Neuro - Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.) - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 301-311

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 301-311
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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3° Neuro - Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.)
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 301-311.
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3° Neuro - Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.). In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 301-311.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1939_num_40_1_5778NEURO-PATHOLOGIE (APHASIE, APRAXIE, ETC.) 301
in a situation analogous to conditioning (Acquisition et extinction
d'attentes verbales dans une situation analogue au conditionnement) .
— J. of exp. Ps., XXV, 1939, p. 141-158 et 294-301.
On développe un réflexe conditionnel de la paupière en y envoyant
un souffle d'air annoncé par un signal lumineux ; dans un premier
groupe de sujets, l'habitude est constituée par une série continue de
confirmations du signal, dans un second par une série composée,
dans la proportion de 50 %, de signaux non confirmés alternant
irrégulièrement avec les signaux confirmés ; dans un troisième tous
les signaux sont confirmés, mais les épreuves, réparties sur le même
temps, sont deux fois moins nombreuses que dans le premier et
correspondent aux épreuves confirmées du second groupe. Pas de
différence sensible dans la constitution de la réponse conditionnelle ;
ce résultat exclut les théories qui admettent une relation entre la
formation de la réponse et la fréquence de la densité des confirmat
ions et non-confirmations. Mais les épreuves consécutives d'extinc
tion, les mêmes pour tous les groupes, montrent que la réponse
conditionnelle disparaît beaucoup plus lentement dans le second
groupe que dans les deux autres. Pour expliquer ce résultat paradoxal,
il faut admettre que le facteur décisif est Y attente du stimulant
inconditionnel, avec cette hypothèse accessoire que, dans le cas où
■ce stimulant est nuisible, on réagit, en cas de doute, comme s'il y
avait probabilité de la sanction. Ceci explique que l'habitude se
constitue, pratiquement, chez tous les sujets, de la même façon :
mais ceux du second groupe, habitués à l'irrégularité, cèdent moins
vite à l'influence des épreuves finales d'extinction que ceux des deux
autres groupes, pour lesquels ces épreuves tranchent nettement sur la
régularité des épreuves de dressage toujours confirmées.
Dans un second article, l'expérience prend une forme plus simple.
Il s'agit de prévoir si un signal donné à droite sera suivi d'un certain
événement à gauche : la prévision se fait d'abord au hasard. La série
est tantôt constituée de signaux toujours confirmés dans la période
de formation de la prévision et jamais la
d' « extinction », tantôt constitués dans la première partie de l'expé
rience par 50 % de signaux confirmés (distribués au hasard), puis
par des signaux jamais confirmés, dans la deuxième. Les résultats
sont analogues à ceux de la constitution et de l'extinction du « réflexe »
conditionnel décrit ci-dessus, mais avec des différences secondaires.
La série à 50 % de confirmations ne tend plus à constituer de réponse
orientée (car il n'y a pas ici d'éventualité nuisible contre laquelle il
soit prudent de se défendre) ; la prévision négative, dans la deuxième
partie de l'expérience, se dessine plus tard quand elle succède à un
•état d'incertitude que quand elle succède à une prévision positive qui
■était déjà devenue certaine. P. G.
3° Neuro-Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.)
217. — W. FREEMAN et J. W. WATTS. — An interpretation of the
functions of the frontal lobe (Interprétation des fonctions du lobe
jrontal). — Yale J. of Biol. and Med., XI, 1939, p. 527-539.
De l'étude de 48 cas de lobotomie préfrontale, les auteurs dégagent 802 ANALYSES <BIBLIOGRA*H*gü£*
cette «ot-ion que les lobes frontaux sont liés à -la jjrosjeDtion »dan*
lïaveiur de l'individu dans sa totalité, avec formation d'une -image-
de l'individu en devenir, les autres fonctions apparaissant comme de&
mécanismes .partiels relevant de cette fonction d'ensemble.
Bien des symptômes des affections frontales peuvent s'expliquer
par une perte de l'auto-critique et du sens social.
