Neuro-Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.) - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 270-280

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 270-280
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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Henri Piéron
P. B.
P. G.
G. P.
3° Neuro-Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.)
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 270-280.
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Piéron Henri, B. P., G. P., P. G. 3° Neuro-Pathologie (Aphasie, Apraxie, etc.). In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 270-
280.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6173270 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Dans leurs recherches sur le chat, ils constatent que le réflexe est
aboK après section sous-bulbaire de la moelle. C'est dans la région
ponto-bulbaire que serait élaboré le réflexe, transmis par la moelle
et les voies sympathiques d'innervation des glandes sudoripares.
H. P.
3° Neuro-pathologie, (Aphasie, Apraxie, etc.).
G.-H. MONRAD KROHN. — Technique clinique d'examen complet
du système nerveux. — Edition française par R. Mourgue. Pet.
in-8 de 215 p., Paris, Le François, 1925 (12 fr.).
Le Dr Souques présente, dans une préface, le livre et l'auteur en
termes justement élogieux : « Le Dr G. H. Monrad-Krohn, professeur
à l'Université royale de Christiania, dit-il, a entrepris la tâche difficile
de donner une Technique clinique d'examen complet du système ner
veux, et cette tâche, il l'a magistralement remplie. En insistant avec
raison sur la nécessité de découvrir tous les symptômes présentés par
un malade, il a exposé, dans son livre, et les tests imaginés par les
divers neurologistes et ceux que ses travaux originaux et sa grande
expérience lui ont suggérés. Il a su réunir, dans cet opuscule, à côté
des méthodes employées dans la pratique neurologique courante,
l'examen complémentaire des yeux, des oreilles, des muscles, de
l'état mental, qu'il faut habituellement aller chercher dans des
traités spéciaux. En atteignant pleinement le but qu'il s'était proposé,
M. Monrad-Krohn a comblé une lacune dans l'enseignement clinique
de la séméiologie nerveuse ».
C'est d'après la 2e édition anglaise que le Dr Mourgue a établi la
version française,. revue et augmentée par l'auteur lui-même.
Dans l'appendice on trouve, entre autres, un exposé des tests de
Binet-Simon.
H. P.
MAXIME LAIGNEL-LAVASTINE. — Pathologie du Sympathique.
In-8, 1080 pages. Paris, Alcan, 1924 (relié : 90 fr.).
Laignel-Lavastine n'est pas de ceux qui s'intéressent au sympat
hique parce que c'est la mode. Il a été des premiers à s'occuper
activement de l'anatomie et de la pathologie du système neuro
végétatif, et consacrait déjà sa thèse au plexus solaire.
Il n'a jamais perdu de vue cette question dont l'importance est
aujourd'hui passée au premier plan, en particulier sous l'influence
de l'expérience pathologique de la guerre; il a noté au passage tout
ce qui, dans les travaux publiés en tous pays, pouvait concerner son
sujet, en sorte que la copie de ses fiches a donné une bibliographie
énorme, remplissant près de 250 pages pour les travaux parus de
1903 à 1923 !
■ Utilisant sa documentation considérable, et ses travaux personnels,
l'auteur, dans cet « essai d'anatomo-physio-pathologie clinique » a ANAT0M0-PHYSI0L0G1E NEHVEUSE. NECROLOGIE 27t
mis sur pied une monographie dont sauront gré à l'auteur, dit dans
sa préface le doyen Roger, « anatomistes, physiologistes, expériment
ateurs et cliniciens », et, l'on peut ajouter, psychologues en raison de
l'importance de la vie émotionnelle qui relève du sympathique, et
des influences humorales qui s'exercent en très grande partie par
l'intermédiaire du système neuro-végétatif.
La première partie de l'ouvrage traite de l'anatomie normale et
pathologique, la deuxième concerne la physiologie et les perturbat
ions fonctionnelles, la troisième les syndromes cliniques (tégumen-
taires, musculaires, ostéo -articulaires, nerveux, circulatoires, respi
ratoires, digestifs, urinaires, endocriniens, trophiques).
