Mécanismes nerveux et fonctions sensorielles chez les Invertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 284-295

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L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 284-295
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1935
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c) Mécanismes nerveux et fonctions sensorielles chez les
Invertébrés
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 284-295.
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c) Mécanismes nerveux et fonctions sensorielles chez les Invertébrés. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 284-295.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1935_num_36_1_30679284 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
déjà un effet accélérateur sur la locomotion de la Planaire. Avec
dilution à 100 ce, en utilisant 0,3 ce, on fait passer la vitesse de 3,25
à 5,8 cm. par minute (l'effet accélérateur se prolongeant 40 minutes).
L'effet accélérateur des stimulations chimiques disparaît après
ablation de la région antérieure de la Planaire, supprimant les récep
teurs spécialisés. . H. P.
c) Mécanismes nerveux et fonctions sensorielles chez les Invertébrés
259. — FR. M. HORTON. — On the reactions of isolated parts,
of « Paramecium caudatum ». — J. of exp. B., XII, 1, 1935,.
p. 13-16.
La région antérieure de la paramécie, après section des divers
segments jusqu'à enlèvement de la vacuole postérieure, ne diffère-
pas de l'animal entier (pour les mouvements de natation, la réaction
de fuite à l'acide sulfurique dilué).
Il en est de même pour la région postérieure (réactions plus
fortes même à l'acide) quand on a sectionné en avant jusqu'à enl
èvement de la vacuole antérieure, et la natation spiralée se produit
encore en l'absence de la couronne ciliaire orale. H. P.
260. — FR. TONNER. — Schwimmreflexe und Zentrenfunktion
Bei Aeschna-larven (Réflexes de' natation et fonction des centres
chez les larves d'Aeschna). — Z. für ver. Ph., XXII, 4, 1935,
p. 517-523.
L'analyse des mouvements de natation de cette larve de la
grande Libellule, de l'influence des destructions nerveuses, et des
stimulations réflexogènes, montre que la contraction abdominale
commandée par le ganglion abdominal est inhibée par le ganglion
sous-oesophagien, cette inhibition étant empêchée par action du
ganglion cérébroïde, ce dernier commandant les mouvements des
pattes (choc de rame et mouvements consécutifs déclenchés par
les antennes, disparaissant par section de celles-ci). H. P.
261. — R. RUGH. — Pituitary-induced sexual reactions in the-
Anura (Réactions sexuelles induites par action pituitaire chez
les Anoures). — B. Bul., LXVIII, 1935, p. 74-81.
On peut se servir de la réaction sexuelle (réflexe d'embrassement
du mâle, ponte de la femelle) comme critère de dosage de l'hormone
pituitaire.
Des mâles de Crapaud (Bufo fowleri) ainsi activés embrassent
d'autres ou des femelles de grenouilles, tandis que les mâles
de grenouille gardent une réaction discriminative pour leurs femelles.
H. P.
262. — R. COUTEAUX. — Les mouvements péristaltiques des Lomb
rics et leurs conditions sensorielles. — B. S. Z., LX, 1935, p. 119-
127.
La traction de l'extrémité du Lombric déclenche une onde-
péristaltique, par excitation musculaire suivant les uns, tégumen-
taire suivant les autres. Un attouchement léger donne bien une- SENSORIELLES DES INVERTÉBRÉS 285 FONCTIONS
réponse musculaire : il y a une réaction régionale complexe, raccourc
issante, et un allongement postérieur.
Mais le facteur de « déblocage » qui déclenche le péristaltisme est
l'extension passive de la couche musculaire longitudinale. H. P.
263. — ULRICH GODGLÜCK. — Umdrehbewegungen und Licht
reaktionen der kataleptischen « Neides tipularius L. » (Mouve
ments de retournement et réactions à la lumière du N. t. cataleptique).
— Bi. Zentr., LV, 1935, p. 187-197.
Dans cette espèce, un choc sur le thorax d'un individu placé
sur le dos entraîne l'immobilité cataleptique, immobilité qui n'est
pas complète, l'insecte se redressant parfois peu à peu sans se réveiller.
La lumière a une action kinésique au cours de la catalepsie.
