Mesure de la saillie fessière par le glutéomètre - article ; n°3 ; vol.7, pg 187-204

De
Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1980 - Volume 7 - Numéro 3 - Pages 187-204
II s'agit de l'étude de la mégapygie postérieure à l'aide d'un indice pygéal. Les mesures sont effectuées en position debout, au moyen de l'appareil nommé glutéomètre, composé d'une plaque métallique ovoïde soudée sur un élément de toise de 60 cm. Les résultats montrent un indice plus fort chez la femme que chez l'homme. Par rapport aux nullipares, les chiffres obtenus chez les femmes multipares sont plus bas en Aquitaine, et au contraire plus élevés dans les séries africaines. On peut admettre que les valeurs « normales » se situent : chez l'homme de 10 à 50, chez la femme de 20 à 60. Chez le jeune, l'indice diminue avec l'apparition de la marche, et remonte à la puberté. Il n'y a aucune corrélation avec la lordose du squelette lombo-pelvien. Brenot a étudié par cet indice les statuettes gynomorphes paléolithiques. Il a également de un indice de stéatomérie.
The matter is the study of the posterior megapygy by a pygeal index. The measures are taken on standing position, by means of an instrument called gluteo- meter, made of a metal ovoid plate which has been brazed on a 60 cm. long element of measuring apparatus. The results show a higher index about women than about men. With regard to nulliparous women, the numbers concerning multiparous women are lower in Aquitaine, and on the contrary higher in african series. One can admit that « normal » values are situated between 10 and 50 for men, and between 20 and 60 for women. As to children, the index decreases when the baby gets able to walk, and increases at the puberty. There is no correlation with the lombo-pelvic skeletal lordosis. Brenot has studied by means of this index the palaeolithic gynomorphous statuettes. He has as well used a steatomeric index on frontal view.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1980
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J. Wangermez
A. Debenath
J. P. Lacombe
Ph. Labrousse
Mesure de la saillie fessière par le glutéomètre
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIII° Série, tome 7 fascicule 3, 1980. pp. 187-204.
Résumé
II s'agit de l'étude de la mégapygie postérieure à l'aide d'un indice pygéal. Les mesures sont effectuées en position debout, au
moyen de l'appareil nommé glutéomètre, composé d'une plaque métallique ovoïde soudée sur un élément de toise de 60 cm.
Les résultats montrent un indice plus fort chez la femme que chez l'homme. Par rapport aux nullipares, les chiffres obtenus chez
les femmes multipares sont plus bas en Aquitaine, et au contraire plus élevés dans les séries africaines. On peut admettre que
les valeurs « normales » se situent : chez l'homme de 10 à 50, chez la femme de 20 à 60. Chez le jeune, l'indice diminue avec
l'apparition de la marche, et remonte à la puberté. Il n'y a aucune corrélation avec la lordose du squelette lombo-pelvien. Brenot a
étudié par cet indice les statuettes gynomorphes paléolithiques. Il a également de un indice de stéatomérie.
Abstract
The matter is the study of the posterior megapygy by a pygeal index. The measures are taken on standing position, by means of
an instrument called gluteo- meter, made of a metal ovoid plate which has been brazed on a 60 cm. long element of measuring
apparatus. The results show a higher index about women than about men. With regard to nulliparous women, the numbers
concerning multiparous women are lower in Aquitaine, and on the contrary higher in african series. One can admit that « normal »
values are situated between 10 and 50 for men, and between 20 and 60 for women. As to children, the index decreases when the
baby gets able to walk, and increases at the puberty. There is no correlation with the lombo-pelvic skeletal lordosis. Brenot has
studied by means of this index the palaeolithic gynomorphous statuettes. He has as well used a steatomeric index on frontal
view.