Les lobes frontaux ne doivent pas être considérés comme des
centres de l'intelligence ou de l'émotion ; ils réanissent des données
utilisables et des synthétisent suivant un plan d'action répondant à un
idéal, avec utilisation du tonus affectif correspondant, et des res
sources d'énergie des réponses, projetant ainsi l'individu dans
l'avenir. H. P.
218. — R. MESSIMY. — Les effets, chez le singe, de l'ablatian des
lobes préfrontaux. — R. N., LXXI, 1, 1939, p. 1-37. —Les effets,
efeez l'homme, des lésions préfrontales. — Annales de Médecine,
XLV, 5, 1939, p. 321-362.
Les expériences chez 2 macaques et 4 mangabeys, effectuées au
laboratoire de Fulton, ont comporté l'extirpation des zones 9, 1-0.,,
11 et 12 de Brodmann (en avant du bras inférieur du sillon arqué)
sans lésion de 8 ni de 6.
Les effets observés comportent des changements de caractère
avec libération de réactions instinctives (surréactivité, d'ordre nutrit
if, sexuel et défensif), des troubles légers de la démarche, de l'hypo-
clonie, une exagération des réflexes de posture et des autres réflexes,
■et une tendance cataleptique ; des mouvements de manège et des
automatismes; il y a des frissons, de brusques réactions vaso-
motrices, des secousses cloniques.
Il paraît y avoir une libération d'activités de centres sous-
corticaux, du paléo-thalamus surtout.
D'autre part l'analyse de 172 observations de malades opérés par
Harvey Gushing pour des tumeurs frontales de natures diverses
conduit M. à esquisser le syndrome préfrontal : troubles fonctionnels,,
comme céphalées, troubles de l'équilibre et de la sensibilité (paresthé-
sies, hallucinations) ; troubles objectifs, concernant les réflexes, les.
réactions ^cérébello-vestibulaires, le tonus, les sensibilités, l'état,
psychique (euphorie fréquente), l'activité et le langage.
Une interprétation pathogénique est rendue possible par l'analogie
des manifestations chez l'homme et après expérimentation sur le
singe. H. P.
219. — D. O. HBBB. — Intelligence in man after large removals of
cerebral tissue : report of four left frontal lobe cases (L'intelligence
chez l'homme après ablations importantes du tissu cérébral : rapport
sur 4 cas de lobes frontaux gauches). — J. of gen. Ps., XXI,
1939, p. 73-87. '
Présentation de quatre cas d1 ablation des kibes frontaux gauches
chez des sujets testés au moyen de l'échelle de Stanford-Binet, -de
l'échelle d'Arthur et des Army Beta tests, sans qu'il y ait eu diminut
ion du niveau mental après cette opération. L'effet de la lobectomie
frontale sur l'exécution des tests d'intelligence est donc minime ~ NEURO-PATHOX.OGIE (APHASIE, APitAXIE, ETC.)
En outre l'texoision de cette partie de l'hémisphère qui se trouve être
l'hémisphère dominant pour les quatre sujets examinés n'affecte pas
plus les fonctions verbales que non verbales de l'intelligence.
I. L.
220. — D. O. HEBB. — Intelligence in man after large removals of
cerebral tissue; defects following right temporal lobectomy
(L'intelligence chez l'homme après ablations importantes du ïissu
cérébral ; déficiences provoquées par la lobectomie du côté drait) . —
J. of gen. Ps., XXI, 1939, p. 437-446.
L'A. expose un cas dans lequel l'ablation du lobe temporal droit
a été suivie de troubles l'exécution de tests non verbaux, sans
modification dans les épreuves verbales.
On ne pourra donc pas se baser uniquement sur des échelles
d'intelligence verbales du type Binet pour une évaluation clinique
de l'intelligence, et il faudra tenir compte des différents types de
perception atteinte et des troubles du comportement social dans
l'examen post-opératoire. I. L.
221. — H. BAONVILLE, J. LEY et J. TITEGA. — Destruction
traumatique bilatérale des lobes préfrontaux. — An. Méd.-Ps.,
XV, 5, 97e an., 1939, p. 38-58.
Un sujet, déséquilibré héréditaire, ayant présenté différents
troubles du caractère et de la conduite, subit, à la suite d'une tenta
tive de suicide, l'amputation des deux lobes préfrontaux à l'exclusion
de leur face orbrtaire.
