Mémoire. - compte-rendu ; n°1 ; vol.19, pg 429-443

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L'année psychologique - Année 1912 - Volume 19 - Numéro 1 - Pages 429-443
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1912
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Henri Piéron
Foucault
G. L. Duprat
VI. Mémoire.
In: L'année psychologique. 1912 vol. 19. pp. 429-443.
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Piéron Henri, Foucault , Duprat G. L. VI. Mémoire. In: L'année psychologique. 1912 vol. 19. pp. 429-443.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1912_num_19_1_7994MÉMOIRE 429
agréables ou beaux et les passages jugés déplaisants ou sans valeur
esthétique. De plus il y avait un frappant désaccord entre les juge
ments affectifs et les jugements esthétiques » (p. 493).
On peut admettre que les poètes, sans avoir toujours de véritables
synesthésies, « jouissent plus que le vulgaire des analogies entre
données sensibles » (p. 497); peut-être dans la « fièvre de l'inspira
tion » sont-ils sujets à de « subtiles confusions des sens » dont les
causes demeurent parfois incompréhensibles au lecteur.
G. L. Duprat.
VI. — - Mémoire.
CARL pESINGHAUS. — Zur psychologischen Theorie des Gedächtn
isses [Contribution à la théorie psychologique de la mémoire). —
Ps. St., VII, 4-5, 1911, p. 336-375. — Beitraege zur Methodologie
der Gedächtnisuntersuchung (Contribution à la méthodologie de
V étude de la mémoire). — Ibid., VII, 6, 1912, p. 377-477.
A côté de l'étude historique sur les théories psychologiques de la
mémoire, théories des petites perceptions, des traces, des disposi
tions latentes, théorie de l'oubli, de la persévération et des senti
ments mnémoniques, les recherches sur la valeur comparée de
diverses méthodes pour l'étude de la mémoire ont un intérêt et
une importance incomparablement supérieurs.
Les méthodes sont classées de la façon suivante :
I. — Méthodes de reproduction. \
Acquisition l Méthodes de l'acquisition,
complète. ( — d'épargne.
/ — d'aide.
Méthodes de séries. des éléments retenus,
du succès (Treffer méthode).
Acquisition
II. — Méthode de comparaison. incomplète.
Méthodes des séries identiques.
Méthodes des im— de modification minimale. \ pressions isolées.
Dans ces méthodes, l'auteur n'a examiné que le premier groupe,
celles de reproduction, pour les comparer à la méthode de recon
naissance, et il a même négligé la méthode d'aide « (des Hilfen) »,
qu'on pourrait encore appeler la du soufflage, puis
qu'elle consiste, dans une série que récite le sujet, à lui souffler
les éléments qu'il ne peut retrouver.
.11 a fait ses expériences avec l'appareil de présentation de Wirth,
en faisant retenir des séries de couples de nombres de deux
chiffres, quatre chiffres étant par conséquent présentés à la fois,
pendant une durée de trois quarts de seconde.
Dans une première série, il a, chez cinq sujets, comparé la 430 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
méthode d'épargne d'Ebbinghaus, qui implique au préalable l'usage
de la méthode simple d'acquisition, avec l'épreuve de reconnais
sance, la deuxième acquisition ou la reconnaissance survenant
après un intervalle de vingi^quatre heures.
Voici les résultats en donnant le nombre moyen de présentations
nécessaires pour l'acquisition correcte de la série des nombres
(4 dans un cas, 8 pour les cinq autres), dans la première et la
deuxième épreuve, avec l'épargne relative, et le nombre moyen
d'éléments reconnus :
4 NOMBRES ! NOMBRES
A A B C D E
1" acquisition . . . . 8,2 17,8 19,3 15,7 27,0 25,0
2e — . . 5,6 9,4 8,4 8,2 10,3 4,0
Économie p, 100 . . . 32 47 56 47 72 84
Reconnaissance. . . . 2,5 5,3 5,5 5,4 6,3 7,4
L'exercice n'a amené que des progrès inappréciables.
L'auteur conclut que l'économie est plus considérable chez les
sujets qui apprennent lentement (D et E par exemple) que chez
ceux qui vite (A et G), et aussi, ce que l'on sait déjà,
que l'économie est plus grande pour les séries longues que. pour les
courtes.
