Mécanismes nerveux, fonctions sensorielles. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 338-356

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 338-356
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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c) Mécanismes nerveux, fonctions sensorielles.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 338-356.
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c) Mécanismes nerveux, fonctions sensorielles. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 338-356.
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33$ *A>AL¥8ES
recueillis, quand la température n'est pas trop élevée, pour des
actions électriques et lumineuses qui ne sont pas trop prolongées.
Dans ces conditions, la densité du courant d'égale efficacité (en
ma. par cm2) est proportionnelle au logarithme de réclairement :
Clairement (b. m.) 323,2 137,« 76,66 82, 74
Densité (ma. par cm2) 1,57 1,23 0,054 0,495
La méthode se montre ainsi pleinement efficace pour fournir une
mesure -de l 'action ;galvano,tro,pique. H.. P.
201. — E. F. B. FRIES. — Drug action in galvanotropic responses
(Actions pharmacologiques dans les réponses galvanotropiques). —
J. of :gen. Ph., XL, 5, 1.928, p. 507-513.
Par strychninisation, les réponses .galvanotropiques sont renversées
■et deviennent anodiques, chez les Planaires et les Lombrics, en même
temps que s« renverse l'inhibition réciproque des muscles circulaires
et longitudinaux (s'allongeant au lieu de se rétracter par stimulation
mécanique).
Cette inversion (que ne réalisent ni la nicotine, ni l'atropine) paraît
en accord avec l'opinion de Crozier que la strychnine agit d'abord
sur les synapses centrales.
Chez les Asellus comme c?est le cas .général chez les. Arthropodes,
la- strychnine n'a guère d'action ; on<ne constate en particulier aucune
inversion du galvanotropisme. H. P.
202. — T. MAYEDA. — De.l'effet de la réaction {pU) du milieu aux
le galvanotropisme de la Earamécie. — B. B,, XCIX, 10, 1928,
;:p. 108-.110.
J-ie^galvanatropisme de la Paramécie est cathodique. .Quand le pH
du milieu arrive à 4 ou moins (acidité farte), il n'y a plus degalvano-
tropisme du tout ; en milieu alcalin, si le pH atteint 9, le galvanodevient anodique, .pour disparaître au delà de 9 (avec
mort, bientôt).
Quand on ajoute au liquide une goutte de soude ou de potasse
près d'un- pôle, la Paramécie sfen éloigne, l'alcali diffusant. Si le pôle est
la cathode, l'attraction entraîne un arrêt, et les : Paramécies se
tiennent en cercle autour du liquide alcalin.
Quand on renverse les pôles, il y a fuite vers la cathode, mais .si
«quelques Paramécies se trouvent dans lairegion alcaline, leur .galv
anotropisme s'étant renversé, elles vont vers l'ano-de. H. P.
c) Mécanismes nerveux, fonctions sensorielles 1
203. — J. TEN GATE. — Contribution à la question de la fonction Ciona' — Ar. néerl. de' Ph., intestinales. du système nerveux de
XIII, 1928, p. 3-91-401.
Etude des divers réflexes de l'Ascidie f le réflexe âéfensif, de^e'déle,
avec fermeture des 2 siphons (provoqué par une excitation : faible,
par l'agitation de l'eau) ; le réflexe protecteur (décrit par Lœb) qui
comporte, en outre, une rétraction du corps par contraction 'des
1 . Voir aussi; le n° 789. ZOOLOG1QUB ET BIOLOGIE 339 PSYCHOLOGIE
muscles longitudinaux (provoqué par des excitations fortes ou ré
pétées) ; le réflexe expulsif ou d'éjection décrit par Jordan et le ré
flexe ingestif, par contraction du corps avec fermeture du siphon (les
deux réflexes correspondant aux deux siphons). En outre, il y a un
réflexe local d'enfoncement en anneau avec plissement du manteau,
par contraction des muscles annulaires (provoqué par excitation
légère de la région inférieure du corps).