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Wangermez J., Debenath A., Lacombe J. P., Labrousse Ph. Mesure de la saillie fessière par le glutéomètre. In: Bulletins et
Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIII° Série, tome 7 fascicule 3, 1980. pp. 187-204.
doi : 10.3406/bmsap.1980.3788
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1980_num_7_3_3788et Mém. de la Soc. d'Anthrop. de Paris, t. 7, série XIII, 1980, p. 187-204 Bull,
MESURE DE LA SAILLIE FESSIÈRE PAR LE GLUTÉOMÈTRE
par J. Wangermez, A. Debenath, J.P. Lacombe et Ph. Labrousse (*)
Résumé. — II s'agit de l'étude de la mégapygie postérieure à l'aide d'un indice pygéal.
Les mesures sont effectuées en position debout, au moyen de l'appareil nommé glutéomètre,
composé d'une plaque métallique ovoïde soudée sur un élément de toise de 60 cm. Les
résultats montrent un indice plus fort chez la femme que chez l'homme. Par rapport aux
nullipares, les chiffres obtenus chez les femmes multipares sont plus bas en Aquitaine, et
au contraire plus élevés dans les séries africaines. On peut admettre que les valeurs
« normales » se situent : chez l'homme de 10 à 50, chez la femme de 20 à 60. Chez le
jeune, l'indice diminue avec l'apparition de la marche, et remonte à la puberté. Il n'y a
aucune corrélation avec la lordose du squelette lombo-pelvien.
Brenot a étudié par cet indice les statuettes gynomorphes paléolithiques. Il a également
utilisé, de face, un indice de stéatomérie.
Mots-clés : Fesse, Glutéomètre, Indice pygéal, Stéatopygie.
MEASURE OF THE EXAGGERATED BUTTOCKS WITH THE GLUTEOMETER
Summary. — The matter is the study of the posterior megapygy by a pygeal index.
The measures are taken on standing position, by means of an instrument called gluteo-
meter, made of a metal ovoid plate which has been brazed on a 60 cm. long element of
measuring apparatus. The results show a higher index about women than about men.
With regard to nulliparous women, the numbers concerning multiparous women are lower
in Aquitaine, and on the contrary higher in african series. One can admit that « normal »
values are situated between 10 and 50 for men, and between 20 and 60 for women. As
to children, the index decreases when the baby gets able to walk, and increases at the
puberty. There is no correlation with the lombo-pelvic skeletal lordosis.
Brenot has studied by means of this index the palaeolithic gynomorphous statuettes.
He has as well used a steatomeric index on frontal view.
Key-words : Buttocks, Gluteometer, Pygeal index, Steatopygy.
Bufïon, qui n'avait rien d'un humoriste, affirmait : « La fesse n'appartient
qu'à l'homme »... En effet, les grands singes présentent seulement un léger
débord des muscles glutéaux vers l'arrière, en station semi-érigée (Houze en
1883 désignait des singes comme " platy pyges "). Le débord est plus marqué chez
Gorilla, du fait de sa grande taille. Quoi qu'il en soit, il reste toujours discret
par rapport à l'épaisseur du sujet, et c'est bien dans l'espèce humaine, avec la
station bipède, que la protubérance musculo-adipeuse se manifeste véritablement.
(*) Laboratoire d'Anthropologie de l'Université de Bordeaux I (Pr. Riquet) 33405
Talence. SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 188
Chez les singes, le glutaeus maximus (x) laisse à découvert en haut l'ischion,
qu'il recouvre chez l'homme. « L'homme s'asseoit sur son grand fessier, le
singe sur son ischion», dit Chudzinski (1882). L'ischion peut être aussi plus ou
moins découvert dans les races humaines. Chudzinski ajoute que la masse du
glutaeus maximus est plus importante chez les leucodermes. Nous en avons
tenté une étude chiffrée par rapport au pelvis.
I. — RAPPEL ANATOMIQUE
Cette région fessière présente de notables différences sexuelles, parallèles
d'ailleurs à celles de l'orientation du bassin osseux (fig. 1).
