— Neuropathologie et psychopathologie - compte-rendu ; n°2 ; vol.53, pg 659-672

de de Ajuriaguerra (Auteur)

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L'année psychologique - Année 1953 - Volume 53 - Numéro 2 - Pages 659-672
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la
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J. de Ajuriaguerra M. Gahen X. — Neuropathologie et psychopathologie In: L'année psychologique. 1953 vol. 53, n°2. pp. 659-672. Citer ce document / Cite this document : de Ajuriaguerra J., Gahen M. X. — Neuropathologie et psychopathologie. In: L'année psychologique. 1953 vol. 53, n°2. pp. 659- 672. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1953_num_53_2_30147 — Neuropathologie et Psychopathologie. X. LE BEAU (J.), WOLINETZ (E.), ROSIER (M.). — Phéno mène de persévération des images visuelles dans un cas de menin- giome occipital droit. — Rev. Neurol., 1952, 86, 692-695. Dans ce mémoire les auteurs étudient des symptômes visuels dus à un méningiome occipital doublé d'un ostéome crânien qui ame nèrent à consulter une femme de 38 ans, intelligente et cultivée. Il s'agit d'une entité non encore décrite, réclamant une analyse fine et précise. En mars 1952, deux ans et demi après l'apparition d'un ostéome occipital droit, bénin, surviennent brusquement des phénomènes visuels anormaux. Pendant 48 heures environ, à 44 ou 50 reprises différentes, et à intervalles fort irréguliers, la malade se rend compte que des objets (boutons de la veste de son mari) ou personnages (homme et chien dans la rue vus depuis un balcon) regardés incidem ment, persistent un laps de temps variable (quelques secondes à une minute) pour se fixer à l'endroit quelconque (visage, murs, tableau, porte) où se pose ensuite son regard. Ces images quasi photographiques et coloriées sont de grandeur variable suivant la distance du fond sur lequel elles paraissent se projeter. De plus elles obéissent aux lois de la perspective, se super posent aux autres perceptions visuelles sans les perturber sensibl ement (lecture possible à travers elles) et disparaissent à l'occlusion des yeux. La malade ne croit pas à la réalité de ces phantasmes et demande avec anxiété s'il s'agit de troubles visuels ou du début d'une aliéna tion mentale. Le deuxième jour la malade étant au cinéma s'étonne de voir les images déformées, en biais, comme certains tableaux du Gréco, dit-elle. A la sortie de la salle elle s'aperçoit que son mari et ses sœurs pleurent comme l'acteur de la dernière scène et leur demande si le film leur a paru si triste. Les troubles disparaissent pendant deux mois mais alors la vision d'un pêcheur dans sa barque sur une rivière persiste à nouveau quelques instants. La malade s'en inquiète et aussitôt fait une crise d'épilepsie commençant par la rotation de la tête vers la gauche, donc du côté opposé à celui de l'ostéome. Les auteurs de la communication notent d'abord la nature comi- tiale certaine de tous les accidents bien qu'il n'y ait eu ni malaise 660 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES ni amnésie lors des premiers troubles. Ils font remarquer également le caractère différent des phénomènes de la séance de cinéma. Il s'agissait alors, en effet, de métamorphopsies (images en biais) et d'hallucinations figurées (larmes coulant sur les joues du mari et des sœurs). Ces faits banaux ont seulement une valeur d'orientation pour le diagnostic des tumeurs occipitales (hallucinations élément aires) et des lésions temporales (hallucinations figurées). Aussi ne retiennent-ils pas l'attention des auteurs qui ne voient là d'autres problèmes que ceux posés par les illusions et hallucinations corticales. Par contre, ils s'attachent aux troubles qu'ils appellent du nom générique de « Persévération prolongée des images visuelles ». Analysant les accidents précédemment décrits ils mettent en évi dence trois éléments objectifs distincts : 1° La prolongation anormale de l'image, reproduction exacte de l'objet extérieur, ne subissant aucune modification de forme ou de couleur et qui conserve un caractère véridique (perspective) jusqu'à son estompement progressif ou à sa disparition par occlusion des yeux (différence avec scotome par éblouissement ou fatigue visuelle). 