Le nombre des éléments reconnus est aussi plus grand chez les
sujets plus lents à apprendre, après le même intervalle, et on
constate que ce nombre varie de façon strictement parallèle avec
la valeur de l'épargne. Il en est de même quand, dans le détail des
expériences, on compare, pour un sujet, les séries apprises
plus vite et celles apprises plus lentement; ce sont ces dernières
qui fournissent, au bout de l'intervalle, le plus d'éléments reconnus
en même temps que la plus forte économie.
La deuxième série d'expériences a consisté à comparer à
l'épreuve de reconnaissance la méthode des éléments retenus, qui
consiste, après un nombre fixe de présentations, à déterminer le
quantum des souvenirs exacts.
Le nombre de présentations a varié entre 5 et 20, le nombre des
éléments présentés a été de 4 ou de 8.
L'épreuve de reconnaissance a été comparée à une seconde
épreuve de reproduction spontanée, après un intervalle court de
quinze ou de trente minutes.
Voici les résultats, avec 5 présentations et un intervalle de
quinze minutes, en indiquant, pour chaque sujet, le nombre moyen
d'éléments reproduits ou reconnus.
F
lra reproduction. ... 1,3 2,6 1,8 3,1 2,1 2,7 5,7
2e — .... 0,9 1,0 0,9 2,5 1,7 1,4 4,5
Reconnaissance 3,0 2,0 3,2 3,7 4.5 5,3 7,0 MÉMOIRE 431
Ces expériences ont montré l'existence d'un type à acquisition
rapide, mais en même temps à excellente conservation (B) à la
différence du type A.
Les nombres des éléments reproduits ou reconnus varient de
façon sensiblement parallèle.
On voit d'autre part que, lorsqu'on allonge la série à retenir sans
augmenter le nombre des présentations, la quantité absolue des
éléments retenus s'accroît, mais le pourcentage des éléments
retenus par rapport aux éléments présentés diminue.
Enfin, lorsqu'on fait varier le nombre des présentations, on const
ate que la quantité des reproduits ou reconnus n'aug
mente pas proportionnellement, mais sensiblement moins vite.
Au point de vue des impressions subjectives, on peut aussi noter
que les variations du sentiment de certitude dans l'exactitude de la
reproduction sont parallèles à celles du sentiment de reconnais
sance, et de l'exactitude objective de reproduction.
Enfin, dans une troisième série d'expériences, l'auteur a
comparé à l'épreuve de reconnaissance la « Treffer méthode », la
méthode des succès ou des termes trouvés, introduite en psychol
ogie par Müller; cette méthode consiste à présenter des couples de
termes suivant un certain rythme et à redonner ensuite le premier,
qui doit évoquer le second.
Il fut présenté trois fois, dans chaque expérience, 5 couples de
nombres de deux chiffres, le rythme étant donné par une présent
ation d'une durée inégal« (une demi-seconde et une seconde par
exemple pour l'iambe et inversement pour le trochée). Une première
épreuve de reconnaissance était suivie d'une seconde après cinq
minutes d'intervalle.
Voici les résultats, en indiquant le nombre d'éléments évoqués
corrects et le nombre d'éléments reconnus, nombres moyens
toujours.
TROCHEE 1AMBE
E G E G
Evocation 3,7 2,6 3,4 2,1 3,0
lre reconnaissance .... 4,4 4,5 4,5 4,1 4,1
28 —4,7 4,1 4,5 4,4 4,5
C'est dans le cas du trochée, où la présentation la plus longue
porte sur l'élément inducteur, que les résultats sont les meilleurs,
avec les deux méthodes, mais, cette fois, le parallélisme des deux
procédés est moins satisfaisant.
Mais, en somme, il résulte de ces intéressantes recherches que
la mémoire peut être explorée de différentes manières sans que les
résultats cessent d'être comparables, sinon dans leurs valeurs
absolues, du moins dans leurs valeurs relatives. H. P. 432 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
W. POPPELREUTER. — Nachweis der Unzweckmässigkeit die
gebräuchlichen Assoziationsexperimente mit sinnlosen Silben
nach dem Erlernungs- und Trefferverfahren zur exakten Ge-
vinnung elementarer Reproduktionsgesetze zu verwenden
{Preuve qu'il ne faut pas compter obtenir d'une façon exacte les lois
élémentaires de la réapparition en employant les expériences ordi
naires sur les associations, avec des syllabes dépourvues de sens,
suivant le procédé de la fixation totale et celui des évocations justes).
— Z. für Ps., t. LXI, p. 1-24.
