Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 328-347

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 328-347
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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c) Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 328-347.
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c) Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 328-347.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_4944328 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
c) Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
238. — J. HENSCHEL. — Reizphysiologische Untersuchungen an
der Käsemilbe Tyrolichus easef Oudemans (Recherches de physio
logie de stimulation sur Vacarien du fromage T. c). — Z. für ver.
Ph., IX, 5, 1929, p. 802-837.
Etude sur l'excitabilité chimique, thermique et lumineuse de cet
acarien qui se rencontre quelquefois dans le fromage.
Des réactions positives sont obtenues à des substances odorantes
naturelles (comme du suc de chenilles dont l' acarien se nourrit) à une
substance chimique définie comme le scatol. Il y a aussi des réactions
à l'humidité.
Le parcours d'un Acarien au voisinage du corps odorant est cir
culaire, autour de ce corps, jusqu'à approche ou contact en certains
cas. Mais il y a un optimum olfactif, qui se manifeste par exemple
par des accumulations d'individus à des distances définies de cri
staux de scatol.
En employant .comme Herter (1924) un bloc chauffé à une extré
mité et refroidi à l'autre, le nombre des individus se massant à un
niveau optimum de température montre que l'optimum dépend de
la température à laquelle ils étaient préalablement adaptés : après
avoir été à 25° C, c'est à 25° qu'ils se tiennent ; si c'était à 18° c'est
encore à 18° ; enfin si c'était 6° à 8°, ils se tiennent à 8°-ll°. En
somme, ils tendent à reprendre la température initiale, en restant
un peu au-dessous si celle-ci était assez élevée, un peu au-dessus si
elle était assez basse.
L'adaptation à une température nouvelle, dont l'effet se traduit
par le changement d'optimum, s'obtient progressivement, et se
montre complète après un peu plus de deux heures. .
Enfin, en employant un dispositif de variation progressive de
l'éclairement, un « Helligkeitsleiter » consistant en une plaque pho
tographique de noircissement progressif, l'auteur a mis en évidence
une sensibilité lumineuse (en l'absence d'organes récepteurs appa
rents) : il existe une clarté optima au niveau de laquelle se massent
la majorité des individus (mais seulement à partir d'un certain stade
de développement, les larves plus jeunes étant presque indifférentes '
à la clarté). H. P.
289. — HEINZ WEBER. — Biologische Untersuchungen an der
Schweinelaus (Hœmatopinus suis L.), unter besonderer Berück
sichtigung der Sinnesphysiologie (Recherches biologiques sur le
pou du cochon, spécialement au point de vue de la physiologie des
sens). — Z. für ver. Ph., IX, 4, 1929, p. 564-612.
L'auteur a examiné le rôle des fonctions sensorielles dans la vie
de ce parasite, et ses observations personnelles se complètent de
données sur les travaux antérieurs, dont 140 sont cités (et l'on n'est
pas peu surpris de trouver sur le pou une si riche bibliographie).
Le pou du cochon que sa taille (qui avoisine 5 millimètres) rend
particulièrement favorable pour une étude expérimentale, possède PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 329
une sensibilité thermique assez fine (mais sans données numériques).
La température optima qu'il recherche est de 28,6° (d'après la dens
ité maxima des individus trouvés sur une planche, où la température
yariede façon continue (au niveau où cette température est atteinte),
ce qui correspond à la température moyenne de la peau du dos chez
le cochon (avec une extérieure de 20°). Tout le corps
paraît susceptible de percevoir la température ; à la chaleur rayon
nante l'orientation des antennes indique une réceptivité élective ;
au contact, l'abdomen paraît spécialement sensible.
La sensibilité < lfactive se manifeste par les réactions très nettes
qu'exerce l'odeur du cochon, odeur de la peau ou du sang, déjà, chez
quelques individus, à une distance de 30 centimètres, la réception
étant antennaire.
La lumière provoque la suppression de l'activité, qui reprend
à l'obscurité. Il y a réception oculaire et phototactisme négatif vis-
à-vis d'une source lumineuse. A la lumière, il suffit d'une ombre pour
provoquer l'activité.
