Neuropathologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 245-257

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 245-257
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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3° Neuropathologie
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 245-257.
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3° Neuropathologie. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 245-257.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1923_num_24_1_4522ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 245
L. GARRELON et D. SANTENOISE. — Système nerveux de la
vie végétative et intoxications. — Réunion biologique neuro-
psychiâtrique, 9 janv., 23. Enc, XVIII, 2, fév. 1923, p. 134.
D'expériences sur animaux il résulte que la vagotonie naturelle
■ou provoquée rend plus sensible à l'action des poisons, sans doute
parce qu'elle active les échanges cellulaires, le système nerveux.
H. W.
3° Neuropathologie (aphasie-apraxie, etc.)
ENRIQUE MOUCHET. — El lenguaje interior y los trastornos
de la palabra (Le langage intérieur et les troubles de la parole). —
In-8 de 290 p., La Plata, 1923.
Le professeur de psychologie de La Faculté des Lettres de Buenos-
Aires et de La Plata, a publié ce livre dans la Bibliotheca Humani-
dades de la Faculté de La Plata.
Dans une première partie, il expose rapidement dans un schéma
évolutif, la constitution de l'esprit et le mécanisme de l'intelligence,
avec les sensations, les images mentales et les mots.
La seconde partie est consacrée au langage intérieur : théories des
principaux auteurs, le langage intérieur des aveugles (avec obser
vations personnelles), les images verbales visuelles, auditives et
motrices (les types, les sourds-muets démutisés avec observations
personnelles), les rapports de l'endophasie et du langage phonét
ique, et les rapports de l'idée et du mot (la parole envisagée comme
façade émergeant d'un grand édifice souterrain, l'idée représentant
une tendance accompagnée des sentiments de compréhension et de
tension nerveuse).
Enfin la troisième partie traite des troubles du langage, classés
et systématisés, avec 7 observations personnelles, dont 5 d'aphas
iques, recueillies dans le service du neurologiste argentin, le pro
fesseur José Estévez.
Un chapitre sur l'évolution des conceptions de l'aphasie, jusqu'à
Pierre Marie inclus, avec une bibliographie de 96 numéros, clôt cette
dernière partie.
H. P.
A. PICK. — Sprachpsychologie und andere Studien zur Aphasie-
lehre (Psychologie du langage et autres études relatives à la théorie
de V aphasie). — Ar. Su. de Neur., XII, 142, 1923, p. 105-135 et
p. 179-200.
Réunion de cinq études sur le langage et l'aphasie.
Dans la première Pick rapproche les formes simplifiées de lan
gage (telles que le « sabir »), étudiées par les linguistes, de celles qui
se rencontrent en pathologie, soulignant l'accord complet montré par
l'étude linguistique avec ses observations sur l'agrammatisme psy
chologique.
La seconde a trait à l'influence qu'exerce sur la pensée l'altération
^pathologique de la représentation « eidétique », et aux rapports de 246 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la pensée et du langage ; le point de départ est fourni par l'observa
tion célèbre de Charcot relative à un homme, né à Vienne, intelligent
et cultivé, sachant trois langues, outre le latin et le grec, et qui,
après atteinte cérébrale, ne peut plus penser en français, bien qu'il>
continue à parler correctement en cette langue, en traduisant les
pensées conçues en espagnol ou en allemand (avec mémoire auditive
lacunaire, perte de la mémoire visuelle des formes et des couleurs, sé
quelles d'alexie).
Cette différence, exagérée pathologiquement, n'est-elle pas en
relation avec un fait général d'une certaine parenté des modes de
pensée et des modes d'expression, ce que de La Grasserie exprime
en disant que « le caractère psychologique d'un peuple est tout diffé
rent, suivant qu'il emploie tel ou tel de ces systèmes linguistiques ».
C'est à l'étape de la « formulation verbale » que la forme de la
langue manifeste son influence ; dans le cas de Charcot, c'est, en
dépit de son emploi courant, dans la langue la dernière apprise, que
se manifeste la perturbation partielle de formulation, mais la per
turbation est rattachée au caractère « eidétique .•» au sens de Jaensch
du malade.