Par exemple, sur 260 cas à la lumière et 153 à l'obscurité, on
en compte 50 % de retournés au réveil dans le premier cas, 7,2 %
seulement dans le second.
Quand les yeux sont noircis, les animaux se retournent dans un
sens quelconque, sinon les deux tiers se retournent à l'opposé de
la lumière ; mais, même avec les yeux noircis, l'action mobilisante'
de la se manifeste, ce qui indique une réception tégumentaire.
H. P.
264. — HANS-WERNER LISSMANN. — Körperhaltung and Bewe
gungsform eines Myriopoden im Zusammenhang mit seiner
Autotomie (Attitude du corps et forme du mouvement d'un Myria*
pode en relation avec sotn autotomie) . — Z. für ver. Ph., XXI,
1935, p. 751-766.
Étude de Scutigera coleoptrata L., qui autotomise facilement
ses pattes par stimulation mécanique, chimique, thermique ou
électrique du tibia, ou du fémur, rarement des tarses.
On obtient Pautotomie dans des segments de l'animal, par
réflexe indépendant des centres céphaliques.
A la suite de la perte des pattes, il y a des modifications d'attitude
et de mouvement ; si un grand nombre de pattes sont autotomisées
d'un seul côté, il y a une incurvation du tronc du côté amputé,
assurant une plus grande stabilité.
La progression est assurée par compensation dans le travail des
pattes restantes qui supplée ainsi à celui des absentes. Et, même
privé de tous ses membres, ce millepattes arrive encore à se déplacer
par reptation en se servant aussi de ses appendices des mâchoires.
H. P.
265. — H.A. ALL ARD. — Synchronous flashing of fireflies (Eclats
synchrones des Lucioles). — Science, LXXXII, 1935, p. 517-518.
On peut induire expérimentalement des émissions d'éclats syn
chrones dans une population de femelles au repos,- mais non chez
des femelles actives, en vol, ni chez les mâles. H. P.
266. — C. L. PROSSER. — Action potentials in the nervous system
of the Crayfish. — III. Central responses to proprioceptive and
tactile stimulation (Potentiels d'action dans le système nerveux 286 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de V Ecrevisse. — ///. Réponses centrales à la stimulation proprio-
ceptive et tactile). — J. of comp. N., LXII, 2, 1935, p. 495-505.
L'exploration des trajets nerveux, au long de la chaîne ganglionn
aire, à la suite de stimulations des poils tactiles, ou de mouvements
(flexion-extension) des appendices, chez l'écrevisse, montre des volées
prolongées d'influx, dont la grandeur diminue au fur et à mesure
qu'on s'éloigne de la région excitée.
Dans les commissures pharyngées (conduisant aux ganglions
supérieurs, sus-œsophagiens) on recueille des réponses à la stimulation
des antennes et antennules des deux côtés, des deux uropodes, mais
seulement des pattes homolatérales.
. Dans chaque moitié de la corde abdominale, des réponses sont
obtenues à la stimulation des pléopodes et pattes du même côté,
et des poils abdominaux, enfin des antennes et uropodes des deux
côtés.
La nicotine bloque la conduction de la plupart des influx au
niveau de chaque ganglion, où il doit donc y avoir un relais synaptique.
II. P.
267. — C. LADD PROSSER. — Action potentials in the nervous
System Of the crayfish (Potentiels d'action dans le système nerveux
de V Ecrevisse). — J. of Cell. Ph., VII, 1, 1935, p. 95-111.
Étude d'influx afférents produits chez l'Écrevisse par stimulation
de propriocepteurs (déplacement des uropodes et du telson) et de
poils tactiles. Dans le premier cas, on trouve des vitesses de 3 à
10 mètres par sec, un retard ganglionnaire de 3,5 à 4,5 a et un retard
de 0,5 à 1 a pour la traversée de la commissure interganglionnaire.