2° La sélection dans le temps et l'espace, l'image étant globale ou partielle et persistant indifféremment à des intervalles variables tout à fait indépendants de la volonté ou de l'attention. 3° L'absence d'inhibition de la vision normale (phénomène négat if) la lecture restant possible à travers les phantasmes. En dernier lieu MM. Le Beau, Wolinetz et Rosier émettant quelques hypothèses physiopathogémques. Ils précisent d'abord qu'il ne s'agit là ni d'illusions ni d'hallucina tions bien que la « croyance » du malade à la réalité des phénomènes ne soit pas un critère d'hallucination. Puis ils rappellent la théorie de la vision de Mac Culloch avec son double mécanisme de persistance de l'image rétinienne et de trans port de cette image (matérielle) au pulvinar et à l'écorce. Les sen sations visuelles analysées par le cortex persistent pendant l/26e de seconde avant de devenir « image mnésique ». Le « continuum visuel » étant le « fondu » entre ces deux états perceptifs et mnésiques. L'illusion ou la métamorphopsie serait donc une altération au cours du transport de la sensation vers le système occipital et passerait ainsi à l'état mnésique. L'hallucination, elle, serait la réapparition dans le contexte affec tif actuel d'images mnésiques acquises antérieurement. Or, les symptômes que présente la malade envisagéeici nerépondent à aucun de ces deux schémas. Il semble en effet que dans ce cas certaines images mettraient un temps plus long pour passer du stade perceptif au stade mnésique. Il s'agirait donc d'après les auteurs d'un processus contraire à celui de l'hallucination. J. A. NEUROPATHOLOGIE ET PSYCHOPATHOLOGIE 661 HECAEN (H.), AJURIAGUERRA (J. de), MAGIS (C), ANGE- LE R GUE S (R.). — Le problème de l'agnosie des physionomies. — L'Encéphale, 1952, 4, 322-355. Parmi les agnosies visuelles, une forme particulière se détache sous l'aspect d'un trouble de la reconnaissance des visages. « Cécité morphologique » de Millian (1932), trouble de l'identification des physionomies au sein d'agnosies générales (Hofî et Potzl, 1937; Donini, 1939), « prosopagnosie » enfin de Bodamer (1947), posent au clinicien le problème de la spécificité des causes pathogènes : s'agit-il d'un trouble gnosique particulier, ou d'une altération dyna mique de l'intégration perceptive? Les auteurs présentent d'abord l'observation détaillée d'un cas dans lequel ils étudient les troubles neurologiques, les gnosies et praxies courantes, les complètements de dessin, la description des images simples et complexes, la perception des couleurs, l'appré ciation du temps, la construction de figures et de volumes, les gnosies spatiales, les relations et la mémoire topographiques, les aptitudes intellectuelles, ces épreuves se complétant par un examen ophtal mologique, campimétrique, vestibulaire, encéphalographique. Deux traits demeurent saillants dans l'ensemble des résultats obtenus : la non-reconnaissance des physionomies et la perte de la vision des couleurs. La non-reconnaissance porte sur tous les visages ceux des parents, y compris ceux de la femme, ceux des amis, et, dans le service, ceux des médecins, des infirmières et des autres malades, y compris les voisins de lit. Le malade parvient pourtant à la reconnaissance correcte, grâce à l'identification de caractères particuliers comme les détails du vêtement, la démarche, la voix. Il sait exprimer les éléments distinctifs de visages connus mais n'identifie pas ceux-ci à la présentation de leurs photographies. Il identifie son propre visage, mais le trouve vieilli. La mimique émot ionnelle est bien reconnue sur l'observateur et sur des schémas, plus difficilement sur des photos. Il peut évoquer le détail des visages qu'il connaît, « mais c'est comme flou, c'est comme un oubli de physionomie ». Ce cas est confronté avec ceux de Bodamer, de Hoff et Potzl, de Millian, de Heidenhaim, d'où il ressort que la compensation par les caractéristiques auditives, cinétiques, et surtout par la description verbale préalable des personnes, s'observe très généralement, que l'inclusion des physionomies à identifier dans un groupe augmente la difficulté, que la reconnaissance des photos n'est rendue possible