Aucun trouble moteur consécutif, et en particulier pas d'a-taxie
corticale, la région d'origine des faisceaux fronto-ponto-cérébelleux
ayant été respectée. Mais des troubles psychiques qui ont été d'ailleurs
en s'améliorant quelque peu au cours d'une survie de 2 ans. Indiffé
rence émotionnelle, euphorie niaise, aprosexie, souci exclusif de soi,
contraste de vivacité entre l'attention réflexe et l'attention dirigée,
approbativité, inertie, apathie, incontinence urinaire par incurie.
Le déficit porte sur les fonctions supérieures de synthèse mentale.
Les souvenirs sont conservés, mais ne sont plus interprétés et ne
donnent plus lieu à des jugements. L'activité d'adaptation aux
situations nouvelles, les fonctions pragmatiques et créatrices sont
abolies. Si les désordres intérieurs de la conduite ont disparu, c'est
sans doute parce qu'ils résultaient de combinaisons mentales deve
nues impossibles, ou plutôt de centres dont l'activité pathologique a
disparu avec eux. H. W.
222. — L. BARRAQUER. — Contribution à l'étude de la physio-
pathologie des lobes frontaux. — R. N.,, LXXII, 2, 1939, p. 160-
164.
Observation chez une fillette de 8 ans d'une hémiparésie gauche
avec une très grande hypotonie musculaire et désorientation après
céphalées et vomissements ; il y a une énorme tumeur du lobe frontal
droit, et le cervelet est normal.
L'auteur signale en outre avoir observé, comme chez le chat après
ablation du lobe frontal, une marche en cercle (coexistant avec la 304 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
désorientation) chez une fillette de 14 ans ayant reçu une blessure
cranio-encéphalique gauche. H. P.
223. — R. M. BRICKNER. — Conscious inability to synthetize
thought in a case of right frontal tumor and lobectomy (Incapacité
consciente de synthèse de pensée dans un cas de tumeur frontale droite
avec lobectomie). — Ar. of N., XLI, 1939, p. 1166-1179.
Observation d'un homme de 40 ans, sur lequel furent effectuées
des épreuves de tests avant et après l'opération d'ablation du lobe
frontal droit atteint de tumeur.
En dehors d'attaques convulsives, le sujet était normal, avec un
niveau élevé d'intelligence (quotient de 1,40 en moyenne), mais se
plaignait par moments de ne pouvoir effectuer un travail intellectuel
de synthèse, en réunissant un ensemble de données (mais aucun test
n'a été établi pour explorer cette capacité, avec emploi simple des
échelles de Binet-Stanford, Arthur, des épreuves de Stenqvist,
Rorschach et Kent-Rosanoff).
L'opération n'amena aucun changement intellectuel.
Comparant ce cas à celui qu'il avait préalablement observé, d'une
double lobectomie frontale avec exagération de l'incapacité synthét
ique, B. envisage comme fonction essentielle du lobe frontal le
processus de coordination et de synthèse de pensées isolément
construites, avec possibilité de réalisation dans chacun des deux
hémisphères. H. P.
224. — G. RYLANDER. — Personality changes after operations of
the frontal lobes (Changements de personnalité après les opérations
sur les lobes frontaux). — Acta Ps. et N., Sup1 XX, in-8°, 327 p.
Copenhague, 1939.
Essai synthétique pour mettre en ordre un ensemble considérable
de faits avec 32 observations nouvelles, des tableaux relatifs aux
résultats des tests d'intelligence et une bibliographie très étendue, et
dont il se dégage qu'à la suite d'ablations frontales ou de destructions
par tumeurs, on observe des modifications nettes d'ordre émotionnel
et volitif, mais avec deux stades : Le trouble primitif est de nature
circulatoire, d'ordre végétatif et associatif ; des effets psychologiques
secondaires en résultent.
La perturbation émotive fait apparaître, tantôt de l'euphorie, et
tantôt de l'inquiétude, selon la constitution, hyperthymique ou
hypothymique, du sujet. Au point de vue intellectuel, les fonctions
associatives courantes sont conservées comme la mémoire et l'atten
tion ; ce sont les fonctions supérieures et complexes qui sont seules
altérées (d'après la comparaison aux tests avec 32 normaux).
