
cune comportait une figure sur la face supérieure : un cercle tout noir,
3 ellipses toutes noires de largeur différente, un trou de la forme
du cercle, une circonférence, 2 cylindres de hauteur différente, une
sphère, un cône, plusieurs figures toutes noires et angulaires.
L'examinateur présente d'abord, dans une série d'apprentissage,
la boîte au cercle tout noir avec chacune des autres boîtes, l'une
après l'autre. Chaque fois le sujet doit choisir une des deux boîtes,
et lorsqu'il choisit la boîte au cercle tout noir, un jouet (pantin, etc.)
se met à fonctionner. Si le dressage est arrivé à un tel point que le
sujet choisisse toujours la boîte au cercle tout noir la série critique
commence. La boîte au cercle tout noir est remplacée successivement
par toutes les autres boîtes aux figures rondes, et celles-ci sont
présentées avec une des autres figures, rondes ou angulaires. Le
sujet doit donc, pour faire marcher le jouet, choisir chaque fois
celle des 2 figures qui, à son avis, ressemble le plus au cercle tout noir.
Toutes les présentations faites, les résultats permettent d'établir une
échelle indiquant l'ordre de ressemblance que donne le sujet à toutes
les figures.
Cette expérience fut faite avec 16 enfants d'un très haut degré
de débilité mentale, 4 enfants légèrement débiles, 14 enfants normaux
ou presque normaux, et 4 adultes normaux.
Les résultats montrèrent des différences très nettes entre les
groupes. Les débiles perçoivent la forme optique comme une totalité
assez diffuse ; le cercle noir n'est pour eux qu'une tache noire sur
fond blanc. Ils préfèrent donc Ifs fiïr.Ts toutes noires, même angul
aires et ne font des dis'„irxLij.:3 qu'entre los figures allongées et les

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