Le titre est presque aussi long que l'article, mais il en indique
bien le but. L'auteur part de ce fait que, dans toutes les expériences
sur la mémoire, le travail de fixation comporte un effort volontaire.
Si l'on place des personnes non prévenues devant un appareil de
présentation, et qu'on les invite simplement à lire les syllabes qui
passent sous leurs yeux, elles lisent à voix basse, avec l'articulation
ordinaire, elles font des remarques sur les syllabes, elles rient, etc.
Si ensuite on les invite à apprendre la série, elles se comportent
d'une façon toute différente : la prononciation est accentuée, la
lecture devient rythmique, et l'attitude exprime l'effort. On peut
prendre, à volonté, dans des expériences alternantes, les deux
attitudes, celle où l'on veut apprendre, celle où l'on se borne à lire
attentivement. Les résultats sont très différents au point de vue de
la fixation : P. fixe une série de 12 syllabes en 12 lectures quand il
veut la fixer, tandis que, après plus de 50 lectures attentives, il
n'en sait encore qu'une faible partie.
La même différence se retrouve dans la récitation parla méthode
des évocations justes. On peut donner aux sujets la prescription ordi
naire, c'est-à-dire leur prescrire d'indiquer, aussi vite que possible,
la syllabe paire qui suit la syllabe impaire qu'on leur présente, et
alors ils font un effort pour trouver la syllabe paire. On peut au
contraire leur prescrire d'éviter cet effort, et d'indiquer simplement
ce que la syllabe présentée évoque chez eux d'une façon immédiate.
P. a fait des expériences comparatives sur les résultats que
donnent ces deux prescriptions différentes après 20 lectures, suivies
de trois minutes de conversation. Il a mesuré la durée des réponses
au compteur à secondes. Comme on pouvait s'y attendre, la
prescription d'éviter l'effort (l'instruction libre, comme l'appelle
l'auteur) donne lieu à une proportion beaucoup plus petite de
réponses justes, environ trois fois plus petite. Mais le temps d'évo
cation est beaucoup plus court dans le cas de l'instruction libre, et
surtout il est beaucoup plus régulier, ce qui se comprend sans
peine, puisque la recherche de la syllabe juste se fait par des
moyens variés dont chacun demande du temps.
La conclusion de l'auteur est que, dans les expériences iaites
selon les méthodes employées jusqu'à présent pour l'étude expé
rimentale de la mémoire, on n'atteint pas les associations élément
aires qui gouvernent le cours des images, mais seulement des faits
complexes où, à côté des associations élémentaires, interviennent plus les la conscience, influences avant l'analyse de façon la du volonté à travail isoler et MEMOIREpar de les la lequel diverses réflexion. les actions images Il faut dont reparaissent donc la pousser réappar433 à
ition est la résultante : le procédé de l'instruction libre peut y
aider. Foucault.
Fr. NAGEL. — Experimentelle Untersuchungen über Grundfragen
der Assoziationslehre {Recherches expérimentales sur des questions
fondamentales relatives aux associations). — A. f. ges. Ps., XXIII,
156-253.
Ce travail expose des expériences étendues, auxquelles Meumann
a pris part, au moins comme sujet. Il touche à la plupart des ques
tions les plus importantes que l'on rencontre dans l'étude expéri
mentale de la mémoire. Il n'en traite aucune d'une façon définitive,
mais il apporte sur plusieurs points des indications intéressantes.
Il a surtout le caractère d'une revision des recherches fondamentales
d'Ebbinghaus et de l'école de Müller.
Les expériences ont été faites par une méthode où le sujet règle
lui-même la vitesse de lecture. Les syllabes étant écrites en
colonne sur une feuille de papier, on les recouvre d'une autre
feuille portant une ouverture qui les laisse voir une à une : le sujet
fait glisser la feuille de haut en bas, puis la ramène au commence
ment de la série. On compte ainsi les lectures jusqu'à la fixation qui
assure une récitation complète, et, quand on veut obtenir une
fixation à un plus haut degré, on fait des lectures et des récitations
supplémentaires. — Quelques expériences faites en vue de comparer
ce mode de fixation avec la fixation sur un appareil rotatif montrent
que, dans ce dernier cas, le nombre des lectures nécessaires est
beaucoup plus grand, presque double, et que l'écart moyen n'est pas
moindre. On peut donc employer la méthode d'ajustement indivi
duel, comme l'appelle l'auteur.