En dehors de quelques syndromes d'origine émotive (l'ictère par
exemple), c'est dans les cérébraux'(où figurent l'euphorie,
la mélancolie, l'angoisse, etc.), et dans les syndromes génitaux que le
psychologue trouvera les données les plus intéressantes pour lui.
D'une manière générale l'ouvrage de Laignel- Lavas tine sera
consulté avec fruit. On n'y trouvera pas un exposé synthétique systé
matisé , un véritable traité du sympathique ; très honnêtement l'au
teur fournit au lecteur les résumés, clairement classés, de ses lectures
ou de ses observations ; il ne choisit pas, n'élimine pas, ne discute
guère. Il donne un arsenal de faits extrêmement riche et par là pré
cieux.
H. P.
S.-I. FRANZ. — Conceptions o! cerebral functions [Les conceptions
des fonctions cérébrales). — (Ps. Rev., XXX, 6, 1923, p. 438-446.
Les faits récents, en particulier les substitutions fonctionnelles
observées dans l'hémiplégie et dans l'aphasie, rendent difficile à
maintenir la théorie des localisations cérébrales. F. pense qu'au
point de vue pratique, il est plus utile de revenir aujourd'hui à la
théorie de Flourens, qui considérait les opérations mentales comme
impliquant l'activité globale du cerveau tout entier.
G. P.
EUGENE GELMA. — Le psycho-diagnostic de localisation des
tumeurs du cerveau. — Strasbourg médical, 82, 2, 19 janvier 1924.
L'auteur cherche dans la nature des troubles psychiques accom
pagnant les tumeurs cérébrales des signes de localisation de la tu
meur, en dehors des troubles sensori-moteurs, qui font défaut dans
l'atteinte des zones dites muettes.
En dehors des symptômes communs (obnubilation intellectuelle
plus ou moins marquée, puérilisme parfois, et aspect de démence
paralytique en certains cas), il y aurait bien une Symptomatologie
spécifique de sièges de tumeurs : pour l'atteinte du corps
calleux, Raymond avait décrit un syndrome fait d'incohérence, de
bizarrerie, d'amnésie et d'irritabilité ; en outre, dans les tumeurs
de cette zone, on note le plus souvent l'apathie, l'endormissement
invincible, l'indifférence affective, plus rarement l'apraxie, la confu
sion et la démence. 272; analyses: bibliographiques
Les tumeurs frontales peuvent être muettes ; le plus souvent il>' y
a des troubles psychiques, déchéance intellectuelle, ou perturbations
d>u> caractère (irascibilité), ou perversion, ou enfin excitation euphor
ique,, symptôme classique désigné sous le nom de « moria ».
Dass les tumeurs pariéte-temporales, iijpeut y avoir affaiblissement
mental avec des agnosies tactiles ou aphasies-, sensorielles sel'on ta
région;. touchée' '; dans les tumeurs occipitales, la eonlusiow, les délires
souvent furieux, le» haltacinations; visuelles, prodrome- par-fois dte>
crises cönvulsives, coos-tittuent ua tableau; clinique habituel*.
Tqös ces troubles seraient dforigine méeaniqu?e o*r toxique1, et
l'auteur pense: que l'exameni psychiatrique peut fournir des signes:
d» Localisation). Mais il faut reconnaître que, à la différence dessines
sensoci-moteurs, ces syndromes ont peu de précision.
H. P.
KURT GOLDSTEIN. — Die Funktionen des Frontalîappens {Les
fonctions du lobe f'rantut). — Medizinische Klinik,. 29, 28 et 29 \
15 et -221 juillet 1923.
Dans les- lésions du lobe frontal, il y a trois- groupes de1 symptômes-
qui prennent une valeur localisatrice particulièrement importante-
en cas de tumeurs, facilement opérables quand leur siège est biea
établi.
