Mémoire. Témoignage - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 443-464

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 443-464
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1913
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VI. Mémoire. Témoignage
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 443-464.
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VI. Mémoire. Témoignage. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 443-464.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1913_num_20_1_4371TÉMOIGNAGE 443 MÉMOIRE.
auditions musicales, l'impression d'une succession de couleurs, ce
qui fut noté déjà dans un certain nombre de cas d'audition colorée,
comme celui de Suarez de Mendoza où une dame se représentait
verte la musique de Haydn, bleue celle de Mozart et rouge celle de
Chopin, l'auteur expose un historique des principaux faits décrits
et des principales interprétations fournies.
H. P.
E. BLEULER. — Zur Theorie der Sekundärempfindungen (Contribut
ion à la théorie des sensations secondaires). — Z. für Ps., LXV, 1-2,
1913, p. 1-39.
L'auteur discute les théories visant à expliquer les synopsies
telles que l'audition colorée, les « sensations secondaires », d'après
l'expression qu'il emploie pour les désigner.
Contre l'hypothèse d'associations fortuites ou de représentations
acquises, il invoque la régularité de nombreuses corrélations entre
sons et couleurs, la continuité des séries de photismes, suivant des
séries de modifications continues dans les sons, et le fait que les
photismes n'auraient rien de véritablement optique, avec leur loca
lisation exclusive dans le champ auditif.
Le photisme verbal ne serait d'ailleurs pas immédiat, mais résul
terait d'une analyse de rapports complexes.
Il y aurait d'ailleurs, plus ou moins nettement, des photismes chez
tous les hommes, ceux-ci n'ayant rien à voir avec les psychopathies
et la dégénérescence, ni avec des connexions anormales, anatomi-
ques ou physiologiques, entre centres acoustiques et optiques.
Il ne s'agirait pas non plus de tonalité affective commune entre
sensations de différents .domaines ; pour l'auteur, l'écorce réagirait
à une excitation donnée par éveil de sensations diverses, pouvant
rester inconscientes.
A vrai dire, ni les critiques de l'auteur ne sont toujours très con
cluantes, ni la théorie qu'il propose ne se montre très satisfaisante.
H. P.
VI. — Mémoire. — Témoignage.
ABRAMOWSKI. — Nouvelle théorie de la mémoire fondée sur
l'expérience. — J. de Ps., septembre-octobre 1913, p. 375.
Cet article, qui part d'une idée juste au sujet de la mémoire
affective, contient dans ses conclusions un bizarre mélange de cer
taines théories qui ne s'accordent point sans difficulté. Abramowski
remarque à son tour la fausseté de la psychologie élémentaire et
parcellaire et l'existence d'une unité profonde, qu'il explique par
la persistance sentie mais indistincte de la « masse de l'oublié ».
Mais lorsqu'il cherche la base de cette « masse », — qui n'en aurait 444 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'ailleurs pas besoin, si elle était la dernière réalité psycholo
gique, — il est, comme bien des auteurs, trompé par la vieille
confusion de l'affectivité avec la cénesthésie, et de la cénesthésie
avec les sensations viscérales. Si bien qu'en définitive, il nous donne
les modifications vasculaires comme le support de la mémoire
affective. Or, s'il est difficile, sinon impossible, de soutenir que des
« traces » cérébrales soient à la fois le présent organique et le
passé psychique, il est bien plus malaisé d'établir que l'état actuel
de nos artères puisse révéler à la conscience un autre état cénes-
thésique que celui qui correspond à ... Fétat actuel de nos artères.
La critique que Bergson a faite des théories de la mémoire qui
méconnaissent la vraie nature du passé me paraît s'appliquer avec
rigueur aux conclusions de cette étude, dont le point de départ est
d'ailleurs fort exact. M. Mignard.
M. E. HAGGERTY. — The laws of learning {Les lois de V apprentiss
age). — Ps. Rev., XX, 1913, p. 411-422.
Quand on soumet un infusoire à une excitation, avant de passer
de son état initial A, à l'état D de réaction adaptée à l'excitation,
il franchit une succession d'états intermédiaires, B, C, qui peuvent
être considérés comme des expériences. Au bout d'un certain
nombre d'excitations répétées, il passe immédiatement de l'état A
à l'état D. L'éducation est faite.
La loi de l'exercice formule que les états intermédiaires sont de
plus en plus rapidement esquissés, au point de ne plus être appa
rents. Il semble plutôt que ces états soient pure
ment et simplement supprimés.
