Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 468-483

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L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 468-483
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1935
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies.
Illusions et sens spatial
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 468-483.
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a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp.
468-483.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1935_num_36_1_30710468 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de persécution (qui traduisaient peut-être un certain état psychosique
préexistant).
Sauf pour l'acuité visuelle, il n'y eut pas de diminution notable
d'efficience, mais la synthèse mentale a paru aux auteurs nettement
affectée par l'insomnie, avec de l'irritabilité et de la désorientation.
H. P.
738. — D. A. LAIRD. — Types of sleepers (Types de dormeurs).
— Medical Record, GXLII, 1935, p. 13-15.
Chez 14. sujets pendant le sommeil, au cours d'un mois, l'analyse
des mouvements effectués d'heure en heure permet* de constater
de grandes différences individuelles.
Chez des couples de frères et de sœurs, le type de la courbe
de sommeil présente une grande similitude.
L'évolution normale comporterait une augmentation graduelle ' d'activité, d'heure en heure (type en crescendo). H. P.
V. — Sensation et Perception
1° GÉNÉRALITÉS
a) Lois de la sensation et de la perception
Synesthésies. Illusions et sens spatial1
739. — Y. RENQVIST-REENPÄÄ. — Allgemeine Sinnesphysiologie
(Physiologie générale des sens). — In-8° de 160 pages. Vienne,
J. Springer, 1936. Prix : 12 R. M.
Après 1' Allgemeine Sinnesphysiologie de Von Kries, publiée
en 1923, voici celle du professeur de physiologie de l'Université
d'Helsinki, dont les nombreux travaux sur les sens depuis bien des
années ont toujours été marqués par l'originalité des points de vue.
Cette originalité se manifeste pleinement dans ce volume qui a vra
iment un caractère général et constitue un essai philosophique des plus
intéressants, se reliant directement à la logique de l'école de Vienne.
La notion de mesure, topologique et métrique, de recherche
partielle ou complète, et d'exactitude, la signification de la loi
de Weber, les relations du monde physique et du monde des sens,
avec examen particulier des fondements perceptifs de la géométrie
et de la mécanique, font l'objet des divers chapitres.
Aux vues personnelles fondamentales de Renqvist, nous consa
crons dans ce volume même de V Année (p. 147-156) un examen cr
itique auquel nous devons ici renvoyer. H. P.
740. — C. GEORGIADE. — Psihologie sau Fizica (Psychologie
ou physique). — Analele de Psihologie, II, 1935, p. 143-158.
G. critique un travail de son compatriote, G. Zapan, sur « la
théorie des systèmes psychophysiques exposée dans l'hypothèse
de champs somatiques non homogènes ».
Ce dernier travail, inspiré de la théorie gestaltiste, vise à expliquer
1. V. aussi les n°s 428, 463, 670, 789, 797. ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 469 SENSATION
à la fois les illusions optico-géométriques et les processus d'apprent
issage et d'exercice par intervention de processus de différenciation
du champ somatique analogues aux déformations physiques d'une
plaque métallique soumise, dans sa structure homogène, à l'action
de facteurs thermiques.
Des modifications de tension, de densité, pourraient être engen
drées par les influx nerveux dans le champ somatique préalablement
homogène.
Mais à cet égard, G. montre que la physiologie nerveuse ne
s'accorde pas avec une telle hypothèse, les variations de l'influx
nerveux concernant la fréquence seule, qui n'est pas assimilable
à la densité d'une plaque métallique, avec invariance de l'intensité.
On peut donner des explications des illusions en faisant appel
à la phénoménologie perceptive. H. P.
741. — H. DELGADO. — Psicologia general y psïcopatologia de
la Pereepeion (Psychologie générale et psychopathologie de la
perception), — Actualidad Medica peruana, août 1935. Extrait,
19 pages.