Le premier concerne la coordination motrice, d'où des ressemblances
avec les syndromes cérébelleux : c'est une sorte d'ataxie, arvec incer
titude dans l'exécution dès mouvements de la tête,, des yeux,, du
tronc, les actes consistant à s'asseoir, se lever, marcher, dans
les gestes; des membres, avec déviation de la marche, ralentissement
des temps de réaction, erreurs d'appréciation des: poids et des' dimens
ions»
Les symptômes sont croisés et seraient dûs à une défaillance dvt
contrôle inhibiteur que le cortex frontal exercerait normalement sur
le cervelet et sur le; labyrinthe hétérolatéral («Lont on constate l'hy-
perexcitabilité calorique).
Le second groupe a trait à des troubles dans l'initiative motrice,
limités souvent à une moitié du. corps, parfois à une fonction,, verbale,
graphique,, mimique, avec en outre, de l'hypertonie, des rires- et pleurs
spasmodiques, des tremblements même, comme dans les syndromes
opto-striés (par lésion des voies de conduction poxito-thalamiques).
Enfin les teojubles psy chiques forment le troisième- groupe de1
symptômes localisateurs; Ces troubles- pourraient facilement passer'
inaperçus, et impliqueraient un déficit, non dans, les opérations-
simples et. habituels qui seraient plutôt facilitées et accélérées,
comme, par disparition* d'un mécanisme1 de contrôle, mais; dans tes
réaetibns complexes exigeant une prise de conscience d^ensemèfe
d'une situation; avec processus iiiéatoires, affectifs et rolontairesv,
Oa observecaife un contraste marqué entre la brièveté des. temps d&
réactMn; simple' et: la longueur dies temps die choix, une- attention à
caractères pa=radoxau?x, une bonne mémoire1 ancienne avee' impossi1-
bilité dt'éivocatijon opportene.1 des souvenirs; utiles, Time faatiooï facile ■
de chiffres, de mots, et une incapacité d'acquérir de noiawlifes coramisr- ANATOMO- PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 273
sances ; un état général d'indifférences avec parfois des manifestat
ions affectives inadaptées ; une inadptation des actes et gestes aux
situations nouvelles ou modifiées comme chez un apraxique idéatoire ;
un changement de caractère, avec oubli des convenances et abus des
plaisanteries -, une apparence dans les cas graves d'un déficit mental
bien plus important qu'il n'existe en réalité.
Dans ce groupe, comme dans les autres, à côté de symptômes
directs de déficit, il y aurait des troubles indirects dûs à la libération
de l'ensemble du cortex, qui subirait un contrôle inhibiteur du lobe
frontal, tout comme les ganglions de base et l'appareil cérébello-
vestibulaire.
Le lobe frontal serait en somme un organe d'orientation et de direc
tion, maintenant les attitudes, les mouvements, les processus men
taux dans la direction des buts à atteindre.
H. P.
PIERRE MARIE, H. BOUTTIER et L. VAN BOGAERT. — Sur
un cas de tumeur prélrontale droite. Troubles de l'orientation dans
l'espace. — R. N., XXXI (II), 3, 1924, p. 209-221.
Sur les indications fournies par le syndrome mental, une tumeur
cérébrale, évoluant depuis 17 ans chez un musicien de 57 ans, fut
localisée dans la région préfrontale droite, et l'opération permit de
vérifier cette localisation par l'ablation de la tumeur. En outre de la
torpeur, entrecoupée d'excitations euphoriques, de la « moria », du
besoin de faire de l'esprit, de l'altération du sens moral, des troubles
de la mémoire, qui constituent le syndrome préfrontal classique, les
auteurs ont noté une agnosie tactile, une asymbolie (perte de la recon
naissance synthétique avec description exacte des formes et qualités
des objets), et surtout le syndrome de désorientation spatiale déjà
décrit par Pierre Marie et qui fut d'un grand secours pour le diagnost
ic de localisation :
Le malade se perdait le soir dans sa maison et dans sa rue, et
aussi dans le Métro, dans les couloirs souterrains du théâtre où il
allait jouer, comme musicien. Or les fonctions spatiales élémentaires
étaient très bien conservées, les mouvements oculaires, les fonctions
labyrinthiques n'ont subi aucune atteinte, la localisation auditive,
la vision du relief, la perception des distances sont correctes ; pas de
heurts contre les obstacles, par d'erreur dans les épreuves du sens
géométrique de Van Wœrkom, pas d'erreur dans les exécutions de
mouvement du type de la « plano-topo-kinésie », pas d'aphasie d'au
cune sorte.