La loi de l'effet énonce que le 1er état D s'accompagne de quelque
chose qu'on pourrait appeler, en langage subjectif, le sentiment de
satisfaction, qui fait qu'une nouvelle excitation semblable à la pre
mière tendra à se produire immédiatement.
L'auteur, sans combattre cette vue, énonce la loi d'irradiation :
« Un état physiologique tend à déborder sur des états physiologiques
distants de lui dans le temps, à travers les états intermédiaires qui
l'en séparent. »
Tout apprentissage, si compliqué qu'iJ soit, que ce soit celui de la
lecture, de la marche, etc.. peut se schématiser comme l'exemple
simple donné plus haut. Comment appliquerons-nous spatialement
la loi d'irradiation au système nerveux des organismes supérieurs?
En répondant que le problème de l'éducation est plutôt le problème
de la compréhension de l'activité intra-neuronique que de celle des
activités inter-neuroniques. Nous apprenons par expérience, par
accident, par imitation ou par volonté délibérée : de fait il n'y a là
que des modalités d'une même activité intra-neuronique, justiciable
des trois lois énoncées ci-dessus. De leur amplification et de leur
elucidation dépend le progrès de la question.
On peut formuler ainsi la loi d'irradiation pour les apprentissages MÉMOIRE. TÉMOIGNAGE 445
les plus compliqués des organismes supérieurs : « Un état physiolo
gique n'est pas limité à lui-même, mais tend à s'irradier sur d'autres
états physiologiques, soit qu'ils forment déjà une chaîne d'habitudes
à laquelle il est déjà lié, soit qu'ils n'aient jamais formé une série
d'habitudes avec lui. » J. F.
W. POPPELREUTER. — Ueber die Ordnung des Vorstellungsablaufes
(Sur la mise en ordre du cours des images). — A. f. ges. Ps., XXV,
208-349.
Dans un article précédent (cf. An. Ps., XIX, 432), P. a exprimé
l'opinion que les expériences ordinaires sur la mémoire sont
impropres à dégager les lois élémentaires du cours des images,
parce que ces expériences impliquent, pour la reproduction, l'effort
volontaire, c'est-à-dire un travail mental d'ordre supérieur. C'était
là comme la préface d'une recherche étendue, dont le présent
mémoire forme la première partie, qui est présentée comme une
« revision des principales lois de l'association et de la reproduction ».
En réalité c'est une tentative pour démolir toutes les lois de l'asso
ciation qui ont été établies par ttbbinghaus et G. E. Müller.
La discussion occupe beaucoup de place, mais on y trouve aussi
des observations et des expériences. La méthode générale est, natu
rellement, celle dans laquelle le sujet prend l'attitude passive, c'est-
à-dire lit des syllabes ou des mots, ou quelquefois perçoit d'autres
objets, des figures, des dessins, sans faire aucun effort de fixation.
Puis, pour la reproduction, on veille à ce qu'elle soit aussi peu
préparée que possible : l'expérimentateur fait agir ce qu'il appelle
un <> motif de reproduction », par exemple il fait entendre la
première syllabe d'une série, à l'improviste, pendant que le sujet lit
un journal, et le sujet doit observer scrupuleusement ce qui appar
aît à sa conscience, en s'interdisant de faire aucun effort pour
provoquer les apparitions ou pour en modifier l'ordre spontané.
Le fait qui fournit la principale idée directrice est ce que l'auteur
appelle «l'action secondaire » (die Sekundär Wirkung) de toute sensa
tion ou suite de sensations formant un ensemble. Une sensation
reçue passivement, par exemple une sensation auditive produite
par le variateur de Stern (non par le piano, dont la corde continue
à vibrer), cesse à un moment qui se remarque aisément. Tout
de suite après on en peut observer une image immédiate, qui est
«l'action secondaire » de la sensation. Cette image immédiate n'est
pas constante : elle reste approximativement constante pendant un
certain temps, puis sa vivacité, son « degré de conscience » s'abaisse
rapidement. Toutefois elle ne disparaît pas d'une façon brusque,
mais il y a un moment où l'on doute si l'image existe encore ou
non. Sa durée est plus ou moins longue, et elle est d'autant plus
longue que la sensation a été plus intense, plus prolongée,
consciente, et, au moins dans certaines limites, plus fréquemment
répétée. 446 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Si, au lieu d'une sensation unique, nous envisageons une succes
sion de deux sensations, les choses sont déjà plus compliquées.
