Mobilisation des organes phonatoires et performance intellectuelle - article ; n°1 ; vol.69, pg 93-110

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1969 - Volume 69 - Numéro 1 - Pages 93-110
La mobilisation des organes phonatoires d'un sujet par production d'une activité verbale automatique pendant la réalisation de tâches mentales variées (calcul mental, tâche perceptive non verbale...), s'accompagne d'une réduction de l'efficience du sujet.
Cependant, la perturbation enregistrée est relative au degré d'automaticité de la tâche considérée ; dans les tâches n'exigeant du sujet qu'une activité stéréotypée, la verbalisation implicite ne joue pas de rôle fonctionnel déterminant.
Au contraire, lorsque la tâche requiert des conduites élaborées, la mobilisation des organes phonatoires entraîne une perturbation des mécanismes mêmes de résolution de celle-ci.
Ceci signifie que la verbalisation implicite fonctionne sur un mode sélectif. analyse tant quantitative que qualitative des résultats met en évidence importance des différences interindividuelles qui feront objet expériences ultérieures
The activation of the phonatory organs through the production of a verbal automatic activity during the completion of varions mental tasks (mental calculation, non verbal perceptive task, etc..) is concomitant with a reduction of the subject efficiency.
Howewer the disturbance is related to the degree of automaticity of the task : if its only requirement from the subject is a stereotyped behaviour, the implicit verbalization is not very instrumental. But when the task requires elaborate behaviours, the activation of phonatory organs leads to a dislurbance in the very mechanisms of its solution.
The quantitative as well as qualitative analysis of the results gives evidence of the importance of interindividual differences that will be subjected to further experiments.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1969
Lecture(s) : 40
Nombre de pages : 19
Voir plus Voir moins

M Kail
Mobilisation des organes phonatoires et performance
intellectuelle
In: L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°1. pp. 93-110.
Résumé
La mobilisation des organes phonatoires d'un sujet par production d'une activité verbale automatique pendant la réalisation de
tâches mentales variées (calcul mental, tâche perceptive non verbale...), s'accompagne d'une réduction de l'efficience du sujet.
Cependant, la perturbation enregistrée est relative au degré d'automaticité de la tâche considérée ; dans les tâches n'exigeant du
sujet qu'une activité stéréotypée, la verbalisation implicite ne joue pas de rôle fonctionnel déterminant.
Au contraire, lorsque la tâche requiert des conduites élaborées, la mobilisation des organes phonatoires entraîne une
perturbation des mécanismes mêmes de résolution de celle-ci.
Ceci signifie que la verbalisation implicite fonctionne sur un mode sélectif. analyse tant quantitative que qualitative des résultats
met en évidence importance des différences interindividuelles qui feront objet expériences ultérieures
Abstract
The activation of the phonatory organs through the production of a verbal automatic activity during the completion of varions
mental tasks (mental calculation, non verbal perceptive task, etc..) is concomitant with a reduction of the subject efficiency.
Howewer the disturbance is related to the degree of automaticity of the task : if its only requirement from the subject is a
stereotyped behaviour, the implicit verbalization is not very instrumental. But when the task requires elaborate behaviours, the
activation of phonatory organs leads to a dislurbance in the very mechanisms of its solution.
The quantitative as well as qualitative analysis of the results gives evidence of the importance of interindividual differences that
will be subjected to further experiments.
Citer ce document / Cite this document :
Kail M. Mobilisation des organes phonatoires et performance intellectuelle. In: L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°1. pp. 93-
110.
doi : 10.3406/psy.1969.27651
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1969_num_69_1_27651Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
de la Sorbonne, associé au C.N.R.S.
MOBILISATION DES ORGANES PHONATOIRES
ET PERFORMANCE INTELLECTUELLE
par Michèle Kail
SUMMARY
The activation of the phonatory organs through the production of a verbal
automatic activity during the completion of various mental tasks (mental cal
culation, non verbal perceptive task, etc..) is concomitant with a reduction of
the subject efficiency.
Howewer the disturbance is related to the degree of automaticity of the task :
if its only requirement from the subject is a stereotyped behaviour, the implicit
verbalization is not very instrumental. But when the task requires elaborate beha
viours, the activation of phonatory organs leads to a disturbance in the very
mechanisms of its solution.