Ce dernier réflexe est seul inchangé quand on sectionne le ganglion
nerveux. Une extirpation de la moitié du ganglion supprime les ré
flexes dans la moitié correspondante du corps ; après extirpation
totale, les siphons restent béants ; il y a encore rétraction isolée des
siphons touchés avec fermeture passagère, et la propagation de l'ex
citation croît avec l'intensité de. l'excitation : le ganglion apparaît
bien comme l'appareil coordinateur assurant l'exécution de mouve
ments d'ensemble. H. P.
204. — D. AUGER et A. FESSARD. — Recherches sur l' excitab
ilité du système nerveux des Insectes. — B. B., XCIX, 22, 1928,
p. 305-307.
Sous l'influence d'un courant constant assez fort, atteignant les
centres nerveux de la chaîne ganglionnaire d'un Criquet (et aussi
d'une Libellule, d'un Papillon, d'une Tipule), on obtient, pendant
un certain temps, pour une place convenable des électrodes, des bat
tements d'aile rythmiques, dont la fréquence, chose particulièrement
intéressante, au point de vue des mécanismes du vol, croît arec
l'intensité du courant (depuis 1 jusqu'à un maximum de 20 par se
condes environ pour le criquet). H. P.
205. — J. W. DE MAREES Van SWINDEREN. — Le régla«» du
tonus chez Helix pomatia. — Ar. néeri. de Ph., XIII, 3-4, 1928,
p. 571-572.
D'après l'auteur le muscle du pied de l'escargot change de lon
gueur de deux manières distinctes : a) Par relâchement de la contrac
tion (reposant sur une excitabilité indépendante des ganglions pé-
daux) ; b) par étirage (indépendant de l'excitabilité, mais fortement
influencé par les ganglions pédaux). Le système a reste toujours
superposé à & et en est indépendant à tel point que le muscle peut
être en même temps raccourci par a et étiré par b. Les ganglions au
raient un rôle de tampon, et en même temps existerait un autre réglage
partant de la peau, et relevant le tonus conformément aux besoins
du muscle. Conception assez compliquée comme on le voit. M. F.
206. — CH. E. HADLEY. — Color changes in excised pieces of the
integument of Anolis equestris under the influence of light {Chan
gements de couleur dans des morceaux excisés du tégument d'Â. «»
sous l'influence de la lumière). — Pr. of N. Ac. of Se, XIV, 10,
1928, p. 822-824.
Les morceaux de peau excisés de ce lézard cubain réagissent à la
lumière pendant trois heures ; une fois éliminées les actions nerveuses
et humorales qui interviennent chez l'animal dans les conditions ordi»
naires, on peut ainsi constater une action directe de la lumière sur 340 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les mélanophores, qui se contractent à l'obscurité (la peau devenant
verte) en 12 à 15 secondes, et s'étendent à la lumière solaire en 30 à
40 secondes, entraînant le brunissement de la peau. H. P.
207. — ANNIE M. O'DONNELL. — A study of the effect of mea
sured doses of ultra-violet radiation on the irritability of melano-
phores (Etude de l'effet de doses mesurées de radiations U. V. sur
l 'irritabilité des mélanophores). — Am. J. of Ph., LXXXIII, 1927,
p. 254-268.
On obtient une contraction partielle des mélanophores sous l'ac
tion de l'U. V., analogue à l'augmentation que PU. V. entraîne dans
le tonus des muscles lisses.
En outre l'irritabilité des mélanophores croît sous l'action d'une
certaine intensité d'U. V. jusqu'à un optimum, au delà duquel
l'irritabilité est diminuée et bientôt supprimée complètement.
H. P.
208. — J. TEN CATE. — L'innervation des chromatophores de la
peau chez Octopus vulgaris. — Ar. néerl. de Ph., XIII, 3-4, 1928,
p. 572-753.