A) Chez l'homme (fig. 1 A), elle offre une forme pratiquement penta-
gonale ; les cinq côtés peuvent être définis de la manière suivante (Corail et
Vague, 1946) :
— un bord inférieur correspondant au pli fessier ;
— un bord externe, nommé dépression rétrotrochantérienne (en état de
contraction, cette dépression accentue sa concavité externe) ;
sillon iliaque
petit fessier graisse iliaque ext.
moyen V sacré
graisse inf. int. dépression
rétro-trochant. zone adipeuse
^"^ sillon interfessier
pli fessier
A HOMME в FEMME
Fig. 1. — Morphologie fessière dans les deux sexes.
— un bord interne, vertical, représenté par le sillon interfessier ;
— un bord supéro-externe ou sillon iliaque, qui suit plus ou moins la
crête iliaque ;
(1) La dénomination anatomique exacte des muscles fessiers est actuellement : glutaeus
maximus pour le grand fessier, glutaeus médius pour le moyen fessier et glutaeus minimus
pour le petit fessier. WANGERMEZ ET COLL. — MESURE DE LA SAILLIE FESSIERE 189 J.
— un bord supéro-interne enfin, le plus caractéristique et le plus import
ant comme caractère sexuel secondaire. C'est le bord latéral du V sacré,
oblique en haut et en dehors. Il est matérialisé par la présence de deux
fossettes sacrées : la supérieure (qui est en fait la fossette latérale lom
baire inférieure) recouvre l'épine iliaque postéro-supérieure, l'inférieure
est placée sur la tubérosité iliaque.
Les deux angles qui correspondent à ce côté valent en principe
150 degrés en bas et 120 degrés en haut. Les trois autres angles du
pentagone avoisinent 90 degrés.
B) Chez la femme (fig. IB), au bassin plus large, la fesse est plus étendue
et plus arrondie, avec des angles nettement émoussés :
— le bord externe dessine un arc régulier. Il se creuse moins que chez
l'homme lors de la contraction. Son point le plus externe, point mérique
(voir § VIII) est situé au niveau ou à peine au dessous du grand
trochanter ;
— au bord supéro-externe, le sillon iliaque est atténué et disparaît le
plus souvent ;
— le bord supéro-interne se présente ici d'une manière différente. Le
V sacré est plus ouvert, ce qui donne aux angles correspondants des
valeurs moyennes de 140 degrés en bas et 130 degrés en haut. La fos
sette sacrée supérieure est en général comblée par du tissu graisseux.
La répartition entre muscles et tissu adipeux est également différente. Chez
l'homme, les muscles glutaeus médius et glutaeus minimus occupent presque
seuls la moitié supéro-externe, alors que, chez la femme, ils sont recouverts par
une masse graisseuse iliaque externe (" stéatome lombaire ", de Jayle, " bourr
elet graisseux du flanc ", de Richer) qui se prolonge vers le flanc et peut
l'envahir.
II. — QUELQUES DEFINITIONS
La fesse présente les trois dimensions d'un volume : hauteur, largeur,
épaisseur. La hauteur est matérialisée par la mesure du sillon interfessier, la
largeur correspond à la moitié de la largeur bitrochantérienne, Yépaisseur, ou
saillie fessière postérieure, est la dimension qui a le plus intéressé les chercheurs.
Elle est facile à mesurer, et pourtant le fut très rarement. Le sous-dévelop
pement fessier vers l'arrière s'appelle micropygie. A l'inverse, la mégapygie
représente une hypertrophie fessière supérieure à la moyenne. Reste à déter
miner une valeur moyenne pour chaque population et pour chaque sexe.
Nous espérons que ce travail fournira pour cela des bases sérieuses de départ.
La stéatopygie est un hyperdéveloppement localisé du tissu adipeux vers
l'arrière. Citons Pales : « On a confondu le développement adipeux et banal de
la région fessière, commun à toutes les races du monde, avec cette stéatbse
particulière, le lipome physiologique en nappe de la stéatopygie, interposé entre
la peau et le plan musculaire fessier » . SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 190
Lorsque l'hypertrophie est à prédominance latérale, sur les hanches et la
partie supérieure des cuisses, elle s'appelle sté atotroc hanter ie (Regnault), stéato-
métrie ou stéatocoxie.