En tout cas, Pick insiste avec raison sur l'importance d'une dis
sociation aussi marquée entre la pensée verbale (abolie) et la maît
rise de la langue (entièrement conservée), dans des conditions telles
qu'avec l'aide des autres langues pour la formulation, le trouble pa
thologique peut passer complètement inaperçu.
Il conclut, très justement aussi, à une nécessité de recherches plus
fines sur les troubles pathologiques du langage, comme d'ailleurs
sur les lésions microscopiques qui les conditionnent.
Dans le troisième chapitre sont envisagées les altérations dans le
caractère du langage qui accompagnent les troubles aphasiques
(prononciation, intonation, rythme) ; le quatrième contient des
remarques préliminaires à une critique des différentes formes d'agram-
matisme du point de vue de la psychologie du langage, avec des
considérations sur le « sentiment de la langue », enfin le dernier traite
de l'automatisme, comparé à l'activité volontaire., dans l'aphasie, les
phénomènes d'expression spontanés se montrant souvent corrects,
alors que la recherche volontaire est infructueuse, et qu'il n'est pas
possible au malade de savoir si son expression spontanée est exacte
ou erronée, divers exemples très nets de ce phénomène étant donnés.
Dans ces intéressantes études, le regretté Pick faisait toujours
preuve d'une curiosité très étendue, — unissant avec fruit les points
de vue linguistique, psychologique et neuropathologique — et d'une
large et précise érudition.
H. P.
W. VAN WOERKOM. — Sur l'état psychique des aphasiques. Essai
d'une analyse psychologique d'un cas d'aphasie dite de Broca. —
Enc, 1923, XVIII, 5, p. 286-305,
Poursuivant sut un nouveau cas d'aphasie de Broca ses analyses
l'A. vérifie par l'emploi de nombreux tests, l'existence des troubles
qu'il avait déjà relevés [J. de Ps., XVIII, n° 8-9), chez oes mal
ades, dans leur sens des relations spatiales. Capables de reconnaître ANAT0M0-PHYSI0L0G1E NERVEUSE. INEUROLOGIE 247
les formes, de percevoir des ensembles même numériques, ils ne
savent plus en ordonner les éléments, en saisir la succession, les
individualiser, ni les analyser parce que les rapports et la simple
notion d'une direction dans l'espace sont comme abolis pour eux.
Pour la connaissance d'opérations mentales qui semblent souvent
des plus élémentaires la portée d'une semblable étude est fonda
mentale.
H. W.
HENRY HEAD. — Speech and Cerebral Localization [Langage et
localisation cérébrale). — Brain, 46, 1923, p. 355-528.
Une moitié environ de l'étude est consacrée à la relation très
complète, en annexe, des 5 observations les plus caractéristiques uti
lisées par l'auteur, observations soigneuses et expérimentalement
appuyées, de cas d'aphasie due à des lésions, par blessure, de régions
cérébrales définies, soigneusement repérées.
L'autre moitié est consacrée à des considérations théoriques génér
ales, sur la nature des fonctions cérébrales, en particulier dans le
comportement verbal, et à une analyse des rapports révélés par les
cas cliniques entre le siège des régions troublées par une lésion et la
nature des perturbations verbales, classées précédemment par l'au
teur en quatre grands groupes (aphasies verbales, syntactiques,
nominales et sémantiques).
Nous pensons que la meilleure manière de donner l'essentiel des
résultats de cette importante étude de Head consiste à reproduire
textuellement le résumé qu'il a lui-même donné :
« (1) La parole et l'emploi du langage dans ses formes les plus
larges, exige l'exécution parfaite et l'interaction d'une série de pro
cessus d'une grande complexité. Acquis durant la vie de l'individu,
le langage est perfectionné par un effort volontaire, et finalement
en vient à comprendre l'exercice régulier de fonctions conscientes,
subconscientes et pleinement automatiques, toutes agissant en
semble, en harmonie.