Le trouble d'orientation « porte sur la faculté d'apprécier le dépla
cement en fonction d'une direction suivie ou à suivre, et en l'absence
de données visuelles de régulation suffisantes ». C'est « l'intégration
des perceptions kinesthésiques successives ou la notion dynamique
de déplacement » qui est troublée.
En somme on pourrait dire que c'est une forme kinesthésique de
pensée spatiale qui est touchée dans ce syndrome théoriquement
fort intéressant, mais aussi pratiquement important comme les au
teurs viennent de le montrer. H. P.
l'année psychologique, xxv. 18 274 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
JEAN CAMUS. — Régulation des fonctions psychiques. Troubles;
mentaux par lésions extra-corticales. — Paris Médical, XIV, 42,
1924.
L'auteur a insisté à plusieurs reprises sur le rôle psychique des
centres sous-corticaux, et sur l'existence de troubles mentaux d'ori
gine extra-corticale. Dans cette étude, il a réuni une série de faits
nouveaux observés de divers côtés et venant à l'appui de sa concep
tion (encéphalites épidémiques, tumeurs du cervelet, de l'hypo
physe, etc.). H. P.
E. KIRSCHENBERG. — Un cas d'atteinte de la sensibilité corticale.
— Fol. N. Est., II, 2, 1924, p. 180-182.
A la suite d'un traumatisme de la région pariétale droite du crâne,
avec enfoncement osseux, on trouve une hémi-anesthésie incomplète
(portant surtout sur la douleur et la température, avec intégrité du
tact et de la sensibilité profonde, mais localisation moins précise).
Ce qui est à noter dans cette hémianesthésie (dont l'origine exclu
sivement corticale est seulement supposée par l'auteur), c'est qu'elle
respecte un certain nombre de régions : l'aile du nez et le coin de la
bouche sur le visage, la moitié radiale de l'avant-bras, y compris le
pouce et la moitié de l'index, la région tibiale de la jambe et du pied,
y compris le gros orteil et la moitié du second orteil. Sur la tête
l'anesthésie gauche empiète sur le côté droit. Ce cas est identique à
un cas de Bruno Fischer, au point de vue de la distribution, ce qui
paraît à l'auteur favoriser la conception d'une répartition « phylo-
génétique » de la sensibilité corticale. Mais il faudrait connaître les
lésions réelles dans de tels cas, qui sont exceptionnels.
H. P.
ANDRÉ LÉ VI. — Le caractère visuel des auras et des équivalents
épileptiques dans les lésions occipitales. — (Soc. d'Opht. de Paris,
29 mai 1924). Presse médicale, 18 juin 1924, p. 535-536.
Dans les blessures occipitales, aux éblouissements des traumatismes
céphaliques, s'ajoutent des phosphènes, des obscurcissements, un
flou subit des contours d'objets, des « escamotages » visuels. Quand
il y a des crises comitiales elles s'associent généralement à des auras
d'ordre visuel : phosphènes, hallucinations, souvent limitées à la
partie aveugle du champ, ou étendues au champ entier.
Des sensations visuelles anormales peuvent même constituer
toutes les manifestations épileptiques chez les blessés occipitaux.
H. P.
ADHEMAR GELB. — Ueber eine eigenartige Sehstörung (Dysmor-
phopsie) in Folge von Gesichtsfeldeinengung (Sur un trouble visuel
particulier, consécutif à un rétrécissement du champ visuel). — Ps.
For., IV, 1923, p. 42-63.
Cette étude est la neuvième des Analyses psychologiques de troubles ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 275
consécutifs à des lésions cérébrales publiées par Gelb et Goldstein.