Nous avons d'abord la première sensation, puis la deuxième et en
même temps l'image de la première, puis un stade « postper
ceptif ». dans lequel la succession est perçue en même temps que
les deux images subsistent comme états secondaires unis et formant
une image totale. — Si, au lieu de deux sensations successives,
nous avons deux sensations simultanées, il se forme encore, grâce
aux actions secondaires des deux sensations, une image totale. Et,
si le nombre des qui se succèdent ou se rencontrent est
plus grand, il se forme toujours une image totale, mais dont les
parties peuvent ne plus être nettement différenciées dès que le
nombre de ces parties dépasse deux ou trois. Cette formation d'une
image totale est appelée synthèse additive, et elle va jouer un rôle
capital dans l'explication des faits relatifs au cours des images.
La thèse générale est que la réapparition des images peut
s'expliquer entièrement en éliminant la notion d'association. La
réapparition n'est autre chose que le renouvellement de l'action
secondaire ou événement secondaire, et, dans le cas où il s'agit d'un
ensemble complexe d'images, par exemple d'une série de syllabes
lues un nombre suffisant de fois, la reproduction, provoquée par la
première syllabe, par exemple, est d'abord la reproduction de
l'image totale dans son ensemble, sous forme condensée et confuse,
puis les syllabes se distinguent suivant un ordre tout différent de
celui de la lecture, et finalement l'événement secondaire qui est
résulté antérieurement des lectures se reproduit d'une façon plus
ou moins complète. Ce qui détermine l'ordre suivant lequel les)
syllabes se différencient, c'est leur degré plus ou moins élevé de
reproductibilité, et non pas la contiguïté des perceptions dans la
lecture, ou l'enchaînement associatif que l'on a coutume d'admettre.
P. entend prouver cette thèse au moyen d'expériences analogues
à celles de Müller, mais dans lesquelles le sujet garde une attitude
passive. Il emploie d'abord des séries de deux couples de syllabes
qui sont lues par l'expérimentateur deux ou quatre fois, en un temps
de 3 secondes. Puis, après une pause de 5 secondes, le sujet lit
autre chose, par exemple, un journal, pendant 30 ou 60 secondes,
suivant les cas. Ensuite le « motif de reproduction » agit, c'est-à-dire
que l'expérimentateur prononce la première syllabe, ou bien le mot
«maintenant » (ce détail n'est pas clair), et le sujet fait et expose
son observation subjective. Le résultat général de cette observation
subjective est que l'image reproduite ressemble à l'événement
secondaire à un stade plus ou moins avancé de son développe
ment, au point que dans beaucoup de cas il y a complète identité.
L'événement secondaire est une image auditive totale condensée
de manière à représenter les quatre syllabes simultanément. Il
n'est pas rare que certaines syllabes, qui ont pris un sens, appa
raissent comme des parties dominantes de cette totalité; en
général, la première syllabe et la dernière ont un degré de con
science plus élevé que celles du milieu. Cette image totale reste MÉMOIRE. TEMOIGNAGE 447
passablement constante pendant trois secondes. Mais, malgré la
simultanéité, il y a aussi « une succession réelle qui est vécue ». Il
arrive même que les sujets décrivent l'état psychique comme com
portant une accentuation successive des syllabes : mais cela doit
être mis au compte de la complication motrice. Il s'agit de succes
sions à l'intérieur de l'image totale, et non pas de syllabes success
ives. La preuve en serait que, en interrogeant le sujet après une,
ou deux, ou trois secondes, d'une façon imprévue, on obtient la
certitude que, dans la première seconde, la pluralité simultanée des
syllabes existe bien dans l'image auditive. 11 ne s'agit donc pas
d'une reproduction successive des syllabes comme celle qu'admet
Müller dans le schéma de l'enchaînement associatif.
J'interromps ici cette analyse objective d'une tentative curieuse
pour exclure l'idée d'association de la Psychologie. Il se trouve là,
d'ailleurs, des observations intéressantes, propres à prendre place
dans l'analyse de la réapparition des images : notamment il est bien
possible que ce que P. appelle ici l'événement secondaire, et que
Exner appelait autrefois l'image primaire, soit le même phénomène
qui redevient conscient dans la réapparition; et aussi, c'est un fait
intéressant et exact que le souvenir d'une série de syllabes reparaît
d'abord comme un ensemble indistinct qui se différencie et s'ordonne
graduellement. Mais cette image totale ne peut comprendre une
pluralité simultanée qu'à la condition que les termes qui forment
cette pluralité ne soient pas distingués : dès qu'ils se distinguent
les uns des autres, ils sont pensés d'une façon successive. Quant à
vouloir qu'ils soient pensés comme successifs dans un acte mental
qui les saisit pourtant en simultanéité, on a beau dire qu'il s'agit là
d'une succession réelle et d'une succession vécue, je ne peux pas y
voir autre chose qu'une contradiction.