Contrairement à la théorie de Fuchs, l'auteur, s'il a constaté, après
section d'un des nerfs palléaux, la pâleur d'une des moitiés du man
teau (disparaissant après quelques jours) n'a pu noter aucune dégé
nérescence du ganglion stellaire. Selon lui, ce n'est pas l'action inhi-
bitrice de ce qui peut expliquer la pâleur. Procédant à.
l'extirpation du ganglion stellaire, du côté opéré, après retour à la
couleur normale on note un nouveau pâlissement. Le ganglion
exerce donc une action tonique sur les muscles des chromatophores«
M. F.
209. — G. KOLLER. — Versuche über die inkretorischen Vorgänge
beim Garneelenfarbwechsel {Recherches sur les processus hormo-
niques dans le changement de couleur des crevettes). - — ■ Z. für ver.
Ph., VIII, 3-4, 1928, p. 601-612.
Il y a dans la région rostrale du céphalo-thorax des crevettes
[Leander, Crangon), un organe sécrétant une « expantine », hormone^
provoquant l'expansion des chromatophores noirs (mélanine) et rouges,
comme le montrent les expériences de noircissement d'un animal
clair par ingestion ou injection de cette région du corps (et de celle-ci
seulement) provenant d'un animal sombre. L'ablation de cette
région rostrale empêche le noircissement de la crevette placée sur
fond sombre.
L'hormone d'une crevette agit sur les crevettes d'espèces et même
de genres différents.
Il y a d'autre part, provenant de l'œil des animaux à livrée claire
(et se manifestant par injection d'extrait oculaire) une « contractine »
qui entraîne l'éclaircissement des animaux sombres par rétraction
des pigments noir et rouge.
Jusqu'ici il n'a pas été mis en évidence avec certitude d'action
hormonique commandant l'expansion du pigment blanc. H. P. ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 341 PSYCHOLOGIE
210. — H. GIERSBERG. — Ueber den morphologischen und phy
siologischen Farbwechsel der Stabheuschrecke Dixippus (Carau-
sius) morosus [Sur le changement de couleur physiologique et mor
phologique du Phasmide D. m.) — Z. für ver. Ph., VII, 4, 1928,
p. 657-695.
Il y a, sur les divers pigments du Phasmide une série d'actions qui
s'exercent, de la lumière et de la coloration du support, en relation
avec l'humidité ; du régime alimentaire ; de la température ; et
d'influences artificielles, osmotiques, narcotiques, etc. Dans ces
actions, il en est qui s'exercent directement, sans participation
du système nerveux central (action locale par exemple d'un stimul
us chaud, d'une pression), en général par action du sang sur les
cellules à pigment.
L'action, qui se combine, de la lumière et de l'humidité est au con
traire indirecte : elle se produit par influence du système nerveux
central qui, par modification sympathique des glandes endocrines,
modifie le sang, et, par suite les pigments. Le changement de cou
leur serait hormonal exclusivement chez le Phasmide. H. P.
211. — E. B. PERKINS. — Color changes in Crustaceous especially in
Palœmonetes (Les changements de couleurs chez les Crustacés, spé
cialement chez P.). — J. of exp. Z., L, 19"28, p. 71-107.
L'obscurité et l'occlusion des yeux entraînent une contraction
totale des chromatophores, tandis que l'extirpation des yeux et
l'anesthésie provoquent leur étalement.
Après section des artères ophtalmiques, il y a une paralysie géné
rale des et la lésion de vaisseaux déterminés est
suivie d'une paralysie des chromatophores correspondants. Le sang
doit apporter un incitant de contraction. Malgré divers échecs, l'au
teur a pu réussir à mettre en évidence cette action en injectant
dans le sinus dorsal d'individus aveugles et sombres des extraits
d'yeux de crevettes pâles : en quelques minutes l'injection est suivie
d'une contraction générale des chromatophores durant 24 heures.
Sur les crevettes normales, l'action est très brève; elle apparaît, mais
plus faible, avec des extraits d'yeux de crevettes sombres.
On n'obtient jamais d'effets sur les contractés, la
contraction seule paraît d'origine hormonale. H. P.
212. — A. ROCHON-DUVIGNEAUD. — L'œil et la vision de la
taupe. — Bulletin de là Société d'Ophtalmologie de Paris, 1928,
n° 4. — L'œil de la taupe et les problèmes qu'il soulève. —
Annales d'Oculistique, CLXVI.I, 1928, p. 801-849.