Elle porte sur trois cas de Dysmorphopsie d'origine corticale. Les
sujets, qui présentent un rétrécissement plus ou moins considérable
du champ visuel, voient les objets déformés à partir d'une certaine
distance ; ceux-ci paraissent moins larges sans que leur hauteur ait
diminué : un cercle paraît une ellipse à grand axe vertical. En vision
monoculaire, la déformation n'a lieu que pour le côté de l'objet co
rrespondant à l'œil ouvert : tout se passe, en vision binoculaire,
comme si la moitié temporale du champ (correspondant à la moitié
nasale de chaque rétine), était prépondérante. Quoique la déformat
ion augmente avec la distance, elle ne dépend pas de l'angle sidus
lequel l'objet est vu. Il s'agit d'un trouble cérébral et non pas réti-
nienrSi on présente plusieurs objets, par exemple, deux carrés séparés
par un intervalle, dans le sens horizontal, de même grandeur que le
côté du carré, et que le malade considère successivement les deux
figures, il les voit comme deux rectangles plus hauts que larges et
chacun lui paraît séparé de l'autre (qu'il voit mal) par un intervalle
plus large que le rectangle lui-même ; mais, s'il porte son attention
sur cet intervalle lui-même, il lui paraît à son tour plus étroit que
chacune des deux figures. En somme les figures se contractent de
telle sorte que leurs bords tendent vers une verticale médiane pas
sant par le point fixé. Parfois cette contraction donne au sujet l'im
pression d'un mouvement. Dans certains cas, on pouvait constater
chez l'un des sujets, sous l'influence de la fatigue, un rétrécissement
rapide du champ visuel tout entier. Si on lui fait fixer une assiette, à
cause de son hémianopsie, il ne voit que la moitié gauche ; peu à peu
le bord gauche se rapproche, l'assiette devient un demi-ovale. La
réduction ne porte que sur les objets auxquels le sujet devient attentif.
Elle va de pair avec un abaissement du niveau fonctionnel de tout
l'appareil visuel (perception des couleurs, acuité visuelle).
P. G.
R0NC0RONI. — Le basi anatomiche dell' aprassia {Les bases ana-
tomiques de Vapraxie). — Riv. sp. di Fr., 48, 3-4, 1924, p. 637-665.
L'auteur fait une revue générale des cas publiés d'anatomo -pathol
ogie cérébrale de l'apraxie. D'après lui 1' « eupraxie », l'exécution
correcte d'actes envisagés comme des réflexes, est fondée sur un arc
qui comprend toute une série de voies et de stations, réceptrices,
associatives et motrices, en sorte que l'atteinte, localisée ou diffuse,
de l'arc en des points variables, peut se traduire par un syndrome
apraxique. Les phénomènes de diaschise peuvent rendre compte
d'apraxies survenant sans lésion directe de l'arc « eupraxique ».
H. P.
FAURE-BEAULIEU et E. JACQUET. — Alexie pure, reliquat
d'agnosie visuelle. — R. N., XXXI (II), 5, 1924, p. 495-499.
Chez une femme de 60 ans, avec hémiparésie droite, héminanopsie
homonyme droite, l'alexie ou cécité verbale est rigoureusement
pure. La compréhension du langage parlé est parfaite, parole et 276 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
écriture sont correctes, mais la malade n'arrive même pas à se relire.
Au début, en revanche, la malade disait qu'elle ne reconnaissait plus
les objets, prenait son porte-monnaie pour une tabatière, se perdait
dans son quartier.
L'alexie apparaît donc comme un reliquat d'une agnosie visuelle
générale, ayant régressé peu à peu. Au moment de l'examen, la
régression était fort avancée, puisque la lecture des chiffres se faisait
immédiatement, ainsi que celle de l'heure.
Dans la discussion de cette communication à la Société de Neurol
ogie du 6 novembre 1924, Foix fait remarquer qu'il avait observé
aussi la même régression de l'agnosie visuelle vers l'alexie, et il a noté
de la manière, une régression d'une agnosie auditive(les sons
habituels n'étant plus reconnus) en une surdité verbale pure. Il se
demande si, quand l'agnosie prédomine aussi sur le langage, la prédo
minance est réelle ou seulement apparente.