The quantitative as well as qualitative analysis of the results gives evidence
of the importance of interindividual differences that will be subjected to further
experiments.
INTRODUCTION
CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES
Classiquement, dans l'étude des rapports langage-pensée, ce
sont surtout les aspects actualisés du langage qui ont retenu
l'attention des auteurs.
Or, l'importance des activités verbales implicites est soulignée
par de nombreux auteurs, mais il n'existe que peu de recherches
expérimentales systématiques dans ce domaine en raison des
problèmes méthodologiques soulevés.
La recherche que nous présentons ici se situe dans le cadre
des études relatives aux activités verbales implicites qui
accompagnent les tâches mentales.
Du point de vue théorique, l'existence et les fonctions de la
parole intérieure sont au centre d'une controverse déjà ancienne
entre les tenants de la théorie périphérique de la pensée (Watson MÉMOIRES ORIGINAUX 94
néo-behavioristes) et les défenseurs de la théorie centraliste et les
(Hebb, Penfield, Lashley, etc.).
De fait, comme nous le verrons, les deux conceptions s'oppo
sent essentiellement sur le rôle des réponses périphériques dans
le processus de pensée.
Un schéma simple (McGuigan, 1966) permet d'expliciter
clairement les deux orientations ; il représente l'ensemble des
réactions d'un sujet à un stimulus S (par exemple, un problème
d'arithmétique).
SNC
S1 s2 r? Réponse implicite _ —
!C2rc::^ c3*-~t R Réponse explicite
(comportement)
Organisme
1. La théorie centraliste
Par l'intermédiaire des récepteurs sensoriels, tout stimulus S
envoie un message afférent Si au cortex ; ce message engendre
l'ensemble des événements centraux désignés par cx. Selon la
théorie centraliste, seuls les événements clf c2, cM sont néces
saires pour la pensée. Les centralistes ne nient pas que de tels
événements ne puissent engendrer des réponses implicites r,
mais de telles réponses ne sont qu'additionnelles ou incidentes.
Hebb lui-même ne conteste pas que les feed-back proprio-
ceptifs du type s3 ne puissent produire à leur tour des événements
centraux comme c2, mais ces processus centraux ne sont eux-
mêmes qu'additionnels. Ce qui signifie qu'un sujet résout un
problème lorsque certains événements centraux se produisent.
2. La théorie des processus périphériques
L'événement central cx déclenche un message efferent s2
qui conduit à la production d'une réponse implicite r ; r renvoie
vers le cortex le message proprioceptif s3 déterminant l'événement
central c2 qui est à l'origine de la réponse explicite R.
L'ensemble des phénomènes s2, r, s3 est nécessaire pour la
résolution du problème.
Notre propos n'est pas de discuter ici de la fécondité des
hypothèses et recherches issues de ces deux courants, mais
d'examiner les méthodes d'étude des réponses périphériques
implicites et d'exposer les résultats que nous avons obtenus
dans le cadre de l'une de ces méthodes. M. KÀÏL 95
CONSIDÉRATIONS MÉTHODOLOGIQUES
De fait, ces méthodes peuvent être classées en deux groupes
qui ne s'excluent d'ailleurs nullement :
1. Les méthodes directes d'investigation de la parole intérieure
Elles ont pour but d'appréhender directement les réponses
périphériques implicites par la mise en œuvre de techniques
électromyographiques.
Les premiers travaux effectués dans ce cadre, mais à l'aide de
techniques grossières, ceux de Curtis (1899) concernent l'enr
egistrement des mouvements du larynx d'un sujet à l'aide d'un
tambour. Curtis compare les courbes obtenues quand le sujet
essaie de ne penser à rien, et celles obtenues lorsqu'il lit ou pense
à quelque chose de précis. Dans ce deuxième cas, les courbes
révèlent des mouvements beaucoup plus importants.
Jacobson (1930) est le premier à mettre en évidence des
mouvements de la langue pendant la réalisation de problèmes
d'arithmétique, en employant des électrodes de surface.
L'école russe (Novikova, Sokolov...) développe largement
l'investigation électromyographique de la parole intérieure.
Reprenant le schéma pavlovien de la dialectique des processus
d'excitation et d'inhibition, Sokolov étudie le rôle de la parole
intérieure dans la résolution de tâches concrètes (Matrices de
Raven). Ses résultats montrent en particulier que dans de telles
tâches, il n'y a pas nécessité de verbaliser tout ce qui est perçu.