Les premières expériences concernent les inhibitions associatives,
c'est-à-dire celles qui proviennent de ce que les syllabes que l'on
apprend sont déjà associées avec d'autres syllabes. On commence
donc par apprendre un certain nombre de séries, puis d'autres
séries formées des mêmes syllabes, que l'on a rangées dans un
ordre différent. Les résultats sont très complexes, parce que toutes
les espèces d'associations interviennent, les unes pour favoriser la
deuxième fixation, les autres pour la gêner. — Alors l'auteur a fait
sur la même question une expérience méthodique ingénieusement
conçue. Dans un cas, le sujet apprend d'abord 10 séries de
10 syllabes, puis 10 autres séries formées des mêmes syllabes :
mais, pour constituer chacune des séries nouvelles, on a pris une
syllabe dans chacune des séries anciennes, et l'on a modifié l'ordre
de façon qu'aucune syllabe n'ait dans la série nouvelle le même
rang que dans la série ancienne ; les associations anciennes, pro
gressives et régressives, immédiates ou médiates, et les associations
l'année psychologique, xix. 28
L ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 434
locales sont donc supprimées, elles ne peuvent plus favoriser, "mais
seulement gêner, la fixation des séries nouvelles. Dans un autre cas,
on conserve les associations locales, et, dans un troisième, on
conserve les progressives immédiates, c'est-à-dire celles
qui ont uni chaque syllabe ancienne avec la syllabe suivante.
L'expérience, faite avec 2 sujets, montre qu'il existe toujours une
épargne, faible dans le 1er cas (16 p. 100 et 8 p. 100 pour les
2 sujets), forte dans le 2e cas (39 et 32 p. 100), moins forte dans le
3e (28 et 16 p. 100). Et ce résultat montre : 1° que, malgré la
suppression des associations anciennes, qui ne peuvent plus agir
que comme inhibitions, le fait que les syllabes sont anciennes,
c'est-à-dire familières, suffit à leur assurer une fixation plus facile ;
2° que les associations locales, au moins pour les 2 sujets qui ont
fait l'expérience, ont une valeur de fixation plus grande que les
associations progressives immédiates.
Le 1er résultat est confirmé par d'autres expériences, qui ont été
faites en vue d'étudier directement l'influence qui résulte de ce que
les syllabes ont déjà été apprises. L'auteur forme des séries nou
velles avec des syllabes tirées de séries anciennes qui ont été
apprises plusieurs jours auparavant, ou plusieurs semaines, ou
même six mois auparavant : chaque syllabe d'une série nouvelle est
tirée d'une série ancienne différente et elle occupe un rang diff
érent dans la nouvelle. En même temps, les sujets apprennent
des séries de comparaison, c'est-à-dire formées de syllabes entièr
ement nouvelles. — Un des sujets apprend des séries dont les
syllabes sont vieilles de deux à trois semaines, et d'autres séries
dont les syllabes ont été apprises par lui de trois à cinq semaines
auparavant. L'épargne, par rapport aux séries de comparaison, est
de 26 p. 100 pour les premières, de 30 p. 100 pour les autres : elle
est donc un peu plus forte pour les séries dont les éléments sont les
plus anciens, et cela montre sans doute que les associations inhibi-
trices provenant de la lre fixation se sont affaiblies d'une façon
appréciable dans l'espace d'une à deux semaines. Mais les séries
formées des syllabes les plus récentes ont 12 syllabes, et les autres
en ont 14 : cette différence de longueur introduit une complication
inutile, et dont l'influence est inconnue. — Un autre sujet apprend
des séries les syllables sont vieilles de six mois : son épargne
est de près de 17 p. 100. Un autre, enfin, apprend des séries dont il
a déjà fixé les syllabes de quatre à dix jours auparavant : son
n'est que de 12 p. 100. — L'expérience est intéressante, mais pour
tant imparfaite, car elle ne réussit pas à isoler l'influence de la
familiarité et celle des associations inhibitrices, et même elle n'est
pas poussée assez loin pour étudier comment la résultante de ces
deux influences se comporte à l'égard du temps.
Quant au fait que les associations locales ont une valeur de fixa
tion plus grande que les progressives immédiates, il
est intéressant, mais il est évident qu'il ne peut être généralisé : la
prédominance d'une espèce d'associations par rapport aux autres
À MEMOIRE 435
dans la fixation doit dépendre de conditions individuelles, et notam
ment du type imaginatif. En fait, pour les 2 sujets qui ont fait ces
expériences, il s'agit principalement d'images visuelles de netteté
variable. Mais le rythme joue un rôle aussi dans les associations
locales : il est des cas où, l'évocation étant laborieuse, le sujet
reproduit le rythme d'un groupe de 4 syllabes sur un ton quel
conque, parfois en battant la mesure, et cette reproduction du
rythme entraîne la reproduction des syllabes cherchées.