H. P.
SHEPHERD IVORY FRANZ. — Studies in re-education : the
aphasias [Recherches sur la rééducation : les aphasies.) — J. of
Comp. Ps., IV, 4, 1924, p. 349-429.
Les données sur la rééducation des aphasiques sont assez maigres :
S. apporte à cette question une -importante contribution expériment
ale. Il a étudié trois sujets.
Le premier cas est celui d'un soldat qui devient aphasique à 39 ans,
à la suite d'infection syphilitique. Le trouble est à la fois moteur et
sensoriel. Pas d'apraxie ; pas d'écriture spontanée, mais une copie
imparfaite. Sous l'influence de l'éducation, il fait des progrès de la
parole, mais la compréhension de phrases complexes reste difficile
et le sujet ne peut être employé qu'à des besognes très simples.
Dénomination d'objets. — On a formé une collection de 60 objets
ou modèles réduits maniables, dont le sujet ignore les noms ; on les
lui présente les uns après les autres en donnant leur nom, qu'il doit
répéter de son mieux ; s'il se trompe on le corrige. On considère un
nom comme su quand, pendant six jours consécutifs, sept épreuves
sur dix sont correctes. Après des intervalles d'une ou de plusieurs
semaines, on s'assure que le souvenir est conservé ; au besoin, on le
consolide. On trouve de grandes différences de rapidité dans l'acqui
sition des mots (de 7 à 31 jours) sans que la raison en soit bien appar
ente.
Dénomination de couleurs. — Même exercice avec dix papiers
colorés. Cette épreuve montre que certains noms qui reparaissent
très vite n'étaient pas complètement oubliés. Au début le sujet r
épond un peu au hasard, pas tout à fait cependant, puisque les noms
de couleur prédominent, ou sont remplacés par des sons inarticulés qui
leur ressemblent. Il apparaît même un jour un nom de couleur
(orange) qui n'était pas dans la série proposée. Souvent le sujet
reconnaît l'impropriété du nom dont il se sert. La fixation se montre
solide, même si on remplace les teintes primitives par des teintes
voisines.
L^épreuve inverse consiste à choisir parmi les papiers colorés celui AIUT0M0-PHYS10L0GIE NERVEUSE. NEUROLOGIE %11
dont on donne le nom ; on rectifie les erreurs ; la difficulté, considé
rable au début, est surmontée à là fin de la deuxième semaine.
Dénomination de formes. — On se sert d'une série de dix formes
(cercle, croix, étoile, triangle, etc.). On note toujours des inégalités
peu explicables : l'épreuve paraît plus difficile que les précédentes,
peut-être parce qu'elle contenait des noms moins familiers au sujet
avant l'attaque. De légères différences de forme et de grandeur dans
une nouvelle série n'empêchent pas l'identification.
Ecriture. — II apprend à écrire son nom, puis les lettres de l'alpha
bet dans leur ordre naturel. On note le temps et le nombre des lettres
correctes et incorrectes. Dans la copie de courtes phrases, on note
une diminution du temps, une liaison de plus en plus marquée des
groupes de lettres.
Les cas des deux autres sujets ressemblent beaucoup au premier.
L'allure générale de la rééducation est la même. Sans décrire à nou
veau les épreuves, notons quelques remarques intéressantes.
Le second sujet n'avait eu dans sa jeunesse qu'une instruction
sommaire et paraissait peu intelligent. En dépit de grandes irrégul
arités, il fait des progrès de plus en plus sensibles.« Il apprenait à
apprendre ». Dans les épreuves de mémoire, la fixation était bonne.
Il procède par essais et erreurs ; les mots sont connus avant d'être
appliqués correctement ; les réponses correctes sont d'abord acci
dentelles (puisque à ce moment le même nom est aussi appliqué à
d'autres objets ou couleurs). De même dans la rééducation motrice il
y a deux degrés : production des mouvements, et production volont
aire, à-propos, de ces mêmes mouvements. Il y a beaucoup moins de
difficulté pour répéter les noms d'objets que pour répéter les noms
de couleurs. Certains noms déjà sus subissent une période d'éclipsé
avant d'être définitivement fixés. La lecture de lettres donne l'im
pression d'une reviviscence d'anciens souvenirs incomplètement
effacés.