Aux vibrations et secousses, le pou réagit en s'immobilisant, les
contacts sont de peu d'effet. Mais la sensibilité tactile se manifeste
par l'influence de la rugosité du support qui, au même titre que la
température, accélère les mouvements et les translations.
Enfin le géotropisme négatif (attitude telle que l'abdomen est en
bas et la tête en haut, sur support vertical) est conditionné par le
poids de l'abdomen et disparaît qund ce dernier est sectionné.
H. P.
240. — W. K. WEYRAUCH. — Sinnesphysiologischfr Studie an
der imago von Forficula auricularia L. auf ökologischer Grundlage
[Etude de physiologie sensorielle sur V imago de F. A., d'un point
de vue (écologique). — Z. für ver. Ph., X, 4, 1929, p. 665-687.
Étude sur les facteurs sensoriels de répartition et d'habitat du
perce-oreille.
Au point de vue tactile, la sensibilité est fine ; le moindre courant
d'air agit ; ce sont surtout les antennes qui sont réceptrices pour de
faibles ébranlements, d'autant mieux perçus que la forficule, recherche
le contact, s'appliquant étroitement aux surfaces voisines (thigmo-
tactisme positif), et s'introduisant dans des fentes étroites où la
surface de contact est. accrue.
L'animal fuit la lumière ; mais un rassemblement de forficules
dans un petit espace perçoit des secousses mécaniques, les animaux
deviennent phototropiques positifs ; ils vont vers la lumière. Il y a
géotropisme négatif et hydrotropisme négatif. Au-dessus de 30° à 35°
la forficule fuit la chaleur, mais, au-dessous paraît pratiquement
indifférente, le sens thermique étant peut-être développé, en tout
cas n'intervenant guère dans la répartition et le choix de l'habitat.
H. P.
241. — KONRAD HERTER. — Reizphysiologisches Verhalten
und Parasitismus des Entenegels Protodepsis tesselala 0. F. Muller
(Comportement en physiologie d'excitabilité et parasitisme de la
sangsue du canard P. t.). — Z. für ver. Ph., X, 2, 1929, p. 272-308.
La sangsue en question s'installe dans les cavités du corps des piBLlOGRAPflïQUES ANALYSES
oiseaux et en particulier des canards, pharynx, trachée, etc., pour
sucer le sang, en parasite tejnporaire.
L'étude systématique qu'en a faite l'auteur a mis en évidence
une série de réactions aux stimuli : thigmotactisme positif (moins
net chez l'animal affamé que rassasié) ; rhéotactisme ; mouve
ments d'alarme pour des secousses, mais attraction vers une source
de vibrations dans l'eau (ce que l'auteur appelle un « VibrotropotaG-
tisme » ; géotactisme positif chez les individus rassasiés, négatif
chez les affamés ; pouvoir de reconnaissance chimique et de diff
érenciation de l'odeur du canard (sécrétion des glandes du croupion) ;
phototactisme négatif chez les individus rassasiés, positif chez les
affamés à la lumière diffuse du jour ; réaction aux ombres, dispa
raissant très vite par répétition. Les réactions différentes des sangsues
rassasiées et affamées sont en rapport avec l'activité facilitant, pour
ces dernières, la recherche de l'hôte, et qui les entraîne dans la région
(Jes couches d'eau (superficielles et éclairées), où les vibrations dues
au barbotage du canard les attirent vers le bec auquel elles vont se
fixer, pour pénétrer ensuite dans les cavités du pharynx ou de la
trachée. H. P.
242. — KONRAD HERTER. — Temperaturversuche mit Egeln
(Recherohes thermiques avec des sangsues). — - Z. für ver. Ph., X, 2,
1929, p. 248-271.
L'auteur a examiné l'influence des élévations de température sur
un grand nombre d'espèces de sangsues, comparant en particulier
le niveau thermique provoquant des réactions protectrices et le
niveau nocif, les deux niveaux se montrant nettement plus bas
chez les sangsues vivant des animaux à sang froid que chez celles
se nourrissant du sang des homéothermes (deux espèces, des genres
Hirudo et Protoclepsis), Seule Hirudo medicinalis présente des réac
tions positives provoquées par la chaleur (niveaux de 33° à 35°).