Dans le second cas, les mesures permettent d'abord de conclure
à un temps d'excitation périphérique de 0,5 à 1 a, s'ajoutant au
temps d'utilisation du stimulus. La fréquence limite pour la stimula
tion des fibres afférentes est d'environ 100 par seconde, la period
réfractaire totale de 10 cr. Ces données ne valent plus pour les réponses
examinées au delà du ganglion caudal. Le retard ganglionnaire
atteint 5 à 7,5 c, la période réfractaire 0,1 sec, et la fréquence
limite 10 par seconde. Les réponses à un stimulus répétitif dispa
raissent rapidement. A. F.
268. — ERNST HORSTMANN. — Die tagesperiodischen Pigment
wanderungen im Facettenauge von Nachtschmetterlingen (Les
migrations pigmentaires nycthémérales dans Vœil composé des
papillons de nuit). — Bi. Zentr., LV, 1935, p. 93-97.
On a noté que les migrations du pigment distal
survenaient indépendamment de l'éclairage, persistant à l'obscurité
continue.
En appréciant ces migrations par des mesures de réflectivité
oculaire, l'auteur a vérifié que, ni la température, ni l'humidité,
ni l'ionisation atmosphérique ne pouvaient être incriminées.
On pouvait penser à une persistance mnémique du rythme induit,
mais, en plaçant des larves à l'obscurité continue, les papillons,
après l'éclosion, ont d'emblée présenté un rythme normal, dont
l'origine reste donc énigmatique. II. P. FONCTIONS SENSORIELLES DES INVERTÉBRÉS 287
269. — WILHELMINE RODEWALD. — Die Wirkung des Lichtes
auf die Hypophyse von « Rana temporaria L. » (L'action de la
lumière sur Vhypophyse de R. t.). — Z. für ver. Ph., XXI, 1935,
p. 767-800.
Chez la grenouille l'auteur a constaté que la formation de l'ho
rmone des mélanophores dans l'hypophyse exigeait une action directe
de la lumière (les rayons réfléchis étant sans action).
Le contenu en cette hormone de l'hypophyse est conditionné
par la qualité et l'intensité de l'éclairement, l'efficacité croissant
avec la fréquence du rayonnement (en sens inverse de la longueur
d'onde), et présentant un maximum pour un éclairement moyen,
de valeur optima. Chez la grenouille privée d'yeux, l'action de la
lumière s'exerce encore, mais c'est par l'intermédiaire du tronc du
nerf optique, sensible à l'éclairement (et à l'intensité de celui-ci),
et dont l'excitation mécanique ou électrique peut remplacer l'exci
tation lumineuse dans l'action transmise à l'hypophyse. Mais l'hypo
physe isolée subit aussi une excitation sécrétoire par stimulation
lumineuse directe ou électrique.
Les mêmes faits s'observent déjà chez les têtards. IL P.
270. — A. A. ABRAMOWITZ. — Color changes in Cancroid Crabs
of Bermuda (Changements de couleur chez les crabes cancroîdes
des Bermudes). — Pr. of N. Ac. of Se, XXI, 1935, p. 677-681.
Deux Portunus (crabe blanc et crabe rouge) sont placés sur
des fonds de clartés et de couleurs diverses.
Sur fond noir, bleu ou rouge, le pigment blanc se concentre,
les pigments jaune et rouge s'étalent (surtout chez le crabe
rouge) ; c'est l'inverse sur fond blanc.
Sur fond jaune, le pigment jaune s'étale, le blanc est à demi
étalé, les deux autres se concentrent ; sur fond vert, le noir et le
blanc s'étalent, le jaune se concentre, le rouge reste intermédiaire.
Chez l'animal aveuglé, le noir se concentre et le blanc s'étale.
A l'obscurité, au contraire, le jaune et le blanc se concentrent,
le rouge et le noir s'étalent. H. P.
271. — B. HANSTRÖM. — Preliminary report on the probable
connection between the blood gland and the chromatophore
activator in Decapod Crustaceans (Données préliminaires sur
la connexion probable de la glande sanguine et de V activateur
des chromatophores chez les Crustacés Décapodes). • — • Pr. of N.
Ac. of Se, XXI, 1935, p. 584-585.