que grâce à des particularités isolables. La revisualisation des visages est, ou conservée, ou perturbée. Un point capital doit être souligné : la prosopagnosie ne se pré sente jamais comme un syndrome isolé pur. L'agnosie d'objets, à peu près constante, n'apparaît dans le cas cité que sous la forme d'une difficulté à saisir le sens général des images complexes; altération l'année psychologique, lui, fasc. 2 42 662 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES de la vision chromatique, alexie présente ou absente, troubles fr équents des gnosies spatiales et de la somatognosie, accès possibles de métamorphopsies, constance des troubles du champ visuel et diminution très fréquente de l'acuité, voilà le contexte séméiolo- gique. Pourtant, il semble qu'on puisse retenir un syndrome dans lequel prédomine l'agnosie des physionomies, tandis que l'agnosie des objets ou des images, l'agnosie simultanée, sont peu marquées et ne se décèlent qu'à l'examen systématique. S'il en est ainsi, faut-il reconnaître à la prosopagnosie un méca nisme pathogénique spécial? Ici s'affrontent les explications tentées pas divers auteurs : Hoff, Potzl, Pick, Engerth, attribuent un rôle important au trouble de schéma corporel, trouble interdisant ou déformant la projection dans le domaine extéroceptif. Pourtant, dans le cas cité, ce trouble somatognosique n'existe pas, et, d'autre part, la réciproque s'observe, le schéma corporel perturbé et la prosopagnosie nulle. Pour Bodamer, la prosopagnosie est une modal ité particulière des agnosies visuelles, qu'on doit isoler comme perte de V individualité des visages : cette saisie représente en effet « la catégorie visuelle la plus profonde et génétiquement la plus primitive de notre perception », précédant dans le temps la vision des objets. La fascination par l'œil d'autrui, la limitation de la vision à la grandeur correspondant à celle d'un œil, en témoignent encore; il s'agirait d'une régression à un stade que, selon Kaila, le nourrisson connaît avant tout autre. Stollreiter-Butzon oppose à cette thèse la prosopagnosie qu'elle a observée à la suite d'une simple lésion péri phérique; ce sera le trouble perceptif qui expliquerait l'incapacité de synthèse, la simultanéité des parties perceptibles étant devenue impossible ou difficile. Cette discussion renvoie à la condition générale de l'agnosie telle que Bay la promeut : il s'agirait, selon cet auteur, d'un retentissement sur la perception de perturbations dynamiques dans les mécanismes en action depuis les récepteurs jusqu'aux centres de projection. Bay retient en outre « des facteurs centraux psychiques de nature générale ». Le rapport de ces deux séries de facteurs dispense Bay de chercher une localisation aux différentes agnosies. Faust objecte à cette dernière conception l'intégrité de la fonction dans son ensemble par rapport au trouble spécifique observé : les perturbations dynamiques ne devraient rien épargner des gnosies visuelles. On revient ainsi au problème précis de la sélectivité du trouble. Il semble évident, pensent avec Bay les auteurs, ne serait-ce souvent que par les conditions étiologiques ou les données localisatrices, que les fonctions visuelles primaires sont perturbées globalement, de manière d'ailleurs plus ou moins importante, au degré le plus léger le champ visuel dit intact pouvant être le siège d'oscillations de la fonction. Toutefois, la sélectivité gnosique de certaines observations fait toujours problème. NEUROPATHOLOGIE ET PSYCHOPATHOLOGIE 663 Ne faudrait-il pas distinguer deux variétés de prosopagnosie : l'une procédant du trouble gnosoco-perceptif sus-mentionné; l'autre d'un certain type de métamorphopsies? Certains des cas de Bodamer viendraient bien à cette conception d'une prosopagnosie par méta- morphopsie des visages. Une deuxième observation des auteurs paraît se rallier à cette variété qu'ils distinguent. Lorsqu'on interroge cette malade, elle insiste sur la déformation qui atteint les visages qu'elle doit recon naître; ce trouble s'est manifesté lors d'un écoulement nasal de liquide céphalo-rachidien, et son intensité subit les fluctuations de la perte de liquide. La déformation perceptive est telle qu'il lui est impossible