L'œil de la taupe est de dimensions réduites, avec cristallin à •
structure embryonnaire, rétine épaisse, éléments sensibles plus
voisins des cônes que des bâtonnets, cellules nombreuses, mais la
plupart à un stade embryonnaire et fibres optiques rares. Tout indique
un arrêt du développement oculaire au cours de l'évolution embryonn
aire. Fonctionnellement il peut y avoir une certaine vision du mou
vement.
A cette occasion, l'auteur envisage les graves problèmes de
l'évolution, que nous ne sommes pas en mesure de résoudre, s'arrê- ■
342 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tant à -l'hypothèse d'une régulation de la morphogénèse par une
hormozone, une génétine dont l'excès ou le défaut explique les
arrêts ou exagérations de développement : l'atrophie oculaire et
l'hypertrophie olfactive se ramèneraient à ce mécanisme. H. P.
213. — CLYDE E. KEELER. — The question of visual capacity
in mice bearing rodless retinae (La de la capacité visuelle
des souris à rétines privées de bâtonnets.) — Z. für ver. Ph.r VII, ky
1928, p. 736-738.
Une série de recherches s'accordent à refuser toute fonction
visuelle à l'œil des races de souris ayant une malformation congé
nitale de la rétine (absence des bâtonnets récepteurs et du pourpre).
Les travaux de Hopkins vont à rencontre de cette conclusion (Cf.
An. ps., XXVIII, p. 355). L'auteur a fait alors rechercher les cou
rants d'action rétiniens chez, ces souris, avec la collaboration de
Ghaffee et miss Satcliffe. Or, avec illumination de l'œil, aucune réac
tion électrique ne se produit, ce qui est bien en accord avec l'incapa
cité fonctionnelle oculaire. H. P.
214. — CL. E. KEELER, E. SATCLIFFE et E. L. CHAFFEE. —
A description of the ontogenetic development of retinal action
currents in the house mouse (Description du développement onto-
génique des courants d'action rétiniens chez la souris domestique). — ■;
Pr. of N. Ac. of Se, XIV, 10, 1928, p. 811-815.
Sous l'influence de l'éclairement. on observe les premières varia
tions de potentiel dans la rétine de la jeune souris au 13e ou 14e jour.
On a alors la courte variation négative suivie d'une variation posi
tive unique assez faible. Au 21e jour, le type de réponse adulte est
réalisé (avec la deuxième réponse positive plus intense et plus longue).
Ensuite il n'y a plus qu'un accroissement progressif de la réponse
pour une même intensité de stimulation jusqu'à l'âge de 3 mois (la
réponse étant plus du double, en millivolts, de ce qu'elle était à
3 semaines). H. P.
215. — L. S. STONE et N. T. USSHER.— Return of vision and
other observations in replanted amphibian eyes (Retour de la vision
et autres sur les yeux transplantés d'amphibiens). —
Pr. of Soc. of exper. Biology and Medicine, XXV, 1927, p. 213-
215.
Etude faite sur des larves et des adultes d'Amblystome et des
Diemyctybus adultes. Les yeux transplantés recouvrent la motilité,
dès le 9e jour chez l'Amblystome, avec circulation rétablie de façon
précoce. Les animaux présentent en général un comportement tout
semblable à celui des individus normaux, montrant le rétabliss
ement de la vision. Celle-ci peut parfois faire défaut avec une appa
rence histologique normale de l'œil. En revanche elle se manifeste
chez l'Amblystome adulte malgré une réduction de moitié environ
des cellules ganglionnaires de la rétine. H. P.
216. — E. MERKER. — Die Sichtbarkeit ultravioletten Lichtes und
die Fluoreszenz der Augenlinsen bei Wirbeltieren (La visibilité de
la lumière ultra-violette et la fluorescence des lentilles oculaires PSYCHOLOGY ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 343
chez les vertébrés). — Zoolog. Jahrbuch, Physiologie, XLV,
p. 535-608.