La perception entraîne, pour D., un acte intentionnel relatif
aux objets sensibles, et elle présente un aspect « gnostique » pour
ce qui concerne l'objet et un aspect « pathique » pour ce qui a trait
à l'expérience elle-même.
Les anomalies de la perception sont envisagées et classées suc
cinctement ; les causes en sont recherchées, avec ce principe général
que la personnalité totale du sujet — pensée, langage, sentiment —
participe toujours à la production et à la détermination du contenu
des anomalies de la perception et des hallucinations en particulier.
H. P.
742. -— TH. ERISMANN. — Die Empfindungszeit (Le temps de
sensation). — A. f. ges. Ps., XGIII, 3-4, 1935, p. 453-519.
Chaque mensuration suppose une comparaison. Cette dernière
ne peut avoir lieu que lorsque les objets comparés deviennent des
objets de conscience. Pour des mesures physiques, cette condition
n'entraîne pas de difficulté. Celle-ci devient insurmontable lorsqu'il
s'agit de mesurer les phénomènes psychophysiques tels que le
temps de latence, le temps de sensation, etc.
Selon cette thèse, toutes les comparaisons, et par conséquent
toutes celles qui concernent le temps, peuvent s'adresser uniquement
aux processus dont le temps de sensation s'est écoulé. Le retard
entre le physiologique, périphérique et cérébral, déterminé
par l'excitation d'une part et la conscience d'une sensation d'autre
part, peut comporter une fraction minime de seconde aussi bien
qu'il durer longtemps sans que nous ayons le moyen d'en
savoir quelque chose. Nous ne pouvons pas décomposer ce temps
dans ses détails, car nous ne mesurer que le temps du
processus global exprimé par le temps de réaction. Ainsi, nous
ne pouvons déterminer que la limite supérieure de la durée absolue
de perception. Une partie de ce processus s'écoule dans le monde
des régularités physiques, une autre partie dans celui de la conscience 470 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
et nous ne connaissons pas le rapport qui, au point de vue « durée »,
existe entre ces deux mondes.
La mesure du temps de sensation serait pourtant possible à
réaliser dans le cas où on pourrait en fixer un étalon absolu. Après
les recherches de Hess, deux auteurs, Hazelhoff et Fröhlich, croient
avoir trouvé cet étalon. Le mouvement de l'œil suit une excitation
lumineuse présentée sous forme d'un éclair. Hazelhoff constate
que la perception de la lumière ne se fait pas au point où théorique
ment elle devrait se produire, mais qu'elle est déplacée sur la ligne
du trajet de l'éclair. Ceci ne peut être dû, selon lui, qu'à l'intervention
du temps de sensation qui provoque un retard de la perception.
Fröhlich opère : 1° avec un excitant lumineux en mouvement et
l'œil fixe ; 2° avec un excitant lumineux fixe et l'œil en mouvement.
Il constate que, au cours des premiers instants de la perception,
l'excitant lumineux se trouve déformé. Cette déformation ne peut
s'expliquer, selon Fröhlich, que par une intervention du temps
de sensation qui provoque un retard, ce retard n'étant pas le même
sur tous les points de la rétine. Le temps de sensation relatif au
point -a-, point le premier frappé par l'excitant lumineux, est plus
long que celui du point -b- ; le temps de sensation du point -b-
se trouve plus long que celui relatif au point -o-, etc. jusqu'au point
-g- dont le temps de sensation serait — 0, et qui, de ce fait, peut
servir d'étalon. Tout ceci est déterminé par le fait que chacun des
points successifs est sensibilisé à un degré croissant par l'excitation
de ses prédécesseurs sans que cette sensibilisation atteigne, avant
l'excitation directe, la limite d'une sensation. La somme du temps
de sensation du point -c~, par exemple, et du temps que met l'exci
tant pour parcourir le trajet a-c est égal au de sensation
du point -a-. La même loi serait valable pour n'importe quel autre
point de la rétine. Le temps de sensation du point -g- étant 0,
la simultanéité de notre perception est assurée par le fait que la
durée du parcours a-g par l'excitant est égale au temps de sensation
du point -<?-. Fröhlich appelle ceci le principe de « sensibilisation »
(Vorreizprinzip).