Toutes les autres espèces sont indifférentes, ou, pour des niveaux assez
élevés réagissent négativement. Mais la sangsue médicinale est la
seule qui constitue un ectoparasite des homéothermes, l'autre espèce
{Pratoclepsis} vivant en endoparasite chez les oiseaux. H. P.
243. — H. PIÉRON. — Le problème de la sensibilité thermique chez
les Invertébrés marins (Association des Physiologistes, Roscoff,
avril 1929), — Annales de Physiologie, Y, 3, 1929, p. 526-528.
P. n'a pu obtenir de réactions caractéristiques sous l'influence
d'une source localisée de chaleur (en éliminant bien entendu l'action
therinokinétique), probablement parce que les Invertébrés marins
sont indifférents aux inégalités thermiques du milieu marin réalisées
par la source (ni recherche, ni fuite d'un niveau thermique plus élevé
de quelques degrés).
En fait, on n'a constaté l'efficacité du stimulus thermique chez
beaucoup d'Invertébrés que lorsque ce avait une significa
tion éthologique (par exemple chez les seules sangsues parasites d'
animaux à sang chaud).
En dehors de la signification éthologique définie, le stimulus the
rmique ne provoquerait que 4es. réactions d'alarme. Or il ne PSYCHOLOGIE ZOOLOQIQUE BT BIOLOGIE 394
pas que la chaleur provoque une réaction d'alarme chez les Inver
tébrés marins.
11 a été possible d'obtenir des rétractions de siphons chez le Lamelli-
branche Mya arenaria et l'Ascidie Phallusia aspersa mais seulement
par action de la chaleur rayonnante sur une surface tégumentaire
exposée à l'air (et ne bénéficiant pas de la régulation par conduction
qu'assure le milieu aquatique).
La détermination approximative du temps de réaction pour des
distances variables de la source a donné les valeurs moyennes su>
vantes :
1mm 5mm 5mm 10mm 20mm Distance 2
Mya 10 21 ,5 72 113 235 Temps (secondes) Phallusia . . . 20 70 33 57
Le temps nécessaire, en fonction de la distance du réservoir, pour
élever d'un certain nombre de degrés le niveau du mercure d'un ther
momètre, a montré une variation analogue (20 sec. à 5 millimètres,
30 à 10 millimètres, 65 à 20 millimètres).
On peut donc penser, pour l'excitation locale de la petite surface
exposée, que la réaction se produit quand un certain niveau ther
mique fixe est atteint, ce qui caractérise la réactivité algique à la
brûlure (non la sensibilité thermique, qui s'adresse à la variation de
température).
La réaction d'alarme de la Mye et de l'Ascidie relève des systèmes
noaiceptifs, non d'une sensibilité thermique spécifique. A noter
le contraste entre l'absence de réaction de la Mye à la chaleur rayon
nante (sauf brûlure) et la réactivité considérable à la lumière, ce qui
met bien en évidence la dissociation de l'action photochimique lumi
neuse et de l'action calorifique des rayonnements absorbés.
H. P.
244. — ELMER, CULLER. — Functions o£ cutaneous muscle in the
perception of cold {Fonction du muscle cutané dans la perception
du froid). — Am. Ps. Association, 37e Congrès« Résumé in Ps. Bul:,
XXVI, 1929, p. 142-143.
Dressage conditionnel de deux chiens à un contact froid (5°-10°)
sur la région antérieureMe la tête par association à un choc sur la
patte gauche (tandis que l'association n'est pas faite avec un contact
qhâud (40°-45°).
Puis à chaque animal on extirpe un ganglion cervical supérieur, le
droit chez l'un, le gauche chez l'autre. Or du côté opéré (suppression
fonctionnelle des fibres sympathiques céphaliques), la react j vite
au froid est accrue de façon notable et persistance.
C'est un fait de plus montrant le rôle régulateur du sympathique
sur la sensibilité (Tournay, Orbeli). Mais l'auteur qui ignore les tra
vaux déjà effectués dans cette voie conclut que c'est la suppression
du contrôle nerveux des muscles lisses qui est en jeu, et voit, donc
une relation directe de la perception du froid avec la musculature
cutanée, H. P. 332 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
245. — V. CORNETZ. — Orientation, conservation de la direction,
marche compensée, polarisation. — J. de Ps., XXVI, 5-6, 1929,
p. 345-410.