Chez 13 sur 15 des espèces examinées l'extrait des pédoncules
oculaires provoque la contraction pigmentaire (rouge et jaune)
des chromatophores tégumentaires (l'extrait céphalique seul agissant
chez Gebia et Hippa). Or, dans ces 13 espèces, le pédoncule contient
des glandes qui, chez les deux autres, sont à la surface du cerveau.
Des deux glandes présentes, il apparaît par des expériences compar
atives, en profitant de dispositions différentes, que c'est la glande
sanguine qui fournit la substance efficace. H. P. 288 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
272. — SVEN PH. CARLSON. — The color changes in « Uca pugi-
lator » (Changements de couleur chez U. p.). — Pr. of N. Ac. of
Se, XXI, 1935, p. 549.
Quand on coupe les pédoncules oculaires des crevettes, l'animal
devient sombre, le crabe Uca au contraire devient pâle, et s'assombrit
passagèrement si on lui injecte de l'extrait oculaire.
Cependant cet extrait provoque la contraction des mélanophores
chez les autres Crustacés, et doit donc contenir la même hormone,
mais l'effet en est inverse chez ce crabe, et, de fait, l'extrait d'yeux
de crevettes provoque aussi chez lui l'assombrissement.
C'est la région moyenne des pédoncules, seule, qui donne des
extraits actifs ; il existe là une « glande sanguine » qui doit produire
l'hormone agissante. H. P.
273. — G. H. PARKER, F. A. BROWN J* et J. M. ODIORNE. —
The relation of the eyes to chromatophoral activities (La relation
des yeux avec les activités des chromatophores). — Proceedings of
the Amer. Academy of Arts and Sciences, XLIX, 12, 1935, p. 439-
462.
Étude comparée d'un Crustacé, une crevette (Palaemonetes vul-
garis), d'un Batracien, une grenouille (Rana pipiens), et de deux
Poissons (Fundulus heteroclitus et Ameiurus nebulosus).
Privés d'yeux, tous ces animaux prennent, et gardent, même
à la lumière, la livrée d'obscurité.
Toutefois, les deux poissons aveuglés présentent une légère modif
ication de livrée, quand on les fait passer de la lumière à l'obscurité
complète (léger éclaircissement) ce qui fait penser à une certaine
action sur les chromatophores n'exigeant pas l'intervention de
la réception oculaire, seule efficace dans les deux autres cas.
Les chromatophores ne paraissent pas présenter un état de
repos véritable, ils manifestent une rétraction, une concentration
pigmentaire (sous la dépendance d'une neuro-humeur) et une dis
persion (dépendant de deux facteurs, la tendance spontanée des
chromatophores eux-mêmes, et une autre neuro-humeur, antagoniste
de la première). H. P.
274. — R. J. PUMPHREY. — Nerve impulses from receptors in
the mouth of the frog (Influx nerveux provenant des récepteurs
de la bouche chez la Grenouille). — J. of Cell. Ph., VI, 3, 1935,
p. 457-467.
Des influx afférents ont été recueillis dans les rameaux nerveux
provenant de l'épithélium buccal, chez la Grenouille. Des réponses
ont été enregistrées pour des stimulations tactiles et chimiques. Sont
efficaces, parmi ces dernières, les par les sels et, plus
difficilement, par les acides. Les substances sucrées ou amères n'ont
aucune action. Des influx lents, de basse fréquence, apparaissent
pour des stimulations de forte intensité ; l'auteur pense qu'ils
proviennent des fibres de la douleur. A. F.
275. — T. HASEGAWA. — Labyrinthreflexe nach Absehleuderung
der Otolithen-membranen (Réflexes labyrinthiques après centri- FONCTIONS SENSORIELLES DES INVERTÉBRÉS 289
fugation des membranes otolithiques). — Pf. A., CCXXXVI,
4-6, 1935, p. 589-593.
Vérification chez la grenouille des observations déjà faites sur
le cobaye, soumis à une centrifugation provoquant l'arrachement
des • membranes otolithiques : les réflexes à la rotation persistent
normaux ; on peut encore susciter des réflexes statiques, mais
il n'y a plus de réponses aux déplacements linéaires, celles-ci ne
persistant que si la destruction n'est pas complète (comme ce devait
être le cas dans des expériences de Magnus et de Kleijn). H. P.