En définitive, l'hyperdéveloppement devrait s'appeler mégapygie posté
rieure ou mégapygie latérale, suivant les cas, pour utiliser les dénominations
les plus adéquates.
III. — HISTORIQUE
La mégapygie de certains mélanodermes fut remarquée dès 1798 par
Le Vaillant. Elle fut longuement observés en 1816 par Blain ville et Cuvier
sur Saartje Baartman, femme de couleur d'Afrique australe, qui présentait une
énorme saillie fessière à bourrelets inesthétiques. Cette personne avait été
exhibée en Angleterre "telle qu'elle était" (c'est-à-dire non vêtue), de 1810
à 1815, puis de 1815 à 1816 à Paris, où elle décéda. Lors du centenaire de
sa mort, Verneau la qualifia de " Vénus Hottentote ". C'était en fait une
Bochimane. Il fut fait un moulage de sa dépouille. La masse fessière de la
Vénus, conservée au Muséum de Paris, a 16 cm de long sur près de 10 de
largeur et 14 d'épaisseur (Topinard).
Fritsch, en 1872, donna une étude assez complète de la mégapygie, après
en avoir noté de nombreux cas en Afrique australe, tant chez les Khoisan
(Bochimans et Hottentots) que chez les Bantous. Il signalait qu'elle porte
" en premier lieu sur les fesses, mais aussi latéralement sur les hanches ainsi
que sur la partis extérieure du haut de la cuisse ".
Topinard, en 1886, insistait sur le développement postérieur des fesses,
au point que ces dernières " semblaient se redresser et pointer en haut " (fig. 2).
Atgier présenta le 4 janvier 1912, à la Société d'Anthropologie de Paris,
une française de 36 ans, née dans la Nièvre, ayant eu un enfant, et qui pos
sédait une saillie fessière de 115 mm.
Drennan, plus nuancé, a décrit à partir d'observations en Afrique du Sud,
trois types de fesses :
— le type angulé, à plateau supérieur horizontal, réalisant presque un
angle droit avec la région lombaire ;
— le type en forme de crêpe, plus arrondi ;
— le type étalé, le moins proéminent.
Un très bon travail sur la question est celui de Cornil et Vague, en 1946,
présenté de façon claire et complète (fig. 3). Il confirme que la mégapygie
POSTÉRIEURE EST PLUTÔT LE FAIT DE CERTAINES AFRICAINES, LA MÉGA
PYGIE LATÉRALE, CELUI DE CERTAINES EUROPÉENNES (2).
(2) Cette opposition se retrouve si l'on considère le point de vue du caractère sexuel
secondaire : certain chef Somali faisait ranger en lignes ses « promises » et les choisissait
en fonction du débord fessier postérieur. En France, en revanche, N. Petit-Maire a observé
une corrélation entre la largeur bitrochantérienne des partenaires et leur « attirance »
réciproque (travail de 1974, non publié). WANGERMEZ ET COLL. — MESURE DE LA SAILLIE FESSIERE 191 J.
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 2. — Mégapygie postérieure ("Stéatopygie "). Femmes bochimanes Kung (Nord-Est de
la Namibie). La plus grande possède un indice pygéal égal à 100, l'autre 72 seulement.
Sont-elles enceintes ou dystrophiques ? (D'après Biasutti, 1967).
Certains auteurs, en particulier Milley (1960), Lee et Woodhouse (1970),
ont expliqué le rôle, et peut-être l'origine de la stéatopygie. En période de
disette, la tribu paléolithique, dans certaines régions pauvres, la tribu bochi-
mane plus près de nous, pouvaient être condamnées à périr d'inanition en
quelques semaines : « II ne pouvait y avoir de meilleures conditions pour
favoriser le développement de la stéatopygie » (Lee). Lorsque la viande abond
ait, aux jours fastes, les membres de la tribu se gavaient jusqu'à en éclater.