La transparence des milieux oculaires est plus grande chez les
animaux nocturnes que chez les diurnes : chez le crapaud que chez
la grenouille ; la salamandre que le triton; le chat que le bœuf, le
porc ou le mouton ; la chauve-souris que la souris.
La fluorescence est d'autant plus marquée que la transparence
est moindre, elle est plus grande pour le cristallin que pour les autres
milieux oculaires ; la lumière secondaire, complexe et assez cons
tante, est subjectivement bien distinguée de la lumière ultra-vio
lette elle-même, avec laquelle se produisent des images rétiniennes,
dont on a obtenu des photographies. H. P.
217. — MARIE-LOUISE VERRIER, — Recherche» sur les yeux
et la vision des poissons. — In-8 de 222 pages avec 11 planches.
Supplément XI du Bulletin Biologique. Paris, Presses Universit
aires, 1928. Prix : 60 francs.
La thèse de doctorat ès-sciences de MUe Verrier comporte avec
quelques rapides données historiques qu'appuie ure bibliographie
de 255 travaux (où subsistent d-es lacunes, en particulier en ce qui
concerne les récents travaux allemands) un excellent ensemble de
recherches personnelles, dont la partie essentielle est morphologique,
et concerne d'une part la structure détaillée de l'œil de la truite, et
d'autre part la comparaison générale de la structure de l'œil des
Téléostéens (d'après une étude de plus de 40 espèces). Les problèmes
de physiologie générale de la vision, et les problèmes de biologie
sur le rôle de la vue dans le comportement des poissors sont l'objet
également d'une série d'études. Et, se plaçant sur un terrain com-
préhensif, rapprochant la morphologie de la biologie, l'auteur a pu
dégager des séries de faits fort intéressants. D'une manière générale
l'oeil des poissons ne permet pas une excellente vision : le cristallin
sphérique, adapté au milieu aquatique pour compenser l'insuff
isance de la'différence des indices de réfraction, avec son astigmatisme,
n'est pas une fameuse lentille, et il ne peut l'hyper
métropie notable (due à la divergence des rayons).
Mais il y a de grandes différences entre espèces, et chez certains
Poissons pourvus d'une fovea constituée exclusivement par des cônes,
qui ne sont pas tous reliés individuellement à une cellule ganglion
naire mais presque (39 cellules pour 46 cônes par exemple, chez.
Blennius ocellaris), on note une perception précise, facilitée par l'exis
tence d'une vision binoculaire, chez les Blennies par les
Serrans qui savent s'emparer des petits poissons dont ils font leur
proie dans les herbiers de zo stères où ils vivent, les Hippocampes
enfin picotant avec adresse des Daphnies comme des pigeons pi
cotent des graines.
Les espèces à vie nocturne ou -d'habitat très profond ont une rétine
composée principalement, ou même exclusivement (comme le
congre) de bâtonnets. La présence des deux sortes d'éléments récep
teurs est la règle et il n'y a jamais de rétine de poisson ne compre
nant que des cônes- (la fovea seule ayant cette particularité chez
les espèces en petit nombre qui en possèdent une, beaucoup d'autres m
344 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ayant une « area », zone de sensibilité plus fine, avec plus de densité
des éléments récepteurs mixtes).
Les cônes sont d'ailleurs de formes assez variées ; ils sont fréquem
ment doubles, et on trouve des types de transition entre cônes
et bâtonnets.
Dans toutes les espèces il y a un certain champ anatomique de
vision binoculaire dans des régions rétiniennes latérales, avec chiasma
optique comportant la décussation totale, mais l'importance de la
vision est très inégalé suivant les espèces, en relation
avec les conditions de vie. En général la vision binoculaire étendue
coïncide avec une bonne acuité, chez les poissons chasseurs;
toutefois la rascasse, à grand champ binoculaire, n'a qu'une acuité
médiocre, et le grondin qui a bonne acuité n'a pour ainsi dire pas de
champ binoculaire. H. P,
218. — Mlle M. L. VERRIER. — Le pH des milieux oculaires chez
les Poissons. Ses variations sous l'action de la lumière. — B. du
Muséum, 1928, p. 194-196.