« (2) Une fois acquise, cette forme de comportement peut être
troublée par tout ce qui brise la précision régulière des processus
physiologiques dont elle dépend.
■« (3) La perte de fonctions résultantes est exprimée en termes
d'acte complet et ne révèle pas les éléments dont celui-ci est composé,
ou à partir desquels il se développe.
« (4) Au groupe de fonctions atteintes dans ces désordres verbaux
de haut degré, j'ai appliqué le terme de « formulation et expression
symboliques ». C'est une désignation purement empirique, choisie
pour signifier que le pouvoir de manipuler des symboles tels que des
mots et des nombres est très profondément affecté.
« (5) Des actes de formulation et d'expression symboliques sont
édifiés à un niveau d'intégration supérieur à celui du mouvement,
et sont d'un ordre supérieur à la vision ou à l'audition. En consé
quence, les manifestations cliniques ne peuvent être classées comme
défauts moteurs, visuels ou auditifs du langage.
« (6) En outre, les faits ne réussissent absolument pas
à confirmer l'assertion que les diverses formes assumées par ces 248 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
désordres dans l'emploi du langage, peuvent être classées en caté
gories distinctes comme défauts de la parole, de la lecture, ou de
l'écriture. Ce sont là des termes purement linguistiques pour diverses
formes de comportement humain et qui ne correspondent pas spéc
ifiquement à des groupes de fonctions psychiques.
« (7) II n'y a pas de « centres » pour la parole, la lecture, l'écri
ture, ou d'autres formes de comportement comprises dans l'emploi
normal du langage. D'un autre côté, il y a des zones cérébrales dans
lesquelles une lésion structurale peut engendrer des désordres de la
formulation et de l'expression symboliques. Ceux-ci se manifestent
dans une diminution de la capacité d'employer des mots et des
chiffres de certaines manières et dans certaines conditions définies.
« (8) La forme assumée par une aphasie peut être différente, su
ivant le siège de la lésion. L'atteinte structurale interrompt de di
verses manières la séquence des processus complexes nécessaires au
langage régulier, et produit ainsi diverses manifestations cliniques.
c Si la lésion tombe sur la portion inférieure des circonvolutions
centrales, et les régions avoisinantes, le malade a de la difficulté à
trouver des formes verbales pour exprimer ses pensées. Une atteinte
du lobe temporal, d'autre part, entraîne un rythme désordonné, et
un manque de structure grammaticale ; le langage tend à devenir
un jargon. Une lésion siégeant entre la scissure post-centrale et le
lobe occipital trouble l'appréciation de la signification (meaning), soit
verbale, soit générale. Dans le premier cas, c'est uniquement la va
leur « nominale » des mots qui pâtit ; dans le dernier, le malade
éprouve de la difficulté à trouver la signification ultime des concep
tions logiques évoquées par lui-même, ou présentées à lui oralement,
par écrit ou en dessins.
« (9) Des mécanismes corticaux et subcorticaux participent à
tout acte de langage. Plus profondément une lésion s'étend à partir
de la surface dans la substance cérébrale, plus complets et perma
nents seront les désordres du langage.
« (10) Le caractère plus ou moins aigu de l'attaque a un effet
profond sur la sévérité et la nature des manifestations morbides.
Une petite lésion destructive, survenant soudainement, peut pro
duire une plus grande perte fonctionnelle qu'une autre, de plus
grande étendue, mais plus lentement survenue.
« Si les changements structuraux restent en repos, une réadaptation
fonctionnelle peut survenir, et les signes et symptômes tendent à
diminuer ou à disparaître. Ils pourront reparaître sous l'influence
de la fatigue ou de tout événement abaissant la capacité nerveuse,
comme une attaque épileptiforme ».