Dans une discussion très poussée, l'A. montre les contradictions
qu'il a pu relever dans les données expérimentales de Fröhlich et de
Hess, contradictions qui infirment l'existence du temps de sensation
égal à 0. Fuis sa critique porte sur le principe même de « sensibilisa
tion » et se résume dans 4 objections :
1° Ce principe peut à la rigueur expliquer une réduction du temps
de sensation mais jamais son annulation complète ; 2° Le
de et le temps que met l'excitant pour parcourir le trajet
sur la rétine sont d'origine tout à fait différente et on ne comprend
pas pourquoi ils devraient se compenser ; 3° Cette hypothèse de
compensation apparaît encore plus complexe et invraisemblable
quand on pense qu'elle en entraîne une autre, celle de l'intensité
différente de l'excitation sur chaque point de la rétine ; 4° Admettant
même la justesse de cette hypothèse, on ne comprend pas comment
la compensation qui s'établit réciproquement entre le temps de
sensation et l'intensité de l'excitation d'tne part et le du
trajet parcouru par l'excitant d'autre part joue pour n'importe SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 471
quelle intensité et pour n'importe quelle rapidité de l'excitant.
L'A. combat ensuite vigoureusement la théorie selon laquelle
seul le processus rétinien nous informe sur la position, le mouvement
ou le repos des objets. Selon lui, la situation et les mouvements
des globes oculaires sont d'une importance capitale pour la localisa
tion des objets de la perception. L'intervention de ces deux facteurs
dans l'acte global de localisation s'est élaborée au cours de l'expérience
quotidienne et l'A. en donne une preuve intéressante.
Le sujet porte pendant un temps déterminé des lunettes-miroir.
Après un délai relativement court, le sentiment « d'avoir l'image
devant soi » s'efface et le sujet localise à leur place exacte par rapport
à son corps les objets qu'il voit derrière lui. La marche en arrière
et les mouvements de préhension deviennent aisés et le sujet com
mence à « vivre dans le monde derrière lui ». S. K.
742 bis. — F. C. TIIORNE. — The psychophysical measurement
of the temporal course of visual sensitivity (La mesure psycho
physique du cours temporel de la sensibilité visuelle). — Ar. of
Ps., XXV, no 170, 1934, 66 p.
La littérature concernant les méthodes psychophysiques, les
divers facteurs de variation du seuil, est analysée sommairement.
La méthode constante a l'inconvénient de ne donner que des résultats
statistiques (qui suffiraient si l'on savait que les seuils instantanés
offrent une distribution normale). Afin d'analyser la variation de
ces seuils, T. a employé la méthode des limites.
Le stimulas était une lumière jaune, présentée à 15° de la fovea
et durant 0,1 <r, ce qui diminue les causes périphériques de variabilité
(mouvements de l'œil, etc.). Le sujet commandait lui-même l'appa
rition du stimulus, ce qui le mettait dans les meilleures conditions
d'observation. Il avait été entraîné au préalable à ne pas répondre
aux pièges (mais peut-être aussi, de ce fait, à ne plus répondre aux
cas douteux). Chaque degré d'intensité était testé par 3 stimuli,
le seuil étant défini par 2 réponses correctes sur 3 essais. Les degrés
étaient alternativement ascendants et descendants. Toute observa
tion ayant été troublée, selon le rapport du sujet, était rejetée.