Selon lui la verbalisation implicite dans les processus de pensée
concrète peut être considérée comme un mécanisme de traduction
des composantes faibles de la perception de non remarquées
en remarquées.
D'autres travaux récents d'investigation directe, se situent
au contraire dans une perspective résolument centraliste, en
particulier ceux de Penfield qui concernent l'obtention de
réponses dites « psychiques » consécutives à des stimulations
liminaires du cortex temporal et de la région de l'hippocampe.
De fait, les méthodes directes ont mis en évidence la pré
sence mais aussi l'absence de mouvements implicites ressemblant
à ceux du langage. Novikova rappelle que dans l'exécution de
tâches simples comme compter mentalement jusqu'à 10, réciter
des poèmes, etc., quelques sujets ne montrent aucune augment
ation des potentiels de la langue et ne donnent aucun signe
d'activité. 96 MÉMOIRES ORIGINAUX
Comme Sokolov l'avait déjà signalé dans les tâches stéréo
typées exécutées par des adultes cultivés, les mouvements
verbaux sont considérablement réduits, voire même absents.
Les derniers travaux de cet auteur témoignent du caractère
hautement sélectif du fonctionnement de la parole intérieure.
2. Les méthodes indirectes
Le principe général de ces méthodes postule l'existence d'un
lien entre les réponses explicites R et les réponses implicites r.
Elles consistent à manipuler systématiquement certains attributs
de r et à étudier les conséquences de ces variations au niveau
de R.
a) Suppression de r. — En la matière, la tentative la plus
radicale est la suppression des réponses périphériques implicites
par la mise hors circuit du système périphérique (Smith, 1947).
On injecte au sujet (volontaire) une drogue paralysante la
D-Tubocurarine, qui déclenche une paralysie périphérique pro
gressive sans atteinte du système nerveux central. Théorique
ment de grand intérêt, cette méthode a malheureusement
pour conséquence la suppression concomitante de R. Lorsque
la communication avec le sujet au moyen de signes préétablis
n'est plus possible, le seul indice objectif de la fonction céré
brale est l'EEG. Outre les difficultés expérimentales, une telle
méthode soulève plus de problèmes qu'elle n'en résout.
b) Explicitation de r. — Très répandue dans les premiers
travaux, la méthode de la pensée à « haute voix » consiste à faire
verbaliser au sujet l'ensemble de ses opérations mentales ;
outre qu'aucun critère ne permet d'assurer l'identité de l'expli
cite et de l'implicite, rien ne nous autorise, étant donné le
caractère contraint de la verbalisation, à affirmer qu'elle aurait
eu lieu spontanément.
c) Mobilisation des organes phonatoires pendant la réalisation
de tâches mentales. — Suivant les conseils de P. Fraisse, la
méthode que nous utilisons consiste à étudier les difficultés ou
inhibitions des processus mentaux (au niveau de R, c'est-à-dire
du comportement), quand les organes de la phonation sont mobil
isés par ailleurs. La mobilisation contrôlée des organes de la
phonation est réalisée par la production d'une activité verbale
élémentaire et de nature rythmique, c'est-à-dire automatique :
(répéter top, top, top...) lors de la résolution de la tâche proposée
au sujet.
Reed a utilisé une méthode voisine dans son principe : les KAIL 97 M.
sujets lisent, font des additions en répétant à haute voix cont
inûment et rapidement « Jack and Jill ran down the hill ».
Il conclut que dans ces conditions les sujets font un nombre
beaucoup plus important d'erreurs. Cependant, ses expériences
ne satisfont pas aux critères d'exigence que nous définissons
pour l'activité verbale de mobilisation, ni aux contrôles
nécessaires.
Pintner, dans une recherche sur la verbalisation implicite
dans la lecture silencieuse introduit une lame de bois dans la
bouche des sujets pour empêcher l'articulation et constate
dans ces conditions une facilitation importante tant sur le
plan de la compréhension que de la rapidité.
Dépassant ces résultats contradictoires (inhibition ou facili
tation, individualité ou généralité du phénomène), Thorson
montre que l'accroissement des mouvements de la langue
observé au cours des épreuves est en rapport avec l'accroiss
ement de tension nerveuse qui accompagne certaines tâches
difficiles. Selon l'auteur, ces mouvements directement liés à
l'irradiation nerveuse et au tonus musculaire ne dépendent
donc pas de la parole intérieure.