Ainsi, d'après les observations de Head, l'aphasie verbale coïncide
avec les lésions de la base des circonvolutions ascendantes et des
régions voisines. Dans un des deux cas utilisés pour cette localisation,
il y a un type d'aphasie motrice presque pure (avec quelque difficulté
pour écrire et des fautes d'orthographe) et une lésion au niveau de
la région de Broca. L'aphasie syn tac tique est due à une lésion tem
porale (3 cas utilisés), deux avec pénétration de projectile dans la
partie supérieure du tiers moyen de la première temporale, un
autre avec blessure du tiers moyen de la deuxième temporale.
Dans l'aphasie nominale (2 cas), on trouve une lésion du gyrus an- ANAT0M0-PHYS10L0G1E NERVEUSE. NEUROLOGIE 249
gulaire et une assez étendue à la limite de la région parié to- temp or o
occipitale. Dans les quatre cas d'aphasie sémantique, il y a des
lésions voisines dans la partie antérieure du gyrus supra marginal
(à droite chez un gaucher), dans le lobule pariétal supérieur.
Les données de Head sont d'un très grand intérêt, mais il n'y a
pas de localisation fine, puisque les lésions sont déterminées par
repérage, chez des blessés vivants.
Les faits cliniques sont très étudiés, certaines conclusions ne
font qu'exprimer les faits. Mais, dans la théorie générale, Head ne
laisse pas de paraître parfois un peu s'aventurer.
Quand il semble réellement nier l'existence de l'aphasie motrice
pure et de la cécité verbale pure, on s'étonne, s'il ne se fie qu'à son
expérience personnelle, très riche d'ailleurs, qu'il n'en ait pas ren
contré de cas, ou qu'il les ait négligés.
Sa classification paraît avoir un caractère provisoire et appeler
des précisions, des divisions plus étroites dans ses cadres généraux.
Enfin, je, pense que l'intervention de mécanismes — • que je consi
dère comme coordinateurs — • plus étroitement localisés, interviennent
dans le dynamisme général des processus complexes du langage» et
que leur atteinte se traduit par des troubles bien définis dans l'inser
tion verbale des données sensorielles ou l'insertion motrice des mé
canismes verbaux.
C'est dans la relation d'une atteinte de la région limite pariéto-
temporo-occipitale avec les troubles de compréhension nominale ou
sémantique que me paraît résider l'intérêt principal des beaux travaux
de Head (les troubles par lésion de la région antérieure ou de la
région temporale correspondant, sous des rubriques différentes, à
des faits classiques). C'est de ce côté aussi que l'analyse est la plus
originale, portant sur les fonctions supérieures du symbolisme.
Malheureusement les données sont peu nombreuses. Il faudrait
une coordination d'analyses cliniques, comme celles de Head, avec
des recherches architectoniques comme celles de Vogt, pour préciser
Ja valeur fonctionnelle de certaines structures dans les dynamismes
cérébraux impliqués par les processus verbo-intellectuels.
H. P.
HENRY HEAD. — A case of acute verbal aphasia followed through
the various stages o! recovery ( Un cas d'aphasie verbale aiguë, suivi
au cours des divers stades de restauration fonctionnelle).. — Ar. Su.
de Neur., XIII, 1-2, 1923 (jubilé Monakow), p. 313-324.
A propos de la notion de « diaschise » de Monakow, faisant inter
venir des répercussions à distance des lésions destructives localisées,
Head expose un cas de ce qu'il a appelé l'aphasie « verbale » et dont
il a suivi la régression, et se livre à quelques considérations générales
intéressantes, sur les problèmes de localisation fonctionnelle.
Il attribue la restauration de fonctions abolies par une lésion céré
brale à trois facteurs :
La guérison des processus pathologiques ; la disparition des effets
de diaschise et le retour de l'activité normale au niveau des jonc
tions synaptiques ; enfin, au terme, l'apparition du processus de
compensation. ■

250 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La disparition de la diaschise peut être suivie étape par étape, ce-
qui révèle le degré de développement relatif des divers processus
fonctionnels : les plus primitifs, inférieurs, généralisés sont les pre
miers à se rétablir, car ils sont peu dépendants du cortex ; les mou
vements adaptés les derniers acquis exigent davantage une repré
sentation dans Técorce, bien que leur mécanisme soit encore sous-
cortical. Avec les fonctions symboliques apparaissent les plus ré
centes et les plus complexes formes d'activité.