L'appareil fessier s'engraissait jusqu'à atteindre plusieurs kilos au-dessus de
la normale. Ils pouvaient vivre ensuite sur leurs réserves jusqu'à la survenue
du prochain festin. L'accumulation de graisse sur les muscles glutéaux agit
donc en tant que réserve alimentaire, ainsi que le fait la bosse du chameau
ou du zébu, ou la queue du mouton. Ainsi, " les compagnes des meilleurs
chasseurs pouvaient disposer d'excédents de nourriture, stockés sous forme de
graisse " (Jelinek, 1973). Cette accumulation est encore plus utile chez les
femmes, en période de gestation et d'allaitement. 192 société d'anthropologie de paris
Illustration non autorisée à la diffusion
IJII Stcatopygies mixtes.
óoo Stéatopygies étalées.
.•;. Stéatocoxies prédominantes
Fig. 3. — Répartition géographique de la stéatopygie (postérieure) et de la stéatomérie
(latérale) en Afrique et en Europe. (D'après Corail et Vague, 1946).
Elle a fini néanmoins par représenter un critère de beauté pour les voisines
moins fortunées ou moins dotées par la nature. Il est encore assez courant
d'observer, dans certaines régions d'Afrique du Sud, des femmes porteuses d'un
bourrelet de tissu ou de crin sous la jupe de leur costume traditionnel, ce qui
rappelle les " tournures " des Européennes à la fin du XIXme siècle.
IV. — TECHNIQUE DE MESURE ET MATÉRIEL UTILISÉ
T. de Rochebrune a utilisé, en 1881, le demi-cercle bitrochantérien postér
ieur, mesuré d'un grand trochanter à l'autre, en passant par les points les plus
proéminents en arrière. La moyenne des Européennes étant de 644 mm et celle
des Ouolofs de 678, le demi-cercle de la Vénus Hottentote est de 791. Il sera
de 730 mm chez la française présentée par Atgier en 1912. J. WANGERMEZ ET COLL. — MESURE DE LA SAILLIE FESSIÈRE 193
Topinard dira en 1885 : « Tout est à faire sur ce sujet. La première chose
serait d'imaginer un procédé de mensuration : une ligne tangente au maximum
du dos et au maximum du sacrum étant tirée, la plus grande profondeur de la
courbe en question serait la mesure de Pensellure ».
A sa suite, les auteurs ont donc mesuré isolément la proéminence fessière,
en valeur absolue, (160 mm pour la Vénus Hottentote, 115 mm pour le sujet
présenté par Atgier, ce qui paraît assez exceptionnel).
Topinard mesurait de profil le débord fessier au-delà de la verticale :
fossette sacrée - pli fessier. Il rapportait cette mesure à la stature du sujet pour
en tirer un " indice de proéminence fessière postérieure " qui vaudrait norma
lement 2,5 % chez l'homme et 3,4 % chez la femme. Pour une même épaisseur,
les femmes, en général plus petites, possèdent un indice supérieur.
Le rapport à la stature donne un indice forcément très bas, et par là-même
peu démonstratif.
Tout cela semble donc insuffisant. Une même saillie n'a pas une valeur
identique selon que le sujet qui en est porteur est mince ou épais.
Nous avons imaginé un indice pygéal en fonction de l'épaisseur de
la région lombo-pelvienne. Nous rapportons, en pourcentage, le débord des
fesses à Y épaisseur du bassin. Il s'agira du rapport de la distance L F (Lomb
aire - Fesses) à l'épaisseur P L (Pubis - Lombaire).
Il suffit d'abaisser de profil trois verticales : « P » à la jonction entre
abdomen et racine des cuisses, « L » ou centre de l'ensellure lombaire, et « F »
au sommet de la fesse gauche (en cas d'asymétrie) (fig. 4a).
L'indice pygéal sera :
LF X 100
i. pyg. = (avec PL = PF — LF)
PL
Nous avions effectué les premières mesures en procubitus, bras tendus
vers l'avant. Dans ces conditions, la fesse s'aplatit plus ou moins selon l'âge.