d'identifier même ses proches, sinon par la silhouette, les vêtements et surtout la voix. Des observations analogues ont été faites par Lenz, Pichler, Faust, David, et les auteurs de cette étude. Dans de tels cas, pensent ces derniers, il faut insister sur la présence de phénomènes vestibulaires, à côté d'altérations indis cutables des fonctions visuelles, tant centrales que périphériques. Reste que la sélectivité du trouble déborde largement celle qu'expliquerait l'altération conjointe de deux systèmes fonctionnels. Il faudrait peut-être introduire dans tous les cas l'atteinte soma- tognosique; aucun document anatomo-clinique ne permet de recon naître à la prosopagnosie une localisation lésionnelle définie. Les atteintes bilatérales, qui ne peuvent d'ailleurs jamais être entièr ement élucidées, sont d'observation fréquente. Une prédilection lésionnelle droite s'affirme : hémianopsie gauche, anosognosie tran sitoire, négligence de l'espace gauche, troubles de la perception du temps. Ces constatations conduiraient à l'hypothèse d'atteintes pariéto-occipitales plus que purement occipitales, surtout si l'on pense aux métamorphopsies et aux troubles vestibulaires. Doit-on parler de troubles gnosiques particuliers, ou ne faut-il pas toujours envisager une altération perceptive dynamique? C'est là un problème auquel semblent s'attaquer efficacement Bay et ses élèves, et que l'étude des prosopagnosies paraît en tout cas poser dans ses véritables termes. Reconnaître une physionomie, c'est aller jusqu'à l'individualisation perceptive la plus fine qui soit. N'est-ce pas là un problème d'intégration plus que d'altération fonctionnelle particulière? Perturbations optiques, vestibulaires, somatognosiques, interféreraient en tout cas à des degrés divers; leur plus ou moins grande intensité dans certains cas, l'absence de l'un ou l'autre de ces facteurs dans d'autres, pourraient peut-être rendre compte de certaines variations de manifestations très voisines quant à leur aspect dominant. J. A. DUBOIS-POULSEN (A.) MAGIS (C), AJURIAGUERRA (J. de), HECAEN (H.). — Les conséquences visuelles de la lobec- 664 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES tomie occipitale chez l'homme. — Ann. occul., 1952, 185, 305-347. Deux études antérieures l'une portant sur les déficits, l'autre sur la restauration fonctionnelle après lobectomie occipitale (J. Psychol. norm, pathol., oct.-déc. 1951) constituent comme une introduction générale à ce chapitre d'ophtalmologie. Quelles données nouvelles nous apporte l'observation clinique des cas d'amputation occipitale, en ce qui concerne la représentation centrale du champ visuel? Cinq observations de lobectomisés dont le champ visuel a été étudié avec l'appareillage de Goldmann fournissent la base clinique du pré sent travail. Depuis la description faite par Panizza (1855) de la cécité corticale chez les animaux qu'il avait lobectomisés, et à travers toute une série d'études physiologiques (Ferrier, 1879; Munck, 1890), s'est préparée l'expérimentation sur les lobes occipitaux de l'homme, qui commence avec Fœrster en 1929. Pour celui-ci, chaque macula a une représentation corticale bilatérale, ce qui rend compte du fait qu'une ablation d'une seule aire striée respecte la vision maculaire des deux yeux. De même, Fœrster se croit fondé à parler d'une double corticale de chaque hémi-rétine. La technique opératoire évoluant et permettant, non plus seu lement des destructions variables de l'écorce, mais de véritables ablations de pôles occipitaux, les données cliniques concernant la projection de la macula s'enrichissent beaucoup à partir de 1935. Suivant les auteurs, les conclusions varient : le faisceau maculaire se diviserait, se projetant en partie, grâce à une branche collatérale, passant par le corps calleux, sur l'hémisphère opposé (W. Penfield); les fibres maculaires seraient dispersées, dans les radiations optiques comme sur le cortex visuel, statistiquement plus nombreuses en cer taines régions (Fox-German); enfin, il n'y aurait pas de fibres maculaires à passer par le corps calleux (Hyndman, 1939). La tech nique d'examen de la vision s'affine aussi; mais les deux lobecto misés observés en 1940 par W. C. Halstead, A. Earl Walker et P. Bucy fournissent les notions contradictoires d'une vision centrale épargnée dans un cas, et de division du champ maculaire dans l'autre. A partir de 1946, les travaux français établissent la conser vation de la vision maculaire, même dans les lésions du chiasma ou de la bandelette. L'étude présente rassemble les résultats de l'examen du champ visuel chez les sujets ayant subi une lobectomie occipitale dans le service du Dr David depuis 1947. Les cinq observations rassemblées détaillent l'état neurologique, gnosique et praxique des sujets avant et après l'intervention occipitale. 