Le cristallin est faiblement acide (pH de 6,2 à 6,6) et le corps
vitré alcalin (8,3 à 8,4), sans modification à la lumière ou à l'obscur
ité.
La rétine après séjour en lumière modérée est alcaline chez la
brème (7,6), neutre chez le brochet et la carpe (7,0), acide "chez l'an
guille. Une lumière intense provoque une acidité marquée (à 6 après
7 heures chez la carpe), diminuant vite à l'obscurité (passage de
6 à 6,4 en 30 minutes).
On peut se demander, dit l'auteur, si cette acidité par action de la
lumière est due à une transformation du pourpre ou à un changement
de perméabilité des tissus. H. P.
219. — E. SCHARRER. — DieLichtempîindlichkeit blinder Elritzen
(La sensibilité lumineuse des vairons aveugles). — Z. lûr ver. Ph.,
VII, 1, 1928, p. 1-38.
Après enlèvement des yeux, chez Phoxinus Isevis, on constate
qu'il persiste encore une sensibilité lumineuse. En donnant aux
poissons leur nourriture en même temps qu'on allume une lampe
électrique, on arrive après un certain nombre d'associations (entre
10 et 30 réparties sur 6 à 19 jours) à engendrer le réflexe conditionnel
de dressage ; l'animal réagit à l'allumage isolé de la lampe.
Il n'y a pas d'action spécifique qui puisse être obtenue d'après
la couleur et la direction de la lumière. Pas de recherche de l'auteur
sur la discrimination possible des intensités (par dressage différentiel),
mais mesure des temps de réaction, qui décroissent quand l'intensité
augmente, suivant la loi bien connue, mais avec des durées très
longues :
Intensité en b. m. : 900 510 70 35 12 0,5
Durée en seconde : 3,511 3,431 5,091 5,762 6,236 10,781
La longueur des temps serait due à une certaine paresse de réac
tion, le dressage continu amenant une accélération (réduction de
temps à 1-2 secondes). De fait sans avoir fait de mesures précises, ZOOLOG1QUE ET BIOLOGIE 345 PSYCHOLOGIE
avec un obturateur, S. a constaté qu'une durée d'exposition de 0,5
à 0,2 sec. suffisait pour déclencher là réaction au bout de 3 oui
secondes.
L'influence de l'adaptation à la lumière et à l'obscurité a été mise
en évidence, de façon grossière du moins. La partie intéressante du
travail concerne le siège de cette sensibilité lumineuse des poissons
aveuglés.
Von Frisch avait déjà montré que des changements pigmentaires
s'obtenaient chez des poissons aveuglés par action lumineuse sur le
thalamencéphale et la région de l'épiphyse (Das Parietalorgan der
Fische als funktionierendes Organ, Vortrag in d. Ges. f. morph. und
Phys. Munich, 1911). Or S. constate aussi que l'action de la lumière
concentrée sur une petite surface ne s'exerce que quand la région
céphalique est éclairée ; l'enlèvement de la peau dans la
éclairée ne supprime pas la réaction. En revanche l'ablation de
l'épiphyse et d'une région avoisinante (celle de l'épiphyse seule ne
suffisant pas) abolit toute réaction à la lumière.
Ce serait donc le cerveau qui serait sensible, et non la peau, et, dans
le cerveau une région du cerveau intermédiaire qui fait penser à une
interaction endocrino-nerveuse. H. P.
220. — H. HOMANN. — Beiträge zur Physiologie der Spinnenaugen
(Contributions à la physiologie des yeux d'araignées). — Z. für ver.
Ph., VII, 2, 1928, p. 201-268.
Après une introduction critique, l'auteur expose ses méthodes
très précises pour l'étude de l'œil des araignées, détermination du
pouvoir résolutif des lentilles oculaires, micrographie des rhabdomes,
mesure du champ visuel, détermination de l'axe oculaire, etc.
Ensuite, il passe à l'examen des yeux chez les Salticides.
Les champs des yeux principaux sont très petits et se situent à
l'intérieur du champ binoculaire (de 40° environ) des yeux antéro-
latéraux. La distance angulaire des rhabdomes dans les yeux prin
cipaux va de 12' à 40', dans les yeux antéro -latéraux de 35' à 2°.