Les mesures sont plus fidèles dans la position debout.
Nous avons mis au point un appareil destiné à simplifier les repérages.
Nous l'avons dénommé glutéomètre, du terme anatomique international
« glutaeus » qui désigne les muscles fessiers. (3).
Le glutéomètre se compose d'une tige graduée (en pratique un élément de
la toise de Martin), longue de 60 cm. A l'origine de la graduation s'emboîte
une languette à laquelle est soudée une plaque métallique mate (4), ovoïde, de
30 cm de long sur 20 cm de largeur maximum. La soudure est placée au tiers
supérieur de la plaque, afin qu'un large débord vers le bas permette de l'appli
quer plus facilement sur la région fessière (fig. 5).
(3) Certains nous ont fait remarquer qu'il eût été plus logique de dire indice glutéal
et pygéomètre.
(4) Les premières plaques, en métal brillant, se comportaient comme un miroir.
Ceci a posé des problèmes dans certaines régions d'Afrique. 194 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
INDICE DE STEATOMERIE a; INDICE PYGEAL
LFxlOO TMxiQQ
PL TP
Fig. 4. — Construction de l'indice pygéal (de profil) et de l'indice de stéatomérie (de Brenot,
de face). Les verticales correspondent aux repères utilisés : P : Pubis ; L : Lombaire ;
F : Fesse ; T : " Taille " ; M : Point mérique.
Fig. 5. — Schéma du glutéomètre.
La longueur L F se mesure en posant la plaque contre la fesse gauche et
la réglette coulissante au point le plus avancé de la cambrure lombaire.
Pour obtenir P F, la plaque ovoïde étant encore placée en arrière, la
réglette est amenée au niveau du pubis. Le calcul donnera : PL = PF — LF. WANGERMEZ ET COLL. — MESURE DE LA SAILLIE FESSIÈRE 195 J.
Le sujet reste en habitus normal, mais les mains sont placées derrière la
nuque pour simplifier l'opération. Les mesures peuvent être effectuées à travers
des sous-vêtements légers ou un pagne, ce qui ne modifie pas les résultats si
l'on déprime légèrement les étoffes. Le travail de l'expérimentateur en est
facilité.
Au point de vue pratique, avec la toise utilisée, il est nécessaire d'ajouter
au chiffre lu l'épaisseur de la réglette, soit 1 cm.
V. — RESULTATS CHEZ L'ADULTE
A) Séries examinées.
Quatre séries de mesures ont été effectuées jusqu'à présent avec notre
appareil : en Aquitaine sur 100 hommes et 170 femmes, chez les Fali du
Nord-Cameroun (50 hommes et 50 femmes), à Kaya en Haute-Volta sur 43
hommes et 56 femmes Mossi. Nous avons eu enfin l'occasion d'examiner 57 Tahi-
tiens, de sexe masculin.
Nous avons séparé, dans les séries féminines, les nullipares des femmes
ayant eu des enfants. Cette distinction a permis de constater de nettes diffé
rences. Le tableau I fournit d'abord les résultats obtenus en Aquitaine.
Débord fessier Indice pygéal
Moyenne Ecart-type LF Val. extrêmes
± 9.8 27,7 HOMMES 20 à 86 mm 8,2 à 53,9
FEMMES
19,4 à 87,1 43,7 11.7 nullipares 35 à 96
10,4 multipares 21 à 98 9,2 à 54.4 30,9
au total 36,8 13,7
Tableau I.
Les écarts-types sont assez importants, entre 10 et 14, ce qui traduit le
fort étalement des indices dans les trois cas.
Le tableau II nous permet ensuite de comparer les moyennes dans les
séries examinées.
Le débord postérieur en valeur absolue est :
— Fali hommes 35 à 74 mm femmes .... 35 à 100 mm
— Mossi .... 35 à 77 mm .... 35 à 125 mm

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