Dans ces conditions, la méthode des limites s'est montrée à
la fois rapide et précise. Le seuil est abaissé, du fait que le sujet
commande la présentation. Quant à la variabilité, elle se manifeste
à long terme, comme aussi d'une façon momentanée. On donne
une méthode pour calculer la cohérence d'une mesure, par la variation
moyenne entre les seuils des séries ascendantes et descendantes. Des
différences significatives entre les mesures successives démontrent
le changement de niveau du seuil, provoqué par une grande variété
de facteurs, d'après les rapports des sujets. On a pu produire expé
rimentalement de tels changements de niveau par des stimuli
auditifs simultanés (inhibants ou facilitateurs selon leur situation
par rapport au foyer de l'attention — ou dans la « Gestalt figure-
fond »), ainsi qu'en influençant l'attitude du sujet.
T. termine en préconisant sa méthode, qui permet de rechercher
la sensibilité optimum et d'étudier les facteurs de variation. A la
même époque, j'ai eu un souci analogue {An. Ps., XXXIV, p. 53-60). 472 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Mais je ne suis pas convaincu par les critiques de T. envers les
conceptions statistiques qui dominent actuellement. Je retiens surtout
que « le problème de présenter des stimulations nulles est plus compli
qué qu'il n'avait été prévu, et réclame une nouvelle investigation ».
G. D.
743. — B. BOURDON. — La perception (Nouveau traité de psycholog
ie, t. V, 1, p. 1-84). — Paris, Alcan, 1936. Prix : 15 francs.
Le chapitre de B. comporte une partie générale et un examen
des perceptions visuelles, auditives, tactiles et de l'espace perceptif,
avec quelques lignes sur les autres catégories de perceptions.
C'est l'exposé relatif aux perceptions de la vue qui est le plus
développé, constituant sur cette difficile question une bonne mise
au point. H. P.
744. — BÉATRICE EDGELL. — Sense perception (La perception
sensorielle). — - Br. J. of Ps., XXV, 4, 1935, p. 470-484.
Exposé critique de quelques théories épistémologiques concernant
la nature des sensations et tout spécialement la question de savoir
si notre conscience perceptuelle du monde d'objets matériels est
directe ou fondée sur l'inférence. E. examine les conceptions de
Spearman et d'Aveling qui voient dans la sensation une expérience
vécue et qui considèrent la conscience du monde matériel comme
une connaissance dérivée ; la théorie de Price pour qui les données
sensorielles sont l'objet d'une connaissance intuitive, la perception
étant, d'autre part, une acquisition progressive de la certitude ;
enfin celle de Stout qui traite la sensation comme une expérience
immédiate et la perception comme une référence indirecte au monde
matériel.
Suivant E., les psychologues ne sauraient poursuivre utilement
leurs recherches expérimentales sur les sensations sans tenir compte
des théories générales qui s'y rapportent. P. K.
745. — K. GORDON. — Perception and imagination (La perception
et V imagination). — Ps. Rev., XLII, 2, 1935, p. 166-185.
On passe par des transitions insensibles des choses perçues
aux choses imaginées. Les images de la perception peuvent être
considérées comme des constructions de l'imagination, parce que
ces images reflètent des perspectives individuelles, en rapport avec
la constitution, l'histoire et la situation présente de l'individu,
et parce que le contenu de la perception individuelle est dû en partie
à une sélection d'origine sociale. G. P.
746. — D. M. PURD Y. — The structure of the visual world. I. Space
perception and the perception of wholes (La structure du monde
visuel. I. La perception de Vespace et la perception des touts).
~ Ps. Rev., XLII, 5, 1935, p. 399-424. — II. The action of motor
impulses on sensory excitations (L 'action des impulsions motrices
sur les excitations sensorielles). ■ — Ibid., p. 528-536.
P. expose une théorie motrice de la perception visuelle.
La localisation relative des objets visuels est fondée sur un SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS 473
conflit entre les tendances oculo-motrices ou tensions, provoquées par
ces objets. La perception de la direction relative repose sur les ten
sions de fixation, la perception binoculaire de la profondeur relative
sur les tensions de convergence.