Il ne peut y avoir de centres topographiquement distincts pour
le langage, ni même pour des actes comme la lecture ou l'écriture,
actes qui peuvent être empêchés par la lésion de divers territoires
cérébraux, leur kiné tique étant troublée d'une manière ou de l'autre.
Et, dans le langage même, acquis étape par étape, il y a divers n
iveaux ; la dissolution fonctionnelle, qui constitue l'aphasie, permet
de suivre, dans la récupération, ces niveaux.
Toutefois, bien que l'activité du langage ne puisse être attribuée
exclusivement au fonctionnement d'une région définie du cortex,
on ne peut négliger ce fait que les tableaux cliniques diffèrent sui
vant les régions corticales détruites.
L'observation, avec analyse expérimentale très complète, utilisée
pour illustrer ces vues, concerne une aphasie très marquée, consécut
ive à l'ablation d'un endothéliome de la dure-mère, — accompagnée
d'une hémiplégie droite flasque, sans troubles de sensibilité — -, avec
retour rapide des fonctions, et persistance seulement d'une difficulté
à former les mots et à les écrire, trouble qu'on pourrait prendre, dit
Head, pour un simple phénomène anarthrique ; il finit par nepersister
que de légers défauts d'articulation de temps à autre.
H. P.
H. LAIZER. — Les aphasies transcorticales. — Thèse de Stras
bourg, 1922, ;-8.7 p.
Il y a, dans cette thèse, une observation d'aphasie dont voici la
Symptomatologie :
Hémiplégie droite. Parole spontanée nulle, parole répétée cor
recte ; dénomination mauvaise et identification imparfaite des objets ;
exécution oorrecte des ordres entendus ; airs siffles, chant spontané
correct, paroles comprises; lecture des lettres satisfaisante; '
incompréhension des ordres écrits ; écriture spontanée, impossible ;
sous dictée, difficile ; par copie, correcte, mais sans compréhension ;
calcul mental simple possible ,; pas de dessin spontané, mais copie
correcte. Bonne reconnaissance des couleurs. Pas de gestes d'express
ion. Impossibilité d'exécuter des mouvements commandés.
A l'autopsie : néoplasme du lobe temporal gauche, intéressant
l'insula, bavant-mur, les capsules, les noyaux lenticulaire et caudé,
les circonvolutions pariétales, le lobe temporal, l'hippocampe et le-
lobule piriforme.
A propos de cette observation, l'auteur relate la classification de
Goldstein, et résume ses .22 cas, ainsi que 9 autres.
H. P. ANATOMO-PHYSIOLOCTE NERVEUSE. NEUROLOGIE 251
ARDIN-DELTEIL, LEVI-VALENSI et DERRIEN. — Deux cas
d'aphasie. I Aphasie de Broca par lésion de l'hémisphère droit chez
une droitière. H. Aphasie avec hémiplégie droite chez une gau-
chère — R. N., 30 1, 1923, p. 14-24.
Voici deux cas violant la règle d'après laquelle la région cérébrale
du langage se trouve dans l'hémisphère commandant les mouve
ments usuels de la main : une gauchère, ayant appris à écrire de la
main droite, mais écrivant en miroir de la gauche, atteinte d'aphasie
sensorielle, présente une hémiplégie droite qui est la signature d'une
lésion de l'hémisphère gauche. Une droitière est d'un ictus
avec parésie droite sans aphasie, puis d'une hémiplégie gauche avec
aphasie motrice accompagnée de cécité verbale et d'un certain degré
de surdité verbale; elle meurt, et, à l'autopsie, on trouve un hémis
phère gauche indemne, en dehors d'un ramollissement léger du pu-
tamen et de la capsule externe, et un hémisphère droit avec forte
lésion hémorragique de la région lenticulaire de Pierre Marie.