276. — P. RÉMY. — L'appareil stridulant du Coléoptère ténébrionide
(Olocrates abbreviates). — An. Se. N., 10e S., XVIII, 1935, p. 7-20.
Le mâle de ce petit coléoptère, quand on le saisit, émet un
petit bruit par vibrations du pygidium (rapides, jusqu'à 5 par
seconde au début), l'extrémité striée de l'abdomen frottant des crêtes
de la partie postérieure des élytres.
Il s'agit là d'un réflexe suscité par des excitations mécaniques
ou thermiques (non chimiques, ni visuelles). La présence de la
femelle, la stridulation d'autres mâles sont sans effet.
La femelle présente le même réflexe, mais qui reste insonore en
l'absence de la striation du pygidium et des crêtes des élytres.
H. P.
277. — ELISABETH HÄRTUNG. — Untersuchungen über die
Geruchsorientierung bei « Calliphora erythroeephala » (Recherches
sur V orientation olfactive chez C. e.). • — Z. für ver. Ph., XXII,
2, 1935, p. 119-143.
L'auteur a vérifié l'attraction olfactive chez cette mouche, en
plaçant des boîtes imprégnées d'une odeur de viande à côté de boîtes
témoins (77 % des mouches allant vers les boîtes odorantes).
Après ablation des antennes, les réactions olfactives disparaissent
pendant 2 ou 3 jours puis réapparaissent.
Les mouches ne suivent pas une trace odorante sur le sol, mais,
au vol, elles repèrent une source d'odeur et s'y dirigent.
L'ablation d'une antenne provoque des mouvements de manège
dans une atmosphère odorante, sans empêcher d'atteindre une
source d'odeur.
L'orientation olfactive est du type tropoctactique (sans exclure
la possibilité d'une réaction phobique). H. P.
277 bis. — FR. HASLINGER. — Ueber den Gesehmacksinn von
« Calliphora erythroeephala » Meigen und über die Verwertung
von Zuckern und Zuckeralkoholen durch diese Fliege (Sur le
sens gustatif de C. e. et sur la valeur des sucres et sucres-alcools
■pour cette Mouche). — Z. für ver. Ph., XXII, 5, 1935, p. 614-640.
Ce travail, dirigé par V. Frisch, a été fondé sur la réaction de
Minnich (projection de la trompe dans une solution où l'on fait plon
ger les tarses de la mouche) pour étudier la sensation sucrée provoquée
par une série de corps de la série des sucres, dans les récepteurs
des tarses, avec détermination aussi de la sensibilité de la trompe
elle-même.
l'année psychologique, xxxvi 19 290 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
D'autre part la valeur alimentaire de ces corps a été déterminée
par la durée de survie des lots de mouches alimentés avec des solu
tions, comparativement avec des lots ne trouvant que de l'eau pure
et des lots abreuvés de solutions de saccharose.
Le seuil de la sensation de sucré a été établi au cours de périodes
de jeûne, cette valeur de concentration liminaire s'abaissant avec
la durée du jeûne, plus ou moins suivant les substances (6 disaccha-
rides, 2 trioses, 8 monosaccharides dont 4 hexoses et 4 pentoses,
la mannite, la sorbite, la dulcite, l'inosite, l'érythrite et l'a méthyl-
glycoside) : en 10 jours, la sensibilité au tréhalose est 7 fois plus grande,
au maltose 700 fois !
La sensibilité de la trompe est en général plus grande que celle
des tarses (jusqu'à 4 fois pour le raffinose) avec des exceptions
(égalité pour le xylose).
L'augmentation avec le jeûne est parfois plus grande pour
la trompe, parfois pour les tarses.
Certaines substances, comme le lactose, le rhamnose, l'érythrite,
sont sucrées pour la trompe, mais non pour les tarses.
Il n'y a aucun parallélisme entre l'efficience gustative des subs
tances sucrées et leur utilisation alimentaire ; plusieurs substances
à goût sucré n'ont aucune valeur (cellobiose, fucose,
rhamnose). En revanche, le mannose, qui est très toxique pour
les abeilles, est un aliment de valeur élevée pour ces mouches.