Deux objets A et B sont dits symétriques l'un par rapport
à l'autre quand chaque objet sert de système de référence pour
l'autre. La symétrie de localisation dépend de la symétrie dans le
conflit de tensions. Dans la asymétrique, l'objet ayant
la plus forte tension fonctionne comme un système de référence.
La localisation d'un objet par rapport au moi dépend de la
façon dont sa propre tension motrice lutte avec l'équilibre moteur
du corps.
La perception d'un groupe d'objets comme un tout cohérent
est déterminée par la force du conflit entre les différentes tensions
oculomotrices produites par ses parties. La disjonction correspond
à une forte rivalité de tensions ; la cohérence à une faible
rivalité.
La cohérence est favorisée par un certain nombre de facteurs
objectifs, comme Wertheimer l'a montré. Les principaux sont la
ressemblance, la continuité, la proximité dans l'espace et la monot
onie de la forme. Tous ces facteurs peuvent être ramenés à un seul,
qui est l'homogénéité ou le minimum de variation.
La loi du minimum de variation s'explique par le fait que les
différences objectives tendent à provoquer une rivalité de tensions.
La cohérence ou la disjonction dépendent aussi de facteurs
subjectifs, comme l'âge, l'attitude et l'entraînement. On peut penser
que tous ces facteurs agissent en modifiant le degré de rivalité
oculomotrice.
Lorsque la cohérence d'un groupe d'objets devient très forte,
la rivalité des impulsions de fixation tend à être remplacée par
une résultante unique, dirigée vers le centre du tout. Par suite de
cette combinaison des forces, un ensemble cohérent tend à être
localisé comme un tout par rapport à un système de référence
extérieur. Les éléments de cet ensemble n'ont donc pas de position
définie par rapport au système externe. Leur localisation est externe
plutôt qu'interne.
D'ingénieux exemples illustrent cette théorie.
II. Ainsi les objets vus ne sont' pas de simples copies des excitants
externes. La perception est basée sur des coordinations sensori-
motrices. Mais il y a encore une autre façon dont les processus moteurs
influent sur la perception. Ils peuvent encore agir sur elle d'une
manière indirecte, au niveau physiologique. Les excitations sensorielles
et motrices forment un système intercommuniquant, dans lequel
les deux éléments réagissent l'un sur l'autre.
Les faits qui montrent cette réaction du système moteur sur
la perception sont : l'absence de diplopie chez les strabiques, la diplo-
pie monoculaire (Bielschowsky,,Tschermak), le phénomène de Schu
mann (le sujet étudié par celui-ci pouvait voir deux images consé
cutives en fixant son attention sur la zone périphérique du champ
visuel, alors que la première image était dans la zone fovéale) ; enfin,,
les faits rapportés par Goldstein et Jablonski, qui prouvent l'in- 474 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fluence directe des processus moteurs et en particulier du tonus sur
l'acuité visuelle.
Toute cette seconde partie de l'article est assez discutable.
G. P.
747. — E. G. BORING. — The relation of the attributes of sensation
to the dimensions of the stimulus (La relation des attributs de
la sensation avec les dimensions du stimulus). — Philosophy of
Science, II, 2, 1935, pi 236-245.
C'est une conception traditionnelle de la psychologie et qui
comporte implicitement l'épistémologie naïve de la physique, que
la correspondance, point par point, des attributs de la sensation
avec les dimensions du stimulus.
Par exemple, dans le domaine visuel, on fait correspondre la
nuance à la longueur d'onde des radiations, la brillance à l'énergie,
la saturation à la composition d'un mélange de radiations.
Mais le pourpre est une nuance qui exige un mélange, et la
nuance, pour une radiation donnée, varie avec l'énergie lumineuse,
de même que la brillance, à énergie constante, varie avec la longueur
d'onde ; la saturation varie avec l'énergie à mélange constant et
avec la longueur d'onde dominante pour une énergie constante ;
en réalité, il y a un stimulus à deux dimensions éveillant des sensa
tions à trois attributs.