H. P.
P. VERNET et A. MERLAND. — Un cas d'aphasie totale. Suppress
ion de toutes les fonctions symboliques. Apparence démentielle.
Absence d'affaiblissement intellectuel réel. — B. S. cl, 15, 8, 1922,
p. 230-234.
Observation d'une malade après ictus, incapable de s'exprimer
et de comprendre, de mimique inexpressive, d'aspect démentiel,
sauf persistance d'un regard « éloquent ». La parole spontanée fait
défaut, mais certains automatismes peuvent être déclanchés (prière,
cantique chanté, série des chiffres ou des jours de la semaine) ; la
compréhension des ordres simples est nulle, mais certains mots
paraissent compris (elle regarde d'oreiller quand ce mot est prononc
é) ; la cécité verbale est complète, ainsi que l'agraphie, et l'apraxie
elle-même (utilisation impossible des objets les plus usuels): enfin,
si les gestes instinctifs de défense et d'attaque sont conservés, tout
signe d'affirmation, de négation, d'incompréhension est impossible,
la compréhension des gestes fait également défaut.
L'aspect est figé, mais le regard parait expressif. Or,, trois mois
après, la surdité verbale, l'asymbolie ont disparu, l'apraxie a diminué,
les objets sont reconnus, et cette régression des troubles du langage
permet de vérifier que, malgré les apparences, il n'y avait pas d'état
démentiel (les observations faites ne permettant pas d'ailleurs de
préciser le déficit).
H. P.
CROUZON et VALENCE. — Un cas d'alexie pure. — Bulletin et
Mém. de la Soc. médicale des Hôpitaux, 39, 26, 1923, p. 1145-
1149.
Une ingénieur de 55 ans présente une Mmianopsie droite avec:
incapacité de lecture, sans trouble de compréhension du langage,
ni d'expression verbale. Le calcul de têite s'effectue bien, niais les
opérations arithmétiques même élémentaires sont impossibles sur 252 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le papier, les chiffres n'étant pas reconnus ; les lettres sont très
difficilement reconnues, les mots ne le sont pas du tout.
La reconnaissance des dessins simples est bonne, celle des dessins
complexes est défectueuse ; il y a quelques défaillances dans la recon
naissance des objets, ou tout au moins dans l'évocation du nom :
Devant un stylographe, le malade ne trouve pas le mot, mais quand
■on lui donne la première syllabe, le donne aussitôt.
La reproduction du dessin est correcte ; il n'y a pas d'agnosie
proprement dite, ni d'aphasie idéatoire. La mémoire optique est
mauvaise, l'oubli rapide. Au bout de 5 minutes, la reproduction d'un
dessin vu devient impossible. Il y a quelque peine à réciter les mois
à rebours.
Les auteurs attribuent à une thromboartérite spécifique dans
le territoire de la cérébrale postérieure gauche (atteinte des lobules
lingual et fusiforme avec pénétration dans le lobe temporo-occipital,
suivant la conception de Pierre Marie) cette alexie pure, qu'ils
considèrent comme exceptionnelle.
En fait, c'est un syndrome répondant à la description classique de
la cécité verbale pure, avec toutefois quelques troubles supplément
aires.
Tous les processus constatés paraissent pouvoir se rattacher à la
rupture plus ou moins complète des évocations verbales par les per
ceptions visuelles.
La reconnaissance des dessins complexes est mauvaise, disent les
auteurs, parce qu'une petite fille sous la neige est désignée comme
■un « bateau », mais des erreurs se constatent dans la désignation
verbale des objets alors que le maniement correct montre qu'il n'y
a pas d'agnosie ; de même la désignation des couleurs est souvent
défectueuse et sujette à erreurs ; mais les couleurs sont correctement
reconnues car elles sont maniées de façon exacte ; ainsi les couleurs
formant le drapeau trouvées et rangées sans erreur.