Le dernier cas est celui d'un sujet dont l'aphasie motrice est
presque complète. La rééducation ne porte pas sur la parole, mais sur
les associations des symboles aux choses (association de noms, vus
ou entendus, avec les objets, de noms imprimés des couleurs avec les
couleurs). Ici encore certaines épreuves donnent l'impression, non
d'une véritable réacquisition de souvenirs complètement perdus,
mais d'une simple inhibition vaincue. La rééducation a commencé
dans ce cas à 37 ans, soit 11 ans après le début de la maladie. P. G.
NOICA. — L'imagination chez les aphasiques. — B. B., 91, 1924,
p. 747-748.
D'après les observations comparatives de l'auteur, l'aphasique
sensoriel aurait perdu l'imagination représentative, qui serait con
servée chez l'aphasique moteur : En donnant au premier un archet
et un violon, il sait s'en servir ; en lui aussitôt après deux
morceaux de bois devant faire office d'archet et de violon, il ne
pouvait s'imaginer leur usage. Ce serait un effet de la perte du pou
voir d'évocation visuelle des objets connus.
Ces faits nécessiteraient une analyse expérimentale plus fine.
H. P. 278 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
NOIGA. — Le baiser chez les aphasiques. — B. B., 91, 1924, p. 1356-
1358.
Il est des aphasiques qui ne peuvent, ni baiser la main, ni faire le
geste d'envoyer un baiser, ou qui sont incapables d'exécuter le second
seulement de ces actes, d'autres qui exécutent l'un et l'autre. Les
jeunes enfants apprennent à donner un baiser avant d'être capables
de faire le geste de l'envoi d'un baiser. La régression ou le retour de
ces actes chez les aphasiques se fait en fonction de cet ordre primitif :
La double incapacité accompagne toujours au début l'ictus hémi
plégique droit comportant l'aphasie.
L'aphasique moteur a oublié les mouvements nécessaires, l'apha
sique sensoriel ne sait plus comment on fait et rapprend difficilement.
En réalité, dit l'auteur, le baiser n'est pas un geste d'imitation
mais un langage.
Seulement le langage n'est-il pas fait lui-même de gestes d'imi
tation ? H. P.
N. SCALINI. — II glaucoma emotivo {Le glaucome émotif). — II
Morgagni, LXVI, 23, 1924.
L'auteur rapporte l'observation d'une femme de 45 ans qui fut
atteinte à deux reprises de glaucome aigu, chaque fois après une vio
lente émotion, et à deux années de distance.
Le glaucome, qui apparaît comme un syndrome lié à une sensibilité
sympathique excessive, peut avoir une origine émotive par action
combinée des glandes endocrines et du sympathique régissant la
vaso-dilatation oculaire.
H. P.
G.-H. MONRAD-KROHN. — On the dissociation oï voluntary and
emotional innervation in facial paresis of central origin (Sur la
dissociation de V volontaire et émotionnelle dans la paral
ysie faciale d'origine centrale). — Brain, 47, 1, 1924, p. 22-35.
Dans quatre cas de paralysie faciale centrale, l'auteur a constaté,
à côté de là suppression des mouvements volontaires, l'exagération
marquée de la mimique émotionnelle sur les territoires paralysés, ce
qu'il attribue à un phénomène de libération, à la suppression de
l'inhibition pyramidale des appareils d'expression émotive de la
physionomie. Dans un cas qui paraît comporter une lésion lenticu
laire (pallidale), l'inverse est constaté. Le noyau lenticulaire contien
drait le centre d'innervation émotionnelle motrice (en rapport avec le
thalamus comme centre sensoriel de i'arc émotionnel).
De belles photographies illustrent cette intéressante étude.
H. P.
HESNARD. — L'état mental dans le syndrome bradykinétique. —
Journal de Médecine de Bordeaux, 101, 19, 1924.
Ce syndrome qui apparaît dans les séquelles d'encéphalite, com-

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