Je reprends maintenant l'analyse. Un des faits les plus importants
que Müller et Pilzecker aient étudiés est celui des inhibitions, qui
se présentent sous plusieurs formes. P. retrouve ce fait, mais il
l'appelle Détraction. Si on lit un couple de mots artificiels, ou de
syllabes, l'événement secondaire se développe comme nous avons
vu tout à l'heure. Mais si le couple de mots est suivi d'un deuxième,
puis d'un troisième, le degré de conscience du premier se trouve
abaissé : c'est, pour P., de la détraction rétrograde, et cette même
influence s'exerce de la part du troisième sur les deux premiers.
Mais le premier agit d'une manière analogue sur le deuxième et le
troisième, et c'est alors de la détraction antérograde. (Toutefois
l'abaissement du degré de conscience par lequel se révèle cette
détraction aurait grand besoin d'être défini, car il ne suffit pas, pour
en faire une notion scientifique, de faire appel à l'intuition de phé
nomènes, primaires ou secondaires, possédant des degrés de con
science différents).
P. emploie cette notion de détraction pour expliquer ce qui se
passe lorsqu'il substitue, à ses séries de quatre syllabes, ce qu'il
appelle de plus grandes actualités, par exemple des séries de
12 syllabes. Une série de ce genre peut se diviser en trois parties 448 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de chacune deux couples : le commencement, le milieu et la fin.
Or, en comparant l'événement secondaire d'une série isolée de
quatre syllabes avec celui d'une des parties de même longueur
d'une série de douze, on constate l'influence de la détraction. —
Une isolée de quatre syllabes reste présente comme événe
ment secondaire, et reste reproductible, pendant au moins
20 secondes, tandis que le degré de conscience du milieu d'une
série de douze syllabes est abaissé, après trois secondes, dans des
proportions colossales. Le commencement et la fin sont moins
abaissés, et la fin l'est moins que le commencement. C'est que la fin
ne subit qu'une détraction antérograde, le commencement ne subit
qu'une détraction rétrograde, tandis que le milieu subit les deux.
De plus la antérograde est plus faible que la rétrograde,
d'où l'avantage de la fin par rapport au commencement. En même
temps, il y a une diminution de la différenciation qui est parallèle
à cet abaissement du degré de conscience. Il apparaît aussi, avec les
longues séries, un fait nouveau : ce sont des irrégularités, tenant à
ce que certaines syllabes sont plus frappantes que les autres et
prennent une position dominante dans l'événement secondaire :
mais c'est, tantôt une partie, tantôt une autre, qui a ainsi son degré
de conscience relevé.
Quant à la reproduction, à condition qu'elle soit passive, simple
ment provoquée sans que le sujet y fasse un effort volontaire, elle
consiste en un développement plus ou moins rapide de l'image
totale : les parties qui se différencient les premières sont celles qui
ont la plus grande reproductibilité, c'est-à-dire qui ont eu, dans
l'événement secondaire, le plus haut degré de conscience et la plus
longue durée. P. rejette donc la théorie d'Ebbinghaus et de Müller
d'après laquelle une série est fixée lorsque les associations princi
pales, celles qui sont progressives immédiates, sont devenues plus
fortes que les associations secondaires (progressives médiates et
régressives).
L'importance du fait que les éléments les plus frappants d'une
série sont ceux qui se différencient les premiers est mise en lumière
par d'autres expériences, dans lesquelles les séries sont formées
pour partie de mots dépourvus de sens et pour le reste de mots
significatifs. Naturellement ce sont les mots significatifs qui se
différencient dans la plus forte proportion, et le fait est encore
interprété comme concluant contre la théorie de l'enchaînement
associatif.
P. rejette de même les théories de Müller sur l'inhibition generat
ive et l'inhibition effectuelle, et sur la Perseverationstendenz. En
particulier, là où Müller voit une concurrence d'associations, P.
prétend qu'il existe simplement une agglutination d'images totales.