L'auteur a soumis à un contrôle méthodique les expériences
antérieures sur les associations médiates, c'est-à-dire sur celles qui,
d'après Ebbinghaus, unissent chaque terme d'une série avec les
termes suivants qui en sont séparés par un ou plusieurs autres
termes. Ebbinghaus avait conclu, d'expériences faites avec des
séries transformées, que ces associations existent, qu'elles sont
moins fortes que les associations immédiates, et qu'elles deviennent
de plus en plus faibles à mesure qu'augmente le nombre des
termes intermédiaires. N. objecte que le résultat doit tenir à ce que
les syllabes sont les mêmes dans les 2 espèces de séries comparées,
c'est-à-dire qu'il s'expliquerait par le sentiment de familiarité et
qu'il ne prouverait pas l'existence d'associations médiates. Il élève
d'autres objections contre les expérience de Müller et Schumann
sur la même question. Il construit enfin, avec les éléments de séries
qui ont été fixées une lre fois, 2 espèces de séries nouvelles, où
subsistent les associations locales : dans les principales, les
associations médiates sont conservées aussi, tandis qu'elles sont
supprimées dans les séries de comparaison. Les 2 espèces de séries
sont fixées par des nombres de lectures égaux. L'expérience tend
donc à prouver que les associations médiates n'existent pas. Ce
serait à vérifier une fois de plus.
N. traite encore d'autres points: la reconnaissance, la valeur de
fixation des lectures successives, la répartition des lectures, la
comparaison de la fixation des syllabes dépourvues de sens avec
celle de mots ayant un sens et donnant lieu à des associations
intellectuelles, et ce qu'il appelle l'association de l'impression totale.
Ce dernier fait est le plus nouveau : il consiste en ce que beaucoup
de sujets commencent par ne pas faire attention aux syllabes elles-
mêmes, mais s'attachent d'abord à obtenir une impression générale
de la série comme ensemble. Cette impression ne disparaît pas dans
la suite, elle se renforce au contraire : les éléments de la série,
surtout si l'on continue à la répéter après avoir atteint pour la pre
mière fois le degré de la récitation sans faute, deviennent de moins
en moins conscients, comme les lettres cessent d'être saisies par
la conscience dans la perception d'un mot, et c'est l'impression
totale qui détermine en fin de compte la récitation. Par là s'expli
querait que l'on a de la peine à réciter une série à rebours, ou à la
réciter à partir d'un point déterminé : l'impression totale serait
alors supprimée, ou au moins troublée.
Foucault. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 436
V. A. C. HENMON. — The relation between mode of presentation
and retention (Relation entre le mode de présentation et la rétention
mnémonique). — Ps. Rev., XIX, 2, 1912, p. 79-96.
De nombreux travaux ont été effectués sur les meilleurs modes
de présentation pour assurer la fixation du souvenir.
En voici un de plus. L'auteur a présenté à 6 sujets qui seraient
des visuels mixtes, sauf un auditivo- moteur, des mots concrets, des
syllabes et des nombres de 2 chiffres (10 dans chaque épreuve); il
est allé jusqu'à 3 présentations et a noté les pourcentages d'él
éments retenus, chaque fois avec présentation visuelle, auditivo-
visuelle et auditivo-visuélo-motrice (le sujet prononçant les termes
lus tout haut).
Voici, au bout de 3 présentations, les valeurs d'acquisition parles
quatre méthodes pour les trois catégories de tests :
Présentation. Mots. Syllabes. Nombres.
Visuelle 64,1 32,4 48,0
Auditive 68,6 40,8 58,0
Auditivo-visuelle 72,1 40,1 50,5
Auditivo-visuelo-motrice .... 69,7 43,4 51,3
L'auteur conclut que, même chez des visualisateurs, la présen
tation auditive est supérieure à la visuelle, et que les méthodes
combinées ne sont point supérieures à la simple présentation audit
ive, ce qui n'est pas absolument exact d'après ses chiffres mêmes,
et se trouve en contradiction avec de nombreux résultats expéri
mentaux.