Des essais avec des solutions de chlorure de sodium, d'acide
chlorhydrique et de chlorhydrate de quinine n'ont pas donné de
réactions (sauf dans une certaine mesure avec la trompe pour l'acide).
Mais en mélangeant ces solutions celles du sucre, on peut
déterminer une inhibition montrant qu'il doit exister des sensations
amères et acides détournantes, un peu plus grandes pour la trompe
que pour les tarses, et aussi, mais pour la trompe seule, une sensation
salée capable d'inhiber à concentration forte la réaction positive
au sucré (fructose). . H. P.
278. — N, TIUBERGEN. — Ueber die Orientierung des Bienen
wolfes « Philanthus triangulum » Fabr... II (Sur V orientation
du Philanthe). — Z. für ver. Ph., XXI, 1935, p. 699-716.
Le Philanthe chasseur d'abeille, lorsqu'il perd sa proie aux
alentours du nid, ne la retrouve pas en se souvenant du lieu où
il a pu la laisser, car il ne sait pas y revenir, mais grâce à l'odorat,
qui lui permet de déceler l'abeille morte à 1 mètre de distance,
la vue n'intervenant (surtout si la proie fait encore des mouvements)
qu'à partir de 10 cm. environ. Le Philanthe ne distingue d'ailleurs
pas sa proie d'une autre abeille morte que l'on a pu placer aux
environs. Dans la chasse, c'est la vue qui paraît donner l'éveil,
attirant d'ailleurs l'attention sur un bourdon ou une mouche, à
30 cm. environ, la reconnaissance olfactive de l'abeille active ne
se faisant qu'à partir de 15 cm. au maximum et se complétant
par une palpation antennaire.
La limitation des proies du Philanthe (exclusivement des abeilles)
paraît bien être olfactivement conditionnée. L'auteur n'a pas observé
de réactions acoustiques ou tactiles. H. P. FONCTIONS SENSORIELLES DES INVERTÉBRÉS 291
279. — JACQUES DENIS. — Quelques remarques sur les sens du
toucher et de la vue chez les Araignées sédentaires. — B. S. Ent.,
XL, 1935, p. 260-264.
La principale caractéristique des Araignées, des fileuses surtout,
est leur très grande sensibilité tactile. Sans intervention de la vue,
les réactions se montrent différentes à des stimulations voisines,
quand le vent secoue la toile, qu'une feuille y vienne tomber ou qu'un
insecte s'y empêtre. L'attention de l'araignée est éveillée par des
vibrations très faibles. La vue n'intervient que pour des mouvements
de masse et des variations lumineuses (comme dans une ombre portée) .
Mais la vision est meilleure chez les araignées vagabondes et chasse
resses qui réagissent peu aux vibrations.
Il y aurait comme une somme constante des moyens sensoriels
de la vue et du toucher. H. P.
280. — E. GLEN WEVER. — A study of hearing in the sulphur
winged grasshoper (Arphla sulphurea) (Une étude de l'audition
chez la sauterelle aux ailes soufrées (Arphia sulphurea). — -
J. of comp. Ps., XX, 1935, p. 17-20.
La réaction est observée chez l'animal décapité et immobilisé ;
on enregistre au moyen d'une électrode atteignant le ganglion
thoracique, voisin de l'organe tympanique, les variations électriques
qui répondent à des sons compris entre 300 et 21.000 v. d. Les fr
équences liminaires sont de 7.000 à 10.000. Ces nombres se rapprochent
de ceux qui ont été trouvés pour un autre acridien par Auger et
Fessard. P. G.
281. — A. LABBÉ. — Les organes palléaux (caryophyllidies) des
Doridiens. — Archives de Zoologie expérimentale, LXXV, 1935,
p. 211-220.
Un certain nombre de Nudibranches Doridiens possèdent de
petits organes contractiles à la région dorsale du manteau, avec
bouton sensoriel périphérique innervé par une branche assez volu
mineuse, qui serait un appareil de réception lumineuse ou thermos-
copique. H. P.