Il y a donc, semble- t-il, outre la cécité verbale classique, une cer
taine aphasie optique (dont on connaît des exemples isolés). Et cela
montre une fois de plus la possibilité dans les associations sensori-
verbales de perturbations limitées, pouvant se combiner de façons très
variées (la lecture des chiffres, la lecture des notes de musique, la
lecture de symboles divers, étant ou n'étant pas touchée en même
temps que la lecture des lettres ou des mots ; ici la désignation des
objets, forme de lecture encore, si l'on veut, étant légèrement
atteinte).
H. P.
LOUIS POUSSEPP. — Contribution aux recherches sur la localisa
tion de l'aphasie visuelle. — Presse médicale, 23 juin 1923, 50,
p. 564-565.
Observation d'un cas du type rare, décrit pour la première fois
par Broadbent, puis par Freund mais présentant une curieuse
analogie avec l'observation précédente de Crouzon et Valence.
Il s'agit d'une malade (jeune femme atteinte de troubles cér
ébraux après un accouchement), qui portait un ramollissement du ANAT0M0-PHYS10L0GIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 25$
pli courbe (gyrus angulaire) et de la circonvolution occipitale supé
rieure, comme, après son suicide, le détermina l'autopsie, et qui ne-
pouvait trouver le nom des objets qu'elle voyait, alors qu'elle les
désignait tout de suite, dès qu'elle les touchait ; elle ne pouvait
dessiner ce qu'elle voyait, mais dessinait de mémoire si on lui disait
le nom de l'objet ; atteinte d'alexie, elle écrivait correctement, mais
ne pouvait se lire ; elle pouvait à peine reconnaître quelques lettres.
Elle s'orientait correctement et se promenait seule. Il y avait eu«
au début une hémianopsie. qui avait rétrocédé.
L'alexie se rencontre habituellement dans les lésions du pli courbe,
mais non l'aphasie optique, cette incapacité d'évocation du nom des
objets (sans agnosie complète, sans cécité psychique vraie), d'après
leur image visuelle, probablement liée à l'atteinte des voies associa?
tives au niveau de la circonvolution occipitale supérieure.
H. P.
H. COLIN et G. ROBIN. — Surdité verbale pure d'origine psychique
— Ann. méd. ps., avril 1923, p. 357-365.
Le délire, les hallucinations peuvent à ce point troubler les per
ceptions et les réactions du malade qu'il devient très délicat de dis
cerner si ses réponses à côté ou manquantes, n'ont pas encore une autre
cause comme dans ce cas où les résultats bien meilleurs de l'interro
gatoire écrit montrent qu'il s'agit de surdité verbale.
H. W.
C. T. VAN VALKENBURG. — Ueber die Beziehung der Affektäus-
serung zu den Sprackresten bei einer dementen Aphasischen (Sur
le rapport de V 'expression affective avec les reliquats verbaux chez
une démente aphasique). — Ar. Su. de Neur., XIII, 1-2, 1923 (ju
bilé Monakow), p. 631-643.
Relation, avec autopsie, d'un cas de démence dans lequel un ictus
tardif avait entraîné une aphasie sensorielle complète et une hémia
nopsie droite. La jargonophasie avait ce caractère que le discours,
fait d'une suite incompréhensible de mots, revêtait les intonations
naturelles du discours et que les expressions affectives restaient fort
bien marquées avec accompagnement de gestes plutôt excessifs.
A ce sujet, l'auteur invoque les localisations ochronogènes de Mo
nakow, pour rendre compte de la persistance de la forme la plus
primitive du langage, la forme affective, résistant à la dissociation
pathologique de l'aphasie.
H. P.
BRUN. — Etudes cliniques et anatomiques sur l'apraxie. — Ar.
Su. de Neur., XI, 9-10, 1921-1922. Extrait 125 pages.
L'auteur fonde ses études sur l'observation de 20 cas.
Il distingue une apraxie unilatérale, motrice ou sensorielle, et une
apraxie bilatérale, motrice, agnoso-idéatoire, idéatoire ou amnésique.
Aucune région cérébrale ne serait le siège électif des lésions de

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