Il n'apparaît pas de différence nette suivant que c'est le lobe droit
ou le gauche qui est atteint. H. P.
225. — H. S. SANFORD et H. L. BAIR. — Visual disturbances
associated with tumors of the temporal lobe (Troubles visuels
associés à des tumeurs du lobe temporal). — Ar. of N., XLII, 1939,
p. 21-43.
Étude fondée sur 211 cas de tumeur temporale vérifiée à l'au- NEURO-PATHOLOGIE (APHASIE, APRAXIE, ETC.) 305
topsie. Dans 180 une recherche avait été faite sur le champ visuel des
malades ; il a été observé 66 cas d'hémianopsie homonyme, et 52 d'hé-
mianopsie homonyme en quadrant supérieur (40) ou inférieur (12).
Ce furent les seuls troubles vraiment caractéristiques de la vision ;
toutefois dans 37 cas il y avait inégalité pupillaire, mais avec dilata
tion plus grande aussi souvent du côté de la tumeur (18 cas) qu'à
l'opposé (19 cas) ; les troubles des réactions pupillaires et des mouve
ments oculaires (avec nystagmus dans 9,5 % des cas), la diplopie
{20,4 %), le ptosis se rencontraient souvent.
La présence d'hallucinations visuelles se manifestait chez
■22 malades (avec des formes précises chez 11).
L'intégrité de la vision maculaire dans les hémianopsies est plus
Tare que dans les tumeurs occipitales et le type en quadrant
fréquent.
Les tumeurs affectent le tractus optique homolatéral ou le
faisceau allant du corps genouillé à la calcarine (ou radiation optique)
à son début, faisceau qui a réellement une incurvation antérieure
sous le lobe temporal, comme l'a décrit À. Meyer en 1907, après
Flechsig d'ailleurs, malgré les discussions persistantes à son sujet.
H. P.
226. — L. MARCHAND et R. DUPOUY. — Tumeur cérébrale de
volume considérable. État dépressif léger. Syndrome neurologique
terminal rapide après ictus syncopal unique. — An. Méd.-Ps., XV,
97e an., 1939, p. 634-638.
Une tumeur de la zone temporale, grosse comme une mandarine,
a pu évoluer sans donner lieu aux réactions classiques : céphalées,
vomissements, vertiges, mais en provoquant seulement de la dépres
sion psychique et de l'insomnie. Le premier accident grave fut un
ictus avec retour rapide à l'état normal. Puis apparurent de l'aphasie
sensorielle, de la somnolence. La mort survint 18 jours après l'ictus.
H. W.
227. — L. MARCHAND, G. DEMAY et J. NAUDASCHER. —
Ramollissements cérébraux et cérébelleux multiples et progressifs
chez une femme de 33 ans. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I,
p. 628-634.
De 33 à 36 ans s'aggravent des troubles d'abord passagers puis
permanents, consistant en paralysies de la face, des membres, d'abord
de type hémiplégique, puis paraplégique, et aussi en aphasie et
déchéance intellectuelle. Les épreuves sérologiques ne donnent aucun
résultat, non plus que le traitement par l'arsenic-bismuth. L'autopsie
révèle des foyers multiples de ramollissement consécutifs à des
thromboses sans lésions vasculaires. H. W.
228. — J. A. BARRÉ, KABAKER, PERNOT et LEDOUX. —
Tumeur du corps calleux. — R. N., LXXI, 4, 1939, p. 389-410.
Un homme de 38 ans devient apathique, lent, fatigable, a quelques
céphalées, un tremblement fin des extrémités, des troubles d'équili
bration sans troubles vestibulaires (tendance à tomber en arrière,
comme par inattention), du gâtisme.
l'awêe psychologique, xl 20 306 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II s'agissait d'une tumeur du corps calleux intéressant les neuf
dixièmes de celui-ci (la partie intacte étant limitée à la zone terminale-
de la partie réfléchie du bourrelet où passent probablement les
connexions visuelles) . -,
II n'y avait pas d'apraxie dans ce cas, contrairement aux inter
prétations d'apraxies par interruptions calleuses. Et, dans un cas
de Dejerine où était justement détruite la partie restée intacte dans
celui-ci, il n'y avait pas non plus d'apraxie. H. P.