Au point de vue comportement, les araignées sautent sur la proie
à 3 ou 4 centimètres de distance, et les mâles commencent leur danse
nuptiale à 5 ou 6 centimètres des femelles (8 centimètres dans un cas).
Par aveuglement partiel et son action sur le comportement, l'au
teur constate que les yeux principaux permettent la vision des formes
et leur perception à distance, que les yeux antéro -latéraux au con
traire sont adaptés à la vision proche, mais permettent l'évaluation
des distances (impossible aux yeux principaux). Les muscles des
yeux principaux n'ont pas un rôle accommodateur, mais agrandissent
le champ.
Il suffit de l'excitation d'un seul rhabûome pour que l'araignée
s'oriente vers sa proie (facilement imitée par uu objet noir sur l'und
blanc), en effet la réaction à l'objet est obtenue pour une grandeur
minima assez constante (dont la dimension correspond à un carré
30' même parfois, de l'ordre de la distance de d'un degré de côté,
deux rhabdomes). H. P. 346 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
221. — CARL SCHLIEPER. — Farbensinn der Tiere und optomoto-
rîsche Reacktionen (Sens chromatique des animaux et réactions
optomotrices). Z. für ver. Ph , VI, 1927, p. 453-472.
L'auteur appelle réaction optomotrice un déplacement compens
ateur des yeux, de la tête ou du corps entier consécutif à un mouve
ment partiel ou total du champ visuel, par exemple une translation
de taches claires ou sombres et cela correspondrait au « photomé-
notactisme, de Kühn, ou maintien d'une certaine orientation vis-
à-vis de stimuli lumineux. Il a déjà étudié cette réaction chez le crus-
tacé Hippolyte variais, en faisant déplacer dans le champ des sur
faces colorées et incolores d'égale luminosité ; or les mouvements
d'yeux accompagnent le déplacement de surfaces d'Inégale clarté,
maïs non de surfaces hétérocnromes, tout se passe comme si l'an
imal était aveugle aux couleurs dans cette réaction (Verhandlungen
der deutschen zoologischer Gesellschaft, 1926, XXXI).
La même constatation est faite cette fois sur un erabe (Carcinus
msenas), des papillons (Pieris brassiest, Vanessa io,' Epinephele
jurtina\, des mantes, un coîéoptère [Coecinella septempunctata) enfin
sur l'abeille et un lézard (Lacerta vivipara).
Une méthode ingénieuse a été employée. L'animal est immobilisé
au centre d'un cylindre tournant portant de larges stries alternat
ivement grises et colorées, avec des papiers gris de clarté différente,
ïe mouvement du cylindre provoque des réactions optomotrices; or,
dans tous les cas, avec des papiers de Hering verts, rouges, jaunes- ou
bleus, on trouve toujours un papier gris (dans-- wie série de 12. eche
lons) tel que son alternance avec le papier coloré ne provoque
aucune réaction, au cours de la rotation du cylindre.
Cela permet en même temps de déterminer l'équivalence de clarté,
pour l'animal étudié, du papier eetoré.
S. trouve les valeurs suivantes, qu'il ccBapare à celles établies
pour l'homme par O. Kcehler (1924 ), (en pourcentage de blanc dans
le mélange blanc-noir correspondant à la clarté du gris homophane).
Homme C « c o o . Crat s Abei a Man a '3
J £ U o -a.'a S 0
64 65 Vert 62 69 64 74
51 62 49 49 53 79 23 64 49 10 64 57 73 16 24 22 24 26 25 22 Bleu
8 11 12 9 31 Rouge 14
II y a généralement accord avec les valeurs obtenues pour l'homme
achromatopsique par adaptation à l'obscurité, en particulier pour
le vert et le rouge '(l'abeille ayant une situation mtermediaire entre
les deux adaptations de l'homme). 11 y a des valeurs divergentes
pour le lézard, attribuées à la présence des boules colorées formant
filtre dans les cônes récepteurs. H. P.

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