Ce n'est pas la première fois que C. aborde le problème général
de l'orientation chez l'animal, en prenant principalement la fourmi
comme sujet d'étude. Il donne cette fois un important travail d'en
semble sur la question, qui a surtout pour but de fixer avec préci
sion la terminologie employée, ce qui n'est jamais inutile, dans un
domaine où des divergences apparentes entre les auteurs ne sont
souvent qu'un défaut d'unification du langage. C. entend par « faculté
d'Exner », la sensation et mémoire de la position dans l'espace du
plan médian du corps, par conséquent des différences de position,
autrement dit la sensation d'angulation. Ce n'est nullement une orien
tation. On s'oriente vis-à-vis de quelque chose, on oriente un plan,
une carte, une image. S'orienter c'est utiliser des repères extérieurs
pour mettre d'accord deux choses semblables, une ancienne et une
actuelle ; il y a un processus de mémoire associative, connaissance
puis reconnaissance. La connaissance elle, mais elle seule peut être
fournie par la faculté d'Exner. La conservation de la direction est
quelque chose d'encore tout différent. La marche en ligne droite,
d'après les observations de C. sur des fourmis ne serait qu'une marche
compensée, formée d'une multitude de petites oscillations s'annu-
lant réciproquement (ce qui ne donne pas du reste l'explication du
phénomène). M. F.
246. — P. STEINMANN. — Vom Orientierungssinn der Tricladen
(Du sens d'orientation des Triclades). — Z. für ver. Ph., XI, 1,
1929, p. 160-172.
Les colorants vitaux, en particulier le bleu de méthylène,
imprègnent électivement des groupes de cellules sensibles dans le
limbe auriculaire cilié de la région antérieure des Planaires.
Cet « organe sensoriel auriculaire » est rendu incapable de fonc
tionner par suite de l'imprégnation, et, corrélativement les chimio-
tropismes et rhéotropismes — qui constituent les principaux fac
teurs d'orientation de ces Turbellariés — sont abolis. H. P.
247. — R. LANGENBUCH. — Ueber die S|atocysten einiger Crusta-
ceen (Sur les Statocystes de quelques crustacés). — Zoologische
Jahrbücher. Physiologie, XLIV, 1928, p. 575-622.
Cyaihura carinata (Anthuride), s'enfouit verticalement dans la
vase ; or l'extirpation des statocystes du telson (3 soies sensibles
en connexion avec le noyau organique du statolithe), provoque la
désorientation, sans pertes de tonus.
Chez des Amphipodes (Ampelisca, Gammarus locusta), il y a des
statocystes céphaliques pairs avec un gros statolithe uni à la paroi
par des prolongements plasmatiques de celle-ci. Le renversement
de l'éclairage ne provoque pas de retournement au cours de la nata
tion, 'tandis que chez les Gammarus pulex ce retournement d'origine
lumineuse se produit comme s'il n'y avait pas de statocystes (cette
espèce ayant des statocystes très petits et un organe frontal — qui
contribue aussi à l'équilibration — fort réduit). H. P. PSYCHOLOGIE ZOOÏ,OGÎQUE Et BIOLOGIE 333
248. — C. F. WERNER. — Experimente über die Funktion der
Otolithen bei Knochenfischen (Expériences sur la fonction des oto-
lithes chez les poissons osseux). — Z. für ver. Ph., X, 1, 1929, p. 26-
35.
Recherches sur le Gobius. Après l'extirpation unilatérale ou bila
térale de Potolithe du saccule, en moins d'une heure les légers troubles
d'équilibration initiaux ont disparu, et, même après extirpation totale
d'un côté du saccule et de la lagena, il ne se manifeste aucune asy
métrie dans la position ou le mouvement. L'auteur pense donc que
c'est à l'otolithe de l'utricule qu'il faut attribuer les graves pertu-
bations qu'on observe après extirpation totale du labyrinthe, mais,
pour les troubles moteurs qu'il a observés après centrifugation des
animaux, il pense qu'ils relèvent seulement d'une lésion des centres
encéphaliques. H. P.