Il faut souligner que ces premières expériences ne portent
que sur un nombre restreint de sujets et ne se donnent pas tous
les contrôles indispensables.
ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
LA MÉTHODE
L'activité verbale interférante destinée à mobiliser les organes
de la phonation doit selon nous obéir à plusieurs critères :
a) Elle doit être sémantiquement neutre (répétition d'un
même phonème par exemple) et ne charger en aucun cas la
mémoire du sujet ;
b) Elle doit être continue de telle sorte que la mobilisation
musculaire des organes de la phonation soit elle-même conti
nue et effective. Ceci d'autant plus que nous savons que le lan
gage articulé sonore se déroule beaucoup plus lentement que la
parole intérieure ;
c) Elle doit être automatique, c'est-à-dire ne pas mobiliser
l'attention du sujet. En ce sens, le caractère indirect de la méthode
nécessite un contrôle destiné à mettre en évidence la spécificité
de cette tâche interférante, de telle sorte que les modifications
A. PSYCHOL. 69 7 MÉMOIRES ORIGINAUX 98
observées ne soient pas imputées à la concurrence de deux
tâches et la dispersion de l'attention du sujet.
Ce contrôle consistera en une tâche interférante de tempo
spontané moteur.
Cette méthode implique par ailleurs un préapprentissage
systématique de l'activité verbale interférante conduit jusqu'à
l'automatisme.
LES HYPOTHÈSES
Cette étude se propose de répondre aux questions suivantes :
La parole implicite est-elle directement liée au degré d'aut
omatisme de la tâche à effectuer ?
Peut-on mettre en évidence des variations qui sont liées à
la nature même de la tâche (calcul mental, lecture, raison
nement...) ?
Nos hypothèses spécifiques concernent certains paramètres
de S.
a) Lorsqu'on inhibe la verbalisation implicite qui accompagne
la réalisation d'une tâche (calcul mental, lecture, tâche per
ceptive...) en mobilisant les organes phonatoires dans une tâche
verbale automatique, la performance du sujet est amoindrie
(temps de réalisations, erreurs) ;
b) Ce phénomène d'inhibition est d'autant plus important
que le degré d'automatisme de la tâche est plus faible ;
c) Ce apparaît dans des tâches très différentes
du point de vue des processus mis en jeu pour leur réalisation.
La question posée est celle de la généralité du phénomène, de sa
stabilité.
Nous comparerons les résultats obtenus dans des tâches de
calcul mental plus ou moins complexes, et des de
raisonnement à partir d'un matériel figuratif concret.
EXPÉRIENCE I
Elle a pour but de vérifier les hypothèses a et b.
Matériel
Trente opérations de calcul mental simple : multiplications ayant
deux chiffres au multiplicande, et un ou deux chiffres au multiplicateur.
On a défini à partir d'un classement par rang de l'ensemble des stimuli
qui n'ont pas entraîné d'erreurs dans la condition de contrôle, deux
niveaux de difficulté correspondant au degré d'automaticité de la
tâche. Les stimulus sont présentés dans un ordre au hasard. 99
Situation expérimentale
La réponse R du sujet est une réponse non verbale : en écrivant sa
réponse, le sujet arrête le chronoscope et fait disparaître le stimulus
remplacé par une vue blanche. Le montage réalisé permet d'enregistrer
pour chaque stimulus :
— le temps de calcul (s) ;
— les erreurs;
— la production verbale automatique interférante qui consiste à
répéter top, top, top...
L'appareil de présentation des stimulus (Gulliver) est en relation avec
un chronoscope (1/100 s) ainsi qu'avec l'appareil de réponse du sujet.
Les stimulus constitués par des diapositives restent visibles du sujet
pendant toute la durée de la tâche, ceci afin d'éviter l'introduction de
difficultés mnémoniques supplémentaires.
Un enregistreur à plumes en relation avec une clé vocale permet le
contrôle de la production verbale automatique du sujet.
Procédure expérimentale
Les sujets constituant deux groupes appareillés passent tous d'abord
dans la condition de contrôle (G), puis deux mois plus tard dans la condi
tion expérimentale (E).