229. — A. JENTZER. — Les tumeurs du troisième ventricule. —
Ar. Su. de Neur., XLIV, 2, 1939, p. 256-287.
Revue d'ensemble qui résume l'état actuel des connaissances
médicales sur la nature, la classification, le diagnostic et le traitement
des tumeurs du troisième ventricule. Cette affection, dont la Sympto
matologie clinique est pauvre, insuffisante ou trompeuse, est dia
gnostiquée maintenant avec une assez grande certitude, surtout grâce
à l'encéphalographie et la ventriculographie. Le traitement est radio-
thérapique ou chirurgical ou mixte. D. W.
230. — J. M. NIELSEN et R. B. RANEY. — Recovery from Aphasia
Studied in cases Of lobectomy (Récupération après aphasie dans
des cas de lobectomie). — Ar. of N., XLII, 2, 1939, p. 189-200.
Relation de 4 cas ; dans 3, il y eut lobectomie chirurgicale du lobe
temporal (2 fois du gauche, 1 fois du droit) ; dans un dernier cas,
la destruction clinique du lobe temporal gauche résultait d'une
thrombose de l'artère basilaire.
Les observations, très sommaires, indiquent que les troubles du
langage (compréhension, expression, lecture, écriture, calcul), de-
type classique, étaient plutôt moindres après la suppression totale
du lobe temporal gauche qu'on ne les décrit dans les lésions de ce
lobe.
Dans le cas de l'ablation du lobe droit chez un polyglotte, quelques-
troubles dans la capacité de calculer en certaines langues se seraient
manifestés. H. P.
231. — TH. ALAJOUANINE, A. OMBREDANE et MARG.
DURAND. — Le syndrome de désintégration phonétique dans
l'aphasie. — In-8° de 138 pages. Paris, Masson, 1939.
Après une introduction générale sur le problème de l'aphasie en
relation avec des troubles d'articulation, les auteurs relatent une
série de 4 observations ayant fait l'objet d'un examen approfondi,
en particulier au point de vue phonétique, et qui permettent, dans
le cadre des troubles aphasiques, qui ne peuvent être unifiés à l'opposé
de ce que certains avaient cru, à la suite de la critique de Pierre Marie,
de délimiter un syndrome bien défini et individualisable, le syndrome-
de « désintégration phonétique », dans lequel domine une altération
de l'expression orale portant sur la possibilité d'émission de certains
phonèmes et sur celle d'enchaînement de phonèmes dans de&
elocutions.
Les altérations phonétiques se ramènent à des processus para
lytiques (insuffisance du souffle, faiblesse articulatoire) , des processus NEURO-PATHOLOGIE (APHASIE, APRAXIE, ETC.) 3Ö7
dystoniques {articulations excessives et persistantes manifestant de
l'hypertonie, de la rigidité) -, des processus apraxiques enfin, limités à
la région faciale et englobant les gestes du langage.
Des trois catégories de processus l'une ou l'autre peut dominer
suivant les cas, cela se manifestant déjà dans le petit nombre de
sujets observés (et dont aucun n'a été l'objet d'un examen anato-
mique corrélatif).
Dans un des cas, l'expression orale est seule fortement atteinte,
alors que l'expression écrite est parfaitement correcte, ce qui met en
évidence, par dissociation nette, l'individualité du syndrome, dont les
altérations se rapprochent des insuffisances de la phonétique puérile
qu'avait spécialement étudiée l'un des auteurs, Ombredane.
H. P.
232. — G. FBRDIÈRE. — Étude du dessin chez un aphasique : ne
permet-elle pas de parler de « réalisme intellectuel » ou d'hypo-
praxie constructive. — An. Méd.-Ps., XV, 5, 97e an., 1939, I,
p. 265-284.