249. — CATHERINE CORBEILLE. — L'influence des vibrations
acoustiques sur la respiration chez la grenouille et certains mamm
ifères. — L'influencs des vibrations acoustiques sur le rythme
cardiaque de lapins intacts ou décérébrés. — Influence des vibra
tions acoustiques sur la pression sanguine des chiens narcoses à
l'uréthane. — B. B., CI, 1929, p. 113-115, 563-564, 763-764. •
CATHERINE CORBEILLE et E. J. BALDES. — Respiratory res
ponses to acoustic stimulation in intact and decerebrate animals — -
Cardiac responses to acoustic stimulation in intact and decerebrate
Babbits. — The effect of acoustic on the blood pressure
of urethanized dogs. — Am. J. of Ph., LXXXVIII, 1929, p. 481-
490, 491-494, et 495-497.
Emploi d'un oscillateur donnant de 100 à 80Ô y. d.. Chez 5 gre
nouilles de Floride (Rana caterbiana), le son entraîne, tant qu'il
dure (1 minute à 2 heures) un ralentissement respiratoire ; des sons
courts et répétés provoquent au contraire une accélération. Chez
deux .grenouilles décérébrées au-dessus des lobes optiques les effets
ont été les mêmes. Sur des mammifères (lapins, chats, chiens), il y a
une "accélération respiratoire constante pendant le son, aussi bien
chez les animaux décérébrés que chez les normaux, ce qui montre que
l'écorce n'est pas impliquée dans le réflexe acoustico-respir'atoire.
L'enregistrement électrocardiographique chez le lapin immobilisé
à l'obscurité (21 animaux) montre un ralentissement du cœur par
stimulation acoustique, effet passager avec retour au rythme normal
quand le son dure (et parfois ralentissement secondaire à l'arrêt de
la stimulation).
Chez 15 lapins décérébrés, la stimulation s'est montrée inefficace
sur le cœur dans 60 % des cas, avec réaction d'accélération dans les
autres cas, au lieu de ralentissement.
Enfin sur 5 chiens en narcose par l'uréthane, au début ou à la fin
d'un son (256 et 360 v. d.) on constate une chute ou une élévation de
pressipn, se manifestant aussi par un simple changement de fré
quence. H. P. ,
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
850. — H. STETTER. — Untersuchungen über flen Gehörsinn
der Fische, besonders von Phoxinus lœvis L und Amiurus nebulosus
Raf (Recherches sur le sens auditif des poissons, en particulier de
Ph. l. et A. n.).*—7>. für ver. Ph., IX, 2-3, 1929, p. 339-477.
Après un exposé historique des travaux sur l'audition des poissons
(78 travaux utilisés) fondé pour la plus grande partie sur la biblio
graphie déjà donnée par Parker, l'auteur relate ses recherches per
sonnelles poursuivies pendant trois années sur six espèces de pois
sons, comprenant, outre le vairon et ie poisson-chat cités dans le
titre, le poisson rouge, la loche (Cobitis barbatula), le Cottus gobio et
YIdus melanotus.
Les sons ont été fournis par des tuyaux d'orgue, des sifflets
d'Edelmann et de Galton, des pianos, guitares, violons, cloches,
diapasons, outre le sif/lement buccal, la voix chantée, le bruit de
crécelle.
Spontanément, sauf quelquefois chez le poisson-chat, il n'a pas
été observé de réaction au son aérien (ce qui explique bien des conclu
sions négatives).
Aussi, pour rechercher les capacités auditives, l'auteur, trèg cor
rectement, a-t-il utilisé la méthode du dressage associatif, soit après
aveuglement, soit avec conservation de la vue (aucune différence
n'étant apparue de ce chef).
Dans ces conditions, on arrive à obtenir, après un nombre plus ou
moins grand d'essais, des réactions caractéristiques pour les sons
associés à la nourriture (sons aériens).
Le fait de l'audition apparaît avec évidence. Mais les modalités
de l'audition se prêtent à l'étude, et, à cet égard, les recherches
de S. ont apporté, des données de très grand intérêt.