Un tel laps de temps entre les deux passations prévient l'interférence
de phénomènes mnémoniques non contrôlés.
Nous nous sommes mis volontairement dans les conditions les plus
défavorables pour tester nos hypothèses : en effet, bien que les phéno
mènes mnémoniques soient négligeables, il peut y avoir une sorte d'habi
tude de la situation qui rende plus difficile la mise en évidence d'une
réduction de l'efficience au cours de la condition expérimentale.
1. Condition de contrôle (C)
II s'agit pour le sujet d'effectuer mentalement l'opération le plus
rapidement possible et sans erreur et d'écrire le résultat lorsqu'il a
trouvé la réponse totale.
2. Condition expérimentale (E)
Le sujet est préalablement entraîné à produire des top verbaux à un
rythme tel que cette production devienne automatique, les top sont
enregistrés ; lorsque cet entraînement est jugé satisfaisant, le sujet com
mence l'expérience suivant la consigne : « A mon signal vous commencerez
à produire des top régulièrement en maintenant ce rythme jusqu'au
moment où vous écrirez votre réponse. Immédiatement après vous
verrez apparaître sur l'écran une multiplication qu'il vous faut effectuer
mentalement en même temps que vous dites top... Vous devez vous
efforcer de calculer aussi rapidement que possible et sans erreur. » 100 MEMOIRES ORIGINAUX
Dans les deux conditions l'expérimentateur insiste sur le critère
exactitude de la réponse. Chacune des conditions est précédée d'une
phase d'entraînement.
3. Condition de mobilisation musculaire
Tempo spontané moteur (E')
Cette condition est destinée à contrôler le caractère spécifique de
l'activité des organes phonatoires. Elle permet de rendre compte de
l'éventuelle dispersion de l'attention du sujet soumis à deux tâches
simultanées. Ici, encore, nous procédons à un entraînement préalable
de tempo spontané moteur.
Les sujets
Vingt étudiants licenciés de psychologie.
LES RESULTATS
1° Dégradation de V efficience en condition
de mobilisation des organes phonatoires
a) Augmentation significative des temps de réalisation (s)
TABLEAU I
Degré de difficulté
Item faciles Item difficiles
m = = 7,62 m = 16,53 Cond. E
m = = 6,18 m = 13,68 C
L'augmentation des temps est significative tant pour les
item faciles (t = 4,68, S à p < .001) que pour les item difficiles
(t = 2,53, S à .02 < p < .05).
Cette augmentation est bien relative à la seule condition de
mobilisation elle-même, puisque des sujets qui ont procédé en
condition de tempo spontané moteur obtiennent les résultats
suivants :
TABLEAU I bis
Degré de difficulté
Item faciles Item difficiles
E' m = = 6,5 m = 13,81 Cond.
m - = 6,34 m = 12,76 C 101
La différence entre les deux conditions E' et C n'est évidem
ment pas significative quel que soit le degré de difficulté de la
tâche.
b) Augmentation des réponses erronées :
TABLEAU II
Degré de difficulté
Item faciles Item difficiles
m = 5,67 Cond. E m = 7,00
m = 2,06 m = 2,68 Cond. C
L'augmentation du nombre des erreurs pour les item faciles
n'est pas significative (NS à .10), alors que pour les item diffi
ciles le nombre des réponses erronées augmente significative-
ment (S à p < .001).
Pour le groupe de contrôle (Cond. E') en temps spontané
moteur, les résultats sont les suivants :
TABLEAU II bis
de difficulté Degré
Item faciles Item difficiles
E' . . m — 3,13 m = 3,37 Cond.
m = 2,90 m = 2,21 C . .
E' En dépit d'une légère augmentation la différence entre
et C n'est pas significative.
Ainsi que pour le critère temps, ce groupe de contrôle permet
d'affirmer que la différence concernant les erreurs relève bien
de la mobilisation spécifique des organes phonatoires.
2° Données fournies par les commentaires des sujets
après l' expérience
De fait, tous les sujets ont vécu la situation expérimentale
de blocage de la verbalisation comme une situation difficile à
assumer parce que artificielle et contraignante. Nous n'avons
cependant jamais enregistré de blocage total de la réalisation.
La plupart des sujets interrogés pensent que dans une telle
situation, il leur était impossible de verbaliser la tâche. Deux

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.