1. Conséquences sur le champ visuel, a) Champ visuel périphérique. La lobectomie occipitale provoque une hémianopsie bilatérale détruisant les deux hémi-champs visuels homonymes; c'est là une NEUROPATHOLOGIE ET PSYCHOPATHOLOGIE 665 observation sur laquelle tous les auteurs tombent d'accord. Ils se divisent sur la morphologie de la ligne de séparation entre le champ voyant et le champ aveugle. Pour certains, la ligne est rectiligne, légèrement déplacée vers le champ aveugle et s'incurve pour inclure la macula; pour d'autres, la limite, rectiligne, respecte la ligne médiane, mais s'incline de façon à augmenter en haut ou en bas le champ visuel restant. L'appareil de Goldmann a permis aux auteurs d'établir ici la présence d'une bande de champ visuel au-delà de la ligne médiane vers le champ aveugle que l'hémianopsie soit droite ou gauche : ce « champ visuel en excès » (Wildbrand) étant variable suivant les individus dans sa disposition et dans sa largeur. b) Champ central. Le champ maculaire est-il épargne ou divisé par la limite de l'hémianopsie consécutive à la lobectomie? L'existence même de la conservation maculaire, on l'a vu, est incertaine. D'autre part, il conviendrait de distinguer soigneusement la macula (cône dont l'ouverture vaut 6,30°), et la fowea centralis (de diamètre égal à 45' ou 50'), organe différencié où chaque cône correspond à une seule fibre. Le problème, dès lors, est de savoir si la limite du champ passe à travers cette ouverture de 1° à 1,40°. Les méthodes utilisées jusqu'ici (périmétrie et campimétrie) sont grossières ou trop labo rieuses; seul le périmètre enregistreur évite cette double difficulté, mais en contrepartie il introduit le facteur variable des temps de réaction de l'observateur et de l'observé, et les résultats ne valent que pour une dimension ni trop petite ni trop grande du point de fixation, et pour une suffisante stabilité de celui-ci. Malgré ces difficultés, les auteurs sont parvenus aux résultats suivants : 1° Les erreurs inévitables de l'observation obligent à situer la limite des champs dans une marge d'erreur dont la largeur vaut 2°; en mettant les choses au pire, elle se trouverait encore à 3,24° du point de fixation. Donc, la région toute centrale de la macula est très certainement respectée et seul le bord même de cette macula est susceptible d'être touché. 2° Le vrai problème n'est cependant pas résolu : que la macula ne soit pas divisée par la limite des champs, la jovea centralis, en tant qu'organe distinct, est-elle pour autant épargnée? La précision des mesures faites par les auteurs permet de montrer que la limite verticale de l'hémianopsie périphérique déborde largement la ligne médiane; l'aire maculaire fait partie intégrante du champ visuel en excès. La conservation maculaire et même fovéale après lobectomie occipitale peut donc être admise, malgré les imperfections de l'in strumentation actuelle, mais sa constance ne saurait être affirmée. 666 analyses bibliographiques 2. Le problème de la conservation be la vision maculaire. Reste le de l'interprétation anatomique de ces données cliniques. Pourquoi la vision maculaire est-elle respectée dans les hémianopsies homonymes? Plus précisément, pourquoi dans les cas d'hémianopsie simple la ligne des champs contourne-t-elle la macula, et pourquoi, dans les hémianopsies doubles les 2° du point de fixation sont-ils respectés? Comment des blessures très localisées des pôles occipitaux donnent-elles en contrepartie de petits scotomes hémianopsiques dans le champ maculaire? Les auteurs exposent et critiquent les diverses théories proposées : celle de