B. montre qu'il en est de même pour les sensations sonores
où fréquence et énergie vibratoires conditionnent les divers attributs,
examinés à la lumière des conceptions de Stevens (attributs de dens
ité, volume, hauteur et sonorité).
Il y a en réalité indépendance entre le nombre des dimensions
du stimulus et celui des attributs de la sensation engendrée.
H. P.
748. — S. V. KRAVKOV. — Action des excitations auditives sur
la fréquence critique des papillotements lumineux. — Acta Ophtal-
mologica, XIII, 1935, p. 260-272.
L'auteur a déjà montré, dans des mesures d'acuité ou de sensi
bilité différentielle, qu'une stimulation auditive avait le même
effet qu'un accroissement de l'excitation lumineuse.
Il procède, cette fois, à des mesures de fréquence critique de
papillotement, pour la fusion de secteurs alternants blancs et noirs
(dont les lois peuvent être, comme je l'ai montré, très différentes
de celle de la vision intermittente d'une stimulation lumineuse).
L'éclat des secteurs blancs était de 0,005 stilb.
Il constate qu'une stimulation auditive (son intense de 2.100 v. d.)
conduite par deux récepteurs téléphoniques aux oreilles du sujet
entraîne constamment (7 observations) une élévation de la fréquence
critique dans l'observation fovéale (image de 45' d'angle) : passages
de 29 à 30, de 40 à 44, par exemple. Quand le son est prolongé long
temps, l'effet d'augmentation de la fréquence décroît progressivement.
Et, chose curieuse, l'effet est inverse sur la fréquence critique de
papillotement en vision périphérique (avec point de fixation à
9° de l'image), entraînant une diminution notable (de 36 à 28 p. ex.), ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS ' 475 SENSATION
avec accroissement à la cessation du son, au delà du régime initial.
L'auteur pense à une diffusion de l'excitation auditive au niveau
des centres d'étape des tubercules quadrijumeaux dans les voies
de la vision fovéale par cônes, d'où accroissement de l'effet lumineux
dans ces voies et inhibition dans les voies de vision périphérique
par bâtonnets.
Une telle diffusion ne laisse pas de paraître assez peu vraisemb
lable. H. P.
749. — G. W. TELFORD. — The inconstancy of the Weber-Feehner
« constant » for audition (L'inconstance de la « constante » de Weber-
Fechner pour Vaudition). — J. of exp. Ps., XVIII, 1935, p. 106-
112.
• Pour des niveaux différents d'intensité sonore, le plus petit
accroissement relatif perceptible n'est pas constant, comme l'exigerait
la loi de Weber : pour les intensités faibles, le seuil se relève. Les
variations de la « constante » vont de 0,10 à 0,38. Il y a aussi des individuelles et des variations avec la hauteur des sons,
avec leur durée, avec l'intervalle de temps qui les sépare. P. G.
750.— GOTTFRIED HAUSMANN.— Zur Aktualgenese räumlicher
Gestalten (Mode de genese de structures spatiales). — A. f. ges.
Ps., XGIII, 3-4, 1935, p. 290-334.
Afin de pouvoir suivre le mode de formation des structures
spatiales, l'A. adopte la méthode consistant à faire reproduire à
partir des éléments fournis les constructions tri-dimensionnelles
présentées par un tachistoscope pendant 100 <r.
Les constructions furent édifiées avec des cubes de 4 : 4 : 4 cm.
et avec des colonnes de 4 : 4 : 8 cm.
Les symétriques se montrent plus faciles que
les constructions asymétriques. Parmi les premières, les plus faciles
sont les présentations frontales-parallèles, diagonales, ainsi que les
verticales. Les constructions asymétriques et de configuration dis
persée appartiennent aux plus difficiles, particulièrement celles dont
le plan est présenté obliquement.