Tout d'abord une limite supérieure d'audition a pu être fixée, à
condition de pratiquer un dressage différentiel, en produisant le
bruit de souffle qui accompagne le son haut du sifflet, isolément, et
cela sans association à la nourriture, de manière qu'il n'engendre
pas, par lui-même, la réaction.
Sur le vairon (7 animaux) la limite supérieure a oscillé de 4645 à
6960 v. d. (les valeurs étant naturellement discontinues), chez la
loche (3 individus), de 2069 à 2762, chez un poisson rouge, vers 4138,
enfin chez le poisson-chat (3 individus), la limite, sans avoir été fixée
avec précision, a paru élevée, probablement proche de 13.000 v. d.
Il n'a pu être trouvé de limite inférieure, des réactions étant obte
nues pqur le diapason à 16 v. d. (avec cette réserve que, pour les basses
fréquences on sait que la perception peut s'effectuer par la ligne
latérale et même par tout le tégument, pour une intensité suffisante).
En ce qui concerne la sensibilité absolue, l'auteur l'a recherchée
comparativement à la humaine, d'après l'éloignement
maximum compatible avec la perception sonore d'un sifflet d'Ede
lmann réglé à 662 v. d.
On a pu éloigner jusqu'à 60 à 85 mètres le sifflet sans que la.réac-
tion fût encore abolie chez le vairon et le poisson-chat, l'audition
étant maintenue chez l'homme jusqu'à 90 à 95 mètres. Mais le son
aérien, pour se transmettre à l'eau de l'aquarium subit une perte
d'énergie, et les conditions de réception ne sont pas comparables pour un organisme aérien ou aquatique. En s© plongeant entièrement
dans l'eau (dans une grande cuve), quelques sujets de bonne volonté
ont réussi à entendre le son à une distance de 33 à 50 mètres, moindre
que pour les poissons (mais le dispositif récepteur humain n'est pas
adapté aux conditions aquatiques).
En somme, on peut dire que le poisson a une finesse d'ouïe ana
logue à celle de l'homme.
Qu'en est-il maintenant de la différenciation des fréquences to
nales ? En dressant les poissons à un « Fütterton », à un son accom
pagnant la nourriture, et à un « Warnton », à un son corrélatif d'une
stimulation désagréable que le poisson apprend à éviter (du papier
imbibé d'alcool camphré), S. est arrivé chez les vairons à obtenir la
différenciation pour un intervalle d'une octave (cette différenciation
étant d'autant plus facile que l'intervalle est plus grand, sans que
l'octave représente un point critique de plus grande ressemblance,
ce qui semble bien indiquer une autre nature d'audition, un autre
mécanisme que chez l'homme). Après un très long dressage, sur le
violon, quelques vairons ont pu distinguer une tierce mineure (288
et 341 v. d.), soit une difference d'environ 20 % (alors "que le chien
peut percevoir des différences de 0,1 %). ,
Chez le poisson-chat, on n'obtient pas de résultats comparables.
Le vairon différencie un bruit d'un son tonal, et peut réagir au
son de dressage produit en même temps que d'autres.
Simultanément, des vairons, par dressage différentiel, ont pu réagir
de façon appropriée à 4 ou 5 tons différents, comme limite maxima.
Le timbre a paru plus difficilement différenciable que la tonalité ;
quant à l'intensité, elle n'a pas paru jouer de rôle et l'on n'a pu
obtenir de dressage différentiel en ne faisant varier que l'intensité.
Les dressages obtenus se sont montrés très persistants (jusqu'à
229 jours chez le vairon, 334 chez le poisson-chat).
On voit que des données positives de réel intérêt ont pu être ob
tenues par ces belles recherches de l'auteur. H. P.
251. — MORGAN UPTON. — Functional disturbances of hearing
in guinea pigs after long exposure to an intense tone (Les troubles
fonctionnels de l'audition chez les cobayes consécutifs à une action
prolongée d'un son intense). — J. of Gen. Ps., II, 1929, p. 397-410,
et Pr. of N. Ac. of Se, XV, 3, 1929, p, 284-287.