Contrairement à Pohlmann, il trouve qu'il n'y a pas de supérior
ité visuelle même pour les syllabes dépourvues de sens.
Le document a sa valeur, mais la généralité des conclusions est
peu en rapport avec le nombre des sujets; l'auteur paraît affirmer
que chez tous les adultes il en serait ainsi. Or, s'il n'y a pas de
rapport nécessaire avec le type prédominant des images utilisées
dans la vie mentale pour le mode de présentation le plus favorable,
il n'en est pas moins vrai qu'il y a des différences individuelles
notables et de véritables types mnémoniques.
L'un des six sujets de l'auteur a d'ailleurs une prédominance
visuelle marquée. Et l'influence des images motrices surajoutées
rarie énormément avec les individus. On n'est donc pas en droit
d'établir en pareille matière des règles générales. On pourrait, avec
beaucoup de sujets, établir des prédominances moyennes, mais qui
seraient fort peu intéressantes, d'ailleurs, puisqu'elles masqueraient
les hétérogénéités des minorités sous l'influence dominatrice de la
majorité. H. P. 437 MÉMOIRE
A. FISCHER. — Neue Versuche über Reproduzieren und Wiederer
kennen ( Nouvelles recherches sur la récitation et la reconnaissance) .
— Z. fürPs., LXII, 161-217.
Dans un travail antérieur, l'auteur a étudié la façon dont croissent
^et décroissent respectivement ce qu'il appelle la disposition à la
reconnaissance et la disposition à la reproduction, c'est-à-dire la
façon dont croissent les nombres de syllabes récitées et les nombres
de syllabes reconnues lorsque l'on augmente le nombre des
lectures, et la façon dont décroissent les mêmes nombres lorsque
l'on fait grandir l'intervalle de temps entre la fixation et l'épreuve,
II trouvait, d'une façon générale, que l'efficacité des premières
lectures est beaucoup plus forte pour la reconnaissance que pour
la récitation, et que l'efficacité des lectures ultérieures va en dimi
nuant beaucoup plus vite pour la reconnaissance que pour la réci
tation; il trouvait aussi que les associations locales, dont l'impor
tance est très grande pour la récitation, ne sont pour rien dans la
reconnaissance. — II reprend maintenant la question pour chercher
s'il existe une relation précise entre les deux processus comparés.
Il emploie des séries normales de Müller et Schumann, ayant
11 et 7 syllabes : ces séries sont lues sur un appareil à mouvement
d'horlogerie. Pour étudier la reconnaissance, on intercale entre les
syllabes présentées quelques syllabes nouvelles, de façon que les
séries atteignent alors 16 et 10 syllabes. On fait l'épreuve, soit tout
de suite après la fixation, soit une heure après. Les séries de
11 syllabes destinées à l'épreuve immédiate sont lues 1, 2, ou 4 fois;
celles pour lesquelles doit être faite après une heure sont
lues 14 ou 20 fois; les séries de 7 syllabes sont lues aussi 14 ou
20 fois. A l'épreuve le sujet essaie de réciter : s'il n'a rien trouvé
au bout de cinq secondes, on lui présente, soit la syllabe, soit une
autre syllabe, et il doit dire s'il la reconnaît ou non (son jugement
pouvant être, dans les 2 cas, vrai ou faux), ou s'il reste dans le
doute. — Gela suffit pour expliquer la méthode générale, qui a été
modifiée d'ailleurs dans d'autres expériences, faites ultérieurement.
— Comme les appareils ordinaires ne permettaient pas de faire
aisément les opérations nécessaires, l'auteur a travaillé avec un
appareil nouveau construit sur les indications de Witasek.
Le résultat des expériences est négatif, et pourtant intéressant,
parce qu'il écarte, d'une façon qu'on peut regarder comme défini
tive, l'hypothèse la plus simple, et la plus plausible a priori, sur la
nature de la reconnaissance. On pourrait croire, en effet, que les
perceptions qui ont été données à la conscience un nombre de fois
suffisant pour y reparaître dans la suite sans difficulté, qui ont par
suite atteint le seuil de reproduction, atteignent bien auparavant
le seuil de reconnaissance, mais que ce qui en subsiste est] de
même nature dans les 2 cas, c'est-à-dire que la reconnaissance
est garantie par une tendance faible à la reproduction. Or
les expériences présentes montrent qu'il n'en est pas ainsi. Les
syllabes qui ont été perçues une fois seulement sont reconnues

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