Dans les dessins d'un homme de 42 ans ayant présenté quelques
ictus et atteint d'aphasie de Wernicke, sans agraphie, alexie ni
agnoso-apraxie, l'A. constate les différents traits que Luquet a
décrits à propos de l'enfant sous le nom de « réalisme intellectuel ».
H. W.
233. — BESSIÈRE et G. DESHAIES. — Syndrome aphaso-agnoso-
apraxique temporaire chez un homme de 35 ans. — An. Méd.-Ps.,
XV, 97e an., 1939, I, p. 642-648.
Aphasie de 3 semaines ayant d'abord été recouverte par un état
de confusion et s'étant dissipée après avoir pris l'aspect d'une aphasie
classique et chronique. Éliminant l'hypothèse d'une lésion en foyer,
d'un choc émotif, d'une infection aiguë, d'une artériosclérose, d'une
encéphalite épidémique, d'une tumeur cérébrale, d'une sclérose en
plaque, rien ne justifiant de pareils diagnostics, les A. croient à une
intoxication exo et endogène, chez un dégénéré, sujet à des migraines.
H. W.
234. — W. MARSHALL et J. H. FERGUSON. — Hereditary word-
blindness as a defect of selective association (Cécité verbale
héréditaire comme défaut d'association sélective). — J. of n. and
m. D., LXXXIX, 1939, p. 164-173.
Les auteurs ont eu à traiter un jeune étudiant, de 19 ans, pour les
difficultés qu'il ne cessait d'éprouver, au point de vue de l'ortho
graphe et de la mémoire de ses lectures.
Il avait eu beaucoup de mal à apprendre à lire, et à calculer, et
avait complètement échoué en algèbre. Il ne parvient pas à retenir
l'image visuelle des mots. Sa mère et sa grand'mère maternelle
avaient présenté la même difficulté à apprendre à lire qui caractérise
l'alexie congénitale.
Le sujet, de bonne intelligence, avec une mémoire satisfaisante
sous diverses formes, est psychiquement normal. 308 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
II a été soumis à des séries de tests, en particulier à ceux de Head
pour les aphasiques.
Le fait caractéristique est la difficulté de la reconnaissance visuelle
des graphies, l'incertitude vis-à-vis des mots lus tant qu'ils n'ont pas
été entendus.
Le défaut réside dans cette association sélective qu'est la symbo-
lisation au stade supérieur de l'intégration visuelle dans le cortex
(après les stades de perception et de reconnaissance).
On peut regretter que les auteurs n'aient pas introduit dans leur
recherche analytique de tests de mémoire visuelle concrète, afia
d'éliminer avec plus de certitude un trouble que l'on pourrait imagi
ner plus général, et d'ordre mnémonique. H. P.
235. — J. DELAY. — L'asymbolie tactile. — J. de Ps., XXXV,
1938, p. 446-456.
Étude d'un cas d'asymbolie tactile, variété très rare de l'asté-
réognosie, mais particulièrement intéressante au point de vue psychol
ogique. Le malade ne présentait aucun trouble des analyseurs
tactiles, ni des cinq sensibilités élémentaires, ni des perceptions
différentielles d'intensité et d'extensité. Ce qui est troublé dans
l'asymbolie tactile, ce n'est pas la simple différenciation des objets,
mais leur reconnaissance spécifique. Elle se distingue donc de
l'agnosie perceptive ou amorphognosie. C'est, non un trouble de la
synthèse, de la médiate, mais de la reconnaissance
immédiate ; non une perte de la reconnaissance, mais un changement
radical dans le processus de une agnosie sémantique.
Ce n'est pas une manifestation secondaire de l'aphasie. Il doit exister
des centres gnosiques spécialisés bilatéraux, malgré la prépondérance
de celui de l'hémisphère gauche. Leur localisation présente des
analogies avec ce qu'on sait des centres praxiques. G. -H. L.
236. — L. HALPERN. — Monoplegie der Finger und taktile Agnosie
(Monoplégie des doigts et agnosie tactile). — Ar. Su. de Neur..
XLIV, 1, 1939, p. 35-42.