Les expériences effectuées par Yoshii en 1909 ont montré que
l'action proïbngée d'un son déterminait dans l'organe de Corti du
cobaye une lésion locale nettement délimitée et la position variait
avec la fréquence du son excitateur. Comme les lésions produites
par des sons graves se trouvaient à la base du limaçon et celles
correspondant aux sons graves près de l'hélicotréma il était séduisant
d'y voir une donnée s'accordant avec la théorie de Helmholtz. Le
bien-fondé de cette interprétation fut contesté toutefois par Boring
qui a même tiré des résultats de Yoshii un argument en faveur de
la théorie de fréquence. La lésion due à l'action d'un son prolongé
ne pouvait-elle pas s'expliquer en effet par la quantité d'énergie
de l'excitant sonore très intense, capable d'affecter une région plus
ou moins étendue de la membjrane basilaire ? N'y avait-il pas lieu â36 ANALÏSËS BIBLIOGRAPHIQUES
de penser, en outre, que les points lésés se trouvaient à l'endroit de
la tension maxima de la membrane, à la jonction de la région déplacée
et de la région non affectée ?
C'est pour trancher entre ces deux interprétations des faits établis
par Yoshii que l'auteur entreprit sa recherche en réalisant des condi
tions plus satisfaisantes du contrôle expérimental. Ayant réussi,
dans une recherche antérieure, à mettre en évidence la sensibilité
tonale chez les cobayes (se traduisant par le réflexe conditionnel et
par une réaction respiratoire caractéristique), il soumit un certain
nombre de ces animaux à l'action du son de 600 v. d. pendant
70 jours ; 4 cobayes étaient placés à une petite distance de la source
sonore, un autre groupe à une distance plus grande. Voici ce qu'il a
constaté en examinant ensuite la sensibilité auditive de ces animaux :
les quatre cobayes exposés à la plus forte intensité de stimulus étaient
insensibles aux trois différentes intensités du son de 600 v. d. excepté
l'intensité maxima pour laquelle ils accusaient une faible réaction
respiratoire. Au contraire les cobayes qui avaient été exposés à subir
une intensité plus faible montraient une certaine exagération de leur
sensibilité awditive pour cette même fréquence. Un groupe de sujets-
témoins présentait un comportement normal.
L'expérience cruciale consistait à noter l'effet d'un son différent.
A cet effet un son de 1.000 v. d. fut employé avec trois intensités
comportant la même énergie que les trois intensités correspondantes
du premier son. Or, les réactions fournies par tous les cobayes pour
cette fréquence offraient un caractère normal. 11 convient d'ajouter
que deux cobayes qui avaient été précédemment « conditionnés »
pour le son de 600 v. d. ont perdu la capacité d'y répondre par le
réflexe conditionnel.
L'importance de ces résultats n'a pas besoin d'être soulignée.
Rapprochés des données histologiques de Yoshii ils corroborent la
conception de la spécificité locale comme base de la perception des
sons de diverse fréquence. P. K.
252. — MORGAN UPTON. — The auditory sensitivity oi guinea
pies {La sensibilité auditive chez les cobayes). — Am. J. of Ps., XL,
1929, p. 412-421.
En dépit des nombreuses recherches visant à mettre en évidence
la perception des différentes hauteurs tonales chez les vertébrés su
périeurs, beaucoup d'incertitude enveloppait les faits d'expériences
apparemment les mieux établis. II y avait lieu de pens«r que, dans
plusieurs cas, les réflexes conditionnels utilisés comme révélateurs
de la sensibilité tonale comportaient des associations avec d'autres
stimuli du champ sensoriel et que les animaux réagissaient à des
éléments non contrôlés de la « situation totale ». -
En reprenant la question Upton a pris le plus grand soin pour se
mettre à l'abri des causes perturbatrices. La méthode .consistait à
induire chez le cobaye un réflexe conditionnel par des excitants
rigoureusement contrôlés. Un son de 600 v. d. produit par un
oscillateur se trouve associé à des chocs d'induction qui frappent
l'animal placé dans une sorte de boîte isolante. Le passage du son
(la durée de 6 cycles respiratoires) est séparé par des intervalles

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