282. — H. LÜDTKE. — Die Funktion waagerecht liegender Augent
eile des Rückenschwimmers und ihr ganzheitliches Verhalten
nach Teillackier ung (La fonction des parties de Vœil horizontale
ment situées chez le Notonecte, et le comportement unifié de celui-ci
après noircissement partiel). — Z. für ver. Ph., XXII, 1935, p. 67-
118.
Le champ horizontal d'un œil de Notonecte comprend environ
164°, les deux yeux couvrent 246° dont 94° forment le champ de vision
binoculaire.
Les réactions dans la nature sont phototactiques positives ;
en présence de deux sources lumineuses, on observe les réactions
tropotactiques (marche intermédiaire puis incurvation vers la source
la plus proche et marche finale directe vers celle-ci).
La sensibilité lumineuse des ommatidies est très inégale et croît
en forme d'hyperbole avec l'écartement de l'axe antéro-postérieur. 292 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Par noircissement partiel de groupes d'ommatidies, il est apparu
que deux espaces oculaires de signification fonctionnelle différente
pouvaient être distingués, un grand champ latéral, dont l'éclairement
provoque des rotations de ce côté, et un petit champ médian, dont
l'éclairement entraîne une rotation de l'autre côté, la limite consti
tuant l'axe médian de fixation (faisant avec l'axe antéro-postérieur
. un angle d'environ 18°).
Les noircissements entraînent des modifications régulatrices de
comportement qui indiquent qu'on ne peut donner une signification
morphologique mais seulement fonctionnelle et dynamique à ces
champs oculaires d'ommatidies horizontalement disposées. H. P.
283. — GERDA LEMKE. — Beiträge zur Liehtorientierung und
zur Frage des Farbensehens der Planarien (Contribution à Vétude
de V orientation à la lumière et de la question de la vision chromatique
chez les Planaires). — Z. für ver. Ph., XXII, 3, 1935, p. 298-345.
Éclairées par en haut ou par en bas, les Planaires ( Dendrocoelum
lacteum et Planaria lugubris), se rencontrent de préférence dans" la
partie obscure du substrat (divisé en deux moitiés), et d'autant
plus que la partie claire est plus claire.
A la limite des deux parties, en arrivant sur le clair, les Planaires
ont une réaction de recul ; d'autre part — et le fait persiste chez les
Planaires privées d'yeux — il y a une photokinèse qui fait que, sur
la partie claire, les Planaires se déplacent rapidement et restent peu,
sur la partie sombre se ralentissent et s'attardent. Ce fait explique
la prédominance des Planaires aveuglées sur la partie sombre.
Avec un faisceau horizontal, les Planaires montrent une réaction
photo tactique négative, constatable encore mais moins nettement
après ablation des yeux.
En comparant le rayonnement d'une lampe à vapeur de mercure
dans sa partie visible et dans sa partie ultra- violette pure, on constate
que l'efficacité de cette dernière est beaucoup plus grande et presque
égale à celle du total.
Il y a photokinèse dans l'ultraviolet et action orientatrice (plus
précise chez la Planaire normale qu'aveuglée), même en l'absence
d'yeux, la réception cutanée étant plus développée dans un© espèce
( Dendrocœlum) que dans l'autre, espèce qui s'oriente aussi avec plus
de précision vis-à-vis d'une source lumineuse, les deux espèces possé
dant toutefois les deux catégories de réactions, phobique et tropique.
Au cours de la régénération des yeux, les réactions d'orientation
apparaissent quand les cellules réceptrices se sont différenciées avant
qu'une formation pigmentaire réapparaisse.
Pour le pseudo sens chromatique des Planaires (Beuthier, 1926),
il se réduit à l'inégale efficacité lumineuse des rayonnements.
L'action croît à l'inverse de la longueur d'onde de façon continue
vers l'ultraviolet. Il y a équivalence d'un éclairement de 1.900 lux
à filtre jaune et de 225 lux à filtre bleu, de 261 lux à filtre rouge
et de 0,96 lux à filtre bleu, de 100 lux à filtre rouge et de l'ultra- violet
filtré de la lampe à vapeur de mercure.
Il n'a pas été possible de mettre en évidence une fatigue spéci
fique pour un rayonnement monochrom ati que. H. P.

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