Deux sujets jeunes ont présenté à la suite de troubles circulatoires
(hypertension maligne chez l'un, polycythémie chez l'autre) une
diminution de la force dans les doigts de la main droite et une agnosie
tactile du même côté (incapacité de reconnaître les objets usuels par
palpation à la main droite, alors que la reconnaissance avait bien lieu
par palpation de la main gauche). Ces troubles sont attribués à un
ramollissement probable et strictement localisé de l'écorce cérébrale,
conséquence lui-même d'une obstruction probable des vaisseaux
sanguins faisant partie de l'artère rolandique. D. W.
237. — F. TERRIEN. — La cécité d'origine émotive. — J. des
Praticiens, LUI, 1939, p. 769-773.
Le choc émotionnel peut, en troublant brusquement la circulation
ou l'innervation oculaire, déclencher une atteinte organique latente,
ou bien il» peut susciter une cécité psychique avec état organique
normal.
L'attaque de glaucome aigu est le type le plus net de cécité NEURO-PATHOLOGIE (APHASIE, APRAXIE, ETC.) 309
organique survenant sous l'effet d'une émotion, avec la dilatation
pupillaire, les douleurs intenses d'hypertonie et les troubles acces
soires, nausées et vomissements.
Les lésions centrales intéressent les deux yeux (cécité verbale,
hémianopsie, etc.) ; les lésions périphériques ne portent en général
que sur un œil et tiennent à des spasmes ou à des altérations vas-
culaires de la rétine. H. P.
238. — L. LONGHI. — La deviazione délia marcia negli emianopsici
(La déviation de la marche chez les hémianopsiques ) . — Riv. sp.
di Fr., LXIII, 1, 1939, p. 5-37.
Dans trois cas d'hémianopsie par atteinte occipitale probable,
sans autres troubles, l'auteur a constaté, au cours de la marche les
yeux fermés, une déviation du côté hémianopsique, du côté de la lésion
cérébrale (à l'opposé du champ aveugle, par conséquent). Il rapproche
ces faits de ceux dans lesquels une lésion cérébrale entraîne une
déviation de marche du côté opposé à la lésion (déviation qui, à
l'opposé de la précédente, n'est pas corrigée quand le sujet ouvre
les yeux).
Cela ne permet pas d'admettre l'explication de Stenvers pour la
déviation par suite de lésions, à savoir le défaut de données normale
ment fournies aux centres régulateurs frontaux par les centres
visuels. H. P.
239. — A. M. MEERLOO. — Die diagnostische Bedeutung des
optokinetischen Nachnystagmus bei Commotio cerebri und anderen
diencephalen Störungen (Valeur diagnostique du nystagmus pro
voqué par des stimuli optokinétiques dans les cas de commotion
cérébrale et autres troubles diencéphaliques) . — Ar. Su. de Neur.,
XLIV, 2, 1939, p. 295.
Ayant subi lui-même deux commotions cérébrales, l'A. a observé
la persistance de certains troubles particuliers : vertiges et céphalées
à la suite d'une fatigue visuelle ou d'une excitation vestibulaire.
Un moyen objectif de contrôle est proposé sous la forme du cylindre
de Stenvers. La rotation du cylindre dont l'aire latérale est recouverte
de stries verticales, alternativement noires et blanches, fait appar
aître, chez les sujets atteints, un nystagmus horizontal. L'examen
de plusieurs malades a montré que certains commotionnés, bien qu'ils
ne se plaignissent d'aucun trouble subjectif, supportaient mal cette
épreuve et ils présentaient un nystagmus horizontal consécutif à la
rotation du cylindre. Par contre, d'autres malades, pourvus abon
damment de symptômes subjectifs, ont supporté sans troubles
l'épreuve du Cette épreuve fournirait donc le moyen de
discriminer entre une commotion cérébrale vraie et un traumatisme
psychique. Des résultats positifs (troubles à l'épreuve du cylindre)
ont été observés également dans les encéphalites et après des ponc
tions lombaires. D. W.
240. — G. GUILLAIN et R. MESSIMY. — Les troubles olfactifs
dans la maladie osseuse de Paget. — B. B., CXXX, 17, 1939,
p. 499-501.
On a déjà noté, dans cette affection qui atteint les os de la base

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