Les constructions faciles à reproduire et synoptiques menaient
à une attitude psychologique qui manquait de critique ; par contre
les difficiles provoquaient une attitude analytique,
critique, incitaient l'attention à se porter sur les caractères quantit
atifs et formels. L'analyse du comportement individuel en considé
rant particulièrement le côté affectif et psychomoteur de ce compor
tement est bien approfondie par l'A. Comme conclusion, on peut
admettre que la conscience, partant des perceptions immédiates,
non ordonnées, éprouvées fort affectivement, avance graduellement
vers la compréhension de plus en plus exacte de la nature, des
attributs essentiels, des caractères les plus marqués enfin des détails
mêmes relatifs aux constructions spatiales présentées et que, pour
y arriver, elle procède par toute une série d'ajustements affectifs et
d'appréciations intellectuelles. Le premier stade, celui des impressions
affectives et subjectives des caractères globaux de la construction,
constitue la base fonctionnelle, la possibilité même du « devenir » ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 476
qui s'élabore en une « structure représentative » avant de passer à
une conception claire et précise, seule étape qui permette la reproduc
tion exacte. S. K.
751. — W. JANZEN. — Moment und Umwelttheorie (Moment et.
théorie du monde de la perception). — Z. f. Ps., GXXXVI, 1935,
p. 64-70.
La durée minimum d'une impression sensible a été estimée
par Brecher à 1/18 de seconde, puisqu'il faut 18 impressions par
seconde pour obtenir la fusion. Mais on ne peut comparer la fréquence
critique de deux impressions lumineuses avec celle de deux vibrations
sonores (qui se traduit par une sensation spécifique de hauteur).
Ces fréquences sont d'ailleurs variables avec les intensités, avec le
lieu de la peau, etc. Il ne s'agit donc pas ici d'une propriété générale
du système nerveux. P. G.
752. — S. ABE. — Experimental study on the co-relation between
time and space (Etude expérimentale sur la entre temps
et espace). — T. Ps. F., Ill, I, 1935, p. 53-68.
Helson et King ont décrit un « effet Tau » dû à l'intime connexion
des données spatiales et temporelles (/. of exp. Ps., 1931, XIV) :
Trois stimuli apparaissent successivement en des points équidis-
tants ; si l'intervalle d'apparition des deux premiers stimuli est
plus court que le suivant, la distance des points où ils apparaissent
semble aussi plus courte, et réciproquement.
L'auteur, reprenant l'expérience en maintenant au contraire
les intervalles constants, et en changeant les distances des points
d'apparition, retrouve la même relation, qu'il appelle 1' « effet S » :
lorsque la distance entre les deux premiers stimuli est moindre»
l'intervalle d'apparition de ceux-ci paraît plus court, et réciproque
ment. On peut ainsi faire paraître plus court un intervalle de temps
réellement plus long qu'un autre (avec des points lumineux). Mais
l'effet disparaît quand les sujets procèdent, sans le vouloir, à une '
révision de leur attitude naïve initiale. H. P.
753. — H. IIILZENSAUER. — Unser Wahrnehmungssystem beim
Ereignisrücklauf (Notre système de perceptions dans V inversion
des événements). — Z. f. Ps., GXXXV, 1935, p. 288-347.
Stratton, dans sa célèbre expérience, avait étudié l'inversion
spatiale des objets et sa correction progressive. H. a réalisé une
expérience analogue pour le temps, en faisant passer des films à
rebours et en demandant aux sujets, prévenus ou non, de décrire
ce qu'ils voyaient. La succession inversée est tantôt perçue comme
telle, tantôt redressée. En général, dans le premier cas, le film est
d'abord inintelligible ; les relations de causalité échappent ; causes
et effets ne permutent pas leur rôle. L'inversion de l'ordre des
événements présentés est favorisée, dans des films très courts et
très rapides, représentant par exemple le mouvement arbitraire
d'une figure géométrique ; le redressement est plus facile quand il
porte à la fois sur l'espace et sur le temps ; mais il peut aussi concerner
seulement le temps (dans des films où on présente des changements-

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