l'entrecroisement rétinien, celle de la bifurcation chiasmatique, celle de la bifurcation des radiations optiques par le corps calleux, de la projection corticale diffuse de la macula, celle de l'hémiamblyopie, celle des anastomoses vasculaires, celle, enfin, de la pseudo-fovea. Les auteurs de l'étude, se basant sur leurs propres observations, pensent que la conservation de la macula n'est qu'un aspect parti culier du champ visuel en excès; mais alors, comment expliquer la présence de cette bande verticale respectée par l'hémianopsie le long de la ligne médiane? La vérité biologique selon laquelle la lésion d'une fibre du fai sceau maculaire retentit sur une seule cellule sensorielle, tandis que la lésion d'une fibre périphérique intéresse un territoire plus étendu du champ, se renforce encore, si l'on songe, avec Le Gros Clark, à la multiplication des fibres au niveau du corps genouillé, chaque fibre rétinienne s'y articulant avec plusieurs des cellules donnant les radiations optiques. Mais pourquoi une petite blessure de la pointe du lobe occipital peut-elle produire un scotome hémianop- sique définitif de la macula, tandis qu'une pure et simple destruction du même lobe laisse intacte la même macula? Plus encore que des considérations concernant les processus d'adaptation, paradoxaux en apparence, satisfaisants quand la fonction est absolument interdite, et inexistants quand elle est seulement perturbée, il faut mettre en avant V attention donnée aux objets dans le champ aveugle : « Des facteurs psychologiques inter viennent, toujours mal appréciés, car les méthodes d'examen jus qu'ici employées les éliminent systématiquement. » 3. Autres fonctions visuelles. Acuité, sensibilité différentielle phototopique, sens chromatique, vision des formes, réflexes optiques de fixation, ne paraissent pas jusqu'ici en rapport immédiat ni constant avec la lobectomie uni latérale. 4. Agnosies visuelles. Ni les agnosies pour les choses ou pour les images, ni les agnosies spatiales, ne sont typiquement déterminées par les amputations du NEUROPATHOLOGIE ET PSYCHOPATHOLOGIE 667 lobe occipital, fût-ce dominant, si ce n'est immédiatement après l'intervention, du fait de l'œdème de voisinage. On note seulement la difficulté ou l'impossibilité à saisir la signification des images complexes ou incomplètes, l'échec à l'assortiment des arabesques, l'incapacité de saisir le sens des histoires sans paroles ou la signi fication humoristique d'un dessin. Le dessin spontané seul est très perturbé : sa puérilité, frappante d'abord, va diminuant; il est incomplet et mal articulé du côté hémianopsique. Les troubles aphasiques, discrets, sont à mettre au compte de l'œdème, mais Valexie prédomine dans tous les cas. A peu près totale les premiers jours, elle porte sur les chiffres comme sur les lettres. L'agraphie n'est aucunement constante. L'alexie porte ensuite sur les mots et s'accompagne alors de paralexie; l'épellation améliore d'ailleurs le rendement. L'observation n° 3 s'isole de cet ensemble par ses caractéristiques différentes, l'attention paraissant impossible sur un élément privi légié à la fois, sans l'emploi d'artifice au cours de la lecture : la lobectomie a ici mordu sur le lobe pariétal. J. A. L'hypnose : PLATONOV. — Suggestion et hypnose à la lumière des théories de Pavlov (en russe). — Medgiz, 1951. — BRENMAN (M.), GILL (M.). — Hypnotherapy (L'hypnothérapie). — The Pushkin Press, Londres, 1947. — WOLBERG (L. R.). — Hypnoanalysis (L'hypnoanalyse). — New- York, Grune et Stratton, 1945. — LE CRON (L. M. L.). — Experimental hypnosis (L'hypnose expérimentale). — New- York, The MacMillan Cie, 1952. — ■ STEISEL (I. M.). — The Rorschach test and suggestibility (Le test de Rorsçhach et la suggestibilité). — J. abn. Soc. Psychol., 1952, 47, 3, 607-615. — SCHNECK (J.). — Some aspects of Homosexuality in relation to Hypnosis (Quelques aspects de l'homo sexualité dans leur rapport avec V hypnose). — Internat. J. 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Type de la publication : Presse et revues

Thème : Savoirs > Sciences humaines et sociales

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le 26/11/2011

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