Il essaie enfin d'expliquer par les mêmes idées certains faits géné
raux de la vie mentale, notamment l'intelligence des mots, et celle
des groupes de mots.
Foucault. MÉMOIRE. TÉMOIGNAGE 449
S. LOEB. — Ein Beitrag zur Lehre vom Farbengedächnis. (Contri-
tribution à la théorie de la mémoire chromatique). — Z. für S., XLVI,
1912, p. 83.
L'auteur a examiné la fidélité avec laquelle se conservait le sou
venir d'une couleur déterminée, présentant un bleu de 478 [xfjt,un
vert de 523, un jaune de 562 et un rouge de 670.
Sa conclusion, c'est qu'il existe bien une mémoire chromatique
spécifique ; le jaune et le bleu sont mieux retenus que le vert et le
rouge. H. P.
P. MEYER. — Ueber die Reproduktion eingeprägter Figuren und
ihrer räumlichen Stellungen bei Kindern und Erwachsenen [Sur
la reproduction de figures fixées par la mémoire, et de leurs positions
spatiales, chez des enfants et des adultes). — Z. für Ps., LXIV,
34-91.
Expériences faites au laboratoire de Göttingen. On commence
par présenter aux sujets, dans le cadre de l'appareil à mémoire à
mouvement discontinu fabriqué par Spindler et Hoyer, des séries de
figures composées de lignes droites ou bien de lignes droites et de
courbes. La rotation de l'appareil est établie de façon que le temps
d'exposition dépasse un peu trois secondes : il atteint quatre secondes
dans d'autres expériences. En même temps que la figure apparaît,
l'expérimentateur prononce une syllabe empruntée aux séries de
Müller. Quand le sujet est un enfant, la syllabe est remplacée par un
mot significatif de deux syllabes. Le nombre des présentations est
de 12 pour les enfants de sept à huit ans, il est moindre pour les
enfants plus âgés, et il s'abaisse à trois, ou même à deux, les
adultes. La fixation est donc toujours incomplète, et l'on en déter
mine le degré, vingt-quatre heures après, parla méthode des évoca
tions justes. On prononce alors les syllabes, ou les mots qui ont été
associés aux images des figures, et les sujets, placés devant l'appar
eil dans les mêmes conditions que la veille, dessinent chaque
figure au crayon dans un cadre semblable à celui où ils l'ont vue.
Les erreurs sont variées. Elles portent sur la position de la figure
par rapport aux axes, sur la forme et sur la grandeur, et chacun de
ces genres se subdivise. Il y a de plus des oublis, des mélanges de
figures, et des cas indécis dans lesquels on ne peut classer l'erreur.
Les erreurs de toutes les espèces sont plus nombreuses chez les
enfants que chez les adultes. Cela est frappant surtout pour la plu
part des espèces d'erreurs de position, en particulier pour celles qui
consistent à dessiner comme tournée à gauche une figure tournée
vers la droite, ou inversement. — Pour la grandeur, les enfants
fournissent plus de figures trop petites, et moins de figures trop
grandes, que les adultes. Cependant il existe à ce point de vue des
différences individuelles considérables : ainsi un enfant rapetisse
presque toutes les figures, un autre les agrandit presque toutes.
l'année psychologique, xx. 29 450 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II n'y a donc pas, comme on l'a cru, de loi générale qui gouverne
ce fait.
Une partie des expériences ont été faites en vue de reconnaître
si les objets qui avoisinent les figures exercent une influence sur le
souvenir. On s'arrange donc de façon que les figures soient perçues
sur un fond uniforme, qui ne puisse pas fournir de points de repère
à l'appréciation de la position. La position est alors mieux appréciée,
par les enfants comme par les adultes : la grandeur l'est plutôt
moins bien.
Un autre fait également imprévu, c'est que les figures les plus
grandes sont aussi les mieux reproduites. Ainsi, là où l'on obtient
3 évocations justes pour des figures de 5 millimètres, on en
4 pour celles de 10 millimètres, et 5 pour celles de 15 millimètres.
Mais ce n'est pas là un privilège de la grandeur en tant que gran
deur. Ce résultat tient à ce que les figures plus grandes ont une
impressivité (Eindringlichkeit) plus forte, c'est-à-dire frappent davan
tage les sujets. La preuve est que l'on peut obtenir le même résultat
en substituant à la grandeur un autre caractère qui excite aussi
l'attention, à savoir en ajoutant une bordure rouge aux contours
des figures.
Enfin l'on fait varier la position du plan de la figure par rapport
au sujet, de façon que ce plan soit, tantôt vertical et parallèle au
plan frontal, tantôt tourné par rapport à ce plan frontal suivant un
angle de 20, 40 ou 60 degrés, tantôt penché d'une même valeur
angulaire en avant ou en arrière. C'est la première position qui
donne la plus forte proportion de reproductions exactes. Mais un
fait intéressant est que le type imaginatif exerce ici son influence.
Les visuels apprécient la position d'après la présence ou l'absence
du raccourcissement perspectif. Les non-visuels, ou plutôt les
sujets faiblement visuels, se servent des mouvements du corps ou
des membres pour accompagner leurs perceptions, ou bien ils com
parent les figures à des objets concrets plus complexes, de façon
que ces comparaisons contiennent des indications relatives aux
positions. Foucault.
W. D. TAIT. — The effect of psycho-physical attitudes on memory
(Effets des attitudes psycho-physiques sur la mémoire). — J. of abn.
Ps., 1913, VIII, l,p. 10-37.
Deux années d'expériences sur 9 sujets (au laboratoire d'Harvard)
ont montré l'influence des chocs, des émotions ou sentiments, du
plaisir, et de la douleur sur le souvenir. Les termes agréables ou les
impressions plaisantes sont les mieux remémorés ; elles favorisent
la mémoire en général, réprimée au contraire par les impressions
pénibles; les idées (et les souvenirs qu'elles supposent) sont sujettes
à perturbations par la surprise, les chocs émotionnels ; les perturba
tions sont plus sensibles sur des matériaux détachés que sur des
matériaux associés (dont la réunion favorise la mémoire des éléments MÉMOIRE. TÉMOIGNAGE 451
oubliés). L'attitude attentive est favorable au souvenir des éléments
associés ; en général l'accompagnement moteur, pourvu qu'il soit
usuel, permet une meilleure mémoire. (On appelle attitude tout
mode de réaction et d'adaptation psychique et psycho-physiologique,
tout sentiment : l'attitude est un centre de constellation psychique;
différentes attitudes sont inhibitrices les unes par rapport aux autres,
avec les souvenirs conjoints). • G.-L. Duprat.
EDWARD K. STRONG. — The effect of length of series upon reco
gnition memory (Effet de la longueur des séries sur la mémoire de
recognition). — Ps. Rev., XIX, 1912, p. 447, 462.
Le matériel expérimental étant composé de 6 séries de tests en
contenant respectivement chacune 5, 10, 25, 50, 100, 150; la présenta
tion est faite test par test en commençant par la série la plus
courte. Immédiatement après le sujet est invité à trier un paquet
contenant, en plus des tests qui viennent de passer devant ses yeux,
un nombre égal de tests inconnus, et à les classer comme il suit : dans
une première pile ceux qu'il est absolument sûr d'avoir vus, seconde ceux dont il n'est que relativement certain, dans une
troisième ceux qui sont très douteux, et le reste dans une qua
trième.
fies erreurs, reconnaissances à faux ou non reconnaissances,
croissent en proportion directe de la longueur des séries. Les
réponses exactes décroissent beaucoup plus vite pour le cas de
tests rangés dans les « raisonnablement certain » que pour les
cas des « absolument sûr ». Pour les tests rangés parmi les très
douteux elles tombent rapidement à zéro.
Les reconnaissances à faux sont beaucoup plus rares que les
erreurs par non-recognition de tests déjà vus.
A mesure que la longueur des séries augmente, la courbe qui
représente le nombre des recognitions exactes tombe plus rapide
ment au début que par la suite. J. Fourche.
MARY E. LAKENAN. — The whole and part methods of memorizing
poetry and prose ( Les méthodes totale et partielle dans la mémoris
ation de la poésie et de la prose). — J. of ed. Ps., IV, 4, 1913,
p. 189-198.
Trouvant que les expériences déjà faites, relatives à la compar
aison des méthodes partielles et totales d'acquisition étaient insuf
fisantes (celles de Laura Steffens, Pentschew, Larguier des Bancels,
et Pyle et Snyder), l'auteur en a repris une série pour vérifier les
conclusions généralement favorables à la méthode totale.
Malheureusement on ne trouve pas, dans ce travail, de données
précises sur les résultats exacts obtenus; il y a seulement une
comparaison de la méthode totale et de la méthode partielle (sans

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